2012-4. Chronique du temps de Noël au Mesnil-Marie (décembre 2011 à mi janvier 2012)

Samedi 14 janvier 2012,
Fête de Saint Hilaire de Poitiers.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Hier 13 janvier, jour octave de l’Epiphanie, en célébrant la commémoration du Baptême de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous avons clôturé le cycle liturgique de Noël qui avait commencé avec le premier dimanche de l’Avent.
L’achèvement de ce cycle me semble tout à fait indiqué pour vous livrer un petit compte-rendu des évènements qui ont été les plus marquants, en notre Mesnil-Marie, au cours de ces sept semaines écoulées.

A – la fête de Saint Nicolas.

C’est maintenant une tradition bien établie dans notre hameau de nous retrouver entre voisins et amis à l’occasion de la fête de Saint Nicolas. En effet, il n’y a que des enfants sages ici : la preuve en est que le Père Fouettard ne paraît jamais en nos parages. Comme les années précédentes donc (cf. par exemple > www), ce fut une soirée joyeuse et… gourmande!

2012-4. Chronique du temps de Noël au Mesnil-Marie (décembre 2011 à mi janvier 2012) dans Chronique de Lully 8

B – le 8 décembre.

Bien sûr, le matin, Frère Maximilien-Marie a pris le volant pour se rendre à la Sainte Messe chantée en l’honneur de cette grande fête de Notre-Dame.
Dans la journée, je l’ai aidé à préparer tous les photophores qui nous serviraient le soir à illuminer notre Mesnil-Marie en l’honneur de Celle par qui les premières lueurs du Salut ont commencé à luire dans le monde : c’est une centaine de lumignons que nous avons placés sur nos fenêtres, et à l’intérieur aussi nous ne nous sommes éclairés qu’aux bougies : des amis venaient dîner avec nous ce soir-là. L’ambiance était féerique… Les photos vous en diront plus que tous les commentaires que je pourrais faire (cliquer sur les photos pour les voir en plus grand format).

DSC09359-Copie-300x192 chronique dans De liturgia       DSC09353-Copie-150x300 crèche

DSC09354-Copie-300x225 culture et patrimoine

C – les préparatifs de la crèche.

C’est à partir du 8 décembre que Frère Maximilien-Marie a commencé les préparatifs de notre crèche (celle-la même que je vous ai présentée à l’aide d’une mini vidéo l’avant-veille de Noël cf. ici > www). Beaucoup de nos visiteurs lui font cette remarque : « Vous devez mettre beaucoup de temps pour la réaliser! » Alors, voici quelques précisions.
Notre Frère ne réalise pas tout d’un seul coup, c’est évident. Je lui ai appris à travailler de manière méthodique, par petites étapes, alors que nous avons déjà bien réfléchi à tout : réflexion et méthode sont indispensables pour bien travailler et gagner du temps!
1) Environ trois semaines avant Noël, il commence par délimiter l’espace qu’occupera la crèche, en fixant et tendant le tissu bleu foncé qui représentera le ciel et en disposant les tables sur lesquelles elle sera installée ; cela ne demande pas plus d’une heure de temps, mais cela signifie aussi que nous avons déjà « visualisé » la disposition générale, la « scénographie ».
2) Peu à peu, au fur et à mesure des courses, il récupère à la sortie des magasins des cartons adéquats qui permettront de constituer les reliefs et il les mets tout de suite en place quand il arrive : comme tout a déjà été pensé, ce n’est l’affaire que de quelques minutes.
3)  Disposer et épingler le papier-rocher sur les cartons est un peu plus long, d’autant qu’il faut coupler cette opération avec l’installation de tout ce qui est électrique. Cela peut prendre une heure et demi et peut donc être réalisé sans problème un soir après le repas… (cliquer sur les photos pour les voir en plus grand format).

DSC09386-Copie-300x225 cycle de Noël

DSC09406-Copie-300x225 fête de Saint Nicolas

DSC09408-Copie-300x225 illuminations 8 décembre

4) S’il y a quelques nouvelle « maison » à fabriquer pour le village de Bethléem, ou s’il faut apporter des retouches de peinture aux décors précédemment confectionnés, Frère Maximilien-Marie le fait aussi le soir, après dîner : cela sèche pendant la nuit.
5) C’est seulement les 21 et 22 décembre que nous avons mis en place les maisons, la végétation, la mousse, le sable, les cailloux et les personnages : il faut compter pour cela deux petites demi journées.

La longueur totale de notre crèche est de 4,5 mètres. Elle comporte au total 124 représentations d’animaux et 53 figures humaines.

D – la passerelle sur le ruisseau.

Le dimanche de Gaudete n’a pas seulement été un jour de joie liturgique et spirituelle, mais aussi celui d’une joyeuse surprise pour notre Frère.
Pour bien comprendre la chose il faut remonter plusieurs mois – et même plusieurs années – en arrière : en effet, le chemin qui permet d’arriver au Mesnil-Marie franchit un petit ruisseau dont le lit, longtemps avant notre arrivée, avait été en partie comblé, ne laissant de passage à l’eau qu’à travers des buses de ciment enterrées.
Ces buses, si elles étaient suffisantes pour laisser couler le débit ordinaire du ruisseau, ne l’étaient en revanche plus du tout au moment des épisodes cévenols, lorsque il devient soudain un impétueux torrent au débit impressionnant : il était alors fréquent que ces buses fussent bouchées par de menus branchages et des feuilles, et que le ruisseau furieux sortît de son lit, transformant le chemin lui-même en torrent ravageur…

Frère Maximilien-Marie s’était donc employé, au cours de l’automne 2009, à ôter ces buses et à redonner un lit normal au ruisseau. Pour en permettre la traversée, notre entrepreneur nous avait alors prêté une grande et large plaque métallique.
Cette plaque a fait office de passerelle pendant un an et demi environ, mais les maçons en ont eu besoin sur un chantier à la fin de l’hiver dernier : ils sont donc venus la chercher et l’ont remplacée par une grande et solide planche de 2,5 m de long sur 0,5 m de large.

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franchissement du ruisseau avant la passerelle (cliquer pour voir en plus grand format)

Frère Maximilien-Marie s’amusait beaucoup en regardant cette planche (par ailleurs très solide puisqu’il passait dessus avec de lourdes brouettes de bois ou de pierres) qui pouvait évoquer un pont levis : qu’il nous suffise de la relever et un certain nombre de personnes n’auraient pas pu arriver jusqu’au Mesnil-Marie!!!
Toutefois, et surtout depuis que les intempéries du début novembre avaient encore élargi le lit du ruisseau et l’avaient creusé de 40 à 50 centimètres juste au-dessous de la dite planche, plusieurs personnes nous avaient manifesté leur quasi frayeur d’avoir à traverser sur cette petite largeur qui ne présentait point de possibilité de se retenir en cas de glissade.
Dans la perspective des dizaines de personnes qui viendraient visiter notre crèche, il convenait de faire quelque chose.

Frère Maximilien-Marie avait demandé à notre ami Nicolas – qui a refait lui-même toute la charpente et les planchers de la maison qu’il restaure – de l’aider à réaliser une passerelle à partir des chevrons et planches dont nous disposons ici.
Nicolas était venu voir, avait pris des mesures, et avait dit à Frère Maximilien-Marie qu’il reviendrait quelques jours plus tard pour y travailler avec lui…

Ce que notre frère était à cent lieues d’imaginer, c’est que Nicolas lui préparait une belle surprise : en quelques jours, il avait découpé et apprêté chez lui tout le bois nécessaire, et il s’était entendu en douce avec notre voisin Bruno pour installer la passerelle pendant une absence de Frère Maximilien-Marie, en l’occurrence pendant qu’il serait à la Messe!
Moi, derrière l’une des fenêtres du Mesnil-Marie, j’ai tout vu faire et je peux vous assurer que nos amis ont fait du très beau travail : qu’ils en soient chaleureusement remerciés!

Quand Frère Maximilien-Marie est rentré de la Messe, il a été stupéfait de ce qu’il a trouvé et qui fait depuis l’admiration de tous nos visiteurs :

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(cliquer sur la photo pour la voir en grand format)

E – la deuxième veillée « Culture & Patrimoine ».

Le mardi soir 13 décembre, nous avons eu notre deuxième veillée « Culture & Patrimoine ».  Elle était tout orientée vers la fête de Noël puisque elle a permis de rappeler, à travers des légendes ou des anecdotes historiques, les grandes traditions qui entourent la fête de la Nativité du Sauveur : origines du sapin ou de la bûche, légende des guirlandes de l’arbre de Noël ou des animaux qui parlent la nuit de Noël, histoire de la première crèche vivante à l’initiative de Saint François d’Assise… etc. Ces récits alternaient avec des chants de Noël anciens.
En outre, l’écrivain Michel Riou, auteur de nombreux ouvrages – dont certains très beaux livres de présentation du patrimoine ardéchois (citons en particulier les splendides albums : « Ardèche, terre d’histoire », « Ardèche, terre de villages » & « Ardèche, terre de châteaux ») – nous avait fait l’honneur de sa présence et nous a réjouis avec deux contes de Noël nés sous sa plume féconde.
La prochaine veillée aura lieu dans quelques jours et sera consacrée à l’étude historique du passage de Saint Jean-François Régis dans nos hautes Boutières.

F – les fêtes de Noël.

Les fêtes de la Nativité se sont passées chez nous dans un très grand recueillement, comme je vous l’avais annoncé (cf. > www). Frère Maximilien-Marie s’est rendu aux Saintes Messes de la nuit (à minuit évidemment) et du jour de Noël dans notre paroisse de rite latin traditionnel, et y a secondé du mieux qu’il a pu Monsieur l’Abbé, pour les préparations de la liturgie et pour les chants.
Le reste du temps, comme tous nos voisins étaient ailleurs avec leurs familles, nous étions, lui et moi, tout seuls dans le hameau… ce qui ne manque pas de charme.

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vue partielle de notre crèche (cliquer sur la photo pour la voir en grand)

G – les visites de la crèche.

Depuis Noël, nous avons de fréquentes visites. Bien annoncée par les médias locaux (presse écrite et radio) et signalée dans les sites touristiques ou patrimoniaux sur Internet, notre crèche attire du monde.
Tous les dimanches après-midi de petits groupes se succèdent de manière quasi continue, et les gens se montrent très attentifs aux explications données par Frère Maximilien-Marie.
Il n’est pas rare non plus que des personnes téléphonent pour « prendre rendez-vous » afin de venir en semaine, quand notre frère est disponible : c’est alors l’occasion de contacts plus approfondis car, n’étant pas pressés par l’arrivée d’un autre groupe, cela permet de mieux faire connaissance et peut donner lieu à des échanges plus personnels dont les gens sont très demandeurs.

Quelques personnes arrivent même avec une galette et une bouteille de cidre : « Nous ne voulons pas seulement voir votre crèche, mais nous voulons en profiter pour passer un moment avec vous et pour vous poser des questions… »

Voilà donc, chers Amis du Mesnil-Marie, les faits les plus marquants du cycle de Noël qui vient de s’achever. J’espère que pour vous tous les fêtes de la Naissance et de l’Epiphanie du Sauveur ont été riches de grâces : vous savez que, de loin, nous pensons à vous et prions à vos intentions…
Un dernier mot à propos de cet hiver particulièrement bizarre que nous traversons : nous avons certes fréquemment des températures négatives le matin, mais jusqu’à présent ce sont juste quelques degrés en dessous de zéro (jusqu’à moins 7° ce matin-ci : c’était la première fois que cela descendait si bas) et c’est sans comparaison avec les hivers précédents où il arrivait que le thermomètre reste proche du moins 10° même en milieu de journée ; nous n’avons presque pas vu la neige (sauf de petites chutes matinales qui ont blanchi la campagne et parfois gêné la circulation, cf. > www), mais je ne m’en plains pas vraiment…

Lully.    pattedelullydanslaneige8mars2010copie.vignette    

Pour soutenir le Refuge Notre-Dame de Compassion > www.

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia |le 14 janvier, 2012 |5 Commentaires »

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5 Commentaires Commenter.

  1. le 18 janvier 2012 à 8 h 57 min Jean-Paul L. écrit:

    Très belle chronique!
    J’espère venir vous saluer lors de mon futur séjour en Ardèche.
    Amitiés.
    JP

  2. le 14 janvier 2012 à 23 h 03 min Nicole A. écrit:

    C’est avec joie que j’ai lu cette chronique et je suis très heureuse d’être passée au Mesnil-Marie en ce jour du 26 décembre, d’avoir fait ta connaissance, Maître Chat Lully, ainsi, que celle de ton Maître ; j’en garde un beau et saint souvenir.
    J’ai tout particulièrement pensé à vous le 10 janvier, jour anniversaire de notre chère petite Sainte Philomène. La prière est très belle !
    Que l’année 2012 garde en vos coeurs Paix et Lumière.
    Recevez mes pensées les meilleures et croyez que je ne vous oublie pas dans mes prières.
    Un grand Merci pour votre accueil.

  3. le 14 janvier 2012 à 18 h 44 min Clara V. écrit:

    Même si je suis de l’autre côté de l’océan, la douceur du Mesnil-Marie et de tout ce qui s’y passe me comble de joie.
    Vous êtes si loin et me semblez si près, vite nous serons au printemps et chez vous les cerisiers seront en fleurs, les jonquilles dans les prés, et vous, Cher Frère et Lully, protégés par Notre-Dame de Compassion.
    Dieu veuille que j’ai la chance de faire enfin un saut en France cette année et auquel cas d’aller vous saluer.
    En attendant, vous êtes chaque soir, avant que la nuit tombe sur ce blanc pays, dans mes prières.
    Soyez assurés de mon amitié respectueuse.

  4. le 14 janvier 2012 à 16 h 56 min Annie écrit:

    C’est avec plaisir que j’ai lu cette chronique qui, j’avoue, est un petit moment de bonheur dans ce monde qui va trop vite.
    D’ailleurs Sticos (la grande amie de Lully!!!),qui est à coté de moi, a tellement apprécié qu’elle s’est détendue et endormie devant la cheminée!
    Merci M. LULLY !

  5. le 14 janvier 2012 à 15 h 58 min Iolire écrit:

    L’art et la manière, toujours aussi vivante, du chroniqueur monastique pour relater les évènements du Mesnil-Marie !
    Merci! car la Providence ne nous permettant pas pour le moment – que je ne souhaite pas trop long – de nous rendre au Mesnil, Maître Chat Lully m’y transporte en un clin-Dieu !

    Que la suite de cette année, soit une bénédiction pour le Mesnil et ses habitants et que l’oeuvre de la Maison puisse encore grandir ; car elle est belle et grande.
    Aucun « oukase » ni aucune méchandise jalouse, et surtout peureuse, ne pourrait en venir à bout.
    Le Mesnil oeuvre pour la connaissance de Notre Seigneur et de Sa Sainte Mère, qui (que Dieu me pardonne) ne sont pas, je crois, « propriété » de certaines mitres. A condition que cela se fasse dans les règles de la Sainte Eglise : ce qui est le cas !
    On attaque que quand on a peur ; on interdit que quand on y voit un danger! C’est le b.a.ba de la pédagogie.
    Bonne et Sainte année au Mesnil !

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