2014-111. A propos de l’expression « repos éternel »…

Vendredi 12 décembre 2014,
fête de Notre-Dame de Guadalupe (cf. > www).

Lever du jour au Mesnil-Marie - vendredi 12 décembre 2014

Lever du jour, au Mesnil-Marie, ce vendredi 12 décembre 2014.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je ne veux pas vous écrire moi-même longuement aujourd’hui, mais je voudrais vous partager ce texte rédigé par notre Frère Maximilien-Marie à propos de l’expression « repos éternel » qui revient si couramment lorsque l’on prie pour les défunts.
Je vous laisse découvrir et méditer…

                                         Lully.

frise

« L’expression « repos éternel » me semble d’une telle ambigüité qu’elle me pousserait parfois à des mouvements d’humeur proches de la révolte.
Je m’explique.

Il est bien vrai que, depuis des siècles, la Sainte Eglise notre Mère, dans ses formules liturgiques inspirées, nous fait utiliser le mot de « repos » pour parler de la vie éternelle bienheureuse.
Sans doute cette notion de « repos » vient-elle alors marquer l’opposition avec le lieu du tourment sans fin qu’est l’enfer : cette « géhenne de feu, où leur ver ne meurt point et leur feu ne s’éteint pas » (cf. Marc. IX, 46-47).

Dans le canon romain, au memento des défunts, nous prions pour que Dieu accorde à nos défunts « locum refrigerii, lucis et pacis : le lieu du bonheur, de la lumière et de la paix ».
Le mot latin « refrigerium » se traduit littéralement par « rafraîchissement », et on le trouve chez Tertullien pour désigner le Ciel des bienheureux.
Ce simple mot de « refrigerium : rafraîchissement » fait image : mentalement, ne nous représentons-nous pas spontanément le voyageur qui a longtemps marché sous le soleil et qui peut faire halte à l’ombre, près d’une source bienfaisante ?
Il y a donc dans ce « locum refrigerii » du canon romain, l’idée implicite du repos et de la réfection des forces.

Sans doute encore peut-on trouver dans cette notion de « repos éternel » un écho des paroles mêmes de Notre-Seigneur : « Venez à Moi, vous tous qui êtes à la peine et qui ployez sous le fardeau, et Je vous soulagerai. Prenez sur vous Mon joug et apprenez de Moi que Je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez du repos pour vos âmes » (Matth. XI 28-29).

Enfin, cela ne nous renvoie-t-il pas aussi au si consolant psaume XXII qui décrit le Seigneur Dieu sous les traits d’un Bon Pasteur qui fait reposer son troupeau aimé en de grasses prairies ?

Mais de là à s’imaginer que l’éternité qui nous est promise sera une espèce de farniente, où, alanguis sur de confortables divans, nous somnolerons dans un « nirvâna » de l’esprit et des sens, un peu comme si nous étions « shootés »… Non ! Mille fois non !
Devant une telle perspective, tout mon être s’insurge et proteste !

Ce n’est pas de ce repos-là dont mon âme, mon esprit et mon corps (car je crois à la résurrection de la chair et je sais que mon corps participera au bonheur céleste) ont besoin.
Pour moi, cet éternel repos en Dieu auquel je tends, auquel j’aspire, sera débordant d’activité et d’activités.
Des activités intérieures et même physiques – puisque mon corps ressuscité participera pleinement de l’action intérieure, qui n’aura alors plus aucune limite dans son déploiement – , qui seront toutes plus exaltantes les unes que les autres. 

Car ce sera une activité comparable à une inépuisable éruption volcanique, par son bouillonement et sa splendeur, que de pénétrer sans fin le mystère du Dieu-infini qui Se révélera à mon âme tel qu’Il est connu de Lui-même…
Car ce sera une activité comparable à la merveilleuse ivresse d’une course – sans effort et sans fatigue – dans le vent, que de connaître intimement les anges et les saints…
Car ce sera une activité semblable à une danse merveilleuse que d’entrer dans toute la plénitude de la sagesse et de la science (et d’assimiler tous les mystères de la création, ou bien encore, par exemple, tout le contenu de la bibliothèque d’Alexandrie que j’ai toujours rêvé de connaître !), et d’en être totalement dilaté dans l’action de grâces et la louange…
Car ce sera une activité semblable à un inextinguible et bienfaisant fou-rire que de communiquer sans plus l’ombre d’une incompréhension avec tous les sauvés, tous les bienheureux, qui nous entoureront…

Alors, oui ! quand je mourrai, et que vous prierez pour que le Dieu d’infinie miséricorde me donne le repos éternel, parce que j’ai trop souffert ici-bas d’avoir à me reposer sans pouvoir faire un mouvement quand mon corps endolori n’en pouvait plus, parce que j’ai trop souffert ici-bas d’avoir à me reposer sans pouvoir courir lorsque le souffle me manquait, parce que j’ai trop souffert ici-bas d’avoir à me reposer sans pouvoir bondir de joie quand ma carcasse épuisée ne pouvait plus soutenir la jubilation de l’esprit et de l’âme, parce que j’ai trop souffert ici-bas d’avoir à me reposer sans pouvoir chanter lorsque ma gorge était nouée, parce que j’ai trop souffert ici-bas d’avoir à me reposer sans pouvoir lire quand ma tête était trop fatiguée, parce que j’ai trop souffert ici-bas d’avoir à me reposer sans pouvoir rire lorsque j’avais trop mal… oui, pensez bien, alors, que ce repos auquel j’aspire de tout mon coeur, de tout mon corps, de tout mon esprit et de toute mon âme sera un indescriptible bouillonement de vie, de danse et de rires, un incroyable foisonnement d’exaltantes découvertes, un infini tournoiement d’insatiables curiosités pleinement satisfaites, chantant à pleine voix accompagné de la harpe de David et travaillant pour l’éternité avec délices à tout ce que les finitudes humaines ne m’auront pas permis de réaliser ici-bas !

« En Vous, Seigneur, j’ai espéré, je ne serai pas confondu pour l’éternité : in Te, Domine, speravi, non confundar in aeternum ! »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

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frise

Publié dans : Lectures & relectures, Textes spirituels |le 12 décembre, 2014 |1 Commentaire »

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1 Commentaire Commenter.

  1. le 12 décembre 2014 à 13 h 06 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Merveilleux Te Deum !
    Merci pour cette écoute.
    Comment pourrions-nous être dans un repos éternel lorsque les mélodies célestes se feront entendre et que nous serons en contemplation de toutes les richesses célestes que le Bon Dieu nous donnera en partage et qui sont Ses activités auxquelles Il nous donnera de participer!

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