2019-100. Le Noël de Frère Alexis.

Noël 2019.

J’ai exhumé de mes archives où il était enseveli un tout petit conte de Noël rédigé à l’occasion des fêtes de la Nativité… 1987 (!!!) – un temps où j’exerçais quelques responsabilités pour la formation de jeunes religieux -, avec les illustrations au trait que j’avais réalisées à l’époque. Trente-deux ans plus tard, je me permets de vous les offrir comme humble présent à méditer devant la Crèche.

Cloches

Noël de Frère Alexis - titre

Ding ! Ding ! Dong ! Ding !
Les cloches du monastère remplissaient la nuit de leurs notes de cristal et faisaient retentir à tous les échos l’annonce de la grande Nouvelle : « Cette nuit même, un Sauveur vous est né ! »

Déjà les fidèles se pressaient dans la grande abbatiale illuminée par mille chandelles dont les chauds reflets faisaient danser dans tous les yeux les doux souvenirs de cette fête merveilleuse : … des Anges et des bergers chantant en chœurs alternés, … la majesté de Notre-Dame, en son grand manteau d’azur, penchée sur le bel Enfant blond qui sourit dans sa pauvre crèche, … et les grands yeux extasiés du saint âne et du saint bœuf !!!

« Iesu, Redemptor omnium… »
Sous la voûte de pierre un chant magnifique s’éleva : « O Jésus, Rédempteur de l’univers, que le Père Suprême engendra égal à Sa propre gloire, avant l’origine de la lumière… »
La voix des moines portait vers l’Enfant-Dieu, sur la splendide mélodie venue du fond des siècles, le cœur de tout homme assoiffé du vrai salut, de la seule vraie joie, du seul Amour véritable.

Bien calé dans sa grande stalle de chêne sculpté, mon petit Frère Alexis écoutait.
Un tout petit moinillon celui-là ! On ne faisait guère attention à lui, qui allait et venait à travers le potager du monastère, remuant arrosoirs et paniers presque plus gros que lui.
Il admirait la science et la sainteté des bons pères, mais sa cervelle à lui – pauvre petit moinillon de rien du tout – était bien rétive aux subtilités du latin et de la théologie ! Comme il était bon garçon, généreux et bien pieux, et qu’il avait un grand cœur, on l’avait cependant admis dans la grande abbaye où l’on forge les saints…

Noël de Frère Alexis 1

Et c’est ainsi qu’en cette belle nuit de Noël mon petit Frère Alexis écoutait le chant savant de ses grands frères moines ; et son cœur de moinillon était lui aussi tout tendu vers ce bel Enfant de la Crèche : Oh ! Comme il voulait L’aimer, comme il aurait voulu, lui aussi, Lui dire de grandes et belles choses… en latin, et – pourquoi pas ? – en grec aussi !!!
Une ombre de tristesse passa sur son âme : Jésus accepterait-Il ses pauvres mots sans art après avoir reçu tant de belles louanges sorties de la bouche des bons pères ?

A la fin du grand office nocturne, l’église se vida : les moines regagnèrent leurs cellules, en silence le long des grands cloîtres, tandis qu’en dehors s’estompaient les exclamations joyeuses des fidèles.
Mais Frère Alexis s’attarda près de la grande Crèche…

Ah oui ! J’en connais un qui fut bien étonné !…
Lorsque notre Frère Jérôme vint pour ouvrir l’église, il trouva – Ooooooh ! – dans la Crèche, entre l’âne et le bœuf, blotti près de Dame Marie et serrant sur son cœur le « Bambino » de cire, mon Frère Alexis qui dormait en souriant, tandis qu’autour de lui les angelots bouclés paraissaient gazouiller de bonheur !

Près du pauvre bercelet, Frère Alexis avait entendu en son cœur cette réponse de paix et de joie :
« Ne sois pas triste, ce ne sont pas les grandes paroles savantes qui font le plus grand amour. Je te connais, Moi, tel que tu es, moinillon de Mon Cœur ! Et si, en cette nuit, Je viens à toi comme un enfant pauvre et faible, c’est pour que, toi aussi, tu te donnes à Moi dans une confiance d’enfant limpide et fraîche… Oh ! La simplicité de tes élans d’amour Me ravit : Viens toujours plus près de Mon Cœur, c’est là que se trouvent ta Richesse, ta Science, ta Sagesse !… »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Noël de Frère Alexis 2

Cloches

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia |le 26 décembre, 2019 |3 Commentaires »

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3 Commentaires Commenter.

  1. le 29 décembre 2019 à 14 h 37 min Kimcat écrit:

    Un joli conte de Noël.
    Je suis dans la peine… Le 23 décembre au soir, ma petite Lisa de 12 ans est morte chez le véto après avoir fait un infarctus le 18 dont elle ne s’est pas remise. C’est dur sans elle
    Délice, mon autre minette de 14 ans et demi, se fait encore plus câline… sans sa compagne féline de vie qui doit aussi lui manquer.
    Une douce pensée pour Maître-Chat Lully.

  2. le 27 décembre 2019 à 20 h 27 min Antonia C. écrit:

    Tendre histoire!
    Merci de la partager!

  3. le 27 décembre 2019 à 11 h 14 min Jean P. écrit:

    Eh ! Oui
    La simplicité n’est plus de mise.
    L’humanité s’enlise…
    ….va à sa perte.

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