2007-26. De la commémoraison des trépassés.

Vendredi 2 novembre 2007.

Le 2 novembre est le jour de la commémoraison solennelle des fidèles défunts : il ne s’agit pas d’un jour de fête – comme l’était hier la fête de tous les Saints – mais d’une commémoraison, empreinte d’une sobre gravité.

La Sainte Eglise, dans une prière suppliante et encore plus ardente qu’à l’accoutumée (car c’est chaque jour qu’elle fait monter vers le Ciel ses prières pour les âmes du Purgatoire), implore le Dieu trois fois saint pour qu’il accorde une prompte délivrance à ses enfants que les conséquences de leurs fautes retiennent encore captifs dans le Purgatoire.

Frère Maximilien-Marie m’a raconté qu’à Rome, dans un local attenant à la sacristie de l’église du Sacré-Coeur du Suffrage, il y a le musée du Purgatoire (voir ici > www). Ce terme est un peu grandiloquent puisque, en fait de musée, il s’agit d’une grande vitrine présentant une collection d’objets qui gardent les traces d’apparitions de défunts.
En effet, Dieu a parfois permis que des personnes mortes apparaissent pour demander des prières qui leur permettraient d’achever leur temps de purification ; et pour attester que leurs apparitions étaient bien réelles et non le produit de l’imagination ou de l’illusion, ces défunts ont laissé des preuves tangibles : brûlures sur des meubles, du linge, des livres, comme si ces objets avaient été touchés par des mains de feu…

La constitution de ce petit musée du Purgatoire a été expressément encouragée par le Saint Pape Pie X, pour que les fidèles soient confortés dans la Foi catholique.

Malheureusement, la réforme issue du second concile du Vatican a porté atteinte à la Foi, au point que les textes de la liturgie du 2 novembre dans le Missel de Paul VI ne présentent plus à Dieu des prières pour la délivrance des âmes du Purgatoire, mais demandent seulement de faire « grandir notre foi« (celle des vivants) dans le Christ ressuscité « pour que soit plus vive aussi notre espérance en la résurrection de nos frères défunts« !!!
Ces citations sont extraites de l’oraison de la messe et du bréviaire réformés, et donnent justement le sentiment que ce sont des conceptions protestantes qui ont prévalu ici, à l’encontre de la Foi catholique traditionnelle!

D’ailleurs, cette négation factuelle des purifications nécessaires – parfois longues – avant l’admission dans le Royaume céleste se retrouve dans nombre de célébrations des funérailles.
La plupart du temps, les gens ne viennent plus aux enterrements que pour « rendre hommage » au défunt ; les pseudo-liturgies d’obsèques ne sont plus d’insistantes prières pour le repos de l’âme du disparu, mais une sorte d’apothéose où les éléments sentimentaux prédominent sur la prière et sur la Foi.
Facilement, on entend dire que le défunt est déjà « ressuscité » ou bien qu’il a déjà été accueilli par Dieu à bras ouverts, ou encore qu’il est « entré dans la maison du Père« … etc.
On fait de ces funérailles des espèces de canonisations au rabais qui ne sont rien moins que mensongères
!

Messe/Purgatoire

Bref! Tout cela pour vous dire que dans notre Mesnil-Marie, nous croyons à la réalité du Purgatoire et que notre prière de ce jour n’a pas été un « hommage » aux défunts, mais un « suffrage » pour que leurs âmes soient purifiées des conséquences de leurs fautes et soient rapidement introduites dans la béatitude du Paradis!

Bien que l’assistance soit malheureusement peu nombreuse dans la petite église de T****, où sont célébrés les offices dans le rite latin traditionnel, la Messe de Requiem qui a été chantée ce soir a été belle et solennisée du mieux qu’il a été possible.
Mercredi dernier, notre Frère était allé faire de la quasi archéologie de sacristie, puisque pour préparer la Messe de ce soir, il avait sorti du réduit où il avait été relégué depuis quelques lustres, le grand drap mortuaire, brodé de fils d’argent, et les chapes noires : il lui a fallu brosser énergiquement les tissus de velours pour les débarrasser de la poussière et des toiles d’araignées dont ils étaient saturés! Et puis, comme il n’y avait plus de catafalque, il leur a fallu en reconstituer un avec des moyens de fortune… Et finalement, tout cela avait fort belle allure, ce soir.

Lully.

Publié dans : Chronique de Lully, De liturgia |le 3 novembre, 2007 |Pas de Commentaires »

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