2018-6. De la Bienheureuse Marie-Christine de Savoie, reine des Deux-Siciles.

31 janvier,
Fête de la Bienheureuse Marie-Christine de Savoie,
Mémoire de Saint Jean Bosco, confesseur.

frise

Avec la Bienheureuse Marie-Christine de Savoie, nous est donnée une preuve supplémentaire de l’extraordinaire fécondité spirituelle des royautés catholiques traditionnelles – dans les membres des familles que Dieu choisit pour perpétuer l’institution royale aussi bien que dans leurs oeuvres – à partir du moment où elles correspondent en vérité aux grâces que Dieu leur confère et fait passer par elles.

La Bienheureuse Marie-Christine appartient en outre à la prodigieuse cohorte des « jeunes saints » qui, tels Saint Louis de Gonzague, Saint Gabriel de l’Addolorata, Saint Dominique Savio, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et plusieurs centaines d’autres, sont parvenus à la plénitude de leur sainteté avant d’avoir atteint l’âge de 25 ans !

Armes de la Maison de Savoie

Blason de la Maison de Savoie

Une illustre parentèle :

La Bienheureuse Marie-Christine de Savoie est, ainsi que son nom l’indique, issue de la lignée des comtes de Savoie-Piémont, lignée qui régna depuis 1263 sur le comté puis duché souverain de Savoie et sur la Principauté du Piémont, ainsi que, à partir de 1720, sur le royaume de Sardaigne.
Les Savoie-Piémont descendent du Bienheureux Amédée IX de Savoie (1435-1472) – élevé sur les autels en 1677 grâce à l’initiative et aux efforts qu’avait entrepris Saint François de Sales – , et de Yolande de France (1434-1478), fille de Charles VII le victorieux. De ce fait, les princes de la maison de Savoie-Piémont portent aussi dans leurs veines du sang de Saint Louis.

En outre, fille du Roi Victor-Emmanuel 1er  de Sardaigne (1759-1824), dont la mère était Marie-Antoinette d’Espagne, Marie-Christine est une arrière-petite-fille de Philippe V d’Espagne (1683-1746) et descend donc du Roi-Soleil.
Son père, Victor-Emmanuel 1er, a succédé à son frère aîné Charles-Emmanuel IV (1741-1819) lequel avait été l’époux de la Vénérable Marie-Clotilde de France (1759-1802) ; il est également le frère des princesses Marie-Josèphe et Marie-Thérèse de Savoie, épouses respectives des comtes de Provence et d’Artois, frères puînés du Roi Louis XVI.
Dans un arbre généalogique Marie-Christine de Savoie est donc nièce par alliance des Rois de France Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

Enfin, par sa mère, Marie-Thérèse d’Autriche-Este (1773-1832), Marie-Christine de Savoie est une arrière petite-fille de François-Etienne de Lorraine, empereur germanique sous le nom de François 1er (1708-1765), et de Marie-Thérèse de Habsbourg, impératrice consort, roi de Bohème, roi de Hongrie et archiduchesse d’Autriche (1717-1780).
Notre Reine Marie-Antoinette (1755-1793) est donc la grand-tante de la princesse Marie-Christine de Savoie.

La vue d’un tel tableau d’alliances illustres – illustres par la sainteté, illustres par le zèle catholique et illustres par la défense des valeurs traditionnelles de la royauté – , ne peut que nous porter à déplorer que, après l’abdication du Roi Victor-Emmanuel 1er (en 1821) et la mort sans postérité de son successeur le Roi Charles-Félix (1765-1831), la branche cadette des Savoie-Carignan, devenue l’héritière des duché de Savoie, principauté de Piémont et royaume de Sardaigne, ait adopté des idées libérales et se soit ensuite compromise de la manière que l’on sait, dans l’aventure de l’unité italienne avec ses dérives anticatholiques et ses alliances maçonniques !

Bienheureuse Marie-Christine de Savoie

La Bienheureuse Marie-Christine de Savoie,
reine des Deux-Siciles (1812-1836)

Biographie :

Mais revenons à la Bienheureuse Marie-Christine.

Dernière des sept enfants de Victor-Emmanuel 1er de Sardaigne et de Marie-Thérèse d’Autriche-Este, Marie-Christine naît le 14 novembre 1812 à Cagliari, en Sardaigne.
En effet, en raison de l’occupation par les troupes révolutionnaires puis napoléoniennes de la Savoie et du Piémont, la cour de Turin avait dû se réfugier sur ses terres insulaires sardes.
A la chute de l’empire baudruche de Napoléon, le Roi Victor-Emmanuel 1er récupère la partie continentale de son royaume (duché de Savoie, comté de Nice, Pas de Suse, marquisat de Saluces et principauté de Piémont) que le Congrès de Vienne augmente même du territoire de la défunte république de Gênes.

Déjà enfant, la personnalité de Marie-Christine peut être caractérisée par deux points principaux : une force d’esprit hors du commun et une grande foi.
A l’occasion de l’Année Sainte de 1825 (elle est alors âgée de treize ans), à Rome, où elle rencontre à plusieurs reprises Sa Sainteté le Pape Léon XII, elle attire l’attention et impressionne tant par ses qualités que par sa beauté.

En 1821, son père, le Roi Victor-Emmanuel 1er a préféré abdiquer plutôt que d’octroyer une constitution libérale sous la pression d’une insurrection révolutionnaire ; il meurt en 1824. Son successeur, son frère puîné le Roi Charles-Félix, moyennant quelques réformes, parviendra à maintenir la constitution traditionnelle de ses Etats.

Pendant toutes ces années, la cour de Turin est réputée austère et profondément imprégnée de ferveur religieuse, mais cela ne suffit pas à Marie-Christine dans le coeur de laquelle croît le désir d’être religieuse cloîtrée. Toutefois, écoutant l’avis de son directeur spirituel et du Roi, elle accepte de se marier avec son lointain cousin, le Roi Ferdinand II des Deux-Siciles.
Elle dira : « Je ne sais comment j’ai pu changer d’opinion et dire « oui » alors que j’étais totalement inclinée vers la vie religieuse. Je ne peux que le voir comme la volonté de Dieu. »
Le mariage est célébré au printemps 1832.

Après l’arrivée de Marie-Christine, la cour de Naples se rendit rapidement compte que Ferdinand II n’avait pas seulement une reine à ses côtés, mais également une conseillère de grande valeur.
Le peuple napolitain acclamait déjà son immense générosité : en guise de cadeau de mariage, n’avait-elle pas partagé sa propre dot entre 240 jeunes femmes napolitaines pour qu’elles puissent se marier ? N’était-ce pas aussi elle qui, avec le produit de la vente des cadeaux qu’elle avait reçus pour ses noces, avait payé l’emprunt de tant de gages au Mont de Piété ?
Voilà pourquoi la pluie qui avait accueilli les nouveaux époux dans le port le jour de leur arrivée, était interprétée par beaucoup comme un signe de prospérité et de bénédictions célestes pour tout le Royaume.

Peu à peu, Marie-Christine, par sa délicatesse et sa constance, conquit la cour de Naples.
La première à ressentir le changement fut sa belle-mère, qui avait depuis longtemps une relation difficile avec son fils. La patience et la délicate sollicitude de Marie-Christine permirent la réconciliation de la mère et du fils.
Ses exemples de foi et de cohérence chrétienne influèrent aussi sur la cour de Naples qui n’était pas particulièrement connue pour sa bonne conduite : elle introduisit la prière et la Sainte Messe dans la vie de la cour, et entraîna son époux – d’un tempérament exubérant et parfois fantasque – dans une vie plus fervente.

La Reine Marie-Christine avait un très grand souci des pauvres, nous l’avons déjà souligné, mais elle manifesta en outre une attention toute spéciale aux condamnés à mort. Elle sauva la vie de beaucoup de condamnés, même celle de l’un d’entre eux qui avait attenté à la vie de son époux. On a écrit que pendant ses trois années de règne à Naples, l’échafaud ne fut pas utilisé. Pour celle que le peuple napolitain surnomma très rapidement « la Reginella santa », la loi la plus grande était la miséricorde.

Avant chaque conseil d’Etat, Ferdinand II passait chez son épouse et récitait avec elle trois Ave Maria, invoquait l’Esprit-Saint puis demandait la bénédiction de sa femme. Pendant que se déroulait le conseil d’Etat, Marie-Christine continuait de prier dans la chapelle du palais.
Le Roi Ferdinand II se souviendra, ému, de ces moments, et dira que beaucoup de décisions justes et prudentes furent dues à son épouse.

L’attention de la Reine se porta également sur le travail de ses sujets, en particulier les femmes. Elle créa et développa pour elles la « Colonia San Leucio » où furent produites des soieries qui étaient exportées dans toute l’Europe.
Le statut de cette « Colonia » était très avancé pour l’époque : droits héréditaires égaux pour les hommes et les femmes, éducation scolaire obligatoire, gestion collective du travail et des bénéfices, prise en charge des orphelins, …etc.

En 1835, enfin, la Reine put annoncer au Roi Ferdinand II qu’elle allait être mère : tous deux avaient multiplié les pèlerinages et les supplications pour obtenir un héritier au trône de Naples.
Mais cette joie fut bientôt marquée par l’inquiétude et la souffrance en raison des difficultés des derniers mois de la grossesse.

Le 6 janvier 1836, naquit l’héritier du trône, prénommé François – le futur François II des Deux-Siciles.
Mais la Reine Marie-Christine était rongée par une infection généralisée et se trouva bientôt à toute extrémité.
Le 31 janvier, elle demanda à embrasser une dernière fois son petit François, puis elle déclara au Roi : « Maintenant vous répondrez de lui devant Dieu et devant le peuple… Quand il sera grand, vous lui direz que sa mère est morte pour lui. »

Ce même jour, 31 janvier 1836, à Casertes, elle rendit sa belle âme à Dieu, Souverain des Rois de la terre : elle était âgée de 23 ans deux mois et 15 jours.
L’annonce de sa maladie et de sa mort produisirent une consternation générale. Elle n’avait été Reine que pendant trois années, mais ces trois années avait profondément impressionné et marqué tout son peuple.

Bienheureuse Marie-Christine de Savoie

Vingt-trois ans plus tard, en 1859, le Bienheureux Pie IX la déclare vénérable.
En cette même année 1859, a lieu, à la mort de Ferdinand II, son père, l’avènement du très pieux Roi François II qui vient d’épouser Marie-Sophie, duchesse en Bavière, soeur cadette de l’impératrice Elisabeth (« Sissi »).
François II a été le dernier souverain régnant sur les Deux-Siciles, puisqu’en 1860 et 1861 son royaume fut envahi par les troupes de Garibaldi puis par l’armée piémontaise…

Les remous politiques de la deuxième moitié du XIXème siècle et du XXème siècle n’ont pas facilité l’avancement du procès en béatification de la Reine Marie-Christine.
Enfin, en 2013, a été officiellement reconnu un miracle survenu par son intercession et le Saint-Siège donna son aval pour sa béatification.
Celle-ci a été célébrée à Naples le samedi 25 janvier 2014, dans la basilique Santa-Chiara (Sainte-Claire), nécropole des Rois de Naples.

Trois lys blancs

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints, Vexilla Regis |le 31 janvier, 2018 |2 Commentaires »

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 1 février 2018 à 10 h 52 min Béa Kimcat écrit:

    Merci pour la biographie de la Bienheureuse Marie-Christine de Savoie.
    Bon jeudi.

  2. le 1 février 2018 à 10 h 44 min Goes écrit:

    Le libéralisme dans tous les domaines n’est en fait que l’œuvre du diable.
    Paix pour le repos de l’âme de la bienheureuse Marie-Christine de Savoie Reine des deux-Siciles.

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