2015-22. Où, à l’occasion de la fête de Saint Polycarpe, le Maître-Chat évoque les liens du diocèse de Viviers avec cet illustre martyr, grâce à Saint Andéol.

Lundi soir 26 janvier 2015,
fête de Saint Polycarpe, évêque et martyr.

Martyre de Saint Polycarpe

Le martyre de Saint Polycarpe (fresque byzantine)

« (…) Abandonnons la vanité des foules et les enseignements mensongers
pour revenir à la parole qui nous a été transmise dès le commencement (…) »
- épître de Saint Polycarpe de Smyrne aux Philippiens, § 7 -

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce 26 janvier, la fête de Saint Polycarpe me fournit l’occasion de vous parler un peu du diocèse de Viviers, sur le territoire duquel est implanté notre Mesnil-Marie.

Saint Polycarpe, évêque de Smyrne, né vers l’an 70 de notre ère, avait connu l’apôtre et évangéliste Saint Jean : l’opinion commune est même que c’est à son intention que fut dictée à Saint Jean, dans les révélations qu’il reçut, la lettre à « l’ange de l’Eglise de Smyrne » (cf. Apoc. II, 8-11).
C’est toujours avec un grand profit spirituel que l’on relit le seul texte de Saint Polycarpe qui nous soit parvenu – son épître aux Philippiens (par exemple > ici) – ou encore le récit de son martyre, écrit par un contemporain (cf. > ici).

Nous le vénérons à un titre particulier parce que c’est lui qui missionna dans les Gaules non seulement les premiers pasteurs de l’Eglise de Lyon, les saints Pothin et Irénée, mais également celui que de très antiques traditions nous disent avoir été le premier évangélisateur du territoire qui deviendra le Vivarais : Saint Andéol.
Ainsi, par Saint Andéol et Saint Polycarpe, l’Eglise diocésaine de Viviers peut-elle être, en quelque manière, directement rattachée à l’apôtre et évangéliste Saint Jean, le « disciple que Jésus aimait » (Joan. XIII, 23), qui reposa sur la poitrine de Notre-Seigneur à la dernière Cène, qui l’accompagna jusqu’à la Croix et contempla le Sacré-Coeur transpercé, puis qui « prit chez lui » (Joan. XIX, 27) la Très Sainte Vierge Marie.

Saint Andéol n’était pas prêtre, mais seulement sous-diacre. Il évangélisa la vallée du Rhône et les provinces méridionales de la Gaule romaine pendant une quarantaine d’années.
C’est au moment du passage de l’empereur Septime-Sévère, alors en route vers la Bretagne (actuelle Grande-Bretagne), qu’il fut pris et martyrisé, le 1er mai 208.
La ville de Bergoïata, où il fut supplicié et mis à mort, deviendra par la suite Bourg-Saint-Andéol.

Statue de Saint Andéol façade de l'église de Bourg-Saint-Andéol

Statue de Saint Andéol sur la façade XVIIe siècle de l’église de Bourg-Saint-Andéol :
le saint est représenté avec la tunique du sous-diacre et avec le glaive de son martyre enfoncé dans le crâne.

La Bienheureuse Tullia qui avait recueilli son corps, le cacha dans un sarcophage antique, dont l’un des côtés fut re-sculpté par la suite, en accord avec le précieux dépôt qu’il renfermait.
Ce sarcophage se trouve toujours dans l’actuelle église du Bourg-Saint-Andéol.

Il ne contient malheureusement plus les reliques du saint martyr : si elles avaient heureusement échappé aux destructions et profanations des huguenots, elles furent malheureusement livrées aux flammes par la fureur révolutionnaire… Mais le sarcophage, considéré comme étant lui-même une relique, fut pendant très longtemps mis à l’honneur sous le maître-autel.
Lorsque ce dernier fut détruit à son tour, lors de la révolution liturgique post-concilaire, le sarcophage qui avait été tellement vénéré par des générations de fidèles, fut relégué dans une chapelle latérale, n’étant plus désormais présenté que comme une curiosité archéologique.

Maître-autel avec le sarcophage de Saint Andéol (église de Bourg-Saint-Andéol autrefois)

Le sarcophage de Saint Andéol placé à l’honneur sous la table du maître-autel de l’église de Bourg-Saint-Andéol
(avant les « aménagements » post-concilaires). 

C’est au milieu du IXème siècle, que le tombeau de Saint Andéol, enfoui dans une crypte, qui avait été elle-même ensevelie lors des invasions et des bouleversements du haut Moyen-Age, fut redécouvert par Bernoin, évêque de Viviers.
Bernoin, après avoir prié et jeûné pour demander à Dieu la grâce de retrouver les précieuses reliques de Saint Andéol, vit en songe Saint Polycarpe lui-même, et c’est selon les indications données par ce dernier qu’il retrouva l’emplacement de la crypte antique renfermant le sarcophage du martyr.

L’évêque Bernoin et ses successeurs promurent le culte de Saint Andéol dont ils firent un élément d’unification de leur diocèse et – il faut bien le dire aussi – , en un temps où le diocèse de Viviers, quoique théoriquement dépendant du Saint Empire Romain Germanique (jusqu’en 1308), devenait un comté ecclésiastique quasi indépendant, ce fut un moyen de renforcer le prestige et le pouvoir temporel des comtes-évêques de Viviers.

Aux XVe, XVIe et XVIIe siècles, les comtes-évêques résidèrent d’ailleurs principalement au Bourg-Saint-Andéol (dans un extraordinaire palais épiscopal qui fait aujourd’hui l’objet d’une remarquable restauration), tout près du tombeau de Saint Andéol, plutôt qu’en leur cité épiscopale.

Sarcophage de Saint Andéol

Le sarcophage de Saint Andéol, dans l’église du Bourg-Saint-Andéol (face paléochrétienne)

Notre diocèse de Viviers, si peu reluisant de nos jours, possède, vous en avez ici une fois de plus un petit aperçu, mes chers Amis, une histoire fort riche, puisque ses origines antiques le rattachent directement aux temps apostoliques.
Nous en sommes particulièrement – et très légitimement – fiers.

Néanmoins, et j’avais déjà eu l’occasion de l’évoquer en 2011 dans les pages de ce blogue en publiant une étude parue dans « Paix liturgique », c’est un diocèse actuellement sinistré : profondément et tragiquement sinistré par le modernisme (cf. > www).
Quatre ans plus tard, les choses ne se sont pas améliorées : les prêtres continuent de mourir et ne sont pas remplacés (il n’y aura sans doute pas d’ordination de prêtre diocésain avant de nombreuses années), les églises continuent à se vider, le nombre des baptêmes poursuit son déclin, la foi catholique n’est plus vraiment enseignée et la plupart des fidèles professe une vague croyance aux contours imprécis, les gens meurent sans les derniers sacrements, la célébration de la messe pour les funérailles tend à diminuer… etc.

La situation d’aujourd’hui n’est finalement guère plus brillante qu’au début du XVIIe siècle lorsque Monseigneur Louis François de la Baume de Suze – coadjuteur en 1618, puis comte-évêque en titre de 1621 à 1690 – prit la charge d’un diocèse matériellement et spirituellement exsangue (on dit qu’il y avait alors moins de vingt curés en exercice et que plus de 75% des églises étaient en ruines) : mais il était animé d’un zèle ardent pour la rechristianisation du Vivarais, et il sut faire appel à des forces saines et vives pour cet immense labeur, spécialement à Saint Jean-François Régis (cf. > www). C’est d’ailleurs dans son palais épiscopal de Bourg-Saint-Andéol que Monseigneur de la Baume de Suze accueillit le Père Régis et lui confia le diocèse de Viviers comme terre de mission où il fallait quasi tout reprendre à zéro…

Statue de Saint Andéol sur la façade de l'église de Bourg-Saint-Andéol - détail

Statue de Saint Andéol sur la façade de l’église de Bourg-Saint-Andéol – détail.

Dans deux mois exactement, le siège épiscopal de Viviers se trouvera normalement vacant, puisque son actuel occupant, Monseigneur François Blondel, arrivera ce 24 mars 2015 à l’âge de soixante-quinze ans, âge auquel il doit, selon les règles canoniques en vigueur, présenter au Saint-Siège la renonciation à sa charge.

Depuis longtemps déjà, Frère Maximilien-Marie prie et supplie pour demander à Dieu un évêque selon Son Coeur : un évêque qui soit un véritable docteur de la foi catholique la plus authentique ; un évêque qui soit un pasteur à l’image du Bon Pasteur, avec une inlassable sollicitude pour le salut des âmes à lui confiées ; un évêque qui soit un véritable père, pas tant par la manière dont il se fera appeler que par les délicatesses de la charité avec laquelle il entourera les fidèles ; un évêque qui soit un digne successeur des saints Apôtres par son zèle inlassable et par sa force d’âme ; un évêque dont la ferveur spirituelle soit exemplaire et communicative ; un évêque qui soit moins un administrateur qu’un missionnaire ; un évêque dont l’ardeur ne se laisse pas entraver par la pesanteur des cadavres accumulés par quelque cinquante années de modernisme mortifère.

Nous prions donc et supplions Saint Polycarpe et Saint Andéol - avec Saint Vincent, céleste protecteur de notre cathédrale (cf. > www) – qui se dépensèrent sans compter et ne craignirent pas de verser leur sang pour la vérité de l’Evangile, afin qu’ils intercèdent puissamment pour ce diocèse de Viviers et lui obtiennent la grâce d’une véritable résurrection : selon les termes de la citation que j’ai mise en exergue de cette humble chronique, en abandonnant les enseignements mensongers et en revenant à la parole qui lui a été transmise dès le commencement…

patte de chat Lully.

palmes

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3 Commentaires Commenter.

  1. le 27 janvier 2015 à 15 h 09 min A. De la Forest écrit:

    De la part de Claudie.
    St Patrick, un très grand saint, son aura continue à resplendir en Irlande et ailleurs. Dans l’île de St Patrick (minuscule, à l’est de l’Irlande) les très jeunes chrétiens, tous les ans, à date fixe, font un genre de Tro Breizh, souvent pieds nus, (pénitences, longues marches en silence, révision de vie, et moult priéres).
    Il semble, vu les ordres missionnaires irlandais encore très vivaces, que la lumière de St Patrick n’est pas éteinte.
    Les Irlandais, hors de l’Irlande, n’ont pas jeté la hache après la cognée. Ils ont une foi très efficace, sûrement en suivant les traces de St Patrick, qui n’a pas fini de tracer le chemin des évangélisateurs, vers un renouveau vivifiant.

  2. le 27 janvier 2015 à 7 h 19 min Paulette L. écrit:

    Si vous saviez à quel point je vous comprends, mon cher petit Minou!
    C’est bien pour cela que je travaille tellement sur Internet, malgré mon âge -j’aurai 88 ans dans un mois – , pour essayer d’évangéliser, un peu comme saint Andéol…
    Mais qui lit nos textes ?
    Oh! Oui! Prions!

    sites : radio-silence.org
    nouvl.evangelisation.free.fr

  3. le 26 janvier 2015 à 21 h 06 min Rachel écrit:

    Saint Patrick (fêté le 17 mars) est l’un des grands Saints de l’Église d’Irlande.
    Il est vénéré sous le nom « d’Illuminateur de l’Irlande » (387-465).

    Il écrivit une très belle prière, sous le nom de « Canon de Saint Patrick » L’habitude s’est prise de la dire au début de la journée, il est utile de la dire au moment de partir en voyage, avant de rencontrer un ennemi du Christ, chaque fois qu’il y a lieu de penser que le diable est en train d’agir dans notre maison ou autour de nous.
    Saint Patrick a composé cette hymne au temps de Lœgaire Mac Neil. Tout homme qui le chantera chaque jour en méditant pieusement devant Dieu, les démons ne pourront se maintenir devant sa face.
    Cette prière lui sera une défense contre tout poison et envie, elle lui sera une sauvegarde contre la mort subite. Elle sera une cuirasse pour son âme après la mort.
    Saint Patrick chanta ce canon quand des embûches étaient dressées contre Lui par le roi Lœgaire pour l’empêcher de semer la foi à Tora en Irlande. Ceux qui l’attendaient pour lui nuire crurent voir des daims avec, derrière eux, un faon. Voilà pourquoi la tradition celtique irlandaise nomme cette prière « Faed Fiada », c’est-à-dire « Cri du Daim ».
    La même tradition nous présente ce texte comme cuirasse de la foi, pour protéger le corps et l’âme contre les démons, et les hommes, et les vices.

    Texte du canon de Saint Patrick :

    Je me lève aujourd’hui
    par une force puissante,
    l’invocation de la Trinité,
    la croyance à la Trinité,
    la confession de l’Unité du Créateur du monde.

    Je me lève aujourd’hui par
    la force de la naissance du Christ et de Son Baptême,
    la force de Sa Crucifixion et de Sa mise au tombeau,
    la force de Sa Résurrection et de Son Ascension,
    la force de Sa Venue au jour du Jugement.

    Je me lève aujourd’hui,
    par la force des ordres des Chérubins,
    dans l’obéissance des Anges,
    dans le service des Archanges,
    dans l’espoir de la Résurrection,
    dans les prières des Patriarches,
    dans les prédications des Prophètes,
    dans les prédications des Apôtres,
    dans les fidélités des Confesseurs,
    dans l’innocence des Vierges Saintes,
    dans les actions des Hommes Justes.

    Je me lève aujourd’hui
    par la force du Ciel,
    lumière du Ciel,
    lumière du Soleil,
    éclat de la Lune,
    splendeur du Feu,
    vitesse de l’éclair,
    rapidité du vent,
    profondeur de la mer,
    stabilité de la terre,
    solidité de la pierre.

    Je me léve aujourd’hui,
    par la force de Dieu pour me guider,
    puissance de Dieu pour me soutenir,
    intelligence de Dieu pour me conduire,
    œil de Dieu pour regarder devant moi,
    oreille de Dieu pour m’entendre
    parole de Dieu pour parler pour moi,
    main de Dieu pour me garder,
    chemin de Dieu pour me précéder,
    bouclier de Dieu pour me protéger,
    armée de Dieu pour me sauver,
    des filets des démons,
    des séductions des vices,
    des inclinations de la nature,
    de tous les hommes qui me désirent du mal,
    de loin et de près,
    dans la solitude et dans une multitude.

    J’appelle aujourd’hui toutes ces forces
    entre moi et le mal,
    contre toute force cruelle impitoyable
    qui attaque mon corps et mon âme,
    contre les incantations des faux prophètes,
    contre les lois noires du paganisme,
    contre les lois fausses des hérétiques,
    contre la puissance de l’idolâtrie,
    contre les charmes des sorciers,
    contre toute science qui souille
    le corps et l’âme de l’homme.

    Que le Christ me protège aujourd’hui
    contre le poison, contre le feu,
    contre la noyade, contre la blessure,
    pour qu’il me vienne une foule de récompenses,
    le Christ avec moi,
    le Christ devant moi,
    le Christ derrière moi,
    le Christ en moi,
    le Christ au-dessus de moi,
    le Christ au-dessous de moi,
    le Christ à ma droite,
    le Christ à ma gauche,
    le Christ en largeur,
    le Christ en longueur,
    le Christ en hauteur,
    le Christ dans le cœur
    de tout homme qui pense à moi,
    le Christ dans tout œil qui me voit,
    le Christ dans toute oreille qui m’écoute.

    Je me lève aujourd’hui
    par une force puissante
    l’invocation à la Trinité,
    la croyance à la Trinité,
    la confession de l’unité
    du Créateur du monde.

    Au Seigneur est le salut,
    au Christ est le salut.

    Que Ton salut Seigneur soit toujours avec nous.

    Amin !

    Tropaire :

    Comme docteur et pasteur suprême, Saint Patrick, tu as montré le chemin qui mène vers la vie ; et, comme chef d’Eglise, tu as illuminé ta patrie ; l’ayant fait renaître par l’Esprit-Saint, tel un olivier au paradis spirituel, en Sainteté tu as fait croître tes enfants ; c’est pourquoi, te vénérant comme le compagnon des Apôtres et des Pontifes Saints, nous te prions d’intercéder auprès du Christ Dieu pour qu’il accorde à nos âmes la grâce du salut.

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