Salve, Regina… (Paraphrase de Saint Bonaventure).

Pour fêter Notre-Dame, exaltée dans la gloire céleste, et peut-être pour vous aider à la mieux prier en contemplant tous les privilèges que Dieu lui a accordés, nous vous proposons ce texte – malheureusement trop peu connu – de Saint Bonaventure, qui paraphrase et commente mot à mot le « Salve, Regina » :

Salve, Regina... (Paraphrase de Saint Bonaventure). dans De Maria numquam satis enguerrand-quarton-couronnement-de-la-vierge

Salve.
Salut! Vierge des vierges, étoile du matin, remède véritable des crimes les plus infâmes, consolatrice des hommes en proie au malheur, ennemie irréconciliable du péché.

Regina.
Reine de ceux qui règnent, Vierge immaculée, Mère unique entre les mères, vous avez mis au monde un Fils, et l’on vous appelle le palais sacré du Seigneur : versez donc sur nous les secours abondants du ciel.

Mater misericordiae.
Vous avez mérité d’être nommée la source de la miséricorde et la Mère de la grâce, car vous avez conçu le Roi suprême de gloire, vous lui avez donné la vie, et vous avez offert au monde l’auteur de tout pardon.

Vita.
La vie, la voie, la vérité est sortie de la terre, et votre virginité est demeurée sans tache, car votre humilité vous a rendue digne d’être choisie de Dieu lorsqu’il se revêtit de notre chair.

Dulcedo.
La douceur par excellence, Celui qui est appelé l’Agneau de Dieu, Celui dont le sang, comme un bain salutaire, a lavé les crimes de l’homme abandonné, Celui qui a vaincu le démon, est le fruit béni de votre sein.

Et spes nostra.
Vierge Marie, vous êtes notre espérance inébranlable, vous la tige fleurie de Jessé, vous que le Prophète nous a montrée couverte de la rosée du Ciel, vous qui êtes belle comme la neige la plus pure, tendre Mère de Dieu.

Salve.
Salut! lumière des Fidèles, brillante comme l’aurore, plus ravissante et plus suave que le lis. Eloignez de nous sans retard tout ce qui peut nous être un danger, et implorez pour nous le secours du Seigneur.

Ad te.
Malheureux, plongés dans une infortune profonde, nous élevons nos cris jusqu’à vous ; ouvrez à nos prières les oreilles de votre coeur sacré, afin que, délivrés par vous des gouffres de l’abîme, nous puissions librement suivre la voie montrée par votre Fils.

Clamamus.
Nous poussons vers vous des soupirs pleins de ferveur, et nous vous supplions avec un tendre amour : détruisez tout ce que nos pensées perverses ont pu produire au dehors d’actions criminelles.

Exules.
Nous sommes tous condamnés à un dur exil. En punition du crime de nos pères, nous avons été privés de la gloire et déshérités des félicités du ciel ; mais le don de votre tendresse nous a rendu tous nos droits.

Filii.
Vos enfants ne peuvent qu’exprimer par leurs gémissements les misères dont ils sont assiégés de toutes parts en ce monde. Sans cesse ils se sentent entraînés vers des crimes dignes des châtiments éternels ; mais ils sont affermis par votre miséricorde.

Evæ.
La chute d’Eve nous a causé un tort irréparable ; elle nous a ravi la joie bienheureuse du ciel. Mais après Eve, elle nous a valu, incarné de la Vierge, Celui qui a brisé la mort et détruit le péché.

Ad te.
Vos serviteurs crient sans cesse vers vous et font entendre des soupirs fidèles ; ils implorent humblement le secours de votre puissance. Que votre miséricorde écoute leurs prières.

Suspiramus.
Nous soupirons et nous versons des larmes, nous gémissons sans cesse sur les péchés que nous avons commis. Mais, ô Mère de piété! nous avons mis en vous notre confiance ; vous obtiendrez grâce et miséricorde au pécheur brisé par un vrai repentir.

Gementes.
Nous nous rappelons les fautes de nos jours anciens, les fautes dont notre esprit pervers s’est souillé librement, et nous en gémissons. Mais en même temps, ô Vierge immaculée! nous espérons en vous, et nous vous demandons que nos voeux soient exaucés.

Et flentes.
Nous pleurons et notre âme est en proie à la honte et à la douleur ; versez donc en nous la lumière. Vierge bienfaisante, purifiez avec amour les taches que le péché imprima en nos coeurs ; aimable Marie, veuillez nous réunir aux habitants de la céleste patrie.

In hac valle.
En cette vallée misérable et environnée de ténèbres, je vois des hommes sans nombre dont la vie est détestable et hideuse ; leurs exemples se propagent à raison des crimes qu’ils ont commis et des hontes dont ils sont couverts.

Lacrymarum.
Des larmes abondantes ont coulé vainement de nos yeux : les vieillards, les enfants et le peuple tout entier craignent de perdre ce que l’ambitieux cherche avec ardeur et ce que l’homme du monde poursuit en tous lieux.

Eia ergo.
Relevez donc nos âmes de leurs chutes ; dirigez leur course vers vous. Fortifiez ceux qui tremblent, redressez ceux qui se sont égarés et vous cherchent avec amour ; soyez le guide assuré des malheureux qui se confient en vous.

Advocata.
Vous êtes notre puissante avocate auprès du Sauveur : hâtez-vous donc d’intercéder pour nous, selon votre miséricorde accoutumée. Que votre amour maternel nous fasse sentir sa bénigne influence ; qu’il apaise votre Fils en faveur d’un peuple infortuné.

Nostra.
Toujours la Vierge Mère fut l’espoir des fidèles ; elle l’est encore de nos jours, elle le sera à jamais. Elle est pour nous la cité royale qui nous met à l’abri des coups de nos ennemis ; elle est le remède qui chasse tous les maux loin de nous.

Illos tuos misericordes oculos ad nos converte.
Oui! tournez ces yeux pleins de tendresse et de miséricorde vers des serviteurs si peu unis dans le bien et si unanimes à courir au mal ; détruisez l’aiguillon de noire chair, détruisez tous ses crimes.

Et Jesum benedictum.
Jésus, votre Fils unique, est le fruit béni de votre sein ; daignez-le montrer à nos yeux : il est glorieux, plein de tendresse et ennemi du mensonge. C’est par lui que le genre humain, après s’être éloigné de Dieu et perdu pour un temps, s’est relevé invincible des liens de la mort.

Ventris tui.
Vos entrailles ont porté Jésus, et vos mamelles bienheureuses ont allaité Celui que plus tard les Juifs couvrirent de blessures cruelles et qu’ils condamnèrent à la mort de la croix après l’avoir ainsi traité.


Nobis post hoc exilium ostende.

Après cet exil montrez-nous plein de miséricorde, donnez-nous Jésus votre Fils. Etendez sur nous votre protection maternelle et puissante ; daignez prendre notre défense en ce moment où nous serons jugés.

O clemens !
O clémence ineffable de la souveraine bonté! fille d’Adonaï, fleur de la virginité, pardon des pécheurs endurcis, mère de tendresse, joie des vierges et manteau de la charité!

O pia!
O pieuse et tendre Reine des cieux! vous êtes la plus digne et la plus riche des créatures sorties des mains de Dieu ; vous êtes la Vierge prudente par excellence, la gloire des confesseurs et l’honneur le plus éclatant des Apôtres.

O dulcis.
O Vierge d’une douceur inaltérable, plus douce que le miel et le rayon le plus suave, colombe très-pure, jamais le fiel le plus léger ne reposa en votre coeur. Mère de bénignité , repoussez loin de nous, nous vous en supplions, tout ce qui peut imprimer une tache à notre innocence.

Virgo Maria.
Bonne Marie, conjurez votre Fils de daigner recevoir en sa gloire quiconque, pour vous honorer, voudra redire avec amour ce que je viens d’écrire à votre louange.

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7 Commentaires Commenter.

  1. le 15 août 2018 à 9 h 13 min Jean-Martin S. écrit:

    Loué soit Jésus-Christ, très cher Frère, Je m’unis de tout coeur aux louanges adressées à notre Mère du Ciel en ce jour glorieux de cette fête de toute beauté. Je suis loin de toute louange publique adressée à la Très Sainte Vierge Marie, j’enveloppe mes prières que je lui adresse en ce jour, de mes sacrifices quotidiens ,du très pénible cauchemar que mes maladies m’ont infligé cette nuit, de mon total Fiat à la volonté de son divin Fils, de mon acceptation totale de mes difficultés actuelles ainsi que de toutes celles qui se dessinent à l’horizon proche et lointain.
    Je vous ai toujours tant aimée, très sainte Vierge Marie, depuis mon plus jeune âge, à dix-sept ans, en vélo de la Lorraine à Lourdes 3200 km., pour vous honorer et vous prier à la grotte de Massabielle.

  2. le 15 août 2012 à 18 h 21 min Lydie B. écrit:

    Merci, cher Frère, pour toutes les prières et textes que vous nous faites partager…
    Je n’ai pas encore la chance de vous connaître et espère qu’un jour peut être, grâce à une amie commune, cela sera possible.
    En union de prières.

  3. le 15 août 2012 à 6 h 55 min Michèle écrit:

    Belle et Sainte Fête de l’Assomption très cher Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur ♥!

    En ce jour béni entre tous, je vous porte au plus près de mon cœur, et avec une tendresse particulière pour votre tant-aimé Lully !
    Loués soient les habitants du Mesnil-Marie qui ont trouvé un refuge digne de leur sainteté, et je rends grâce à, et tout particulièrement, Notre Dame de Compassion pour vous avoir mis sur ma route et me permettre ainsi, de retrouver une petite fille perdue sur le bord d’un chemin…

    Marie Vierge Sainte, Pure, Immaculée, et Fidèle vous aime plus que vous ne l’imaginez, j’en suis convaincue, elle a fait de vous un Frère, et je dirai même un Père, mes enfants, ceux qui vous connaissent comme celles qui ne vous connaissent pas, vous aiment et vous respectent car pour eux vous êtes celui qui m’a redonné la force de l’Espérance, ils vous en sont extrêmement reconnaissants!

    Juste un mot en retour de tous ces bienfaits : Merci ♥

  4. le 15 août 2011 à 6 h 38 min Isabelle D. écrit:

    Merci, Frère, et prions plus que jamais notre Mère à tous!

  5. le 8 décembre 2010 à 14 h 46 min Béa écrit:

    Merci, frère!
    Louée soit Marie qui m’a mise sur votre route!
    Elle connait nos coeurs et sait ce qui est bon et précieux pour eux…

  6. le 8 décembre 2010 à 8 h 25 min Jean-Claude écrit:

    Bénie soit Notre-Dame qui m’a permis de croiser votre route cher Frère ! Quel bonheur de lire ces textes que vous nous proposez ici ou ailleurs… Belle et sainte fête de l’Immaculée Conception, et de tout coeur en communion de prière…

  7. le 16 août 2010 à 16 h 54 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Décidément, vous nous surprendrez toujours, frère Maximilien-Marie, par les textes extraordinaires que vous semblez sortir de votre chapeau de magicien! Merci pour celui-ci, comme pour tous!
    Saint Maximilien Kolbe est votre saint patron, tous mes voeux donc à l’occasion de la fête de celui que je prie si fort afin qu’il nous aide à mieux connaître l’Immaculée, lui, le ‘fou de l’Immaculée’!

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