2015-69. Dominus flevit : le mystère des larmes de Jésus.

Vendredi 31 juillet 2015,
Fête de Saint Ignace de Loyola.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Avant que ne s’achève cette semaine qui suit le neuvième dimanche après la Pentecôte, dont l’Evangile nous a donné de contempler Notre-Seigneur Jésus-Christ pleurant sur Jérusalem (Luc XIX, 41-47), je veux laisser à votre réflexion et à votre méditation le texte de l’homélie prononcée dimanche dernier par Monsieur l’Abbé H. Vannier lors de la Sainte Messe, à l’intention des fidèles réunis dans l’église de Ceyssac.

Bonne lecture et bonne méditation à vous…

Lully. 

Flevit super illam - Enrique Simonet 1892

« Flevit super illam » – toile monumentale d’Enrique Simonet (1892 – musée de Malaga)

Le mystère des larmes de Jésus.

Homélie de Monsieur l’Abbé Henri Vannier
sur l’Evangile du IXe dimanche après la Pentecôte (Luc. XIX, 41-47).

Jésus a pleuré. Il pleure.
Contemplons Jésus pleurant. Cet Evangile a de quoi nous toucher. Comme ce spectacle inattendu est émouvant : le Fils de Dieu pleurant.
Adorons. Et recueillons ces larmes divines avec piété et vénération ; elles attirent notre amour, n’est-ce-pas : qui pourrait être insensible aux larmes du Christ !

Un mauvais esprit pourrait s’en choquer, en y voyant un signe de faiblesse.
Mais c’est bien le Fils de Dieu qui pleure, Lui dont l’humanité sainte est d’une absolue perfection, Dieu qui a pris un coeur foyer d’émotion et dont la sensibilité est d’une infinie délicatesse, aux frontières de son Esprit d’amour, le Fils de Dieu qui a voulu partager notre condition humaine ici-bas, dans cette vallée de larmes.

Jésus pleure avec ceux qui pleurent.
Mais là, pourquoi pleure-t-Il ?
Le Seigneur pense aux malheurs qui vont s’abattre sur Jérusalem à cause de l’infidélité des hommes. Car Jérusalem, c’est ce que le Père lui a confié et qui est l’objet de son amour et de sa miséricorde.

Jérusalem représente tout d’abord le Peuple élu, celui de la Promesse, cette nation que Dieu avait chérie tout au long de l’Ancien Testament, mais qui dans son ensemble, exceptés quelques justes ainsi que les plus humbles, a refusé de reconnaître le Christ comme le Messie, au temps du Salut : « Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu » (Jean I, 11).
Jésus pense donc aux calamités qui vont s’abattre en conséquence, la destruction de Jérusalem, la dispersion du peuple, mais aussi l’aveuglement et la dureté de coeur.
Certes, les dons de Dieu sont irréversibles, de sorte qu’Il leur garde son amour au point même de prévoir que ce peuple reviendra à Lui avant la fin de ce monde.

De façon plus générale, cette Jérusalem sur laquelle pleure le Seigneur, représente les pécheurs qui refusent sa grâce, la cité sans Dieu, là où l’amour de soi conduit à sa perte.
Souvenons-nous de la station sur le chemin du Calvaire où Jésus déclare aux femmes de Jérusalem : « Pleurez plutôt sur vous et sur vos enfants ».
En effet, la mort, la souffrance, la guerre, la violence, la haine sont le fruit du péché.
Mais Dieu aime l’homme qu’Il a créé. Il veut son bonheur, Il pleure son malheur. Il aime le pécheur qu’Il a sauvé sur la Croix. Le Fils de Dieu est venu en ce monde non pas pour juger mais pour guérir.
Certes Notre-Seigneur assume la souffrance de l’homme à laquelle Il a donné la vertu de la Rédemption, mais Il compatit et a pitié de nos épreuves.
Ouvrez l’Evangile : le Seigneur console, accomplit sans cesse des miracles de guérison, donne à manger à ceux qui ont faim, ressuscite.
Bien sûr, au-delà des biens et des joies d’ici-bas, sa mission essentielle consiste en le Salut et la vie éternelle. En pleurant, Il pense  donc à tous ceux qui refuseront sa grâce et qui se damneront. Car s’Il est infiniment bon et miséricordieux, Dieu est également parfaitement juste.

Nous pouvons comprendre ici que les larmes du Seigneur coulent de son Coeur Sacré plein d’amour, mais qu’elles ne sont pas l’effet d’une émotion égoïste ou d’une faiblesse sentimentale. Jésus pleure sur les malheurs dont les pécheurs sont eux-mêmes responsables et qu’ils causent par leur propre faute. Jésus déplore que l’amour ne soit pas aimé, que les ténêbres refusent la lumière, que la mort soit préférée à la vie.
Ces malheurs, Dieu ne les veut pas, ce sont les châtiments que les hommes se causent à eux-mêmes. Et si Dieu les permet, alors, Il veut s’en servir pour purifier, relever et restaurer, sachant par sa toute pouissance miséricordieuse tirer du mal un plus grand bien.
N’est-ce pas en souffrant que l’homme pécheur souvent revient à Dieu ?
Alors, les larmes se transforment en joie parce qu’il n’y a pas de plus grande joie dans le Ciel que celle du pécheur qui se convertit.

De tout cela, il ressort que les larmes du Seigneur ne sont pas des larmes de tristesse, mais des larmes de compassion. Elles ont une vertu salutaire : elles méritent et provoquent la conversion des pécheurs ; elles sont édifiantes ; elles arrosent nos coeurs pour les consoler et les guérir.

Cette Jérusalem sur laquelle pleure le Seigneur représente l’Eglise, son Epouse mystique bien-aimée, parce que celle-ci, pourtant l’objet de toutes ses bontés, est cependant, tout au long de son pélerinage ici-bas, la proie de tant de luttes et d’épreuves, mais aussi de péchés et d’infidélités qui blessent sa sainteté, éclipsent son rayonnement et apportent confusion même en son propre sein.
Ces hommes d’Eglise qui oublient ou trahissent leur mission au service du Salut, qui falsifient l’Evangile et la parole de Dieu, ceux qui pactisent avec le monde ennemi de Jésus-Christ ou qui ouvrent les portes du sanctuaire à l’abomination de la désolation…
Ces chrétiens qui abandonnent les promesses de leur baptême et les exigences de leur Foi, et qui laissent envahir leurs coeurs par les illusions et les vanités de ce monde.
Mais aussi ces chrétiens qui disent : « Seigneur ! Seigneur ! », mais dont la Foi ne sert à rien parce qu’ils ne pratiquent pas la charité.
Et ces chrétiens appelés à la sainteté et que Dieu comble de grâces mais qui ne vont pas jusqu’au bout de l’amour.

Jésus pleure sur l’Eglise, parce qu’elle est ce qu’Il a de plus cher et que l’infidélité de ses membres entraîne la perte de beaucoup d’âmes et l’apostasie désastreuse du monde !
Certes, Dieu est fidèle ; Il lui a promis qu’elle ne serait jamais abattue mais qu’au contraire elle sortirait toujours plus forte et plus belle en ses victoires assurées : « Je vis la Cité sainte, la nouvelle Jérusalem descendant du Ciel d’auprès de Dieu, parée comme une épouse et ornée pour son époux » (Apoc. XXI, 2).

Quant à nous, qui voyons Jésus pleurer, que pouvons-nous donc faire pour le consoler et lui sécher ses larmes ?

Flevit super illam (détail)

Publié dans : De liturgia, Textes spirituels |le 31 juillet, 2015 |2 Commentaires »

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 31 juillet 2015 à 14 h 19 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Excellent sermon qui conduit effectivement à penser à contempler les larmes de Jésus, et plus précisément les raisons de ces larmes.
    Et là, cela fait réfléchir et aimer Jésus plus encore et plus que tout.
    Merci, Monsieur l’Abbé !
    Et merci à vous, Lully, de nous l’avoir fait connaître.

  2. le 31 juillet 2015 à 13 h 37 min Le Forez écrit:

    Nous devons suivre le chemin de NSJC et ne pas nous en écarter d’un iota.
    Tel est notre devoir sur cette terre, aussi exaltant soit-il, n’écoutant pas les sirènes de Satan (au fond, ses méthodes sont toujours les mêmes, il n’innove pas) : comme tout soldat du Christ, sachons éviter les pièges du singe.

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