2013-80. Des trois états de l’unique Eglise.

Lundi 11 novembre 2013,
Fête de Saint Martin de Tours.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Hier, dans notre paroisse d’élection (cf. > www), qui est implantée dans le diocèse du Puy-en-Velay, la célébration du 25e dimanche après la Pentecôte cédait le pas à celle de Saint Georges, premier évêque et fondateur de l’Eglise du Velay, qui est une fête de première classe.
Profitant de cette célébration dominicale d’un saint particulier qui intervient alors que nous venons d’achever l’octave de la Toussaint (au cours duquel l’Eglise encourage d’une manière spéciale à prier pour les défunts cf. > www) – , Monsieur l’Abbé, dans sa prédication, délaissant à dessein la simple narration hagiographique, a voulu délivrer à ses paroissiens un enseignement important en rapport avec le dogme de la communion des saints : le commun des fidèles, en effet, apporte trop peu d’attention à ce point important de la foi qui nous a été transmise par les Saints Apôtres, mais qui est souvent mal compris (souvent parce qu’il leur est mal expliqué).
Comme ce sermon avait été écrit, Frère Maximilien-Marie m’en a rapporté le texte, afin que je le puisse méditer à mon tour. L’ayant trouvé des plus intéressants, j’ai résolu de vous en faire profiter vous aussi, de sorte que vous puissiez, tout comme nous, redire avec une attention et une ferveur renouvelées : « je crois à la communion des saints » !

Lully.

2013-80. Des trois états de l'unique Eglise. dans De liturgia la-communion-des-saints

La communion des saints (gravure du catéchisme en images) :
Les trois états de l’Eglise – triomphante, militante et souffrante – réunis autour de la Sainte Trinité. 

La communion des saints, une seule Eglise en trois états différents :
l’état de gloire, l’état de souffrance et l’état de milice.

« Ce mois de novembre nous invite à prier pour nos morts.

Chers Amis, il faut reconnaître que le vocable dont nous nous servons pour les désigner exprime mal leur nouvel état de vie.
En réalité, nos morts sont bien plus vivants que nous. « Je ne meurs pas, disait Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, j’entre dans la vie ».
Le vieux français, souvent inspiré, usait du mot « trépassé », qui signifie « ayant passé au-delà ».

Dans sa liturgie, l’Eglise, qui a toujours le mot juste, parle de « défunts ».
« De-functus » : « de » marque l’achèvement ; « functus » : – d’où est venu le mot fonction - qui s’est acquitté. Le défunt est celui qui a achevé sa fonction terrestre, qui a déposé sa charge ; ce qui suggère l’idée de « repos ».

Voyons avec quelle douceur Saint Paul parle de nos chers défunts : « Frères, nous ne voulons pas que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui dorment, afin que vous ne vous attristiez pas comme les autres qui n’ont pas d’espérance » (1 Thess. IV, 13).

Ceux que nous appelons morts, brillent par milliards comme des escarboucles sur le manteau d’or de l’Eglise, dont nous ne sommes, nous les vivants de la terre, que la frange fragile.
Certes, le corps meurt pour renaître au jugement général, mais en attendant, l’âme séparée en qui subsiste la personne, jouit d’une vie intense qui décuple nos puissances vitales.

Nos défunts sont-ils en Purgatoire ? Alors ces âmes souffrent, mais elles sont heureuses : elles se savent sauvées, et aiment Dieu d’une très ardente charité qui s’accroît et se purifie douloureusement à mesure qu’elles s’approchent de la vision béatifique.
Il convient de prier et de mériter pour elles.
En retour, une fois au Paradis, ces âmes, alors près de Dieu, vont intercéder pour nous.

Il n’y a que les chrétiens de la terre qui peuvent aider, soulager et délivrer les âmes du Purgatoire. Pas les Saints du Ciel, parce que ceux-ci – ayant obtenu la récompense – ne peuvent plus mériter ; mériter est le propre de l’Eglise militante.
Les Saints s’unissent aux âmes du Purgatoire par une sympathie, une solidarité et une fraternité vécues dans le Christ, mais sans exercer d’intervention.

En revanche, par rapport à nous, comment douter que les Saints puissent exercer sur nous leur charité parfaite ?

Ainsi, l’amour qui se déploie au Ciel dans l’état de béatitude, continue d’unir les âmes qui s’aimaient durant leur vie mortelle.
La grâce ne détruit pas la nature, mais elle la perfectionne.
L’amour filial, l’amour qui unit deux époux, la charité de l’amitié en Dieu, ne disparaissent pas. L’état de gloire qui n’est que le développement de l’état de grâce, ne distend pas les liens naturels sacrés : il les ennoblit et les transfigure.
La vie et les liens terrestres qui lui donnaient sa consistance charnelle et affective sont transformés par l’état de béatitude en Dieu, non pas supprimés.

On trouve une illustration de cette grande vérité dans la piété populaire. La piété garde le contact avec les morts. L’homme a besoin de savoir que les liens ne sont pas coupés : on rêve de ceux qui nous ont quittés, on prie pour eux, on les prie, on se confie à eux, voire on les interroge.

Il n’existe pas trois Eglises, l’une qui serait l’Eglise de la terre, la deuxième l’Eglise du Purgatoire, la troisième l’Eglise du Ciel.
Il y a une seule Eglise en trois états différents : l’état de gloire, l’état de souffrance et l’état de milice. Ces états n’impliquent aucune séparation, aucun mur ; seulement un simple voile, au-delà de l’univers visible.
Une même vie circule de l’un à l’autre de ces état s de vie : une même communion, la communion des saints, dont le mystère de charité découle du Christ. L’Eglise est Son Corps mystique : elle vit d’un même amour.

Le temps de ce monde prépare l’éternité de l’Eglise, appelée à rassembler tous les élus dans l’état de gloire.
En attendant, s’il est vrai, comme le dit magnifiquement Bossuet, que les dons de Dieu sont sans repentance, alors l’époux, le père, la mère de famille, le curé de paroisse introduits auprès de Dieu au Ciel, non seulement n’oublient pas la terre, mais exercent sur les leurs une amitié, une permanence d’attraction, de protection et de vigilance, infiniment supérieures, plus aimantes, plus actives, plus intimes que jamais.

C’est davantage que de l’espérance.
C’est une conviction, une certitude enracinée, et dans notre être et dans le mystère de Dieu.
Et c’est une joie propre aux chrétiens. » 

cierges Ciel dans Nos amis les Saints

On trouvera aussi dans ce blogue :
– Le « musée du Purgatoire », à Rome > www
- Prière à la Vierge de Compassion en faveur des âmes du Purgatoire > www

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1 Commentaire Commenter.

  1. le 11 novembre 2013 à 13 h 36 min Jean-Martin écrit:

    Merci,cher Frère, de nous signaler si saintement cette vérité de la communion des saints.
    C’est d’un tel réconfort de penser que nos défunts sont vivants, que nos parents défunts nous restent unis et qu’ils sont unis avec nos enfants et petits enfants.
    Merci de nous rappeler cette vérité que nos curés nous enseignaient et dont l’église conciliaire ne souffle plus mot!
    Vous nous enseignez à nouveau la Foi vivante, cher Frère!
    Que DIEU vous le rende!

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