2017-13. De l’épouvantable siège qu’a victorieusement soutenu le très vaillant Maître-Chat Lully.

Mercredi 1er février 2017,
Fête du Bienheureux Guillaume Repin et de ses 98 compagnons,
martyrs d’Angers et d’Avrillé en 1794 (cf. > ici, > ici, > ici, et encore > ici) ;
Mémoire de Saint Ignace d’Antioche, martyr ;
Mémoire de Saint Sigebert, roi des Francs.

1 - Lac de St-Martial totalement pris par la glace

Le village de Saint-Martial avec son lac dont la surface est tout entière prise par la glace.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Si, en ces jours, nous connaissons un certain redoux, nous avons eu ici (mais je pense qu’il en a été de même chez vous), en ce mois de janvier 2017 qui vient de s’achever, une période de véritable hiver, avec des températures largement en-dessous du zéro, et des intempéries… Donc de la neige !!!

S’il y en a qui aiment la neige, ce n’est pas mon cas.
Vraiment pas mon cas.
Et je n’en fais pas un mystère.

Même lorsque je ne l’ai pas encore vue, je pressens son arrivée : il y a dans l’air quelque chose d’indescriptible qui m’annonce l’approche du danger et me laisse présager que ma blanche ennemie va tenter une nouvelle fois de mettre le siège autour de notre Mesnil-Marie.
Car oui, c’est bien cela : elle vient nous assiéger !

Dès que le jour commence à se lever et que l’on peut distinguer ce qui se passe dehors avec assez de netteté, je monte à mon poste de guet – sur l’échelle de la mezzanine – et, par la fenêtre Est du bureau, j’observe très attentivement…

2 - Lully en observation

Horreur et putréfaction !
Elle est bien là ! 
Elle a commencé à investir les toits ; elle recouvre les chemins ; elle ensevelit sous son linceul de fausse innocence mes espaces de verdure, mes terrains de chasse, mes aires de jeu….
Bref, elle envahit ma Principauté et y instaure sa blanche tyrannie.

3 - Le haneau sous la neige au lever du soleil

Elle tente même de neutraliser nos moyens de déplacement : notre carrosse semble devenu inopérationnel.
Et d’ailleurs il est méconnaissable…

4 - Le carrosse méconnaissable

J’ai bien inspecté l’ampleur des dégâts.
J’ai, en effet, demandé à mon humain de compagnie de m’ouvrir, l’une après l’autre, les portes du Mesnil-Marie, et j’ai très audacieusement – mais néanmoins prudemment – pointé le quart du tiers d’un demi poil de moustache par leur entrebaillement : j’ai été véritablement horrifié !

Elle est de tous les côtés.
Elle nous encercle d’une couche épaisse.
Hypocrite, elle se donne des airs de douceur ouatée, alors qu’en réalité la traitresse est froide et humide.

Sur la terrasse Saint-Constantin, où il est habituellement si agréable de se prélasser au soleil, la table de bois, les bancs, et la grande Croix – érigée en action de grâces à l’occasion du dix-septième centenaire de l’édit de Milan – sont chargées d’impressionnantes masses blanches qui leur donnent des allures fantomatiques.

5 - Terrasse St-Constantin ensevelie

Courageusement (je me dis maintenant qu’il y avait alors de ma part une excessive témérité), j’ai tenté une sortie.
Rasant les murailles, prenant bien soin de ne pas poser mes délicats coussinets sur ses avancées piégeuses, avec la plus grande circonspection, je me suis rendu jusqu’à un point d’observation abrité : las ! elle avait traitreusement investi tout le territoire du hameau, et bien au-delà.

En me gonflant et me hérissant, afin d’impressioner l’ennemie et la dissuader de m’approcher… je suis revenu sur mes pas.

Ah ! Quand je pense qu’il y a des humains qui font des centaines de kilomètres – et même qui payent – à seule fin d’aller patauger dans la neige, je ne peux m’empêcher de douter de leur santé mentale !

6 - Lully tente une sortie par la porte

J’ai également enjoint à mon humain de compagnie de m’ouvrir le « fenestrou » de la Salle Saint-Augustin, à l’étage : j’affectionne de passer par là pour m’aller promener sur les toits.

Mais là encore, le désastre était total, au point que la cloche du pignon se trouvait totalement neutralisée par les flocons perfides accumulés.

7 - La cloche a disparu

Néanmoins, n’écoutant que ma vaillante intrépidité, j’ai hasardé une autre sortie ; en prenant bien soin toutefois de rester sur la partie des tuiles protégée par la passe du toit…
J’ai dû cependant me rendre à l’évidence et battre prudemment en retraite.

8 - Lully tente une sortie par le toit

En désespoir de cause, barricadé dans les entrailles de ma forteresse, alors que mon moine-polyvalent, endossant cette fois une tenue de sapeur, ménageait à la pelle un étroit sentier jusqu’à la route, je suis allé méditer les plans de ma revanche dans mon Q.G. le plus protégé : la couette !

Mais nos humains de compagnie ont parfois des idées extrèmement bizarres et particulièrement perturbatrices…

9 - Lully est très occupé

En définitive, j’ai résolu de narguer cette vilaine neige en lui démontrant de manière irréfragable ma supériorité intellectuelle et culturelle : avec ma plus sublime maestria, je me suis mis à chanter le fameux « air des trembleurs » (*) composé par l’illustre musicien qui a désormais, en sus de la gloire d’avoir servi le Grand Roi, l’honneur que je relève aujourd’hui son nom : Jean-Baptiste de Lully.

10 - Lully chantant Lully

Ma patience, ma persévérance et mon audacieux courage m’ont finalement valu la victoire : la neige a fui. Elle a lamentablement fondu !

Certes, je sais bien qu’elle reviendra et tentera de nouveaux sièges, mais je suis plus tenace qu’elle.
Même si ses offensives m’affligent, elles ne me découragent point !

Enfin, demain ce sera la Chandeleur, date à laquelle, selon le dicton ancestral, « l’hiver périt ou reprend vigueur ». Nous verrons bien alors ce que cela nous laisse présager pour le reste de cet hiver-ci.
Une chose est certaine : après l’hiver reviendront les beaux jours, et je pourrai à nouveau m’étirer voluptueusement au soleil !

Lully.

(*) Note : J’ai publié au début de l’hiver 2010 un enregistrement de ce choeur magnifique dans la chronique qui se trouve > ici.

Chat gif en marche

Publié dans : Chronique de Lully |le 1 février, 2017 |11 Commentaires »

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11 Commentaires Commenter.

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  1. le 6 février 2017 à 18 h 29 min Rachel écrit:

    Cher Lully, je partage ton aversion pour la neige…Je l’ai connue dans mon enfance, en Alsace, et les hivers y étaient très rudes. Quand je vois qu’il risque de neiger, je prie Notre Seigneur Jésus-Christ de nous épargner cette épreuve.

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