2015-33. Quel avenir ?

Mardi 24 février 2015,
Fête de Saint Mathias, apôtre.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Au mois d’août dernier, je vous présentais (> ici) l’ouvrage de Raphaël Debailiac intitulé « Gustave Thibon – La leçon du silence ».
Dès ma première lecture de ce livre que j’ai beaucoup apprécié, j’avais relevé et mis de côté une citation un peu longue, en vue de vous la communiquer un jour… et ce jour est venu.

Ce paragraphe ne nécessite pas une grande introduction : il suffit de regarder les temps que nous vivons – dans l’Eglise comme dans la société civile - avec le simple recul, la lucidité et la liberté intérieure que donne un peu d’intelligence et de culture.

Je vous laisse lire, réfléchir, méditer…

 

Caspar David Friedrich l'abbaye dans une forêt de chênes

Caspar David Friedrich : l’abbaye dans une forêt de chênes (1810)

Et si seule restait la solution de l’exil intérieur,
en attendant que tout soit consommé et que sur un lit de cendres un nouvel avenir puisse se construire ?

« Quel avenir ?

« Quel avenir pour l’Occident ? Sur les ruines de sa prospérité (écornons au passage la dialectique absurde du « pouvoir d’achat » comme droit naturel quand il n’est que le fruit des efforts renouvelés d’un peuple), parmi les monuments effondrés de sa civilisation et de ses langues, loin de toute spiritualité, l’Occident attend la guerre et la barbarie. Après avoir perdu son combat intérieur, il lui reste la grande épreuve de la fracture et du choc entre barbarie matérialiste et barbarie islamiste. Les derniers flambeaux de l’antique civilisation humaniste chrétienne s’éteignent un à un. Et si seule restait la solution de l’exil intérieur, en attendant que tout soit consommé et que sur un lit de cendres un nouvel avenir puisse se construire ?
C’est les yeux grands ouverts qu’il faut contempler les ruines du monde d’hier. Les temples sont jetés à bas. Colonnes brisées et dômes éventrées ne doivent pas figer l’attention ; déjà un monde neuf s’est levé que « l’homme noble » si souvent interpellé par Thibon se doit de dominer. Dans sa course folle, la modernité n’est qu’une poursuite de l’histoire. Rome est bien tombée. Les Etats-nations d’Europe occidentale ont sombré. Pourtant, le mythe de leur existence persiste, néfaste, les solutions et discours prononcés s’appliquant à une structure morte. Il n’est pas temps de les pleurer. Le monde continue de tourner, les hommes de vivre et de s’agiter. L’homme noble moderne doit saisir son époque à bras-le-corps et la dominer. Ni nostalgiques narcissiques accrochés à l’histoire comme la moule à son rocher, ni feuille au vent.
Retrouver la noblesse en l’homme avant toute chose. La crise de l’Occident est d’abord une crise intellectuelle. L’homme de l’Ouest n’a plus d’idées, il est un ventre. Elle est ensuite une crise de la dignité.
L’avenir appartient aux bâtisseurs d’empire, ceux qui sauront jeter les fondations d’une société nouvelle pour enraciner l’homme et le pousser vers les cieux. Pour cela, il faudra se souvenir avant toute chose que : « La sagesse est une victoire sur soi et non sur les choses » (Gustave Thibon, in « Au soir de ma vie » p.88). »

Raphaël Debailiac, in « Gustave Thibon, la leçon du silence » pp.93-94.

Thibon-la-leçon-du-silence

Publié dans : Lectures & relectures, Textes spirituels |le 24 février, 2015 |3 Commentaires »

Vous pouvez laisser une réponse.

3 Commentaires Commenter.

  1. le 28 février 2015 à 20 h 06 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Après avoir répandue la Parole au peuple, le silence du Christ, a répondu à ceux qui voulaient sa mort. Il n’avait plus rien à ajouter. Tout était dit.
    Dernier acte : sa mort et sa résurrection.
    De Lui est née l’Eglise, nouvelle civilisation.
    Celle-ci, après avoir répandue la Parole, n’est pas plus haute que son Maître.
    Voici pour elle le moment du silence devant ceux qui veulent sa disparition. Il nous reste la solution de l’exil intérieur, en attendant le retour du Christ qui rétablira toute chose pour un nouvel avenir.
    Cela dit, bien sûr, en témoins vivants du Christ.

  2. le 25 février 2015 à 15 h 49 min Jean P. écrit:

    En réalité, seule conclusion à la page 50!

  3. le 24 février 2015 à 17 h 14 min Kimcat écrit:

    Quel avenir, avons-nous ? C’est une question que je me pose souvent…
    Bien cha(t)micalement.
    Béa kimcat

Laisser un commentaire

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi