2019-70. D’un bel ornement vert qui vient de nous revenir magnifiquement remis à neuf !

Lundi 5 août 2019,
Fête de la dédicace de Sainte-Marie aux Neiges (cf. > ici) ;
225ème anniversaire du martyre du Rd Père Rouville et des ses compagnons (cf. > ici et suivants).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Tout comme Saint Jean-Marie Vianney, dont ce fut hier – 4 août 2019 – l’exact cent-soixantième anniversaire de la mort (+ 4 août 1869), nous sommes convaincus que rien n’est jamais trop beau pour le culte divin, à rebours de ceux qui, depuis plusieurs décennies, ont opéré de véritables sacages dans les églises et les sacristies pour y faire régner le misérabilisme et le mauvais goût.

Saint François d’Assise lui-même, dont on connaît l’attachement à la sainte pauvreté, enseignait que « la pauvreté s’arrête au pied de l’autel » ; c’est-à-dire que, s’il insistait sur une pratique rigoureuse du détachement et de l’austérité dans la vie de ses religieux, il n’en proclamait pas moins dans le même temps que, pour le sanctuaire et tout ce qui touche au culte divin – en particulier pour le Saint-Sacrifice de la Messe -, on ne doit pas être chiche mais, tout au contraire, ne pas regarder à la dépense.
Ceux donc qui prétendent imiter Saint François pour ôter de la liturgie catholique les très beaux ornements, les tissus précieux, les broderies d’or et d’argent, les matériaux nobles pour la confection de l’autel et des vases sacrés ainsi que pour la décoration du lieu saint, montrent soit qu’ils sont ignorants du véritable esprit de Saint François, soit – s’ils le font sciemment – qu’ils sont dans le mensonge en opérant un détournement de son enseignement…

Cela dit, je voudrais vous partager une vraie joie : une de ces petites joies concrètes qui jalonnent la vie du Refuge Notre-Dame de Compassion.

Nous avions, dans le chasublier de l’oratoire du Mesnil-Marie, une chasuble verte qui, sans être extraordinaire par sa facture ou son ancienneté (selon toute vraisemblance, elle avait été confectionnée à la fin du XIXème siècle ou au début du XXème siècle), était tout de même assez belle…
La croix brodée dans le dos est une broderie à la machine ; en revanche elle porte en son centre une broderie représentant Notre-Seigneur Jésus-Christ montrant Son Cœur qui est une « peinture à l’aiguille » d’une grande finesse.
Dans l’iconoclasme triomphant consécutif au concile vaticandeux, elle avait bien failli disparaître dans un brasier allumé par des paroissiennes dévouées et obéissantes auxquelles leur curé avait donné l’ordre de brûler « toutes ces vieilleries qui ne servent plus et qui encombrent la sacristie » (sic).
Elle échappa néanmoins au feu et arriva dans nos tiroirs.

L’ornement était complet. Chasuble, étole, manipule, voile de calice et bourse : tout y était.
Mais il avait « vécu ». En plusieurs endroits la soie était fusée, déchirée ; le manipule avait été grossièrement reprisé comme s’il se fût agi d’une vieille chausette ; la chasuble avait été rapiécée… etc. Si, de loin, elle faisait encore bonne figure, de près elle inspirait des sentiments de pitié.
Elle dormait donc dans le tiroir du chasublier, et je regrettais souvent que ce beau Sacré-Cœur brodé ne puisse à nouveau rayonner pour la célébration de la Sainte Messe…

Or voici que la divine Providence, par le biais d’un célèbre réseau social, nous a permis de faire la connaissance de Guillaume, un jeune homme qui vit habituellement à plusieurs centaines de kilomètres de notre Mesnil-Marie, mais qui, en janvier dernier, est venu faire un stage chez un costumier du Puy-en-Velay.
Sans doute un jour lui demanderai-je de nous raconter de quelle manière il en est venu à créer des ornements liturgiques ou à les restaurer. En attendant, je vous encourage à aller visiter son site internet (Atelier Corneille > ici).
Guillaume aime la belle ouvrage, et ce qu’il propose est à cent lieues des horreurs que l’on trouve dans les catalogues de grandes maisons qui sévissent encore dans les presbytères et les sacristies. 

Bref, en janvier dernier donc, à l’issue d’une Sainte Messe dominicale, première brève rencontre réelle avec Guillaume qui, avant de repartir à Bressuire où il est établi, s’est aventuré un soir, à travers le massif du Mézenc enneigé (alors qu’il n’avait pas de pneus neige à son auto !!!), jusqu’en notre Thébaïde.
Il en est reparti avec deux ornements à restaurer, dont cet ornement vert que je vous ai présenté ci-dessus.
Je regrette fort de n’avoir point pensé à le photographier avant sa restauration, car vous eussiez pu juger par vous-même de sa transformation.

Hier, samedi 3 août, profitant de quelques jours de vacances qui l’amenaient dans nos contrées, Guillaume nous a rapporté l’ornement vert restauré.
Il serait plus juste de dire qu’il a été remis à neuf.

Chasuble restaurée 1

Notre chasuble verte restaurée a servi pour la Sainte Messe de ce dimanche 4 août 2019.

Ayant minutieusement décousu tous les galons d’origine et la croix brodée du dos de la chasuble, Guillaume a entièrement refait cette dernière, remplaçant la soie abîmée par une belle soie neuve dont la teinte d’un vert émeraude profond m’enchante et produit un heureux contraste avec la nuance plus tendre du fond de la broderie, qui était auparavant la teinte de toute la chasuble.

Chasuble restaurée 2

Ce dimanche 4 août, j’ai emporté à la chapelle du Puy-en-Velay cette chasuble si bien restaurée.
Monsieur l’Abbé l’a bénite et, ainsi que je m’y attendais, il a ensuite voulu qu’elle serve pour la célébration de la Sainte Messe de ce huitième dimanche après la Pentecôte.

Chasuble restaurée 3

Comme j’étais heureux de la voir à nouveau utiliser !
Nous attendons maintenant avec impatience de découvrir la restauration de la seconde chasuble confiée à Guillaume au mois de janvier dernier : une chasuble blanche portant une splendide croix brodée de fils d’or et d’argent, rehaussée de cabochons, que j’estime être d’époque Charles X, et qui avait déjà subi une réparation peu heureuse…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Et si vous souhaitez nous aider pour continuer à faire restaurer quelques beaux ornements anciens > ici

Vous pouvez laisser une réponse.

5 Commentaires Commenter.

  1. le 6 août 2019 à 14 h 27 min Kimcat Béa écrit:

    Magnifique restauration !
    Je comprends votre immense joie.

  2. le 6 août 2019 à 7 h 32 min Jean P. écrit:

    Belle histoire et beau travail.
    Des images d’enfance lorsque ma grand-mère confectionnait pour les Ets SACRESTE, du PUY, ces ornements qui partaient dans bien des parties du Monde. Je suivais sur les cartes le trajet des chasubles ornées de fils d’or dont les chutes étaient un jouet facile pour tirer les fils soyeux.
    Souvenirs…
    Et aujourd’hui très belle et touchante réalité.

  3. le 5 août 2019 à 18 h 21 min Joël C. écrit:

    Nous nous réjouissons avec vous.

  4. le 5 août 2019 à 7 h 45 min Marie-Agnès L. écrit:

    En effet c’est magnifique, de même que les ensembles présentés sur son site que je suis allée consulter juste pour admirer.
    On lui souhaite le meilleur pour longtemps car c’est un métier d’amour qu’il pratique.
    De même nous souhaitons voir revenir en effet tous ces beaux ornements dans la pratique de la messe, en lieu et place des ces horreurs que l’on nous donne à observer, à l’image de la pauvreté des messes elles-mêmes et des homélies prononcées.

  5. le 5 août 2019 à 6 h 14 min Claude L. écrit:

    Très belle restauration, bravissimo au restaurateur.

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