2016-10. De la « Crèche blanche ».

Fête de la Chandeleur.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Conformément aux indications données par le Saint Evangile (cf. Luc II, 22-32), aujourd’hui 2 février, c’est-à-dire quarante jours après Noël (et l’on sait combien le chiffre quarante a une importance symbolique très riche dans les Saintes Ecritures), nous célébrons dans la joie la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie et la Présentation de Jésus au Temple, en accomplissement des rites prescrits par la loi mosaïque.
Au matin de ce jour donc, la Sainte Famille a quitté Bethléem pour monter à Jérusalem : le temps de la Crèche s’achève.

Parmi les anciennes traditions malheureusement bien oubliées aujourd’hui, il y a celle des « adieux à la Crèche ».
Au matin du 2 février, les enfants du village – ou les enfants de choeur – se rassemblaient une dernière fois devant la Crèche de l’église, chantaient un dernier noël populaire, puis ils en retiraient les santons de l’Enfant Jésus, de la Sainte Vierge et de Saint Joseph qu’ils apportaient processionellement à leur curé à l’entrée du sanctuaire ou sur les marches du maître-autel. Ainsi étaient figurés le départ de Bethléem et la venue de la Sainte Famille dans le Temple du Seigneur.

Aussitôt après, parce qu’il n’était pas possible de la démonter et de la ranger à ce moment-là (car les Crèches n’étaient pas alors minimalistes comme elles le sont dans beaucoup d’églises de nos jours), on recouvrait la Crèche – ou au minimum la grotte-étable – d’un grand tissu blanc. Puis on plaçait par devant un tableau de la Présentation de Jésus au Temple.
Certaines paroisses possédaient même des santons spéciaux représentant tous les protagonistes de ce mystère : la Sainte Vierge portant l’Enfant Jésus dans ses bras, Saint Joseph avec les deux colombes, un prêtre du Temple, Syméon et la prophétesse Anne…

Le drap blanc dont on recouvrait la Crèche et qui servait de fond à cette représentation est à l’origine du nom qu’on lui donne : la Crèche blanche.

La belle tradition de la Crèche blanche a subsisté de nos jours dans certaines paroisses de Provence et du Comtat Venaissin.
Toutefois j’ai appris avec un grand bonheur qu’en certains lieux, où la tradition était tombée entre les années 50 et 60 du précédent siècle, elle avait été récemment reprise avec enthousiasme par quelques prêtres zélés, pour la plus grande joie des plus fervents de leurs fidèles.
En certaines paroisses provençales, on laisse en place la Crèche blanche jusqu’au 9 février, c’est-à-dire tout le temps d’un octave.

Crèche blanche du Mesnil-Marie

La Crèche blanche du Mesnil-Marie.

Au Mesnil-Marie, nous faisons nous aussi une Crèche blanche.

Pour le moment, après avoir retiré la Sainte Famille de l’étable et recouvert tout le décor de la Nativité d’un grand tissu blanc, nous devons nous contenter de disposer par devant une reproduction du très beau tableau de la Présentation de Jésus au Temple peint par Philippe de Champaigne (l’un de nos artistes de prédilection).

Malgré des recherches longues et obstinées en effet, Frère Maximilien-Marie n’a pas encore trouvé tous les santons – de même style et de même taille que tous ceux que nous avons déjà dans notre Crèche – , qui nous permettraient de figurer ce beau et grand mystère du 2 février.
Comme vous pouvez le voir vous-mêmes sur les clichés ci-dessus et ci-dessous, nous ne possédons actuellement qu’un santon représentant un prêtre du Temple.
J’ai suggéré à notre Frère de le placer à côté du tableau.

Crèche blanche - prêtre du Temple

Je dois vous avouer que cette suggestion n’était pas tout à fait dénuée d’intérêt, puisque je lui ai également demandé (avec une insistance hautement persuasive) qu’il « me » retire de l’étable avant qu’il ne la recouvre avec le tissu blanc, de sorte que je puisse moi aussi accompagner la Sainte Famille jusqu’au Temple de Jérusalem : vous n’ignorez pas en effet qu’il y a dans la Crèche du Mesnil-Marie un santon-chat qui me représente et qui est toujours placé tout près du Petit Jésus !

Crèche blanche - Lully

Bon, maintenant je dois vous laisser : après les nourritures spirituelles, il faut aussi penser aux nourritures temporelles, et j’ai justement deux miens cousins à la mode de Bretagne – cela va de soi en ce jour – qui m’attendent en cuisine pour préparer les crêpes…

Bonne et belle fête de la Chandeleur à tous !

Lully.

chats et crèpes

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia |le 1 février, 2016 |3 Commentaires »

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3 Commentaires Commenter.

  1. le 2 février 2016 à 13 h 05 min Yvette B. écrit:

    Ce matin, au Moulin du Pin (FSSPX) dans la Mayenne, la Sainte Famille avait quitté la crèche, il ne restait plus que le décor (non recouvert de drap blanc). C’était bien explicite tout de même.
    Merci, Lully.

  2. le 2 février 2016 à 12 h 36 min Béa Kimcat écrit:

    Bonne fête de la Chandeleur !
    « Chamitiés » sans oublier Maître-chat Lully
    Béa kimcat

  3. le 2 février 2016 à 8 h 25 min Le Forez écrit:

    La tradition qui revient au galop, j’adooooore !

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