2018-5. Il nous faut maintenant entrer dans la préparation spirituelle du Grand Carême.

Lambert Jacobsz - les ouvriers de la onzième heure

Lambert Jacobsz [1598-1636] : la parabole des ouvriers de la onzième heure
(musée des Beaux-Arts de Rouen)

Samedi veille de la Septuagésime.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le saint temps du Carême – institué par les saints Apôtres de Notre-Seigneur – est quelque chose de trop important, de trop grand, lourd de trop de conséquences, pour que nous l’abordions à la légère, et sans véritable et sérieuse préparation.
C’est la raison pour laquelle toutes les liturgies antiques lui ont adjoint un préfixe : cet avant-Carême, qui porte le nom de temps de la Septuagésime dans le rite latin traditionnel, constitue une espèce de vestibule d’entrée dans le temps de notre réforme spirituelle.

« (…) La liturgie nous présente aujourd’hui le programme de ce que nous avons à faire pour opérer en nous une conversion nouvelle et sérieuse, afin de ressusciter ensuite avec le Christ à Pâques. La collecte de la Messe, en nous rappelant que nous sommes pécheurs, nous invite à des sentiments de profonde humilité : « … afin que nous, qui sommes justement affligés à cause de nos péchés, en soyons délivrés par Votre miséricorde ». Le premier pas vers la conversion consiste toujours à reconnaître humblement que nous en avons besoin. Le tiède doit devenir fervent, le fervent, arriver à la perfection, le parfait, atteindre l’héroïsme des vertus. Qui peut se vanter de n’avoir pas à progresser en vertu, en sainteté ? Chaque progrès nouveau réalise une conversion nouvelle à Dieu,  conversio ad Deum. Dans l’Epître, Saint Paul nous stimule à accomplir ce travail spirituel incessant : pour arriver à la sainteté, à la gloire du Ciel, il ne faut pas se fatiguer de courir et de combattre. Ceux qui courent dans le stade, luttent et se fatiguent dans la lice « pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, faisons-le pour une couronne impérissable. Moi donc, - dit l’Apôtreje cours, je frappe, mais non dans le vide, car je châtie mon corps et le réduis en servitude ». Voici le premier point du programme : lutte généreuse pour nous vaincre nous-mêmes, surmonter le mal et conquérir le bien ; renoncement à nous-mêmes par l’humilité ; abnégation du corps par la mortification physique. Seuls ceux qui luttent et se fatiquent remporteront le prix. Courons donc, nous aussi, de manière à obtenir la récompense.

« L’Evangile nous présente la seconde partie du programme de ce temps liturgique : ne pas rester oisifs, mais travailler assidûment dans la vigne du Seigneur. La première vigne à cultiver est notre âme. Dieu vient à notre rencontre par Sa grâce, mais Il ne veut pas nous sanctifier seul ; Il attend notre collaboration. Ce dimanche renouvelle pour chaque âme le grand appel à la sainteté. Dans Son amour, Dieu va en quête de Ses enfants dispersés et oisifs, et les réprimande avec douceur : Pourquoi restez-vous là à ne rien faire ? « Dieu,  dit Sainte Marie-Madeleine de’ Pazzi, appelle à diverses heures, parce que les états des créatures sont différents, et, en cette diversité, on découvre fort bien la grandeur de Dieu et Sa bénignité qui ne manquent jamais – en quelque temps ou situation que nous nous trouvions – de nous appeler par Ses divines inspirations ». Heureux ceux qui, dès leur jeunesse, ont entendu et suivi l’appel divin ! Mais chaque heure est celle de Dieu, et Dieu passe et appelle jusqu’à l’heure suprême. Quel réconfort et, tout à la fois, quel stimulant que de répondre finalement à l’appel du Seigneur ! « Oh ! Si vous vouliez écouter Sa voix, au moins en ce jour ! N’endurcissez pas vos coeurs » (Ps. 94).
Outre la vigne de notre âme, nous devons considérer la vigne de l’Eglise, où tant d’âmes attendent d’être conquises par le Christ. Personne ne peut se croire dispensé de penser au bien d’autrui. Quelque humble que soit notre place dans le Corps mystique du Christ, nous sommes tous ses membres et, dès lors, chacun de nous doit coopérer au bien des autres. Pour tous existe la possibilité d’une action apostolique efficace par l’exemple, la prière et le sacrifice. Si, jusqu’à présent, nous avons fait peu de chose, écoutons aujourd’hui la parole de Jésus : « Allez, vous aussi, dans Ma vigne ». Allons-y, et embrassons avec générosité le travail que le Seigneur nous offre : rien ne doit nous paraître trop pénible, lorsqu’il s’agit de gagner des âmes. »

Rd Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine, ocd
in « Intimité divine – méditations sur la vie intérieure pour tous les jours de l’année » – Dimanche de la Septuagésime.

Oratoire du Mesnil-Marie - Septuagésime

Oratoire du Mesnil-Marie à l’entrée du temps de la Septuagésime.

Autres publications de ce blogue pour entrer dans la préparation au Carême :
- Présentation du temps de la Septuagésime > ici
- Les adieux à l’Alléluia > ici
- BD « Ne brisez pas le miroir » > ici
- BD « Bas les masques » > ici
- Et les quatre BD du « Reportage infernal » à partir d’ > ici (ensuite suivre le lien à la fin de chaque BD)

Publié dans : De liturgia, Prier avec nous |le 27 janvier, 2018 |Pas de Commentaires »

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