2015-51. Où, à l’occasion de la fête de Saint Athanase, Maître-Chat Lully revient sur le toujours nécessaire et urgent combat pour la vraie foi, et dénonce l’hérésie néo-arienne véhiculée par la traduction française du Symbole.

2 mai,
Fête de Saint Athanase le grand (cf. aussi > ici).

Saint Athanase piétine Arius qui demande le silence

Saint Athanase piétine Arius qui demande le silence.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

On ne le dira jamais assez – et c’est donc à dessein que je vais me répéter – : l’assistance à la messe selon le missel de Paul VI - entré en vigueur pour le premier dimanche de l’Avent de l’année 1969 - ne peut que poser de véritables problèmes de conscience à un catholique qui veut rester fidèle à la foi catholique telle que nous l’avons reçue de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, telle qu’elle nous a été transmise par les Saints Apôtres, les Pères et Docteurs de l’Eglise, la Tradition constante et le magistère authentique de la Sainte Eglise.

Nous sommes, certes, fermement convaincus que la célébration de la messe selon ce que, par commodité, nous appelons « le nouveau rite », est valide (c’est-à-dire qu’il y a bien le renouvellement du Saint-Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ) lorsque toutes les conditions requises sont réunies, ce qui est parfois douteux ou qui n’est d’autres fois clairement pas le cas (cf. l’article > une pseudo messe de funérailles).
Il n’en demeure pas moins vrai qu’au regard de la Tradition catholique, ce « nouveau rite », comme l’avaient souligné Leurs Eminences Révérendisssimes Messieurs les Cardinaux Bacci et Ottaviani dans la préface du « Bref examen critique » remis au pape Paul VI en 1969, « (…) s’éloigne de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu’elle a été formulée à la XXème session du Concile de Trente (…) ».

Cette affirmation des doctes et prudents Cardinaux n’est pas anodine : elle signifie, et la démonstration par les faits nous en est donnée presque chaque jour depuis plus de quarante-cinq ans, que la « messe de Paul VI » contribue à l’affaiblissement de la foi catholique, à sa relativisation et à sa dilution dans une approximation doctrinale et spirituelle, quand ce n’est pas carrément à sa perte.
Il suffit d’interroger les « fidèles » qui pratiquent dans le nouveau rite (en l’occurrence je mets le mot entre guillemets parce qu’il vient du mot latin « fides » qui signifie « la foi », et que donc – en principe – les fidèles devraient être des personnes qui adhèrent à la foi), pour se rendre compte qu’effectivement sur le peu de pratiquants qui subsistent pour l’ « Eglise de France », il y en a beaucoup – beaucoup trop ! – qui ne croient pas à un grand nombre de points de la doctrine catholique ou qui contestent jusqu’à la notion de dogme.
Qu’on se souvienne que certains sondages commandités par des publications originellement catholiques (« La Vie », « le Pèlerin », « la Croix » ou autres) faisaient état d’un nombre important de « catholiques pratiquants » (sic) qui ne croient pas à la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à Sa résurrection ou à la résurrection de la chair, à la conception virginale de Notre-Seigneur, à la virginité perpétuelle de Marie, à la transubstantiation …etc. Ces personnes sont donc à strictement parler des hérétiques ; elles ont fait naufrage dans la foi ; elles ne sont plus catholiques, quand bien même elles continuent à assister aux offices catholiques et à se prétendre catholiques.

La messe selon le « missel de Paul VI » n’est pas seule en cause, nous le savons : le catéchisme catholique remplacé par une catéchèse indigente, des sermons d’une affligeante pauvreté, l’influence délétère d’une société néopaïenne, le faux œcuménisme, et la trahison de nombreux ecclésiastiques ont joué eux aussi un rôle non négligeable dans cette perte de la foi.
Néanmoins, si le « missel de Paul VI » ne s’éloignait pas « de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique », il me semble qu’on ne constaterait pas une telle invasion de l’hérésie chez ces « catholiques pratiquants » ; il me semble au contraire qu’il aurait été un rempart pour la foi catholique au lieu de permettre cette prolifération de fausses doctrines et de fausses opinions !
J’ai presque envie de dire que les catholiques qui assistent de manière habituelle à la célébration de la messe selon le « missel de Paul VI » et qui ont gardé la foi, ne l’ont pas gardée grâce à lui, mais bien plutôt malgré lui

Aux problèmes posés par le texte « officiel » (qui est en latin) du nouveau rite de la messe promulgué par Paul VI, s’ajoute – particulièrement en France et dans les pays de langue française – le problème des traductions.
En effet, un grand nombre de mots ou d’expressions utilisés dans ces traductions (officiellement approuvées par l’épiscopat !) ne sont pas de véritables traductions mais constituent en réalité une véritable trahison de la foi catholique.

En cette fête de Saint Athanase, le grand défenseur de la foi de Nicée, je ne prendrai pour exemple que la traduction française du Symbole de Nicée-Constantinople qui se trouve dans le missel et qui est récitée – sans sourciller semble-t-il – depuis bientôt cinquante ans par les évêques, les prêtres et les fidèles de langue française [note rajoutée en 2022 : en novembre 2021 – enfin ! – après plus de cinq décennies de profession de foi hérétique, le terme « consubstantiel » a été rétabli dans la traduction française liturgique du symbole].
Or cette traduction est hérétique !

Je ne l’affirme pas de mon propre chef.
C’est Jacques Maritain lui-même, dont on sait qu’il était un ami proche du pape Paul VI, et qui n’était absolument pas un « traditionnaliste » (certains lui attribuent une influence décisive sur la déclaration – qui n’est qu’une déclaration et non un texte doctrinal – sur « la liberté religieuse » du 7 décembre 1965) qui a dénoncé avec force cette traduction hérétique dans un « Memorandum » qu’il adressa au pape Montini. Voici ce texte :

« (…) Il faut enfin signaler une faute de traduction qui n’est pas seulement une inexactitude plus ou moins grave, mais une erreur purement et simplement inadmissible. Je sais bien que cette erreur sera certainement corrigée dans une future édition révisée. Mais je sais aussi qu’elle a chance d’être corrigée d’autant plus rapidement qu’elle aura été plus nettement signalée.
Sous prétexte que le mot « substance », et, a fortiori, le mot « consubstantiel » sont devenus
 impossibles aujourd’hui, la traduction française de la messe met dans la bouche des fidèles, au Credo, une formule qui est erronée de soi, et même, à strictement parler, hérétique. Elle nous fait dire, en effet, que le Fils, engendré, non créé, est «  de même nature que le Père » : ce qui est l’« homoiousios » des Ariens ou semi-Ariens, opposé à l’« homoousios », ou consubstantialis, du Concile de Nicée. Pour refuser un iota, on a su en ce temps-là souffrir la persécution et la mort. Tout cela est passé. Tant pis si les chrétiens qui récitent aujourd’hui le Credo en français usent de mots dont, qu’ils le sachent ou non, la résonance est arienne. L’essentiel est que, fût-ce dans un énoncé sur les Personnes de la Trinité, on les dispense d’employer un mot qui n’est pas du langage courant.
Il est cependant bien évident que pour exprimer une réalité absolument unique, il faut un mot lui-même unique. Ou bien faudra-t-il remplacer aussi le mot Trinité lui-même, ou le mot Eucharistie, par des mots du langage de tous les jours ?
Si en prononçant le mot 
consubstantiel les gens ne savent pas ce que ça veut dire, on peut espérer qu’ils demanderont des explications au clergé, qui leur rappellera leur catéchisme et le sens du dogme. Mais s’ils disent, dans le Credo, que le Fils est de même nature que le Père, ils ne songeront jamais à demander une explication, puisqu’on a justement choisi des mots qui ne font pas difficulté pour eux, et qu’ils comprennent sans plus de peine que lorsqu’ils disent avec tout le monde qu’un oiseau est de même nature qu’un autre oiseau.
Qu’importe, après tout, dira-t-on peut-être, il ne s’agit que d’une formule. Les gens dont vous parlez sont des catholiques. Du moment que leur pensée au sujet du Père et du Fils est juste et exempte d’erreur, peu importe que pour l’exprimer ils usent d’une formule approximative qui apparaît comme erronée quand on serre de près les mots dont elle est faite.
À vrai dire, cela importe
 beaucoup. Car ou bien les fidèles en question pensent juste tout en employant une formule erronée et en sachant qu’elle est erronée : et, du fait même, ces fidèles-là, quand on en vient à la formule dont il s’agit, sont obligés de garder le silence ou de parler contre leur conscience. Ou bien ils pensent juste tout en employant une formule erronée sans savoir qu’elle est erronée. Et, du fait même, ces fidèles-là sont mis dans l’illusion. Être induit à employer des mots trompeurs sans savoir qu’ils sont trompeurs, c’est être soi-même trompé.
J’ajoute que les traducteurs anglais, moins sensibles sans doute que les traducteurs français à ce qui chatouille désagréablement les oreilles contemporaines, n’ont pas éprouvé de scrupule à employer le mot 
consubstantiel, ni estimé que les fidèles pouvaient sans inconvénient, tout en pensant juste, proférer une formule qui en elle-même est en désaccord avec la foi catholique »
(
Jacques Maritain,  »Œuvres complètes », vol. XVI, Fribourg, Paris – 2000. p. 1115).

Jacques Maritain espérait, lorsqu’il écrivait ce texte, que cette mauvaise traduction serait promptement rectifiée. Sur ce point, il était dans l’illusion totale.
Force est, en effet, de constater que, près de cinquante ans plus tard, la traduction erronée est toujours là, toujours récitée dans les messes en langue française, et que, malgré plusieurs demandes du Saint-Siège sous les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI, les épiscopats francophones n’ont toujours pas rectifié les traductions approximatives ou fautives.

Et le venin de l’hérésie néo-arienne continue tranquillement à être inoculé dans l’esprit et dans l’âme des pratiquants qui récitent moutonnièrement, dimanche après dimanche, que le Fils est « de même nature que le Père » : au bout d’un demi-siècle de répétition, faut-il s’étonner que les « fidèles » soient en réalité des… infidèles, croyant en autre chose qu’en la foi catholique pleine et entière ?

Pour qu’il en soit ainsi – contra factum non fit argumentum – , on ne peut que conclure qu’il y a pour le moins de la mauvaise volonté (si ce n’est une complète absence de volonté), un manque absolu de zèle pour la transmission de la foi authentique de l’Eglise, et finalement une faute grave contre la profession de foi qu’ont – en principe – dû émettre Nos Seigneurs les Cardinaux et Evêques de France, Nos Seigneurs les vicaires généraux, messieurs les vicaires épiscopaux et judiciaires, messieurs les curés et recteurs, messieurs les professeurs de séminaires, et enfin ceux qui ont été promus à l’ordre du diaconat (cf. Code de Droit Canonique – canon 833).

C’est la raison pour laquelle j’affirmais en commençant ce texte que l’assistance à la messe selon le missel de Paul VI - entré en vigueur pour le premier dimanche de l’Avent de l’année 1969 - ne peut que poser de véritables problèmes de conscience à un catholique français qui veut rester fidèle à la foi catholique telle que nous l’avons reçue de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, telle qu’elle nous a été transmise par les Saints Apôtres, les Pères et Docteurs de l’Eglise, la Tradition constante et le magistère authentique de la Sainte Eglise.
En conséquence logique, le catholique qui veut rester catholique fuira les messes où la foi catholique n’est pas professée convenablement.

Saint Athanase, gardez-nous dans la foi de Nicée !
Saint Athanase, priez pour ces pauvres catholiques de langue française qu’une mauvaise traduction du Symbole de Nicée-Constantinople contraint à réciter une profession de foi hérétique !

Lully.

Symbole de la Sainte Trinité

Et pour lire ou relire la profession de foi trinitaire dite « Symbole de Saint Athanase » > ici

Vous pouvez laisser une réponse.

13 Commentaires Commenter.

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  1. le 2 mai 2022 à 20 h 22 min Maître-Chat Lully écrit:

    L’article date de 2015… Il a été complété en 2022 en faisant mention de la correction qui a enfin eu lieu en novembre 2021.
    Près de cinquante années à répéter dimanche après dimanche une hérésie, cela ne s’efface pas d’un coup d’éponge sur le tableau noir ! Cela signifie qu’il y a eu une mauvaise volonté évidente de la part des responsables des liturgies francophones selon le nouvel ordo et une absence totale de zèle pour l’orthodoxie de la foi chez ceux qui sont supposés la défendre.
    Alors si, ce que vous appelez une polémique – mais qui n’en est pas une : c’est juste un constat objectif – garde sa valeur de témoignage des étranges monstruosités dont la réforme liturgique postconciliaire a été l’occasion.

  2. le 2 mai 2022 à 9 h 52 min Gérard M. écrit:

    En effet quel cirque!
    Il est évident que dans toutes les familles les enfants vouvoient leur mère et tutoient leur père!
    Je vous salue Marie, pleine de Grâce…
    Notre Père qui est aux Cieux que ton nom soit sanctifié…

  3. le 2 mai 2022 à 7 h 11 min Pierre écrit:

    Cette polémique n est plus d’actualité, puisque, comme l’avait prophétisé Maritain, consubstantiel est revenu…

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