2016-84. « Dieu l’avait tellement pénétré, qu’il débordait par tout son être en effusions de lumière et de charité. »

1916 – 1er décembre – 2016

Sacré-Coeur Foucauld

Centenaire de la mort
du

Bienheureux Charles de Jésus
prêtre du diocèse de Viviers
& ermite au Sahara

Bienheureux Charles de Foucauld

Sacré-Coeur Foucauld

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce 1er décembre 2016 nous donne la grâce de célébrer le centenaire de la mort du Bienheureux Charles de Jésus (plus connu sous le nom de Charles de Foucauld), au soir du 1er décembre 1916, premier vendredi du mois, spécialement dédié à la réparation envers le divin Coeur de Jésus pour lequel le Père avait une si profonde dévotion, et dont il portait l’image stylisée sur la poitrine.

Vous savez tous qu’au Mesnil-Marie - ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de le raconter dans les pages de ce blogue – , nous avons un grand amour pour le Bienheureux Charles de Jésus, duquel nous avons l’immense bonheur de posséder une relique dont j’ai publié la photographie à l’occasion du 110e anniversaire de son ordination ainsi que l’an dernier à cette même date (cf. > ici et > ici).

Dans sa méditation  sur le verset « ayant incliné la tête, Il remit l’esprit » (Johan. XIX, 30), le Père de Foucauld avait écrit ces lignes prophétiques :
« Mon Seigneur Jésus, Vous êtes mort et mort pour nous ! Si nous avions vraiment la foi en cela, comme nous désirerions de mourir, et de mourir martyrs, comme nous désirerions de mourir dans les souffrances, au lieu de les craindre ! Quel que soit le motif pour lequel on nous tue, si nous, dans l’âme, nous recevons la mort injuste et cruelle comme un don béni de Votre main, si nous Vous en remercions comme d’une douce grâce, comme d’une imitation bienheureuse de Votre fin… alors, quel que soit le motif qu’on a de nous tuer, nous mourrons dans le pur amour et notre mort Vous sera un sacrifice de très agréable odeur, et si ce n’est pas un martyre dans le sens strict du mot et aux yeux des hommes, c’en sera un à Vos yeux, et ce sera une très parfaite image de Votre mort et une fin très amoureuse qui nous conduira droit au ciel ».
Et dans ses notes spirituelles de 1895, il avait noté ces paroles également prophétiques :
« Pense que tu dois mourir martyr, dépouillé de tout, nu, méconnaissable, couvert de sang et de blessures, violemment et douloureusement tué… et désire que ce soit aujourd’hui… Considère que c’est à cette mort que doit aboutir toute ta vie. »

Cimetière de Tamanrasset - tombes de Laperrine et du P. de Foucauld

Cimetière de Tamanrasset :
on y voit, en avant du bordj devant lequel le Père de Foucauld fut assassiné le 1er décembre 1916, le mausolée du général François-Henry Laperrine d’Hautpoul (+ 5 mars 1920) en forme d’obélisque, derrière la première tombe du Bienheureux Charles de Jésus (son corps a par la suite été déplacé pour être enseveli à El-Goléa près de l’église des Pères Blancs).

Sacré-Coeur Foucauld

Cependant je ne veux pas, aujourd’hui, vous faire le récit de la mort du Bienheureux Charles de Jésus : d’autres l’ont fait bien mieux que moi, et il est facile de retrouver ces textes.
En revanche j’ai choisi de porter à votre connaissance deux textes de Son Excellence Monseigneur Joseph Michel Frédéric Bonnet (1835-1923), évêque de Viviers, remarquable par son intelligence spirituelle et par sa profondeur surnaturelle : c’est lui qui, comprenant la vocation particulière de Charles de Foucauld, accepta de l’incardiner dans le diocèse de Viviers et lui fit conférer les Ordres sacrés. De fait, le Père de Foucauld entretiendra toujours avec lui une relation filiale et affectueusement reconnaissante.
Ces deux lettres de Monseigneur Bonnet sont adressées à Madame Raymond de Blic, soeur du Père de Foucauld, et constituent un remarquable témoignage spirituel (je me permets de mettre en caractères gras quelques expressions qui me paraissent spécialement importantes).

« Evêché de Viviers, 17 janvier 1917.

Madame,

le deuil qui vous afflige m’atteint trop douloureusement pour que je m’abstienne d’unir aux vôtres mes légitimes et profonds regrets.
J’ai le sentiment bien vif de ce que vous perdez en la personne du révérend Père de Foucauld. J’ai peu connu, dans ma longue vie, d’âmes plus aimantes, plus délicates, plus généreuses et plus ardentes que la sienne, et j’en ai rarement approché de plus saintes. Dieu l’avait tellement pénétré, qu’il débordait par tout son être en effusions de lumière et de charité.
Vous savez mieux que moi quelle prise avaient sur son coeur et quelles ardeurs y allumaient les grandes et saintes amours de l’Eglise, de la patrie, de la famille ; vous savez à quel point fut héroïque son zèle pour le salut des âmes : son départ pour le ciel sera, pour les contrées dont il préparait si habilement et si courageusement le retour à la foi, un irréparable malheur, à moins que le sang qui vient de les arroser ne leur soit une semence de chrétiens.
Je ne me consolerais pas de ce malheur qui vous frappe, si je ne songeais que votre cher et vénéré martyr est plus vivant que jamais, qu’il a cessé de souffrir, mais qu’il n’a pas cessé de nous aimer ; qu’il est plus près de Dieu, plus puissant sur son coeur, et qu’il l’incline vers l’Eglise affligée, vers la France meurtrie, vers mon diocèse qui l’implore, vers sa famille qui le pleure.
Veuillez agréer, Madame, l’hommage de mes respectueuses et bien vives condoléances.

+ J.M. Frédéric,                         
Evêque de Viviers. »    

La seconde lettre – un billet plutôt – , datée du jour de la Toussaint 1917 est un remerciement pour l’image memento que Madame de Blic avait envoyée au saint prélat :

« Evêché de Viviers, 1er novembre 1917.

Cette précieuse image ne pouvait m’arriver plus opportunément que le jour où ma pensée le cherche, pour lui adresser un ardent souvenir et une fervente prière, dans l’immense légion de saints que l’Eglise propose aujourd’hui à notre particulière intention.
Ce culte public que je lui rends aujourd’hui d’une façon collective, je le lui rends tous les jours dans le secret de mon âme : je lui dois tant ! Il a si souvent efficacement prié pour mon diocèse et pour moi durant sa vie, et je dois taire tout ce qu’il m’a accordé de faveurs depuis qu’il est plus près de Dieu. »

Monseigneur Bonnet évêque de Viviers

Monseigneur Joseph Michel Frédéric Bonnet (1835-1923), évêque de Viviers,
détail de son cénotaphe dans la cathédrale Saint-Vincent de Viviers.

A l’exemple du grand et saint évêque de Viviers qui nourrissait une si fervente dévotion pour celui qu’il avait amené au sacerdoce, et qui en raison de cela le considérait comme un véritable père en Dieu, que s’accroisse en nos coeurs notre ferveur envers celui qui « débordait par tout son être en effusions de lumière et de charité », le Bienheureux Charles de Jésus, auquel nous recommandons nous aussi « l’Eglise affligée et la France meurtrie », en sus de toutes nos intentions particulières, sûrs de la puissance de son intercession…

Lully.

Armoiries de Mgr Bonnet

Armoiries de S. Exc. Mgr. Bonnet
(détail d’une verrière du choeur de la cathédrale Saint-Vincent de Viviers)

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints, Textes spirituels |le 1 décembre, 2016 |4 Commentaires »

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4 Commentaires Commenter.

  1. le 2 décembre 2016 à 12 h 03 min Dominique P.E. écrit:

    …toujours le même : MERCI !
    Sans vous, la méditation et la connaissance spirituelle des Saints dont la fête tombe en semaine, seraient – comment dire ? – incomplète.
    A dimanche!

  2. le 2 décembre 2016 à 10 h 47 min Nicolas écrit:

    Cher Lully,
    j’ai une question à vous ou à ceux de passage sur votre blog.
    J’ai lu plusieurs articles (ou biographie condensée) sur la vie du Bienheureux Charles de Jésus et une chose revient, (est-ce vrai ?) il ne voulait pas prêcher, ni convertir les Touaregs. C’est quelque chose que je n’arrive pas vraiment à comprendre, auriez-vous une explication ?

    Réponse du Maître-Chat Lully :

    Effectivement on trouve dans les écrits mêmes du Père de Foucauld des passages qui peuvent surprendre, surtout s’ils sont interprétés selon le modernisme ambiant…
    Le Bienheureux ne refuse bien évidemment pas de convertir, de baptiser, d’amener des âmes à Jésus pour qu’elles soient sauvées : et donc il ne refuse ni d’évangéliser ni de prêcher le Saint Evangile, lui qui affirme par ailleurs vouloir « crier l’Evangile par toute (sa) vie » ! Mais en même temps, au milieu des populations sahariennes, imprégnées d’Islam, mais aussi d’autres pratiques religieuses plus ou moins héritées du paganisme ou de la superstition, il se rend compte que le travail d’évangélisation passera davantage par l’exemple que par des prédications : c’est par l’exemple et par la pratique des vertus chrétiennes qu’il veut avant tout autre chose toucher les coeurs et les amener à l’unique Sauveur.
    En outre, il l’explique dans un certain nombre de lettres, il s’est rendu compte que les consciences de ces peuplades sahariennes étaient profondément viciées, et qu’en tout premier lieu il importait de les restifier en les amenant à la pratique de la morale naturelle, celle que le Créateur a inscrite au coeur de tout homme : la loi naturelle résumée par les 10 Commandements.
    Il semblait au Père Charles de Jésus que vouloir convertir et baptiser à tout prix sans avoir opéré ce travail préalable de redressement des consciences, ne permettrait pas une évangélisation en profondeur et ne produirait des chrétiens qui ne le seraient que superficiellement. En bon théologien, le Père de Foucauld savait que le surnaturel vient se greffer sur la nature, et que pour que le domaine surnaturel soit pérenne, il faut d’abord établir fermement les fondements naturels.
    Evidemment, dans le contexte post-conciliaire moderniste qui ne croit plus à la nécessité de la conversion et du baptême, et qui imagine (car c’est évidemment faux) que « toutes les religions se valent » et peuvent conduire au salut, les textes du Père de Foucauld, reçus dans ce schéma d’erreurs, peuvent être mal interprétés…

  3. le 1 décembre 2016 à 12 h 00 min Rachel écrit:

    Cher Lully,
    oui, c’est le moment comme jamais de prier le Bienheureux Charles de Jésus.
    Merci pour ces très belles lettres de Monseigneur Joseph Michel Frédéric Bonnet à Madame De Blic, soeur de Charles de Foucauld.

  4. le 1 décembre 2016 à 10 h 45 min Béa Kimcat écrit:

    Une pensée pour ce Bienheureux Charles de Jésus.
    Bien chamicalement.
    Béa kimcat

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