2017-44. Quelques anecdotes désopilantes de la vie au Mesnil-Marie dans les alentours de cette fête de Pâques.

Mercredi de Pâques 19 avril 2017.

Philippe de Champaigne - les disciples d'Emmaüs

Philippe de Champaigne : les disciples d’Emmaüs
(huile sur toile de 1664, 217 × 226 cm, acquise en 1995 par le Musée des Beaux-Arts de Gand)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ceux qui nous connaissent dans le concret et qui ont approché de près mon « papa-moine » savent que la vie en notre Mesnil-Marie n’est pas triste du tout, bien au contraire, et qu’elle fourmille de petits événements drôles, d’anecdotes cocasses, de faits au départ très ordinaires qui se terminent de manière totalement désopilante, de rebondissements ou de saillies non réfléchis qui se concluent par de grands éclats de rire…
Une de nos amies, hilare, a même déclaré à Frère Maximilien-Marie, le jour où, devant la basilique Notre-Dame des Victoires (c’était l’époque où il vivait à Paris), il a été littéralement soulevé de terre par un égouttier qui poussait, par en dessous, la plaque de fonte sur laquelle notre Frère se tenait debout – et à laquelle il n’avait d’ailleurs même pas pris garde – : « Il y a vraiment des choses absolument impropables qui n’arrivent qu’à vous, qui sont des gags dignes de films de Jacques Tati, et qui paraîtraient totalement incroyables si toutefois nous n’en étions pas les témoins ! »
Voici donc, « cum grano salis », quelques uns de ces faits très récents dont je suis le témoin privilégié et qui se sont terminés par de grands fous rires.

pattes de chatLully.

Lièvre et poule de Pâques

Quelques jours avant Pâques, alors que Frère Maximilien-Marie est en train d’écrire dans son bureau, le téléphone sonne.

Frère Maximilien-Marie : « Allo ! »
Une voix de dame, sans dire bonjour et sans la moindre forme de présentation, pose une question à notre frère.
Frère Maximilien-Marie : « Bonjour Madame. A qui ai-je l’honneur ? »
Voix de dame : « Je préfère ne pas vous le dire ! »
Frère Maximilien-Marie, du tac au tac, sans réfléchir : « Et moi, ma maman m’a toujours bien recommandé de ne pas parler aux inconnus. Au revoir, Madame. »

frise de Pâques

Saint Jour de Pâques. Retour de la Grand’ Messe.

Frère Maximilien-Marie m’explique mi-confus mi-amusé qu’il a connu « l’un des plus grands moments de solitude de toute sa vie, devant toute la communauté paroissiale à la Messe de ce Saint Jour » (sic)…

En effet, comme il y avait deux servants de Messe (abondance rarissime), notre Frère pouvait chanter l’introït (ce qui n’est habituellement pas possible puisque, comme il est ordinairement tout seul et pour le service d’autel et pour le chant, il lui faut répondre au prêtre pendant les prières au bas de l’autel).
Cet introït de Pâques, « Resurrexi et adhuc tecum sum… », je puis vous assurer qu’il l’avait répété encore et encore dans les jours précédents et que, en outre, il avait emporté avec lui un enregistrement du propre de la Messe de Pâques qu’il a écouté en boucle dans l’auto pendant toute la durée du trajet…
Hé bien ! Lorsque Frère Maximilien-Marie l’a chanté au début de la Grand’ Messe, arrivé au double alléluia, après « scientia tua », ses côtes cassées (cf. > ici) se sont rappelées à son bon souvenir (merci, les filles !), et là, il s’est complètement planté.
Personne pour le « repêcher ». Impossible de retrouver le ton. Impression de perdre pied (frère Maximilien-Marie ne sait pas vraiment nager). Trou noir.
Il m’a expliqué : « Je me suis senti dans une hébétude complète, et n’avais même pas l’inspiration pour me lancer dans une improvisation baroque : je n’arrivais même plus à retouver le ton du verset ! Et pourtant, il fallait bien faire quelque chose ; il fallait bien arriver au bout ! A chaque note que j’émettais, je me disais intérieurement  : et pour la suivante, qu’est-ce que je vais faire ? Comment cela va-t-il se terminer ? Et il me semblait que cela durait des siècles… Et quand, justement, je suis arrivé à la fin du « saecula saeculorum. Amen », je n’avais plus un poil de sec et il me semblait que j’étais proche de la pâmoison. J’ai renoncé à la reprise du « Resurrexi » ; j’ai pris une grande respiration ; et j’ai embrayé sur le chant du Kyrie Lux et origo !!! »
Quand, à la fin de la Messe, tout vergogneux, il a demandé pardon de cet immense gâchis à quelques uns des fidèles présents, certains lui ont répondu qu’ils ne s’étaient rendus compte de rien et qu’ils avaient trouvé qu’il avait « très bien chanté » (sic)…
Y aurait-il eu des « grâces de surdité sélective » ?

Friandises et cloche de Pâques 2017

Les cloches et le lièvre de Pâques sont bien arrivés au Mesnil-Marie !

Saint Jour de Pâques.

J’ai trois bonnes nouvelles aujourd’hui :
1) Jésus est ressuscité !
2) J’ai réussi à saisir en plein vol une cloche qui revenait de Rome (et pour ceux qui ne croient pas que les cloches s’envolent le Jeudi Saint, se rendent à Rome, puis en reviennent le jour de Pâques chargées d’oeufs en chocolat, voici ci-dessus la preuve irréfragable de la vérité de ces faits : ceci est un authentique cliché non trafiqué montrant la cloche ailée que j’ai attrapée).
Ladite cloche ne s’est pas fait prier pour me donner des oeufs en chocolat à l’intention de mon papa-moine (et qui plus est dans un ramequin fleurdelysé !).
3) Et le lièvre de Pâques s’est aussi arrêté au Mesnil-Marie à seule fin de réjouir les papilles de mon moine qui, depuis plus de sept semaines, n’a pas mangé de viande, de poisson, d’oeufs, de fromages et de laitages, ni de tout autre met d’origine animale…

Frère Maximilien-Marie, jamais à court d’imagination, chante à tue-tête :

♫ ♪  Croquons un oeuf, croquons en deux,
♪ ♫  A la santé du moine heureux !
♫ ♪  A la santé du Roi de France !
♪ ♫  Et m…. aux révolutionnaires
♫ ♪  Qui nous ont déclaré la guerre !!!

Lièvre de Pâques

Lundi de Pâques.

1) Frère Maximilien-Marie, qui va mettre en route le lave-vaisselle, passe devant le ramequin où se trouvent les oeufs en chocolat.
2) Il en prend un au passage.
3) Arrivé au lave-vaisselle, il se saisit d’une « tablette lavante » (garantie haute performance et écologique !). 
4) Il la « dépiaute » (Grrrrr ! ces emballages sur lesquels est écrit « ouverture facile » et dont on met trois heures à venir à bout !!!).
5) Il jette l’emballage dans la poubelle.
6) Il porte ladite tablette à sa bouche…
7) … et réalise au moment du contact avec ses lèvres que ce ne doit pas être du chocolat !
8) Il cherche son oeuf en chocolat.
9) Il finit par le retrouver dans le compartiment du lave-vaisselle où il convient de placer les tablettes de lavage…

Chocolats de Pâques animés

Lundi de Pâques au soir.

L’Evangile de la Sainte Messe de ce jour (dans le missel traditionnel bien sûr), nous rapporte l’épisode de l’apparition de Notre-Seigneur aux disciples d’Emmaüs.
Philippe de Champaigne, l’un de mes peintres de prédilection, a représenté au moins deux fois le souper d’Emmaüs : l’une de ces toiles se trouve au Musée des Beaux-Arts d’Angers, l’autre au Musée des Beaux-Arts de Gand qui l’a acquise en 1995 et dont on trouve la reproduction dans plusieurs ouvrages : c’est celle que je préfère ; c’est celle que j’ai placée en-tête de ma publication de ce jour.
Allez-y ! Retournez tout en haut de cette page. Examinez bien cette toile. Regardez sous la table, aux pieds de Notre-Seigneur, et vous comprendrez sans peine pour quelle raison je l’aime beaucoup…

Eh bien ! Je dois vous dire que je l’aime encore davantage depuis que l’un de nos amis, très au fait des actualités les plus pointues du monde artistique, m’a révélé qu’à la suite d’une toute récente restauration de ce tableau – restauration qui n’est encore signalée dans aucune publication spécialisée, et dont je vous livre ici aujourd’hui le « scoupe » -, on s’est rendu compte que le chat tigré gris d’Emmaüs n’est en réalité que le résultat d’une retouche maladroite du XIXe siècle, et qu’on a réussi à retrouver par dessous l’original – d’un sublime inégalé – de la vraie main de Philippe de Champaigne.
Voici donc, pour vous mes chers Amis, en exclusivité absolue, le dévoilement de l’oeuvre authentique restaurée…

Philippe de Champaigne disciples d'Emmaüs après restauration

Publié dans : Chronique de Lully |le 19 avril, 2017 |8 Commentaires »

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8 Commentaires Commenter.

  1. le 19 avril 2017 à 21 h 52 min Chantaloup écrit:

    J’aime beaucoup lorsque tu racontes des anecdotes, Lully. C’est vraiment un bon moment.
    Pleins de caresses, mon beau, et j’en redemande !!!!

  2. le 19 avril 2017 à 19 h 56 min Pregamo écrit:

    Ah ! que j’AIME tout ces détails gustatifs, sonores, visuels, artistiques, médicaux, divins mélimélos!
    ENCORE ! ENCORE ! VOTONS pour le seigneur du Mesnil-Marie et son superbe chat !

  3. le 19 avril 2017 à 16 h 27 min C. écrit:

    Excellent, excellent, mais sans faire outrage à Lully, euh, euh, vais-je oser le dire? Nous ne sommes pas le 1er avril!!!
    Bon, je n’aurais pas du le dire et je vais aller de nouveau contempler le chef d’œuvre.

  4. le 19 avril 2017 à 14 h 55 min Béa Kimcat écrit:

    Oh j’ai beaucoup aimé toutes ces anecdotes !
    Et Maître-Chat Lully bien placé !!

  5. le 19 avril 2017 à 13 h 17 min Solange R. écrit:

    Ah!Ah! Bien, Lully. Bravo.
    Alleluia!

  6. le 19 avril 2017 à 7 h 27 min Maryvonne V. écrit:

    L’apparition de Maître Lully sur le tableau de Philippe de Champaigne en guise de chute finale a été le coup de grâce : j’ai tellement ri que j’en avais les larmes aux yeux.
    Merci pour toutes ces anecdotes, cher Frère.
    Et continuez de soigner vos côtes en ne riant pas trop.
    MV

  7. le 19 avril 2017 à 6 h 53 min Corinne-Reine écrit:

    Vous êtes délicieux, chers Lully et Maximilien-Marie !

  8. le 19 avril 2017 à 6 h 39 min Jean P. écrit:

    Présent à la chapelle pour la messe pascale, je puis témoigner que, si notre frère a probablement eu un léger « bug » ?, N-D du Puy veillait.
    ♫ ♪ « Croquons un oeuf, cro… » n’est pas venu perturber la voûte recueillie, laissant à son fidèle serviteur le sérieux dû à la sainte messe de ce jour béni entre tous!
    Je me demande même si, de trop répéter en conduisant n’a pas altéré
    si peu soit-il l’instant incriminé?
    Chanter ou conduire, il faut choisir!!! dit le code.

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