2015-28. Reportage infernal (3ème partie).

Mercredi de la Sexagésime 11 février 2015 ;
Fête de Notre-Dame de Lourdes,
Journée mondiale de prières à l’intention des malades.

l'apparition de ND de Lourdes

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Sans trop tarder, parce que nous sommes très exactement à une semaine du Mercredi des Cendres, voici la troisième partie de notre « Reportage infernal ».

Vous l’allez voir, les démons sont capables d’exploiter la Sainte Ecriture elle-même, ainsi que les maximes des saints, au service de leurs manigances, afin de semer la confusion et pousser les hommes vers le mal.
Dit comme cela, cela peut paraître surprenant ; mais, en définitive, il n’y a pas à s’en étonner, puisque chaque année, à la lecture de l’Evangile du premier dimanche de Carême, il nous est rappelé que Satan s’est servi de cette « formule » pour mettre Notre-Seigneur à l’épreuve lors de la Sainte Quarantaine. Les disciples pourraient-ils donc se trouver à l’abri des stratagèmes dont le tentateur a voulu se servir contre leur Maître ?

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BD - Reportage infernal - 3e partie

à suivre > ici.

Nous nous trouvons ici en face d’une tactique diabolique particulièrement perverse : en effet, le démon n’utilise pas toujours de « bons gros » mensonges, et n’a pas uniquement recours à des tentations portant sur de mauvaises choses pour amener les hommes au péché.
N’oublions jamais que l’un de ses noms est : « le Malin » ! Même déchu, il a conservé l’intelligence de sa nature angélique, c’est-à-dire une intelligence d’une indiscutable supériorité et d’une remarquable subtilité en comparaison de l’intelligence humaine.
La « tentation sous couvert de bien » est donc une réalité bien connue de tous les maîtres de la vie spirituelle : pour faire tomber une âme dans ses rets – souvent une âme religieuse qui cherche sincèrement à progresser – , le démon va jouer sur ses aspirations à la perfection, lui faire miroiter un bien spirituel supérieur (voire une vertu) et, au nom de ce bien spirituel, l’égarer tout doucement en dehors des voies de la prudence, de la tempérance, de l’obéissance… etc.

C’est ainsi que Satan est capable de se servir avec habileté des Saintes Ecritures elles-mêmes – qu’il connaît très bien – , ou encore des plus sublimes citations des saints, pour incliner – presque insensiblement – une âme vers l’erreur.
C’est ainsi encore que Satan est capable d’envelopper une presque imperceptible insinuation maléfique dans 99 % de vérités claironnées avec force !

Voilà pourquoi il importe aujourd’hui, après avoir dévoilé les principes généraux de son action, que nous nous attardions sur les habiles suggestions dont il se sert ici pour ce qui touche au Carême, et que nous prenions du temps pour en démonter la pernicieuse argumentation.
Notons aussi au passage que les modernistes, qui ruinent l’Eglise de l’intérieur, utilisent le même type de raisonnement ou d’arguments…

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Il est bien vrai que Notre-Seigneur a fustigé le comportement de certains pharisiens (pas tous en effet) qui se montraient rigoureux et impeccables pour accomplir les prescriptions de la loi, mais ce n’est pas parce qu’ils observaient parfaitement la loi que Notre-Seigneur les a critiqués.
Il dit même : « Les scribes et les pharisiens siègent dans la chaire de Moïse ; ainsi, tout ce qu’ils vous disent, observez-le et mettez-le en pratique… » (Matth. XXIII, 2-3 a).
Là où ils encourrent les reproches de Notre-Seigneur, c’est en raison des dispostions intérieures avec lesquelles ils accomplissent ces prescriptions qui ne sont pas accordées à la démarche religieuse dont elles sont normalement l’expression :
« Ils disent et ne font pas » (Matth. XXIII, 3 c) ; « Ils font toutes leurs oeuvres pour être vus des hommes » (Matth. XXIII, 5 a) ; ils tirent orgueil et vanité de leur pratique religieuse scrupuleuse ; ils prennent prétexte de la rigueur avec laquelle ils sont fidèles aux préceptes pour juger et mépriser les autres… etc.

En réalité, ce qui convient, c’est accomplir les préceptes divins et d’être fidèles aux observances religieuses dans un esprit d’humilité et de charité.

Insistons encore : Jésus n’enseigne pas à faire fi des préceptes religieux sous prétexte que certains de ceux qui les accomplissent sont des hypocrites ; Jésus ne dit pas qu’il faut s’affranchir des observances rituelles qui nous sont enseignées par ceux qui ont autorité pour le faire en Son Nom ; Jésus n’apprend pas à Ses disciples à mépriser les pratiques de la loi ecclésiastique.
Notre-Seigneur, bien au contraire, exige que nous en soyons des observateurs attentifs, en y apportant toutes les dispositions intérieures de l’authentique vertu, en ne se recherchant pas soi-même mais avec d’humbles sentiments, et en faisant de notre zèle à les pratiquer des moyens de mieux entrer dans ces dispositions de miséricorde et de charité dont Son Coeur est l’exemple !

Bien sûr, comme l’écrit Saint Paul, « la lettre tue mais l’esprit vivifie » (2 Cor. III, 6).
Toutefois cela ne signifie pas que l’esprit et la lettre soient deux réalités absolument inconciliables, qui ne pourraient pas co-exister harmonieusement dans un même acte.
C’est bien là justement que réside toute la ruse diabolique : suggérer que si l’on pratique « la lettre », c’est alors nécessairement aux dépens de « l’esprit » ; amener à penser que « l’esprit » n’est vivifiant qu’en dehors de l’observance de « la lettre » et en opposition radicale avec elle ; 
persuader que ceux qui pratiquent avec zèle et rigueur les observances religieuses sont obligatoirement des pharisiens hypocrites ; amener à croire que ceux qui ne les pratiquent pas et vont jusqu’à la négligence ou au mépris des lois ecclésiastiques sont forcément des personnes animées par « l’esprit qui vivifie » ; convaincre que la charité et la miséricorde sont nécessairement absentes de l’observation des règles et des préceptes imposées par l’Eglise … etc.

Toute la perversité de l’action diabolique est là, et son levier s’appuie – bien évidemment – sur les faiblesses de la nature humaine : blessée par le péché originel et fragilisée par toutes les conséquences des péchés personnels de chacun, elle répugne à obéir aux préceptes divins, rechigne devant ce qui lui coûte, est prête à tout pour échapper à l’effort spirituel, et cherche toujours à justifier sa paresse, son manque de ferveur et son peu de générosité, par de beaux – et même par de pieux – arguments !
Or, comme Notre-Seigneur, Saint Paul n’appelle pas à mépriser la pratique « à la lettre » des préceptes religieux et des observances ecclésiastiques, mais veut encourager les fidèles à pratiquer en même temps et « la lettre » et « l’esprit ».

« Aime et fais ce que tu veux : dilige et quod vis fac ! ».
La célèbre citation de notre glorieux Père Saint Augustin est très souvent mal comprise, et récupérée pour justifier le laxisme ou la « morale de situation ».
Or, Saint Augustin ne parle pas ici de n’importe quelle affection ou inclination terrestre pour n’importe quel objet ; Saint Augustin ne veut absolument pas signifier que, du moment qu’on prétendrait aimer on serait affranchi de toute règle ou de l’obéissance à tout précepte.
L’amour dont parle le Docteur d’Hippone est l’amour envers Dieu : il ne s’agit pas d’un sentiment, mais d’un acte de la volonté – une volonté ferme et résolue – inspiré par la foi surnaturelle.

Or, comment prouve-t-on à Dieu qu’on L’aime ? En accomplissant ce qu’Il nous prescrit, à travers les Saintes Ecritures et l’enseignement que l’Eglise dispense en Son Nom : « Car l’amour de Dieu, c’est que nous gardions Ses commandements ; et Ses commandements ne sont pas pénibles » (1 Jean V, 3).
C’est comme cela que celui qui aime Dieu fait bien en vérité tout ce qu’il veut : non pas parce qu’il accomplit sa volonté propre, mais parce que l’amour a pour effet de conformer la volonté de celui qui aime à la volonté de Dieu qu’il aime, parce que la volonté de l’homme qui aime Dieu en vérité devient une avec la sainte volonté de Dieu, parce que l’homme qui aime vraiment Dieu ne peut pas vouloir autre chose que ce que Dieu veut et prescrit !

Vous voici armés maintenant, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, pour résister à ces sophismes diaboliques, et, je l’espère de tout coeur, à une semaine du grand et saint Carême, pleins de zèle et de ferveur pour répondre aux appels à la pénitence généreuse et à l’expiation volontaire que Notre-Seigneur et Sa Sainte Eglise nous lancent, auxquels aussi Notre-Dame de Lourdes a fait écho en nous disant : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! »

Lully.

Petit catéchisme sur le Carême et la pénitence > ici
Les observances originelles du carême > ici

Ronces

Publié dans : Bandes dessinées, Textes spirituels |le 11 février, 2015 |2 Commentaires »

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 12 février 2015 à 16 h 19 min Kimcat écrit:

    Nous voici armés pour résister aux sophismes diaboliques, après tous les conseils de Lully…
    Bien cha(t)micalement.
    Béa kimcat

  2. le 11 février 2015 à 18 h 12 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Merci, cher frère, de redire avec clarté ces vérités qui sont les bons conseils de carême.

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