Prologue librement inspiré par celui de l’Evangile selon Saint Luc.

Prologue librement inspiré par celui de l'Evangile selon Saint Luc. dans Annonces & Nouvelles dsc08042copiecopie

Le Maître-Chat Lully

« Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements – parfois totalement insignifiants – qui se produisent en ces temps, j’ai décidé moi aussi (puisque je suis chaque jour le témoin scrupuleusement attentif d’une aventure qui est, elle, véritablement hors du commun), de tenir pour vous, amis du Mesnil-Marie, sous la forme d’un récit assorti de commentaires personnels, une espèce de diaire de la fondation du Refuge Notre-Dame de Compassion.

Ainsi pourrez-vous, en suivant les péripéties de notre vie quotidienne, ou en vous associant aux évènements humains et surtout spirituels qui en jalonnent l’existence, garder un lien plus concret avec cette oeuvre que vous soutenez d’une fidèle et pieuse amitié.

Je réclame, bien évidemment, votre indulgence car je ne suis qu’un tout petit chat, mais vous savez aussi que j’occupe au Mesnil-Marie une place privilégiée (voir ici > www)… Puissent néanmoins ces lignes être utiles à tous pour conserver et resserrer le lien de la charité, dans la paix et la joie du coeur! »

patteschats chronique dans Chronique de LullyLully, l’Observateur.

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Chronique de Lully | le 10 septembre, 2007 |Commentaires fermés

2016-39. « Il est là dans le Sacrement de Son amour… »

A l’occasion de la fête du Très Saint-Sacrement qui, rappelons-le, dans l’Eglise universelle est célébrée, selon les demandes mêmes de Notre-Seigneur, le jeudi de la semaine qui suit le dimanche de la Sainte Trinité, et dont la solennité, dans les pays où ce jeudi n’est pas férié, est reportée au dimanche suivant, il est bon de relire et de méditer les paroles si simples et si profondes par lesquelles le Saint Curé d’Ars enseignait à ses ouailles l’amour et la dévotion envers la Sainte Eucharistie.

Rappels :
- Le miracle de Bolsena > ici
- Sainte Julienne du Mont-Cornillon et l’institution de la Fête-Dieu > ici
- Institution de la Fête-Dieu dans le diocèse de Liège > ici
- Institution de la Fête-Dieu par Urbain IV > ici
- Constitution apostolique « Transiturus » > ici
- Le Pain des forts > ici

frise avec lys naturel

Ciboire du Saint Curé d'Ars

Tabernacle et ciboire du Saint Curé d’Ars

« Il est là dans le Sacrement de Son amour… »

« Notre-Seigneur est là, caché, qui attend que nous venions Le visiter et Lui faire nos demandes… Voyez comme Il est bon ! Il S’accomode à notre faiblesse.

Dans le Ciel, où nous serons triomphants et glorieux, nous Le verrons dans toute Sa gloire ; s’Il se fût présenté maintenant avec cette gloire devant nous, nous n’aurions pas osé L’approcher ; mais Il Se cache comme une personne qui serait dans une prison et nous dit : « Vous ne Me voyez pas, mais ça ne fait rien. Demandez-Moi tout ce que vous voudrez, Je vous l’accorderai. »

Il est là dans le Sacrement de Son amour, qui soupire et intercède sans cesse auprès de Son Père pour les pécheurs.
A quels outrages n’est-Il pas exposé pour rester au milieu de nous ?

Il est là pour nous consoler ; aussi devons-nous Lui rendre visite souvent.
Combien un petit quart d’heure que nous dérobons à nos occupations, à quelques inutilités, pour venir Le prier, Le visiter, Le consoler de toutes les injures qu’Il reçoit, Lui est agréable !
Lorsqu’Il voit venir avec empressement les âmes pures, Il leur sourit. Elles viennent, avec cette simplicité qui Lui plaît tant, Lui demander pardon pour tous les pécheurs des insultes de tant d’ingrats…

Tenez, mes enfants, quand vous vous éveillez dans la nuit, transportez-vous vite en esprit devant le tabernacle, et dites à Notre-Seigneur : « Mon Dieu, me voilà. Je viens Vous adorer, Vous louer, Vous bénir, Vous remercier, Vous aimer, Vous tenir compagnie avec les anges. »
Dites les prières que vous savez et, si vous vous trouvez dans l’impossibilité de prier, cachez-vous derrière votre ange gardien, et chargez-le de prier à votre place.

Quand vous entrez à l’église et que vous prenez de l’eau bénite, quand vous portez la main à votre front pour faire le signe de la Croix, regardez le tabernacle : Notre-Seigneur Jésus-Christ l’entrouvre au même moment pour vous bénir.

Si nous avions les yeux des anges, en voyant Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est ici présent sur cet autel, et qui nous regarde, comme nous L’aimerions !
Nous ne voudrions plus nous en séparer ; nous voudrions toujours rester à Ses pieds : ce serait un avant-goût du Ciel ; tout le reste nous deviendrait insipide.
Mais voilà ! C’est la foi qui manque. Nous sommes de pauvres aveugles ; nous avons un brouillard devant les yeux. La foi seule pourrait dissiper ce brouillard…
Demandez-Lui donc qu’Il vous ouvre les yeux du coeur ; dites-Lui comme l’aveugle de Jéricho : « Seigneur, faites que je voie !… »

Lorsque nous sommes devant le Saint-Sacrement, au lieu de regarder autour de nous, fermons nos yeux et ouvrons notre coeur : le Bon Dieu ouvrira le Sien.
Nous irons à Lui, Il viendra à nous ; l’un pour demander, l’Autre pour recevoir : ce sera comme un souffle de l’un à l’Autre.
Que de douceur ne trouvons-nous pas à nous oublier pour chercher Dieu !

C’est comme dans les premiers temps que je me trouvais à Ars. 
il y avait un homme qui ne passait jamais devant l’église sans y entrer : le matin quand il allait au travail, le soir quand il en revenait, il laissait à la porte sa pelle et sa pioche, et il restait longtemps en adoration devant le Saint-Sacrement.
J’aimais bien ça !
Je lui ai demandé ce qu’il disait à Notre-Seigneur pendant ces longues visites qu’il Lui faisait… Savez-vous ce qu’il m’a répondu ? « Monsieur le curé, je ne Lui dis rien. Je L’avise et Il m’avise : je Le regarde et Il me regarde ».
Que c’est beau !… »

Extrait des sermons de Saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars.

le Saint Curé d'Ars en adoration

Le Saint Curé d’Ars en adoration

frise avec lys naturel

2016-38. De la fête de Marie Auxiliatrice et de l’importance qu’elle revêt en notre Mesnil-Marie.

Mardi 24 mai 2016,
Fête de Marie Auxiliatrice.

Tableau de Marie Auxiliatrice - Turin

Célèbre tableau de Marie Auxiliatrice
dans la basilique du même nom édifiée par Saint Jean Bosco à Turin.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Chaque 24 mai ramène la fête de Marie Auxiliatrice : cette fête ne figure pas au calendrier universel mais, dans le missel de 1962, on la trouve parmi les formulaires des fêtes « pro aliquibus locis – propres à certains lieux ». 

Le nom de « Marie Auxiliatrice », popularisé par Saint Jean Bosco, est en réalité la transcription du vocable latin : Auxilium christianorum (secours des chrétiens) donné à la Très Sainte Vierge Marie depuis de très nombreux siècles.
En effet, la Sainte Mère de Dieu, a toujours été considérée par les fidèles comme une aide privilégiée, un secours efficace, une auxiliatrice puissante, dans leurs plus urgentes détresses, et très spécialement lorsque la Chrétienté se trouvait menacée par les invasions des cruels infidèles.
L’invocation « Auxilium christianorum, ora pro nobis » a été rajoutée au litanies de Lorette à la suite de la victoire de la flotte chrétienne sur celle du croissant, à Lépante, le 7 octobre 1571.

La fête du 24 mai est toutefois plus récente, puisqu’elle fut instituée par le pape Pie VII, en action de grâces pour la protection et le soutien qui lui avaient été accordés par la Madone, et pour sa délivrance des griffes du Buonaparte.

On se souvient en effet que, en représailles de la bulle d’excommunication fulminée contre lui à la suite de la spoliation des Etats de l’Eglise (10 juin 1809), le pseudo empereur des Français avait fait enlever le pape Pie VII et l’avait tenu prisonnier pendant cinq années, jusqu’à ce que sa situation politique et militaire le contraigne à restituer ses Etats au Souverain Pontife et à le libérer.
Le retour de Pie VII à Rome fut un véritable triomphe : lorsque son carosse arriva aux portes de la ville, le 24 mai 1814, les jeunes gens en dételèrent les chevaux et traînèrent eux-mêmes la voiture au milieu de la foule en liesse !
A peine dix mois plus tard, lorsque le Buonaparte, trahisant une fois de plus sa parole, quitta l’île d’Elbe, son affidé, Murat, roi de Naples, envahit les Etats Pontificaux et Pie VII dut à nouveau prendre la route de l’exil (22 mars 1815). Ces folies prirent heureusement fin avec la victoire de Waterloo, et Pie VII revint définitivement à Rome (7 juillet 1815) : c’est alors qu’il institua la fête de Marie Auxiliatrice, en lui assignant pour date le 24 mai, jour anniversaire de son premier retour à Rome.

24 mai 1814

L’entrée triomphale de Pie VII à Rome le 24 mai 1814

En notre Mesnil-Marie, cette belle fête, qui rappelle combien la Très Sainte Vierge Marie est présente et agissante pour soutenir et fortifier ses fidèles dans les épreuves et persécutions d’ici-bas, est en outre associée à un bel anniversaire : c’est en effet le 24 mai 2011 (cela fait donc cinq ans cette année), que, à l’occasion de la visite d’un prêtre ami, la Sainte Messe a été célébrée pour la première fois dans notre oratoire.

J’ai retrouvé une photo de l’autel, prise par Frère Maximilien-Marie juste avant le début de cette Messe du 24 mai 2011 en l’honneur de Marie Auxiliatrice :

24 mai 2011 - 1ère messe célébrée au Mesnil-Marie

L’oratoire du Mesnil-Marie le 24 mai 2011.

C’est l’occasion d’établir une comparaison avec une autre photo de notre oratoire prise en ce 24 mai 2016 : vous pourrez apprécier les progrès réalisés dans son aménagement.

Nous n’avions alors que le petit autel provenant de l’oratoire du noviciat de la Visitation de Sorgues (monastère qui a fermé en 2010).
Depuis lors, nous avons pu installer l’autel en noyer donné par une Mère Abbesse de Clarisses, qui a toujours soutenu et encouragé Frère Maximilien-Marie ; lui fabriquer un marchepied ; installer un éclairage électrique ; acheter des tapis ; changer la courtine placée en arrière de l’autel ; mettre en place des bancs ; disposer le gisant de Sainte Philomène sur le côté… etc. jusqu’à ce que, tout dernièrement, soit achevée l’armoire aux reliques.
Tous ces aménagements, patients et minutieux, réalisés la plupart du temps par notre Frère tout seul (et quelques rares fois aidé par des amis), ont été possibles grâce aux dons providentiels et à la générosité de nos amis et bienfaiteurs !

24 mai 2016 - oratoire du Mesnil-Marie

L’oratoire du Mesnil-Marie le 24 mai 2016.

Que de motifs d’actions de grâces donc en ce beau jour !

Merci à tous nos amis fidèles et à nos bienfaiteurs ; merci aux prêtres qui nous honorent de leur confiance et de leur amitié (et aujourd’hui d’une manière toute spécialement à l’abbé qui est venu le premier en ce 24 mai 2011 pour offrir ici le Saint Sacrifice de la Messe) ; merci à notre Sainte Mère du Ciel, notre protectrice et notre secours, notre Auxiliatrice en tous temps ; et merci par dessus tout à Dieu – cujus Providentia in sui dispositione non fallitur : dont la Providence ne se trompe pas dans ses dispositions (oraison du 7e dimanche après la Pentecôte, que frère Maximilien-Marie aime particulièrement et répète souvent) – auquel soit honneur et gloire à jamais !

Lully.

Monogramme Marie 2

Et pour continuer à nous aider > ici

2016-37. A propos du film « la Résurrection du Christ ».

Des amis du Refuge Notre-Dame de Compassion ont souhaité inviter Frère Maximilien-Marie à les accompagner à une projection de « La Résurrection du Christ » : notre Frère – qui n’était pas entré dans un cinéma depuis de nombreuses années – , s’est très volontiers laissé entraîner, parce que, sans s’y être intéressé outre mesure, il avait eu des échos assez favorables au sujet de ce film.
A son retour, comme l’ont fait aussi plusieurs de ses amis, je l’ai interrogé…

Lully

La_Resurrection_du_Christ - film

Lully : Alors, que trouve-t-on dans ce film ?

Frère Maximilien-Marie :
En voici le résumé.
Au début du film, nous nous trouvons en présence d’un personnage qui marche seul dans un paysage désertique et fait halte chez un homme – Judéen ou Galiléen – qui lui offre l’hospitalité. Interrogé par son hôte qui, à sa bague (il ne porte plus l’uniforme), a reconnu un tribun romain, le voyageur va conter son histoire…

Tribun, bras droit de Pilate, Clavius est au service de l’ordre romain en Judée : sans état d’âme, et parce qu’il a de l’ambition et souhaite une carrière glorieuse, il réprime sans pitié toute tentative de soulèvement.
A l’issue d’une expédition contre des rebelles dans le désert de Judée, il revient à Jérusalem un jour que l’on comprend rapidement être le Vendredi Saint : Pilate lui ayant ordonné de faire abréger les souffrances de Jésus, Clavius se rend au lieu des exécutions et assiste donc aux derniers moments de la crucifixion ; c’est même lui qui donne l’ordre du coup de lance qui transperce le côté du Christ.
On assiste ensuite aux demandes des princes des prêtres concernant la garde du tombeau du supplicié. Le samedi, Clavius vérifie que son corps se trouve bien dans le sépulcre ; il en scelle la lourde pierre qui ferme l’entrée, et il y poste des gardes.

Quand, au matin du dimanche de Pâques, les princes des prêtres, eux-mêmes avertis par les gardes du tombeau effrayés qui sont allés leur raconter ce dont ils ont été témoins, viennent chez Pilate pour lui demander d’accréditer la version du vol du cadavre de Jésus par ses disciples afin de couper court à toute rumeur de résurrection, Clavius est chargé d’enquêter et de retrouver le corps.
Le tribun se met donc en devoir d’examiner les lieux, d’observer les indices, et surtout de trouver les disciples de Jésus et de les interroger.

Il lui apparaît très vite que les gardes du tombeau ont été payés par les princes des prêtres pour porter un faux témoignage.
Après quelques péripéties, il parvient à se faire amener Marie-Magdeleine et l’apôtre Barthélémy qui témoignent, à mots couverts, de la résurrection, chose qui lui semble évidemment absurde… jusqu’à ce que, lors d’une « descente » dans la maison où les apôtres sont réunis, il reconnaisse au milieu d’eux, vivant, celui dont il a vu le corps mort sur la croix.
En proie à un grand trouble, Clavius décide de suivre les disciples qui partent pour la Galilée : abandonnant l’armée, il devient donc un traître aux yeux de Pilate.
Les disciples l’accueillent au milieu d’eux, il les accompagne dans la pêche nocturne infructueuse sur le lac de Génésareth, est témoin de la pêche miraculeuse lorsque Jésus leur apparaît au petit matin, et peut même s’entretenir une partie de la nuit avec Jésus ; enfin il est témoin de l’Ascension.
Toutefois, alors qu’ils l’invitent à se joindre à eux, il refuse d’entrer dans le groupe des disciples et s’en va, le coeur transformé certes, mais solitaire.

Maintenant que nous connaissons l’histoire, peut-on avoir accès à vos impressions ?

Mes impressions… Il ne s’agit pas seulement d’impressions !
N’étant pas du tout cinéphile, je ne savais rien du réalisateur de ce film (d’ailleurs je n’en sais pas guère plus aujourd’hui), et je peux dire que – même après avoir vu le film – je ne sais toujours pas vraiment quelle a été son intention, car elle demeure pour moi absolument obscure : qu’a-t-il voulu faire ? quel message a-t-il voulu transmettre ? Quel est son degré de foi ou d’incroyance ? Je ne le sais pas.

Cela étant dit, je me rendais à cette projection avec un a-priori favorable.
Mais très rapidement, au fur et à mesure que le film se déroulait devant mes yeux, j’ai été gêné par des incohérences, de véritables infidélités au récit évangélique qui ne me paraissent pas anodines, des manquements – sont-ils délibérés ou procédent-ils de l’ignorance ? je ne peux le dire – importants à la Tradition reçue des Apôtres… etc.
Ce qui fait que, à la fin du film, malgré quelques très belles séquences et des prises de vue esthétiquement très réussies, c’est plutôt la déception qui prévalait en moi, parce que j’avais l’impression d’un ouvrage pour le moins inachevé, incomplet, voire frelaté

Des incohérences, dites-vous ?

Oui.
Quand un cinéaste veut produire un film qui possède une dimension historique, le spectateur est en droit d’attendre que la vérité historique soit rigoureusement respectée.

Or ce film accumule des incohérences à propos des moeurs et usages des Juifs.
Cela peut sembler des détails sans importance aux yeux de ceux qui ne savent pas, ou qui ne connaissent que très superficiellement les usages religieux du peuple Juif, mais ils sont véritablement choquants pour c
elui qui en est un peu instruit.
Je n’en donnerai pour exemple que deux :
a – le nom imprononçable de Dieu, que seul le grand prêtre sussurait une fois l’an dans le secret du Saint des Saints, est, dans ce film, prononcé un nombre incalculable de fois tant par des Juifs que par des païens romains.
b – les grands prêtres et membres du Sanhédrin, qui observaient de manière scrupuleuse les règles de pureté légale, et qui donc, surtout au moment de la grande fête de la Pâque, ne pouvaient entrer dans la demeure de l’occupant païen – comme l’a fort bien noté l’Evangéliste Saint Jean (XVIII, 28-29) – , ici entrent à plusieurs reprises jusque dans le bureau de Pilate. 

Une autre incohérence réside dans le fait que, au début du récit de Clavius, se trouve une scène de bataille entre les soldats romains qu’il commande et une troupe de rebelles dirigés par un certain Barabbas.
Même si l’on peut penser que Barabbas était un prénom porté par plusieurs hommes au temps de Notre-Seigneur, pour tout chrétien – ou même simplement pour tout homme cultivé – , le nom de Barabbas suggère immédiatement la figure du criminel qui se trouvait en prison à Jérusalem et que, le Vendredi Saint, Pilate fut contraint de libérer sous la pression de la foule stipendiée par les princes des prêtres. 

Tout laisse à penser que c’est cet homme-là que le réalisateur a voulu voir figurer dans le film, mais si c’est bien lui contre lequel Clavius combat dans le désert, c’est donc qu’il n’est pas en prison à Jérusalem pendant ce temps. La suite du film nous montre en effet le tribun rentrant à Jérusalem après qu’il a lui-même égorgé Barabbas, et nous apprenons alors que nous sommes le Vendredi Saint dans l’après-midi peu de temps avant la mort du Christ. Le film est donc incohérent avec les données de l’Evangile.

Je me répète : cela peut sembler des détails sans importance, mais à l’époque des faits ces détails ne l’étaient pas, et le spectateur est en droit d’attendre que la vérité historique soit rigoureusement respectée.

Et des infidélités aux textes évangéliques dont vous dites qu’elles ne sont pas anodines…

C’est également vrai.
Lorsque l’on veut parler d’un évènement, on consulte les sources (documents, monuments, témoignages) par lesquelles cet évènement nous est connu. 
Pour ce qui concerne la Résurrection du Christ, les sources documentaires se trouvent dans les Saints Evangiles et dans la Tradition reçue des Apôtres.
Indépendamment de la foi que l’on a ou que l’on n’a pas dans les récits évangéliques, la plus élementaire honnêteté, lorsqu’on veut représenter des scènes tirées de l’Evangile, consiste à les montrer telles qu’elles s’y trouvent décrites : en tronquer une partie et en modifier des éléments peut-il être qualifié autrement que par le mot infidélité ?

Ainsi l’apparition du Christ ressuscité dans le Cénacle le huitième jour après Pâques, apparition où l’incrédulité de l’apôtre Thomas se trouve confondue, est-elle totalement dénaturée et ne laisse-t-elle plus voir qu’un homme joyeux de se jeter dans les bras de son ami qu’il avait cru mort. Tous les détails du récit évangélique montrant la connaissance surnaturelle que le Christ ressuscité a des doutes de Thomas et des paroles précises qu’il avait prononcées pour manifester cette incrédulité, ont disparu.
La profession de foi de Thomas dans la divinité du Christ est tue. Quant aux plaies du Crucifié, plaies toujours vives et béantes selon l’Evangile puisqu’on peut y placer son doigt et sa main, elles sont ici cicatrisées et n’ont plus que l’apparence de croûtes.

De la même manière, lors de l’apparition au bord du lac de Génésareth, le dialogue entre Notre-Seigneur et Pierre se trouve singulièrement raccourci : le caractère réparateur de la triple confession exigée du chef des apôtres, et même la contrition de Pierre – explicitement mentionnée par l’Evangile – , se trouvent réduits à presque rien.
De même, l’affirmation de la primauté que lui confère alors Jésus est édulcorée.

J’ai aussi noté que le film fait une confusion complète entre les apôtres et les disciples, comme si les deux termes étaient absolument synonymes, alors que les choses sont bien claires dans l’Evangile : Notre-Seigneur était accompagné par un nombre assez important de disciples, puisque parmi ces disciples Il en désignera septante-deux auxquels Il confiera un jour une mission spéciale ; et parmi ces disciples, disctincts des septante-deux sus-mentionnés, Il choisit douze hommes auxquels Il donne Lui-même le nom d’apôtres.
Après la Résurrection, les Saints Evangiles montrent bien qu’il y a des apparitions qui n’ont lieu qu’en présence des apôtres et d’autres, comme au moment de l’Ascension, qui ont lieu en présence d’une grande foule de disciples.

Enfin, justement à propos de l’Ascension, d’une part le film place celle-ci en Galilée et non à Jérusalem comme l’atteste le récit des Actes des Apôtres ; et d’autre part, alors que le texte inspiré nous dit bien qu’ils le virent s’élever et qu’il y eut ensuite l’intervention de deux anges, le film fait disparaître Jésus – toujours les pieds sur terre – dans une espèce de soleil levant, et l’épisode s’achève par une pluie de plumes ou de flocons…
Notons aussi que le commandement de baptiser, fait par le Christ aux apôtres avant de remonter au Ciel, se trouve omis des paroles rapportées par le film.

Cela me paraît beaucoup, et comme, manifestement, le réalisateur est allé puiser dans l’Evangile, ces omissions ne me semblent pas du tout anodines, mais résultent sans aucun doute d’un parti pris délibéré.

Vous avez aussi parlé de manquements significatifs à la Tradition reçue des Apôtres.

Des manquements qui, à mes yeux, sont tout aussi graves que les infidélités aux textes évangéliques. En effet, la Tradition – avec un T majuscule – est l’un des deux canaux par lesquels Dieu a voulu que Sa Révélation nous parvienne.
Le second canal, ce sont les Saintes Ecritures.
Mais la Tradition est, d’une certaine manière, plus importante, puisque elle englobe les Saintes Ecritures et que celles-ci ne peuvent être lues et comprises qu’à la lumière de celle-là.
Je prends encore quelques exemples.

L’Evangile nous rapporte que la Crucifixion eut lieu dans un endroit appelé Golgotha, dont la Tradition nous dit que c’était une éminence : ici, elle est représentée dans une espèce de carrière, entre des falaises, au fond d’une vallée.
Le texte évangélique nous dit que Marie, Mère de Jésus, était debout au pied de la Croix, et toute la Tradition la montre digne, silencieuse, communiant en profondeur au mystère du salut qui s’accomplit : dans ce film, elle est représentée éloignée de la Croix, en arrière de la foule qui vocifère, et hurlant comme une femme au bord de la déraison.
La Tradition nous apprend que Marie-Magdeleine – que l’Evangile appelle « pêcheresse » – , n’était pas une prostituée mais une femme de la haute société adonnée à une luxueuse impureté : ici, elle est appelée « fille des rues », et presque tous les légionnaires romains lui sont passés sur le corps…
Bien pis, la caméra insiste sur un geste de Marie-Magdeleine debout derrière le Christ ressuscité : elle pose sa main sur l’épaule de Jésus, et la manière dont elle la presse dénote à la fois une grande intimité physique et une certaine forme de possession. N’est-ce pas à elle pourtant, selon l’Evangile, que, dans le jardin du matin de Pâques, Jésus a dit : « Noli me tangere – ne Me touche pas » ? Cette mise en scène n’est-elle pas une manière de suggérer que, comme le prétendent beaucoup de nos contemporains, Marie-Magdeleine aurait été la « compagne » de Jésus ?

Ces éléments me laissent à penser – je ne sais pas si c’est exact – que le réalisateur soit a délibérément négligé tout le contenu de la Tradition, soit a été empêché d’y avoir accès parce que la manière dont il a eu accès aux Evangiles s’est faite au travers d’une exégèse réductrice, – moderniste ou protestante, ce qui est à peu près la même chose – , coupée de la source vive de la Tradition.

Y a-t-il encore d’autres choses que vous souhaiteriez nous dire ?

Oui, il y a encore d’autres éléments qui m’ont déplu ou gêné.
L’apôtre Barthélémy, par exemple, fait figure d’un grand adolescent un peu simplet, à mi-chemin entre le ravi du village et le doux illuminé ; l’apôtre Pierre semble un rustre en proie à l’exaltation…
Une scène montre les apôtres assis en rond autour du feu de camp et se passant de mains en mains un morceau de pain qu’ils rompent en récitant le « Notre Père » (avec le blasphématoire « ne nous soumets pas à la tentation ») : on peut penser que le réalisateur, à travers cette « fraction du pain » a voulu représenter l’Eucharistie. Mais alors on est toujours dans cette représentation minimaliste et misérabiliste inspirée par le protestantisme, et qui a pollué la conscience d’un grand nombre de catholiques depuis trois générations…
Les rapports entre le Christ et ses disciples sont aussi présentés comme une sorte de joyeuse camaraderie : l’enseignement de Jésus qui transforme le monde, ainsi que le coeur du tribun Clavius, semble n’être plus qu’une grande fraternité universelle bornée aux horizons de ce monde-ci. Cela comblera sans doute d’aise les chrétiens-bisounours, cela me semble très gravement incomplet en ce qui concerne la substance surnaturelle de l’Evangile et sa doctrine de salut !

Je pourrais aussi dire que je n’ai pas du tout apprécié le choix de l’acteur représentant Notre-Seigneur. Je sais que cela est très subjectif, mais je l’ai trouvé sans finesse, sans noblesse, sans transcendance, sans expression, avec des sourires de publicité pour dentifrice.

Plus grave, si le Christ est montré envoyant Ses apôtres prêcher à travers le monde, on ne sait finalement pas ce qu’ils vont aller prêcher… si ce n’est peut-être, ainsi que je le disais ci-dessus, une fraternité universelle pour ce monde : les notions de salut éternel et de rédemption sont résolument absentes de ce film.

Enfin, si Clavius atteste qu’on ne peut rencontrer Jésus sans être transformé au plus profond de soi, il choisit néanmoins délibéremment de ne pas aller avec les apôtres, mais de faire sa route en solitaire : j’interprête cette image finale comme une manière d’insinuer que l’on serait libre de suivre intérieurement Jésus – un Jésus qui n’est perçu que d’une manière terrestre et subjective – , en restant totalement en dehors de l’Eglise.

ChiRho couronné

Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs | le 19 mai, 2016 |7 Commentaires »

2016-36. Que saint Louis et sainte Jeanne d’Arc protègent notre Patrie et lui rappellent sa mission.

Ce dimanche 8 mai 2016, en fin d’après-midi, Monseigneur le duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, s’est rendu à Poissy à l’occasion de la cérémonie marquant la restauration de la statue de son aïeul et céleste protecteur, Saint Louis : cette statue avait été gravement endommagée l’année dernière par un acte de vandalisme ; une souscription en a permis la restauration.

A cette occasion, qui coïncidait avec la fête nationale de Sainte Jeanne d’Arc, le Prince a prononcé les paroles suivantes :

Louis XX à Poissy 8 mai 2016

Monseigneur le duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,
devant la statue restaurée de son aïeul qui est aussi son saint patron
Collégiale de Poissy, le 8 mai 2016.

Fleur de lys bleu

Déclaration de Monseigneur le Duc d’Anjou

le 8 mai 2016

 à l’occasion de la réinstallation de la statue restaurée de saint Louis

dans la Collégiale de Poissy :

 

J’ai souhaité être présent pour la réinstallation de la statue de saint Louis qui avait été brisée, l’année même où de nombreuses villes de France commémoraient la naissance de Louis IX, le saint Roi.

Le symbole était trop fort pour que ne soit pas perçu dans cet évènement quelque chose qui le dépasse. Qui nous dépasse !

Saint Louis, né en 1214, il y a donc maintenant un peu plus de huit siècles, demeure le modèle du bon gouvernant. Dans ses diverses actions, dans ses écrits, il a toujours montré que le devoir des rois était tout entier contenu dans le service qu’ils pouvaient assurer vis-à-vis de leurs sujets.

Cela s’est traduit en termes de justice qu’il réforma pour une meilleure adéquation entre la sentence et la faute ; de fiscalité qu’il voulut rendre plus juste et mieux ordonnée au bien commun ; de préoccupations sociales vis-à-vis des plus pauvres ou des malades.

Il ne nous appartiendra pas de rappeler ses mérites que le peuple a tout de suite reconnus au point de vouloir en faire un saint dans des délais très courts.

Au-delà de sa personne et de son action humaine, il y a en effet l’intercesseur entre les hommes et Dieu qui est honoré sur les autels de centaines de cathédrales, églises et chapelles placées sous son patronage.

Oui, ce saint est intimement lié à la France qu’il protège.

Il était donc important qu’il soit encore mieux vénéré dans cette église de Poissy où il fut baptisé et où sa statue a toute sa place. Celle-ci ne pouvait pas disparaître, fracassée par une main iconoclaste. Ainsi dès que j’ai su qu’elle avait été brisée alors que par deux fois, quelques semaines avant, elle avait accompagné ma démarche d’hommage à mon saint aïeul, j’ai demandé que soit mis en œuvre ce qui était possible pour replacer l’effigie de saint Louis dans son église.

L’Institut de la Maison de Bourbon, organisme culturel reconnu d’utilité publique, permet de répondre à de tels besoins et il a pu ouvrir une souscription à laquelle ses membres ont largement répondu, ainsi que ceux d’autres associations, elles aussi sollicitées. Je les remercie toutes.

Le mécénat est nécessaire dans un pays qui conserve de nombreux témoignages de son passé mais qui est confronté aussi, souvent, à leur triste état et même, parfois, malheureusement à leur abandon. Mais sans doute la création d’une nouvelle statue aurait-elle dû être envisagée sans le talent, la patience et tout l’art de Pierre-Charles Mouterde qui a su, parmi les centaines de débris épars, reconnaître chaque morceau et reconstituer l’œuvre. Ainsi cet objet de foi des générations passées continue, au présent, à soutenir la dévotion des fidèles. Beau symbole chrétien d’unité des générations qui ne forment qu’une famille. Symbolique forte, à l’image de celui qui fut autant un grand roi sur terre qu’un grand saint au ciel.

Remercions donc le Père Courtois, d’avoir pu organiser cette cérémonie. La date choisie, qui est celle de la fête nationale de Jeanne d’Arc, n’est pas un hasard. Elle permet de se rendre encore mieux compte qu’en France la foi et l’attachement aux valeurs chrétiennes sont les meilleurs fondements de la vie publique. Qu’à l’occasion de la restauration de la statue du souverain né et baptisé à Poissy, saint Louis et sainte Jeanne d’Arc protègent notre Patrie et lui rappellent sa mission.

 Louis, duc d’Anjou.

Grandes armes de France

Publié dans : Vexilla Regis | le 9 mai, 2016 |3 Commentaires »

2016-35. Du saint abbé Blachère, curé de Saint-Andéol de Fourchades.

1741 – 6 mai – 2016

275e anniversaire du rappel à Dieu
de
l’abbé Noël-André Blachère

Saint-Andéol de Fourchades

Saint-Andéol de Fourchades : l’église et les quelques maisons qui l’entourent dans le grandiose panorama des sucs volcaniques des hautes Boutières.

A trois lieues à peine de notre Mesnil-Marie se trouve l’église de Saint-Andéol de Fourchades et je ne peux laisser s’achever cette journée du 6 mai sans vous y emmener faire un tour.

Très ancienne paroisse des hautes Boutières, jadis très étendue (elle a été scindée en deux paroisses au milieu du XIXe siècle, puis en deux communes en 1904), dont la population dépassa 1100 habitants à la fin du XIXe siècle, Saint-Andéol de Fourchades est aujourd’hui un tout petit village qui compte à peine 60 habitants.
Le « chef-lieu », où se trouvent la mairie et l’église, compte moins de dix maisons (la population se trouve en effet répartie dans de nombreux hameaux) et la plupart d’entre elles sont des constructions du XIXe siècle.
Avant la révolution, il n’existait sans doute pas plus de trois maisons autour de l’église.

Saint-Andéol de Fourchades fut une très ancienne seigneurie – antérieure à l’an mil – dont la juridiction s’étendait bien au-delà des limites actuelles de la commune.

St-Andéol de Fourchades au milieu du XXe siècle

Saint-Andéol de Fourchades : le « chef-lieu » au milieu du XXe siècle

L’église actuelle, qui remonte au XVe siècle, a été pratiquement reconstruite au XIXe siècle.
Au milieu du XXe siècle, elle est restée fermée une quinzaine d’années car les voûtes menaçaient de s’effondrer, et ce ne fut pas une petite victoire de la municipalité et du comité paroissial d’alors de réunir les sommes nécessaires et de s’employer aux travaux indispensables pour la consolider et en permettre la réouverture.
Malheureusement les aménagements intérieurs « post-conciliaires » n’ont pas laissé susbsister grand’chose de ce qui faisait le charme des petites églises de nos villages, si bien que lorsqu’on en franchit le seuil aujourd’hui on est frappé par son absolu manque de caractère et d’harmonie…

Mais l’on ne vient pas à Saint-Andéol de Fourchades pour l’esthétique intérieure de son église : au-delà des très regrettables misères que les hommes sont capables d’infliger aux lieux, il y a des éléments invisibles sur lesquels ils n’ont heureusement pas de prise.
En l’occurrence, ce qui attire les âmes à Saint-Andéol de Fourchades c’est, malgré la mort et malgré les siècles qui passent, la sainteté d’un prêtre qui est resté ici comme vicaire puis curé pendant quelque quarante-six ans, depuis 1695 jusqu’à sa mort en 1741.
C’était un temps où les évêques n’avaient pas encore adopté la ridicule manie de changer leurs curés de paroisse tous les 6 ans…

Ce saint prêtre – « saint Blachère » comme l’appellent encore de nombreuses personnes – est l’abbé Noël-André Blachère : né le jour de Noël 25 décembre 1663, au hameau de Laval, paroisse de Sanilhac, près de Largentière, dans les Cévennes vivaroises.
Il était issu d’une honnête et pieuse famille paysanne.

Sa vie ne nous est connue que de manière fragmentaire par les traditions consignées dans un opuscule, publié en 1877, réédité en 1997.
La plupart des documents le concernant ont malheureusement disparu, soit au moment de la révolution, soit dans deux incendies successifs qui ont ravagé le presbytère de Saint-Andéol de Fourchades à la fin du XIXe siècle.

Eglise de St-Andéol de F. photo ancienne

Saint-Andéol de Fourchades : photo de l’église avec le presbytère sur sa droite (milieu du XXe siècle).

Attiré par le sacerdoce dès avant son adolescence, Noël-André Blachère, dont les parents soutinrent la vocation, fut élève au collège des jésuites d’Aubenas.
Il fut ensuite admis au séminaire de Viviers (un des premiers en France à avoir été confié aux prêtres de Saint-Sulpice) et élevé à la grâce insigne du sacerdoce par Monseigneur Louis-François de la Baume de Suze (1602-1690), le grand évêque de Viviers au XVIIe siècle, protagoniste d’un magnifique renouveau spirituel de ce diocèse pendant ses soixante-et-onze ans d’épiscopat ; il est – rappelons-le – l’évêque qui missionna Saint Jean-François Régis

Après quelques années de vicariat à Baix, village vivarois de la vallée du Rhône, l’abbé Blachère fut nommé curé de Juvinas – paroisse de moyenne montagne au nord de Vals-les-Bains – , puis, à l’âge de 32 ans, envoyé comme curé à Saint-Andéol-de-Fourchades, poste qu’il occupa jusqu’à la fin de ses jours.

A la vérité, lorsque l’abbé Blachère arriva à Saint-Andéol de Fourchades, il y avait déjà un curé-prieur dans cette paroisse qui devait compter alors quelque 500 âmes : l’abbé de Tautilhac ; mais ce prêtre était âgé et infirme.
L’abbé Noël Blachère lui servit de vicaire « avec droit de succession » pendant quelques mois, avant que le prieur ne se retire dans le manoir famillial, à une lieue et demi de là, sur la paroisse de Saint-Martial.

Monsieur Blachère – c’est ainsi que l’on nommait les prêtres au grand siècle – pendant le temps de son ministère, fut un curé exemplaire dans l’accomplissement de tous ses devoirs : il fit arranger l’église et la dota de trois autels de bois avec des retables dans le goût de l’époque ; il pourvut la sacristie d’ornements convenables, et s’appliqua à rendre les cérémonies du culte les plus belles possibles et les plus exactement conformes aux prescriptions reçues du saint concile de Trente dont Monseigneur de la Baume de Suze avait introduit la discipline dans le diocèse de Viviers ; il forma des chantres et des servants d’autel ; il s’appliqua à instruire tous les fidèles dans la vérité catholique nécessaire à leur salut ; il les forma à la prière et à la pratique des vertus chrétiennes, et pour cela il promut la confession et la communion fréquentes ; il s’appliqua fidèlement à la visite des pauvres et des malades, ainsi qu’au soulagement des nécessiteux ; il développa la confrérie des pénitents et tout ce qui pouvait concourir à la ferveur et à la pratique de la charité…

En toutes ces choses, l’abbé Blachère prêcha d’exemple et édifia sa paroisse, tant par son caractère que par ses vertus ; il ne ménagea pas sa peine et transforma sa paroisse, qui devint un modèle de ferveur et de régularité chrétienne.

St-Andéol de F. Croix de l'ancien cimetière

Saint-Andéol de Fourchades : croix qui se dressait jadis au centre du cimetière jouxtant l’église.

Plein de miséricorde et de charité pastorale, doux et patient avec les autres, l’abbé Blachère était dur avec lui-même : il menait une vie pénitente et mortifiée.
Autant veillait-il avec un soin scrupuleux sur tout ce qui touchait au culte et à la gloire de Dieu, autant négligeait-il tout ce qui touchait à sa personne : sa nourriture était frugale, son vêtement était pauvre, et toute espèce de luxe était bannie de son presbytère, à tel point que son évêque se mit un jour en devoir de lui intimer l’ordre de prendre un plus grand soin de lui-même et de son intérieur !

Les hautes vertus et l’exemplarité de Monsieur Blachère ne manquèrent pas de susciter des jalousies et quelques acrimonies sacerdotales chez ses confrères moins édifiants : il eut à souffrir de certains de leurs procédés peu évangéliques.

Surtout, sa sainteté éclata à travers des dons de thaumaturge : sans doute, sa connaissance des plantes et de leurs vertus médicinales l’aida-t-elle à soigner certaines affections, mais beaucoup de guérisons qu’il opéra de son vivant ne se peuvent expliquer naturellement.
Ajoutons à cela une connaissance de certaines choses cachées qu’il ne put apprendre que par une révélation céleste.

La tradition locale nous rapporte que la Très Sainte Vierge Marie, à laquelle il vouait évidemment une très profonde dévotion, se manifesta à lui à plusieurs reprises, et que c’est d’elle qu’il reçut les indications pour découvrir une source dans la cave du presbytère qu’il avait fait reconstruire.
Depuis presque trois siècles, l’eau de cette source a été maintes et maintes fois l’instrument de guérisons inexplicables…

A deux-cents toises environ de l’église de Saint-Andéol, au pied d’un bloc d’orgues basaltiques, un minuscule oratoire dédié à la Très Sainte Vierge perpétue le souvenir du lieu où l’abbé Blachère aimait à se retirer dans la contemplation et l’oraison, et où la Sainte Mère de Dieu l’aurait comblé de ses grâces.

St Andéol de F. oratoire de l'abbé Blachère

Saint-Andéol de Fourchades : l’oratoire du saint abbé Blachère, lieu d’une intensité spirituelle palpable.

Monsieur Blachère s’éteignit dans sa paroisse de Saint-Andéol de Fourchades le 6 mai 1741 dans sa soixante-dix-huitième année.

Au début de cette année 1741, en considération du fait qu’il avait mal aux jambes, l’évêque de Viviers lui avait adjoint un vicaire, Monsieur Riffard : c’était un enfant de la paroisse, qu’il avait catéchisé et instruit, et dont la vocation était redevable des exemples de son saint curé.
Le mercredi qui suivit le troisième dimanche après Pâques, 26 avril 1741, Monsieur Blachère dut s’aliter : il fut pris de vomissements et s’affaiblit rapidement, puisqu’il ne pouvait garder aucune nourriture.
Ce qui lui fut le plus douloureux sans doute fut de ne pouvoir, en raison de ses nausées, recevoir la sainte communion en viatique, lui qui avait été si fidèle à la célébration de la Sainte Messe et si dévot envers le Saint Sacrement.

Il demanda à se confesser et à recevoir l’extrême-onction, et finalement, ce samedi 6 mai 1741 - redisons-le : le samedi est le jour dédié à la Vierge Marie dans la piété catholique – , vers les sept heures du soir, il rendit sa belle âme à Dieu.

Ses funérailles furent célébrées le lundi 8 mai parmi un grand concours de peuple et il fut inhumé dans l’église.
A partir de ce moment, sa tombe devint un lieu de pèlerinage : les gens des alentours – mais parfois aussi de loin – vinrent de manière régulière dans l’église de Saint-Andéol de Fourchades pour se confier à son intercession… et ils revinrent pour remercier puisque des grâces spirituelles et des guérisons advenaient en réponse à leurs prières.
Tout au long des XVIIIe et XIXe siècles, le récit de toutes ces grâces fut consigné dans des cahiers conservés au presbytère. En 1877 on estimait que cela représentait un volume d’environ 600 pages. Malheureusement, comme nous l’avons dit plus haut, ces documents ont disparu dans l’incendie du presbytère à la fin du XIXe siècle.

Le 27 septembre 1874, S. Exc. Mgr. Louis Delcusy, évêque de Viviers, manda son grand vicaire pour procéder, en présence du clergé local, à l’ouverture de la tombe de l’abbé Blachère et à la reconnaissance de ses restes. Un procès-verbal fut dressé.

En 1881, l’incendie du presbytère, qui se communiqua en partie à l’église, n’endommagea pas les restes de l’abbé Blachère qui, après les réparations, furent placés dans un caveau spécial, aménagé au pied  de la marche du sanctuaire, du côté de l’épître.
Lors des travaux de restauration du XXe siècle, une nouvelle pierre tombale a été placée au-dessus du caveau du saint prêtre.

St-Andéol de F. tombe de l'abbé Blachère

Saint-Andéol de Fourchades : actuelle pierre tombale de l’abbé Noël Blachère dans l’église.

Malgré la déchristianisation galopante de nos contrées, encore si ferventes il y a seulement six décennies, la mémoire de l’abbé Blachère se perpétue et, même ténu, le mouvement de piété et de confiance qui porte des âmes à venir se recommander à son intercession n’a pas disparu.

La dévotion envers le saint curé de Saint-Andéol de Fourchades et les prières faites sur sa tombe vont de pair avec le recours priant aux bienfaits de la source miraculeuse qu’il avait fait sourdre.

Les analyses pratiquées sur cette eau ont montré qu’il s’agit d’une eau très pure qui ne possède pas de propriétés chimiques particulières mais, par ailleurs, plusieurs géobiologistes consultés ont pu attester de son intensité énergétique.
Hélas, trois fois hélas ! une pollution des terres environnantes a entraîné la pollution de cette source miraculeuse, dont l’accès a été condamné, il y a 4 ans, par décision conjointe des autorités municipales et religieuses, comme le montrent deux avis placardés sur la porte cadenassée qui permettait naguère d’accéder à la cave du presbytère depuis l’église de Saint-Andéol de Fourchades
Plusieurs démarches ont été entreprises de divers côtés afin que ce problème de pollution soit résolu et pour que la source puisse être rendue à la dévotion des fidèles, mais elles sont restées infructueuses jusqu’à ce jour.
Aussi ne pouvons-nous que supplier le saint abbé Blachère d’intercéder puissamment pour que cesse ce déplorable état de fait, et pour que nous puissions à nouveau bénéficier des vertus surnaturelles de cette source que la divine Providence a voulu en ce lieu pour le soulagement des malades et la consolation des âmes affligées.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur

L'oratoire de l'abbé Blachère

Saint-Andéol de Fourchades : l’oratoire du saint abbé Blachère
un lieu extraordinaire où l’on a l’impression que le Ciel et la terre se rejoignent
et dont on ne s’arrache jamais qu’avec peine…

Publié dans : Memento, Nos amis les Saints | le 6 mai, 2016 |1 Commentaire »

2016-34. Où le Maître-Chat publie le témoignage d’une amie qui se trouvait à Andria ce Vendredi-Saint 25 mars 2016, lors du miracle de la Sainte Epine.

Andria est une cité épiscopale des Pouilles (sud de l’Italie), dont la cathédrale, depuis le XIVe siècle, conserve précieusement une épine détachée de la sainte couronne de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Cette épine fut offerte au chapitre cathédral en 1308 par la comtesse Béatrice, fille de Char­les II d’Anjou, roi de Naples et de Jérusalem (Charles II était fils de Charles I d’Anjou qui était lui-même frère du Roi Saint Louis de France qui avait acquis la sainte couronne d’épines en 1239).

A l’état ordinaire, cette épine est desséchée ; on y aperçoit des taches roussâtres. Or, quand le Vendredi Saint, coïncide avec le 25 mars - date traditionnellement reçue pour celle de la mort de Notre-Seigneur, et aussi anniversaire de l’Annonciation – , la sainte épine d’Andria présente des phénomènes scientifiquement inexplicables dûment constatés depuis des siècles : les taches sus-mentionnées deviennent rouge sang ; parfois une excroissance sanguinolente s’y manifeste, comme de petits bourgeons.
Le miracle s’est reproduit en cette année 2016, le Vendredi Saint 25 mars.
Une de nos fidèles amies, qui vit en Italie, s’était rendue à Andria pour l’occasion. Nous lui avons demandé de nous faire le récit de ce dont elle a été témoin.

Sainte Epine d'Andria dans son état ordinaire

La Sainte Epine d’Andria dans son état ordinaire

J’étais à Andria, ce Vendredi Saint 25 mars 2016…

par Marie-Christine Ceruti-Cendrier (note 1)

« Nous avions avec un groupe d’amies catholiques, quand nous étions à Lusaka en Zambie, décidé de nous retrouver toutes à Andria.
En effet nous avions entendu parler d’un miracle qui se reproduit chaque fois que le jour de l’Annonciation tombe un Vendredi Saint : c’est à dire quand le début et la fin de la vie terrestre de Jésus, si on exclut les quarante jours après Sa Résurrection, se retrouvent « résumés » dans un seul jour.
Il s’agit d’une épine qui se trouve dans cette ville d’Italie du sud parce qu’une petite nièce de Saint Louis avait épousé un seigneur de cette ville, et nous savons bien que la famille de Saint Louis, si ce n’est lui, a offert toutes les épines qui restaient attachées à cette couronne, si bien qu’on en retrouve (et sans doute même des fausses !) un peu partout.

Trois de ces épines reçoivent du Seigneur la grâce d’un miracle qui consiste à saigner, ou à changer de couleur, généralement vers le rouge, ou encore à faire éclore un ou plusieurs bourgeons.
Celle d’Andria est la plus fidèle, les autres sont moins régulières à accomplir un miracle (note 2). C’est pourquoi nous avions choisi Andria.

C’est une petite épine grande comme le petit doigt, qu’il n’est pas facile d’observer de près pour la plupart des très nombreux fidèles qui se pressent pour l’apercevoir, derrière une grille et un reliquaire de verre et de métal précieux.
Heureusement la ville installe ce jour-là deux écrans géants qui permettent de la voir beaucoup mieux, jour et nuit.
Notre petit groupe a eu la chance d’être chaperonné par Monseigneur Girasoli, nonce apostolique à Lusaka, quand nous y habitions : ce qui nous a valu l’honneur d’être invités, nos maris et nous, à nous approcher de cette extraordinaire relique et de nous faire expliquer - 
nous étions le matin – que le miracle semblait avoir débuté puisque l’épine commençait à changer de couleur.
Bouleversées nous étions toutes en pleurs. »

Deux clichés du 25 mars 2016 - début du miracle et après

Deux prises de vue extraites des films réalisés pendant le miracle à Andria
ce Vendredi Saint 25 mars 2016 :
à gauche, il est 16 h 10, les taches rougeâtres et le bourgeonnement apparaissent
à droite, il est 18 h 10, le miracle s’achève et l’épine reprend son aspect habituel

« Le miracle à proprement parler n’a eu lieu qu’entre 16 h 10 et 17 h 10, et bien que nous soyons retournées plusieurs fois faire la queue à la basilique nous n’avons plus vu l’épine que de loin.
En revanche nous avons bien vu à la télévision – qui filmait en continu ce qui se passait à l’intérieur de l’église – les bourgeons qui étaient apparus.

Ainsi donc, encore une fois, le Seigneur a voulu faire ce cadeau à ceux qui L’aiment – et ils sont nombreux dans les Pouilles où toute la population des villes participe aux processions de la Semaine Sainte.

Ne le voient, ce miracle, que ceux qui le veulent bien, mais il les touche au cœur.
Il n’aura plus lieu avant 2157 ; c’est pourquoi sans doute Dieu a permis qu’il ait lieu cette année à la fois à Bari, à Bergame et à Andria.
Prions qu’Il fasse pour notre siècle et le prochain beaucoup de miracles pour nous garder et nous fortifier dans la foi. »

Note 1 : Marie-Christine Ceruti-Cendrier est l’auteur de « Les Evangiles sont des reportages n’en déplaise à certains » (ed. Téqui 1997, réédité en 2005) et de « Les vrais rationalistes sont les chrétiens » (ed. DMM 2012), ouvrage dont nous avions parlé > ici. Depuis l’automne 2015, elle est présidente de l’Association Jean Carmignac : c’est elle qui a traduit de l’italien le témoignage de Vittorio Messori sur l’abbé Carmignac que nous avons publié > ici.

Note 2 : Comme cela sera indiqué en fin de texte, les saintes épines conservées à Bergame et à Bari, ont elles aussi présenté des phénomènes miraculeux du même ordre le Vendredi Saint 25 mars de cette année.

observation du miracle par les autorités religieuses et les scientifiques

Les autorités religieuses et des scientifiques observent le miracle

Alors qu’en France le miracle de la Sainte Epine d’Andria a été fort peu signalé, on peut trouver, sur des sites italiens des comptes-rendus et de nombreuses photographies, en particulier > ici (17 photos).

Publié dans : Chronique de Lully, Lectures & relectures | le 29 avril, 2016 |2 Commentaires »

Litanies et prières à Saint Louis-Marie Grignion de Montfort.

Gisant de cire de St Louis-Marie - détail

Détail du gisant de cire de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
à Saint-Laurent-sur-Sèvvre (maison-mère des Filles de la Sagesse),
montrant le saint au moment de son dernier soupir.

frise

Litanies de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
(pour la récitation privée)

Seigneur, ayez pitié de nous (bis). 
Jésus-Christ, ayez pitié de nous (bis). 
Seigneur, ayez pitié de nous (bis). 

Jésus-Christ, écoutez-nous (bis). 
Jésus-Christ, exaucez-nous (bis).

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous 
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous 
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous 

Sainte Marie, priez pour nous. 
Médiatrice de toutes les grâces, priez pour nous. 
Reine des coeurs, priez pour nous. 

Saint Louis-Marie de Monfort, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, fidèle imitateur de Jésus-Christ, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, prédicateur éloquent de la Croix, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, chantre du Sacre-Coeur, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, dévot esclave de Jésus en Marie, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, apôtre du très saint Rosaire, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, homme d’oraison, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, prodige de mortification, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, amant passionné de la pauvreté, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, champion intrépide de la vérité, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, défenseur ardent de la foi catholique, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, zélateur infatigable de la gloire de Dieu et du salut des âmes, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, restaurateur des temples du Seigneur, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, père des pauvres, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, secours des infirmes et des malades, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, instituteur de l’enfance et de la jeunesse, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, fondateur de congrégation religieuses, priez pour nous. 
Saint Louis-Marie de Monfort, modèle des prêtres et des missionnaires, priez pour nous.

Obtenez-nous la véritable sagesse, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous l’esprit de foi, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous l’esprit de prière, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous l’esprit d’humilité, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous l’amour de la croix, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre vraie dévotion à Marie, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre amour pour l’Église, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre dévouement au Vicaire de Jésus-Christ, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre obéissance filiale au Pape infaillible, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre courage dans les épreuves, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre amour de la vie cachée, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous votre zèle pour la conversion des pécheurs, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous la persévérance dans le bien, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous la grâce d’une bonne mort, saint Louis-Marie de Monfort. 
Obtenez-nous le règne de Jésus par Marie, saint Louis-Marie de Monfort.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur. 
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur. 
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V/. Saint Louis-Marie de Monfort 
R/. Intercédez pour nous.

Prions :

Ô Dieu, qui avez fait de saint Louis-Marie un prédicateur éminent du Règne de votre Fils unique, et par lui avez suscité dans votre Église une double famille religieuse ; daignez nous accorder, selon son enseignement et à son exemple, la grâce de servir toujours sous le joug suave de la bienheureuse Vierge Mère, ce même Fils bien-aimé qui vit et règne avec vous en l’unité du Saint-Esprit dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

Chapelet

Collecte de la messe propre de Saint Louis-Marie :

O Dieu, qui avez fait du Bienheureux Louis-Marie, Votre confesseur, le héraut merveilleux du mystère de la Croix et du très saint Rosaire, et donné par lui à l’Eglise une famille nouvelle : accordez-nous, grâce à ses mérites et à son intercession, d’arriver aux récompenses du salut éternel par la vie, la mort et la résurrection de Votre Fils unique. Nous Vous le demandons par le même Jésus-Christ, Votre Fils, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

Deus, qui beatum Ludovicum-Mariam, confessorem tuum, Crucis mysterii et sanctissimi Rosarii praeconem exinium effecisti, ac nova per eum familia Ecclesiam fecundasti : ejus meritis et intercessione concede : ut per Unigeniti Filii tui vitam, mortem ac resurrectionem, salutis aeternae praemia consequamur. Per eumdem Dominum…

Amen.

Saint Louis-Marie

frise

Prière pour demander à Saint Louis-Marie
la grâce de la parfaite dévotion à la Sainte Vierge :

Saint Louis-Marie de Montfort, qui avez si admirablement enseigné, par votre vie autant que par vos écrits, de quelle manière il nous faut aimer la Bienheureuse Mère de Dieu, je vous demande humblement de m’assister par votre prière et par votre bienveillante intercession, pour que j’obtienne la grâce de vivre moi aussi, en esprit et en vérité, cette parfaite dévotion à la Sainte Vierge, de sorte qu’en lui étant totalement et pleinement consacré, je puisse être toujours plus totalement et plus pleinement à Jésus mon divin Sauveur.
Saint Louis-Marie de Montfort, qui avez si merveilleusement montré, par votre vie autant que par vos écrits, ce qu’est le véritable amour de la Croix, je vous demande humblement de m’assister par votre prière et par votre bienveillante intercession, pour que j’obtienne la grâce de renoncer à moi-même et d’embrasser généreusement la pauvreté, les humiliations et les douleurs de la Croix, en ne me dérobant jamais aux mille et un petits sacrifices quotidiens, de sorte qu’en portant fidèlement le joug de Jésus-Christ, je puisse oeuvrer, à Sa suite et selon mon humble mesure, au salut et à la sanctification des âmes.
Saint Louis-Marie de Montfort, qui avez si extraordinairement contribué, par votre vie autant que par vos écrits, à faire aimer la Sagesse Eternelle, le Verbe divin par qui tout a été créé, qui est venu en notre chair, qui a souffert la Passion et qui demeure mystérieusement au milieu de nous dans la Sainte Eucharistie, Jésus-Christ Notre-Seigneur, je vous demande humblement de m’assister par votre prière et par votre bienveillante intercession, pour que j’obtienne la grâce d’appartenir sans réserve au Christ Sagesse Eternelle, goûtant Son ineffable douceur et marchant dans la douceur de Ses voies, pour parvenir, au terme de cet exil, à Le posséder dans l’éternité bienheureuse.

Ainsi soit-il.

(Prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

A Jésus par Marie

A Jésus par Marie !

Publié dans : Nos amis les Saints, Prier avec nous | le 27 avril, 2016 |2 Commentaires »

2016-33. Discours de Sa Sainteté le Pape Pie XII à l’occasion de la canonisation de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort.

1716 – 28 avril – 2016

Troisième centenaire de la mort
de

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

Chapelet

A l’occasion du troisième centenaire de la mort de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, nous pouvons relire et méditer le discours prononcé par Sa Sainteté le Pape Pie XII à l’adresse des pèlerins présents à Rome à l’occasion de la canonisation du grand missionnaire des provinces de l’Ouest de la France, qui avait été célébrée la veille, dimanche 20 juillet 1947 (note : en ce temps-là, le Souverain Pontife ne prêchait pas aux messes de canonisation, mais il s’adressait aux fidèles le lendemain lors d’une audience au cours de laquelle il mettait en lumière les exemples du nouveau saint).

Statue de Saint Louis-Marie basilique vaticane

Statue de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
dans la basilique vaticane.

Chapelet

Discours de
Sa Sainteté le Pape Pie XII
à l’adresse des pèlerins présents à Rome

à l’occasion de la canonisation de
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

- 21 juillet 1947 -

Soyez les bienvenus, chers fils et chères filles, accourus en grand nombre pour assister à la glorification de Louis-Marie Grignion de Montfort, l’humble prêtre breton du siècle de Louis XIV, dont la courte vie, étonnamment laborieuse et féconde, mais singulièrement tourmentée, incomprise des uns, exaltée par les autres, l’a posé devant le monde « en signe de contradiction », « in signum, cui contradicetur » (Luc II, 34). Réformant, sans y penser, l’appréciation des contemporains, la postérité l’a rendu populaire, mais, par dessus encore le verdict des hommes, l’autorité suprême de l’Église vient de lui décerner les honneurs des saints.

Salut d’abord à vous, pèlerins de Bretagne et du littoral de l’Océan. Vous le revendiquez comme vôtre et il est vôtre en effet. Breton par sa naissance et par l’éducation de son adolescence, il est resté breton de cœur et de tempérament à Paris, dans le Poitou et en Vendée ; il le restera partout et jusqu’au bout, même dans ses cantiques de missionnaire, où par une pieuse industrie, — qui réussirait peut-être moins heureusement à une époque plus critique et volontiers gouailleuse, il adaptait des paroles religieuses aux airs populaires de son pays. Breton, il l’est par sa piété, sa vie très intérieure, sa sensibilité très vive, qu’une délicate réserve, non exempte de quelques scrupules de conscience, faisait prendre par des jeunes gens primesautiers, et par quelques-uns même de ses Supérieurs, pour gaucherie et singularité. Breton, il l’est par sa droiture inflexible, sa rude franchise, que certains esprits, plus complaisants, plus assouplis, trouvaient exagérée et taxaient avec humeur d’absolutisme et d’intransigeance.

C’est en l’épiant malicieusement à son insu, en le voyant et en l’entendant traiter avec les petits et les pauvres, enseigner les humbles et les ignorants, que plus d’un découvrit avec surprise, sous l’écorce un peu rugueuse d’une nature qu’il mortifiait et qu’il forgeait héroïquement, les trésors d’une riche intelligence, d’une inépuisable charité, d’une bonté délicate et tendre.

On a cru parfois pouvoir l’opposer à saint François de Sales, prouvant ainsi qu’on ne connaissait guère que superficiellement l’un et l’autre. Différents, certes, ils le sont, et voilà bien de quoi dissiper le préjugé qui porte à voir dans tous les saints autant d’exemplaires identiques d’un type de vertu, tous coulés dans un même moule ! Mais on semble ignorer complètement la lutte, par laquelle François de Sales avait adouci son caractère naturellement aigre, et l’exquise douceur avec laquelle Louis-Marie secourait et instruisait les humbles. D’ailleurs, l’amabilité enjouée de l’évêque de Genève ne l’a pas plus que l’austérité du missionnaire breton, mis à l’abri de la haine et des persécutions de la part des calvinistes et des jansénistes et, d’autre part, la rudesse fougueuse de l’un, aussi bien que la patience de l’autre au service de l’Église leur ont valu à tous les deux l’admiration et la dévotion des fidèles.

La caractéristique propre de Louis-Marie, et par où il est authentique breton, c’est sa ténacité persévérante à poursuivre le saint idéal, l’unique idéal de toute sa vie : gagner les hommes pour les donner à Dieu. À la poursuite de cet idéal, il a fait concourir toutes les ressources qu’il tenait de la nature et de la grâce, si bien qu’il fut en vérité sur tous les terrains — et avec quel succès ! — l’apôtre par excellence du Poitou, de la Bretagne et de la Vendée ; on a pu même écrire naguère, sans exagération, que « la Vendée de 1793 était l’œuvre de ses mains ».

Salut à vous, prêtres de tous les rangs et de tous les ministères de la hiérarchie ecclésiastique, qui portez tous sur le cœur ce souci, cette angoisse, cette « tribulation », dont parle saint Paul (2 Cor. I, 8) et qui est aujourd’hui, presque partout, le partage des prêtres dignes de leur beau nom de pasteurs d’âmes. Votre regard, comme celui de milliers de vos frères dans le sacerdoce, se lève avec fierté vers le nouveau saint et puise en son exemple confiance et entrain. Par la haute conscience qu’il avait de sa vocation sacerdotale et par son héroïque fidélité à y correspondre, il a fait voir au monde le vrai type — souvent si peu et si mal connu — du prêtre de Jésus Christ et ce qu’un tel prêtre est capable de réaliser pour la pure gloire de Dieu et pour le salut des âmes, pour le salut même de la société, dès lors qu’il y consacre sa vie tout entière, sans réserve, sans condition, sans ménagement, dans le plein esprit de l’Évangile. Regardez-le, ne vous laissez pas impressionner par des dehors peu flatteurs : il possède la seule beauté qui compte, la beauté d’une âme illuminée, embrasée par la charité ; il est pour vous un modèle éminent de vertu et de vie sacerdotale.

Salut à vous, membres des familles religieuses, dont Louis-Marie Grignion de Montfort a été le Fondateur et le Père. Vous n’étiez, de son vivant et lors de sa mort prématurée, qu’un imperceptible grain de froment, mais caché dans son cœur comme au sein d’une terre fertile, mais gonflé du suc nourricier de sa surhumaine abnégation, de ses mérites surabondants, de son exubérante sainteté. Et voici que la semence a germé, grandi, qu’elle s’est développée et propagée au loin, sans que le vent de la révolution l’ait desséchée, sans que les persécutions violentes ou les tracasseries légales aient pu l’étouffer.

Chers fils et chères filles, restez fidèles au précieux héritage que vous a légué ce grand saint ! Héritage magnifique, digne que vous continuiez, comme vous l’avez fait jusqu’à présent, à y dévouer, à y sacrifier sans compter vos forces et votre vie ! Montrez-vous les héritiers de son amour si tendre pour les humbles du plus petit peuple, de sa charité pour les pauvres, vous souvenant qu’il s’arrachait le pain de la bouche pour les nourrir, qu’il se dépouillait de ses vêtements pour couvrir leur nudité, les héritiers de sa sollicitude pour les enfants, privilégiés de son cœur, comme ils l’étaient du cœur de Jésus.

La charité ! voilà le grand, disons le seul secret des résultats surprenants de la vie si courte, si multiple et si mouvementée de Louis-Marie Grignion de Montfort : la charité ! voilà pour vous aussi, soyez-en intimement persuadés, la force, la lumière, la bénédiction de votre existence et de toute votre activité.

Salut enfin à vous aussi, pèlerins accourus de divers pays et apparemment bien différents entre vous, mais dont l’amour envers Marie fait l’unité, parce que, tous, vous voyez en celui que vous êtes venus honorer le guide qui vous amène à Marie et de Marie à Jésus. Tous les saints, assurément, ont été grands serviteurs de Marie et tous lui ont conduit les âmes ; il est incontestablement un de ceux qui ont travaillé le plus ardemment et le plus efficacement à la faire aimer et servir.

La Croix de Jésus, la Mère de Jésus, les deux pôles de sa vie personnelle et de son apostolat. Et voilà comment cette vie, en sa brièveté, fut pleine, comment cet apostolat, exercé en Vendée, en Poitou, en Bretagne durant à peine une douzaine d’années, se perpétue depuis déjà plus de deux siècles et s’étend sur bien des régions. C’est que la Sagesse, cette Sagesse à la conduite de laquelle il s’était livré, a fait fructifier ses labeurs, a couronné ses travaux que la mort n’avait qu’apparemment interrompus : « complevit labores illius » (Sag. X, 10). L’œuvre est toute de Dieu, mais elle porte aussi sur elle l’empreinte de celui qui en fut le fidèle coopérateur. Ce n’est que justice de la discerner.

Notre œil, presque ébloui par la splendeur de la lumière qui émane de la figure de notre Saint, a besoin, pour ainsi dire, d’en analyser le rayonnement. Il se pose d’abord sur les dons naturels, plus extérieurs, et il a la surprise de constater que la nature n’avait pas été vis-à-vis de lui aussi avare qu’il a pu sembler à première vue. Louis-Marie n’offrait pas, c’est vrai, le charme de traits agréables qui conquièrent soudain la sympathie, mais il jouissait — avantages en réalité bien plus appréciables — d’une vigueur corporelle qui lui permettait de supporter de grandes fatigues dans son ministère de missionnaire et de se livrer quand même à de rudes et très rudes pénitences. Sans s’amuser à éblouir son auditoire par les faciles artifices du bel esprit, par les fantasmagories d’une élégance recherchée et subtile, il savait mettre à la portée des plus simples le trésor d’une théologie solide et profonde — en quoi il excellait — et qu’il monnayait de manière à éclairer et convaincre les intelligences, à émouvoir les cœurs, à secouer les volontés avec une force de persuasion qui aboutissait aux courageuses et efficaces résolutions. Grâce à son tact, à la finesse de sa psychologie, il pouvait choisir et doser ce qui convenait à chacun, et s’il avait, par abnégation et pour être plus entièrement aux études et à la piété, renoncé aux beaux-arts, pour lesquels il avait beaucoup de goût et de remarquables dispositions, il avait gardé les richesses d’imagination et de sensibilité, dont son âme d’artiste savait user pour produire dans les esprits l’image du modèle divin. Toutes qualités humaines, sans doute, mais dont il s’aidait pour conduire les pécheurs au repentir, les justes à la sainteté, les errants à la vérité, conquérant à l’amour du Christ les cœurs desséchés par le souffle glacé et aride de l’égoïsme.

Incomparablement plus que sa propre activité humaine, il mettait en jeu le concours divin qu’il attirait par sa vie de prière. Toujours en mouvement, toujours en contact avec les hommes, il était en même temps toujours recueilli, toujours livré à l’intimité divine, luttant, pour ainsi dire, contre la justice sévère de Dieu pour obtenir de sa miséricorde les grâces victorieuses de l’obstination des plus endurcis ; il semblait, comme le patriarche en lutte contre l’ange, répéter sans cesse la prière irrésistible : « Je ne vous laisserai point que vous ne m’ayez béni » (Gen. XXXII, 27).

Il n’ignorait pas non plus que, sans la pénitence, l’abnégation, la mortification continuelle, la prière toute seule ne suffit pas à vaincre l’esprit du mal : « in oratione et ieiunio » (Marc IX, 29). Et notre missionnaire joignait aux fatigues des plus intrépides apôtres les saintes cruautés des plus austères ascètes. N’a-t-il pas observé presque à la lettre la consigne donnée par le Maître à ses envoyés : « N’emportez rien pour la voyage, ni bâton, ni pain, ni sac, ni argent, et n’ayez point deux tuniques » (Luc IX, 3) ? La seule soutane, usée et rapiécée, qu’il portait sur lui était si pauvre, que les mendiants qui le rencontraient se croyaient en devoir de l’assister de leurs aumônes.

Crucifié lui même, il était en droit de prêcher avec autorité le Christ crucifié (cf. 1 Cor. I, 23). Partout, envers et contre tous, il érigeait des Calvaires et il les réédifiait avec une indéfectible patience, lorsque l’esprit du siècle, inimicus crucis Christi (cf. Phil. III, 18), les avait fait abattre. Il traçait moins un programme de vie qu’il ne peignait son propre portrait dans sa lettre « aux Amis de la Croix» : « Un homme choisi de Dieu entre dix mille qui vivent selon les sens et la seule raison, pour être un homme tout divin, élevé au-dessus de la raison et tout opposé aux sens, par une vie et lumière de pure foi et un amour ardent pour la Croix ».

Le grand ressort de tout son ministère apostolique, son grand secret pour attirer les âmes et les donner à Jésus, c’est la dévotion à Marie. Sur elle il fonde toute son action : en elle est toute son assurance, et il ne pouvait trouver arme plus efficace à son époque. À l’austérité sans joie, à la sombre terreur, à l’orgueilleuse dépression du jansénisme, il oppose l’amour filial, confiant, ardent, expansif et effectif du dévot serviteur de Marie, envers celle qui est le refuge des pécheurs, la Mère de la divine Grâce, notre vie, notre douceur, notre espérance. Notre avocate aussi ; avocate qui placée entre Dieu et le pécheur est toute occupée à invoquer la clémence du juge pour fléchir sa justice, à toucher le cœur du coupable pour vaincre son obstination. Dans sa conviction et son expérience de ce rôle de Marie, le missionnaire déclarait avec sa pittoresque simplicité que « jamais pécheur ne lui a résisté, une fois qu’il lui a mis la main au collet avec son rosaire ».

Encore faut-il qu’il s’agisse d’une dévotion sincère et loyale. Et l’auteur du « Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge » distingue en traits précis celle-ci d’une fausse dévotion plus ou moins superstitieuse, qui s’autoriserait de quelques pratiques extérieures ou de quelques sentiments superficiels pour vivre à sa guise et demeurer dans le péché comptant sur une grâce miraculeuse de la dernière heure.

La vraie dévotion, celle de la tradition, celle de l’Église, celle, dirions-Nous, du bon sens chrétien et catholique, tend essentiellement vers l’union à Jésus, sous la conduite de Marie. Forme et pratique de cette dévotion peuvent varier suivant les temps, les lieux, les inclinations personnelles. Dans les limites de la doctrine saine et sûre, de l’orthodoxie et de la dignité du culte, l’Église laisse à ses enfants une juste marge de liberté. Elle a d’ailleurs conscience que la vraie et parfaite dévotion envers la Sainte Vierge n’est point tellement liée à ces modalités qu’aucune d’elles puisse en revendiquer le monopole.

Et voilà pourquoi, chers fils et chères filles, Nous souhaitons ardemment que, par dessus les manifestations variées de la piété envers la Mère de Dieu, Mère des hommes, vous puisiez tous, dans le trésor des écrits et des exemples de notre saint, ce qui a fait le fond de sa dévotion mariale : sa ferme conviction de la très puissante intercession de Marie, sa volonté résolue d’imiter autant que possible les vertus de la Vierge des vierges, l’ardeur véhémente de son amour pour elle et pour Jésus.

Avec l’intime confiance que la Reine des cœurs vous obtiendra de l’Auteur de tout bien cette triple faveur, Nous vous donnons en gage, à vous, à tous ceux qui vous sont chers, à tous ceux qui se recommandent du patronage de saint Louis-Marie Grignion de Montfort et qui l’invoquent en union avec vous, Notre Bénédiction apostolique.

Pius pp. XII

Armoiries de Pie XII

Gisant de Saint Louis-Marie à Saint Laurent sur Sèvre

Gisant de cire de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
Maison-mère des Filles de la Sagesse, à Saint-Laurent-sur-Sèvre

« Je mets ma confiance », cantique du Père de Montfort > ici
Prières et litanies à Saint Louis-Marie Grignion de Montfort > ici

Chapelet

2016-32. Ce qu’est le droit divin.

25 avril,
Anniversaire de la naissance et du baptême de Saint Louis (25 avril 1214),
Anniversaire de la naissance de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou (25 avril 1974).

En ce 25 avril, marqué par la célébration des anniversaires indiqués ci-dessus, vous imagninez sans peine, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, ce qu’est la ferveur de notre prières, en notre Mesnil-Marie.

Frère Maximilien-Marie a précisé, dans la lettre mensuelle qu’il a écrite pour cette occasion à l’intention des membres de la Confrérie Royale, en quoi consiste l’amour et la vénération que nous entretenons pour notre Roi de droit (on peut le lire > ici).
Pour ce qui me concerne, je tiens aujourd’hui, comme contribution à cet anniversaire royal, à reprendre ci-dessous un texte de Monseigneur Louis-Gaston de Ségur (1820-1881) qui explique de manière parfaitement claire ce qu’il faut comprendre par « monarchie de droit divin », expression tellement incomprise et critiquée de nos jours, alors que, comme vous le verrez, il n’y a rien de plus naturel.
Nous remercions le site ami « Vive le Roy », duquel nous l’avons repris, d’avoir publié ce texte bien nécessaire à l’intelligence des notions légitimes les plus élémentaires.

Lully.

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Louis XX (janvier 2016)

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné des Capétiens,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX.

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Ce que c’est que le droit divin
dont on se moque avec tant de légèreté :

Il n’y a que l’ignorance qui s’en moque.
« Le droit divin », quand on sait ce que c’est, est la chose du monde la plus simple et la plus vénérable.
Ainsi que le mot l’indique, le « droit divin » c’est le droit de Dieu. Que Dieu, souverain Maître de toutes choses, ait le droit de diriger les sociétés et les peuples, cela est plus clair que le jour. Dieu n’est-il pas le Roi suprême de tous les rois et de tous les peuples, le Seigneur souverain et absolu de toutes les sociétés ? Son droit est au-dessus de tous les droits ; et tous les droits légitimes viennent de lui, comme toutes les gouttes d’eau d’un ruisseau viennent de la source.
Tout droit véritable est donc un droit divin, une communication du droit de Dieu.

En matière de souveraineté, cette communication, pour être réelle, n’a nullement besoin d’être surnaturelle ni miraculeuse : il n’est pas nécessaire que le bon Dieu apparaisse en personne ou envoie un Ange pour dire à un peuple : « Voici le Souverain que je te donne ; voici la race royale qui te gouvernera. »
Non, ce n’est pas ainsi que Dieu mène les sociétés et choisit les dépositaires de ses droits. Pour communiquer ses droits souverains sur tel ou tel peuple, le bon Dieu se sert de faits humains, parfaitement suffisants pour établir le droit divin : la naissance, par exemple, et le droit de succession ; ou bien encore une élection régulière.
Le droit à la couronne est, en effet, un véritable droit de propriété, qui s’acquiert comme toutes les propriétés : par naissance, par héritage, par conquête, par donation, enfin par prescription. La prescription a toujours la vertu de légitimer le titre primordial lorsqu’il est vicieux, de le confirmer lorsqu’il est légitime.
Oui, la couronne — je ne dis pas le royaume, mais la couronne, c’est-à-dire le droit de commander et de régner — est une propriété ; une propriété que nul n’a le droit de ravir à celui qui la possède en vertu d’un titre légitime, c’est-à-dire conforme à la loi de Dieu et aux traditions du pays.
Violer cette propriété royale, c’est voler ; et le vol est interdit par les lois divines et humaines.
En fait de souveraineté comme en fait de propriété, le droit humain est sanctionné par le droit divin, s’appuie sur lui, devient une seule et même chose avec lui : de telle sorte qu’il est à la fois humain et divin.

Remarquons-le d’ailleurs : le droit divin du Roi légitime n’est pas, comme on se l’imagine, un fait isolé dans la société.
La société repose sur une foule de faits humains donnant lieu au droit divin. C’est de droit divin que je possède ma maison, mon champ, et tous les fruits de mon travail ; c’est de droit divin que je possède ce dont je suis devenu le propriétaire légitime, à la suite et par l’effet de faits humains, de conventions purement humaines.
Il n’en est pas autrement du droit du Souverain légitime à sa couronne. Bien que ce droit résulte de faits humains, comme nous le disions tout à l’heure, il n’en est pas moins divin ; et dès lors on peut et on doit dire que c’est de droit divin qu’il possède sa couronne.
Or, il n’y a pas de droit contre le droit. Contre le droit à la fois humain et divin de la souveraineté légitime, il n’y a pas plus de droit qu’il n’y en a contre le droit à la fois humain et divin en vertu duquel tout propriétaire légitime possède ce qu’il possède.

De grâce, méditons bien ces choses. Elles sont, je le sais, un peu abstraites ; elles choquent les idées courantes, vulgarisées par la révolution ; mais elles sont vraies ; et aujourd’hui plus que jamais, il est indispensable de le bien comprendre.
En résumé, pour un Souverain quelconque, régner de « droit divin », c’est tout simplement régner légitimement, en vertu de droits légitimes ; c’est être le représentant légitime de Dieu pour le gouvernement d’une société, d’un peuple. De là cette formule célèbre, qui fait tant crier les impies et les ignorants : régner par la grâce de Dieu.

Donc, quand nous disons qu’Henri V (note *) est de « droit divin » le Roi de France, nous voulons dire que, d’après la loi de Dieu, et d’après les plus vénérables traditions de la France, le droit de ce Prince à la couronne repose sur des titres légitimes, inattaquables, et sur une prescription huit fois séculaire, qu’il est le dépositaire de l’autorité souveraine de Dieu, lequel est le Maître suprême du peuple français comme de tous les peuples ; qu’il est ainsi le Roi légitime à qui la France doit obéir, si elle veut faire la volonté de Dieu, si elle ne veut point se révolter contre le droit de Dieu.

Voilà ce que c’est que le « droit divin ».
Est-ce là, dites-moi, chose si étrange ?
Est-ce là surtout quelque chose d’absurde, de ridicule, d’intolérable comme l’affirment depuis cent ans nos petits bavards démocrates de la libre pensée et du journalisme ?
Du moment que l’on croit en Dieu et qu’on respecte le droit, le « droit divin » n’est-il pas au contraire une doctrine parfaitement raisonnable, la conséquence évidente des principes les plus certains ?

 Mgr de Ségur, in « Oeuvres » – Tolra, Paris, 1877, 2 série, tome VI, chap. III. 

Note * : Ce que Monseigneur de Ségur écrivait de Henri V en 1877, parce que c’était alors lui l’aîné des Capétiens, s’applique absolument de la même manière rigoureuse en 2016 à Monseigneur Louis de Bourbon, duc d’Anjou, actuel aîné des Capétiens.

Grandes armes de France

Publié dans : Lectures & relectures, Vexilla Regis | le 25 avril, 2016 |3 Commentaires »
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