2011-27. Comment le Refuge Notre-Dame de Compassion est arrivé en Vivarais.

Mercredi 2 mars 2011.

Bien chers Amis,

Après avoir rappelé l’origine du Refuge Notre-Dame de Compassion (voir > ici), il faut que je vous raconte maintenant – ainsi que je vous l’ai promis – comment il se fait que cette oeuvre soit implantée en Vivarais.

Après avoir créé en 2001 l’association Refuge Notre-Dame de Compassion, Frère Maximilien-Marie s’est employé à rechercher un lieu pour l’y établir de manière stable.
Il y a eu quelques longues années au cours desquelles sa patience, sa persévérance, sa détermination et son courage ont été mis à l’épreuve… parfois même à rude épreuve.

Si notre Frère a de nombreux contacts et si de nombreuses personnes ont manifesté quelque intérêt à l’égard du Refuge Notre-Dame de Compassion, l’ont encouragé et ont prié à cette intention, cela ne donnait pas pour autant la possibilité, concrète et matérielle, d’une réalisation.

Il y eut des amis, fidèles et vrais, qui eussent désiré que l’implantation du Refuge Notre-Dame de Compassion se fît près de chez eux, et qui invitèrent Frère Maximilien-Marie à prospecter dans leur région, à visiter telle ou telle propriété qu’ils avaient repérée et qui eût pu convenir… etc. Mais il eût fallu soit trouver un lieu adéquat qui fût mis à disposition de manière gracieuse, soit avoir de l’argent pour acheter. Et, de l’argent, Frère Maximilien-Marie n’en avait pas !

Il y eut bien quelques promesses qui semblaient permettre de sérieuses espérances et qui furent suivies de déceptions…
Il y eut aussi, bien sûr, de nombreuses oppositions, des critiques, des incompréhensions et des intrigues, des railleries et des calomnies, des trahisons et des abandons… mais en définitive  cela n’est-il pas tout à fait « normal » dans ce genre de situation ?

Félix

Frère Maximilien-Marie fit aussi l’expérience d’un cléricalisme particulièrement réducteur (et absolument contraire à la vraie Tradition de l’Eglise) : beaucoup de catholiques – et même des prêtres ! – ne comprennent pas vraiment ce qu’est la vie religieuse et semblent penser qu’un « frère » n’a qu’une vocation de « deuxième choix » ; qu’il  n’est « frère » que parce qu’il lui manque les capacités pour devenir prêtre ; que, pour un homme, la seule vocation digne de ce nom c’est le sacerdoce ; que de n’être « que frère » est un état d’inachèvement ou  d’échec…
On ne manqua d’ailleurs pas d’objecter que, n’étant pas prêtre, il était im-pos-si-ble qu’il fondât une oeuvre religieuse.
Singulière amnésie !
Ni Saint Antoine le Grand, père de tous les moines de la Chrétienté, ni Saint Benoît de Nursie, fondateur de l’une des formes de la vie monastique qui est souvent la plus connue en Occident, ni Saint François d’Assise (je me borne à ne citer que trois noms très célèbres, mais ce ne sont pas des exceptions) n’étaient prêtres !

Je passe donc sur nombre de péripéties pour arriver au mois de novembre 2005.

L’une de nos très fidèles amies (qu’elle en soit vivement remerciée) avait offert à Frère Maximilien-Marie – en l’honneur de son vingt-cinquième anniversaire de vie religieuse - le voyage et le séjour à Rome, à l’occasion de la béatification du Père Charles de Foucauld (célébrée le dimanche 13 novembre 2005).
Notre Frère fit de cette semaine qui précéda la cérémonie une sorte de retraite, qui lui permit non seulement de prier intensément dans les lieux sanctifiés par les Apôtres, les Martyrs, les Saints et d’innombrables précieuses reliques, mais aussi l’occasion de rencontrer un certain nombre de personnes, remarquables par leur qualité d’écoute, leurs compétences et la pertinence de leurs conseils…

Ce sont ces conseils – qui tenaient compte à la fois des possibilités laissées par le droit canonique et des blocages particuliers à l’Eglise de France – que Frère Maximilien-Marie ne devait pas tarder à mettre en oeuvre.

En effet, quelques semaines seulement après son retour de Rome, il fut contacté par une vieille personne qui lui proposait de mettre à disposition de l’association Refuge Notre-Dame de Compassion une petite propriété située dans un village du Vexin français.

Premier Mesnil-Marie dans le Vexin

Notre premier Mesnil-Marie dans le Vexin (2006-2008).

C’est dans ce village que je suis né et que Frère Maximilien-Marie m’a adopté peu de temps après son arrivée (je l’ai raconté > ici).

L’association a bénéficié pendant deux ans de ce premier Mesnil-Marie.
Pendant deux années seulement, parce que les héritiers de la vieille dame ne voulurent pas prolonger cette mise à disposition, et il fallut que notre Frère se remît en quête d’un lieu d’implantation.

Je vous avais rapporté in illo tempore (par exemple > ici, et > ici et encore > ici) quelques unes des péripéties liées à cette recherche et à notre départ du Vexin.
Ce que je n’avais pas précisé à l’époque, c’est que Frère Maximilien-Marie, alors que nous n’étions plus qu’à cinq mois de la date où il faudrait rendre les clefs et que rien d’approprié n’avait encore été trouvé, avait profité d’une opportunité pour se rendre à Lourdes : c’était le cent cinquantième anniversaire de l’apparition de la Madone à la jeune Bernadette Soubirous.
Aux pieds de la Madone, dans la grotte de Massabielle, Frère Maximilien-Marie remit donc toute l’affaire entre les mains de Notre-Dame.

Moi, pendant le temps de son pèlerinage, j’étais resté en pension chez sa maman, en Vivarais, et il revint m’y chercher avant de remonter dans le Vexin.
Il profita toutefois de cette halte en Vivarais pour quelques autres contacts et prospections : c’est alors que, par un concours de circonstances dans lequel on ne peut que voir l’action de la divine Providence, lui fut proposée la visite de ce qui allait devenir notre nouveau Mesnil-Marie.

Cette première visite eut lieu le jeudi 21 février 2008, comme j’ai eu l’occasion de vous l’écrire (cf. > ici).
Il y eut tout de suite une espèce d’histoire d’amour entre cette ancienne fermette et Frère Maximilien-Marie : mais cela ne le dispensait évidemment pas d’un examen raisonnable de tous les paramètres : implantation, travaux à réaliser, accessibilité, possibilité de bénéficier de la Messe latine traditionnelle… etc.
Par dessus tout, il y avait la réalité financière de l’association : bien qu’ayant bénéficié d’apports providentiels, il n’était possible d’acquérir un bâtiment qu’à la condition qu’il fût à restaurer et loin des grands centres urbains !

Confiant en de nouvelles aides providentielles, après avoir bien réfléchi et prié, le Conseil d’Administration décida de l’acquisition : désormais l’association Refuge Notre-Dame de Compassion aurait un lieu qui serait bien à elle !

Mesnil-Marie un soir d'orage en été

Le Mesnil-Marie en été un soir d’orage

Il faut que je termine mon récit par une anecdote.

Ce 21 février 2008, Pascale – qui depuis lors est devenue notre voisine et notre amie – était au lit avec une forte fièvre. Pendant que Frère Maximilien-Marie faisait la première visite de cette maison quasi abandonnée proche de la sienne, un artisan menuisier, ami de Pascale, était en train de travailler sur le toit de sa maison…
Voyant un moine qui visitait la maison d’à côté – spectacle pour le moins inhabituel – , il se précipita pour lui dire : « Pascale ! Pascale ! Il y a un moine qui visite la maison en vente à côté de la tienne…»
Le visage émergeant à peine de la couette, Pascale lui répondit quelque chose comme : « Je te signale que c’est moi qui ai 40° de fièvre, donc les visions délirantes ce serait plutôt pour moi !»
Sur l’insistance de son ami, Pascale se leva péniblement et alla à la fenêtre. Les yeux tout écarquillés, elle dut se rendre à l’évidence : il y avait bel et bien un moine, scapulaire au vent, qui arpentait dans tous les sens et examinait sous tous les angles la maison voisine de la sienne !!!

Avant de terminer, je vous rappelle simplement que mars est le mois de Saint Joseph et que vous pouvez trouver > ici des prières particulières pour honorer ce très grand saint.

Lully.

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Vous pouvez nous aider à continuer les travaux d’aménagement du Refuge Notre-Dame de Compassion : pour faire un don cliquer ci-dessous.

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Publié dans : Chronique de Lully, Memento |le 2 mars, 2011 |5 Commentaires »

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5 Commentaires Commenter.

  1. le 21 février 2017 à 15 h 21 min Emmanuel B. écrit:

    Merci pour ce témoignage.
    La vocation de « Frère », comme celle de père ou mère, ne sont pas des vocations au rabais. On ne peut vivre au rabais ce que le Seigneur nous donne en plénitude.
    Nous sommes complémentaires dans le service de Dieu pour la plus grande gloire de son Fils. Fraternellement en union de prières.

  2. le 2 mars 2011 à 17 h 06 min Henryk écrit:

    Derrière ces graminées pionnières, le trappeur en recherche finira ses tribulations…
    Puisse son travail apostolique, elever nos âmes, et notre foi!

  3. le 2 mars 2011 à 16 h 51 min Florence la Factrice écrit:

    Déjà 3 ans que vous avez quitté le Mesnil-Marie du Vexin!!!
    Si rien n’a changé pour la maison, des chiens pas très gentils « m’attendent » … et je préférais nettement la quiétude de Lully.
    Et j’adorais quand frère Max piquait un sprint avec ses lettres à la main : son dynamisme me faisait rire.
    Vous nous manquez au village.

  4. le 2 mars 2011 à 15 h 04 min Béa écrit:

    Bonjour Lully,

    J’adore le passage ou tu racontes la réaction de Pascale!!!
    Déposer son fardeau aux pieds de Notre-Seigneur et de notre Sainte Mère : eux seuls peuvent nous apporter l’aide tant espérée!!!
    Quelle drôle d’idée ont les gens de penser qu’un Frère est un prêtre inachevé… sont un peu foufous ces gens là. Ils sont pleins de vin doux !…
    J’aime me confier au Frère, et j’ai autant de respect pour lui que pour mon cher prêtre.
    Je t’embrasse fort, Lully, merci pour tout ces récits qui nous font connaître la vie de notre cher Frère Maximilien.

    Béa

  5. le 2 mars 2011 à 14 h 53 min Picoche écrit:

    Vous avez encore sûrement de grands travaux à faire. Pour cela, il vous faut des sous. Je vous en enverrai dès que je pourrai. Bien cordialement et en union de prières.
    JLP

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