2014-73. « Une grande nation est celle qui sait s’inscrire dans le temps. »

Discours prononcé
par

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
le dimanche 27 juillet 2014
à l’occasion des célébrations du huitième centenaire
de la Bataille de Bouvines

N.B. : Nous nous sommes permis de mettre en caractères gras les passages qui nous paraissent comporter le fond du message – un message politique plus important qu’il ne pourrait y paraître à celui qui lirait de manière trop rapide et superficielle – délivré par notre Prince en cet anniversaire glorieux lequel, notons-le, a semblé être totalement ignoré d’un gouvernement d’incultes qui voudrait faire croire que l’histoire de la France a commencé en 1789…

Duc d'Anjou à Bouvines 27 juillet 2014

Monseigneur le  Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
aîné de tous les Capétiens,
ce dimanche 27 juillet 2014, à Bouvines.

Excellence, (*) 
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Président du Conseil Général,
Madame le Vice-président du Conseil Régional,
Monsieur le Maire de Bouvines,
Mesdames et Messieurs les Maires,
Mesdames et Messieurs,

1214-2014.
Huit cent ans séparent ces deux dates, et Bouvines demeure un repère essentiel dans l’histoire de France. Une date charnière.
Croyez-bien que je ressens un grand honneur d’avoir été invité à cet anniversaire. J’y suis comme successeur, bien lointain il faut le dire puisque tant de siècles nous séparent, de Philippe-Auguste, le vainqueur de Bouvines.

De telles commémorations nous font entrer profondément au cœur de l’histoire de notre Pays. Il y a quelque chose d’exceptionnel pour notre nation que de pouvoir s’inscrire dans une si longue durée, qui est aussi une occasion de réfléchir à notre destinée.

Pourquoi nous souvenons nous de Bouvines alors que les mots ont changé de sens, alors que des concepts nouveaux sont apparus, forgés par les événements si nombreux vécus par notre pays ? 

Ainsi, que dire après 800 ans, d’encore audible pour nos concitoyens ?
Au-delà de la victoire elle-même, victoire un peu miraculeuse puisque les troupes royales étaient deux fois moins nombreuses que celles des coalisés du roi Plantagenêt et de l’Empereur, nous pouvons retenir trois enseignements de Bouvines :

- Le premier est l’affirmation de l’État.
Cela paraît à la fois lointain et parfois aussi, très présent. Lointain, car nous avons du mal à nous imaginer ce qu’était la société féodale, divisée en de multiples souverainetés avec quelques grands féodaux essayant de conquérir toujours plus de pouvoirs. Le Roi de France qui était le plus petit des grands, les a vaincus à Bouvines. Philippe en ce jour de juillet 1214, a affirmé, pour son temps comme pour le nôtre, qu’au-dessus des intérêts particuliers il y a le bien commun dont la fonction royale est garante. Ce n’est pas un hasard si la renommée lui a donné le surnom d’ « Auguste » (**) lui reconnaissant ce vieux titre hérité de Rome qui restait encore le modèle de l’État, c’est-à-dire d’un pouvoir non dépendant des hommes et de leurs égoïsmes passagers.
Oui, Bouvines marque la renaissance de l’État.

- Le second vient de la nouveauté de la bataille de Bouvines où, au-delà des troupes habituelles des chevaliers et de leurs servants, ce qui fit la différence, ce furent les milices bourgeoises des communes. Pour la première fois la société française, organisée en corps constitués, autour de ses métiers et de ses chartes communales, se manifestait.

- À Bouvines, unis sous la bannière de Saint-Denis, sont venus combattre ceux qui étaient fiers de leur autonomie et de leurs libertés à se gérer.
Ce droit qui en avait fait, pour la première fois de vrais sujets libérés de la tutelle des seigneurs, ils le devaient aux premiers capétiens qui favorisèrent les chartes de franchise contre la toute-puissance des féodaux.
La conscience politique du peuple de France est née à Bouvines. Ainsi, et c’est le troisième enseignement que je vois dans cette commémoration, se souvenir de Bouvines, huit cents ans après la victoire, permet de comprendre l’intérêt de l’histoire. Parfois la France donne l’impression d’oublier son passé, or c’est dans le temps long que notre pays s’explique. Il s’est constitué génération après génération. Les grandes dates que les écoliers apprennent sont autant de repères qui donnent du sens à nos vies.

Il faut nous en souvenir pour écrire de nouvelles pages, pour entrer dans l’avenir.

Une grande nation est celle qui sait s’inscrire dans le temps.
En m’invitant ici, en ce jour, à côté de toutes les autorités, héritier de la dynastie millénaire, j’imagine que c’est, Monsieur le Maire, ce que vous avez souhaité montrer.
Soyez remercié de m’avoir permis de le rappeler.

Grandes armes de France

Notes :
(*) Son Excellence Monseigneur l’Archevêque de Lille.
(**) Philippe-Auguste.

Publié dans : Lectures & relectures, Memento, Vexilla Regis |le 29 juillet, 2014 |1 Commentaire »

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1 Commentaire Commenter.

  1. le 29 juillet 2014 à 16 h 07 min Bernard de G. écrit:

    Merci de nous avoir fait connaitre ce discours de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon ;
    il tire des leçons pour notre temps tout à fait pertinentes.
    BG.

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