2019-63. Deux ouvrages de Marie-Joëlle Guillaume qui ont retenu notre attention.

Vendredi 19 juillet 2019,
Fête de Saint Vincent de Paul, confesseur (cf. > ici, > ici, et > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je profite de cette fête de Saint Vincent de Paul pour vous parler de deux ouvrages dus à la plume du même auteur : Madame Marie-Joëlle Guillaume.

Née en 1949, agrégée de lettres classiques, Madame Guillaume a été éditorialiste à l’hebdomadaire « Famille Chrétienne », membre – entre autres – de l’Académie d’Éducation et d’Études sociales, et auteur de très nombreux articles et conférences.
Elle s’intéresse depuis fort longtemps à l’histoire de l’Eglise, en particulier au XVIIe siècle, ainsi qu’aux rapports entre la culture, la politique et la spiritualité.

Elle avait publié deux ouvrages d’entretiens avec Son Eminence Révérendissime le Cardinal Paul Poupard, en 2001 chez Plon puis en 2003 chez Perrin. En 2007, aux éditions de La Table ronde, elle publie « Un printemps de gloire : souvenirs de Catherine, marquise de Rambouillet » ; puis en 2010, toujours chez Perrin, un ouvrage consacré à « Rémy Montagne : un démocrate chrétien dans le siècle »

Mis à part l’essai fort réussi de reconstitution des souvenirs de la Marquise de Rambouillet qui avait retenu mon attention, in illo tempore, il n’y avait pas jusqu’alors dans la bibliographie de Marie-Joëlle Guillaume d’autres éléments qui m’attirassent particulièrement, jusqu’à ce qu’en avril 2015 elle fit paraître une biographie de Saint Vincent de Paul qui m’a beaucoup intéressé.

Marie-Joëlle Guillaume Vincent de Paul un saint au grand siècle

A – « Vincent de Paul, un saint au Grand Siècle » (Perrin – avril 2016) :

- Quatrième de couverture :
« Petit paysan des Landes devenu prêtre, nommé précepteur dans l’illustre famille de Gondi après diverses aventures, Vincent de Paul, né en 1581, découvre à trente-six ans la vocation de sa vie : servir les pauvres. Aumônier général des galères du roi à partir de 1618, il fonde en 1625 la congrégation de la Mission, afin d’évangéliser et soigner le peuple des campagnes, et former des prêtres pour cette tâche. En 1632, il se voit offrir avec sa communauté le prieuré de Saint-Lazare à Paris. Les lazaristes étaient nés. Leur ordre allait devenir un refuge pour des milliers de démunis et un centre de rayonnement spirituel considérable. 
Peu à peu, Vincent de Paul s’affirme comme la conscience de son temps. Avec Louise de Marillac, supérieure des Filles de la Charité, il suscite l’engagement et la générosité des femmes de la haute société, lutte sur le terrain contre les horreurs de la guerre de Trente Ans, institue à Paris l’œuvre des Enfants trouvés. Par sa présence, de 1643 à 1652, au Conseil de conscience de la reine Anne d’Autriche, celui qui fait jeu égal avec les grandes figures de la Contre-Réforme catholique, François de Sales, Bérulle, Olier, influera aussi sur les affaires de l’Etat et s’engagera contre le jansénisme. Les années 1650 le voient jouer un rôle décisif dans le développement des missions étrangères. Il meurt en 1660 et sera canonisé moins d’un siècle plus tard. 
Homme de prière, homme d’action, meneur d’hommes, témoin auprès des grands des exigences de la conscience, l’humble paysan gascon est devenu une grande figure de notre histoire. »

- Mon avis :
J’ai découvert cet ouvrage au début de l’été 2017 et je m’en suis servi de lecture de préparation à la fête de Saint Vincent de Paul cette année-là. C’est une excellente biographie dont on peut dire qu’elle s’impose par ses qualités d’écriture, par son sérieux et par sa profondeur spirituelle. Je n’hésiterai pas à parler d’une véritable « biographie de référence ».
Un bémol toutefois : Madame Guillaume est une catholique marquée par l’esprit de la « démocratie chrétienne » et par le pseudo œcuménisme post-vaticandeux et c’est ainsi que, en quelques petites touches qui pour être discrètes n’en sont pas moins réelles et récurrentes, elle semble avoir du mal à comprendre la gravité de l’hérésie protestante et de ses conséquences ecclésiologiques, spirituelles et politiques. Ainsi, conformément à la tendance dominant de nos jours dans l’ « Eglise officielle », elle s’emploie à mettre des guillemets relativisants aux termes d’hérésie et d’hérétiques chaque fois qu’elle ne peut faire autrement que de les utiliser, en conformité pourtant avec l’authentique théologie catholique et aux affirmations de Saint Vincent de Paul qui, pour être parfaitement claires n’en sont pas moins justement pleinement charitables puisque habitées par la vérité. C’est en effet une fausse charité, ou du moins une charité bien imparfaite, qu’une charité qui néglige de donner le nom d’erreurs aux fourvoiements de ceux que l’on prétend aimer.

Vitrail Lys - oratoire du Mesnil-Marie

Marie-Joëlle Guillaume Pour Dieu et pour le Roi

B – « Pour Dieu et pour le Roi » (Perrin – avril 2019) :

- Quatrième de couverture :
« La nature et l’évolution des relations entre le Trône et l’Autel, l’Église et l’État sous l’Ancien Régime sont difficiles à comprendre pour nos contemporains. De même que les conflits religieux qui l’émaillent – guerres de Religion, jansénisme, quiétisme… – et qui ont de multiples implications au plus haut sommet de l’État. Marie-Joëlle Guillaume en livre les arcanes par le biais des portraits de douze grands prélats français, du règne d’Henri III à celui de Louis XVI. 
Pierre de Gondi, François de La Rochefoucauld, Pierre de Bérulle, Richelieu, Bossuet, Fénelon, Valentin-Esprit Fléchier, Louis-Antoine de Noailles, Jean-Baptiste Massillon, André-Hercule de Fleury, Christophe de Beaumont et François-Joachim de Bernis : hommes d’État, hommes d’action, noms illustres des Lettres françaises ou prédicateurs en vue, tous sont de grandes âmes aux prises avec de grands débats. La présentation fouillée de leurs fortes personnalités, l’explication de leurs œuvres et de leurs actions conduisent à une plongée passionnante dans les XVIIe et XVIIIe siècles. Alliant la rigueur de l’historien à la limpidité du style, Marie-Joëlle Guillaume éclaire un pan encore largement méconnu de l’histoire politique et religieuse de la France moderne. »

- Mon avis :
Comme sa biographie de Saint Vincent de Paul, cet ouvrage de Madame Guillaume est largement positif. Ce qui ne signifie pas qu’il faille tout en recevoir comme si cela était « parole d’Evangile » !!!
Les douze prélats qu’elle a choisis pour illustrer le rôle unique de l’Eglise au service de la royauté très chrétienne dans ces deux magnifiques XVIIe et XVIIIe siècles sont véritablement emblématiques, et Madame Guillaume a su en dresser des portraits intelligents et plutôt sympathiques.
Avec un réel talent, elle fait ressortir les mérites et rend très attachantes d’admirables figures un peu laissées dans l’ombre aujourd’hui, comme le sont les cardinaux de Gondi, de La Rochefoucauld ou de Fleury ; elle fait sortir de la légende noire et lave des calomnies qui les ont injustement salis les cardinaux de Richelieu et de Bernis ; elle démontre (bien que je ne sois pas certain que ce soit son intention initiale) combien de très intelligents prélats, véritables hommes de Dieu, ont su établir un équilibre politique très judicieux, profondément réaliste et rigoureusement fidèle à la doctrine évangélique, en se tenant éloignés des excès des dévots lorsqu’ils prétendaient se constituer en parti ; elle écrit finalement une belle apologie de cette religion royale dont on a trop souvent perdu la compréhension profonde aujourd’hui, ou que l’on a fort injustement décriée et calomniée en la faisant passer pour du « gallicanisme » frisant l’hérésie…
Mais Madame Guillaume persiste dans son entêtement à vouloir relativiser les gravissimes erreurs du protestantisme, et s’obstine donc à entourer de guillemets édulcorants les termes d’hérésie ou d’hérétique qui lui conviennent pourtant en toute vérité. Ses sympathies envers la démocratie-chrétienne la portent aussi, par exemple, à minimiser les errements politiques de Fénelon ou à interpréter certains passages de Massillon dans un sens favorable à une évolution (sans doute nécessaire pour elle) de la monarchie absolue vers des formes prétendûment plus démocratiques…
Il n’en demeure pas moins que, pour un esprit averti et formé qui a compris quels handicaps intellectuels dus à la modernité postconciliaire dans laquelle elle évolue, grèvent un peu la pensée de Madame Guillaume, cet ouvrage présente un réel intérêt et peut servir de base de départ pour des études plus approfondies dont elle inspire finalement le goût.

Vitrail Lys - oratoire du Mesnil-Marie

Publié dans : Non classé |le 18 juillet, 2019 |6 Commentaires »

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6 Commentaires Commenter.

  1. le 21 juillet 2019 à 19 h 20 min Bernard de G. écrit:

    Je suis plongé dans le livre que nous présente si bien notre Frère Maximilien-Marie intitulé « Pour Dieu et pour le Roi ». Cet ouvrage passionnant se lit assez facilement ; il présente 12 grands Prélats et l’on voit combien cette période de l’histoire a été grande et religieuse comparée à la notre où hélas manquent cruellement ces personnalités hors du commun! BG.

  2. le 20 juillet 2019 à 9 h 18 min Henryk écrit:

    Lire Abbé Maynard « St Vincent de Paul » en 4 volumes

  3. le 19 juillet 2019 à 15 h 05 min Kimcat Béa écrit:

    Merci pour la belle présentation de ces 2 ouvrages.

  4. le 19 juillet 2019 à 10 h 51 min Marie-Agnès L. écrit:

    Je ne prétends pas qu’un film puisse être supérieur à un livre, je ne l’ai jamais pensé ni dit. J’ai enseigné le Français pendant 20 ans je suis donc une adepte des livres au plus haut point. Mais celui de Saint Vincent de Paul est un modèle pour faire aimer et prendre pour modèle un Saint et constater l’oeuvre de Notre-Seigneur sur une personne surtout chez les enfants et les adolescents qui n’ont d’autres visions que les starwars et autres balivernes.
    Le film de Jean Delannoy ne traite que des apparitions pas de la vie de Bernadette à Nevers. C’est un film qui est resté au plus près de ce que l’on en connait avec des acteurs de grande qualité et très justes dans leur humilité et leur foi. On y voit la famille Sajous de l’époque qui a prêté le « cachot » mais qui se montre telle qu’elle est, comme les vieilles familles de Lourdes et qui sont encore ainsi : âpres au gain et surtout on n’aime pas les « étrangers » (y compris les Français qui viennent d’autres régions) et on ne se mélange pas. J’ai expérimenté. Les Lourdais de maintenant sont exactement comme ceux de 1858, rien n’a changé, la franc maçonnerie en plus, et le socialisme extrêmement bien implanté qui a osé faire entrer la caravane du Tour de France dans le sanctuaire et en faire pendant 2 jours une grande fête foraine avec la bénédiction des responsables religieux, Evêque et Recteur. Le dit Evêque a été démis de ses fonctions pour le sanctuaire car il est trop « business » et c’est l’Evêque de Lille qui le remplace.
    Par contre je peux témoigner de ce que le descendant direct d’un frère de Bernadette qui aura 80 ans ces jours-ci, ainsi que sa femme, sont ds personnes merveilleuses, remplies de foi et le coeur sur la main comme on dit. Ce sont mes voisins.

  5. le 19 juillet 2019 à 6 h 56 min Maître-Chat Lully écrit:

    On ne peut nier l’impact positif de certains films.
    Celui où Pierre Fresney interprète Saint Vincent de Paul est incontournable, mais en dépit de ses qualités il reste bien en deça de la réelle figure de Saint Vincent de Paul. Je n’ai pas vu le film de Jean Delannoy sur Sainte Bernadette, mais je doute qu’il soit supérieur à l’ancien, intitulé « Il suffit d’aimer », surtout pour ce qui concerne la vie religieuse de Soeur Marie-Bernard à Nevers.

  6. le 19 juillet 2019 à 6 h 45 min Marie-Agnès L. écrit:

    Bonjour Frère Maximilien Marie du Sacré Coeur

    Pour moi ma référence bien légère je vous le concède est le film MONSIEUR VINCENT avec Pierre Fresnay que j’ai vu dans mon enfance pour la première fis et qui m’a donné un amour incommensurable pour Saint Vincent de Paul. Depuis je revois ce film régulièrement et je crois bien que je le connais par coeur tout comme celui de Bernadette de Jean Delannoy (de 1988 je crois). On savait en ce temps là donner des modèles à admirer et à suivre. bien sûr les livres sont toujours plus édificateurs car plus précis et j’en absorbe beaucoup mais cependant les images peuvent être aussi amplificatrices quand elles sont bonnes et vertueuses de l’attrait pour un personnage. En tout cas pour moi c’est le cas mais je ne prétends en rien détenir la vérité bien au contraire.

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