2020-48. Simples réflexions sur le mystère de la Croix resplendissant de la Lumière de Pâques.

Jeudi de Pâques 16 avril 2020 ;
La fête de Saint Benoît-Joseph est empêchée liturgiquement, mais nous pensons néanmoins à lui (cf. > ici et > ici) ;
93ème anniversaire de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI (cf. > ici).

Croix de pierre à Saint-Martial

L’une des antiques croix de pierre de la paroisse de Saint-Martial, en bordure de chemin

nika

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ces jours radieux de l’octave de Pâques, contrairement à un certain nombre de chrétiens qui ne voient les choses que d’une manière très superficielle, nous devons nous attacher à contempler avec encore plus de ferveur, plus de reconnaissance et plus d’amour, la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Cette Croix qui fut voilée pendant le temps de la Passion, cette Croix qui a été solennellement dévoilée le Vendredi Saint pour que nous l’adorassions avec transport, cette Croix que désormais nous fleurissons et contemplons resplendissante de la gloire du divin Rédempteur ressuscité : « Crucem Tuam adoramus, Domine, et sanctam Resurrectionem Tuam laudamus et glorificamus : ecce enim propter lignum venit gaudium in universo mundo : Nous adorons Votre Croix, ô Seigneur, et nous louons et glorifions Votre sainte Résurrection, car, par le bois de la Croix, la joie est venue dans le monde entier ! » (liturgie du Vendredi Saint).

Ainsi la Croix est-elle explicitement désignée comme la source bénie de notre joie spirituelle.
Pâques n’évacue pas la Croix, mais la désigne avec une insistance renouvelée à nos regards et à notre contemplation dans toute sa puissance salvatrice, pour que la vénérions avec une ardeur surmultipliée, et nous attachions davantage à elle. 

Sur cette terre, le mystère de la souffrance est-il sans doute celui qui éloigne le plus de Dieu les âmes
La souffrance ne nous répugne pas seulement, elle suscite en nous des sentiments spontanés de révolte et de fuite : la Croix ne cessera jamais d’être un scandale et une folie, pour reprendre les expressions de Saint Paul (cf. 1 Cor. I, 22-25).

Mais le mystère de la souffrance est en même temps celui qui peut le plus rapprocher de Dieu et unir à Lui les âmes !
Malgré toutes les répugnances instinctives et l’horreur naturelle qu’elle provoque, il y a en elle quelque chose d’encore plus fort qui captive les âmes généreuses et bien disposées, et qui leur fait compter pour rien les répulsions de la sensibilité pour les faire adhérer à la Croix, « force de Dieu et sagesse de Dieu » (cf. 1 Cor. I, 24), par Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, en Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Per Ipsum, et cum Ipso et in Ipso » !

Aujourd’hui, seul le mystère de la Croix, illuminé par notre foi en la Résurrection, peut éclairer et faire rayonner l’épreuve que traversent avec douleur nombre d’âmes d’authentiques fidèles de la Sainte Eglise de Dieu, en ces jours où ils sont contraints de jeûner des offices si réconfortants de la divine liturgie, où ils sont sevrés de la réception des sacrements, où – malgré la joie de Pâques – ils se sentent si tristement orphelins, parce qu’ils ressentent douloureusement la trahison des hiérarques qui, au lieu de donner au monde et à l’Eglise le témoignage d’une foi capable d’opérer les miracles promis par Notre-Seigneur Jésus-Christ, fuient tels de vils mercenaires à l’approche du danger et se claquemurent dans des obéissances de commis médiocres en distillant de mielleuses paroles soporifiques à ceux qui devraient au contraire être galvanisés et transportés par leurs exemples d’authentiques pasteurs dévorés par le zèle du Cœur du Bon Pasteur !

Dieu met Son Eglise à l’épreuve.
Et à travers l’épreuve présente, Dieu opère un tri. Un tri implacable !

Car l’épreuve, comme la Croix du Vendredi Saint, révèle ce qu’il y a dans le fond des cœurs.

L’épreuve révèle qui sont les couards, qui sont les traîtres, qui sont les pusillanimes, qui sont les lâches, qui sont les complices – actifs ou passifs – de l’iniquité, qui sont les vendus, qui sont les inconsistants qui suivent le mouvement imposé par ceux qui détiennent le pouvoir ou qui crient le plus fort, qui sont les ronds-de-cuir sans envergure, qui sont les fonctionnaires zélés désireux de ne pas déplaire à « César »…
Et l’épreuve aussi révèle qui sont les courageux, les authentiques disciples, les magnanimes, les vrais fidèles, les forts, les incorruptibles dans la foi et la charité, ceux qui mettent l’amour du Christ Sauveur au-dessus de leurs intérêts propres et de leur petit confort, ceux qui mettent leurs pas dans les pas sanglants de Jésus portant Sa Croix, ceux qui sont de nouveaux Simon de Cyrène, de nouvelles Véronique, de nouveaux Jean, de nouvelles Marie-Magdeleine, entourant la Très Sainte Mère de Dieu au pied de la Croix…
Oui, Dieu opère un tri !

A travers l’épreuve, Dieu fait grandir dans la foi, l’espérance et la charité Ses véritables fidèles, et – dans l’aridité du désert liturgique et sacramentel, où ils continuent à avancer à la suite de notre divin Rédempteur, colonne de nuée pendant le jour et colonne de feu pendant la nuit -, Il les conduit, en dehors de toute consolation sensible, jusqu’à la Sainte Montagne où Il Se révélera plus intimement à leurs âmes et Se les unira plus étroitement.
A travers l’épreuve de la maladie, et peut-être in extremis au seuil de la mort, nous devons espérer que Dieu ramènera à Lui, comme de nouveaux Dismas, les âmes de quelques larrons touchés par la grâce. Et nous prions pour cela.
Mais à travers l’épreuve aussi, ceux qui se cramponnent aux forces de mort spirituelle consommeront leurs forfaits, iront jusqu’au bout de leur iniquité et recevront le salaire de leurs trahisons

Ici, je ne peux m’empêcher de penser au contraste à la fois magnifique et terrifiant présenté d’une part par ces nombreux prêtres qui sont en quelque sorte « tombés au champ d’honneur » du combat pour le salut des âmes, victimes de leur zèle à visiter les malades et à leur apporter le secours des sacrements du salut ; et d’autre part par la veulerie de ces évêques, confinés dans leur confortable servilité, qui ne semblent avoir de zèle que pour blâmer et menacer les prêtres qui continuent à confesser, à donner la Sainte Communion, et à vouloir  nourrir, soigner et consoler les âmes commises à leur sollicitude pastorale…

Dieu est témoin, et Dieu est juste Juge !

O Croix resplendissante de Pâques !
O Croix bénie qui crucifie aujourd’hui l’âme des vrais fidèles et des authentiques pasteurs !
O Croix qui sera la condamnation des tièdes et des lâches !
O Croix, notre unique espérance, source de notre joie surnaturelle et de notre consolation, nous vous adorons et nous vous bénissons, malgré les ténèbres qui s’appesantissent sur notre terre désolée, parce que vous avez porté le Fils de Dieu béni et avez été imprégnée de Son Sang Précieux, et que, malgré notre faiblesse, vous nous attirez vers vous, unique signe du Salut !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Crucifix chapelle Rome

Vous pouvez laisser une réponse.

3 Commentaires Commenter.

  1. le 17 avril 2020 à 16 h 56 min Béa kimcat écrit:

    Merci pour vos simples et belles réflexions.
    Restons ensemble dans la prière…

  2. le 16 avril 2020 à 18 h 07 min Thierry écrit:

    Merci pour ce texte !!! Le constat est terrible et ressenti si douloureusement. Comment comprendre que les évêques aient anticipé dès le 15 mars les directives d’interdiction des messes décrétées le 23 ou le 26 mars ? Comment comprendre que nos prêtres répondent à nos demandes de confession ou de messes avec une poignée d’entre nous, ailleurs qu’en église, par « je suis confiné comme nous devons tous l’être ; regardez la messe sur internet ! »… Comment comprendre que d’autres prêtres voisins nous écrivent spontanément pour partager notre peine, notre jeûne d’eucharistie et témoignent qu’ils ouvrent chaque jour l’église, exposent le St Sacrement, restent présent pour confesser, prier ? Comment comprendre que rares sont les propositions de bénédiction des paroisses par le St Sacrement ? Comment comprendre le silence ou la réticence de la Conférence des Evêques de France à la Consécration nationale au Cœur Immaculé de Marie et au Cœur Sacré de Jésus ? Comment comprendre que seule a émergé une initiative d’allumer une bougie un soir, qu’on s’est tous précipités à réaliser, pensant que c’était le début de multiples actions spirituelles à venir ? Comment comprendre qu’ils n’anticipent pas le 11 mai par des propositions de célébrations spéciales, des bénédictions, des processions etc. ?
    Comment comprendre ? On ne peut que prier… Peut-on agir ? Peut-on prévenir que cela ne se reproduise au prochain confinement à l’automne prochain ou dans un mois ? Le Salon Beige a cité des initiatives de fidèles belges ou d’avocats constitutionnalistes français pour déclarer illégale (et paradoxalement : anti-laïque !) l’interdiction des messes. Quels consacrés courageux ou zélés de l’amour du Christ pour nous mener dans cette nouvelle bataille ? Et A-G-I-R ? Merci encore pour votre article. Thierry.

  3. le 16 avril 2020 à 17 h 21 min Claude écrit:

    Je me souviens d’allumer la radio dans ma voiture en rentrant de Paris et d’entendre parler d’une église en flammes et, au bout d’un temps qui m’a paru long, j’apprends que c’était Notre-Dame de Paris où je me rendais chaque matin avant d’aller étudier les tableaux de l’Angelico au Louvre. Les larmes me virent aux yeux…
    Vieil expert de 75 ans, je ne puis croire, en voyant les images, que le feu se soit mis accidentellement !
    Vivant depuis toujours presque en continu à la campagne, je sais l’effet produit du feu dans le bois suivant sa section. Dans quelle tristesse est devenu notre pays. Espérons qu’elle sera reconstruite selon les normes originelles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi