2014-36. Deux choses importantes auxquelles il nous faut penser, parce que le Jeudi-Saint est dans une semaine…

Jeudi de la Passion.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Aujourd’hui, 10 avril de l’an de grâce 2014, c’est le 98ème anniversaire du rappel à Dieu du Chanoine Antoine Crozier, dont j’ai déjà eu l’occasion de vous dire un mot en publiant dans les pages de ce blogue deux textes importants : « Vivons pour le Bon Dieu » (cf. ici) et le « Chemin de Croix pour la France » (cf. > ici). Je ne pouvais omettre ce rappel en commençant ces quelques lignes, parce que ce prêtre stigmatisé, ami du Bienheureux Charles de Foucauld, compte vraiment parmi les « colonnes spirituelles » du Mesnil-Marie.

Mais surtout, si je vous écris aujourd’hui, c’est parce que dans une semaine exactement, nous seronts arrivés au Jeudi Saint, au soir duquel nous entrerons dans le Triduum Pascal.

Philippe de Champaigne la Sainte Cène

Philippe de Champaigne : la Sainte Cène.

Le Jeudi-Saint marque, bien évidemment le jour de l’institution du Très Saint Sacrement de l’Eucharistie par Notre-Seigneur Jésus-Christ, et, en conséquence logique, afin de perpétuer la Sainte Eucharistie, le jour de l’institution du sacrement de l’Ordre (le sacerdoce) : « Ce que Moi, votre Seigneur et votre Sauveur, Je viens de réaliser ce soir devant vous, à savoir la transubstantiation – le changement du pain et du vin en Mon Corps et Mon Sang offerts en sacrifice, alors même que demeurent les apparences du pain et du vin – , vous l’accomplirez à votre tour désormais, en mémorial, célébrant Ma mort jusqu’à Mon retour dans la gloire ».
Ensuite, Notre-Seigneur se rendra à Gethsémani, et il connaîtra une effroyable solitude pendant Sa Sainte Agonie, avant d’être arrêté, conduit chez les grands prêtres, et de subir des mauvais traitements et des humiliations pendant une bonne partie de la nuit…

Comme, le jour même du Jeudi Saint, il ne me sera pas possible de vous écrire au sujet de toutes ces choses, j’ai donc résolu d’anticiper aujourd’hui afin de vous inviter à réfléchir sur deux points particuliers très concrets de cette journée que nous vivrons dans une semaine…

sacerdos alter Christus

Sacerdos alter Christus : le prêtre est un autre Christ.

1 – Le Jeudi-Saint est, au plus haut point, la « fête du sacerdoce catholique ».
J’aimerais vous encourager à penser dès à présent à souhaiter ce jour-là une bonne fête à vos prêtres, et d’une manière plus large à tous les prêtres que vous connaissez

Beaucoup de prêtres, aujourd’hui, sont surchargés de travail, se donnent sans compter, ne mettent pas de limite à leur générosité… et cependant il arrive trop souvent qu’ils ne reçoivent pas la reconnaissance la plus élémentaire pour leur précieux ministère.

Je ne suis pas du tout du genre à encourager les fidèles à avoir trop de familiarité avec les prêtres, parce que cela n’est pas dans l’ordre des choses voulues par Dieu dans Son Eglise : le prêtre est, par sa vocation, un « homme à part ». Toutefois, entre « trop de familiarité » et « des attentions pleines d’une respectueuse délicatesse et de discrète sollicitude », il y a un abîme !

Ainsi donc, si vous avez vraiment conscience de la réalité du sacerdoce (lors même que cet immense mystère de grâce est déposé dans des hommes imparfaits, dans des hommes qui ont leurs défauts, dans des hommes qui, dans leur lourdeur humaine, peuvent même parfois nous déplaire !) , je vous invite à avoir pour vos prêtres, à l’occasion du Jeudi Saint, une attention particulière, une carte de vœux, un mot aimable, un « merci » plus appuyé… etc.
Pour la gloire de Dieu, vous témoignerez ainsi de votre foi en ce qu’il y a de plus grand en eux, en ce qu’il y a de réellement divin en eux : la grâce du sacerdoce imprimée dans leur âme par le Christ qui les conforme ainsi à Lui-même pour nous communiquer Sa vie et la faire grandir en nous au moyen des sacrements.

Le lavement des Pieds Pierre-Paul Rubens

Pierre-Paul Rubens : Le lavement des pieds.

2 – En outre, le Jeudi-Saint reçoit aussi un caractère particulier du fait des exhortations et de l’exemple de Notre-Seigneur en ce qui concerne la pratique de la charité : Lui-même (et c’est l’Evangile qui nous sera lu lors de la messe vespérale de ce jour-là) va laver les pieds de Ses Apôtres puis donnera la consigne de se mettre ainsi au service les uns des autres.

La liturgie, afin d’en rendre la leçon plus percutante, fait que le célébrant renouvelle ce geste de notre divin Maître en lavant les pieds de douze hommes ou enfants. Pendant que ce rite est accompli, l’un des chants prescrits est « Ubi caritas et amor, Deus ibi est : où sont amour et charité, Dieu est présent ».

C’est aussi le Jeudi-Saint que l’on peut organiser dans les églises la collecte des « offrandes de carême » (cela peut même se faire sous la forme d’une procession au cours de laquelle les fidèles à tour de rôle déposent à l’entrée du sanctuaire leurs dons).
Nous ne devons pas l’oublier, en effet, l’un des pôles essentiels du carême chrétien est – avec la prière et la pénitence – la pratique de l’aumône.

Nos aumônes de carême sont la conséquence directe des « économies » que nous avons réalisées en nous restreignant sur la nourriture, et en accomplissant des sacrifices.
Prenons un exemple concret : en raison du carême, je me suis mortifié en n’achetant pas telle chose qui m’aurait fait plaisir, en n’allant pas à tel spectacle, …etc. Ce n’est évidemment pas pour me l’offrir une fois que la fête de Pâques sera arrivée, mais pour que j’en reverse le prix en faveur de telle œuvre de charité, pour aider tel ou tel nécessiteux, pour soutenir tel mouvement ou telle congrégation qui travaille à l’assistance matérielle ou spirituelle… etc.
Je me permets donc ces questions : avez-vous vraiment pensé à ce que sera votre offrande de carême ? avez-vous « mis de côté » les sommes correspondant à ce dont vous vous êtes privés, en vue de le donner à Dieu dans Ses pauvres et Ses nécessiteux ?

Il peut arriver donc que, dans certaines paroisses, une quête particulière soit faite, vers la fin du carême, en faveur de telle ou telle oeuvre censée venir en aide aux malheureux, mais cela ne signifie pas que l’on doive impérativement donner à cette oeuvre-là : en effet, chacun est libre de disposer de son aumône en faveur de qui il veut (une autre oeuvre dans laquelle on a davantage confiance, une association que l’on connaît mieux et dont on sait les besoins, un projet « humanitaire » auquel nous sommes davantage sensibilisés, une congrégation religieuse – ou bien un ecclésiastique particulier que nous connaissons – pour ses oeuvres d’assistance matérielle ou spirituelle… etc.).
Ce qui compte, c’est la pratique de l’aumône ; or l’aumône est pour chacun des fidèles qui prend au sérieux son carême un impérieux devoir !

Pour terminer, je vous encourage à aller vous-mêmes lire et relire les chapitres 8 et 9 de la seconde épître de Saint Paul aux Corinthiens, et à vous souvenir, selon la parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ, que, dans l’éternité, Dieu nous comblera selon la mesure avec laquelle nous avons nous-mêmes donné aux autres !

Lully.

David Teniers le  jeune - les sept oeuvres de miséricorde

David Teniers II, dit le jeune : les sept oeuvres de miséricorde.

Publié dans : De liturgia, Textes spirituels |le 9 avril, 2014 |8 Commentaires »

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8 Commentaires Commenter.

  1. le 2 avril 2020 à 20 h 17 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Merci, cher Frère, pour ces deux trésors spirituels que sont les textes du Chanoine Antoine Crozier: « Chemin de Croix pour la France » et cette admirable exhortation « Vivons pour le Bon Dieu ».
    Comment peut-on faire plus simple pour donner un enseignement sur la vie chrétienne qui ne peut porter qu’à la sainteté s’il est vraiment vécu et si simplement ?

  2. le 2 avril 2020 à 10 h 43 min Henocq écrit:

    Bonjour mon père.
    Merci !

  3. le 5 avril 2017 à 12 h 49 min Le Forez écrit:

    Vous avez raison de nous rappeler à nos devoirs vis-à-vis des prêtres, qui font tout pour préserver et même guérir nos âmes et nous annoncer constamment la Bonne Parole ainsi que nous assister aux moments importants de nos vies.
    Ils doivent être dans nos prières quotidiennement, c’est le moins que l’on puisse faire. Frère, je vous inclus dedans, bien sûr. Vous nous offrez tant de trésors spirituels.

  4. le 17 mars 2016 à 16 h 51 min de la Forest écrit:

    Merci pour cette splendide reproduction de P. de Champaigne, elle arrive vraiment en temps utile, c’est-à-dire un peu en avance, ce qui permets de méditer davantage.
    Merci pour votre œuvre d’évangélisation.
    A. F.

  5. le 17 mars 2016 à 11 h 43 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Et ce jour là, les prêtres peuvent aussi penser à toutes les âmes que le Seigneur leur aura données durant leurs divers ministères jusqu’au dernier souffle de leur vie.
    Merci de vos prières pour nous, prêtres de Jésus-Christ.

  6. le 17 mars 2016 à 9 h 50 min Olivier H. écrit:

    Oui, merci !
    Et aussi pour le rappel concernant l’Aumône due aux pauvres !… (j’envoie de suite un petit message à mon cher abbé …)

  7. le 17 mars 2016 à 8 h 13 min Elisabeth K. écrit:

    Mon Frère,
    Merci pour cette invitation à souhaiter une bonne fête à nos prêtres. Bien que je prie régulièrement pour eux, et même tous les jours (surtout pour mon confesseur et mon directeur,) je n’avais jamais pensé à cette fête.
    C’est chose faite, et je vais (si vous me le permettez) leurs envoyer votre texte avec votre adresse blog en y joignant un petit mot de ma part.
    Les ninivites jeûnaient 40 jours hommes et bêtes j’espère que quelques souris se sont montrées complaisantes en se laissant attraper par Lully, pour, de temps en temps, rompre son jeûne.
    Saint temps de Carême.
    E.K.

  8. le 26 mars 2015 à 18 h 15 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Merci pour cette bonne pensée concernant les prêtres pour la fête du Sacerdoce Catholique.
    Bonne Semaine Sainte et saint Triduum Pascal.

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