2017-60. La « nouvelle messe » n’est pas un rempart pour la foi catholique mais, dans les faits, elle a favorisé la perte de la foi et la diffusion de l’hérésie.

Jeudi 6 juillet 2017.

La Sainte Messe

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Demain, vendredi 7 juillet 2017, nous célèbrerons le dixième anniversaire de la publication du motu proprio « Summorum Pontificum » par lequel Sa Sainteté le Pape Benoît XVI fit sauter – autant que cela lui était alors possible sans accentuer les divisions et les déchirures dans l’Eglise romaine – quelques verrouillages totalement injustes (c’est-à-dire totalement contraires à la justice) qui empêchaient la célébration de la Sainte Messe latine traditionnelle.

Nous avons bien conscience que ce texte
1) d’une part demeurait – et demeure – une sorte de pis-aller qui ne rend pas pleinement à la liturgie traditionnelle la place qui lui est due dans l’Eglise latine,
2) d’autre part, bien qu’il ait permis une réelle augmentation de la célébration des Saintes Messes selon l’usus antiquior et de leur fréquentation, présente des ambiguïtés qu’il faudra bien lever un jour,
3) reste encore, dans la pratique, étrangement ignoré de nombre de prêtres diocésains, voire d’évêques, et donc aussi de la très grande majorité des fidèles qui ne sont pas informés de leurs droits.

Mais je ne veux ni épiloguer ni polémiquer au sujet de ce motu proprio ; à l’occasion de son dixième anniversaire, je veux simplement vous livrer quelques réflexions relatives à la réforme liturgique issue du second concile du Vatican.

ouverture vatican II

Concile Vatican II

Je ne crains pas de le dire et de le répéter avec insistance : depuis la fin de l’année 1969 (date de son entrée en vigueur), ce que, par facilité de langage nous appelons « la nouvelle liturgie », dans les faits et malgré les annonces d’une tapageuse outrecuidance qui promettaient qu’à travers elle s’accompliraient un renouveau et un développement de la vie chrétienne, n’a pas contribué à la vitalité de l’Eglise.
Tout au contraire, presque cinquante ans après sa mise en application, tout observateur objectif et lucide peut affirmer que cette liturgie réformée a plutôt contribué à la diminution de la pratique religieuse, qu’elle a joué un rôle considérable dans la désaffection des fidèles, et qu’elle a concouru à la perte de la foi.

Attention ! Je ne suis pas manichéen (ce serait un comble pour un disciple de Saint Augustin) : je ne dis pas que la « nouvelle messe » est la cause, et encore moins la cause unique, des malheurs énumérés ci-dessus : j’ai parfaitement conscience qu’il faut en même temps, pour être juste,
1) tenir compte de l’évolution de la société et des mentalités au tournant des années 60 du précédent siècle,
2) faire la part à l’action larvée du modernisme qui avait miné le terrain bien avant « le » concile dans les séminaires, les maisons religieuses, les presbytères et les évêchés,
3) mentionner une catéchèse et une prédication qui, dans l’ensemble, se sont révélées d’une indigence et d’une inconsistance affligeantissimes,
4) et rappeler que, bien souvent – malheureusement ! – , ni la solidité d’une authentique vie spirituelle ni la fermeté de saines bases intellectuelles ne se trouvaient alors au-rendez-vous pour opposer un rempart inexpugnable aux assauts de la décadence généralisée et galopante.

Plutôt que de cause première ou de racine de la crise de l’Eglise, nous pouvons dire en toute exactitude, je crois, que l’instauration de la « nouvelle liturgie », tout comme le second concile du Vatican lui-même, ont été les occasions, ou encore les causes déclenchantes, d’un mouvement convulsionnaire dévastateur qui parut alors au grand jour mais qui leur préexistait depuis de nombreuses décennies.

Toutefois, il faut aussi affirmer que la liturgie, qui est le signe le plus visible de la vie ecclésiale a été, en quelque sorte, le point de cristallisation de la crise et le noeud stratégique dont dépendit alors la vitalité et le développement de la Chrétienté.

Attention encore ! Je ne veux pas dire que tous ceux qui assistent à la « nouvelle messe » ont perdu la foi catholique : nous savons qu’il y a (heureusement !) des évêques, des prêtres, des religieux et des fidèles du rang qui la pratiquent quotidiennement, et dont la vie spirituelle et la foi catholiques subsistent véritablement.
Sans nul doute est-ce parce qu’ils ont en même temps gardé un lien authentique avec la Tradition doctrinale et spirituelle : ici, je serais presque tenté d’écrire que s’ils gardent la foi ce n’est pas grâce à la « nouvelle liturgie » mais malgré elle et parce qu’ils demeurent – oui malgré elle – entés sur la Tradition vivante et séculaire de l’Eglise.

Messe latine traditionnelle dans la chapelle de l'ancienne Visitation du Puy en Velay

L‘attachement à la liturgie latine traditionnelle n’est pas une question de « sensibilité », ni une question de préférence d’un type particulier de célébration pour des raisons de « goûts personnels », mais il se fonde sur un problème doctrinal.
Il s’agit d’une question de fond plus que de forme.

Jean Guitton, ami de Paul VI, a rapporté dans ses souvenirs que le pape Montini lui avait explicitement affirmé qu’il avait voulu cette réforme de la liturgie afin que désormais la « nouvelle version » de la messe puisse être acceptée – et célébrée – par les protestants.
Il ressort de cela avec évidence que si l’on fabrique une liturgie afin qu’elle soit acceptée par les protestants lors même que ceux-ci ne renoncent pas à leurs erreurs doctrinales graves au sujet du Saint-Sacrifice, du Sacerdoce et de l’Eucharistie, cela signifie donc immanquablement que cette « nouvelle liturgie » est moins catholique, qu’elle atténue et minimise la doctrine catholique, qu’elle édulcore les dogmes catholiques sur le Saint-Sacrifice, le Sacerdoce et l’Eucharistie, qu’elle protestantise le culte catholique…

De fait, que constatons-nous chez beaucoup de « catholiques pratiquants » qui assistent à la « nouvelle messe » ?
La plupart – et je n’écris pas cela à la légère mais parce que je l’ai pu constater des centaines de fois en parlant avec eux – ne savent pas faire la différence entre les catholiques et les protestants, entre la foi catholique et les doctrines protestantes, entre l’assistance à la messe et celle au culte protestant, et ne voient que des différences mineures (considérées même comme insignifiantes) entre le catholicisme et le protestantisme.

Car force est de constater que non seulement l’instauration et la mise en pratique de « la nouvelle liturgie » n’a pas contribué à la vitalité de l’Eglise, mais qu’en outre elle a favorisé l’ignorance religieuse, le relativisme, le synchrétisme et quelques autres erreurs anciennes qui ont repris du poil de la bête.
Beaucoup de « catholiques pratiquants » des paroisses ordinaires se fabriquent leur « petite-foi-perso » avec laquelle « on en prend et on en laisse » dans l’enseignement authentique hérité de deux mille ans de Magistère. Ils n’ont plus à proprement parler la Foi, mais ils se sont fabriqué une croyance subjective – aux contours imprécis et mouvants – comparable à un plateau repas de self-service : chacun fait son choix selon ses goûts ou réflexions du moment et ne conserve du véritable catholicisme que ce dont il a envie ou qui l’arrange hic et nunc.

Rappelons au passage que pour NN.SS. les évêques de France aujourd’hui un « catholique pratiquant » n’est pas quelqu’un qui va à la messe tous les dimanches, mais quelqu’un qui y va une fois par mois (question subsidiaire : qu’en est-il pour eux du troisième commandement de Dieu et du deuxième commandement de l’Eglise ?).
Or ces « catholiques pratiquants » ne représentent plus qu’environ 3% de la population française.
Eh bien, des sondages réguliers publiés dans ce qui fut jadis « la bonne presse » (mais ne l’est plus depuis belle lurette : « la Croix », « la Vie », « le Pèlerin »… etc.), nous apprennent – je ne l’invente pas – que des pourcentages énormes de ces « catholiques pratiquants » ne croient pas à la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ni à Sa résurrection selon la chair (ou bien confondent résurrection et réincarnation), ni à la Présence Réelle du Christ dans l’Eucharistie, ni au caractère sacrificiel de la messe, ni à l’existence de l’enfer, ni au péché originel, ni même parfois à la Sainte Trinité (excusez du peu) : cette liste est loin d’être exhaustive… hélas !
Et on appelle cela des « catholiques pratiquants » !!!

Si donc ces « pratiquants » de la messe de Paul VI n’adhèrent plus à la doctrine catholique reçue des Apôtres, ou bien « en prennent et en laissent » dans cette doctrine catholique, n’est ce pas la démonstration que la « nouvelle messe » n’est pas le rempart de la foi catholique, comme peut l’être la sainte messe latine traditionnelle, mais que, dans les faits, elle a favorisé la perte de cette foi, l’apostasie et l’hérésie ?
Contra factum non fit argumentum : en face des faits, il n’y a pas à discutailler.

Lully.

pleurant

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5 Commentaires Commenter.

  1. le 6 juillet 2017 à 14 h 38 min Guillaume de Jehanne écrit:

    Je partage à 200 pour cent votre analyse … depuis 1968.
    Combien de temples protestants sont ouverts chaque année pour combien d’églises catholiques fermées, détruites ou reconverties, à la plus grande satisfaction des « autorités » et dans le plus grand silence médiatique ?
    Les catholiques les plus sincères ne sont peut-être pas ceux qui se rendent uniquement à la messe républicaine dominicale. J’en connais qui vont prier plusieurs fois par semaine dans leurs églises, notamment pour la France.
    Dernier point, nos églises ne sont plus entretenues.

  2. le 6 juillet 2017 à 14 h 25 min Rachel écrit:

    Cher Lully, je partage votre analyse. Il existe un livre paru en 2005, de Martin Mosebach, Hora Decima, »La Liturgie et son ennemie,l’hérésie de l’informe. »

  3. le 6 juillet 2017 à 12 h 03 min BMN écrit:

    Concernant la notion de ‘catholique pratiquant, càd  »quelqu’un qui va à la messe au moins une fois par mois », voilà des années que je me demande si cette définition émane bien de l’épiscopat ou plutôt d’un organisme d’état genre INED ; question : cette définition est-elle de fait acceptée par nos épiscopes français ?
    Quant à ce que croient les ‘catholiques pratiquants’, cela évoque pour moi la phrase du cardinal Daniélou : « le chrétien n’est jamais qu’un païen en voie de conversion ».

  4. le 6 juillet 2017 à 12 h 01 min Paulette L. écrit:

    Je suis d’accord avec vous. Mais il faudrait ajouter que nous avons aussi perdu le sens du sacré, et que beaucoup de gens le demandent.
    De plus, il faut aussi constater que ce sont les fraternités traditionnelles et la messe traditionnelle, qui ont des vocations. Il faudrait beaucoup réfléchir à cela.

  5. le 6 juillet 2017 à 11 h 22 min SB écrit:

    id est.

    Ce que nous devons nous répéter , ou savoir d’une façon totalement profonde comme faisant partie de nous-mêmes est que ;
    1- les portes de l’Enfer ne prévaudront pas contre l’Eglise bâtie sur Pierre choisipar Dieu.
    2- La victoire de Notre Seigneur Jésus-Christ est TOTALE et DEFINITIVE .

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