2015-39. Et maintenant en quoi notre effroi se changera-t-il ?

Jeudi 12 mars 2015,
Fête de Saint Grégoire le Grand,
Soixante-seizième anniversaire du couronnement de Sa Sainteté le Pape Pie XII.

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Au soir du 11 février 2013, journée au cours de laquelle nous fûmes frappés par l’annonce de l’abdication de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, alors qu’un orage grondait sur la Ville Eternelle, un photographe réussit un cliché montrant un éclair frappant le paratonnerre planté au sommet de la coupole de la basilique de Saint-Pierre au Vatican.

Ce cliché a fait le tour du monde et a été diversement commenté.
Certains se sont empressés d’y voir un signe qui, en fonction des convictions des uns ou des autres, recevait des interprétations différentes, voire divergentes.

Pour moi, je me garderai d’affirmer péremptoirement qu’il s’agissait d’un présage ; mais je me garderai aussi d’affirmer que cela n’en était pas un : il ne m’appartient pas d’en juger.

Quoi qu’il en soit, la coïncidence était au moins permise par la divine Providence : ce n’est pas un phénomène rare en effet que le paratonnerre de la basilique vaticane attire la foudre (il me semble même que c’est la fonction normale d’un paratonnerre !), et il n’est pas exceptionnel non plus que des photographes profitent des orages romains pour réaliser des clichés spectaculaires. Rien de miraculeux en cela donc.
Mais il y avait la coïncidence, en ce jour où la Chrétienté était frappée de stupeur à l’annonce de l’abdication du Souverain Pontife.
Mais nous n’étions pas au bout de notre stupeur…

Le soir du 13 mars 2013, une autre forme de foudre s’abattit sur nous d’une manière bien plus terrible.

Comme tous les enfants aimants de la Sainte Eglise, lorsque nous apprîmes que la fumée blanche était sortie du tuyau de poêle de la chapelle Sixtine, nous étions animés par une impatience fébrile : l’espérance de tant de coeurs fidèles et les supplications ferventes qui, sur toute la surface de la terre, étaient montées vers le Ciel, en ces jours véritablement historiques, nous portaient à nous réjouir de la joie simple et aimante des enfants de Dieu.
Mais dès que le nom de l’élu fut tombé de la bouche du cardinal-protodiacre, la source de la joie fut subitement tarie en nos âmes, laissant la place à la stupeur, presque à l’incrédulité.
Stupeur et incrédulité qui se changèrent en consternation dès que celui qui nous était présenté comme nouveau Pape parut sur le balcon et ouvrit la bouche : je vous en prie, je vous en supplie, dites-moi que je rêve ; dites-moi que ceci n’est qu’un cauchemar ; dites-moi que je vais m’éveiller et que ce trouble maléfique se dissipera…

Mais non !
Force fut de se rendre à l’évidence : le cauchemar était réalité.
Et la réalité du cauchemar s’est faite plus intense, plus troublante, plus inquiétante, plus alarmante, plus douloureuse de jour en jour, depuis cette traumatisante soirée du 13 mars 2013.

Comme frappés par la foudre, nous ne nous sommes pas remis de notre état de choc qui, au lieu de s’atténuer, est allé croissant.
Nous sommes passés de la stupeur à la consternation, de la consternation à l’inquiétude, de l’inquiétude à l’effroi…
Et maintenant, en quoi notre effroi se changera-t-il ?

Du monde entier, nous recevons chaque jour les témoignages de la consternation, de l’inquiétude et de l’effroi de fidèles, de religieux, de prêtres, voire même désormais d’évêques ou de cardinaux.
Car ce que j’écris n’est pas sous l’effet d’une « impression subjective et isolée ». Il s’agit de bien plus qu’un « sentiment ». C’est un cri spirituel qui jaillit du plus intime des âmes : un cri de souffrance inspiré par la Foi catholique la plus authentique et par l’amour de notre mère la Sainte Eglise.
Et ce cri monte de tous les points du globe. Et ce cri jaillit de coeurs de plus en plus nombreux. Et ce cri que l’on a longtemps respectueusement contenu dans le silence de la prière s’exprime de plus en plus au grand jour.

Presque chacun des jours de ces deux années écoulées, en effet, est devenu la station d’un terrible chemin de croix psychologique et spirituel.
Un long chemin de croix dont on ne sait quand il prendra fin.
Un chemin de croix qui, même si au demeurant l’on est bien convaincu que, par delà le crucifiement et le tombeau, il nous conduira – comme pour notre divin Maître – vers une résurrection, nous torture cruellement au plus intime de notre être de chrétiens et de consacrés.
Un chemin de croix sur lequel avancent des fidèles de plus en plus nombreux, des religieux de plus en plus nombreux, des prêtres de plus en plus nombreux…

Ces prêtres, ces religieux aiment la Sainte Eglise.
Ils l’aiment d’un amour si fort qu’ils ont donné leur vie pour elle, et ils renouvellent chaque jour leur don entier au Christ par Son Eglise : « M’est avis que du Christ et de l’Eglise c’est tout un » peuvent-ils redire à la suite de Sainte Jehanne d’Arc.
Ces prêtres et ces religieux sont fermement résolus à ne rien reprendre de leur don total, bien déterminés à se dépenser sans compter pour la doctrine de vie, de vérité et de salut de la Sainte Eglise du Christ, mais, en raison précisément de la profondeur et de la vérité de leur amour pour l’Eglise, ils sont d’autant plus douloureusement torturés dans l’intime de leur âme aujourd’hui.

Je n’ai pas pour dessein d’écrire ici une quelconque forme de réquisitoire envers l’actuel occupant du trône pontifical.
Je constate seulement.
Je constate et je témoigne de faits. Non pas de faits supposés, mais de faits réels, certains, avérés.

Il ne m’appartient pas de dire si l’élection du pape François est valide ou ne l’est pas, si ses propos sont hérétiques ou ne le sont pas, s’il est un antipape ou s’il ne l’est pas (car qui pourrait sérieusement soutenir que l’Eglise du XXIe siècle serait à l’abri de semblable malheur ?) : sur toutes ces choses, c’est l’Eglise et l’Eglise seule qui, dans l’avenir, tranchera.

Pour l’heure, ce qui est là, ce qui demeure, ce qui s’intensifie, c’est cette immense souffrance qui – malgré la foi, l’espérance et la charité auxquelles nous nous cramponons de toutes les forces de notre âme – n’en creuse pas moins en nous de toujours plus insondables abîmes.

Que Dieu Notre-Seigneur, dans Sa douce compassion, aie pitié de nos larmes, aie pitié de nos âmes, et les garde en Sa miséricorde !

                                                         Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

11 février 2013 - foudre sur la basilique Saint-Pierre

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Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs |le 12 mars, 2015 |7 Commentaires »

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7 Commentaires Commenter.

  1. le 19 mars 2015 à 21 h 59 min Erika Laïs écrit:

    Ce texte, j’aurais pu l’écrire moi-même, mot pour mot. Mais l’abdication de Benoît XVI continue à me paraître problématique, autrement dit je me demande depuis la première seconde – et encore plus maintenant, deux ans après le début du nouveau pontificat – si Benoît XVI a vraiment bien perçu la volonté de Dieu, comme il semblait le dire. Je vous cite une lettre de sainte Hildegarde, écrite au pape Anastase IV, que j’ai lue ces derniers jours et qui me paraît du plus haut intérêt, près de 800 ans après !

    « O homme, l’œil de ta science s’est affaibli à réfréner la jactance orgueilleuse de ceux qui vivent en ton sein. Pourquoi ne rappelles-tu pas les naufragés qui ne peuvent échapper à leur malheur que par ton aide ? Et pourquoi ne tranches-tu pas la racine du mal qui étouffe les bonnes herbes … ? Tu négliges la fille du Roi, la Justice, qui est la fiancée céleste, alors qu’elle t’a été confiée. (…) C’est pourquoi toi, homme qui sièges sur le trône papal, tu méprises Dieu lorsque tu ne rejettes pas le mal loin de toi, et qu’au contraire tu l’embrasses tant et plus, puisque tu le supportes en silence chez des hommes dépravés. Et c’est pourquoi la terre entière est perturbée par la succession des erreurs, car l’homme chérit ce que Dieu a détruit ».

    Il me semble qu’il avait manqué à Benoît XVI un prophète (ou une prophétesse) lorsqu’il a pris sa décision.

    Rhizotomos
    Christus vincit, Christus regnat, Christus importa !

    « La sybille du Rhin », Sylvain Gougenheim, Publications de la Sorbonne, Paris, 1996, p. 80.

  2. le 12 mars 2015 à 14 h 40 min Jean P. écrit:

    Les desseins du Seigneur sont impénétrables… comme jamais!
    Lully, tu écris ce message au moment précis où je reçois une revue qui sur 10 pages parle de « François révolutionnaire, du rififi à la curie, de rupture pastorale… etc. »
    Je vais me pencher sur la question en évitant de tomber. J’ai de quoi réfléchir.
    Je pense aux Ecritures, à ces peuples devenus fous traversant la planète, déboussolés, et autres signes impossibles à rattacher à ce qui a pu se passer dans le passé. Et puis nous sommes des milliards aujourd’hui, ce qui est nouveau!
    Courage chat!

  3. le 12 mars 2015 à 14 h 14 min Solange R. écrit:

    Oh oui ! tout cela résume ce que nous souffrons et offrons avec le calvaire des martyrs d’Orient pour notre Mère l’Église.
    Mais in spe contra spem.
    Satan ne prévaudra pas contre l’Église.
    Merci, Frère, dans la douce attente de la joie pascale.

  4. le 12 mars 2015 à 11 h 16 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Comme tout cela est exact.
    En communion de souffrance !

  5. le 12 mars 2015 à 11 h 16 min Colette D. écrit:

    Cher Frère,
    Comme le dit MV, chaque jour nous égrenons dans notre coeur ce que vous venez d’exprimer avec force et douleur…
    Nous égrenons aussi nos chapelets, et accomplissons notre devoir d’état. Nous ne « murmurons » pas, et stupéfaits de finir notre vie en compagnie de martyrs véritables, dont l’offrande est répandue dans tout l’univers, nous supplions, nous adorons Notre-Seigneur qui, sous nos yeux, accomplit en eux la rédemption de ce monde infernal…
    Nous le suppliions de nous donner toute force nécessaire pour demain.
    CD

  6. le 12 mars 2015 à 10 h 20 min Maryvonne V. écrit:

    Grand merci, cher Frère, pour ce texte qui exprime (malheureusement) ce que je ressens chaque jour.
    Il ne nous reste plus qu’une seule chose à faire : prier.

    MV

  7. le 12 mars 2015 à 9 h 40 min Béa Kimcat écrit:

    Un coup de foudre frappant…
    Bien cha(t)micalement.
    Béa kimcat

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