2015-35. « Ne derelinquas nos orphanos : ne nous laissez pas orphelins… »

Samedi des Quatre-Temps de printemps, 28 février 2015.
Dans l’Ordre de Saint Augustin, fête de la Translation des reliques de notre Bienheureux Père.

Armoiries de Benoît XVI

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je n’ai pas pour dessein de vous parler aujourd’hui des commémoraisons historiques et célébrations liturgiques qui reviennent chaque année à cette date du 28 février, comme par exemple l’anniversaire de l’épouvantable massacre des Lucs-sur-Boulogne perpétré en 1794 par les colonnes infernales, ou bien la fête de la translation des reliques de notre Bienheureux Père Saint Augustin : je vous en avais un peu parlé, l’an dernier à cette même date, et je vous y renvoie donc (cf. > réflexions félines et citations – février 2014).

En revanche, je tiens à revenir sur le deuxième anniversaire de l’abdication de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI, le 28 février 2013.

Oh, ce triste, ce très triste, cet infiniment triste 28 février 2013 !…

Après le dernier salut à Castel Gandolfo le soir du 28 février 2013

Castel-Gandolfo au soir du 28 février 2013, après avoir adressé un dernier salut aux fidèles…

Notre amie Béatrice, qui anime avec un zèle et une intelligence peu communs – et très courageux – le très remarquable site « Benoit et moi », grâce auquel on peut avoir accès à beaucoup de choses que l’on ne trouve pas ailleurs (et pour cause !), a mis en ligne ce matin une belle page d’hommage à notre très cher et très grand Pape Benoît XVI à laquelle je vous renvoie (ici > 28 février 2013) : vous pourrez de la sorte revoir quelques mini-vidéos et très belles photos de cette déchirante journée…

Déchirante journée !
Oh, non ! ce n’est pas par hasard, par simple effet de style ou par exagération que j’emploie ces mots.

Le 28 février 2013, nous étions un peu « sonnés », nous ne réalisions pas encore très bien ce qui se passait… et, surtout, nous avions fortement chevillée au coeur l’espérance de voir succéder à l’humble Benoît XVI, un pape dans la continuité des presque neuf années lumineuses de son Pontificat.

Las !
Deux ans plus tard, ce départ, sur lequel plus que jamais toutes les interrogations sont permises, nous est encore plus douloureux qu’alors.
Le vide et l’absence creusés par le retrait de Benoît XVI se sont changés – en dépit de la foi et de l’espérance que nous ne voulons pas lâcher – en une angoisse quotidienne pour l’Eglise et pour son devenir, en une inquiétude de tous les jours pour l’avenir même du christianisme et, par contrecoup, pour l’avenir de notre civilisation !

Je ne veux pas trop m’étendre sur certaines choses aujourd’hui.
Sans doute les événements à venir, événements que nous pressentons, événements dont nous entrevoyons les alarmants prémices, me fourniront-ils l’occasion de le faire… hélas !

Tout ce que je veux dire aujourd’hui, tout ce que je peux dire aujourd’hui, c’est que nous avions en Sa Sainteté le Pape Benoît XVI un homme d’une intelligence et d’une lucidité supérieures, nourries aux sources vivifiantes des Pères de l’Eglise et de la Tradition catholique…
Nous avions en Sa Sainteté le Pape Benoît XVI un pape d’une rare intégrité morale et spirituelle, alliée à une douceur et une humilité véritablement évangéliques
Nous avions en Sa Sainteté le Pape Benoît XVI un authentique Souverain Pontife, c’est-à-dire un véritable grand prêtre, qui apportait un soin et une attention remarquables au culte divin, la plus grande chose que l’on puisse accomplir ici-bas…
Nous avions en Sa Sainteté le Pape Benoît XVI un docteur de la foi pour nos esprits, un modèle de piété fervente et discrète pour nos âmes, un véritable père pour nos coeurs…
Nous avions en Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, un savant délicat et raffiné, homme de vraie culture, qui agissait sans se soucier de plaire au monde mais conduit par une vision sagace des vérités éternelles…

Tout cela, nous ne l’avons plus !
Tout cela, nous l’avons perdu en le perdant !
Le coeur navré, je ne peux m’empêcher de penser à la citation – terrible citation – de Clive Staples Lewis : « Il viendra un temps où au lieu d’avoir des bergers nourrissant les brebis, l’Église aura des clowns qui amuseront les chèvres »(*)

En regardant ce matin, grâce au site « Benoit et moi », les photographies et les mini-vidéos de ce déchirant 28 février 2013, j’ai vu mon papa-moine qui ne pouvait retenir de gros sanglots et ses larmes couler en abondance…
Me sont alors revenues à l’esprit ces paroles de notre belle liturgie latine au moment de l’Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Ne derelinquas nos orphanos : ne nous laissez pas orphelins… »

Lully.

Fermeture de la porte du palais apostolique

Fermeture de la porte du palais apostolique de Castel-Gandolfo, le soir du 28 février 2013…

(*) voir aussi > Et maintenant, en quoi notre effroi se changera-t-il ?

Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs, Memento |le 28 février, 2015 |2 Commentaires »

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 28 février 2015 à 11 h 53 min Iolire écrit:

    Deux ans déjà ?
    QUE deux ans ?
    Deux questions qui n’en font qu’une dans ma tête et mon coeur …. Comme si, le plus profond de mon être se disait que ce n’est qu’une erreur…. une « mal » compréhension de cet événement, oui déchirant.
    Je suis peut-être hystérique – n’étant de surcroît pas catholique – mais à chaque apparition de François, c’est l’image, l’Etre entier de Benoît XVI que je vois. Mais quand ses « mots » deviennent des maux je reviens brutalement à la réalité … et mes prières vont pour Benoît XVI.
    Je ne peux m’empêcher d’exprimer ici que un Homme d’une telle « envergure » soit parti pour les raisons qu’on lui a fait annoncer !
    Je ne veux pas lancer une polémique : c’est juste mon coeur qui pleure en l’écrivant…
    Que Dieu vous garde et vous bénisse à jamais mon Père !

  2. le 28 février 2015 à 11 h 49 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Je partage avec vous, cher frère, les larmes que font verser ce drame ecclésial.
    Si un Benoît XVI-bis nous avait été offert pour une ferme continuité de son pontificat, redressant, à la suite de Jean-Paul II, la barque de l’Eglise secouée par l’esprit dévié du concile Vatican II, nous aurions pu être consolés.
    L’avenir nous dira la… sainteté du Pape actuel.

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