Prologue librement inspiré par celui de l’Evangile selon Saint Luc.

Prologue librement inspiré par celui de l'Evangile selon Saint Luc. dans Annonces & Nouvelles dsc08042copiecopie

Le Maître-Chat Lully

« Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements – parfois totalement insignifiants – qui se produisent en ces temps, j’ai décidé moi aussi (puisque je suis chaque jour le témoin scrupuleusement attentif d’une aventure qui est, elle, véritablement hors du commun), de tenir pour vous, amis du Mesnil-Marie, sous la forme d’un récit assorti de commentaires personnels, une espèce de diaire de la fondation du Refuge Notre-Dame de Compassion.

Ainsi pourrez-vous, en suivant les péripéties de notre vie quotidienne, ou en vous associant aux évènements humains et surtout spirituels qui en jalonnent l’existence, garder un lien plus concret avec cette oeuvre que vous soutenez d’une fidèle et pieuse amitié.

Je réclame, bien évidemment, votre indulgence car je ne suis qu’un tout petit chat, mais vous savez aussi que j’occupe au Mesnil-Marie une place privilégiée (voir ici > www)… Puissent néanmoins ces lignes être utiles à tous pour conserver et resserrer le lien de la charité, dans la paix et la joie du coeur! »

patteschats chronique dans Chronique de LullyLully, l’Observateur.

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Chronique de Lully | le 10 septembre, 2007 |Commentaires fermés

2014-104. « Elle venait, avec un amour non pareil, se donner, dédier et consacrer à Dieu sans réserve. »

Extraits du premier sermon
de
Saint François de Sales
pour
la fête de la Présentation de Notre-Dame.

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Selon la grande tradition spirituelle de l’Ecole Française, la fête de la Présentation de la Bienheureuse Vierge Marie au Temple – le 21 novembre - , est une fête importante en notre Mesnil-Marie.
Nous sommes, bien évidemment, très fermement opposés aux théories modernes – ou plus exactement modernistes – qui nient la réalité historique de cet évènement.

Dans les pages de ce blogue, j’ai déjà publié la traduction de l’hymne liturgique particulier à cette fête que l’on trouve dans l’ancien propre de l’archidiocèse de Paris (ici > www), un extrait de la méditation de Monsieur Olier pour cette fête (ici > www), ainsi que des extraits du texte de Saint Alphonse de Ligori consacré à ce mystère dans « les Gloires de Marie » (ici > www).

Voici aujourd’hui  des extraits d’un sermon de Saint François de Sales (dans notre édition des « Oeuvres de Saint François de Sales », il y a deux sermons pour cette fête, les extraits que nous publions ci-dessous appartiennent au premier).
Ce sermon fut prononcé pour les religieuses de la Visitation pour lesquelles, ainsi que dans un certain nombre de congrégations religieuses et de familles spirituelles, cette fête donne l’occasion d’une cérémonie particulière du renouvellement des saints voeux.

Lully.    

Colin de Vermont cathédrale St-Louis Versailles

La Présentation de la Très Sainte Vierge au Temple
tableau de la cathédrale Saint-Louis de Versailles par Hyacinthe Collin de Vermont (1693-1761)

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« (…) Cette Sainte Vierge donc n’étant encore âgée que de trois ans, fut apportée une partie du chemin de Nazareth en Jérusalem pour être offerte à Dieu en Son Temple, et l’autre partie elle y vint avec ses petits pieds. O Dieu ! que j’eusse bien désiré de me pouvoir représenter la consolation et suavité de ce voyage.
Ceux qui allaient au Temple de Jérusalem pour y présenter des offrandes à la divine Majesté chantaient le long du chemin le psaume : « Beati immaculati in via, qui ambulant in lege Domini ; bienheureux sont ceux qui marchent sans macule et sans tache de péché en la voie des commandements de Dieu. » O combien gracieusement et avec quelle mélodie est-ce que l’entonna notre glorieuse Reine et Maîtresse ? de quoi les anges furent tellement ravis et étonnés, que troupes à troupes ils venaient pour écouter cette divine harmonie, et les cieux ouverts ils se penchaient sur les balustres de la Jérusalem céleste, pour considérer cette Sainte Vierge, laquelle étant parvenue au Temple.
O mes chères âmes, combien allègrement pensez-vous qu’elle monta les quinze degrés de l’autel ; car elle venait, avec un amour non pareil, se donner, dédier et consacrer à Dieu sans réserve ; et semble que si elle eût osé elle eût dit à ces bonnes dames qui élevaient les filles que l’on dédiait à Dieu dans le Temple : Me voici entre vos mains comme une boule de cire, faites de moi tout ce qu’il vous plaira, je ne ferai nulle résistance à votre volonté.
Aussi était-elle si soumise qu’elle se laissait tourner à toute main, sans jamais témoigner aucune inclination à chose quelconque, se rendant si condescendante qu’elle ravissait tous ceux qui la voyaient, commençant dès-lors à imiter son divin Fils, lequel devait être si soumis à la volonté d’un chacun, que nonobstant qu’il fût en Son pouvoir de résister à tous, Il ne le voulut pourtant jamais faire : et si bien au commencement de Sa Passion il montra Sa toute-puissance, lorsque comme un lion de la tribu de Juda Il se prit à rugir cette parole : « Ego sum, c’est Moi », quand les Juifs Le cherchant pour Le faire mourir, Il leur demanda : « Quem quaeritis ? Qui cherchez-vous ? » Ils Lui dirent : Jésus de Nazareth. C’est Moi, leur dit-il, et par cette parole Il les renversa tous par terre. Mais soudain les ayant fait relever, Il cacha Sa toute-puissance sous le manteau d’une sainte mansuétude et débonnaireté, si bien que dès-lors ils Le prirent et Le conduisirent à la mort, sans que jamais ils vissent en Lui aucune résistance, leur permettant non seulement de Le tondre et dépouiller comme un doux agnelet, mais encore de Lui ôter jusqu’à Sa propre vie, pour accomplir la volonté de Son Père éternel.
Donc la Sainte Vierge, prévoyant cela, se soumit en toute chose, sans réserve quelconque, à tout ce qu’on voulait d’elle, se donnant et abandonnant totalement à la merci de la divine volonté ; mais avec tant de perfection, que jamais nulle créature ne se donna ni s’abandonna si absolument et si parfaitement à la divine Majesté, comme elle fit non seulement en sa sainte conception, mais encore en sa présentation, qui est pour vous autres, mes chères soeurs, une très grande solennité, puisqu’en icelle vous vous venez derechef offrir et consacrer à Dieu par le renouvellement et confirmation de vos voeux.
Or la coutume de faire ce renouvellement s’est toujours pratiquée, et dès le commencement de l’Eglise les anciens chrétiens la pratiquaient au jour anniversaire de leur baptême, qui était le jour qu’ils s’étaient dédiés à Dieu (…). Certes, il est très à propos que les religieux et religieuses les imitent, et fassent tous les ans une fête particulière, au jour de leur dédicace et de leur entrée en la religion : mais d’autant qu’ils ne doivent rien avoir de particulier, vous avez très à propos, mes chères soeurs, choisi le jour de la présentation de Notre-Dame, pour faire ce renouvellement toutes ensemble, et vous offrir derechef à la divine Majesté, sous la protection de cette Sainte Vierge, afin de l’accompagner en son offrande : en quoi se vérifie ce qui a été prédit par le saint prophète David, que plusieurs vierges seraient, à son imitation, amenées après elle au Temple de Dieu pour Lui être offertes et consacrées pour servantes perpétuelles, « Adducentur Regi virgines post eam et proximae ejus afferentur tibi, in laetitia, et exultatione adducentur in Templum Regis » : or il est dit encore qu’elles seront amenées, et viendront avec joie et exultation. C’est donc un jour de joie et de consolation pour vos âmes, que le jour de votre renouvellement et commémoration de votre dédicace à la divine bonté. (…) »

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Extrait du coutumier et directoire
pour les Soeurs Religieuses de la Visitation Sainte Marie :

Coutumier de la Visitation - 21 novembre 001

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Publié dans : De liturgia, De Maria numquam satis, Textes spirituels | le 20 novembre, 2014 |1 Commentaire »

2014-103. In memoriam : Dom Marie-Grégoire Girard, osb.

4 mars 1932  -  17 ou 18 novembre 2013

Dom Marie-Grégoire Girard

Dom Marie-Grégoire Girard, osb
(photo reproduite avec l’aimable autorisation de son auteur, Monsieur G. Emery, ami du Père)

A l’occasion du premier anniversaire de sa mort, laissez-moi vous parler d’un homme assez extraordinaire que j’ai un peu connu : moine bénédictin,  ermite, ascète, veilleur, témoin de la lumière dans les ténèbres de ce monde, le Père Marie-Grégoire.

Michel Girard était né le 4 mars 1932 à Fontainebleau. Entré tout jeune homme à l’abbaye bénédictine de Fleury (Saint-Benoît sur Loire), où il reçut le nom de Frère Marie-Grégoire, il prononça les voeux monastiques le 18 novembre 1952 – huit mois et demi après son vingtième anniversaire – , puis fut ordonné prêtre le 11 juin 1960.

Après quatorze ans de vie commune, appelé à une plus extrême radicalité, sa vocation à la vie érémitique ayant été authentifiée par ses supérieurs et conseillers spirituels, il entra en solitude en janvier 1965.
Il s’installa d’abord dans de vieux bâtiments du village de Sainte-Croix, à quelques kilomètres à l’ouest de Die ; puis en 1967, il trouva un lieu encore plus conforme à la vie très austère et retirée à laquelle il aspirait, sur une crête, à quelque 760 m d’altitude au-dessus du tout petit village de Saint-Andéol en Quint, toujours dans le Diois.

Son ermitage était une petite cabane de planches, de la taille d’un abri de jardin, sans confort et sans électricité bien sûr. Le Père disait plaisamment qu’il avait l’eau courante, en désignant la source qui sourdait une cinquantaine de mètres en contrebas de son ermitage (avec une pente avoisinant les 80%).
Pour rendre visite au Père Marie-Grégoire, il fallait laisser son véhicule sur la place de Saint-Andéol en Quint, près de la minuscule église, puis, par un chemin étroit – malaisé en certains passages (je me souviens d’y être allé à l’automne et on pouvait facilement glisser) – monter, monter, monter à travers la forêt, pendant environ trois quart d’heure.

Son alimentation était strictement végétarienne et, en quarante-huit ans de vie érémitique, le Père Marie-Grégoire n’a jamais vu le médecin.
Homme de très profonde spiritualité – sinon il n’aurait pas « duré » dans cette solitude ! – , accueillant à tous avec bonhommie, son regard pénétrant semblait aller jusqu’aux tréfonds de l’âme de celui avec qui il conversait.
Sérieux, certes, rayonnant de la foi tranquille qui l’habitait même lorsque la conversation ne tournait pas sur un sujet pieux, « l’ermite du Diois » portait un regard d’une impitoyable lucidité sur les dérives du monde contemporain, les travers de notre société, et les déviances ou errances de « l’Eglise dans le monde de ce temps » (et sur certains « hommes d’Eglise » qui ne sont pas des « hommes de Dieu »).
Mais si ses propos étaient fermes, au point de sembler durs à entendre pour certaines oreilles, ils n’étaient cependant jamais amers, et Dom Marie-Grégoire persillait volontiers la conversation de traits d’humour, voire de réflexions un peu goguenardes, qui faisaient pétiller ses pupilles d’une malice quasi enfantine.

« Travailleur infatigable, tant manuellement qu’intellectuellement, il avait entièrement écrit et confectionné à la main ses livres d’office, et composé quelques volumineux ouvrages bibliques et apolégétiques » (homélie des obsèques prononcée par le T.Rd. Père Abbé de Fleury, le 29 novembre 2013).

« Paradoxalement, cet ermite perché sur son nid d’aigle, totalement en marge de la société, connut un large rayonnement (…). Sa vie rayonna parce qu’elle était « cachée avec le Christ en Dieu » (Col. III, 1), qu’il n’y avait pas de hiatus entre ce qu’il professait et ce qu’il pratiquait, qu’il possédait le sens des relations, connaissant tout le monde, se souvenant du nom de chacun, priant pour tous. Il réussit à harmoniser un retrait du monde sans compromis et une présence attentive à celui-ci ; il nous indique ainsi le secret de l’apostolat : ce n’est pas une affaire de recettes, de méthodes ou d’organisation, mais d’authenticité de vie, de ferveur intérieure et de forte conviction » (ibid.).

C’est un promeneur qui, le 18 novembre 2013, trouva le corps sans vie du Père, recouvert d’une mince pellicule de neige, son bidon à côté de lui, entre son ermitage et la source. Comme il avait un peu neigé dans les premières heures de cette journée du 18 novembre, on en a déduit qu’il était mort soit le 17, soit aux premières lueurs du 18 : le jour du soixante et unième anniversaire de sa profession monastique !
Comme lors de la profession des saints voeux, d’ailleurs, il était prosterné de tout son long, visage contre terre… 

Beaucoup de ceux qui l’ont connu, beaucoup de ceux qui – un peu « dérangés » par le choc de leur première rencontre avec ce veilleur sur la montagne – ont décidé de remonter à son ermitage pour interroger, se laisser interroger et écouter, beaucoup de ceux qui entretenaient avec lui une correspondance, n’hésitent pas à dire qu’ils ont connu en lui un véritable saint : un saint à la manière des anciens pères du désert, un saint aux vertus plus éclatantes que celles de certains récents « canonisés » dont l’impact semble plus médiatique ou idéologique que profondément surnaturel.
Ce que j’ai moi-même personnellement retenu de mes échanges avec Dom Marie-Grégoire est trop personnel pour que j’en fasse état ici aujourd’hui, mais, n’ayant appris son décès que plusieurs longues semaines après, je ne pouvais laisser passer le premier anniversaire de son rappel à Dieu sans, dans ma modeste mesure, rendre témoignage de la vie quotidiennement héroïque qui fut la sienne…

Ut in omnibus glorificetur Deus
Afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

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Publié dans : Memento | le 17 novembre, 2014 |3 Commentaires »

2014-102. Quatre-cent-cinquantième anniversaire de la profession de foi tridentine.

1564 – 13 novembre – 2014
450 ans

Armoiries de Pie IV (Jean-Ange de Médicis)

Armoiries de Sa Sainteté le Pape Pie IV

Il y a quatre-cent-cinquante ans, le 13 novembre 1564, conformément aux décisions du saint concile de Trente concernant la réforme générale de l’Eglise afin d’assurer la transmission de la doctrine catholique authentique, par les Constitutions Apostoliques « Iniuctum nobis » et « In sacrosancta Beati Petri » publiées toutes deux en ce jour, Sa Sainteté le Pape Pie IV rendit obligatoire dans toute l’Eglise une profession de foi : tous les évêques, tous les prêtres et tous les clercs chargés d’enseigner devraient désormais en faire une profession publique avant d’entrer en fonction.
A la suite du premier concile du Vatican, en 1877, cette profession de foi tridentine fut complétée par deux ajouts.
En 1910, le Pape Saint Pie X y  ajouta le serment antimoderniste (dont le texte a déjà été publié dans les pages de ce blogue > www) et l’ensemble de cette « profession de foi catholique » fut mis en tête du Code de Droit canonique publié en 1917.
Comme nous avions eu l’occasion de le dire (cf. > www), Paul VI abrogea l’obligation de ce serment en 1967, jusqu’à ce que, en 1998, Jean-Paul II promulgue une nouvelle profession de foi, qui n’a ni la même teneur ni la même force.
A l’occasion de ce quatre-cent-cinquantième anniversaire, il nous a paru judicieux et utile pour la foi de nos amis et de nos lecteurs, de redonner ci-dessous la traduction en français du texte de cette « profession de foi tridentine ».

Arnolfo di Cambio St Pierre (Vatican)

Basilique de Saint-Pierre au Vatican :
Statue de Saint Pierre par Arnolfo di Cambio (vers 1300)

Moi, N…, je crois et je professe d’une foi ferme tous et chacun des articles contenus dans le symbole de la foi dont se sert l’Église romaine, c’est-à-dire : 

Nous croyons en un Dieu, Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles ; et en un Seigneur Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, engendré du Père avant tous les siècles, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non créé, consubstantiel [homoousios] au Père, par qui tout a été fait ; qui pour nous, les hommes, et pour notre salut, est descendu des cieux, par le Saint Esprit s’est incarné de la Vierge Marie, et s’est fait homme ; il a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate ; a souffert ; a été enseveli, est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures, est monté aux cieux ; il siège à la droite du Père et il reviendra en gloire juger les vivants et les morts ; son règne n’aura pas de fin ; et en l’Esprit Saint, le Seigneur, qui vivifie ; qui procède du Père et du Fils ; qui avec le Père et le Fils est conjointement adoré et glorifié ; qui a parlé par les prophètes. 

Et en une Eglise sainte, catholique et apostolique. Nous confessons un baptême pour la rémission des péchés. Nous attendons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen.

J’accepte et j’embrasse très fermement les traditions apostoliques et celles de l’Église, et toutes les autres observances et constitutions de cette même Église. De même j’accepte l’Écriture sainte, suivant le sens qu’a tenu et que tient notre sainte mère l’Église, à qui il appartient de juger du véritable sens et de l’interprétation des saintes Écritures. Je n’accepterai et je n’interpréterai jamais l’Écriture que selon le consentement unanime des Pères.

Je professe aussi qu’il y a, véritablement et à proprement parler, sept sacrements de la Loi nouvelle, institués par notre Seigneur Jésus-Christ et nécessaires au salut du genre humain, bien que tous ne le soient pas pour chacun : le baptême, la confirmation, l’Eucharistie, la pénitence, l’extrême-onction, l’ordre et le mariage. Ils confèrent la grâce et, parmi eux, le baptême, la confirmation et l’ordre ne peuvent être réitérés sans sacrilège. Je reçois et j’accepte aussi les rites reçus et approuvés de l’Église catholique dans l’administration solennelle des dits sacrements.

J’embrasse et je reçois tous et chacun des articles qui ont été définis et déclarés au saint concile de Trente sur le péché originel et la justification.

Je professe également qu’à la messe est offert à Dieu un sacrifice véritable, proprement dit, propitiatoire pour les vivants et les morts, et que, dans le très saint sacrement de l’Eucharistie, se trouvent vraiment, réellement et substantiellement le corps et le sang, conjointement avec l’âme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, et qu’un changement s’accomplit, de toute la substance du pain en son corps et de toute la substance du vin en son sang, changement que l’Église catholique appelle transsubstantiation. J’affirme aussi que, sous une seule des espèces, c’est le Christ tout entier et complet et le véritable sacrement qu’on reçoit.

Je tiens sans défaillance qu’il y a un purgatoire et que les âmes qui y sont retenues sont aidées par les intercessions des fidèles. Et également que les saints qui règnent conjointement avec le Christ doivent être vénérés et invoqués ; qu’ils offrent pour nous des prières à Dieu et que leurs reliques doivent être vénérées. Je déclare fermement qu’on peut avoir et garder les images du Christ et de la mère de Dieu toujours vierge, ainsi que celles des autres saints, et qu’il faut leur rendre l’honneur et la vénération qui leur sont dus. J’affirme aussi que le pouvoir des indulgences a été laissé par le Christ dans l’Église et que leur usage est très salutaire au peuple chrétien.

Je reconnais la sainte, catholique et apostolique Église romaine comme la mère et la maîtresse de toutes les Églises. Je promets et je jure vraie obéissance au Pontife romain, successeur du bienheureux Pierre, chef des Apôtres. et vicaire de Jésus-Christ.

Je reçois et je professe sans en douter tout ce qui, par les saints canons et par les conciles oecuméniques, principalement par le saint concile de Trente [et par le concile oecuménique du Vatican (1)], a été transmis, défini et déclaré [spécialement sur le primat du Pontife romain et son magistère infaillible (1)]. En même temps, je condamne, je rejette et j’anathématise également tout ce qui leur est contraire et toute espèce d’hérésie condamnée, rejetée et anathématisée par l’Église.

Cette vraie foi catholique, hors de laquelle personne ne peut être sauvé, que je professe présentement de plein gré et que je tiens sincèrement, moi, N… je promets, je prends l’engagement, et je jure de la garder et de la confesser, Dieu aidant, entière et inviolée, très fidèlement jusqu’à mon dernier soupir, et de prendre soin, autant que je le pourrai, qu’elle soit tenue, enseignée et prêchée par ceux qui dépendent de moi ou par ceux sur qui ma charge me demandera de veiller. Qu’ainsi Dieu me soit en aide et ces saints Évangiles. 

(1) : Ajouts de 1877.

Tiare et clefs de Saint Pierre

Cantique : « Coeur Sacré du divin Jésus »

Ce n’est un secret pour personne : au Mesnil-Marie nous avons une grande dévotion pour le Sacré-Coeur de Notre-Seigneur Jésus-Christ et nous en diffusons le culte autant que nous le pouvons.
Or nous sommes toujours étonnés de constater que, dans les chapelles et lieux de culte traditionnels où la dévotion au Sacré-Coeur a été maintenue (parce que malheureusement dans les églises où l’on pratique la nouvelle liturgie, à quelques exceptions près, là, on ne retrouve quasi plus rien : le culte du Coeur de Jésus a en effet été l’un des cibles privilégiées des destructions modernistes), le répertoire des cantiques en français en l’honneur du Coeur adorable de Notre-Seigneur ne se réduit habituellement plus qu’à trois ou quatre chants, alors que les anciens recueils en contenaient des dizaines.
Certes, la qualité musicale et la profondeur spirituelle n’étaient pas toujours au rendez-vous de ces compositions… Néanmoins, il existe quelques chants qui, nous semble-t-il, pourraient être tirés des oubliettes où les ont relégués le grand nettoyage par le vide de la seconde moitié du XXe siècle.
En voici un, extrait du « Recueil de cantiques populaires » de Monseigneur Joseph Besnier, jadis directeur de la maîtrise de la cathédrale de Nantes : l’abbé E. Blineau avait composé des paroles sur une mélodie attribuée à Jean-Sébastien Bach, mais qui est probablement plus ancienne, puisque l’on sait qu’il arrivait fréquemment au Cantor de Leipzig de réutiliser pour ses chorals des airs religieux populaires.

C’est un cantique que nous aimons beaucoup et que nous espérons vous faire aussi aimer, et peut-être apprendre pour le chanter en famille ou en paroisse…

Cantique Coeur Sacré du divin Jésus

Sacré-Coeur

Publié dans : Prier avec nous | le 7 novembre, 2014 |1 Commentaire »

2014-101. Ad multos annos !

2004 – 6 novembre – 2014

Dixième anniversaire de mariage

6 novembre 2004 - mariage de Mgr le Prince Louis

Le samedi 6 novembre 2004, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, âgé de trente ans, épousait Mademoiselle Marie-Marguerite Vargas Santaella - descendante du conquistador espagnol Alphonse (Alonso) de Ojeda – , de neuf ans sa cadette.

Ce mariage fut célébré en l’église Saint-Stanislas-de-Cracovie du village de Altos de Chavon, à La Romana (République Dominicaine).
Le mariage civil avait eut lieu la veille, vendredi 5 novembre, à Caracas, au Vénézuela, patrie de la jeune épouse.

A l’occasion du dixième anniversaire de ce mariage, auquel le Ciel a accordé la bénédiction de trois magnifiques enfants (la Princesse Eugénie – née le 5 mars 2007 – , Monseigneur le Dauphin Louis, duc de Bourgogne – né le 28 mai 2010 – , et le Prince Alphonse, duc de Berry – né le 28 mai 2010), nous formons des voeux fervents pour nos Souverains légitimes et, par dessus tout, nous prions plus encore qu’à l’accoutumée pour que Dieu bénisse et protège notre bien-aimée Famille Royale : ad multos annos !

Vive le Roi Louis XX !
Vive la Reine Marie-Marguerite !

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Grandes armes de France

Publié dans : Memento, Vexilla Regis | le 6 novembre, 2014 |3 Commentaires »

2014-100. « Il n’y a de vie véritable que la vie bienheureuse. »

 Sermon de
notre glorieux Père Saint Augustin
sur
les deux vies :

Rogier van der Weyden triptyque jugement Beaune détail

Ange introduisant des âmes en Paradis
- Rogier van der Weyden : triptyque du jugement dernier – détail (1446-52), Hôtel-Dieu de Beaune -

En ces jours de Toussaint, qui nous font contempler le Ciel et la gloire des élus, puis prier pour les âmes des défunts qui attendent l’achèvement de leur purification pour accéder au bonheur éternel, voici un court sermon de notre glorieux Père Saint Augustin qui nous exhorte à désirer et à tendre vers la Vie éternelle, mille fois préférable à la vie d’ici-bas.

§1 – Introduction : Saint Augustin se propose de nous inspirer l’amour de la vie éternelle qui est la seule vie véritable ainsi que cela ressort des paroles de Notre-Seigneur.

Le Seigneur disait à un jeune homme : « Si tu veux parvenir à la vie, observe les commandements » (Matth. XIX, 17). Il ne disait pas : Si tu veux parvenir à l’éternelle vie, mais : « Si tu veux parvenir à la vie » ; c’est qu’Il n’entend par vie que celle qui dure éternellement.
Commençons donc par en inspirer l’amour. 

§2 – Bien que cette vie terrestre nous soit l’occasion de bien des difficultés et des souffrances, quoi que nous en disions, nous lui sommes attachés.

Quelle que soit la vie présente, on s’y attache, et malgré ses chagrins et ses misères, on craint, on tremble d’arriver au terme de cette chétive vie.
Puisqu’on aime ainsi une vie pleine de tristesses et périssable, ne doit-on pas comprendre, ne doit-on pas considérer combien la vie immortelle est digne de notre amour ?

Remarquez attentivement, mes frères, combien il faut s’attacher à une vie où jamais l’on ne cesse de vivre.

Tu aimes cette vie où tu as tant à travailler, tant à courir, à te hâter, à te fatiguer. Comment nombrer tous les besoins que nous y éprouvons ? Il y faut semer, labourer, défricher, voyager sur mer, moudre, cuire, tisser et mourir après tout cela. Combien d’afflictions dans cette misérable vie que tu aimes !
Et tu crois vivre toujours et ne mourir jamais ? On voit tomber les temples, la pierre et le marbre, tout scellés qu’ils sont avec le fer et le plomb ; et l’homme s’attend à ne pas mourir ?

Apprenez donc, mes frères, à rechercher la vie éternelle où vous n’aurez à endurer aucune de ces misères, où vous régnerez éternellement avec Dieu.
« Celui qui veut la vie, dit le prophète, aime à voir des jours heureux » (Ps. XXXIII, 13). Quand en effet les jours sont malheureux, on désire moins la vie que la mort. Au milieu des afflictions et des angoisses, des conflits et des maladies qui les éprouvent, n’entendons-nous pas, ne voyons-nous pas les hommes répéter sans cesse : O Dieu, envoyez-moi la mort, hâtez la fin de mes jours ? Quelque temps après on se sent menacé : on court, on ramène les médecins, on leur fait des promesses d’argent et de cadeaux. Me voici, dit alors la mort, c’est moi que tu viens de demander à Dieu ; pourquoi me chasser maintenant ?
Ah ! tu es dupe de toi-même et attaché à cette misérable vie.

§3 – Saint Augustin fait ressortir combien il est insensé d’être attaché à nos jours terrestres et combien les hommes semblent manquer de réflexion lorsqu’ils célèbrent leurs anniversaires, puisqu’en fait ce qu’ils célèbrent c’est moins le début de leur vie que le rapprochement d’avec leur mort.

C’est du temps que nous parcourons que l’Apôtre a dit : « Rachetez le temps car les jours sont mauvais » (Ephés. V, 10). Et ils ne seraient pas mauvais, ces jours que nous traversons au milieu de la corruption de notre chair, sous le poids accablant d’un corps qui se dissout, parmi tant de tentations et de difficultés, quand on ne rencontre que de faux, plaisirs, que des joies inquiètes, les tourments de la crainte, des passions qui demandent et des chagrins qui dessèchent ?
Ah ! que ces jours sont mauvais! Et personne ne veut en voir la fin ? et l’on prie Dieu avec ardeur pour obtenir une vie longue ?
Eh ! qu’est-ce qu’une longue vie, sinon un long tourment ? Qu’est-ce qu’une longue vie, sinon une longue succession de jours mauvais ? Lorsque les enfants grandissent, ils croient que leurs jours se multiplient, et ils ignorent qu’ils diminuent. Le calcul de ces enfants les égare, puisqu’avec l’âge le nombre des jours s’amoindrit plutôt que d’augmenter. Supposons, par exemple, un homme âgé de quatre-vingts ans : n’est-il pas vrai que chaque moment de sa vie est pris sur ce qu’il lui en reste ? Et des insensés se réjouissent à mesure qu’ils célèbrent les retours de leur naissance ou de celle de leurs enfants ! Quelle vue de l’avenir ! Quand le vin baisse dans ton outre, tu t’attristes, et tu chantes quand s’écoule le nombre de tes jours ? Oui, nos jours sont mauvais, ils le sont d’autant plus qu’on les aime davantage. Les caresses du monde sont si perfides, que personne ne voudrait voir la fin de cette vie d’afflictions. 

§4 – La vraie vie est la vie bienheureuse et éternelle qu’il nous faut désirer et mériter.

Mais la vraie vie, la vie bienheureuse est celle qui nous attend lorsque nous ressusciterons pour régner avec le Christ. Les impies ressusciteront aussi, mais pour aller au feu. Il n’y a donc de vie véritable que la vie bienheureuse.
Or, la vie ne saurait être heureuse si elle n’est éternelle en même temps que les jours ou plutôt que le jour y est heureux ; car il n’y a point là plusieurs jours, mais un seul. Si nous disons plusieurs, c’est par suite d’une habitude contractée dans cette vie. Ce jour unique ne connaît ni soir ni matin ; il n’est pas suivi d’un lendemain, parce qu’il n’avait pas d’hier. C’est ce jour ou ces jours, c’est cette vie et cette vie véritable qui nous est promise. Récompense, elle suppose le mérite.
Ah ! si nous aimons cette récompense, ne nous lassons pas de travailler, et durant l’éternité nous règnerons avec le Christ.

Rogier van der Weyden triptyque jugement Beaune détail - l'ange

2014-99. Miséricorde… Se méfier des contrefaçons !

Jeudi 30 octobre 2014.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Bien que je ne fusse point né à l’époque où elle était largement diffusée à la radio ou à la télévision, je connais cette célèbre réclame de soda au gingembre qui ressemblait à de l’alcool, était doré comme de l’alcool mais n’était pas de l’alcool.
Ce slogan publicitaire a eu un tel impact que, depuis lors, le nom propre de cette marque sert à qualifier une chose qui n’a que les apparences et non les qualités réelles de ce qu’elle prétend ou semble être.

Dans l’Eglise – et dans le domaine spirituel qui est le sien – , de nos jours, on trouve aussi (et plus fréquemment qu’on ne le pourrait penser au premier abord) des produits de substitution qui ont l’apparence, la couleur ou même le goût d’authentiques valeurs chrétiennes, mais n’en sont que de fallacieuses contrefaçons.

S’il ne s’agissait pas de choses dont les conséquences peuvent être dramatiques pour l’éternité, on pourrait se contenter d’en sourire ; mais ce n’est justement pas le cas : voilà pourquoi, poursuivant de partager avec vous les réflexions que j’ai commencées à publier le jeudi 23 octobre (cf. > « Mettez-vous en colère et ne péchez pas ! ») et avant-hier, mardi 28 octobre (cf. > « Apostolicité et Tradition »), je voudrais vous entretenir aujourd’hui de cette contrefaçon de miséricorde – une « miséricorde Canada dry »qui dénature aujourd’hui le message évangélique authentique, qui conduit à une perversion profonde des consciences, et qui détourne l’action de la Sainte Eglise de la finalité qui lui a été définie par son divin Fondateur, Notre-Seigneur Jésus-Christ !

Murillo le fils prodique exigeant sa part d'héritage

Le fils prodigue, recevant la part d’héritage qu’il réclamait, s’apprête à quitter la maison paternelle
- tableau de Bartolomé Esteban Murillo (1617-1682) -

En effet, l’une des tactiques de perversion utilisée par les destructeurs du catholicisme consiste dans un premier temps à protester haut et fort qu’ils ne veulent, bien évidemment et en aucune manière, toucher au dogme ni à la doctrine morale traditionnelle – auxquels ils assurent porter les plus grands respect et attention – , mais tout aussitôt, avec l’air le plus inoffensif du monde, ils ajoutent que par « sollicitude pastorale » et « au nom de la miséricorde », il convient toutefois d’avoir le coeur charitablement ouvert aux difficultés, aux situations de détresses ou aux souffrances des hommes de notre temps, et donc, pour cela, qu’il faut assouplir une pratique qui, sinon, ne peut permettre aux hommes d’éviter l’écueil du découragement et les dissuade de se rapprocher de l’Eglise…
Si l’on peut, à l’appui de ces lénifiantes assurances, apporter quelque « témoignage » qui, par l’exposé d’un cas particulier bouleversant, va remuer son auditoire jusqu’aux entrailles, le mettre au bord des larmes au moyen de quelques vibrantes formulations, et l’amener inconsciemment à culpabiliser en lui suggérant que ce serait un cruel manque de charité que de se refuser à tant de bons sentiments humains, on peut dire que la partie est gagnée.

Toute la manipulation a joué sur l’émotionnel et, sans qu’ils soient jamais théoriquement remis en question ou raisonablement contrecarrés, les principes et les fondements doctrinaux ont été purement et simplement évacués une bonne fois pour toutes, au profit d’une pratique qui leur est opposée et qui va rapidement s’imposer de manière normative.

Toutes les situations morales non conformes à la loi divine qui, je n’en disconviens pas, sont très souvent lourdes d’un grand poids de souffrances – souffrances dues à des blessures, à des échecs, à des « erreurs de parcours » ou à des expériences très douloureuses – , même lorsqu’elles sont très largement répandues, n’en demeurent pas moins des comportements déviants.
Elles ne peuvent ni ne doivent en aucune façon être considérées comme normales, et encore moins comme normatives.

Rien ne peut ni ne doit être préféré à la sainte loi de Dieu !
Un véritable chrétien ne peut préférer l’amour de sa famille, de son conjoint, de ses enfants à l’amour de Dieu et à l’obéissance à Ses lois.
Un véritable chrétien ne peut cesser d’appeler péché un comportement non conforme à la loi de Dieu, parce que tel ou tel membre de sa famille le commet.
L’Eglise ne peut cesser de dénoncer le mal au prétexte qu’il y a de moins en moins de monde à obéir aux commandements de Dieu.
Sinon, il y a infidélité et trahison.

Je sais très bien que cela n’est pas facile ; je sais très bien que cela peut parfois être crucifiant ; mais c’est bien justement là que se vérifie si l’on aime Dieu en vérité : car aimer en vérité, ce n’est pas ressentir de grands élans et de douces impulsions romantiques, mais c’est être capable de grands sacrifices pour l’être aimé.
Si tu veux savoir comment tu aimes, pose-toi cette seule question : « Que suis-je capable de sacrifier pour celui que je prétends aimer ? »
Si tu es capable de sacrifier beaucoup de ce qui t’es cher, de ce à quoi tu tiens très profondément, alors tu aimes beaucoup. Mais si tu n’es pas capable de sacrifier même de petites choses auxquelles tu es attaché, alors tu n’aimes pas vraiment, quels que soient les « sentiments » que tu éprouves : le « senti » ment !

La prétendue miséricorde et la pseudo sollicitude pastorale qui tendent à faire accepter les comportements moraux non conformes à la loi divine ne sont que des compromissions avec l’esprit et les moeurs du temps, compromissions inspirées par les faiblesses d’un sentimentalisme purement humain !

Gerrit van Honthorst - 1622 - la débauche du fils prodigue

Les débauches du fils prodigue
- tableau de Gerrit van Honthorst (1590 – 1656) -

A la femme adultère dont Il a empêché la lapidation, Notre-Seigneur a dit : « Va, et désormais ne pèche plus ! ». Cela signifie bien qu’Il qualifie son comportement de péché et qu’il ne l’approuve pas, puisqu’Il lui donne l’ordre de ne plus le réitérer de manière délibérée.

Le pardon est accordé généreusement et surabondamment à ceux qui, reconnaissant leur faute, la regrettent et s’efforcent de n’y plus retomber.
La miséricorde véritable se fonde sur la dénonciation et l’éloignement du péché.

Tandis que les faux disciples de Jésus-Christ, quant à eux, disent : « Va, je ne te condamne pas, car « qui suis-je pour juger ? ». Ce que tu fais n’est certes pas exactement conforme à la loi divine telle qu’on l’a enseignée pendant des siècles, et telle qu’idéalement tu devrais la pratiquer, mais qu’importe, après tout, puisque tu dis que tu aimes cet homme ! Continue donc à  « faire l’amour » avec lui, évite seulement de te faire à nouveau prendre par les pharisiens… Dieu t’aime comme tu es… »

Bien sûr que Dieu aime les hommes « tels qu’ils sont », avec leurs très grandes faiblesses, mais cela ne signifie pas qu’Il veut qu’ils restent dans leur misère morale. Il ne les aime pas pour les maintenir dans leur péché, mais tout au contraire pour les en retirer et empêcher qu’ils n’y retombent.
La miséricorde de Dieu n’enferme pas les hommes dans des comportements déviants, elle n’est pas là pour bénir la pratique du péché, elle n’a pas pour but de les laisser croupir dans la fange de leurs fautes, elle agit pour les relever, les racheter et les sanctifier en les ramenant dans l’observance des lois divines !
La miséricorde de Dieu agit pour nous guérir du péché et pour nous en préserver à l’avenir, non pour nous permetttre de nous y installer confortablement.

Dieu est plein de compassion pour la faiblesse des hommes pécheurs, mais Il n’a point de complaisance envers le péché : Sa miséricorde est infinie, mais elle ne peut cependant s’exercer envers celui qui s’obstine dans le mépris de Sa loi et de Ses préceptes.

C’est pourquoi nous devons bien comprendre que même les châtiments exemplaires dont Dieu a usé dans l’histoire du salut étaient en réalité l’exercice de Son infinie miséricorde, lors même qu’à vues simplement humaines ils nous semblent terribles et cruels.
L’expulsion de nos premiers parents du paradis terrestre fut une miséricorde. La réprobation de Caïn fut une miséricorde. Le déluge fut une miséricorde. La destruction de Sodome et Gomorhe fut une miséricorde… etc.
Par ces châtiments exemplaires, en effet, Dieu – par miséricorde – mettait un frein à la contagion du péché, voulait susciter le repentir et la pénitence dans les coeurs coupables et, ce faisant, leur accordait la possibilité d’être pardonnés et sauvés.

Car la miséricorde divine n’est pas une assurance de tranquillité et de prospérité pour la vie d’ici-bas ; elle intervient pour convertir, pour provoquer une contrition salutaire, pour communiquer la grâce, pour faciliter aux hommes l’abandon de leur conduite mauvaise, pour fortifier leurs pas dans les voies du Seigneur et pour que, à la fin de leur vie, ils puissent échapper à l’enfer et entrer dans la béatitude céleste.

L’une des plus belles paraboles par laquelle Notre-Seigneur nous a dépeint la miséricorde de Dieu, est celle de l’enfant prodigue.
Mais prenons bien conscience que si le père du fils prodigue avait mis en pratique la prétendue miséricorde et la pseudo pastorale de nos actuels chantres de la modernité, il n’aurait pas attendu dans l’angoisse et la douleur du coeur le retour de son fils, il n’aurait pas couru au devant de lui pour le relever et l’embrasser, il n’aurait pas ordonné un festin pour fêter son retour, il ne se serait pas réjoui et n’aurait pas voulu que tous se réjouissent de sa conversion. Puisque, alors, il aurait trouvé acceptable et légitime l’éloignement, la prodigalité et la vie de débauche de son fils, il n’en aurait pas souffert, il n’aurait pas veillé dans l’espérance, il n’aurait pas supplié le Ciel pour obtenir ce retour !
Si le père de l’enfant prodigue eût été un de nos théologiens modernistes, il eût peut-être déclaré : « Ce n’est pas vraiment que cela me plaise, mais je dois bien m’en faire une raison : les choses sont ainsi et, de toute façon, Dieu aime mon fils tel qu’il est. D’ailleurs tous les jeunes font ainsi à notre époque ; je dois donc cesser de nommer prodigalité et débauche son comportement car qui suis-je pour juger ? » 

Mais cela ce n’est pas l’Evangile !

Salvator Rosa - le prodigue rentre en lui-même (1651-55)

Le fils prodique rentre en lui-même et ouvre son âme au repentir
- tableau de Salvatore Rosa (1615-1673) -

Pour savoir ce qu’est en vérité la miséricorde et pour la mettre en pratique, la Sainte Eglise – la véritable Eglise, l’Eglise fondée sur les enseignements irréformables de Notre-Seigneur Jésus-Christ transmis par les Saints Apôtres et par la Tradition – n’a tout de même pas attendu le mois d’octobre 2014 !

La Sainte Eglise est experte en miséricorde, dans son enseignement doctrinal et moral traditionnel aussi bien que dans la manière traditionnelle qu’elle a de dispenser les sacrements et de se prononcer sur ceux qui peuvent y avoir accès.
La Sainte Eglise, notre Mère, est experte en miséricorde lorsqu’elle dénonce le péché, lorsqu’elle affirme que ce ne sont pas les choix de l’homme qui constituent la loi morale, lorsqu’elle proclame les commandements de Dieu comme norme universelle, lorsqu’elle fustige le laxisme et le relativisme, lorsqu’elle refuse de considérer comme équivalents tous les comportements sexuels, lorsqu’elle prêche la conversion et la pénitence, lorsqu’elle avertit les pécheurs qu’ils risquent la damnation éternelle, lorsqu’elle enseigne les exigences de la pureté de l’âme et du corps, lorsqu’elle énonce les conditions d’accès à la sainte communion… etc.
La Sainte Eglise est experte en miséricorde dans l’exemple que donnent tant de ses saints dont je ne citerai qu’un seul exemple : Saint Jean-Marie Vianney, le saint curé d’Ars, véritable martyr du confessional, si miséricordieux envers les pécheurs alors qu’il était sans complaisance envers le péché.

La fausse miséricorde qui n’appelle pas péché le péché, qui ferme les yeux sur sa malice, qui l’absout sans qu’il y ait ni regret, ni demande de pardon, ni ferme propos de l’éviter à l’avenir, n’est ni plus ni moins qu’un encouragement au péché, n’est ni plus ni moins qu’une forme de complicité morale qui porte la responsabilité de l’offense faite à Dieu et qui au tribunal divin partagera la culpabilité et le châtiment du péché.

Cette pseudo miséricorde, en effet, ne demande aucun effort de conversion, aucun changement de mentalité et de conduite, mais excuse tous les comportements en s’aveuglant volontairement sur leur malice.
Cette prétendue miséricorde relègue Dieu et Sa Loi au second plan, pour déclarer intouchables et inattaquables tous les errements humains.
Et au lieu d’offrir aux âmes des pécheurs la grâce qui les sauve, la « miséricorde Canada dry » les enfonce dans leur péché, anesthésie leur conscience, déroule sous leurs pas un tapis confortable pour marcher sur la voie spacieuse de la perdition, et leur ouvre finalement largement la porte de l’enfer.

Lully.

Murillo - le retour de l'enfant prodigue (1667-70)

Le retour du fils prodigue
- tableau de Bartolomé Esteban Murillo (1617-1682) -

Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs | le 30 octobre, 2014 |2 Commentaires »

2014-98. Apostolicité et Tradition.

« Credo (…) apostolicam Ecclesiam :
Je crois que l’Eglise est apostolique »

Mardi 28 octobre 2014,
Fête des Saints Apôtres Simon et Jude.

Venise, basilique St-Marc anonyme vers 1200-30 sculpture sur pierre - le Christ enseignant les 12 apôtres

Le Christ enseignant les Apôtres
(sculpture sur pierre, vers 1200-1230 – Basilique Saint-Marc, Venise)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Certains d’entre vous se sont demandés – et m’ont même adressé des messages pour me demander – quels étaient les motifs secrets de ma publication du 23 octobre dernier (cf. www), subodorant qu’elle préparait un prochain grand rugissement et quelques coups de griffes bien sentis.

Qu’on se rassure : je ne vais pas crier, tempêter, pousser des hurlements, me mettre hors de moi, ou manifester une ire désordonnée.

Comme chaque fois que j’ai quelque chose à dire, je vais m’efforcer de le faire avec le plus de sang froid et d’urbanité qu’il me sera possible, ce qui, bien évidemment, n’empêche pas d’activer énergiquement cette « faculté par laquelle l’âme se porte à surmonter les difficultés qu’elle rencontre dans la quête du bien ou la fuite du mal », et que l’on nomme, en philosophie, l’irascible, en vue de travailler à l’affirmation ferme et claire de la Vérité.

Non pas « ma » vérité, mais LA vérité.
Une vérité qui n’est qu’une opinion personnelle n’est pas LA vérité ; une vérité qui n’est pas universelle n’est pas LA vérité.
Or, pour un chrétien (mais pas seulement d’ailleurs : en fait pour tout homme, car tout homme est appelé au salut), la Vérité est une Personne : la Personne du Verbe de Dieu incarné, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui a dit de Lui-même : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean XIV, 6).
Ce que j’exprime tend donc à coller au maximum avec les enseignements de cette plénitude de Vérité qui nous a été révélée en Notre-Seigneur Jésus-Christ, et qui a été confiée par Lui à Son Eglise, pour qu’elle la transmette à tous les hommes sans altération jusqu’à la consommation des siècles.

Cela étant rappelé, je souligne que c’est à dessein que je publie les présentes réflexions (qui auront une suite, je vous l’annonce dès à présent) en cette fête des Saints Apôtres Simon et Jude.

L’Eglise – nous le chantons tous les dimanches et jours de fête – est apostolique : « Credo (…) unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam : je crois que l’Eglise est une, sainte, catholique et apostolique ».

L’Eglise est apostolique par son origine, par son enseignement et par sa structure : c’est-à dire qu’elle remonte, par une succession légitime, jusqu’aux Saints Apôtres eux-mêmes, qu’elle transmet leur doctrine et leurs rites – qu’ils avaient reçus directement du Christ – , et qu’elle est gouvernée par leurs successeurs.
Ainsi, la véritable l’Eglise ne peut-elle être qu’une Tradition, c’est-à-dire une transmission : transmission fidèle de la doctrine, transmission fidèle des rites, transmission fidèle des structures.

S’il y a rupture de la Tradition, il n’y a plus d’apostolicité, il n’y a plus l’Eglise du Christ.
La Tradition peut connaître des développements et des explicitations - explicitations rendues nécessaires au cours des âges, et souvent en raison des « crises » ou des oppositions – , mais elle ne laisse en aucune manière place à l’invention ou à la création de nouvelles structures, de nouvelles doctrines, de nouveaux rites

Ainsi, contrairement à ce que l’on entend ou lit malheureusement de plus en plus couramment dans la bouche ou sous la plume de personnes qui sont soit elles-mêmes mal informées, soit – non sans malignité – désireuses de déformer la Vérité, un véritable chrétien, fidèle à l’apostolicité de l’Eglise, n’acceptera pas :
a) – de dire ou de croire que Saint Paul a transformé le message du Christ, ou bien que l’Eglise est née des enseignements de Saint Paul (ce qui sous-entend que ce ne serait pas Notre-Seigneur Jésus-Christ qui l’aurait voulue et fondée) ;
b) – de dire ou de croire que les conciles de Nicée, Constantinople, Ephèse, Chalcédoine… etc. ont fabriqué les dogmes de la divinité de Jésus-Christ, de la Sainte Trinité, de la consubstantialité du Père et du Fils, des deux natures du Christ en une seule Personne… etc. ;
c) – de dire ou de croire que les sept sacrements – avec la doctrine qui leur est sous-jacente – sont apparus progressivement dans l’Eglise (et que par exemple le sacrement de mariage serait une invention ecclésiastique du Moyen-Âge) ;
d) – de dire ou de croire que la morale chrétienne, telle qu’elle nous a été traditionnellement enseignée, ne serait qu’une conséquence des mentalités, des structures institutionnelles ou des préjugés sociaux d’une époque donnée ;
e) – … etc., …etc.

Lorsque j’entends ou lis des chrétiens (ou du moins qui prétendent l’être), des professeurs d’universités catholiques (ou du moins qui prétendent l’être), des théologiens (ou du moins qui prétendent l’être), des évêques et des cardinaux (…etc. « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende » - Matth. XI, 15 – !!!) affirmer – ou sous-entendre – dans les théories qu’ils développent à l’occasion de prises de parole, que finalement ce qui a été cru, pratiqué et enseigné par l’Eglise pendant vingt-siècles doit être « réinterprêté », « repensé », « revu » en fonction des mentalités et des pratiques  contemporaines, au prétexte que « le monde a changé et l’Église ne peut pas s’enfermer dans des interprétations présumées du dogme… » (*), j’ai non seulement le droit, mais j’ai même le devoir de rappeler énergiquement que l’Eglise est apostolique dans son enseignement, et que si l’enseignement donné aujourd’hui dans l’Eglise venait à différer de celui qui se trouve dans les écrits des Saints Apôtres et dans toute la Tradition, ce serait qu’alors l’Eglise aurait cessé d’être apostolique et ne serait plus la véritable Eglise !

Car Notre-Seigneur Jésus-Christ a bien dit : « Allez donc, enseignez toutes les nations les baptisant au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder Mes commandements… » (Matth. XXVIII,  19-20a) et non pas : Allez donc, pour dire simplement à toutes les nations que Dieu les aime sans exiger d’elles la conversion des mentalités et des moeurs ; n’imposez pas une pratique universelle des commandements, mais que les hommes se contentent de modeler leurs manières de penser, leurs comportements et leur sexualité sur les modes de l’époque dans laquelle ils vivent !!!
Et Il a dit aussi : « Celui donc qui aura enfreint l’un de ces moindres commandements et enseignera ainsi aux hommes, sera appelé très petit dans le Royaume des Cieux ; mais celui qui fera et enseignera, celui-là sera appelé grand dans le Royaume des Cieux » (Matth. V, 19).

Qu’on cesse donc de dire qu’il y aurait dans l’Eglise des « conservateurs » et des « progressistes » dont les idées seraient également acceptables, ou bien pourraient coexister ex-aequo en fonction de la sensibilité ou de l’éducation de chacun.
Ne peuvent véritablement et parfaitement appartenir à la véritable Eglise apostolique que ceux qui sont intégralement fidèles au dépôt de la Révélation, qui nous vient de Notre-Seigneur Jésus-Christ et qui nous a été transmis par les Saints Apôtres et par la Tradition, et ceux-là seront grands dans le Royaume des Cieux !
Quant à ceux qui s’imaginent sans doute appartenir au Christ, mais qui, parce qu’ils veulent accommoder Sa doctrine de Vérité aux modes et aux circonstances humaines et mettre ainsi l’Eglise et son enseignement à la remorque des pratiques du monde – ce qui revient à en corrompre ou en édulcorer le message – , ils sont dans une erreur profonde et ils encourent le risque d’être petits – voire même très petits – dans le Royaume des Cieux…

Lully.

(*) propos qu’aurait tenus le pape François et publiés par le journal argentin « La Nacion » en date du 5 octobre 2014 (cf. www)

Venise, basilique St-Marc anonyme vers 1200-30 sculpture sur pierre détail - le Christ enseignant

Le Christ enseignant
(détail de l’oeuvre présentée en tête d’article)

Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs | le 28 octobre, 2014 |5 Commentaires »

2014-97. « Mettez-vous en colère et ne péchez pas ».

Jeudi 23 octobre 2014,
fête des Bienheureuses Ursulines de Valenciennes, martyres (cf. > www)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Des perturbations sur le site qui héberge mon blogue ne m’ont pas permis de vous écrire plus tôt, et il y avait pourtant de nombreuses réflexions que j’eusse aimé partager avec vous.
Pour l’heure, je voudrais commencer par revenir sur ce que, dans l’épître de dimanche dernier – dix-neuvième dimanche après la Pentecôte – , l’Eglise nous donnait à entendre, à méditer et à approfondir par cet extrait de ce que Saint Paul écrivait aux Ephésiens : Eph. IV, 23-28.

Dans ce passage, en effet, il y a une chose qui m’a particulièrement frappé : au verset 26, Saint Paul cite le psaume IV (verset 5 a). En latin nous lisons : « Irascimini et nolite peccare », ce qui se traduit littéralement par : « Mettez vous en colère et ne péchez pas »

Je ne comprends donc absolument pas pourquoi, le lectionnaire français (celui-là même dont je relevais les infidélités il y a quelques semaines > www), traduit cette citation par : « Etes-vous en colère, ne péchez pas ».
Cette manière de traduire amoindrit considérablement la vigueur et la portée du texte sacré, revenant à lui faire dire quelque chose comme : « si par malheur il vous arrivait d’éprouver un mouvement de colère, hâtez-vous de vous calmer sans quoi vous tomberiez immanquablement dans le péché ».

Mais à n’importe quel élève de classe de latin qui traduirait « Irascimini » – c’est-à-dire la deuxième personne du pluriel du présent de l’impératif du verbe « irascor » (se mettre en colère) – par : « Etes-vous en colère », un professeur mettrait – se devrait de mettre – une mauvaise note. 
Alors pourquoi faudrait-il accepter passivement cette mauvaise traduction du lectionnaire français ?

Un impératif est un impératif.
Et l’impératif présent de « se mettre en colère », à la deuxième personne du pluriel, ne peut pas être autre chose que « Mettez-vous en colère ! », n’en déplaise à ceux qui souhaiteraient corriger ce que le Saint-Esprit, de manière infaillible, a inspiré au psalmiste d’écrire, à Saint Paul de mettre en valeur, et à la Sainte Eglise de nous rappeler à l’occasion du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte.

colère smiley

Mettez-vous en colère ?

La colère a néanmoins fort mauvaise réputation : ne figure-t-elle pas au nombre des sept péchés capitaux ? ne constitue-t-elle pas une passion coupable, dévastatrice et répréhensible ?
Comment donc un texte inspiré pourrait-il donner l’ordre de se mettre en colère ?
Dieu peut-il vraiment, par un verbe à l’impératif, donner aux hommes la consigne de se mettre en colère ?

Les bonnes âmes moralisatrices se hâtent donc d’atténuer le texte et, en le traduisant, de l’interpréter pour le rendre conforme à leurs conceptions des pieuses bienséances.
C’est comme si ces traducteurs disaient : « Cher Bon Dieu, il est évident que Vous ne pouvez pas avoir voulu dire ce que disent ces mots. Fort heureusement, nous sommes là pour corriger Vos expressions maladroites et inadéquates, et pour Vous montrer ce qu’il eût été davantage convenable d’inspirer au psalmiste pour qu’il l’écrivît… »

Mais « qui a connu la pensée du Seigneur ? ou qui a été son conseiller ? » (Rom. XI, 34).

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Les Saintes Ecritures, en de très nombreux passages, nous montrent, nous donnent en exemple, de saintes colères : colère de Jacob, colère de Moïse, colère de Job, colère d’Elie, colère de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, et – par dessus-tout – la magnifique et puissante colère de Dieu !

Si Dieu Lui-même Se met en colère, et si Dieu Lui-même a voulu que cela soit écrit afin que nous en soyons informés, c’est bien parce qu’il s’agit là de tout autre chose qu’un banal antropomorphisme, c’est bien qu’il ne s’agit point là d’une passion désordonnée et coupable, c’est bien parce qu’il existe des colères qui ne sont pas des péchés !

Si Dieu Lui-même a voulu que, dans le texte des psaumes qu’Il a inspiré, soit écrit textuellement « Mettez-vous en colère », c’est bien parce qu’on peut se mettre en colère sans circonvenir à Sa loi d’amour et de sainteté, c’est bien parce que nous pouvons nous aussi – comme Lui, et comme Ses saints – nous mettre en colère sans pécher ; et c’est d’ailleurs ce qu’affirme notre citation de départ : « Irascimini et nolite peccare : mettez-vous en colère et ne péchez pas » !

colère smiley

Oui, il y a de bonnes colères !
Oui, il y a des colères qui sont salutaires !
Oui, il y a des colères qui sont divinement inspirées !
Oui, il y a des colères qui ne procèdent pas des mauvaises passions humaines !
Oui, il y a des colères qui sont parfaitement compatibles avec les plus hautes vertus et qui ne sont nullement en opposition avec la douceur, avec la mansuétude, avec la magnanimité, avec la longanimité, avec la patience, avec l’indulgence, avec la miséricorde, avec la sollicitude aimante pour le prochain, avec la plus exquise charité surnaturelle !
Oui, il y a de saintes colères : « Irascimini et nolite peccare : mettez-vous en colère, et ne péchez pas » !

Les saintes colères procèdent du courage de la vérité et des exigences d’un amour véritable, fort, et sans concession avec les compromissions humaines.
Les saintes colères sont tout le contraire de cette fausse conception de la charité que l’on habille aujourd’hui des noms très consensuels de « tolérance » et de « respect » (mais n’a en fait rien à voir avec la véritable tolérance et le véritable respect), au nom de laquelle on fabrique des chrétiens-bisounours qui se sentent coupables s’ils éprouvent le plus petit mouvement d’indignation lorsque leur foi est attaquée et lorsque la sainte loi de Dieu est bafouée, des prêtres sans force morale qui ne prêchent que le « vivre ensemble » des francs-maçons, des évêques émasculés qui baissent leur froc au moindre froncement de sourcil du gouvernement impie et persécuteur…
Les saintes colères ne sont pas inspirées par l’amour-propre, par l’orgueil et par toutes les autres faiblesses humaines, mais elles sont le fruit de cet « amour de Dieu jusqu’au mépris de soi » – pour reprendre l’expression de notre glorieux Père Saint Augustin – sur lequel peut s’édifier de manière solide la Cité de Dieu.

Lully.

Concile, vous avez dit concile

Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs | le 24 octobre, 2014 |2 Commentaires »
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