Prière pour la conversion de ses moeurs et le changement de sa vie.

(attribuée à Saint Augustin)

La prière que nous publions ci-dessous constitue le premier chapître de l’opuscule intitulé « Les méditations de Saint Augustin ».
Ces « méditations » sont habituellement publiées – en un seul volume – à la suite d’un recueil spirituel appelé « Soliloques » et d’un « Manuel » eux aussi attribués à Saint Augustin. Les « Soliloques » dont il s’agit ici ne sont pas l’ouvrage philosophique du même nom rédigé par le jeune Augustin en 387 peu de temps après sa conversion. Ces trois textes (« Soliloques », « Manuel » et « Méditations ») sont en réalité des apocryphes, fortement imprégnés de la pensée et du style du grand Docteur de la grâce, reprenant même parfois certains passages de ces oeuvres authentiques, et ils furent probablement composés – ou réunis – au XIVe siècle, par un moine anonyme. L’apogée de leur diffusion est sans aucun doute au XVIIe siècle où des traductions françaises de qualité contribueront énormément à leur succès auprès des âmes ferventes.
Bien qu’étant apocryphes, donc, il n’en demeure pas moins que ce sont des textes d’une profonde spiritualité et que nous pouvons toujours nous en nourrir et en faire, avec fruits, l’objet de nos pieuses aspirations et de nos approfondissements.
La prière qui suit est même tout particulièrement adaptée au temps du carême et aux efforts de conversion personnelle auxquels il nous invite avec insistance.

Soliloques de St Augustin 1684

Page de garde d’un exemplaire des « Soliloques, Manuel et Méditations de Saint Augustin » daté de 1684
(bibliothèque du Mesnil-Marie)

Prière pour la conversion de ses moeurs et le changement de sa vie :

« O mon Seigneur ! faites, par l’effusion de votre grâce, que mon cœur Vous désire ; qu’en Vous désirant, il Vous cherche ; qu’en Vous cherchant, il Vous trouve ; que Vous ayant trouvé, il Vous aime, et qu’en Vous aimant, il m’inspire des désirs ardents et efficaces de racheter mes péchés, et à ne les plus commettre à l’avenir. Faites, ô mon Dieu ! qu’il conserve éternellement l’esprit de pénitence ; que mon âme soit toujours pénétrée d’une vive douleur, que mes yeux deviennent une source intarissable de larmes, que mes mains ne cessent point de faire des aumônes et des œuvres de charité.

O mon Roi ! étouffez en mon cœur tous les désirs de la chair, et embrasez-le du feu sacré de votre amour. O mon Rédempteur ! éloignez de moi l’esprit d’orgueil, et accordez-moi celui de l’humilité que Vous avez si saintement pratiquée, et qui est le plus précieux trésor que je puisse jamais posséder. O mon Sauveur ! délivrez-moi des saillies et des transports de la colère, et armez-moi de la patience, comme d’un bouclier impénétrable à tous les traits de mes ennemis. O mon Créateur ! purgez mon âme de toute sorte d’aigreur et de chagrin, afin de la rendre capable de vos douceurs et de vos délices toutes célestes.

Donnez-moi, ô Père de miséricorde ! une foi solide, une espérance ferme et une charité inaltérable ; et, puisque c’est Vous qui me gouvernez, délivrez-moi de l’orgueil de la vie, de la légèreté d’esprit, de la dissipation du cœur, de l’esprit de raillerie, de l’insolence des yeux, de l’intempérance de la langue, des médisances, des vaines curiosités, de la convoitise des richesses, de la passion pour les grandeurs, des déguisements de l’hypocrisie, du poison funeste de la flatterie, du mépris des pauvres, de l’oppression des faibles, de la turpitude de l’avarice, de la malignité de l’envie, de l’horreur du blasphème, et de tous ces crimes pour lesquels Vous menacez de la seconde mort.

Retranchez en moi, ô Créateur de mon âme ! la malice, la témérité, l’opiniâtreté, l’inquiétude, l’assoupissement, la paresse, la stupidité d’esprit, l’aveuglement du cœur, l’attache à mes propres sentiments, la brutalité des mœurs, l’opposition au bien, la résistance aux sages conseils, l’intempérance de la langue. Faites que je n’augmente point la misère des pauvres en les pillant ; que je n’exerce point de violence contre ceux qui sont dans l’impuissance ; que je ne calomnie jamais les innocents ; que je n’aie nulle négligence à l’égard de ceux qui me sont soumis, ni aucune sévérité pour mes domestiques ; que je ne sois ni infidèle à mes amis, ni cruel envers mes proches.

O mon Dieu ! dont la miséricorde est si grande envers moi, je Vous supplie, par votre Fils bien-aimé, de produire en moi un véritable amour pour les œuvres de miséricorde, en me donnant tous les sentiments de piété qui sont nécessaires pour compatir à la misère de ceux qui souffrent, pour redresser ceux qui sont dans l’égarement, pour secourir les misérables, pour soulager les nécessiteux, pour consoler les affligés, pour délivrer ceux que l’on opprime, pour soutenir les pauvres, pour consoler ceux qui pleurent, pour remettre les dettes à ceux qui me sont redevables, pour pardonner à ceux qui m’offensent, pour aimer ceux qui me haïssent, pour rendre le bien à ceux qui m’auront fait du mal ; pour ne mépriser personne, mais pour honorer tout le monde ; pour imiter les gens de bien, pour éviter l’exemple et la conduite des méchants, pour embrasser la vertu, pour m’éloigner de tous les vices, pour posséder la patience dans les adversités, pour me modérer dans les prospérités, pour garder ma langue et mettre un frein sur mes lèvres ; pour fouler aux pieds les biens de la terre, et pour n’être altéré que des biens du Ciel. »

Gravure du XVIIe siècle représentant St Augustin en habit monastique

Saint Augustin en habit de moine
(gravure du XVIIe siècle)

Publié dans : Prier avec nous, Textes spirituels |le 8 avril, 2014 |4 Commentaires »

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4 Commentaires Commenter.

  1. le 19 février 2016 à 6 h 56 min Le Forez écrit:

    Quel beau résumé est cette admirable prière de ce que doit être notre attitude chrétienne. Tout y est, rien à enlever, rien à rajouter !
    Une « luciole » dans ce monde aux valeurs inversées.

  2. le 17 février 2016 à 11 h 34 min Simone écrit:

    Seigneur, Dieu de miséricorde, je fais appel à votre divine miséricorde pour tous ceux qui me sont chers et je fait mienne cette prière de Saint Augustin. Lui qui a trouvé Jésus grâce aux prières de sa mère Sainte Monique, je le prie pour les membres de ma famille qui se sont éloignés de DIEU.

  3. le 3 décembre 2014 à 18 h 38 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Mon Dieu, faites mienne cette prière!

  4. le 9 avril 2014 à 8 h 00 min Paulette L. écrit:

    Oui, même apocryphe, c’est vraiment bien…

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