2009-22. La cloche du Mesnil-Marie.

Lundi des Rogations 18 mai 2009.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Il y a douze jours, je vous parlais du commencement des travaux de réfection de la toiture de notre « Mesnil-Marie » (cf. > www) et nous pouvons espérer qu’ils seront terminés pour la toute proche fête de l’Ascension. Je vous ai promis un reportage photographique complet sur ces travaux et je tiendrai parole, mais il faut pour cela que tout soit bien achevé.

En attendant, je puis tout de même vous donner une nouvelle qui vous réjouira tous (du moins je l’espère) : sur le pignon qui fait face à l’est, depuis vendredi dernier en milieu d’après-midi, est désormais installée… une cloche! Cette cloche nous avait été offerte par  Murielle et Michel, nos anciens voisins, au moment où nous avons quitté le Vexin. Frère Maximilien-Marie a demandé à un ferronnier de réaliser un support qui lui soit adapté – surmonté de la Croix – et voici le résultat :

La cloche et la Croix pour le pignon du Mesnil-Marie

Pour lui servir de socle, les maçons ont monté de grosses pierres taillées sur le pignon (ce qui fut véritablement spectaculaire). Et dans ce socle Frère Maximilien-Marie a fait sceller des médailles bénites de Notre-Dame du Perpétuel Secours (parce que cette icône qui est très à l’honneur chez nous est une illustration de la compassion de Notre-Dame, cf > www), de l’archange Saint Michel, de Sainte Anne – mère de la Très Sainte Vierge – et de Saint Jean, l’apôtre du Sacré-Coeur.

Ainsi il est maintenant plus manifeste que le « Mesnil-Marie » est une maison religieuse, une maison de prière. Et ce modeste campanile n’est pas sans évoquer les traditionnelles maisons des « béates »(*) que l’on trouve, tout près d’ici, dans les hameaux du Velay.

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur le symbolisme de la cloche, et je ne peux ici que faire un résumé succinct de ce que Frère Maximilien-Marie nous a expliqué, à Chlôris et à moi-même.

La cloche est le résultat d’une fusion : sous l’action du feu, des métaux différents  (78% de cuivre et 22% d’étain) – tirés de la terre – se liquéfient, deviennent « un » et reçoivent une nouvelle forme dans un moule de terre. Après le refroidissement et le polissage, la cloche est bénite (pour les cloches des églises il y a une cérémonie spéciale qui est appelée « baptême ») puis mise en place, c’est-à-dire suspendue dans les airs. Ainsi  les quatre éléments de la création matérielle – la terre, le feu, l’eau et l’air – sont-ils associés pour donner à la cloche sa plénitude d’existence.

Parce qu’elle est suspendue dans les airs, la cloche symbolise l’union du Ciel et de la terre  : sa voix, qui vient d’en haut et fait vibrer l’air, évoque l’invisible.  Dans toutes les traditions religieuses (pas seulement chrétiennes), le son des cloches est associé à  un pouvoir de purification et de lutte contre les puissances maléfiques ; on sonne la cloche à l’approche du danger (ennemis, bêtes féroces, orages dévastateurs…), pour le conjurer  directement ou pour permettre à ceux qui entendent son avertissement de se prémunir. Une unique cloche, qui ne donne pourtant qu’une unique note, peut exprimer des sentiments très divers, en fonction de la manière et du rythme avec lesquels on va la faire sonner : volées joyeuses des jours de fête, coups brefs et précipités avertissant du danger, coups graves et lents annonçant le deuil… Ponctuant la succession des temps et les diverses circonstances de la vie des hommes, la cloche les invite à tourner vers le Ciel le regard de leur âme et les appelle à l’intériorité, à la prière.

J’achèverai ma chronique par un cliché qui a été pris ce soir même à la fin d’une grosse averse : au dessus de notre toit (les travaux sur cette partie ne sont pas achevées c’est pour cela qu’elle est recouverte d’une bâche) la croix de notre campanile se détache contre le ciel qu’illumine un double arc-en-ciel…

Lully.

La Croix du Mesnil-Marie se détachant sur le ciel après l'averse.

(*) Pour mieux connaître ce qu’étaient les « béates » on peut se reporter à l’article suivant > www.

Publié dans : Chronique de Lully |le 19 mai, 2009 |4 Commentaires »

Vous pouvez laisser une réponse.

4 Commentaires Commenter.

  1. le 9 mai 2017 à 14 h 03 min Béatrice écrit:

    bonjour mon Frère, merci pour cet article,
    dans notre Cantal, nous appelons les Béates les Menettes,
    et notre héroïne est Catherine Jarrige, dite Catinon Menette, ces femmes avaient les mêmes fonctions je crois que les Béates.

  2. le 26 mai 2009 à 18 h 52 min Florence écrit:

    Petit à petit le Mesnil-Marie sort de sa torpeur et reprend vie, grâce à vous.
    Toutes ces vieilles pierres ont retrouvé leur beauté d’antan.
    Surtout ne vous arrêtez pas! merci pour toutes ces jolies photos.
    Ronrons amicaux à vous trois…
    FLORENCE

  3. le 20 mai 2009 à 21 h 47 min Boudet écrit:

    un grand merci de nous relater avec tant de détails passionnants l’avancement des travaux de cet havre de paix. Nous espérons avoir le plaisir un jour de nous rendre dans cet endroit si merveilleux, et d’entendre le doux tintement de la cloche du Mesnil Marie, tintement qui fait tant défaut dans notre charmante ville du sud Ardèche.
    Bises de nous quatre.
    Magalie

  4. le 19 mai 2009 à 0 h 40 min Clara écrit:

    COMME ELLE EST BELLE…merci pour tous ces détails, bien cher Frère…et l’Arc en Ciel : un signe!
    J’irai voir les  »béates »: je ne connais pas.
    Bonne nuit/soirée, Lully, Chlôris et Papa Frère Maximillien, je vous embrasse.
    Clara

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi