2019-93. De Sainte Barbe, la grande martyre de Nicomédie, envers laquelle nous entretenons une grande dévotion.

4 décembre,
Fête de Sainte Barbe, vierge et mégalomartyre.

Sainte Barbe

Sainte Barbe
statue en calcaire polychrome (années 1520-30) dans l’église de Villeloup, en Champagne.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il y a quelques années, feu Monseigneur le Maître-Chat vous avait entretenu de la belle tradition du « Blé de la Sainte Barbe » que l’on plante en ce 4 décembre (cf. > ici), mais aujourd’hui, je tiens particulièrement à évoquer la figure même de « cette glorieuse Martyre, si célèbre dans tout l’Orient, et dont l’Eglise Romaine a depuis longtemps adopté le culte », selon les termes mêmes de Dom Prosper Guéranger dans « L’Année liturgique ».
Sainte Barbe (ou Barbara, ce qui est la forme grecque et latine de son nom) n’est pas seulement ponctuellement présente dans la vie de notre Mesnil-Marie au jour de sa fête, mais c’est une sainte que nous invoquons fréquemment pour solliciter sa bienveillante protection, tout particulièrement lorsque les orages se déchaînent au-dessus des contreforts du Mont Mézenc : ils peuvent en effet être très violent ici, et la foudre pourrait provoquer de terribles dégâts (d’autant que le Mesnil-Marie se trouve implanté à équidistance de deux sommets volcaniques qui attirent spécialement la foudre).

Nous tenons par ailleurs à conserver à Sainte Barbe son titre de mégalomartyre que lui donne la tradition grecque, comme c’est aussi le cas – entre autres – pour ces saints qui nous ont également très chers : Saint Georges (23 avril), Sainte Marguerite d’Antioche (20 juillet), Sainte Thècle (23 septembre) et Sainte Catherine d’Alexandrie (25 novembre).

Lucas Cranach le vieux - martyre de Sainte Barbe 1510

Martyre de Sainte Barbe
Lucas Cranach le Vieux – 1510 (musée métropolitain d’art de New-York)

Mais voici la vie et le martyre de Sainte Barbe tels que Dom Prosper Guéranger les a résumés dans son « Année liturgique » :

« Barbe, Vierge de Nicomédie, fille à Dioscore, noble personnage, mais attaché aux superstitions païennes, parvint, à l’aide de la grâce divine, à connaître les choses invisibles par la vue de ce monde visible : c’est pourquoi elle ne voulut plus s’occuper que de Dieu seul et des choses divines. Son père. voulant, à cause du grand éclat de sa beauté, la soustraire aux regards des hommes, l’enferma dans une tour, où la pieuse vierge vivait dans la prière et la méditation, ne pensant qu’à plaire à Dieu seul, qu’elle avait choisi pour époux. Dioscore, à diverses reprises, lui offrit de nobles alliances qu’elle dédaigna généreusement. Pensant alors qu’en se séparant de sa fille, il pourrait plus facilement adoucir ses résistances, il fit construire un bain dans la tour qu’elle habitait, afin qu’elle eût toutes les commodités de la vie ; puis il partit pour une contrée lointaine.

Pendant l’absence de son père, Barbe  fit ajouter aux  deux fenêtres de sa tour, une  troisième  en l’honneur de la divine Trinité, et tracer l’image de la très sainte Croix sur le bord de la baignoire.  A son retour, Dioscore, ayant vu ces nouveautés et connu leur motif, s’emporta contre sa fille au point de se jeter sur elle, l’épée nue  à la main ; peu s’en fallut même qu’il ne la tuât dans sa fureur ; mais Dieu vint au secours de la vierge. Dans sa fuite précipitée, un énorme rocher lui ouvrit un passage, par où elle parvint au sommet d’une montagne, et se cacha dans une grotte. Peu après, ce père dénaturé, l’ayant découverte, l’accabla de coups, la foula sous ses pieds, la traîna par les cheveux à travers des sentiers âpres et rocailleux, et la livra lui-même au gouverneur Marcien, pour être châtiée. Celui-ci employa, mais en vain, tous les moyens pour l’ébranler. Il la fit battre nue à coups de nerfs de bœuf, et déchirer ses blessures encore fraîches avec des débris de poterie, enfin jeter dans une prison. Là, le Christ lui apparut, environné d’une grande lumière, et la fortifia merveilleusement pour sa dernière passion. Témoin de ce prodige, une dame, nommée Juliana, se convertit à la foi et partagea la palme de cette vierge.

Barbe eut encore les membres déchirés par les ongles de fer, les flancs brûlés avec des torches, la tête battue à coups de maillets ; et, dans ces tourments, elle consolait sa compagne et l’encourageait à combattre, sans faiblir, jusqu’à la fin. Enfin, toutes les deux eurent les mamelles coupées, furent traînées nues à travers les places publiques et décapitées. Ce fut un père abominable qui eut assez de barbarie pour trancher de ses mains la tête de sa  fille. Mais cette affreuse cruauté ne fut pas longtemps impunie : à l’heure même et au même lieu, la foudre l’étendit mort.

Le  corps  de cette bienheureuse vierge fut transporté d’abord, par les soins de l’Empereur Justin, de Nicomédie à Constantinople ; puis,  plus tard, les Vénitiens l’ayant obtenu des Empereurs Constantin et Basile, l’enlevèrent de Constantinople, et le déposèrent solennellement dans la basilique de Saint-Marc. Enfin, en dernier lieu, sur les instantes prières de l’Evêque de Torcello et de sa sœur qui  était Abbesse, on le transféra,  l’an  de notre salut 1009, dans l’église des religieuses de Saint-Jean l’Evangéliste, au diocèse de Torcello, où il fut honorablement enseveli, c’est présentement encore l’objet d’une constante vénération.

Tel est le récit de la vie et du martyre de la courageuse vierge de Nicomédie. On  l’invoque dans l’Eglise contre la foudre, en mémoire du châtiment que la  justice divine infligea à son détestable père. Sa qualité de protectrice du peuple chrétien contre le feu du ciel a fait donner son nom aux magasins de poudre sur les vaisseaux et l’a fait assigner pour patronne aux artilleurs, aux mineurs, et généralement aux corporations dans lesquelles on emploie la poudre à canon.
On la prie aussi pour être préservé de la mort subite, tant a fait d’impression sur les fidèles la fin terrible de Dioscore ».

Dans son « Guide de l’année liturgique », Dom Pius Parsch, cite cette antique formule populaire de prière adressée à Sainte Barbe :

O sainte Barbe, Ô vierge pure,
Veille sur mon âme et mon corps,
De mon vivant, comme à la mort,
Protège-moi, je t’en conjure ;
Obtiens qu’à mes derniers moments,
Je reçoive les sacrements.

Car – ainsi que le notait Dom Guéranger – on n’invoque pas uniquement Sainte Barbe pour être protégé de la foudre, mais aussi pour ne pas mourir sans préparation, et donc pas sans les derniers sacrements.
Elle est, par ailleurs, la patronne et céleste protectrice des architectes, des géologues, des mathématiciens, des pompiers, des mineurs (et par extension actuellement, des ingénieurs des Mines), des artilleurs, des sapeurs, des canonniers, des artificiers, des chimistes, des ingénieurs de combat, des métallurgistes, des démineurs et autres corporations liées au feu et à la poudre ; sainte protectrice des pétroliers militaires, des foreurs et des personnels de l’industrie des turbines à gaz, des carillonneurs, et des égoutiers.
Sainte Barbe est enfin la sainte patronne de l’École polytechnique, et le vénérable Pie XII l’a déclarée patronne de la marine italienne de combat par un bref du 4 décembre 1951.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur. 

Sainte Barbe - vitrail de l'église Saint-Pierre à Bourg-Bruche (Alsace)

Vitrail de l’église Saint-Pierre, à Bourg-Bruche (Alsace)

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 5 décembre 2019 à 14 h 13 min Kimcat Béa écrit:

    Quel magnifique vitrail !

  2. le 4 décembre 2019 à 21 h 09 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Merci, cher Frère, de nous relater la vie de Sainte Barbe.

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