2017-88. Poésie : Vitrail (José-Maria de Hérédia).

22 novembre 2017.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La nuit tombe ; au-dehors le vent du sud affole la girouette ; le feu ronronne dans notre gros poêle…
Douce quiétude des soirs d’automne en notre Mesnil-Marie.

Si, en cette journée du 22 novembre, nous avons célébré la fête de Sainte Cécile (cf. > ici), je reviens auprès de vous pour encore quelques autres lignes qui, d’une certaine manière, ne nous éloignerons pas du thème de cette musique sur laquelle la vierge martyre Cécile exerce son beau patronage.

C’est qu’en effet je voudrais, ce soir, dans l’ambiance chat-l’heureuse et feutrée de notre thébaïde, partager un peu de poésie avec vous.
La poésie est musique. La poésie est harmonie.
Non seulement harmonie et musique des ryhtmes et des rimes, des mots et des sons, mais aussi harmonie et musique des images et des couleurs intérieures qu’elle enfante.

Nous autres, chats, sommes de purs poètes : tout lieu dans lequel nous vivons est un petit Parnasse !
C’est bien là, ce qui explique ma publication de ce soir : ce 22 novembre 2017 a marqué le cent-septante-cinquième anniversaire de la naissance d’un poète à la lyre enchanteresse : José-Maria de Hérédia.

Né à Cuba le 22 novembre 1842, sujet de la Couronne espagnole, José-Maria a des ascendances françaises (sa mère est née Girard d’Houville) et a suivi une partie de ses études en France, où il s’installe définitivement à l’âge de 19 ans (1861).
Fin lettré et esthète raffiné, le jeune Hérédia va être rapidement en relation avec les fondateurs du mouvement parnassien dont il deviendra l’une des figures de proue.

En 1893 – il a donc 51 ans -, il publie son unique recueil : « Trophées », qui comprend cent-dix-huit sonnets et quatre poèmes plus longs. C’est également l’année où il reçoit la nationalité française.
L’année suivante, il est élu à l’Académie Française.
Il s’est éteint le 2 octobre 1905, alors qu’il approchait de son soixante-troisième anniversaire.

J’ai donc choisi de relire avec vous ce pur et sublime joyau qu’est le poème intitulé « Vitrail », ciselé comme une minutieuse merveille d’orfèvrerie, dont la puissance évocatrice a charmé mon papa-moine lorsqu’il avait 11 ans, qui ne l’a, depuis lors, jamais oublié, et qui le récite encore avec délices, comme une intemporelle incantation à la plus pure beauté… 

pattes de chatLully.

Vitrail & gisants - basilique de Saint-Denis

* * * * * * *

Vitrail

Cette verrière a vu dames et hauts barons 
Étincelants d’azur, d’or, de flamme et de nacre, 
Incliner, sous la dextre auguste qui consacre, 
L’orgueil de leurs cimiers et de leurs chaperons ;

Lorsqu’ils allaient, au bruit du cor ou des clairons, 
Ayant le glaive au poing, le gerfaut ou le sacre, 
Vers la plaine ou le bois, Byzance ou Saint-Jean d’Acre, 
Partir pour la croisade ou le vol des hérons.

Aujourd’hui, les seigneurs auprès des châtelaines, 
Avec le lévrier à leurs longues poulaines, 
S’allongent aux carreaux de marbre blanc et noir ;

Ils gisent là sans voix, sans geste et sans ouïe, 
Et de leurs yeux de pierre ils regardent sans voir 
La rose du vitrail toujours épanouie.

                                                    José-Maria de Hérédia.

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Gisants - Basilique de Saint-Denis

Publié dans : Chronique de Lully, Lectures & relectures, Memento |le 22 novembre, 2017 |6 Commentaires »

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6 Commentaires Commenter.

  1. le 23 novembre 2017 à 12 h 17 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Mon Dieu, que c’est beau!

  2. le 22 novembre 2017 à 21 h 42 min Marie-Agnès L. écrit:

    Je suis très sensible à la poésie ainsi qu’à l’atmosphère créée par les vitraux, surtout si un rayon de soleil vient ranimer leurs couleurs et leurs dessins toujours si émouvants.
    Merci, Maitre Chat, d’apporter à notre journée un peu de lumière et de douceur dans ce monde de brutes et décadent dans lequel nous sommes immergés.
    Beaucoup de caresses et en union de prières avec votre maître.

  3. le 22 novembre 2017 à 21 h 25 min SB écrit:

    José Maria de Hérédia est, pour moi, Le poète… et, comme bretonne, je me délecte de son « soleil couchant » parure du granit…
    Merci pour cette journée commencée par l’étude du tableau de Raphaël et l’écoute de l’hymne de Sainte Cécile, et qui se finit sous la lumière de ce « vitrail », en union de prière avec et par Marie.

  4. le 22 novembre 2017 à 19 h 17 min Reine Claude écrit:

    Beauté presque irréelle des gisants sur lesquels se reflètent les rayons du soleil au travers des vitraux.
    Quel artiste notre Lully !
    Et quel poème inoubliable !
    Merci Maître-Chat Lully.
    Reine Claude

  5. le 22 novembre 2017 à 19 h 06 min Hervé N. écrit:

    Sublime poème !
    Merci, Maître-Chat Lully.

  6. le 22 novembre 2017 à 18 h 39 min Béa Kimcat écrit:

    Quel superbe vitrail !
    Merci Maître-Chat Lully

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