2019-49. Réchauffement climatique et printemps de l’Eglise.

Vendredi dans l’octave de Pentecôte 14 juin 2019 ;
Anniversaire du massacre des capucins et des catholiques de Nîmes (cf. > ici).

Commandant

Je ne sais pas s’il en est de même chez vous, mais la météo de ce début juin est des plus… déconcertante. C’est là une litote !
Figurez-vous, par exemple que ce jeudi 13 juin au matin, à 7 h (heure officielle) le thermomètre affichait ici 2,5° et que l’on apercevait même des traces de gelée blanche sur le toit du poulailler !
Si, lorsqu’il y a du soleil (ce qui est loin d’être le cas de la majorité des jours), les températures sont agréables, dès que le vent se lève ou que les nuages dominent, il fait vraiment frais.
A l’intérieur de notre Mesnil-Marie, dans la grande pièce de vie, je dois maintenir un radiateur électrique pour assurer une température raisonnable qui ne descende point trop la nuit et, lorsque le soleil brille, il n’est point suffisant encore pour réchauffer assez nos gros murs de pierre…
Bref, on ne s’est jamais autant gelé au mois de juin que depuis qu’on nous rebat les oreilles de ce fameux « réchauffement climatique », brandi comme la menace suprême du péril de la planète !!!

Alors que j’en faisais réflexion à quelques personnes proches, une amie m’a expliqué que, dans les médias, ils appellent cela « le paradoxe du réchauffement climatique ».
Je ne suis pas climatologue et si j’ai commencé par vous entretenir de météorologie, c’est parce que cette expression – « paradoxe du réchauffement climatique » – m’a donné à réfléchir.
Je me suis demandé ce que le très sage et très sagace Maître-Chat Lully en aurait pensé et dit…

Mais, à la vérité, je ne me suis pas posé la question très longtemps : on ne vit pas près de douze ans et demi avec un Maître-Chat sans avoir été imprégné de son esprit.
C’est ainsi que m’est presque aussitôt venue à l’idée que ce « paradoxe » pouvait être aisément mis en correspondance avec une autre expression qui a fait florès après le concile vaticandeux, expression dont les chantres et thuriféraires dudit concile se sont largement gargarisés mais qui ne résiste plus guère désormais à la réalité factuelle de notre époque, à la réalité factuelle de la vie de l’Eglise, sinon chez quelques idéalistes dont on se demande s’ils ne sont pas atteints d’une cécité volontaire et obstinée.
Je veux parler de l’expression « printemps de l’Eglise ».

« On croyait qu’après le concile le soleil aurait brillé sur l’histoire de l’Église. Mais au lieu de soleil, nous avons eu les nuages, la tempête, les ténèbres, la recherche, l’incertitude… »
Ce n’est pas moi qui l’affirme, c’est le pape Montini qui en faisait le constat avec une certaine amertume dans une fameuse homélie du 29 juin 1972 où il avait aussi commencé par dire : « Devant la situation de l’Église d’aujourd’hui, nous avons le sentiment que par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu. Nous voyons le doute, l’incertitude, la problématique, l’inquiétude, l’insatisfaction, l’affrontement… »

Etrange lucidité puisqu’elle ne semble toutefois pas l’avoir déterminé à s’opposer de manière efficace à cette invasion de « la fumées de Satan », laquelle ne s’est plus seulement subrepticement infiltrée par « quelque fissure », mais à laquelle « on » a largement ouvert portes et fenêtres !
Et pendant des années, malgré la désillusion du pontife qui se hasardait à cet accablant constat, on a continué à bazarder l’authentique spiritualité, à bazarder les dogmes, à bazarder la liturgie, à bazarder la morale, à bazarder la discipline ecclésiastique, à bazarder l’ascèse et les pratiques de la nécessaire pénitence, à bazarder le catéchisme, et à bazarder tout ce qui était par trop catholique.
De la même manière que, lorsque l’on porte un coup de ciseaux dans un pull-over et que l’on se met à tirer sur l’un des fils de laine que l’on vient de sectionner on parvient très facilement à tout détricoter, ainsi aussi a-t-on fait avec ce qui restait encore de Chrétienté : le coup de ciseaux avait été porté, on a tiré sur le fil rompu, et on a tout détricoté !

Et de la même façon qu’à ceux qui se gèlent, renfilent des pulls et allument leur chauffage au mois de juin, on continue à asséner péremptoirement qu’on est en plein « réchauffement climatique », ainsi aussi a-t-on entendu prêtres et évêques rabâcher à longueur d’homélies creuses et de rassemblements festifs redondant d’outrecuidante fatuité, que « notre Eglise n’a jamais été aussi belle », « jamais été aussi jeune », « jamais été aussi dynamique », et autres formules dont on se demande si elles tiennent de la méthode Coué ou d’une simple aliénation.

Devant leurs paroisses dévastées, leurs églises vides, leurs équipes liturgiques ou pastorales majoritairement composées de têtes chenues, leurs catés désertés, leurs séminaires fermés, leurs presbytères repris par les communes, et leurs couvents vendus ; devant leurs baptêmes de plus en plus rares, leurs mariages en chute libre, leurs confessions raréfiées, leurs vocations sacerdotales dont les chiffres continuent de décroître, leurs « fidèles » qui n’ont plus vraiment la foi dans des vérités qui, me semble-t-il, sont tout de même essentielles (la Sainte Trinité, la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Sa Résurrection, la transubstantiation… etc. – ou bien, lorsqu’ils emploient encore ces mots, ils n’y mettent plus du tout le sens défini par la Sainte Eglise dans ses anciens conciles et catéchismes), il en est encore qui s’obstinent à vouloir parler de « printemps de l’Eglise ».
Le font-ils avec une réelle conviction, ou bien seulement de la manière dont les apparatchiks soviétiques désabusés du début des années 80 du précédent siècle continuaient à prêcher « le grand soir » ?
Dieu seul le sait, Lui qui seul peut voir clair au tréfonds des plus noires consciences !

Sans doute y en aura-t-il encore quelques uns pour nous affirmer magistralement que, comme le « réchauffement climatique », le « printemps de l’Eglise » est un « paradoxe ».
Va pour le paradoxe !
Le printemps paradoxal des diocèses de France ressemble majoritairement à une période de glaciation…

Sauf dans les lieux où l’on est resté fidèle à la Tradition, où l’on redécouvre la Tradition, où l’on approfondit la Tradition, où l’on se greffe à nouveau sur la Tradition, où l’on se dégrise des divagations conciliaires et postconciliaires, où l’on ferme les portes et fenêtres aux courants d’air porteurs de la fumée de Satan, où l’on colmate les fissures, et où, écoutant et mettant en application la mise en garde de Saint Paul, on cesse de vouloir se modeler sur ce monde-ci (cf. « Nolite conformari huic saeculo : ne vous conformez pas au monde présent » – Rom. XII, 2) pour vouloir à nouveau être pleinement et intégralement catholique.
Mais là, il n’y a alors plus de « paradoxe » et on voit sans ambiguïté apparaître les authentiques bourgeons et fleurs du printemps !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.    

nika

 

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6 Commentaires Commenter.

  1. le 16 juin 2019 à 17 h 50 min Béatrice D. écrit:

    Ce texte me réchauffe le cœur, car ayant la même analyse,ce qui me posait quelques problèmes, il me déculpabilise. Et comme la prière est à notre portée, sachons l’utiliser et faire confiance à Dieu afin que notre Église redevienne la Sainte Église Catholique.

  2. le 14 juin 2019 à 17 h 25 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Oui, je vois que feu Maître-Chat Lully est entré dans la tête de son papa-moine. C’est du tout pareil au même! On croirait le lire. Bref! Très bon et vrai résumé de la situation ecclésiale actuelle, qui a à sa source le Concile Vatican II. Mais heureusement, tout va changer avec Mgr Percerou qui voit l’avenir de l’Eglise dans l’abandon de tout ce qui resterait de conservatisme! Il applique pour l’Eglise ce que Peillon appliquait pour l’éducation de l’enfant: « il faut être capable de l’arracher à tous les déterminismes, familial… ».
    Mgr Lefèbvre avait tout vu de ce qui devait arriver.

  3. le 14 juin 2019 à 16 h 17 min Kimcat Béa écrit:

    Une belle analyse… que le très sage et très sagace Maître-Chat Lully aurait appréciée…

  4. le 14 juin 2019 à 10 h 59 min Claude L. écrit:

    Pour moi, une femme qui avorte est un assassin ; ce crime est l’un des pires crimes contre l’humanité, le bébé ne pouvant pas se défendre, et en prolongeant le délai de quinze jours, c’est bien un infanticide car on peut sauver un prématuré qui nait à cet âge. Toutes ces bonnes femmes ripoblicaines sont des salopes !!!!!
    Il faudrait interdire les visites de Notre-Dame avant la fin des messes du matin car elle est envahie par les tour opérators !
    Le réchauffement climatique est connu depuis des millénaires, suivi de périodes de glaciations, comme on peut le constater en géologie, et plus près de nous avec la connaissance de Groenland appelé originellement green land : cela sert de motif pour spolier les Français.

  5. le 14 juin 2019 à 7 h 48 min Jean P. écrit:

    SUPERBE ! VRAI, TELLEMENT VRAI, BIEN VU, Bravo Cher frère et ami.
    Oui, Superbe analyse d’une situation atroce dont les prémices annoncent LA FIN.
    APOCALYPSE….niouses!

  6. le 14 juin 2019 à 6 h 58 min BMN écrit:

    Ce que vous décrivez comme paradoxes, sont de véritables apories.
    Autres citations ministérielles récentes du même tonneau :
    - Laurence Rossignol :  »Une femme qui avorte n’interrompt pas une vie ».
    - Christophe Castaner, :  »Ce que je sais c’est que Notre-Dame de Paris n’est pas une cathédrale ».
    Bref, bienvenue chez les fous dangereux …

    Paul6, en clôture du concile V2 :  » …. nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l’homme. … » ; ça n’est pas tombé dans l’oreille d’un Sourd et l’apparition des fumées de Satan quelques années plus tard est, pour le coup, d’une logique incontournable, quasi mécanique.

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