2018-88. De la nouvelle présentation du corps de Sainte Thérèse Couderc dans la basilique de La Louvesc.

Jeudi 27 septembre 2018,
Fête des Saints Côme et Damien, martyrs ;
Commémoraison de Saint Elzéar et Sainte Delphine de Sabran ;
Anniversaire de la naissance de SMTC le Roi Louis XIII.

translation de Sainte Thérèse Couderc 22 septembre 2018

Translation du corps de Sainte Thérèse Couderc
depuis la chapelle du Cénacle
jusqu’à la basilique de Saint Jean-François Régis
La Louvesc, le 22 septembre 2018
(photo prise par une amie présente à la cérémonie)

Chers Amis du  Refuge Notre-Dame de Compassion,

Monseigneur le Maître-Chat a déjà évoqué, samedi dernier (cf. > ici), la translation du corps de Sainte Thérèse Couderc.
Un empêchement de dernière minute indépendant de ma volonté m’avait privé d’assister à cette cérémonie, aussi ai-je profité du jour même de la fête liturgique de cette sainte très aimée, hier mercredi 26 septembre, pour me rendre à La Louvesc : ceux qui me connaissent et sont venus au Mesnil-Marie savent à quel point ce lieu est cher à ma dévotion.
Je ne m’y étais pas rendu depuis le mois d’avril. C’est à cette occasion que j’avais appris la date de la translation de Sainte Thérèse et que j’avais pu apercevoir les travaux en cours dans la basilique pour la réception de sa châsse.
Puisque Maître-Chat Lully me laisse aujourd’hui la plume, je vais moi-même vous parler de mon petit pèlerinage et vous montrer quelques clichés que j’ai réalisés à cette occasion, afin que vous puisiez vous rendre compte par vous-mêmes de la nouvelle disposition des lieux.

Basilique de La Louvesc

Basilique de La Louvesc – façade

Ayant quitté le Mesnil-Marie vers 11 h 30, j’arrivais à La Louvesc au moment où sonnait la demi de midi au clocher de la basilique : horaire très intentionnellement choisi parce qu’alors, et pour une bonne heure environ, la basilique est déserte et silencieuse.

La journée était radieuse, chaude (même à 1.100 m d’altitude) ; le ciel sans nuage. Une lumière magnifique entrait à flots dans la basilique.

Basilique de La Louvesc intérieur

Basilique de La Louvesc – intérieur, vue générale

Je compte vous parler un jour plus en détail de cette basilique, œuvre de l’architecte lyonnais Pierre Bossan (auquel nous devons aussi entre autres la basilique de Fourvière, le prolongement de l’église d’Ars et l’église Notre-Dame de Valence), et des misères qu’elle avait déjà subies lors de la réforme liturgique postérieure au concile vaticandeux. Aujourd’hui, je me contenterai de vous parler des dispositions prises pour la réception de la châsse de Sainte Thérèse Couderc.

Après avoir salué le Très Saint Sacrement et m’être agenouillé devant le reliquaire dans lequel sont renfermés les ossements de Saint Jean-François Régis, je me dirigeais donc vers la chapelle du transept sud qui était encore il y a peu dédiée à Sainte Agathe (en souvenir du fait que l’église originelle de La Louvesc, à laquelle a succédé cette basilique, était placée sous le vocable de l’illustre vierge martyre de Catane).

Voici à quoi ressemblait l’autel – aujourd’hui détruit – de la chapelle de Sainte Agathe.

Autel de Sainte Agathe dans la basilique de La Louvesc

(photo prise en 2010)

Il ne subsiste plus aujourd’hui que le panneau sculpté qui constituait le devant de la table d’autel, et se trouve désormais exposé sous le porche de la basilique.

Devant de l'ancien autel de Sainte Agathe

On peut avoir une idée de l’aspect général de cette chapelle de Sainte Agathe en regardant, du côté droit, celle qui lui est symétrique : la chapelle du Sacré-Coeur.

Basilique de La Louvesc - chapelle du Sacré-Cœur

Foin désormais de ce que vous avez vu ci-dessus, l’ancienne chapelle de Sainte Agathe, devenue la chapelle où repose le corps incorrompu de Sainte Thérèse Couderc, a été transformée comme ceci, sans chercher en aucune manière à conserver le style de la basilique :

Ancienne chapelle Sainte Agathe désormais chapelle de Sainte Thérèse Couderc

Certes, l’essentiel, après deux années de « sevrage », c’est que l’on puisse à nouveau y vénérer le précieux corps de Sainte Thérèse Couderc. Le lieu est propre (parce que c’est neuf : dans le reste de la basilique on est attristé de voir beaucoup de poussière et de toiles d’araignées), mais c’est tout-à-fait minimaliste ; tout-à-fait conforme à la manière dont on a dépouillé les sanctuaires catholiques dans les années 60-70 du précédent siècle pour leur donner la nudité des temples huguenots…

On est frappé par le fait que le seul élément qui a été conservé de l’autel sous lequel était exposé le corps de notre chère sainte dans l’ancienne chapelle du Cénacle soit la grande plaque de marbre sombre, gravée d’une inscription latine rappelant les grandes lignes de la vie de Sainte Thérèse Couderc, sa béatification et sa canonisation (voir la photographie de cette plaque > ici), mais rendue illisible par l’espèce de barbouillage pseudo symbolique dont elle a été recouverte. Il paraît que c’est une œuvre d’art, mais je ne connais personne ayant un minimum de bon goût qui mettrait « ça » dans son salon, et je doute fortement que ce soit un jour placé dans un musée des beaux-arts.

Présentation de la nouvelle châsse de Sainte Thérèse Couderc

Mais approchons-nous !
Dès l’abord, la forme choisie pour la nouvelle châsse de Sainte Thérèse surprend. Cette forme ogivale laisse un peu perplexe : elle ne donne pas une impression d’harmonie. Je ne pense pas que le nombre d’or ait été utilisé pour en calculer les proportions.
Le socle de pierre sur lequel elle est posée, pas davantage d’ailleurs. 

Châsse de Sainte Thérèse Couderc

La manière dont les « rayons » (je ne sais pas si c’est le terme approprié), dorés et argentés, sont peints (car je ne pense pas qu’il s’agisse d’or et d’argent véritables) – sans finesse – sur cette châsse fait spontanément et irrépressiblement penser à la forme d’un canoë amérindien (mais, à ce que je sache, Sainte Thérèse n’est pas allée instruire dans la vraie foi les indiens du Canada !!!).

Châsse de Sainte Thérèse Couderc

L’inscription (qui ne saute pas aux yeux) donne l’impression d’avoir été tracée sur le sable du bout de l’index.

Inscription de la châsse

Mais il y a quelque chose de plus embêtant pour les dévôts de Sainte Thérèse dans la manière dont elle est ici présentée.

Dans l’ancienne chapelle du Cénacle, le corps était exposé couché légèrement sur le côté, de sorte que les fidèles qui venaient s’agenouiller devant lui puissent en voir le visage. En effet, même s’il est protégé par un masque de cire, le visage de cette octogénaire qui a « si bien trouvé Dieu » est extraordinaire par son rayonnement de sérénité.

Ici, le corps est posé totalement à plat, ce qui fait que lorsqu’on se met à genoux (sur l’agenouilloir disposé devant la châsse) il est désormais impossible de voir autre chose que la coiffe tuyautée sur laquelle est épinglé son voile et, pour ceux qui sont plus haut de taille, le nez qui en dépasse.
Il en est aussi ainsi si l’on est assis sur l’un des sièges de la chapelle disposé devant la châsse.
Et quand bien même l’on est debout, il n’est pas non plus très aisé – sinon en se contortionnant un peu – de bien contempler le visage de Sainte Thérèse.
Il est donc devenu extrêmement compliqué d’aviser convenablement Sainte Thérèse Couderc pendant un long moment de prière silencieuse, face à face « comme un ami qui parle à son ami », selon la belle expression de la Sainte Ecriture.

Tout porte à penser que le corps incorrompu de la sainte a été exposé là plutôt comme un « objet de curiosité » que comme le précieux sujet d’une réelle dévotion, même s’il y a un agenouilloir et des brûleurs pour y déposer des veilleuses votives (mais cela, c’est une source de revenus pour les églises, alors même les « curés » qui n’ont pas de dévotion le maintiennent !).

Détail de la présentation du corps de Sainte Thérèse Couderc

Ce n’est qu’en se mettant debout sur la pointe des pieds, en même temps qu’il faut se pencher en avant, que l’on arrive à obtenir la vue suivante :

Corps de Sainte Thérèse Couderc

Enfin, comme on peut s’en rendre un peu compte sur ce dernier cliché, la forme même de cette châsse et l’éclairage qui a été mis en place (en particulier les cordons de LED qui soulignent les nervures de la croisée d’ogives au-dessus de la châsse) occasionnent de constants reflets – avec parfois en sus ceux des vitraux – qui sont des plus pénibles.
Ajoutez-y enfin les traces de doigts qu’y laisse une certaine forme de dévotion très tactile, et vous comprendrez que la prise de bonnes photographies est une véritable gageure.

En conclusion, je vous  dirai donc que si je suis infiniment heureux 1) que le corps de Sainte Thérèse Couderc soit demeuré à La Louvesc, 2) et qu’il soit à nouveau possible de le vénérer et de prier devant, néanmoins mon tempérament de perfectionniste est chagriné par les défauts patents de la présentation qui en a été faite.
Cela ne nous empêchera certainement pas de nous rendre toujours très régulièrement à La Louvesc, mais nous y éprouverons un pincement au cœur en pensant à ce qui eût pu être réalisé en conformité avec le style donné par Bossan à la basilique, et en donnant à l’exposition du corps de Sainte Thérèse une présentation portant les caractères d’une véritable piété…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Sainte Thérèse Couderc

Vous pouvez laisser une réponse.

4 Commentaires Commenter.

  1. le 28 septembre 2018 à 15 h 09 min Louis écrit:

    Vous aurez sans doute donné à la postérité les seuls clichés réussis… ainsi que la seule véritable exégèse des événements !

  2. le 28 septembre 2018 à 12 h 31 min Malburet Guy écrit:

    MERCI.

  3. le 28 septembre 2018 à 12 h 18 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Merci, cher frère, de nous avoir fait participer à votre pèlerinage et aux réflexions que vous a suscitées votre coup d’œil averti.

  4. le 28 septembre 2018 à 8 h 34 min OUSSET écrit:

    Un grand merci !

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