2008-44. Un bébé au « Mesnil-Marie »!

Vendredi 8 août 2008.

Vraiment, je ne m’attendais pas à cela… Et d’ailleurs, sur le coup, j’en ai été très contrarié, je vous le confesse. J’ai même pensé que je n’étais plus aimé, que j’allais être remplacé – dans le coeur de Frère Maximilien-Marie et dans la maison – et j’ai manifesté colère et bouderie. Mais, je le vois bien, Frère Maximilien-Marie me témoigne au moins autant d’affection qu’auparavant : je remarque qu’on prend toujours un très grand soin de moi, je constate qu’on me parle avec autant de déférence et de tendresse qu’auparavant, je vois que mes rations de croquettes et de pâtés ne diminuent pas…

Pour le principe, je continue à faire encore un peu la tête, mais je vous avoue que mon coeur commence à fondre lui aussi. Je me rends compte que la jalousie est un sentiment qui pourrit la vie et ratatine le coeur, que l’égocentrisme est une prison qui enferme un être sur lui-même et lui bouche les plus beaux horizons, tandis que – tout au contraire – la générosité et l’amour dilatent l’âme et remplissent de joie.

« Mais enfin, de quoi s’agit-il donc?« , allez-vous me demander.

Tout simplement du fait qu’au soir de la fête de la Transfiguration, ce dernier mercredi,  Frère Maximilien-Marie (qui, cette semaine, a profité des vacances des artisans pour souffler un peu eux lui aussi et faire de belles découvertes dans nes alentours) est rentré avec un bébé dans les bras!

« Un bébé?!?!… »

Oui, un bébé, un vrai bébé! Un bébé auquel il faut donner le biberon et dont il faut sans cesse s’occuper, un être minuscule dont la taille est sans proportion avec le temps qu’il vous pompe…

« Comment cela peut-il se faire?« , allez-vous encore interroger. Il faut donc que je vous raconte toute l’histoire depuis le début en remontant une semaine en arrière.

Vendredi 1er août, nous avons reçu la visite de la maman, du frère, de la belle-soeur et d’un neveu – prénommé Hugo – de Frère Maximilien-Marie. Dans le cours de la conversation, il a été signalé qu’une chatte avait mis bas dans une vieille cabane de planches qui jouxte la propriété de la maman de Frère Maximilien-Marie, sur un terrain où des moutons sont mis à la pâture de temps en temps : la vieille cabane sert alors d’abri aux moutons. Je la connais bien cette vieille cabane puisque pendant tout le temps où je suis resté chez ma « Mamie », j’ai eu le loisir d’aller m’y mettre à l’affût. Bref, ce qui inquiétait nos visiteurs c’était le fait qu’on ne voyait jamais la chatte venir s’occuper des chatons…

Le lendemain matin (samedi), la maman de Frère Maximilien-Marie téléphonait pour dire que Hugo avait ramené chez elle un chaton noir, terriblement affamé, qu’il avait trouvé errant seul dans les buissons. Mais quelques jours plus tard, alors même que Frère Maximilien-Marie était en visite chez sa maman, il y découvrait trois autres chatons affamés qui venaient d’être recueillis… Les neveux de Frère Maximilien-Marie les avaient trouvés miaulant lamentablement, réduits à boire une eau croupissante, sentant mauvais, les poils collés et remplis de petits chardons, et risquant d’être piétinés par les moutons qui venaient d’être ramenés dans cette parcelle…

Et c’est ainsi que Frère Maximilien-Marie a décidé d’adopter l’un de ces petits orphelins… Comme vous l’avez compris, j’étais assez mécontent de voir arriver cet intrus dans mon « Mesnil-Marie » : j’ai mis mes oreilles en arrière, j’ai grogné et soufflé méchamment… mais peu à peu mes réticences fondent et je me laisse toucher par la grâce. Frère Maximilien-Marie m’a bien expliqué que c’était très certainement un petit orphelin (en effet, une chatte n’abandonne jamais ses petits, et s’ils étaient seuls et affamés depuis plusieurs jours c’est parce qu’il a dû arriver malheur à leur maman), et que j’aurais moi aussi une responsabilité dans son éducation.

Notre petit chat, parce qu’il semble bien que ce soit un mâle, est probablement âgé de 4 à 5 semaines (ce qui reporte sa naissance au début du mois de juillet, sans que nous puissions en dire davantage pour le moment), et il pesait exactement 333 grammes le soir de son arrivée. Je termine en vous livrant en avant première un cliché du nouvel habitant du « Mesnil-Marie » et je vous adresse à tous mes salutations les plus félinement distinguées.

Lully.

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Publié dans : Chronique de Lully |le 8 août, 2008 |2 Commentaires »

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 10 août 2008 à 16 h 59 min Sophie écrit:

    Mon cher Lully,

    Je comprends que ta jalousie n’ait pas duré longtemps et que ton bon coeur félin n’ait pas tardé à fondre devant ce « petit gris » (mâtiné de blanc missionnaire) tombé du ciel : il est CHOU, CHOU, CHOU, presque aussi chou qu’un certain Baby Lully que je connus jadis…
    C’est bien, vous êtes maintenant deux dans chaque « camp ».
    Question à tes grands Frères en habit : est-il prévu dans les statuts un nouveau chaton fondant-choupinet-craquant à chaque nouveau Frère ?
    Bisous à vous 4

    Sophie

  2. le 8 août 2008 à 23 h 09 min Ioanna écrit:

    Mon très cher Lully,

    Je comprends bien que tu aies été quelque peu « envahi » par ces deux toutes petites « choses » toutes maigres, chétives et épuisées. Deux de plus, ça prend vite de la place parce que ça prend beaucoup de temps surtout quand il s’agit d’une mission de sauvetage. Ta colère était « normale » : je peux le dire parce que ton papa m’a bien dit que l’on pouvait être en colère parce que c’est un sentiment humain. Mais, je vois que tu apprends et que tu appliques bien les « leçons » de ton papa. Bravo Lully ! Car souvent -même chez les êtres humains- il est difficile de contrôler sa « colère » ou autres sentiments négatifs qui pourrissent notre vie et celle des autres.

    Je crois bien que les « anges des chats » étaient tous réunis dans ce pré à moutons, pour aider à la survie de Pippo et de son jumeau (il semble que ce soit un mâle).

    La « Paradis des chats » n’était pas pour eux : pas encore. Etait-ce un hasard ce passage des Frères chez la maman de ton papa? Si oui -et comme il me plaît à dire- le nom de baptême du hasard est « Providence » !

    Bon, j’arrête là : ton papa fait ça mieux que moi. Tiens, je me demande s’il ne pourrait pas créer une rubrique du genre « réponses à vos questions » dans laquelle il nous éclairerait ou nous donnerait des « pistes » de réflexion. « On a toujours besoin d’un plus grand que soi » dit-on … Surtout dans la connaissance. Pose-lui gentiment la question (papouilles et léchouilles en quantité !!!).

    Quelques nouvelles de Dali (contraction du « Da » russe (oui) et Eulalie) : il a été tout gentil dans les bras de sa maman adoptive pour le voyage en TGV. En arrivant il a « gloutonné », a repris des forces et s’est attaqué aux poils de la queue de « son » chien qui a eu plus peur que mal. Il était amusant de les voir danser la ronde, chacun cherchant à attraper la queue de l’autre !!!

    Malgré un lit douillet, préparé avec amour et grand soin, il a passé la nuit dans les bras de sa maman nourricière. Il pèse (déjà) 320 grammes et il va très très bien. Pour la première fois, ce soir, il a lapé son lait maternisé dans une assiette. Un peu malheureux de ne pas pouvoir être nourri au biberon, compensation faite par des croquettes à chaton trempées, il a le ventre un peu plus rempli : sa maman pourra peut-être « faire sa nuit » comme on dit dans le métier des mamans.

    Prends bien soin de ton nouveau compagnon !
    Et sois certain que nous t’aimons toujours autant !

    Gros bisous félins et câlins,

    Ioanna

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