2014-70. De quelques pertinentes – et parfois aussi impertinentes – réflexions félines à la date du 15 juillet.

15 juillet,
fête du Saint Sépulcre de Notre-Seigneur Jésus-Christ ;
fête de Saint Henri Ier, empereur ;
fête de Saint Vladimir Ier de Kiev, « égal aux Apôtres »…

Et aussi, en cette année 2014, le 220ème anniversaire du martyre de l’abbé Claude Breysse : prêtre réfractaire, curé de La Chapelle-Grailhouse – dans le diocèse de Viviers – , il continua clandestinement son ministère dans sa paroisse, mais, finalement arrêté, il fut guillotiné à Privas, en haine de la foi, le 15 juillet 1794.

frise lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Au Mesnil-Marie, nous aimons bien la date du 15 juillet : en tête de cette chronique, j’ai noté les célébrations qui se rattachent à ce jour, auxquelles il faut encore ajouter pour notre Frère Maximilien-Marie l’anniversaire de son baptême, anniversaire qu’il célèbre avec grande ferveur et action de grâces.

A – Anniversaire de baptême :

Tout chrétien devrait célébrer avec beaucoup plus d’éclat et de joie que celui de sa naissance charnelle, l’anniversaire de son baptême, puisque c’est le jour où il a reçu la vie spirituelle en étant incorporé au Christ notre Sauveur et en devenant le temple vivant de l’adorable Trinité.

Fort peu de fidèles savent que la Sainte Eglise accorde à cette occasion, pour chaque fidèle qui remplit les conditions habituelles précisées par le droit, une indulgence plénière : « Plenaria indulgentia conceditur christifideli qui, in celebratione Vigiliae Paschalis vel die anniversario sui batptismatis, vota baptismalia qualibet formula legitime adprobata renovaverit : une indulgence plénière est accordée au fidèle qui dans la célébration de la Vigile pascale ou le jour anniversaire de son baptême, renouvelle les promesses du baptême selon une formule légitimement approuvée » (Enchiridion Indulgentiarum quarto editur [1999] ; Normae et concessiones – Aliae concessiones – « 28 : Professio fidei et actus virtutum theologalium », § 1).

Permettez-moi donc de vous poser ces questions :
Connaissez-vous la date de votre baptême ? La célébrez-vous ? Vous arrive-t-il de vous rendre en pèlerinage – car c’est bien le mot qui convient – aux fonts baptismaux dans lesquels vous avez été régénéré et qui demeurent le lieu où s’est ouverte pour vous la source vive du salut ?

En cette année 2014, année du huitième centenaire de la naissance de Saint Louis, il est une leçon importante que nous recevons de notre saint Roi : il ne signait jamais que « Louis de Poissy », parce que c’est dans la collégiale de Poissy qu’il avait été baptisé le 25 avril 1214, et qu’il considérait – avec justesse – que la filiation divine qui lui avait alors été conférée était le premier et le plus important de tous ses titres.
On connaît d’ailleurs de manière certaine la date du baptême de Saint Louis, alors que les historiens ne possèdent pas de document certain donnant la date de sa naissance : celle-ci est déduite de la date de son baptême, en supposant qu’il a été baptisé le jour même de cette naissance.

Les fonts baptismaux de Saint Louis à la collégiale de Poissy

Fonts baptismaux sur lesquels Saint Louis fut baptisé le 25 avril 1214
(Collégiale de Poissy)

B – La fête liturgique du Saint Sépulcre :

Le 15 juillet, certains calendriers particuliers, célèbrent la fête du Saint Sépulcre de Notre-Seigneur : à Jérusalem même, on célèbre la fête de la dédicace de la basilique du Saint Sépulcre.

Du 15 août au 18 octobre de l’an 1009, les sanctuaires édifiés par Sainte Hélène et Saint Constantin sur les lieux de la Crucifixion et de la Résurrection de Notre-Seigneur, et qui avaient subsistés jusqu’à cette date malgré plusieurs incendies et les outrages des siècles, furent détruits sur l’ordre du calife fatimide chiite Al-Hakim.
Cet ensemble de bâtiments splendides consistait 1) en un atrium entourant le rocher du Calvaire dégagé, 2) en une basilique : la basilique de l’Anastasis (c’est-à dire de la Résurrection, en Grec), et 3) en une rotonde au centre de laquelle se trouvait un édicule enfermant le tombeau de Notre-Seigneur que l’on avait non pas déplacé mais dégagé du rocher dans lequel il était originellement creusé.
Cette destruction, on s’en doute, souleva une grande émotion dans toute la Chrétienté d’Orient et d’Occident.

Après la mort d’Al-Hakim, qui avait déclenché une cruelle persécution contre les chrétiens, ses successeurs se montrèrent moins sectaires et les pèlerinages purent reprendre, timidement.
Les empereurs de Constantinople firent preuve de diplomatie et oeuvrèrent pour la reconstruction du sanctuaire : néanmoins il fut impossible de relever la totalité des constructions constantiniennes, et les architectes byzantins durent se contenter de reconstruire une basilique réduite de moitié, décalée par rapport au plan originel puisque désormais elle englobait la rotonde du Saint Sépulcre.

Une soixantaine d’années plus tard, le 15 juillet 1099, lorsqu’ils s’emparèrent de Jérusalem, les croisés trouvèrent cette nouvelle basilique inachevée, et ils en feront poursuivre les travaux.
Cinquante ans plus tard, le 15 juillet 1149, la dédicace put en être célébrée.

Cet anniversaire de la consécration de la basilique du Saint Sépulcre le 15 juillet est donc aussi devenu, dans plusieurs Ordres religieux, une fête de dévotion célébrant le mystère de l’humilation du Christ endormi dans la mort, dont le corps a été déposé sur la pierre du tombeau dans l’espérance de la Résurrection, tandis que son âme descendait aux enfers.
Certains liturgistes de tendance rationaliste voient dans cette fête un « doublet » avec le Samedi Saint ; mais nous nous trouvons ici dans le même cas que les fêtes du Très Saint-Sacrement, du Sacré-Coeur ou du Très Précieux Sang : ces « doublets » constituent en réalité un approfondissement et une mise en valeur qui ne sont pas vraiment possibles de la même manière lors des célébrations si denses du Triduum Pascal.

Edicule du Saint Sépulcre

Jérusalem : l’édicule du Saint-Sépulcre au centre de la rotonde de la basilique de l’Anastasis
(photo prise depuis la coupole pendant la cérémonie du feu sacré, le Samedi Saint)

C – A propos du 14 juillet :

Si nous sommes aujourd’hui le 15 juillet, c’est, de toute évidence, qu’hier était… le 14 juillet !
Ceci est une lapalissade, je vous l’accorde, mais cela fera au moins une vérité – fut-elle une évidence ! – dans le concert de mensonges et d’erreurs véhiculés au sujet du 14 juillet.

Car, en France, il se trouve que le 14 juillet est vraisemblablement le jour où, plus que tout autre jour (plus encore que le 1er avril où au moins l’humour cherche à y présider), on peut entendre ou lire le moins de vérités, tellement il s’y dit de stupidités, de contre-vérités et de mensonges officiels : mensonges dans les propos tenus par les politiques en place, mensonges historiques indéfiniment ressassés, mensonges sur la réalité des « institutions » actuelles… etc.
Mais tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes – n’est-ce pas ? – puisque, en même temps qu’ « on » continue à prendre les Français pour des imbéciles et qu’ « on » les poignarde dans le dos – « on » actionne les ressorts des réjouissances populaires, du sentimentalisme et du « patriotisme » (détourné de son objet propre au profit de l’idéologie) : « Ah ! le beau défilé ! » (sous-entendu : puisque j’ai été ému de voir tel parent ou telle connaissance en bel uniforme descendre les Champs Elysées, ou plus simplement défiler ici ou là).

J’ai déjà eu l’occasion d’écrire au sujet de cette pseudo « fête nationale » et de son caractère monstrueux (voir ici > www), et je ne veux pas me répéter.
Néanmoins, aux naïfs qui croient que la révolution est une bonne chose au cours de laquelle se sont produits des dérapages regrettables que l’on appelle « massacres de septembre » et « terreur » qui ne sauraient faire oublier la beauté et la noblesse (sic) des idéaux originels, je veux faire aujourd’hui remarquer que la terreur a en réalité commencé le
 jour où, outrepassant son mandat, la partie la plus prétentieuse des députés aux Etats-Généraux a décrété, contrairement à la vérité la plus évidente, qu’il n’y avait pas de constitution en France, et que – défiant le pouvoir royal – elle formerait désormais une « assemblée constituante » : à partir de ce moment-là, où l’ordre naturel, les autorités légitimes et les lois organiques qui avaient fait la grandeur du Royaume ont vacillé en face des « grandes gueules », la crainte et l’intimidation sont devenues les deux seuls leviers de la vie politique et sociale, en France.
L’intimidation a pu à certains moment prendre les formes les plus sanglantes dans l’expression de la subversion, mais c’est une erreur de limiter l’appelation « terreur » aux seuls épisodes sanglants : ils ne sont en effet que la partie émergée de l’iceberg.

En France, la république, c’est la révolution terroriste élevée à l’état d’ « institution » ; c’est la révolution terroriste en oeuvre de façon continue.
La république est terroriste par nature, terroriste dans son essence, terroriste dans toute sa façon d’être et d’agir…

Et après cela, nos « bons » élus viennent régulièrement (c’est un serpent de mer) nous parler, la bouche en coeur, de « moralisation de la vie politique » et utilisent les mots « citoyen » et « républicain » comme des synonymes de l’adjectif « vertueux ».
Autant dessiner des cercles carrés !
Car la république française est mensonge, mensonge dans son essence même : elle est fille du crime, elle est fille du vol. Je ne parle pas seulement de ses innombrables vols matériels (pudiquement appelés biens nationaux ou aujourd’hui, par exemple, « forêts domaniales »), mais je veux dénoncer plus encore les vols sémantiques et intellectuels par lesquels elle a détourné le sens des mots, détourné la Vérité concernant l’homme, sa fin et ses devoirs…
Peut-elle enfanter indéfiniment autre chose que des mensonges ?

si tu ne vas pas à la république...

En guise de conclusion, voici, une fois de plus une citation de notre cher Gustave Thibon :
« Qu’on ne s’y trompe pas : plus un peuple a été bercé d’illusions et plongé dans la vie facile, plus l’élite doit mener une vie austère et sacrifiée, ainsi seulement elle pourra désarmer l’envie, susciter la confiance et amorcer par son exemple une nouvelle discipline et un relèvement des moeurs. C’est par la tête que les sociétés tombent malades et c’est aussi par la tête qu’elles guérissent ».
Comme je le notais en tête de ma chronique de ce jour, le 15 juillet nous offre encore les exemples de Saint Henri, empereur, ou de Saint Vladimir, prince de Kiev ; j’ai aussi rappelé notre grand et magnifique Saint Louis, en cette année du huitième centenaire de sa naissance…
Fasse le Ciel que nous soient bientôt, très bientôt, donnés ces chefs – dans l’ordre spirituel comme dans l’ordre temporel – , dont la vie authentiquement vertueuse, « austère et sacrifiée », permettra la guérison et le relèvement de ce monde malade, de notre France malade, et de notre Eglise malade !

pattes de chat Lully.

frise lys

Voir aussi :
- Lucifer, ange tutélaire de la république maçonnique > www
- L’esprit fondamentalement anti-chrétien de la république française > www

Vous pouvez laisser une réponse.

3 Commentaires Commenter.

  1. le 16 juillet 2014 à 6 h 14 min Jean P. écrit:

    Oui, grand Maître Chat, je me souviens avoir été baptisé un 15 août en la cathédrale Notre-Dame du Puy (Je ne sais plus l’année…c’est vieux!).

    Pour la république tout est question d’or tografe.
    J.P.

  2. le 15 juillet 2014 à 21 h 13 min Rachel écrit:

    Cher Maitre-Chat Lully, oui, je connais la date de mon baptême, le 25 juillet, jour de la Saint Jacques le Majeur. Quand je le peux, je vais à la Messe ce jour-là.

  3. le 15 juillet 2014 à 19 h 35 min Bernard de G. écrit:

    Que voilà des paroles dures à entendre, mais, hélas, c’est la vérité!
    Il suffit de voir les lois qui nous sont imposées!
    BG

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