2017-28. « Je suis « entré en Légitimité » de la même manière que j’étais entré en religion… »

Lundi 27 mars 2017,
Fête de Saint Jean Damascène, confesseur et docteur de l’Eglise,
Mémoire du lundi de la 4e semaine de Carême,
222e anniversaire de la naissance de Louis XVII (cf. > ici).

icône des martyrs de la famille royale détail : Louis XVII dans son cachot

Le petit Louis XVII dans son cachot
(détail de l’icône des martyrs de la Famille Royale dans l’oratoire du Mesnil-Marie)

fleur de lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il y a de cela déjà plusieurs mois, sur le Forum du Royaume de France, Frère Maximilien-Marie avait répondu à cette question : « Comment êtes-vous devenu royaliste ? » Je lui avais alors demandé l’autorisation de publier cette réponse sur mon blogue, mais il n’y avait pas consenti, au prétexte que cela avait été une réponse hâtive, imparfaite dans son style, incomplète… etc.
Depuis lors, j’ai maintes et maintes fois reporté l’antienne, affiné mes questions, noté ses explications, insisté pour obtenir des précisions… et, avec un ami qui m’a assisté dans l’ « interviou » finale, nous avons
 obtenu les réponses que nous souhaitions ainsi que l’autorisation de les publier à votre intention.
C’est à dessein que j’ai choisi ce jour pour le faire, afin de marquer d’une certaine manière l’anniversaire de la naissance de l’infortuné petit Roi-martyr, Louis XVII.

Lully.

grandes armes de France

- Frère Maximilien-Marie, il y a déjà un certain temps, vous aviez consenti à répondre rapidement à la question : « Comment êtes-vous devenu royaliste ? »
Je vous sollicite aujourd’hui sur ce même thème, parce que finalement beaucoup de personnes qui vous connaissent peuvent, plus ou moins consciemment, se le demander elles aussi, sans forcément oser vous interroger, et peuvent avoir envie de connaître pourquoi et comment « vous en êtes arrivé là », puisque vos convictions et vos engagements ne sont un secret pour personne…
Réponse :
Cette question « Comment êtes-vous devenu royaliste ? » peut recevoir deux réponses. Deux réponses différentes, ou plutôt une réponse en deux parties qui ne s’excluent pas l’une l’autre mais se complètent.
Je m’explique : En tout premier lieu, je crois pouvoir affirmer que je ne suis pas « devenu royaliste », parce que, aussi loin que remontent mes souvenirs (et ils remontent jusqu’en ma toute petite enfance), je constate que j’ai toujours été royaliste par mes convictions personnelles profondes. Je n’ai pas conscience – ni le souvenir – d’avoir jamais été autre chose que royaliste.
En second lieu cependant, il faut ajouter qu’il m’a bien fallu moi-même réfléchir sur cette conviction profonde, presque innée, et – particulièrement en raison des oppositions qu’elle a rencontrées – l’approfondir, la discuter, la justifier, argumenter… etc.
En ce sens, il y a donc bien eu une forme de devenir, qui a consisté en une maturation, en un développement, en un épanouissement, selon le même processus qui fait que la graine devient fleur.

fleur de lys

- Vous dites que vous avez toujours été royaliste depuis votre petite enfance : est-ce parce que vous avez grandi et avez été éduqué dans un milieu royaliste ?
Réponse :
Pas du tout !
Je suis né et j’ai grandi dans une famille pour laquelle, depuis la fin du XIXe siècle (avec ce fameux et funeste « ralliement » demandé par Léon XIII), puis sous l’influence du « catéchisme des diocèses de France » imposé après la seconde guerre mondiale, la république était devenue la « norme » politique.
En outre, depuis l’âge de 6 ans où je suis entré au cours élémentaire et jusqu’à l’âge de 10 ans, j’ai été scolarisé dans une école communale – l’école laïque, l’école de la république – , où, bien évidemment, spécialement dans les cours d’histoire et les leçons de morale civique, l’on dispensait le prêt-à-penser républicain au sujet de la royauté et de l’Ancien Régime.
Mon instituteur des CM 1 et CM2, qui avait participé au maquis avec les « rouges », était tout-à-fait dans la ligne des « hussards noirs de la république », et je me suis rendu compte qu’il était en quelque manière inquiet de mes assurances et de ma passion pour nos Rois, voire presque pénétré de crainte en face d’elles.
Je me souviens en particulier d’un jour où l’inspecteur d’académie était passé dans notre classe, y avait assisté à la matinée de cours et m’avait interrogé à plusieurs reprises ; ensuite, au moment de la récréation, j’avais tout-à-fait fortuitement entendu mon maître et l’inspecteur parler de moi : mon instituteur disait avec une grande perplexité : « Je ne comprends pas comment cela se fait, mais il est vraiment royaliste… »
A l’âge de 10 ans, je suis entré au collège, un collège dit catholique tenu par les « Chers Frères ». C’était la rentrée de septembre 1972 : partout triomphait « l’esprit du concile » (!!!) conjugué aux modes pédagogiques et à la mentalité post-soixante-huitardes. Puis, lorsque j’ai eu 14 ans, je suis allé au lycée, un lycée de l’enseignement diocésain dans un diocèse où l’évêque très progressiste ne cachait pas son soutien à la gauche (il lui est même arrivé de se rendre à la « fête de l’Humanité » !) : vous pensez bien que, dans ces deux établissements, je n’ai jamais rencontré – ni parmi les religieux, ni parmi les professeurs, ni parmi les élèves – le moindre royaliste !
A l’exception du prêtre qui fut mon professeur de Grec classique au lycée, l’écrasante majorité des enseignants, lorsqu’ils n’étaient pas ouvertement socialistes, se plaçaient de près ou de loin dans la mouvance de la « démocratie-chrétienne », et étaient donc de fait des républicains de gauche ou de centre-gauche.
Vous le voyez, je ne dois donc à aucun de mes éducateurs d’être royaliste depuis mon enfance !

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- Alors, à quoi attribuez-vous cet attachement précoce à la royauté ?
Réponse :
A cette question, j’ai envie de vous répondre par une citation de Saint Paul : « Gratia autem Dei sum id quod sum, et gratia ejus in me vacua non fuit : c’est par la grâce de Dieu que je le suis, et Sa grâce n’a pas été vaine en moi ! » (cf. 1 Cor. XV, 10 a).
Dois-je parler d’une espèce d’intuition mystique ?
A tout le moins, je peux affirmer que le Bon Dieu m’a fait depuis ma toute petite enfance la grâce d’être attiré par Lui et par les splendides et profondes vérités de notre religion catholique. Depuis toujours, s’est aussi imposé à moi avec une irréfragable clarté que, de ces vérités catholiques, découle nécessairement un ordre social : tout ce que le pape Pie XI a exprimé dans l’encyclique « Quas primas » au sujet de la Royauté du Christ est spontanément d’une limpide évidence pour qui a véritablement la foi catholique !
Alors certes, à l’âge de 6 ou 7 ans je n’avais ni la formation ni les arguments pour l’exprimer de manière construite et pour argumenter, néanmoins je comprenais dans une lumière certaine que la royauté capétienne traditionnelle a été pour notre France une forme d’incarnation de cet ordre social chrétien, et il m’apparaissait que c’est aussi la raison pour laquelle elle a été combattue et abattue, et je constatais que la république en France, quelque « soft » qu’elle fasse l’effort de se montrer, n’est que la continuation institutionnalisée de la révolution antichrétienne.
Mais, ainsi que je vous le disais au début, tout cela se trouvait en moi à l’état d’intuitions, ou d’évidences premières, et j’ai eu besoin d’étudier et d’approfondir pour le pouvoir formuler de manière cohérente et argumentée.

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-  Parlons donc de la manière dont vous avez procédé pour cette maturation et ce développement de votre attachement à la royauté traditionnelle.
Réponse :
Ce fut d’abord essentiellement par la lecture.
Au fur et à mesure que je grandissais, étant à la fois bibliophage et passionné d’histoire, j’ai dévoré tous les livres qui me tombaient sous la main. Avec mon argent de poche, je m’achetais des livres. Je fréquentais aussi de manière assidue les bibliothèques. Il y avait là du bon et du moins bon ; cela m’a aussi permis de développer mon discernement. Par dessus tout, j’ai appris à prendre du recul avec l’enseignement officiel et avec la pensée dominante, j’ai appris à réfléchir de manière cohérente en même temps que je développais mes connaissances.
J’ai peu à peu acquis les éléments qui me permettaient, déjà simplement en ce qui concerne l’histoire, de voir combien l’enseignement officiel est partial et partiel au sujet de l’Eglise, du Moyen-Age, de l’Ancien Régime et de la révolution.
Si, dès l’âge de 7 ans, j’avais eu l’intuition que l’on me mentait sur ces sujets, en grandissant j’en accumulais désormais de multiples preuves.
C’est aussi entre 10 et 11 ans que j’ai lu le roman « Quatre-Vingt-treize » de Victor Hugo (qui, avant de trahir et d’apostasier, avait été un ardent légitimiste pendant la Restauration) ; lorsque mon professeur de Français le sut, elle en fut abasourdie, elle qui n’avait fait que survoler l’oeuvre lorsqu’elle étudiait à l’université. J’avais appris par coeur la longue tirade du marquis de Lantenac qui, lorsqu’il est emprisonné, démontre à son neveu, le traître Gauvin, les grandeurs de l’Ancien Régime avec une impitoyable éloquence (cela se trouve dans la 3ème partie, livre septième, premier chapitre). Je me récitais ce plaidoyer avec passion.
C’est enfin à l’âge de 14 ans que j’ai découvert Gustave Thibon et que j’ai commencé à lire ses oeuvres : je ne suis pas devenu un « thibonien » – cela n’existe d’ailleurs pas – , mais il a été pour moi un accoucheur (n’est-ce pas ainsi que Socrate se définissait lui-même ?) : la lecture du philosophe de Saint-Marcel d’Ardèche, puis quelques contacts personnels que j’eus alors avec lui, m’ont grandement aidé à développer toutes mes capacités de réflexion et de raisonnement, en dehors des sentiers battus.

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- Mais avant de lire puis de rencontrer Gustave Thibon, vous ne connaissiez toujours pas de royalistes « en chair et en os » ! Cela a parfois dû être difficile pour vous, non ?
Réponse :
Dès le moment où j’ai commencé à exprimer non pas encore des convictions royalistes mais seulement déjà une pensée différente des sacro-saints dogmes républicains, il est clair que mon entourage s’en est effrayé.
Mes parents, les premiers, ont commencé à me regarder « comme une poule qui a couvé un canard », selon une expression de chez nous !
Je me souviens que, vers l’âge de 9 ans, j’avais dessiné une allégorie : un drapeau blanc orné d’une fleur de lys triomphait du drapeau tricolore et d’un étendard portant l’aigle napoléonien, qui gisaient à terre devant lui, leurs hampes brisées. J’avais affiché mon dessin dans un lieu de passage du moulinage où mon père travaillait (il y exerçait des responsabilités qui faisaient que nous bénéficiions alors d’un logement de fonction, ce qui explique que j’avais accès à l’usine) et, bien sûr, mon père avait trouvé ce dessin et l’avait prestement retiré…

A partir de mon entrée en sixième (je venais juste d’avoir 10 ans), et pendant mes quatre années de collège, mes camarades de classe m’ont surnommé avec un ton méprisant « le royaliste ». Certains, profitant de leur supériorité physique (j’étais toujours le plus jeune et le plus chétif de la classe), ont parfois dépassé le stade des insultes et des violences verbales pour me maltraiter : être royaliste était à leurs yeux un véritable motif d’infamie et de mise à l’écart… et l’on sait ce que certains adolescents bourrus sont capables de faire dans ces cas-là.
Ces vexations ne m’ont jamais ébranlé, elles ont contribué à me fortifier intérieurement et m’ont irrémédiablement blindé contre les opinions du commun et les modes de la pensée dite moderne.
Il me faut ici préciser que les lectures – et plus tard la rencontre – de Gustave Thibon, qui sont venues au terme de ces quatre années de collège, ne sont pas arrivées pour achever de me convaincre (c’était déjà fait !), mais comme une confirmation paisible, un encouragement, une consolation, et un stimulant à aller plus loin encore dans mon cheminement intellectuel et spirituel.

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- Vous m’avez dit que votre attachement fondamental à la royauté traditionnelle est lié à votre foi catholique…
Réponse :
Oui, ainsi que je l’exprimais ci-dessus, j’ai acquis la conviction inébranlable qu’il y a dans la royauté française traditionnelle un caractère spirituel et sacré voulu par Dieu.
Avant l’âge de trois ans, j’avais découvert dans la bibliothèque de mes parents une « Histoire sainte » de jadis (elle avait été offerte à mon père à l’occasion de sa communion). On y trouvait, avec une abondance d’illustrations magnifiques qui me ravissaient et dont la contemplation me soustrayait pendant des heures à tout ce qui m’entourait, le résumé de l’Ancien Testament, de l’Evangile, des Actes des Apôtres et, dans une harmonieuse continuité, le résumé de l’histoire religieuse de la France à partir de ses premiers évangélisateurs au 1er siècle : depuis les saints de Provence et Saint Denys, en passant par la geste de Saint Martin, la mission de Sainte Geneviève, le rôle majeur de Saint Rémy, la conversion et le baptême de Clovis, le Bienheureux Charlemagne, Saint Louis et l’épopée de Sainte Jeanne d’Arc…
Lors même que je ne savais pas encore lire, je me faisais inlassablement lire et expliquer par ma mère les récits de cette « Histoire sainte » et leurs images.
Quand ensuite j’ai été capable de lire moi-même, je l’ai tout aussi inlassablement lue et relue pendant des années, jusqu’à ce que l’ouvrage, imprimé sur un mauvais papier du temps de la seconde guerre mondiale, tombât véritablement en lambeaux malgré les multiples tentatives de consolidation opérées d’année en année.
J’étais nourri d’une foi traditionnelle vivante, enracinée dans l’histoire vivante d’un pays, un pays qui était une patrie selon le sens qui découle du quatrième commandement de Dieu.

Jusqu’au début des années 70 du précédent siècle, notre paroisse avait gardé bien des éléments traditionnels et, malgré l’arrivée de la nouvelle liturgie, les cérémonies restaient encore dignes, on y chantait encore régulièrement le kyriale en grégorien (voire la Messe Royale de Henry du Mont) et les prêtres, en clergyman en ville, revêtaient encore la soutane quand ils venaient à l’église…
Mais à peu près dans le même moment où je suis entré en sixième et où, au collège, je me suis trouvé aux prises avec la réalité ravageuse du progressisme, nous avons changé de curé et, dans notre paroisse aussi, tout est devenu plus « moderne ».
C’est une 
nouvelle religion issue du concile vaticandeux que l’on voulait m’imposer, et cela se faisait au travers de véritables violences psychologiques. Tout ce à quoi je croyais, tout ce à quoi j’aspirais était dédaigneusement qualifié de « dépassé » ou de « définitivement remplacé », par les religieux, par l’aumônier puis par le curé et ses vicaires, qui n’avaient jamais assez de mots pour critiquer et condamner « ce qui se faisait avant », maintenant que nous étions entrés dans le nouveau « printemps de l’Eglise », dans un oecuménisme forcené et dans un néo-christianisme aussi incertain que socialiste.

Comme cette nouvelle religion se trouvait absolument incapable de répondre à mes attentes, intellectuelles et  spirituelles, je l’ai peu à peu évacuée de ma vie, ne gardant plus au coeur qu’une espèce de vide douloureux.

Lorsque, au mois de juin 1976 (à la fin de ma classe de 3ème, alors que j’arrivais à mes 14 ans), a éclaté « l’affaire Lefèbvre », j’ai entendu les paroles de celui qu’on qualifiait d’évêque rebelle. J’ai entendu de sa bouche les paroles spirituelles dont mon âme avait soif, et j’ai su que la religion catholique que j’aimais, la religion telle qu’elle avait toujours été et telle que j’aspirais à la vivre, n’avait pas été totalement engloutie dans le naufrage post-conciliaire. J’ai bu comme du petit lait les paroles de la fameuse homélie de Lille (29 août 1976) dans laquelle, sans ambiguïté, Monseigneur Lefèbvre a dénoncé l’alliance adultère de l’Eglise avec la révolution (cf. extrait publié > ici).
Tout est alors redevenu clair dans ma tête, et surtout dans mon âme : indépendamment de ma famille et du milieu clérical progressiste dans lequel elle était immergée (puisque mes parents étaient très actifs au sein de la paroisse), je suis revenu à la foi catholique de toujours, à la liturgie traditionnelle, à la prière et aux sacrements vécus de manière traditionnelle… etc.

Ainsi, à l’éveil de ma raison, ma foi catholique d’enfant avait été la principale source de ma conviction royaliste et, dans une sorte de mouvement d’aller-et-retour logique et harmonieux, au terme de ma crise d’adolescence, mes convictions royalistes me permettaient de revenir à la foi catholique authentique.

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Vous étiez avec de fortes convictions royalistes, mais vous n’étiez pas encore à proprement parler un légitimiste.
Réponse :
Avec ma foi retrouvée, fortifiée et grandie, revint en mon âme la vocation religieuse que je portais au fond de moi depuis ma toute petite enfance. Dès lors, mes années de lycée furent des années de plus intense approfondissement historique, doctrinal et spirituel. Après avoir été reçu au baccalauréat, n’étant pas encore majeur, j’ai dû attendre encore une année pour pouvoir concrétiser mon désir de vie religieuse. J’ai donc passé cette année à Lyon, en faculté de lettres classiques, touchant aussi à l’histoire et à l’histoire de l’art.
C’est alors seulement que j’ai rencontré d’autres royalistes « en chair et en os » (j’avais certes commencé à correspondre avec Gustave Thibon mais que je ne l’avais pas encore rencontré) : je n’en avais jamais côtoyé ni approché jusque là !
Toutefois, soit ils appartenaient à la mouvance maurassienne, à l’A.F., ou à d’autres tendances orléanistes, soit ils étaient survivantistes ou naundorfistes…
Au fond de mon âme, quelque chose me disait que ce n’était pas la voie. Autant les différents avatars de l’orléanisme m’apparaissaient fondamentalement comme un refus de la transcendance et une acceptation partielle des erreurs de la révolution, autant le survivantisme et ses diverses ramifications me semblaient errer dans une inconsistance intellectuelle et une forme d’exaltation pseudo mystique sans équilibre.
Et il n’y avait personne, absolument personne, pour me dire qu’il existait un détenteur légitime de la Couronne, personne pour me parler des Lois Fondamentales
 du Royaume de France et de celui qu’elles désignent indubitablement, personne pour m’enseigner les caractères dynastiques et doctrinaux de la Légitimité…

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Alors, de quelle manière avez vous connu la Légitimité ?
Réponse :
Entré en religion dès que j’ai eu 18 ans, l
a première partie de ma vie religieuse a été marquée par les études spirituelles et doctrinales fondamentales puis par des années d’enseignement (j’étais en effet chargé de formation auprès des novices et jeunes profès).
Là encore, mes convictions royalistes ont souvent fait l’objet de plaisanteries condescendantes de la part de mes supérieurs ou confrères. Nos supérieurs, qui enseignaient que c’est un péché grave de se soustraire à son « devoir électoral », m’ont contraint, avec menaces et « au nom de la sainte obéissance », à  aller urner lors de toutes les élections, en me donnant des consignes de vote précises ; c’était pour moi un véritable tourment psychologique et moral.

C’est en 1987, à l’occasion du millénaire capétien, que j’ai entendu parler pour la première fois de l’aîné des Capétiens, alors Monseigneur le Prince Alphonse de Bourbon, duc d’Anjou et de Ségovie. Ainsi ai-je découvert la Légitimité et m’y suis-je attaché.
Mais je ne connaissais toujours aucun légitimiste !
Après la mort tragique de notre Prince, survenue le 30 janvier 1989, des amis m’ont envoyé le texte de l’homélie que prononça Monsieur l’abbé Christian-Philippe Chanut en la basilique-nécropole royale de Saint-Denys, à l’occasion de la Messe de Requiem qui fut célébrée à l’intention du regretté Prince Alphonse : c’est ainsi que j’ai commencé à connaître, à travers ses écrits, Monsieur le Grand Aumônier de France.
L’évolution interne de ma communauté, les changements intervenus dans son statut canonique, puis, en conséquence, l’exclaustration canonique qui m’a été accordée en 1993, m’ont alors permis de rencontrer « en chair et en os », Monsieur l’Abbé Chanut (cf. > ici).
Peu de temps après, pour la première fois de ma vie, je me suis trouvé en présence de Monseigneur le Prince Louis de Bourbonde jure Louis XX, alors jeune Roi de 20 ans – à l’occasion de la célébration du quatrième centenaire du Sacre de Henri IV à Chartres (27 février 1594/27 février 1994). J’ai alors fait connaissance – enfin ! – avec un certain nombre d’autres légitimistes affirmés…

Encore quelques années plus tard, j’ai découvert qu’il existe une structure politique (la seule et unique !) qui défend et promeut fidèlement l’intégralité de la doctrine monarchique traditionnelle, dans un parfait équilibre du temporel et du spirituel : l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF), ce qui répondait pleinement à mon attente de toujours, et qui m’a permis (et me permet encore) de combler les lacunes de ma formation doctrinale.

Dès lors, je puis dire que je suis « entré en Légitimité » de la même manière que j’étais entré en religion : de tout mon coeur, de tout mon esprit, de toute mon âme et de toute ma force.

Louis de Bourbon et sa famille

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné des Capétiens,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,
avec son épouse la Princesse Marie-Marguerite et leurs trois enfants
(photographie de leur carte de voeux pour le nouvel an 2017).

fleur de lys

Publié dans : Vexilla Regis |le 27 mars, 2017 |4 Commentaires »

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4 Commentaires Commenter.

  1. le 29 mars 2017 à 22 h 34 min Florent écrit:

    Bel entretien (dommage pour le « soft »).

  2. le 27 mars 2017 à 18 h 22 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    J’ai été heureux de mieux connaître Frère Maximilien-Marie, et je remercie Maître-Chat Lully d’avoir insisté pour que paraisse à l’intention de tous la belle réponse à la question posée.
    Je suis moi-même royaliste, mais simplement de coeur et de conviction. Et cette conviction est liée à ma foi catholique et à l’histoire de notre pays, la France.
    Après lecture de « l’interviou », je sais mieux pourquoi je suis royaliste, et même je me reconnais comme légitimiste. J’ai donc mis sur les ‘favoris’ de mon ordinateur le site de l’UCLF que je compte fréquenter. J’ai beaucoup à apprendre.
    Merci, cher Frère Maximilien-Marie.

  3. le 27 mars 2017 à 18 h 08 min Emmanuel B. écrit:

    Quel beau témoignage que je viens de lire : c’est un peu comme Obélix, vous êtes tombé dedans tout petit !
    La description de votre parcours m’a interpellé à plusieurs reprises, car j’ai pu y lire la description de sentiments partagés par votre humble lecteur.
    Dur de se sortir de ce système républicain, et quand on ne se trouve pas en phase avec la Ripoublique, on vous prend un peu comme un pestiféré, et il faut attendre un certain âge pour oser affirmer envers et contre tous son intuition intérieure : Dieu a voulu un Roi pour la France, et elle en a encore besoin. Ceci n’est qu’une première étape, et j’ai mis beaucoup de temps à savoir qu’il existait un mouvement légitimiste.
    Encore merci pour votre Blog : une bouffée d’air frais dans un environnement vicié.

  4. le 27 mars 2017 à 16 h 52 min Béa Kimcat écrit:

    Merci, Frère Maximilien-Marie, de nous avoir narré votre parcours.
    Quelle belle famille royale !
    Bien cha(t)micalement.
    Béa kimcat

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