2015-83. De ces royalistes qui attendent un Roi caché et inconnu ; de ceux qui attendent que le Roi leur rende des comptes ; et de Chateaubriand.

Vendredi 25 septembre 2015.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il me paraît judicieux et important de copier ci-dessous à votre intention quelques citations relevées dans les échanges de Frère Maximilien-Marie et qui ont trait à la pensée légitimiste, en faveur de laquelle nul n’ignore ses engagements militants.
Je les laisse à votre méditation, car elles demandent d’être lues, méditées et assimilées devant Dieu…

Lully.

lys.gif

L’attitude de ces royalistes qui espèrent du Ciel un Roi – encore inconnu et caché – (souvent ils utilisent la formule : « le Roi que Dieu voudra bien nous donner »), et qui, négligeant les Lois Fondamentales du Royaume (cf. > ici) données par la divine Providence dans le cours de l’histoire du Royaume de France, Lois Fondamentales qui désignent clairement et indubitablement aujourd’hui, pour successeur légitime de Clovis, du Bienheureux Charlemagne, de Saint Louis, de Charles VII, d’Henri IV, de Louis XIV, de Louis XVI, de Charles X, et d’Henri V, le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, me fait formellement penser à ces Juifs qui espéraient du Ciel un messie selon leurs fantasmes, et qui n’ont pas su reconnaître « LE » Messie présent au milieu d’eux, Lequel accomplissait pourtant sous leurs yeux les signes et les miracles prophétisés dans les Ecritures Sacrées qu’ils scrutaient continûment…
Et ils ont fini, avec un aveuglement passionné, par se mettre à la remorque de faux messies ! 

Médaille de Louis XX

Il y a des personnes qui se disent légitimistes, et qui me demandent parfois (il y en a même qui m’envoient des courriers électroniques pour cela) : « Pourquoi le Prince ne fait-il pas ceci ? », ou bien « Le Prince ne pourrait-il pas déclarer telle chose ou accomplir telle autre… ? », ou encore « Ne pensez-vous pas que le Prince devrait faire ceci, intervenir sur tel sujet… etc. ? »

Je réponds habituellement (pour le cas où ils ne s’en seraient pas rendus compte !) que je ne suis ni le Prince, ni son porte-parole officiel, ni son confident… Je ne dispose donc pas des éléments de réponse.
D’ailleurs, même si je connaissais les desseins et les pensées de Sa Majesté, il ne m’appartiendrait pas de répondre à ce genre d’interrogations !

Par dessus tout, ce qui me gêne – et qui même m’agace – dans le fait même que ces questions soient posées… 

1) … c’est qu’elles donnent l’impresssion que ceux qui les osent pensent (ce n’est pas formulé, c’est peut-être même inconscient) que le Prince aurait à rendre compte de ses paroles, faits et gestes, à ses « partisans », de la même manière que le chef d’un parti républicain doit (ou devrait) en rendre à la « base » qui l’a élu et dont il est supposé tenir son pouvoir…

2) … c’est aussi que ces petits personnages, convaincus de leur importance, semblent persuadés qu’ils savent mieux que le Prince ce qu’il conviendrait de faire ou de ne pas faire, de dire ou de ne pas dire…
Ici, je ne peux m’empêcher de renvoyer à cette leçon que reçut la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich : un jour qu’elle se plaignait intérieurement que le Bon Dieu n’avait pas fait ce qu’il lui semblait à elle qu’il eût été bon de faire (évidemment pour des motifs fort louables et généreux ayant trait à la gloire divine et au bien des âmes), son ange gardien lui rétorqua : « Tu aurais fait tellement mieux à Sa place, toi ! »
Eh bien, c’est tout-à-fait cela : ils agissent et parlent comme avec la certitude qu’ils feraient mieux que le Prince, eux.

3) … c’est, en définitive, de constater que la « pollution démocratique », qui a perverti les mentalités de nos contemporains, a aussi contaminé des personnes se prétendant légitimistes, lesquelles réagissent exactement comme si tout le monde avait des droits et pouvoirs sur toutes choses, au point qu’elles ne semblent même pas imaginer qu’à un Prince tel que l’aîné des Capétiens, et à lui seul, sont données par Dieu des grâces d’état, qui ne leur sont ni dues ni dévolues à eux !!!

Louis XX à la Chapelle Expiatoire - janvier 2014

Monseigneur le duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,
assistant à la Sainte Messe à la Chapelle Expiatoire en janvier 2014.

Paradoxes de Chateaubriand : 

1) Citation révélatrice du personnage :  « Pourquoi suis-je venu à une époque où j’étais si mal placé ? Pourquoi ai-je été royaliste contre mon instinct dans un temps où une misérable race de cour ne pouvait ni m’entendre ni me comprendre ? Pourquoi ai-je été jeté dans cette troupe de médiocrités qui me prenaient pour un écervelé, quand je parlais courage ; pour un révolutionnaire, quand je parlais liberté ? » (in « Mémoires d’outre-tombe » tome II p. 563).

2) D’une certaine manière, il fut fidèle aux Bourbons, mais c’était parce qu’il restait, par son éducation antérieure à la révolution, « conditionné » par le sens de l’honneur et du devoir. 

3) Si sa raison le portait vers la monarchie, ce n’est cependant pas selon la raison qu’il réagissait et se conduisait bien souvent, mais selon une hyper-sensibilité de type rousseauiste.

4) Par sa sensiblerie autocentrée – qui est le propre du romantisme – , il était finalement un républicain, et, lors même qu’il ne cessa pas de proclamer son attachement à la Royauté légitime, il contribua largement d’une part à sa chute et d’autre part à ne plus la faire percevoir que comme un fantôme, définitivement relégué dans les ombres d’un passé qui ne peut ni ne doit revenir.

5) On trouve, sous la plume de René, des formules admirables, de véritables pépites de style et de pensée.
Mais alors il faut bien veiller à les isoler : les citations que l’on fait de ces passages remarquables, se doivent limiter au sens immédiat clairement circonscrit par les guillemets ; elles ne sauraient en aucune manière renvoyer à tout le reste ni cautionner l’ensemble de sa pensée, au demeurant fluctuante… 

Armes de France gif

Vous pouvez laisser une réponse.

3 Commentaires Commenter.

  1. le 23 octobre 2015 à 17 h 41 min Henry écrit:

    René s’est trompé dans le titre : Mémoires d’outre-royaliste serait plus judicieux ; peut-être écrit-il Mémoires sur la tombe de Louis XVI, vu le niveau de son éclectisme romantique à courir deux lièvres à la fois.

    Vous écrivez:
    « Il y a des personnes qui se disent légitimistes, et qui me demandent parfois (il y en a même qui m’envoient des courriers électroniques pour cela) : « Pourquoi le Prince ne fait-il pas ceci ? », ou bien « Le Prince ne pourrait-il pas déclarer telle chose ou accomplir telle autre… ? », ou encore « Ne pensez-vous pas que le Prince devrait faire ceci, intervenir sur tel sujet… etc. ? »

    Je réponds habituellement (pour le cas où ils ne s’en seraient pas rendus compte !) que je ne suis ni le Prince, ni son porte-parole officiel, ni son confident… Je ne dispose donc pas des éléments de réponse.
    D’ailleurs, même si je connaissais les desseins et les pensées de Sa Majesté, il ne m’appartiendrait pas de répondre à ce genre d’interrogations !

    Par dessus tout, ce qui me gêne – et qui même m’agace – dans le fait même que ces questions soient posées…

    1) … c’est qu’elles donnent l’impresssion que ceux qui les osent pensent (ce n’est pas formulé, c’est peut-être même inconscient) que le Prince aurait à rendre compte de ses paroles, faits et gestes, à ses « partisans », de la même manière que le chef d’un parti républicain doit (ou devrait) en rendre à la « base » qui l’a élu et dont il est supposé tenir son pouvoir…

    2) … c’est aussi que ces petits personnages, convaincus de leur importance, semblent persuadés qu’ils savent mieux que le Prince ce qu’il conviendrait de faire ou de ne pas faire, de dire ou de ne pas dire…
    Ici, je ne peux m’empêcher de renvoyer à cette leçon que reçut la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich : un jour qu’elle se plaignait intérieurement que le Bon Dieu n’avait pas fait ce qu’il lui semblait à elle qu’il eût été bon de faire (évidemment pour des motifs fort louables et généreux ayant trait à la gloire divine et au bien des âmes), son ange gardien lui rétorqua : « Tu aurais fait tellement mieux à Sa place, toi ! »
    Eh bien, c’est tout-à-fait cela : ils agissent et parlent comme avec la certitude qu’ils feraient mieux que le Prince, eux. »
    Fin de citation…

    Il y a les questions humaines, et il y a les questions de rangs. Comme disait Sa Majesté Louis XVIII : « Un trône est un trône, une banquette à ministres est un parlement. Après, le roi est « rôle d’écoute et de conseil ». Moise écoutait bien les « remarques » de Jethro son beau-père, pour les scéances de Justice.

    Pour la bienheureuse Catherine Emmerich, il est évident que le soutien qu’elle apportait à une Reine, de loin, fait poser ou dire des paroles, souvent hors contexte.

    Et, il en va de même pour nous.
    Balayons pour le roi, devant notre porte.
    Chacun son métier et les lys seront bien gardés.

  2. le 25 septembre 2015 à 17 h 16 min Rémi R. écrit:

    Tout est dit, comme d’habitude.
    S’agissant de René, j’apprécie son style hors du commun.
    Je suis par contre entièrement d’accord avec votre analyse concernant son « royalisme ».
    Comme Vous, je le considère comme un parfait républicain !

    Que Dieu nous garde.
    A très bientôt.

  3. le 25 septembre 2015 à 15 h 41 min Jean P. écrit:

    Rien n’est parfait.
    Le Bilan des deux derniers siècles est loin d’être satisfaisant.
    Et le plus dur arrive.
    Le comble.

    Alors !!!

Laisser un commentaire

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi