2018-38. De la Vigile Pascale célébrée selon le rite antérieur à la réforme de 1955.

11ème partie du récit du Maître-Chat Lully
relatant
la Semaine Sainte à La Garde-Freinet :

la Vigile Pascale 

Vendredi 4 mai 2018,
Fête de Sainte Monique (cf. > ici)
1er vendredi du mois dédié à la réparation envers le divin Coeur de Jésus.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Notre ami Henri Adam de Villiers n’a pas achevé la publication de ses études sur la réforme de la Semaine Sainte infligée à l’Eglise en 1955 : nous espérons de tout coeur qu’il continuera prochainement à faire paraître ses textes très instructifs permettant de faire la comparaison entre la liturgie authentiquement tridentine et les rites imposés par la commission liturgique qui oeuvra à la fin du pontificat de Pie XII. Je n’ai donc (malheureusement) plus d’étude de référence à vous conseiller ici en ce qui concerne la liturgie de la Vigile Pascale.
Mais on pourra toujours se reporter à la savoureuse conférence de Monseigneur Gromier que publie le blogue de la Schola Sainte-Cécile (cf. > ici) dans laquelle il relève, « cum grano salis », toutes les incohérences et les présupposés pseudo-scientifiques – mais authentiquement idéologiques – qui ont présidé à cette réforme de 1955, annonçant celles de 1965 et de 1969, et aborde donc au passage les réformes qui ont été opérées sur les rites de la Vigile Pascale.

Comme je l’ai déjà expliqué en introduction à ma présentation de la cérémonie du « Mandatum », l’indult accordé pour la reprise des rites antérieurs à la réforme de 1955 spécifiait toutefois qu’en ce qui concerne les heures de célébration on devrait se conformer aux usages imposés par la réforme pacellienne : Frère Maximilien-Marie ne m’a pas caché qu’il regrette cette demi-mesure, qui ne permet donc pas une véritable restauration des usages tridentins.
Avec lui, j’espère de tout coeur que nous pourrons un jour (que nous voudrions proche) reprendre dans leur intégralité les rites antiques.
En attendant, nous avons assisté ce Samedi Saint 31 mars dernier, à une Vigile Pascale qui a commencé avec la fin du jour et dont je vous invite maintenant à découvrir une sélection de photographies.

Lully.

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A – Bénédiction du feu et de l’encens :

A la porte de l’église, on allume un feu. Sa flamme doit être tirée de la pierre - ainsi que le dit la première oraisons de bénédiction – : pas question donc de se servir d’allumettes, il faut utiliser un briquet.
Ce détail n’en est pas vraiment un : le « feu nouveau tiré de la pierre » (la première oraison en parle) renvoie évidemment à la banquette de pierre du tombeau sur laquelle le corps supplicié du Fils de Dieu incarné a été déposé et sur laquelle il a repris vie.

Ce Samedi Saint dernier, en Provence, il faisait un temps épouvantable : le vent soufflait furieusement et mugissait sauvagement dans les ruelles médiévales autour de l’église de La Garde-Freinet. Le feu fut allumé au fond de l’église, plutôt que devant la porte où il eût été impossible de le faire prendre et de le garder allumé.
Point n’est besoin d’ailleurs que ce feu que l’on va bénir soit un bûcher ou un brasier – nous ne sommes pas à la Saint-Jean ! – : il suffit qu’il y ait une flamme.

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Le célébrant est revêtu de la chape violette, il est accompagné du diacre et du sous-diacre – celui-ci portant la croix de procession – , qui sont revêtus des chasubles pliées violettes.
Il bénit le feu nouveau au moyen de trois oraisons, puis l’encens, avec une autre oraison, et il les asperge d’eau bénite. 

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Alors un acolyte, au moyen d’un cierge, prélève la flamme dans le feu bénit, tandis que le diacre dépose la chasuble pliée violette et revêt la dalmatique blanche ou dorée ; puis il prend le « roseau », sorte de canne (originellement faite d’une tige de roseau, rappelant le roseau dont les soldats firent un sceptre de dérision au Christ durant les outrages qu’il subit dans le prétoire) surmontée d’un cierge à trois branches.

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Les trois branches de ce cierge sont allumées successivement dans la procession qui a alors lieu en direction du sanctuaire : durant cette marche, chaque fois qu’est allumée l’une des branches de ce cierge, le diacre chante – en montant le ton à chaque fois – : « Lumen Christi », et le choeur répond : « Deo gratias ».

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B – Bénédiction du Cierge pascal :

Après sa bénédiction, le Cierge pascal symbolisera le Christ Rédempteur : la cire figure Son corps, la mèche Son âme, la flamme Sa divinité, et ces trois principes intimement unis symbolisent l’union de la nature divine et de la nature humaine dans la Personne de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
La cérémonie de bénédiction du Cierge se fait pendant et par le chant de l’ « Exultet ».
Avant de le chanter, le diacre a demandé la bénédiction du célébrant.

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Le diacre a interrompu son chant pour fixer sur le Cierge les cinq grains d’encens qui ont été bénits en même temps que le feu : il les fixe en forme de croix.

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Puis il reprend son chant…

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… et l’interrompt à nouveau pour allumer le Cierge avec la flamme bénite prélevée sur le roseau.

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Peu après, les lampes de l’église sont allumées à leur tour, et le diacre achève le chant de l’ « Exultet ».

C – Lecture des douze prophéties :

Vient alors la lecture des douze prophéties, qui constituent une espèce de résumé de l’histoire du salut et des mystères de la foi liés à la Résurrection et au renouveau produit par le baptême.
Les prophéties sont chantées par un lecteur, tandis que le célébrant (qui a déposé la chape violette et revêtu la chasuble de même couleur) les lit à voix basse au missel, du côté de l’épître ; le diacre (qui a repris la chasuble pliée violette) et le sous-diacre sont en ligne derrière lui, comme à l’accoutumée.

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Chaque prophétie est suivie d’une oraison, introduite par l’ « oremus » du célébrant, le « flectamus genua » du diacre, et le « levate » du sous-diacre (sauf après la douzième prophétie où l’on ne génuflecte pas).
En outre, trois des prophéties sont suivies du chant d’un trait avant l’oraison.

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D – Bénédiction des fonts :

Le célébrant reprend la chape violette. La procession se forme, derrière le Cierge pascal, et la croix de procession, entourée par les acotytes qui portent leurs cierges allumés, et pendant que l’on chante le trait « Sicut cervus », on se rend aux fonts baptismaux.

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Le prêtre récite une oraison introductive, avant de commencer la bénédiction à proprement parler.

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La bénédiction commence par une oraison et continue par le chant d’une préface au cours de laquelle sont accomplis divers rites : division de l’eau en forme de croix, toucher de l’eau, signes de croix… etc.

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Le Cierge pascal est plongé à trois reprises dans les fonts baptismaux…

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… et à la troisième fois il le maintient dans l’eau pendant qu’il souffle sur celle-ci en formant la lettre grecque ψ :

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Puis il asperge les fidèles présents avec cette eau, que l’on prélève aussi pour les bénédictions des maisons.
Il verse ensuite dans les fonts baptismaux de l’huile des catéchumènes en forme de croix, puis du saint chrême de la même manière…

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… et enfin, toujours en forme de croix, simultanément l’huile sainte et le saint chrême :

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S’il devait y avoir des baptêmes ils se placeraient à ce moment-ci.

Le clergé revient ensuite vers le sanctuaire et les fidèles regagnent leurs places.

E – La Sainte Messe :

Le chant de l’introït est en quelque manière remplacé par celui des litanies des saints, qui étaient chantées autrefois pendant que la procession du clergé et des nouveaux baptisés quittait le baptistère (lequel, dans l’antiquité, était distinct de l’église) et entrait dans la basilique.
Le célébrant et ses ministres déposent les ornements violets et se prosternent au pied de l’autel.

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Au verset « Peccatores, te rogamus audi nos », le prêtre et ses ministres se relèvent pour se rendre à la sacristie où ils vont revêtir les ornements festifs pour la célébration de la Sainte Messe.
Dans le même temps, les cierges de l’autel sont allumés et les reliquaires, déjà disposés sur les gradins mais qui étaient voilés, sont découverts.

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A la fin des litanies, tandis que le prêtre et ses ministres s’avancent vers l’autel, tous se lèvent et l’on commence le chant du Kyrie.
Le prêtre dialogue avec ses ministres les prières au bas de l’autel, et la Messe est célébrée ensuite comme l’est toute Messe solennelle habituelle.

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Les seules particularités de la Messe de la Vigile Pascale sont :
1 – le chant de l’Alléluia, à trois reprises en élevant le ton, après l’épître. Cet Alléluia est suivi d’un verset du psaume CXVII puis d’un trait, constitué des deux versets du psaume CXVI.
2 – qu’à la procession de l’Evangile les acolytes ne portent pas leurs cierges,
3 – et l’on ne récite pas le Credo après le chant de l’Evangile.

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4 – Il n’y a pas non plus d’Agnus Dei.
5 – Après la sainte communion, on chante, en guise de vêpres, le psaume CXVI avec son antienne qui est un triple alléluia, puis le Magnificat avec son antienne, pendant lequel on encense l’autel.

6 – Après l’oraison conclusive et le « Dominus vobiscum » du prêtre, le diacre chante « Ite missa est, alleluia, alleluia » auquel le choeur et les fidèles répondent : « Deo gratias, alleluia, alleluia ».

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La messe se termine normalement avec la récitation du dernier Evangile.

A suivre :
L’exhumation de l’Alléluia au matin de Pâques > ici.

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Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia |le 3 mai, 2018 |Pas de Commentaires »

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