2015-59. In memoriam : Louis du Vergier de La Rochejaquelein.

1815 – 4 juin – 2015

Louis du Vergier de la Rochejaquelein par Pierre-Narcisse Guérin

Portrait de Louis du Vergier de la Rochejaquelein par Pierre-Narcisse Guérin.

Jeudi 4 juin 2015,
Fête du Très Saint-Sacrement (cf. > ici et suivants).

La très grande fête de ce jour, qui remplit nos coeurs d’une fervente allégresse, ne nous fait néanmoins pas oublier le deuxième centenaire de la mort de Louis du Vergier de La Rochejaquelein, tué au combat le 4 juin 1815.

Scapulaire Sacré-Coeur

Henri Louis Auguste du Vergier, marquis de La Rochejaquelein (1749-1802) et son épouse, Constance de Caumont d’Ade (1749-1798) furent les parents de sept enfants, parmi lesquels trois garçons prénommés respectivement Henri (1772-1794) – le justement célèbre « Monsieur Henri », deuxième généralissime de la Grande Armée Catholique et Royale – , Louis (1777-1815) dont nous rappellerons aujourd’hui la geste, et Auguste (1784-1868), surnommé « le balafré », que nous avons cité en évoquant Jacques-Joseph de Cathelineau (cf. > ici).
Ces trois fils rivalisèrent de vaillance et de courage pour la défense du trône et de l’autel.

Louis du Vergier de La Rochejaquelein est donc né à Saint-Aubin de Baubigné le 30 novembre 1777 : il n’a que douze ans quand éclate la révolution, et il accompagne ses parents lorsque ceux-ci prennent la route de l’exil.
A l’âge de quatorze ans, il s’engage dans un régiment impérial, celui du comte
Maximilien Antoine Charles Baillet de Latour, pour combattre contre les armées de la révolution ; mais après une brève campagne seulement (1792), il rejoint ses parents en Angleterre afin de partir avec eux pour Saint-Domingue où son père possède une plantation.
Mais Saint-Domingue est en insurrection : Louis s’engage alors dans un régiment anglais de la Jamaïque et participe au débarquement à Saint-Domingue.
Il sert pendant cinq ans dans l’armée anglaise.

En 1798, Louis démissionne puis rentre en Angleterre avec le dessein de rejoindre les Chouans. Mais arrive l’amnistie de 1801 : il peut rentrer en France.

Le 1er mars 1802, il épouse la veuve de son cousin Louis-Marie de Lescure (cf. > ici), Victoire de Donnissan (elle devient donc marquise de La Rochejaquelein, nom sous lequel elle est le plus connue et sous lequel sont publiés ses fameux Mémoires).
Louis ne se rallie pas à l’empire, il vit la plupart du temps dans le Bordelais, et s’engage dans une organisation royaliste secrète, les « Chevaliers de la Foi » qui travaillent dans l’ombre au rétablissement du pouvoir légitime.
A Bordeaux, le 12 mars 1814, Louis joue un rôle important dans la libération de la ville et dans la proclamation de la souveraineté de Louis XVIII, événement qui aura un grand retentissement dans tout le royaume et balaiera en bonne partie les préventions des alliés contre le rétablissement des Bourbons .

La Restauration traite Louis de La Rochejaquelein avec une faveur particulière : il est nommé maréchal de camp et capitaine commandant des grenadiers de la Maison du Roi.
En mars 1815, lorsque le Bonaparte félon manque à sa parole, s’enfuit de l’île d’Elbe, parvient à rallier à sa personne des officiers et des troupes parjures, et que Louis XVIII trahi est contraint de reprendre le chemin de l’exil, Louis l’accompagne à Gand.
Il passe ensuite en Angleterre et de là s’embarque pour les côtes vendéennes : il porte avec lui un drapeau de la Grande Armée Catholique et Royale de 1793.
Une partie de la Vendée se soulève à nouveau : sur place, à la tête du mouvement, se trouvent son jeune frère Auguste de La Rochejaquelein, Charles
de Charette de La Contrie, Pierre Constant de Suzannet, Charles Sapinaud de la Rairie, Charles-Marie de Beaumont d’Autichamp
Mais ce soulèvement, pourtant fort de plusieurs dizaines de milliers d’hommes, est compromis par des mésententes entre les chefs.

Au début juin 1815, Louis de La Rochejaquelein est à Croix-de-Vie, dirigeant des manœuvres de débarquement d’armes et de munitions.
Le 4 juin au matin, on apprend que le général Estève, bonapartiste, à la tête de quinze-cents hommes, s’avance vers Le Périer, venant de Riez.
Louis et Auguste de La Rochejaquelein ont avec eux environ douze-cents hommes et vont tenter de lui barrer la route.

Les soldats du général Estève sont trois fois repoussés et contraints de reculer jusque dans l’ancienne île de Riez, qui n’est plus qu’une plaine sablonneuse de peu d’étendue ; ils se trouvent pourtant dans une meilleure situation pour combattre : derrière eux ils ont la ferme des Mathes qui va donner son nom au combat de cette célèbre journée, et devant eux, entre la route et la plaine, les deux La Rochejaquelein.
Estève feint de battre en retraite afin d’attirer l’ennemi en terrain découvert. Les paysans vendéens abandonnent leurs abris pour les poursuivre, et se jettent en avant dans la direction de la ferme des Mathes ; mais ils s’arrêtent bientôt à la vue de l’infanterie, qui ayant fait volte-face, les attend rangée en bon ordre.
Le combat est acharné.
Lorsqu’un premier officier vendéen est tué, ses hommes se replient en désordre vers le Marais. Ce mouvement entraîne les autres paysans : c’est le commencement de la déroute.

Pour les rallier, Louis de La Rochejaquelein, monte sur un petit tertre : sa taille athlétique, sa capote bleue et son chapeau à panaches de plumes blanches le font reconnaître de loin : du milieu des rangs ennemis on entend crier : « Tirez à la capote bleue ! »… et le brave La Rochejaquelein tombe, percé de vingt balles, entre les bras d’un paysan nommé Crochet, qui reçoit son dernier soupir.
Dans le même temps, Auguste de La Rochejaquelein, lui-même dangereusement blessé, est jeté à bas de son cheval ; ses hommes l’emportent loin du champ de bataille, pendant que le gros des maraîchins, outrés de colère, repoussent le général Estève, lui tuent quatre cents hommes et le font reculer.
Ce double malheur anéantit néanmoins les dernières espérances des royalistes.

La Croix des Mathes - avant les aménagements

La Croix des Mathes, sur le site de la bataille du 4 juin 1815 (avant les récents aménagements),
marque l’endroit où fut rapidement enseveli Louis de La Rochejaquelein :
la petite stèle en arrière précise l’endroit où il rendit le dernier soupir.

Louis de La Rochejaquelein fut enseveli à l’endroit même où il était tombé.
Le lendemain, survint Mademoiselle de La Rochejaquelein, sa sœur : avec une énergie toute virile, apprenant les difficultés dans lesquelles il se trouvait, elle avait rassemblé quelque quatre mille hommes et, à leur tête, venait pour prendre part au combat.
Elle n’ariva que pour apprendre la fatale nouvelle.
C’est p
ar ses soins qu’une pierre surmontée d’une croix fut élevée à la place où avait été déposé provisoirement, le corps du général vendéen ; elle y fit graver cette inscription que l’on y voit encore : Sous ce tertre fut ici couvert de terre Louis de La Rochejaquelein.
Derrière, une pierre surmontée d’une fleur de lys marque l’endroit où il fut blessé à mort et rendit son dernier soupir dans les bras du brave Crochet.

La mort de La Rochejaquelein acheva de désorganiser l’insurrection.
Les combattants étaient découragés, et bien des chefs, mêmes s’ils s’efforçaient de cacher leurs sentiments, ne l’étaient pas moins…
Quinze jours plus tard, la victoire de Waterloo mett
ait un terme définitif aux délires napoléoniens et le Roi était de retour.

Si le corps de Louis de La Rochejaquelein fut ramené en février 1816 à Saint-Aubin de Baubigné, où il repose dans l’église auprès des siens, le lieu de sa mort héroïque fut acheté par la famille de La Rochejaquelein, pour que soit préservé ce lieu saint. Ses descendants en sont toujours les propriétaires aujourd’hui.

En 1994, la commune de Saint-Hilaire-de-Riez a passé une convention avec les héritiers qui ont autorisé des aménagements du site et la création d’un espace d’information.
Cette année, pour le bicentenaire du combat des Mathes et de la mort de Louis de La Rochejaquelein, la municipalité et l’association du Souvenir Vendéen ont fait procéder à une restauration de ce site historique, restauration qui sera inaugurée le 13 juin prochain.

Chapelle funéraire des La Rochejaquelein dans l'église de Saint Aubin de Baubigné

Eglise de Saint-Aubin de Baubigné, chapelle funéraire de la famille de La Rochejaquelein,
où sont ensevelis Henri, Louis et Auguste de La Rochejaquelein,
ainsi que l’épouse de Louis, Victoire de Donissan, auteur des fameux Mémoires.

Scapulaire Sacré-Coeur

Publié dans : Nos amis les Saints, Vexilla Regis |le 3 juin, 2015 |Pas de Commentaires »

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