2010-51. Des premières rigueurs hivernales et du blé de Sainte Barbe, belle tradition annonciatrice du mystère de la Nativité.

4 décembre,
fête de Sainte Barbe.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Portant le nom du « Surintendant des musiques royales » - Jean-Baptiste Lully – , nul ne s’étonnera de ce que, en ces jours particulièrement rigoureux, je reprenne à mon compte le fameux Choeur des trembleurs de l’acte IV d’Isis.

Comme je viens de découvrir comment faire pour insérer une mini vidéo dans le cours même de ma chronique, je ne résiste pas à la tentation de mettre immédiatement en application le procédé, afin de vous inviter à écouter (ou ré-écouter) ce choeur dans lequel le grelottement est imité par un chant saccadé (ce choeur inspirera un peu plus tard le fameux air du Génie du Froid à Purcell pour son King Arthur):

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« L’hiver qui nous tourmente s’obstine à nous geler.
Nous ne saurions parler qu’avec une voix tremblante.
La neige et les glaçons
nous donnent de mortels frissons.

Les frimas se répandent sur nos corps languissants.
L
e froid transit nos sens, les plus durs rochers se fendent.
La neige et les glaçons nous donnent de mortels frissons… »

En effet le thermomètre indiquait moins 12° ce matin au moment où le soleil a commencé à pointer ses premiers rayons au-dessus des crêtes .

Premiers rayons du soleil au dessus des crêtes et du toit du Mesnil-Marie

Le soleil pointe ses premiers rayons au dessus des crêtes qui entourent le Mesnil-Marie.

Si l’on ne peut qu’admirer les splendeurs que provoquent ces premières rigueurs hivernales, la neige et le froid ne m’enchantent guère, vous vous en doutez bien!  Frère Maximilien-Marie s’ingénie donc à me trouver des occupations et des distractions : il essaie de m’apprendre à chanter avec lui (nous répétons les noëls traditionnels) et il m’intéresse aux préparatifs de la fête de la Nativité, puisque nous voici entrés dans le temps de l’Avent.
Nous avons orné la porte d’entrée et la façade du Mesnil-Marie de couronnes de l’Avent (cf. > www) et nous commençons à travailler à l’installation de la crèche que nous nous efforçons de rendre plus belle d’année en année.

Sainte Barbe

Sainte Barbe, la grande martyre

Ce matin, nous avons repris la très antique tradition du blé de Sainte Barbe. Cette tradition, très vivace en Provence où elle marque le début officiel de toutes les traditions de Noël, remonte probablement à l’antiquité païenne, mais elle a reçu une vitalité nouvelle et un sens plénier avec le christianisme.

Le jour de la fête de Sainte Barbe, donc, on prend trois jolies coupelles dans lesquelles on place du coton imbibé d’eau. Le chiffre trois est évidemment une évocation de la Très Sainte Trinité.

Dans chaque coupelle on dépose du blé à germer : on met plusieurs épaisseurs de graines, pour obtenir plus tard des touffes de jeunes pousses bien garnies.
Chaque jour on prend bien soin d’ajouter un peu d’eau dans les coupelles : suffisamment pour que les grains poussent bien, mais pas trop non plus pour qu’ils ne pourrissent pas par excès d’humidité.
Pour les paysans d’autrefois, la bonne germination du blé de Sainte Barbe était réputée annoncer une bonne récolte dans l’année à venir.
Si l’on n’a pas de blé, on peut aussi semer des lentilles.

Le 24 décembre au soir, on coupe délicatement quelques pointes des jeunes pousses et on en garnit l’intérieur de la mangeoire qui servira de berceau à l’Enfant Jésus de la crèche.
On lie les petites gerbes des coupelles avec de jolis rubans rouges et on les place au centre de la table du réveillon et du repas du 25 décembre.
Le lendemain de Noël, on les porte dans la crèche où elles resteront jusqu’au jour de la Chandeleur (2 février).
Jadis, ces trois touffes de jeunes pousses étaient alors plantées dans les champs de blé sur lesquels elles étaient censées apporter la bénédiction de l’Enfant Jésus.

Cette belle tradition nous rappelle que Jésus Lui-même se comparera au grain de blé que l’on jette en terre et qui meurt pour porter du fruit (Johan. XII 24-25).
C’est par Son Incarnation que le Verbe Eternel de Dieu est devenu ce mystique grain de blé venu en terre pour y mourir et pour y faire lever une moisson de grâce et de salut.
Ce divin grain de blé, broyé dans les tourments de la Passion, est né dans la petite ville de Bethléem : ce nom signifie « Maison du Pain ».
Ce divin grain de blé se fera Lui-même le Pain de Vie des âmes rachetées dans le Sacrement de l’Eucharistie, sacrement par lequel il reste au milieu des hommes, présent et vivant au Saint Tabernacle.

Combien de choses dans nos vies – et dans nos vies intérieures tout spécialement – ne sont d’abord que de toutes petites graines, inertes en apparence, qu’il faut enfouir, et sur la croissance délicate desquelles il faut veiller avec beaucoup d’attention, leur évitant les excès de sécheresse ou d’humidité, si nous voulons qu’elles arrivent à maturité et donnent un jour du fruit?
Il faut pour cela beaucoup de patience, une vraie persévérance et une délicate vigilance, toutes qualités qui ne découlent que de l’amour.

Voilà donc tout ce que m’a expliqué Frère Maximilien-Marie ce matin, tandis que nous préparions nos coupelles et y disposions les grains de blé.
J’ai bien retenu tout ce qu’il me disait afin de vous l’expliquer à mon tour ; et maintenant je vais veiller avec beaucoup de soin sur la germination et la croissance de notre blé de Sainte Barbe.

Lully.       

Préparation du blé de Sainte Barbe

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6 Commentaires Commenter.

  1. le 3 décembre 2014 à 19 h 09 min Annie écrit:

    Cher et doux Lully,

    Merci de nous expliquer cette belle tradition du « blé de Sainte Barbe » que je ne connaissais pas et sur lequel vous allez être le veilleur jusqu’à la Chandeleur (sourire).

    On dirait que vos coupelles sont remplies de pièces d’or (sourire).

    Bon temps de l’Avent ainsi qu’à votre papa-Moine et à bientôt.

    Annie

  2. le 4 décembre 2010 à 18 h 26 min Yvette B. écrit:

    Tout est absolument ravissant.
    Je viens d’attirer l’attention de mes (11) petits-enfants sur la délicieuse tradition de Sainte Barbe, que j’ai connue (la tradition, pas sainte Barbe !) dans mon enfance mais dont je ne me souvenais plus.
    Merci à Lully.

    Y.B.

  3. le 4 décembre 2010 à 16 h 09 min Gérard et Marie-Hélène écrit:

    Cher Lully,
    notre petit compagnon à nous, qui n’est pas un chat mais un petit chien que votre maître connaît, adore manger … de l’herbe ; donc si nous suivons vos conseils, il nous faudra surveiller la pousse du blé!!!
    Le chant des trembleurs est très beau et nous l’avons écouté plusieurs fois.
    Quelle belle et bonne journée qui avait commencé par la messe et le chapelet du 1er samedi du mois dans notre église (grande mais bien chauffée).
    Je vous laisse, cher Lully, pour écouter encore avec mes petits enfants le beau chant des trembleurs.

  4. le 4 décembre 2010 à 14 h 34 min Luciani écrit:

    Nous aussi, en Corse, nous avons cette belle tradition !
    Je suppose qu’elle s’est répandue partout en Europe.
    Mais maître Chat Lully doit être frigorifié; Niellucia se rôtit les moustaches au feu; et pourtant nous n’avons ici qu’un modeste zéro…
    Y a-il un rapport entre Sainte Barbe et la barbe des épis?
    Qu’en pense Maître Lully? Sa moustache…

  5. le 4 décembre 2010 à 12 h 50 min Iolire écrit:

    Grâce à vous cher, très cher Maître Chat Lully, j’ai eu un de mes plus beaux réveils ce matin !
    Malgré le froid sanglant, Choeur bien froid des trempbleurs, la neige partout, la couette sur mes épaules; la chaleur de votre récit m’a emmenée directement dans la belle Provence et j’ai senti un apaisement et une chaleur physiologiques…
    C’est ainsi, me suis-je dit, c’est ainsi que je suis aussi dans mon coeur et mon esprit quand, certains jours de grâce, mon esprit et mon coeur sont totalement auprès de Jésus et Sa Sainte Mère…
    C’est ainsi que je souhaiterais être, selon Sa Divine Volonté, sans avoir besoin d’être ici ou ailleurs, avec un tel ou une telle autre…

    Sainte Barbe nous prépare à Noël et fait germer le blé…

    Que l’Avent soit aussi pour mon Amour de Jésus, tel un grain de blé qui, une fois germé, continuera à grandir, jusqu’à devenir blé, pour me nourrir au jour le jour.

    Merci, cher Maître Chat Lully, de ce beau réveil… un réveil à Jésus qui va naître pour nous….

  6. le 4 décembre 2010 à 12 h 37 min Guy de P. écrit:

    Mon cher Lully,
    Transmettez à votre maître nos remerciements pour le rappel de cette très belle tradition et nos regrets de ne pas l’avoir vu samedi dernier au « Chapeau Gris », dont nous pouvons voir l’entrée de nos fenêtres qui donnent sur la place Dauphine (devenue Hoche), mais il était présent dans nos prières et nos conversations.
    Bon Avent et Joyeux Noël!

    GPP

    PS : Nous comptons servir votre merveilleux potage au potimarron à nos six ménages rassemblés pour Noël.

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