2009-33. Méditation pour la Présentation de Marie au Temple (Jean-Jacques Olier):

21 novembre

Voici la première partie des méditations écrites par Monsieur Olier, à propos de la fête de la Présentation de Marie au Temple (fête célébrée le 21 novembre) dans son traité sur la « Vie intérieure de la Très Sainte Vierge Marie » :

la Présentation de la Vierge Marie au Temple.

« L’offrande que Marie avait faite d’elle-même à Dieu, dès le moment de sa conception immaculée, avait été secrète ; mais comme la vertu de religion, outre les devoirs intérieurs et cachés, comprend les devoirs extérieurs et publics, Dieu voulut qu’elle renouvelât son offrande dans le temple de Jérusalem, le seul sanctuaire de toute la vraie religion qu’il y eût alors dans le monde. Il lui inspira donc lui-même la pensée d’aller s’offrir à lui dans ce saint lieu. Cette bénie enfant, sanctifiée en sa chair, et toute pénétrée et remplie de la divinité dans son âme, était dirigée en tout par l’Esprit-Saint : ne laissant en elle aucune entrée à la sagesse humaine, elle ne pouvait agir que selon Dieu, qu’en Dieu, pour Dieu, et par la direction même de Dieu.

A peine lui a-t-il imprimé le mouvement de se séparer de la maison de ses parents, qu’elle quitte ce monde grossier et corrompu sans regarder derrière elle. Elle n’examine point si, au service de Dieu, elle aura quelque besoin ; si ce grand Dieu lui est suffisant en toutes choses ou non. Elle ne pense point à sa maison, à ses parents : elle s’abandonne toute à lui avec une confiance merveilleuse, sans retour quelconque sur elle, ni sur quoi que ce puisse être. Possédée de l’Esprit de Dieu, tout-puissant, tout ardent, tout amour, elle est amenée au temple par ce divin Esprit, qui l’élève lui-même au-dessus de son âge et des forces de la nature. Quoique âgée seulement de trois ans, elle monte seule les degrés du temple ; et Dieu veut qu’elle marche ainsi seule, sans s’appuyer sur sa mère, pour montrer que l’Esprit divin tout seul la dirigeait ; et aussi pour nous apprendre qu’opérant dans nos âmes par sa puissance, il est le vrai supplément de nos infirmités. Pourtant elle était en la compagnie de sainte Anne sa mère, parce que, si rempli qu’on soit du Saint-Esprit, on doit toujours vivre sous la conduite extérieure de ceux qu’il nous a donnés pour nous tenir sa place, et qui sont les approbateurs de ses voies : lui-même, sous l’extérieur de ces personnes, nous assurant de sa direction.

Séparée ainsi de la maison de ses parents, dans un âge si tendre, cette très-sainte enfant s’abandonne à Dieu, dans un oubli du monde et une mort d’elle-même, une ferveur et un zèle qui ne peuvent être compris. Elle renouvelle ses voeux d’hostie et de servante, avec un amour plus grand encore, plus pur, plus excellent, plus admirable qu’elle ne l’avait fait dans, le temple sacré des entrailles de sainte Anne : cet amour allant toujours croissant de moment à moment, et n’ayant en elle ni interruption ni relâche ; ce qui la rendait comme immense. Toute consumée par cet amour, elle ne veut avoir de vie, de mouvement, de liberté, d’esprit, de corps, rien absolument qu’en Dieu. La donation qu’elle fait d’elle-même est si vive, si ardente et si pressante, que son âme est dans la disposition actuelle et perpétuelle de se livrer sans cesse à Dieu, et d’être toujours de plus en plus à lui, croyant, pour ainsi dire, n’y être jamais assez et voulant y être davantage encore, s’il lui était possible. Enfin, s’offrant comme une hostie vivante, toute consacrée à Dieu en elle-même et dans tout ce qu’elle serait un jour, elle renouvelle la consécration qu’elle lui avait déjà faite de toute l’Église, dans sa conception ; spécialement celle des âmes qui, à son exemple, se consacreraient à son divin service dans tant de saintes communautés. En ce jour, la loi ancienne voit se réaliser quelque chose de ce qu’elle figurait : le temple de Jérusalem voit s’accomplir l’une de ses attentes : il reçoit dans son enceinte l’un des temples dont il était l’image, la très-sainte Vierge Marie, temple vivant de Jésus-Christ, comme Jésus-Christ devait être le temple parfait et véritable de la Divinité. »

Lys de France

Voir aussi :
- Le texte de l’hymne propre au bréviaire de l’archidiocèse de Paris

pour la fête de la Présentation de Marie au Temple > ici
- L’extrait des « Gloires de Marie » où St Alphonse de Ligori traite de ce mystère > ici
- Les extraits du sermon de St François de Sales pour cette fête > ici

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