2015-51. Où, à l’occasion de la fête de Saint Athanase, Maître-Chat Lully revient sur le toujours nécessaire et urgent combat pour la vraie foi, et dénonce l’hérésie néo-arienne véhiculée par la traduction française du Symbole.

2 mai,
Fête de Saint Athanase le grand.

Saint Athanase piétine Arius qui demande le silence

Saint Athanase piétine Arius qui demande le silence.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

On ne le dira jamais assez – et c’est donc à dessein que je vais me répéter – : l’assistance à la messe selon le missel de Paul VI - entré en vigueur pour le premier dimanche de l’Avent de l’année 1969 - ne peut que poser de véritables problèmes de conscience à un catholique français qui veut rester fidèle à la foi catholique telle que nous l’avons reçue de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, telle qu’elle nous a été transmise par les Saints Apôtres, les Pères et Docteurs de l’Eglise, la Tradition constante et le magistère authentique de la Sainte Eglise.

Nous sommes, certes, fermement convaincus que la célébration de la messe selon ce que, par commodité, nous appelons « le nouveau rite », est valide (c’est-à-dire qu’il y a bien le renouvellement du Saint-Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ) lorsque toutes les conditions requises sont réunies, ce qui est parfois douteux ou qui n’est d’autres fois clairement pas le cas (cf. l’article > une pseudo messe de funérailles).
Il n’en demeure pas moins vrai qu’au regard de la Tradition catholique, ce « nouveau rite », comme l’avaient souligné Leurs Eminences Révérendisssimes Messieurs les Cardinaux Bacci et Ottaviani dans la préface du « Bref examen critique » remis au pape Paul VI en 1969, « (…) s’éloigne de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu’elle a été formulée à la XXème session du Concile de Trente (…) ».

Cette affirmation des doctes et prudents Cardinaux n’est pas anodine : elle signifie, et la démonstration par les faits nous en est donnée presque chaque jour depuis plus de quarante-cinq ans, que la « messe de Paul VI » contribue à l’affaiblissement de la foi catholique, à sa relativisation et à sa dilution dans une approximation doctrinale et spirituelle, quand ce n’est pas carrément à sa perte.
Il suffit d’interroger les « fidèles » qui pratiquent dans le nouveau rite (en l’occurrence je mets le mot entre guillemets parce qu’il vient du mot latin « fides » qui signifie « la foi », et que donc – en principe – les fidèles devraient être des personnes qui adhèrent à la foi), pour se rendre compte qu’effectivement sur le peu de pratiquants qui subsistent pour l’ « Eglise de France », il y en a beaucoup – beaucoup trop ! – qui ne croient pas à un grand nombre de points de la doctrine catholique ou qui contestent jusqu’à la notion de dogme.
Qu’on se souvienne que certains sondages commandités par des publications originellement catholiques (« La Vie », « le Pélerin », « la Croix » ou autres) faisaient état d’un nombre important de « catholiques pratiquants » (sic) qui ne croient pas à la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à Sa résurrection ou à la résurrection de la chair, à la conception virginale de Notre-Seigneur, à la virginité perpétuelle de Marie, à la transubstantiation …etc. Ces personnes sont donc à strictement parler des hérétiques ; elles ont fait naufrage dans la foi ; elles ne sont plus catholiques, quand bien même elles continuent à assister aux offices catholiques et à se prétendre catholiques.

La messe selon le « missel de Paul VI » n’est pas seule en cause, nous le savons : le catéchisme catholique remplacé par une catéchèse indigente, des sermons d’une affligeante pauvreté, l’influence délétère d’une société néo-païenne, le faux oecuménisme, et la trahison de nombreux ecclésiastiques ont joué eux aussi un rôle non négligeable dans cette perte de la foi.
Néanmoins, si le « missel de Paul VI » ne s’éloignait pas « de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique », il me semble qu’on ne constaterait pas une telle invasion de l’hérésie chez ces « catholiques pratiquants » ; il me semble au contraire qu’il aurait été un rempart pour la foi catholique au lieu de permettre cette prolifération de fausses doctrines et de fausses opinions !
J’ai presque envie de dire que les catholiques qui assistent de manière habituelle à la célébration de la messe selon le « missel de Paul VI » et qui ont gardé la foi, ne l’ont pas gardée grâce à lui, mais bien plutôt malgré lui

Aux problèmes posés par le texte « officiel » (qui est en latin) du nouveau rite de la messe promulgué par Paul VI, s’ajoute – particulièrement en France et dans les pays de lanque française – le problème des traductions.
En effet, un grand nombre de mots ou d’expressions utilisés dans ces traductions (officiellement approuvées par l’épiscopat !) ne sont pas de véritables traductions mais constituent en réalité une véritable trahison de la foi catholique.

En cette fête de Saint Athanase, le grand défenseur de la foi de Nicée, je ne prendrai pour exemple que la traduction française du Symbole de Nicée-Constantinople qui se trouve dans le missel et qui est récitée – sans sourciller semble-t-il – depuis bientôt cinquante ans par les évêques, les prêtres et les fidèles de langue française.
Or cette traduction est hérétique !

Je ne l’affirme pas de mon propre chef.
C’est Jacques Maritain lui-même, dont on sait qu’il était un ami proche du pape Paul VI, et qui n’était absolument pas un « traditionnaliste » (certains lui attribuent une influence décisive sur la déclaration – qui n’est qu’une déclaration et non un texte doctrinal – sur « la liberté religieuse » du 7 décembre 1965) qui a dénoncé avec force cette traduction hérétique dans un « Memorandum » qu’il adressa au pape Montini. Voici ce texte :

« (…) Il faut enfin signaler une faute de traduction qui n’est pas seulement une inexactitude plus ou moins grave, mais une erreur purement et simplement inadmissible. Je sais bien que cette erreur sera certainement corrigée dans une future édition révisée. Mais je sais aussi qu’elle a chance d’être corrigée d’autant plus rapidement qu’elle aura été plus nettement signalée.
Sous prétexte que le mot « substance », et, a fortiori, le mot « consubstantiel » sont devenus
 impossibles aujourd’hui, la traduction française de la messe met dans la bouche des fidèles, au Credo, une formule qui est erronée de soi, et même, à strictement parler, hérétique. Elle nous fait dire, en effet, que le Fils, engendré, non créé, est «  de même nature que le Père » : ce qui est l’« homoiousios » des Ariens ou semi-Ariens, opposé à l’« homoousios », ou consubstantialis, du Concile de Nicée. Pour refuser un iota, on a su en ce temps-là souffrir la persécution et la mort. Tout cela est passé. Tant pis si les chrétiens qui récitent aujourd’hui le Credo en français usent de mots dont, qu’ils le sachent ou non, la résonance est arienne. L’essentiel est que, fût-ce dans un énoncé sur les Personnes de la Trinité, on les dispense d’employer un mot qui n’est pas du langage courant.
Il est cependant bien évident que pour exprimer une réalité absolument unique, il faut un mot lui-même unique. Ou bien faudra-t-il remplacer aussi le mot Trinité lui-même, ou le mot Eucharistie, par des mots du langage de tous les jours ?
Si en prononçant le mot 
consubstantiel les gens ne savent pas ce que ça veut dire, on peut espérer qu’ils demanderont des explications au clergé, qui leur rappellera leur catéchisme et le sens du dogme. Mais s’ils disent, dans le Credo, que le Fils est de même nature que le Père, ils ne songeront jamais à demander une explication, puisqu’on a justement choisi des mots qui ne font pas difficulté pour eux, et qu’ils comprennent sans plus de peine que lorsqu’ils disent avec tout le monde qu’un oiseau est de même nature qu’un autre oiseau.
Qu’importe, après tout, dira-t-on peut-être, il ne s’agit que d’une formule. Les gens dont vous parlez sont des catholiques. Du moment que leur pensée au sujet du Père et du Fils est juste et exempte d’erreur, peu importe que pour l’exprimer ils usent d’une formule approximative qui apparaît comme erronée quand on serre de près les mots dont elle est faite.
À vrai dire, cela importe
 beaucoup. Car ou bien les fidèles en question pensent juste tout en employant une formule erronée et en sachant qu’elle est erronée : et, du fait même, ces fidèles-là, quand on en vient à la formule dont il s’agit, sont obligés de garder le silence ou de parler contre leur conscience. Ou bien ils pensent juste tout en employant une formule erronée sans savoir qu’elle est erronée. Et, du fait même, ces fidèles-là sont mis dans l’illusion. Être induit à employer des mots trompeurs sans savoir qu’ils sont trompeurs, c’est être soi-même trompé.
J’ajoute que les traducteurs anglais, moins sensibles sans doute que les traducteurs français à ce qui chatouille désagréablement les oreilles contemporaines, n’ont pas éprouvé de scrupule à employer le mot 
consubstantial, ni estimé que les fidèles pouvaient sans inconvénient, tout en pensant juste, proférer une formule qui en elle-même est en désaccord avec la foi catholique »
(
Jacques Maritain,  »Œuvres complètes », vol. XVI, Fribourg, Paris – 2000. p. 1115).

Jacques Maritain espérait, lorsqu’il écrivait ce texte, que cette mauvaise traduction serait promptement rectifiée. Sur ce point, il était dans l’illusion totale.
Force est, en effet, de constater que, près de cinquante ans plus tard, la traduction erronée est toujours là, toujours récitée dans les messes en langue française, et que, malgré plusieurs demandes du Saint-Siège sous les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI, les épiscopats francophones n’ont toujours pas rectifié les traductions approximatives ou fautives.

Et le venin de l’hérésie néo-arienne continue tranquillement à être inoculé dans l’esprit et dans l’âme des pratiquants qui récitent moutonnièrement, dimanche après dimanche, que le Fils est « de même nature que le Père » : au bout d’un demi-siècle de répétition, faut-il s’étonner que les « fidèles » soient en réalité des… infidèles, croyant en autre chose qu’en la foi catholique pleine et entière ?

Pour qu’il en soit ainsi – contra factum non fit argumentum – , on ne peut que conclure qu’il y a pour le moins de la mauvaise volonté (si ce n’est une complète absence de volonté), un manque absolu de zèle pour la transmission de la foi authentique de l’Eglise, et finalement une faute grave contre la profession de foi qu’ont – en principe – dû émettre Nos Seigneurs les Cardinaux et Evêques de France, Nos Seigneurs les vicaires généraux, messieurs les vicaires épiscopaux et judiciaires, messieurs les curés et recteurs, messieurs les professeurs de séminaires, et enfin ceux qui ont été promus à l’ordre du diaconat (cf. Code de Droit Canonique – canon 833).

C’est la raison pour laquelle j’affirmais en commençant ce texte que l’assistance à la messe selon le missel de Paul VI - entré en vigueur pour le premier dimanche de l’Avent de l’année 1969 - ne peut que poser de véritables problèmes de conscience à un catholique français qui veut rester fidèle à la foi catholique telle que nous l’avons reçue de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, telle qu’elle nous a été transmise par les Saints Apôtres, les Pères et Docteurs de l’Eglise, la Tradition constante et le magistère authentique de la Sainte Eglise.
En conséquence logique, le catholique qui veut rester catholique fuiera les messes où la foi catholique n’est pas professée convenablement.

Saint Athanase, gardez-nous dans la foi de Nicée !
Saint Athanase, priez pour ces pauvres catholiques de langue française qu’une mauvaise traduction du Symbole de Nicée-Constantinople contraint à réciter une profession de foi hérétique !

Lully.

Symbole de la Sainte Trinité

Et pour lire ou relire la profession de foi trinitaire dite « Symbole de Saint Athanase » > ici

Vous pouvez laisser une réponse.

10 Commentaires Commenter.

  1. le 2 mai 2020 à 19 h 57 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Cinq ans plus tard, l’on sait maintenant que le nouveau Missel (qui doit paraître pour l’Avent 2020) de la forme ordinaire rectifiera des parties importantes : le mot « consubsantiel » revient à sa place, le Notre Père ne dit plus « ne nous soumets pas… » mais: « ne nous laisse pas entrer en tentation » (ce qui pour moi n’est pas satisfaisant. Il valait mieux retrouver l’ancienne formule: « ne nous laisse pas succomber… ».
    L’Offertoire lui-même reprendra les formules antiques (plus ou moins).
    En ce qui me concerne, j’affirme célébrer la Sainte Messe dans l’esprit du rite Romain, même si je célèbre selon la forme ordinaire. J’y ajoute nombre de génuflexions, de gestes (pouces et index serrés après la consécration) etc… Dès que je n’ai pas de Messes paroissiales, je célèbre selon la forme extraordinaire. Et j’attends impatiemment le nouveau Missel, en espérant qu’un jour nous soit rendu la Messe tridentine. Je suis prêtre diocésain, et j’essaie de faire au mieux. Ma foi est catholique à 100% .

  2. le 2 mai 2020 à 9 h 27 min Goës écrit:

    Tout est dit par Maître Lully, y compris dans les commentaires.
    Vivement le retour de la messe traditionnelle dans TOUS les pays de France.
    Tout aujourd’hui est devenu superficiel, il semble que cela soit voulu de tout désacraliser, volonté très certainement des ennemis de l’Eglise catholique, à l’extérieur comme à l’intérieur, par ignorance pour les uns par volonté délibérée pour les autres, volonté diabolique !!!!! très certainement.
    Il suffit de reprendre tous les textes du combat des gnostique, roses-croix et autres de la mondialisation qui se met en place, matérialistes, athées, afin de réunir toute les religions, vraies ou fausses, conséquences de la révolution anglaise de 1688, de France 1789, de Russie 1917.

  3. le 2 mai 2017 à 8 h 50 min Lolan écrit:

    Pleinement en accord avec vous.
    Je suis même souvent choquée et peinée quand j’assiste à des messes traditionnelles célébrées par des clercs diocésains qui célèbrent avec tout leur cœur mais qui ont oublié certaines choses.
    Miserere !

  4. le 9 juillet 2015 à 3 h 00 min Antoine écrit:

    Courrier étonnant, si limpide et si choquant à la fois : quel coup de pied dans la fourmilière et quelles vives réactions, aussi intéressantes que le texte initial ; l’on est frappé de l’influence moderne de l’amour propre , de l’individualisme, de la recherche de la facilité par les uns , de la rigueur au prix de la difficulté par les autres … là où l’on aurait pu attendre une n-ième répétition d’un sujet déjà largement connu et rebattu.
    Au total, ne s’agit-il pas là d’une forme d’esprit de conséquence :
    - soit l’on accepte la supériorité intrinsèque de « la forme extraordinaire du rite romain » et l’on va être sensible à ses beautés et à ses vertus, sans tomber dans le piège de croire que le verbe pourrait vivifier sans l’esprit,
    - soit l’on veut accepter le N.O.M. et obéir à qui veut l’imposer (hiérarchie ecclésiale, laïcs sportifs du dimanche – car le sport se conçoit seulement ou surtout le dimanche, et tout particulièrement à l’heure de la messe, c’est à l’Eglise de s’adapter … – et abrutis de TV) et l’on va forcément minimiser ou nier les insuffisances du missel 1969, relativiser les formules traditionnelles etc.
    Prions Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, de nous donner le discernement puis la force d’agir pour la Vérité.

  5. le 4 mai 2015 à 15 h 00 min Anne-Laure écrit:

    Je n’ai pas fait de théologie mais j’ai toujours été choquée par la formule
    « ne nous soumets pas à la tentation », comme si Dieu nous faisait courber la tête sous l’épine de la tentation… alors que la formule que j’avais connue avant quand j’étais en 6ème était « ne nous laissez pas succomber à la tentation » ce qui ne veut pas dire du tout la même chose…
    Je suis certaine que les gens récitent le Notre Père sans en mesurer la signification mot après mot…

    Réponse du Maître-Chat Lully :

    La formule « ne nous soumets pas à la tentation »
    1) ne traduit ni le texte latin « officiel » dans l’Eglise latine
    2) ni le texte grec tel qu’il se trouve dans les textes de l’Evangile (puisque les 4 Evangiles nous ont été transmis en grec : soit qu’ils aient été directement écrits dans cette langue, soit qu’ils traduisent des textes originellement écrits en araméen ou en hébreu)
    3) et s’oppose directement à l’enseignement des Saints Apôtres, comme cela apparaît dans l’épître de Saint Jacques : « Que nul, lorsqu’il est tenté, ne dise que c’est Dieu qui le tente » (Jac. I, 13).
    Dire à Dieu « ne nous soumets pas à la tentation », revient en effet à affirmer que c’est Dieu qui est l’auteur de la tentation, et ce n’est ni plus ni moins qu’un blasphème ! Ainsi lorsque l’on a pris conscience de l’énormité de cette traduction erronée, on ne peut, en conscience, plus réciter cette formule…

    Bref ! Pour cette question de la traduction fautive du « Pater » – qui n’est pas l’objet de mon propos ci-dessus – on se reportera à l’ouvrage de notre cher et regretté abbé Jean Carmignac : « A l’écoute du Notre Père ».

  6. le 4 mai 2015 à 11 h 28 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Je vis, en tant que prêtre diocésain, obligé de célébrer la messe selon la « forme ordinaire », toutes les conséquences qu’a entraîné cette nouvelle forme de célébrer la Sainte Messe : perte du sens du sacré, plus de génuflexion, plus d’agenouillement lors de la consécration, troupeau venant recevoir la communion dans la main dont une bonne partie n’importe comment, souvent sans être en état de communier saintement, bruit et foire au moment du baiser de paix etc… Avec la perte de la pratique du sacrement de pénitence car tout se tient.
    C’est catastrophique, et le prêtre qui essaie d’atténuer cette déroute du Saint Sacrifice de la Messe se voit critiqué par les paroissiens.
    Heureusement, dès que j’en ai la possibilité, je retrouve le rite Tridentin pour vivre pleinement le Mystère de la Foi.

  7. le 3 mai 2015 à 11 h 57 min Prunelle écrit:

    Ou : « pardonnez-nous nos péchés dans la mesure où nous pardonnons nous-même à ceux qui nous ont offensés »…
    Que dire alors de : « ne nous soumets pas à la tentation » qui écorche mon cœur et mes oreilles à chaque Notre Père…

  8. le 3 mai 2015 à 10 h 18 min FX écrit:

    Oui, je trouve effectivement les conclusions du Maitre de ces lieux un peu hâtives. C’est la première fois que son sens de l’observation et son intelligente pondération ne ressortent pas clairement de cet article.

    Bien sûr que « de même nature » et « consubstantiel » ne sont pas des termes identiques, et traduisent des réalités très différentes.
    Bien sûr que les traductions françaises contiennent quantité de trahisons de la foi authentique, avec laquelle on ne peut pourtant pas transiger.
    Les questions que je posais au Maitre Chat n’incitaient qu’à la réflexion sur les conséquences de ces dérives qui constituent, je le répète, une malheureuse réalité. Conclure que l’assistance à la messe dite « rénovée » constitue une profession de foi arianiste est un peu rapide.

    La traduction « de même nature » n’est pas fausse. Elle est incomplète. Elle infère que le Fils est inférieur au Père et compromet gravement la foi Catholique.
    Mais le dogme trinitaire nécessite d’être appréhendé avec une humilité profonde.
    Saint Thomas d’Aquin remarquait lui-même que cette réalité était indicible et qu’aucun mot ne pouvait l’appréhender totalement. Dès lors il serait assez orgueilleux de considérer que le dépôt de la foi parfaite se résume au terme « consubstantiel » et un peu rapide de conclure que prononcer « de même nature » est suffisant pour féconder de petits ariens.

    Si on reprend la traduction du Concile de Tolède proposée par le Maitre Chat, il faudrait dire « d’une unique nature et d’une unique substance ». Certes très différent de « de même nature » mais aussi différent de « consubstantiel », vous n’en disconviendrez pas. Ce que je veux simplement souligner c’est que le dépôt de la vraie foi n’appartient qu’à la Sainte Eglise et qu’il serait navrant de se l’approprier par des condamnations trop définitives.

    Bien cordialement

    FX

    Réponse du Maître-Chat :

    Où avez-vous lu dans mon texte « que l’assistance à la messe dite « rénovée » constitue une profession de foi arianiste » ? ou « que prononcer « de même nature » est suffisant pour féconder de petits ariens » ?
    Relisez ce que j’ai écrit s’il vous plait !
    Si je veux résumer mon texte il tient en 4 idées que je vous redonne ci-dessous :
    1) le rappel de l’affirmation forte des Eminentissimes Cardinaux Bacci et Ottaviani concernant le nouveau rite de la messe, très éloigné de la doctrine du Saint-Sacrifice telle que définie au concile de Trente.
    2) les faits montrent que le nouveau rite de la messe n’a pas contribué à fortifier la foi des fidèles, mais qu’il a contribué – et il n’est pas seul en cause – à l’affaiblissement voire à la perte de la foi de nombreux « fidèles »… exemples à l’appui.
    3) Cette « faiblesse » du rite en lui-même est encore accrue par les mauvaises traductions, en particulier en langue française.
    Exemple : la traduction fautive du « consubtantialem Patri » dans le Symbole. Exemple étayé par un long argumentaire de Jacques Maritain lui-même.
    Or cette traduction erronée, en vigueur depuis un demi-siècle, ne semble inquiéter aucun de ceux qui par fonction sont les gardiens de l’orthodoxie de la foi… foi que l’on voit pourtant en danger dans l’esprit et l’âme de beaucoup de « pratiquants » (pour ce qu’il en reste).
    4) en conséquence de quoi j’exhorte les catholiques qui veulent rester authentiquement fidèles à fuir les messes dans lesquelles la foi catholique n’est pas enseignée et transmise correctement.

    Qu’avez-vous à redire à cela ?
    Vous ergotez sur la théologie trinitaire et les diverses formulations qu’elle peut recevoir, alors qu’il ne s’agit pas de formuler la théologie trinitaire, mais très concrètement de dénoncer la traduction fautive du Symbole, traduction incomplète si l’on veut, traduction équivoque, traduction qui reprend une formule finalement condamnée alors que l’histoire de l’Eglise nous montre combien plusieurs siècles de discussions « homoiousios » vs « homoousios » ont affaibli et fragilisé l’Eglise… et que dans un temps de confusion tel que le nôtre il n’est vraiment pas besoin de réchauffer les plats des erreurs du passé !!!

  9. le 2 mai 2015 à 15 h 19 min D. Artur écrit:

    Renée Casin, Lauréate de l’Académie française et des Arts et Lettres de France, qui n’est pas une petite intégriste, dit ceci à la page 25 de son Précis d’Histoire de l’Eglise :
    « … L’arianisme est la plus redoutable hérésie que l’Eglise ait eu à soutenir, et qui réapparaît d’âge en âge… Le Concile de Nicée de 325 vit de belles empoignades, mais, véritablement inspiré par le Saint-Esprit, il n’est pas un seul petit membre de phrase du Credo qui en sortit, qui ne vise à écarter toutes les hérésies… et les chrétiens du XXe siècle, toujours sujets à ces aberrations majeures, auraient intérêt à réfléchir sur le mot «consubstantiel » qu’ils ont transformé à tort en « de même nature » car vous et moi avons la même nature humaine, mais ne sommes pas consubstantiels, terme beaucoup plus exact, plus fort et plus précis pour Dieu-le-Père et Dieu-le-Fils. »

    Rapides les conclusions du Frère Maximilien ?
    Il a pour lui cet autre auteur qui ne fut pas le moindre des catholiques de ce temps, Etienne Gilson, lequel, en un long développement, se demande, quant à lui, s’il n’est pas devenu « schismatique » en affichant sa position, ainsi qu’il le fait, à l’encontre de l’autorité, sur cette nouvelle traduction du consubstantialem…

    D. Artur

  10. le 2 mai 2015 à 11 h 10 min FX écrit:

    « L’Esprit Saint qui est la Troisième Personne de la Trinité est Dieu, un et égal au Père et au Fils, de même substance et aussi de même nature. » (Concile de Tolède XI en 675). Pourquoi ce qui est vrai du Saint-Esprit ne le serait-il pas du Fils ?
    Pourquoi dire que le Saint Esprit est de « même substance et de même nature » si on ne peut en dire autant du Fils ?

    Je suis d’accord avec vous sur l’importance des concepts. Changer la terminologie conduit à changer le sens, donc le dogme.
    Mais vos conclusions sont très rapides… On peut très bien utiliser un terme (de même nature) tout en sachant qu’il est imparfait pour exprimer la vérité.
    Par exemple, quand vous dites « pardonnez nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi… » vous ne demandez pas à Dieu de vous pardonner seulement à mesure de ce que vous êtes capable de pardonner… pourtant c’est grammaticalement ce qu’exprime cette formule.

    In Christo

    FX

    Réponse du Maître-Chat Lully :

    1) La traduction de la profession de foi du concile de Tolède que vous citez est malheureusement fautive. En effet le texte latin dit : « Spiritum quoque Sanctum (…) cum Deo Patre et Filio credimus essse Deum, unius substantiae, unius quoque esse naturae », le traduire par « de même substance et de même nature » est inexact. La traduction correcte devrait être qu’il est « d’une seule – ou unique – substance et d’une seule – ou unique – nature ». Ce n’est pas la même chose que « de même nature » !
    En théologie, on ne peut se permettre la moindre approximation.

    2) La réponse à ce que vous m’objecter ensuite est exprimée par Maritain lui-même dans la longue citation que j’en fais, et je vous y renvoie donc.

    3) Pour le reste, au Mesnil-Marie nous ne disons jamais « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi… » mais « et dimitte nobis debita nostra sicut et nos dimittimus debitoribus nostris ».
    Et lorsque nous voulons le dire en français, nous traduisons par « et remettez-nous nos dettes selon la mesure avec laquelle nous-mêmes remettons à ceux qui nous doivent », en stricte référence à l’enseignement donné par Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la réponse qu’il fit à Pierre et dans la parabole dont il l’accompagna cf. Matth. XVIII, 21-35.

    Cordialement à vous.

    Lully.

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