Prologue librement inspiré par celui de l’Evangile selon Saint Luc.

Prologue librement inspiré par celui de l'Evangile selon Saint Luc. dans Annonces & Nouvelles dsc08042copiecopie

Le Maître-Chat Lully

« Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements – parfois totalement insignifiants – qui se produisent en ces temps, j’ai décidé moi aussi (puisque je suis chaque jour le témoin scrupuleusement attentif d’une aventure qui est, elle, véritablement hors du commun), de tenir pour vous, amis du Mesnil-Marie, sous la forme d’un récit assorti de commentaires personnels, une espèce de diaire de la fondation du Refuge Notre-Dame de Compassion.

Ainsi pourrez-vous, en suivant les péripéties de notre vie quotidienne, ou en vous associant aux évènements humains et surtout spirituels qui en jalonnent l’existence, garder un lien plus concret avec cette oeuvre que vous soutenez d’une fidèle et pieuse amitié.

Je réclame, bien évidemment, votre indulgence car je ne suis qu’un tout petit chat, mais vous savez aussi que j’occupe au Mesnil-Marie une place privilégiée (voir ici > www)… Puissent néanmoins ces lignes être utiles à tous pour conserver et resserrer le lien de la charité, dans la paix et la joie du coeur! »

patteschats chronique dans Chronique de LullyLully, l’Observateur.

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Chronique de Lully | le 10 septembre, 2007 |Commentaires fermés

2014-100. « Il n’y a de vie véritable que la vie bienheureuse. »

 Sermon de
notre glorieux Père Saint Augustin
sur
les deux vies :

Rogier van der Weyden triptyque jugement Beaune détail

Ange introduisant des âmes en Paradis
- Rogier van der Weyden : triptyque du jugement dernier – détail (1446-52), Hôtel-Dieu de Beaune -

En ces jours de Toussaint, qui nous font contempler le Ciel et la gloire des élus, puis prier pour les âmes des défunts qui attendent l’achèvement de leur purification pour accéder au bonheur éternel, voici un court sermon de notre glorieux Père Saint Augustin qui nous exhorte à désirer et à tendre vers la Vie éternelle, mille fois préférable à la vie d’ici-bas.

§1 – Introduction : Saint Augustin se propose de nous inspirer l’amour de la vie éternelle qui est la seule vie véritable ainsi que cela ressort des paroles de Notre-Seigneur.

Le Seigneur disait à un jeune homme : « Si tu veux parvenir à la vie, observe les commandements » (Matth. XIX, 17). Il ne disait pas : Si tu veux parvenir à l’éternelle vie, mais : « Si tu veux parvenir à la vie » ; c’est qu’Il n’entend par vie que celle qui dure éternellement.
Commençons donc par en inspirer l’amour. 

§2 – Bien que cette vie terrestre nous soit l’occasion de bien des difficultés et des souffrances, quoi que nous en disions, nous lui sommes attachés.

Quelle que soit la vie présente, on s’y attache, et malgré ses chagrins et ses misères, on craint, on tremble d’arriver au terme de cette chétive vie.
Puisqu’on aime ainsi une vie pleine de tristesses et périssable, ne doit-on pas comprendre, ne doit-on pas considérer combien la vie immortelle est digne de notre amour ?

Remarquez attentivement, mes frères, combien il faut s’attacher à une vie où jamais l’on ne cesse de vivre.

Tu aimes cette vie où tu as tant à travailler, tant à courir, à te hâter, à te fatiguer. Comment nombrer tous les besoins que nous y éprouvons ? Il y faut semer, labourer, défricher, voyager sur mer, moudre, cuire, tisser et mourir après tout cela. Combien d’afflictions dans cette misérable vie que tu aimes !
Et tu crois vivre toujours et ne mourir jamais ? On voit tomber les temples, la pierre et le marbre, tout scellés qu’ils sont avec le fer et le plomb ; et l’homme s’attend à ne pas mourir ?

Apprenez donc, mes frères, à rechercher la vie éternelle où vous n’aurez à endurer aucune de ces misères, où vous régnerez éternellement avec Dieu.
« Celui qui veut la vie, dit le prophète, aime à voir des jours heureux » (Ps. XXXIII, 13). Quand en effet les jours sont malheureux, on désire moins la vie que la mort. Au milieu des afflictions et des angoisses, des conflits et des maladies qui les éprouvent, n’entendons-nous pas, ne voyons-nous pas les hommes répéter sans cesse : O Dieu, envoyez-moi la mort, hâtez la fin de mes jours ? Quelque temps après on se sent menacé : on court, on ramène les médecins, on leur fait des promesses d’argent et de cadeaux. Me voici, dit alors la mort, c’est moi que tu viens de demander à Dieu ; pourquoi me chasser maintenant ?
Ah ! tu es dupe de toi-même et attaché à cette misérable vie.

§3 – Saint Augustin fait ressortir combien il est insensé d’être attaché à nos jours terrestres et combien les hommes semblent manquer de réflexion lorsqu’ils célèbrent leurs anniversaires, puisqu’en fait ce qu’ils célèbrent c’est moins le début de leur vie que le rapprochement d’avec leur mort.

C’est du temps que nous parcourons que l’Apôtre a dit : « Rachetez le temps car les jours sont mauvais » (Ephés. V, 10). Et ils ne seraient pas mauvais, ces jours que nous traversons au milieu de la corruption de notre chair, sous le poids accablant d’un corps qui se dissout, parmi tant de tentations et de difficultés, quand on ne rencontre que de faux, plaisirs, que des joies inquiètes, les tourments de la crainte, des passions qui demandent et des chagrins qui dessèchent ?
Ah ! que ces jours sont mauvais! Et personne ne veut en voir la fin ? et l’on prie Dieu avec ardeur pour obtenir une vie longue ?
Eh ! qu’est-ce qu’une longue vie, sinon un long tourment ? Qu’est-ce qu’une longue vie, sinon une longue succession de jours mauvais ? Lorsque les enfants grandissent, ils croient que leurs jours se multiplient, et ils ignorent qu’ils diminuent. Le calcul de ces enfants les égare, puisqu’avec l’âge le nombre des jours s’amoindrit plutôt que d’augmenter. Supposons, par exemple, un homme âgé de quatre-vingts ans : n’est-il pas vrai que chaque moment de sa vie est pris sur ce qu’il lui en reste ? Et des insensés se réjouissent à mesure qu’ils célèbrent les retours de leur naissance ou de celle de leurs enfants ! Quelle vue de l’avenir ! Quand le vin baisse dans ton outre, tu t’attristes, et tu chantes quand s’écoule le nombre de tes jours ? Oui, nos jours sont mauvais, ils le sont d’autant plus qu’on les aime davantage. Les caresses du monde sont si perfides, que personne ne voudrait voir la fin de cette vie d’afflictions. 

§4 – La vraie vie est la vie bienheureuse et éternelle qu’il nous faut désirer et mériter.

Mais la vraie vie, la vie bienheureuse est celle qui nous attend lorsque nous ressusciterons pour régner avec le Christ. Les impies ressusciteront aussi, mais pour aller au feu. Il n’y a donc de vie véritable que la vie bienheureuse.
Or, la vie ne saurait être heureuse si elle n’est éternelle en même temps que les jours ou plutôt que le jour y est heureux ; car il n’y a point là plusieurs jours, mais un seul. Si nous disons plusieurs, c’est par suite d’une habitude contractée dans cette vie. Ce jour unique ne connaît ni soir ni matin ; il n’est pas suivi d’un lendemain, parce qu’il n’avait pas d’hier. C’est ce jour ou ces jours, c’est cette vie et cette vie véritable qui nous est promise. Récompense, elle suppose le mérite.
Ah ! si nous aimons cette récompense, ne nous lassons pas de travailler, et durant l’éternité nous règnerons avec le Christ.

Rogier van der Weyden triptyque jugement Beaune détail - l'ange

2014-99. Miséricorde… Se méfier des contrefaçons !

Jeudi 30 octobre 2014.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Bien que je ne fusse point né à l’époque où elle était largement diffusée à la radio ou à la télévision, je connais cette célèbre réclame de soda au gingembre qui ressemblait à de l’alcool, était doré comme de l’alcool mais n’était pas de l’alcool.
Ce slogan publicitaire a eu un tel impact que, depuis lors, le nom propre de cette marque sert à qualifier une chose qui n’a que les apparences et non les qualités réelles de ce qu’elle prétend ou semble être.

Dans l’Eglise – et dans le domaine spirituel qui est le sien – , de nos jours, on trouve aussi (et plus fréquemment qu’on ne le pourrait penser au premier abord) des produits de substitution qui ont l’apparence, la couleur ou même le goût d’authentiques valeurs chrétiennes, mais n’en sont que de fallacieuses contrefaçons.

S’il ne s’agissait pas de choses dont les conséquences peuvent être dramatiques pour l’éternité, on pourrait se contenter d’en sourire ; mais ce n’est justement pas le cas : voilà pourquoi, poursuivant de partager avec vous les réflexions que j’ai commencées à publier le jeudi 23 octobre (cf. > « Mettez-vous en colère et ne péchez pas ! ») et avant-hier, mardi 28 octobre (cf. > « Apostolicité et Tradition »), je voudrais vous entretenir aujourd’hui de cette contrefaçon de miséricorde – une « miséricorde Canada dry »qui dénature aujourd’hui le message évangélique authentique, qui conduit à une perversion profonde des consciences, et qui détourne l’action de la Sainte Eglise de la finalité qui lui a été définie par son divin Fondateur, Notre-Seigneur Jésus-Christ !

Murillo le fils prodique exigeant sa part d'héritage

Le fils prodigue, recevant la part d’héritage qu’il réclamait, s’apprête à quitter la maison paternelle
- tableau de Bartolomé Esteban Murillo (1617-1682) -

En effet, l’une des tactiques de perversion utilisée par les destructeurs du catholicisme consiste dans un premier temps à protester haut et fort qu’ils ne veulent, bien évidemment et en aucune manière, toucher au dogme ni à la doctrine morale traditionnelle – auxquels ils assurent porter les plus grands respect et attention – , mais tout aussitôt, avec l’air le plus inoffensif du monde, ils ajoutent que par « sollicitude pastorale » et « au nom de la miséricorde », il convient toutefois d’avoir le coeur charitablement ouvert aux difficultés, aux situations de détresses ou aux souffrances des hommes de notre temps, et donc, pour cela, qu’il faut assouplir une pratique qui, sinon, ne peut permettre aux hommes d’éviter l’écueil du découragement et les dissuade de se rapprocher de l’Eglise…
Si l’on peut, à l’appui de ces lénifiantes assurances, apporter quelque « témoignage » qui, par l’exposé d’un cas particulier bouleversant, va remuer son auditoire jusqu’aux entrailles, le mettre au bord des larmes au moyen de quelques vibrantes formulations, et l’amener inconsciemment à culpabiliser en lui suggérant que ce serait un cruel manque de charité que de se refuser à tant de bons sentiments humains, on peut dire que la partie est gagnée.

Toute la manipulation a joué sur l’émotionnel et, sans qu’ils soient jamais théoriquement remis en question ou raisonablement contrecarrés, les principes et les fondements doctrinaux ont été purement et simplement évacués une bonne fois pour toutes, au profit d’une pratique qui leur est opposée et qui va rapidement s’imposer de manière normative.

Toutes les situations morales non conformes à la loi divine qui, je n’en disconviens pas, sont très souvent lourdes d’un grand poids de souffrances – souffrances dues à des blessures, à des échecs, à des « erreurs de parcours » ou à des expériences très douloureuses – , même lorsqu’elles sont très largement répandues, n’en demeurent pas moins des comportements déviants.
Elles ne peuvent ni ne doivent en aucune façon être considérées comme normales, et encore moins comme normatives.

Rien ne peut ni ne doit être préféré à la sainte loi de Dieu !
Un véritable chrétien ne peut préférer l’amour de sa famille, de son conjoint, de ses enfants à l’amour de Dieu et à l’obéissance à Ses lois.
Un véritable chrétien ne peut cesser d’appeler péché un comportement non conforme à la loi de Dieu, parce que tel ou tel membre de sa famille le commet.
L’Eglise ne peut cesser de dénoncer le mal au prétexte qu’il y a de moins en moins de monde à obéir aux commandements de Dieu.
Sinon, il y a infidélité et trahison.

Je sais très bien que cela n’est pas facile ; je sais très bien que cela peut parfois être crucifiant ; mais c’est bien justement là que se vérifie si l’on aime Dieu en vérité : car aimer en vérité, ce n’est pas ressentir de grands élans et de douces impulsions romantiques, mais c’est être capable de grands sacrifices pour l’être aimé.
Si tu veux savoir comment tu aimes, pose-toi cette seule question : « Que suis-je capable de sacrifier pour celui que je prétends aimer ? »
Si tu es capable de sacrifier beaucoup de ce qui t’es cher, de ce à quoi tu tiens très profondément, alors tu aimes beaucoup. Mais si tu n’es pas capable de sacrifier même de petites choses auxquelles tu es attaché, alors tu n’aimes pas vraiment, quels que soient les « sentiments » que tu éprouves : le « senti » ment !

La prétendue miséricorde et la pseudo sollicitude pastorale qui tendent à faire accepter les comportements moraux non conformes à la loi divine ne sont que des compromissions avec l’esprit et les moeurs du temps, compromissions inspirées par les faiblesses d’un sentimentalisme purement humain !

Gerrit van Honthorst - 1622 - la débauche du fils prodigue

Les débauches du fils prodigue
- tableau de Gerrit van Honthorst (1590 – 1656) -

A la femme adultère dont Il a empêché la lapidation, Notre-Seigneur a dit : « Va, et désormais ne pèche plus ! ». Cela signifie bien qu’Il qualifie son comportement de péché et qu’il ne l’approuve pas, puisqu’Il lui donne l’ordre de ne plus le réitérer de manière délibérée.

Le pardon est accordé généreusement et surabondamment à ceux qui, reconnaissant leur faute, la regrettent et s’efforcent de n’y plus retomber.
La miséricorde véritable se fonde sur la dénonciation et l’éloignement du péché.

Tandis que les faux disciples de Jésus-Christ, quant à eux, disent : « Va, je ne te condamne pas, car « qui suis-je pour juger ? ». Ce que tu fais n’est certes pas exactement conforme à la loi divine telle qu’on l’a enseignée pendant des siècles, et telle qu’idéalement tu devrais la pratiquer, mais qu’importe, après tout, puisque tu dis que tu aimes cet homme ! Continue donc à  « faire l’amour » avec lui, évite seulement de te faire à nouveau prendre par les pharisiens… Dieu t’aime comme tu es… »

Bien sûr que Dieu aime les hommes « tels qu’ils sont », avec leurs très grandes faiblesses, mais cela ne signifie pas qu’Il veut qu’ils restent dans leur misère morale. Il ne les aime pas pour les maintenir dans leur péché, mais tout au contraire pour les en retirer et empêcher qu’ils n’y retombent.
La miséricorde de Dieu n’enferme pas les hommes dans des comportements déviants, elle n’est pas là pour bénir la pratique du péché, elle n’a pas pour but de les laisser croupir dans la fange de leurs fautes, elle agit pour les relever, les racheter et les sanctifier en les ramenant dans l’observance des lois divines !
La miséricorde de Dieu agit pour nous guérir du péché et pour nous en préserver à l’avenir, non pour nous permetttre de nous y installer confortablement.

Dieu est plein de compassion pour la faiblesse des hommes pécheurs, mais Il n’a point de complaisance envers le péché : Sa miséricorde est infinie, mais elle ne peut cependant s’exercer envers celui qui s’obstine dans le mépris de Sa loi et de Ses préceptes.

C’est pourquoi nous devons bien comprendre que même les châtiments exemplaires dont Dieu a usé dans l’histoire du salut étaient en réalité l’exercice de Son infinie miséricorde, lors même qu’à vues simplement humaines ils nous semblent terribles et cruels.
L’expulsion de nos premiers parents du paradis terrestre fut une miséricorde. La réprobation de Caïn fut une miséricorde. Le déluge fut une miséricorde. La destruction de Sodome et Gomorhe fut une miséricorde… etc.
Par ces châtiments exemplaires, en effet, Dieu – par miséricorde – mettait un frein à la contagion du péché, voulait susciter le repentir et la pénitence dans les coeurs coupables et, ce faisant, leur accordait la possibilité d’être pardonnés et sauvés.

Car la miséricorde divine n’est pas une assurance de tranquillité et de prospérité pour la vie d’ici-bas ; elle intervient pour convertir, pour provoquer une contrition salutaire, pour communiquer la grâce, pour faciliter aux hommes l’abandon de leur conduite mauvaise, pour fortifier leurs pas dans les voies du Seigneur et pour que, à la fin de leur vie, ils puissent échapper à l’enfer et entrer dans la béatitude céleste.

L’une des plus belles paraboles par laquelle Notre-Seigneur nous a dépeint la miséricorde de Dieu, est celle de l’enfant prodigue.
Mais prenons bien conscience que si le père du fils prodigue avait mis en pratique la prétendue miséricorde et la pseudo pastorale de nos actuels chantres de la modernité, il n’aurait pas attendu dans l’angoisse et la douleur du coeur le retour de son fils, il n’aurait pas couru au devant de lui pour le relever et l’embrasser, il n’aurait pas ordonné un festin pour fêter son retour, il ne se serait pas réjoui et n’aurait pas voulu que tous se réjouissent de sa conversion. Puisque, alors, il aurait trouvé acceptable et légitime l’éloignement, la prodigalité et la vie de débauche de son fils, il n’en aurait pas souffert, il n’aurait pas veillé dans l’espérance, il n’aurait pas supplié le Ciel pour obtenir ce retour !
Si le père de l’enfant prodigue eût été un de nos théologiens modernistes, il eût peut-être déclaré : « Ce n’est pas vraiment que cela me plaise, mais je dois bien m’en faire une raison : les choses sont ainsi et, de toute façon, Dieu aime mon fils tel qu’il est. D’ailleurs tous les jeunes font ainsi à notre époque ; je dois donc cesser de nommer prodigalité et débauche son comportement car qui suis-je pour juger ? » 

Mais cela ce n’est pas l’Evangile !

Salvator Rosa - le prodigue rentre en lui-même (1651-55)

Le fils prodique rentre en lui-même et ouvre son âme au repentir
- tableau de Salvatore Rosa (1615-1673) -

Pour savoir ce qu’est en vérité la miséricorde et pour la mettre en pratique, la Sainte Eglise – la véritable Eglise, l’Eglise fondée sur les enseignements irréformables de Notre-Seigneur Jésus-Christ transmis par les Saints Apôtres et par la Tradition – n’a tout de même pas attendu le mois d’octobre 2014 !

La Sainte Eglise est experte en miséricorde, dans son enseignement doctrinal et moral traditionnel aussi bien que dans la manière traditionnelle qu’elle a de dispenser les sacrements et de se prononcer sur ceux qui peuvent y avoir accès.
La Sainte Eglise, notre Mère, est experte en miséricorde lorsqu’elle dénonce le péché, lorsqu’elle affirme que ce ne sont pas les choix de l’homme qui constituent la loi morale, lorsqu’elle proclame les commandements de Dieu comme norme universelle, lorsqu’elle fustige le laxisme et le relativisme, lorsqu’elle refuse de considérer comme équivalents tous les comportements sexuels, lorsqu’elle prêche la conversion et la pénitence, lorsqu’elle avertit les pécheurs qu’ils risquent la damnation éternelle, lorsqu’elle enseigne les exigences de la pureté de l’âme et du corps, lorsqu’elle énonce les conditions d’accès à la sainte communion… etc.
La Sainte Eglise est experte en miséricorde dans l’exemple que donnent tant de ses saints dont je ne citerai qu’un seul exemple : Saint Jean-Marie Vianney, le saint curé d’Ars, véritable martyr du confessional, si miséricordieux envers les pécheurs alors qu’il était sans complaisance envers le péché.

La fausse miséricorde qui n’appelle pas péché le péché, qui ferme les yeux sur sa malice, qui l’absout sans qu’il y ait ni regret, ni demande de pardon, ni ferme propos de l’éviter à l’avenir, n’est ni plus ni moins qu’un encouragement au péché, n’est ni plus ni moins qu’une forme de complicité morale qui porte la responsabilité de l’offense faite à Dieu et qui au tribunal divin partagera la culpabilité et le châtiment du péché.

Cette pseudo miséricorde, en effet, ne demande aucun effort de conversion, aucun changement de mentalité et de conduite, mais excuse tous les comportements en s’aveuglant volontairement sur leur malice.
Cette prétendue miséricorde relègue Dieu et Sa Loi au second plan, pour déclarer intouchables et inattaquables tous les errements humains.
Et au lieu d’offrir aux âmes des pécheurs la grâce qui les sauve, la « miséricorde Canada dry » les enfonce dans leur péché, anesthésie leur conscience, déroule sous leurs pas un tapis confortable pour marcher sur la voie spacieuse de la perdition, et leur ouvre finalement largement la porte de l’enfer.

Lully.

Murillo - le retour de l'enfant prodigue (1667-70)

Le retour du fils prodigue
- tableau de Bartolomé Esteban Murillo (1617-1682) -

Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs | le 30 octobre, 2014 |2 Commentaires »

2014-98. Apostolicité et Tradition.

« Credo (…) apostolicam Ecclesiam :
Je crois que l’Eglise est apostolique »

Mardi 28 octobre 2014,
Fête des Saints Apôtres Simon et Jude.

Venise, basilique St-Marc anonyme vers 1200-30 sculpture sur pierre - le Christ enseignant les 12 apôtres

Le Christ enseignant les Apôtres
(sculpture sur pierre, vers 1200-1230 – Basilique Saint-Marc, Venise)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Certains d’entre vous se sont demandés – et m’ont même adressé des messages pour me demander – quels étaient les motifs secrets de ma publication du 23 octobre dernier (cf. www), subodorant qu’elle préparait un prochain grand rugissement et quelques coups de griffes bien sentis.

Qu’on se rassure : je ne vais pas crier, tempêter, pousser des hurlements, me mettre hors de moi, ou manifester une ire désordonnée.

Comme chaque fois que j’ai quelque chose à dire, je vais m’efforcer de le faire avec le plus de sang froid et d’urbanité qu’il me sera possible, ce qui, bien évidemment, n’empêche pas d’activer énergiquement cette « faculté par laquelle l’âme se porte à surmonter les difficultés qu’elle rencontre dans la quête du bien ou la fuite du mal », et que l’on nomme, en philosophie, l’irascible, en vue de travailler à l’affirmation ferme et claire de la Vérité.

Non pas « ma » vérité, mais LA vérité.
Une vérité qui n’est qu’une opinion personnelle n’est pas LA vérité ; une vérité qui n’est pas universelle n’est pas LA vérité.
Or, pour un chrétien (mais pas seulement d’ailleurs : en fait pour tout homme, car tout homme est appelé au salut), la Vérité est une Personne : la Personne du Verbe de Dieu incarné, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui a dit de Lui-même : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean XIV, 6).
Ce que j’exprime tend donc à coller au maximum avec les enseignements de cette plénitude de Vérité qui nous a été révélée en Notre-Seigneur Jésus-Christ, et qui a été confiée par Lui à Son Eglise, pour qu’elle la transmette à tous les hommes sans altération jusqu’à la consommation des siècles.

Cela étant rappelé, je souligne que c’est à dessein que je publie les présentes réflexions (qui auront une suite, je vous l’annonce dès à présent) en cette fête des Saints Apôtres Simon et Jude.

L’Eglise – nous le chantons tous les dimanches et jours de fête – est apostolique : « Credo (…) unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam : je crois que l’Eglise est une, sainte, catholique et apostolique ».

L’Eglise est apostolique par son origine, par son enseignement et par sa structure : c’est-à dire qu’elle remonte, par une succession légitime, jusqu’aux Saints Apôtres eux-mêmes, qu’elle transmet leur doctrine et leurs rites – qu’ils avaient reçus directement du Christ – , et qu’elle est gouvernée par leurs successeurs.
Ainsi, la véritable l’Eglise ne peut-elle être qu’une Tradition, c’est-à-dire une transmission : transmission fidèle de la doctrine, transmission fidèle des rites, transmission fidèle des structures.

S’il y a rupture de la Tradition, il n’y a plus d’apostolicité, il n’y a plus l’Eglise du Christ.
La Tradition peut connaître des développements et des explicitations - explicitations rendues nécessaires au cours des âges, et souvent en raison des « crises » ou des oppositions – , mais elle ne laisse en aucune manière place à l’invention ou à la création de nouvelles structures, de nouvelles doctrines, de nouveaux rites

Ainsi, contrairement à ce que l’on entend ou lit malheureusement de plus en plus couramment dans la bouche ou sous la plume de personnes qui sont soit elles-mêmes mal informées, soit – non sans malignité – désireuses de déformer la Vérité, un véritable chrétien, fidèle à l’apostolicité de l’Eglise, n’acceptera pas :
a) – de dire ou de croire que Saint Paul a transformé le message du Christ, ou bien que l’Eglise est née des enseignements de Saint Paul (ce qui sous-entend que ce ne serait pas Notre-Seigneur Jésus-Christ qui l’aurait voulue et fondée) ;
b) – de dire ou de croire que les conciles de Nicée, Constantinople, Ephèse, Chalcédoine… etc. ont fabriqué les dogmes de la divinité de Jésus-Christ, de la Sainte Trinité, de la consubstantialité du Père et du Fils, des deux natures du Christ en une seule Personne… etc. ;
c) – de dire ou de croire que les sept sacrements – avec la doctrine qui leur est sous-jacente – sont apparus progressivement dans l’Eglise (et que par exemple le sacrement de mariage serait une invention ecclésiastique du Moyen-Âge) ;
d) – de dire ou de croire que la morale chrétienne, telle qu’elle nous a été traditionnellement enseignée, ne serait qu’une conséquence des mentalités, des structures institutionnelles ou des préjugés sociaux d’une époque donnée ;
e) – … etc., …etc.

Lorsque j’entends ou lis des chrétiens (ou du moins qui prétendent l’être), des professeurs d’universités catholiques (ou du moins qui prétendent l’être), des théologiens (ou du moins qui prétendent l’être), des évêques et des cardinaux (…etc. « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende » - Matth. XI, 15 – !!!) affirmer – ou sous-entendre – dans les théories qu’ils développent à l’occasion de prises de parole, que finalement ce qui a été cru, pratiqué et enseigné par l’Eglise pendant vingt-siècles doit être « réinterprêté », « repensé », « revu » en fonction des mentalités et des pratiques  contemporaines, au prétexte que « le monde a changé et l’Église ne peut pas s’enfermer dans des interprétations présumées du dogme… » (*), j’ai non seulement le droit, mais j’ai même le devoir de rappeler énergiquement que l’Eglise est apostolique dans son enseignement, et que si l’enseignement donné aujourd’hui dans l’Eglise venait à différer de celui qui se trouve dans les écrits des Saints Apôtres et dans toute la Tradition, ce serait qu’alors l’Eglise aurait cessé d’être apostolique et ne serait plus la véritable Eglise !

Car Notre-Seigneur Jésus-Christ a bien dit : « Allez donc, enseignez toutes les nations les baptisant au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder Mes commandements… » (Matth. XXVIII,  19-20a) et non pas : Allez donc, pour dire simplement à toutes les nations que Dieu les aime sans exiger d’elles la conversion des mentalités et des moeurs ; n’imposez pas une pratique universelle des commandements, mais que les hommes se contentent de modeler leurs manières de penser, leurs comportements et leur sexualité sur les modes de l’époque dans laquelle ils vivent !!!
Et Il a dit aussi : « Celui donc qui aura enfreint l’un de ces moindres commandements et enseignera ainsi aux hommes, sera appelé très petit dans le Royaume des Cieux ; mais celui qui fera et enseignera, celui-là sera appelé grand dans le Royaume des Cieux » (Matth. V, 19).

Qu’on cesse donc de dire qu’il y aurait dans l’Eglise des « conservateurs » et des « progressistes » dont les idées seraient également acceptables, ou bien pourraient coexister ex-aequo en fonction de la sensibilité ou de l’éducation de chacun.
Ne peuvent véritablement et parfaitement appartenir à la véritable Eglise apostolique que ceux qui sont intégralement fidèles au dépôt de la Révélation, qui nous vient de Notre-Seigneur Jésus-Christ et qui nous a été transmis par les Saints Apôtres et par la Tradition, et ceux-là seront grands dans le Royaume des Cieux !
Quant à ceux qui s’imaginent sans doute appartenir au Christ, mais qui, parce qu’ils veulent accommoder Sa doctrine de Vérité aux modes et aux circonstances humaines et mettre ainsi l’Eglise et son enseignement à la remorque des pratiques du monde – ce qui revient à en corrompre ou en édulcorer le message – , ils sont dans une erreur profonde et ils encourent le risque d’être petits – voire même très petits – dans le Royaume des Cieux…

Lully.

(*) propos qu’aurait tenus le pape François et publiés par le journal argentin « La Nacion » en date du 5 octobre 2014 (cf. www)

Venise, basilique St-Marc anonyme vers 1200-30 sculpture sur pierre détail - le Christ enseignant

Le Christ enseignant
(détail de l’oeuvre présentée en tête d’article)

Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs | le 28 octobre, 2014 |5 Commentaires »

2014-97. « Mettez-vous en colère et ne péchez pas ».

Jeudi 23 octobre 2014,
fête des Bienheureuses Ursulines de Valenciennes, martyres (cf. > www)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Des perturbations sur le site qui héberge mon blogue ne m’ont pas permis de vous écrire plus tôt, et il y avait pourtant de nombreuses réflexions que j’eusse aimé partager avec vous.
Pour l’heure, je voudrais commencer par revenir sur ce que, dans l’épître de dimanche dernier – dix-neuvième dimanche après la Pentecôte – , l’Eglise nous donnait à entendre, à méditer et à approfondir par cet extrait de ce que Saint Paul écrivait aux Ephésiens : Eph. IV, 23-28.

Dans ce passage, en effet, il y a une chose qui m’a particulièrement frappé : au verset 26, Saint Paul cite le psaume IV (verset 5 a). En latin nous lisons : « Irascimini et nolite peccare », ce qui se traduit littéralement par : « Mettez vous en colère et ne péchez pas »

Je ne comprends donc absolument pas pourquoi, le lectionnaire français (celui-là même dont je relevais les infidélités il y a quelques semaines > www), traduit cette citation par : « Etes-vous en colère, ne péchez pas ».
Cette manière de traduire amoindrit considérablement la vigueur et la portée du texte sacré, revenant à lui faire dire quelque chose comme : « si par malheur il vous arrivait d’éprouver un mouvement de colère, hâtez-vous de vous calmer sans quoi vous tomberiez immanquablement dans le péché ».

Mais à n’importe quel élève de classe de latin qui traduirait « Irascimini » – c’est-à-dire la deuxième personne du pluriel du présent de l’impératif du verbe « irascor » (se mettre en colère) – par : « Etes-vous en colère », un professeur mettrait – se devrait de mettre – une mauvaise note. 
Alors pourquoi faudrait-il accepter passivement cette mauvaise traduction du lectionnaire français ?

Un impératif est un impératif.
Et l’impératif présent de « se mettre en colère », à la deuxième personne du pluriel, ne peut pas être autre chose que « Mettez-vous en colère ! », n’en déplaise à ceux qui souhaiteraient corriger ce que le Saint-Esprit, de manière infaillible, a inspiré au psalmiste d’écrire, à Saint Paul de mettre en valeur, et à la Sainte Eglise de nous rappeler à l’occasion du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte.

colère smiley

Mettez-vous en colère ?

La colère a néanmoins fort mauvaise réputation : ne figure-t-elle pas au nombre des sept péchés capitaux ? ne constitue-t-elle pas une passion coupable, dévastatrice et répréhensible ?
Comment donc un texte inspiré pourrait-il donner l’ordre de se mettre en colère ?
Dieu peut-il vraiment, par un verbe à l’impératif, donner aux hommes la consigne de se mettre en colère ?

Les bonnes âmes moralisatrices se hâtent donc d’atténuer le texte et, en le traduisant, de l’interpréter pour le rendre conforme à leurs conceptions des pieuses bienséances.
C’est comme si ces traducteurs disaient : « Cher Bon Dieu, il est évident que Vous ne pouvez pas avoir voulu dire ce que disent ces mots. Fort heureusement, nous sommes là pour corriger Vos expressions maladroites et inadéquates, et pour Vous montrer ce qu’il eût été davantage convenable d’inspirer au psalmiste pour qu’il l’écrivît… »

Mais « qui a connu la pensée du Seigneur ? ou qui a été son conseiller ? » (Rom. XI, 34).

colère smiley

Les Saintes Ecritures, en de très nombreux passages, nous montrent, nous donnent en exemple, de saintes colères : colère de Jacob, colère de Moïse, colère de Job, colère d’Elie, colère de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, et – par dessus-tout – la magnifique et puissante colère de Dieu !

Si Dieu Lui-même Se met en colère, et si Dieu Lui-même a voulu que cela soit écrit afin que nous en soyons informés, c’est bien parce qu’il s’agit là de tout autre chose qu’un banal antropomorphisme, c’est bien qu’il ne s’agit point là d’une passion désordonnée et coupable, c’est bien parce qu’il existe des colères qui ne sont pas des péchés !

Si Dieu Lui-même a voulu que, dans le texte des psaumes qu’Il a inspiré, soit écrit textuellement « Mettez-vous en colère », c’est bien parce qu’on peut se mettre en colère sans circonvenir à Sa loi d’amour et de sainteté, c’est bien parce que nous pouvons nous aussi – comme Lui, et comme Ses saints – nous mettre en colère sans pécher ; et c’est d’ailleurs ce qu’affirme notre citation de départ : « Irascimini et nolite peccare : mettez-vous en colère et ne péchez pas » !

colère smiley

Oui, il y a de bonnes colères !
Oui, il y a des colères qui sont salutaires !
Oui, il y a des colères qui sont divinement inspirées !
Oui, il y a des colères qui ne procèdent pas des mauvaises passions humaines !
Oui, il y a des colères qui sont parfaitement compatibles avec les plus hautes vertus et qui ne sont nullement en opposition avec la douceur, avec la mansuétude, avec la magnanimité, avec la longanimité, avec la patience, avec l’indulgence, avec la miséricorde, avec la sollicitude aimante pour le prochain, avec la plus exquise charité surnaturelle !
Oui, il y a de saintes colères : « Irascimini et nolite peccare : mettez-vous en colère, et ne péchez pas » !

Les saintes colères procèdent du courage de la vérité et des exigences d’un amour véritable, fort, et sans concession avec les compromissions humaines.
Les saintes colères sont tout le contraire de cette fausse conception de la charité que l’on habille aujourd’hui des noms très consensuels de « tolérance » et de « respect » (mais n’a en fait rien à voir avec la véritable tolérance et le véritable respect), au nom de laquelle on fabrique des chrétiens-bisounours qui se sentent coupables s’ils éprouvent le plus petit mouvement d’indignation lorsque leur foi est attaquée et lorsque la sainte loi de Dieu est bafouée, des prêtres sans force morale qui ne prêchent que le « vivre ensemble » des francs-maçons, des évêques émasculés qui baissent leur froc au moindre froncement de sourcil du gouvernement impie et persécuteur…
Les saintes colères ne sont pas inspirées par l’amour-propre, par l’orgueil et par toutes les autres faiblesses humaines, mais elles sont le fruit de cet « amour de Dieu jusqu’au mépris de soi » – pour reprendre l’expression de notre glorieux Père Saint Augustin – sur lequel peut s’édifier de manière solide la Cité de Dieu.

Lully.

Concile, vous avez dit concile

Publié dans : Commentaires d'actualité & humeurs | le 24 octobre, 2014 |2 Commentaires »

2014-96. « Arrête ! Le Coeur de Jésus est là ! »

17 octobre 2014 au soir,
fête de Sainte Marguerite-Marie.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Vous savez tous en quelle vénération nous tenons Sainte Marguerite-Marie (cf. > www), en notre Mesnil-Marie.
Après l’avoir fêtée aujourd’hui, après en avoir profité pour relire quelques textes la concernant et concernant la dévotion au Sacré-Coeur de Jésus à laquelle Notre-Seigneur Lui-même l’a éduquée pour qu’elle la transmette à toute l’Eglise, j’ai demandé à Frère Maximilien-Marie une petite bande dessinée que je puisse vous adresser. 
Voilà qui est fait : il ne me reste plus qu’à vous saluer et à vous souhaiter de vivre toujours plus intensément de cette dévotion au Coeur adorable de Notre-Seigneur, qui est si féconde en grâces et en fruits de sanctification.

Lully.

Scapulaire Sacré-Coeur

Le Coeur de Jésus est là - BD

Scapulaire Sacré-Coeur

Voir aussi :
- « Je veux que tu me serves d’instrument… » - BD > www
- Les Promesses du Sacré-Coeur > www
- Salutations au Sacré-Coeur composées par Ste Marguerite-Marie > www

Publié dans : Bandes dessinées, Nos amis les Saints | le 17 octobre, 2014 |1 Commentaire »

A mon Ange Gardien

Poème composé par
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face.

La fête de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face - le 3 octobre – suit, dans le calendrier traditionnel, celle des Saints Anges Gardiens (2 octobre). Profitons-en donc pour lire (ou relire) ce poème composé par la carmélite de Lisieux et surtout pour prier notre bon ange avec les mêmes paroles que la sainte.
Ce poème (qui comme tous les poèmes de Sainte Thérèse a été composé pour être chanté sur une mélodie d’emprumpt) date de février 1897 : il ne reste alors à Soeur Thérèse qu’à peine huit mois de vie ; elle sait qu’elle est malade et qu’elle sera bientôt emportée par cette tuberculose qui l’épuise ; Thérèse est également plongée dans d’épaisses ténèbres spirituelles… tout ceci est en filigrane derrière ces vers qui donneraient pourtant au lecteur superficiel l’impression de couler d’une âme remplie de consolations et inondée des rayons d’une foi facile.

Peinture murale de l'oratoire carmel de Lisieux

Oratoire du Saint-Sacrement à l’intérieur de la clôture du Carmel de Lisieux :
les anges entourant le tabernacle.
Peinture murale de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face
(retouchée par la suite par Soeur Geneviève de la Sainte Face)

A mon Ange gardien.

Air : Par les chants les plus magnifiques.

Glorieux gardien de mon âme,
Toi qui brilles dans le beau ciel
Comme une douce et pure flamme.
Près du trône de l’Eternel ;
Tu viens pour moi sur cette terre,
Et m’éclairant de ta splendeur,
Bel Ange, tu deviens mon frère,
Mon ami, mon consolateur ! 

Connaissant ma grande faiblesse,
Tu me diriges par la main
Et je te vois, avec tendresse,
Oter la pierre du chemin.
Toujours ta douce voix m’invite
A ne regarder que les cieux ;
Plus tu me vois humble et petite,
Et plus ton front est radieux.

O toi qui traverses l’espace
Plus promptement que les éclairs,
Vole bien souvent à ma place
Auprès de ceux qui me sont chers ;
De ton aile sèche leurs larmes,
Chante combien Jésus est bon !
Chante que souffrir a des charmes,
Et tout bas murmure mon nom.

Je veux, pendant ma courte vie,
Sauver mes frères les pécheurs
O bel Ange de la patrie,
Donne-moi tes saintes ardeurs.
Je n’ai rien que mes sacrifices,
Et mon austère pauvreté ;
Unis à tes pures délices,
Offre-les à la Trinité. 

A toi, le royaume et la gloire,
Les richesses du Roi des rois.
A moi, le Pain du saint ciboire,
A moi, le trésor de la Croix.
Avec la Croix, avec l’Hostie,
Avec ton céleste secours,
J’attends en paix, de l’autre vie,
Le bonheur qui dure toujours !

angelot peint par Ste Thérèse de l'Enfant Jésus

Invocations aux neuf choeurs des Anges composées par Frère Maximilien-Marie > www

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints, Prier avec nous | le 2 octobre, 2014 |1 Commentaire »

2014-95. Deux catéchèses de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI consacrées à Saint Jérôme.

2 octobre,
fête des Saints Anges Gardiens.

Dans la continuité de ce que je vous écrivais à l’occasion de la fête de Saint Jérôme (cf. > www), et parce que, en sus de la fête liturgique des Saints Anges, chaque 2 octobre nous ramène très spécialement la pieuse mémoire de Monsieur l’abbé Jean Carmignac, rappelé à Dieu le 2 octobre 1986, qui fut un grand savant et un véritable exégète catholique – homme de grande science et de non moins grande spiritualité – (voir les publications à son sujet, ici > www, ici > www et ici > www), en son honneur je veux aujourd’hui publier le texte de deux catéchèses que Sa Sainteté le Pape Benoît XVI avait consacrées à la belle et grande figure de Saint Jérôme, au cours des audiences générales des 7 et 14 novembre 2007.
C’est toujours un bonheur de relire et de méditer ces textes du grand Pape Benoît XVI, qui sont profonds et spirituels, d’une érudition sûre et solide, précis et rigoureux, toujours délicats et nuancés, véritablement nourrissants pour l’âme autant que pour l’intelligence…

Lionello Spada 1610 Saint Jérôme dans sa cellule

Saint Jérôme dans sa cellule – Lionello Spada (1610)

Résumé de la vie de de Saint Jérôme.
L’exemple que Saint Jérôme donne aux fidèles de tous les temps.

- Catéchèse du mercredi 7 novembre 2007 -

Chers frères et soeurs !

Nous porterons aujourd’hui notre attention sur saint Jérôme, un Père de l’Eglise qui a placé la Bible au centre de sa vie : il l’a traduite en langue latine, il l’a commentée dans ses œuvres, et il s’est surtout engagé à la vivre concrètement au cours de sa longue existence terrestre, malgré le célèbre caractère difficile et fougueux qu’il avait reçu de la nature.

Jérôme naquit à Stridon vers 347 dans une famille chrétienne, qui lui assura une formation soignée, l’envoyant également à Rome pour perfectionner ses études. Dès sa jeunesse, il ressentit l’attrait de la vie dans le monde (cf. Epître 22, 7), mais en lui prévalurent le désir et l’intérêt pour la religion chrétienne. Après avoir reçu le Baptême vers 366, il s’orienta vers la vie ascétique et, s’étant rendu à Aquilée, il s’inséra dans un groupe de fervents chrétiens, qu’il définit comme un « chœur de bienheureux » (Chron. ad ann. 374) réuni autour de l’Evêque Valérien. Il partit ensuite pour l’Orient et vécut en ermite dans le désert de Calcide, au sud d’Alep (cf. Epître 14, 10), se consacrant sérieusement aux études. Il perfectionna sa connaissance du grec, commença l’étude de l’hébreu (cf. Epître 125, 12), transcrivit des codex et des œuvres patristiques (cf. Epître 5, 2). La méditation, la solitude, le contact avec la Parole de Dieu firent mûrir sa sensibilité chrétienne. Il sentit de manière plus aiguë le poids de ses expériences de jeunesse (cf. Epître 22, 7), et il ressentit vivement l’opposition entre la mentalité païenne et la vie chrétienne : une opposition rendue célèbre par la « vision » dramatique et vivante, dont il nous a laissé le récit. Dans celle-ci, il lui sembla être flagellé devant Dieu, car  « cicéronien  et non chrétien » (cf. Epître 22, 30).

En 382, il partit s’installer à Rome : là, le Pape Damase, connaissant sa réputation d’ascète et sa compétence d’érudit, l’engagea comme secrétaire et conseiller ; il l’encouragea à entreprendre une nouvelle traduction latine des textes bibliques pour des raisons pastorales et culturelles. Quelques personnes de l’aristocratie romaine, en particulier des nobles dames comme Paola, Marcella, Asella, Lea et d’autres, souhaitant s’engager sur la voie de la perfection chrétienne et approfondir leur connaissance de la Parole de Dieu, le choisirent comme guide spirituel et maître dans l’approche méthodique des textes sacrés. Ces nobles dames apprirent également le grec et l’hébreu.

Après la mort du Pape Damase, Jérôme quitta Rome en 385 et entreprit un pèlerinage, tout d’abord en Terre Sainte, témoin silencieux de la vie terrestre du Christ, puis en Egypte, terre d’élection de nombreux moines (cf. Contra Rufinum 3, 22 ; Epître 108, 6-14). En 386, il s’arrêta à Bethléem, où, grâce à la générosité de la noble dame Paola, furent construits un monastère masculin, un monastère féminin et un hospice pour les pèlerins qui se rendaient en Terre Sainte, « pensant que Marie et Joseph n’avaient pas trouvé où faire halte » (Epître 108, 14). Il resta à Bethléem jusqu’à sa mort, en continuant à exercer une intense activité :  il commenta la Parole de Dieu ; défendit la foi, s’opposant avec vigueur à différentes hérésies ; il exhorta les moines à la perfection ; il enseigna la culture classique et chrétienne à de jeunes élèves ; il accueillit avec une âme pastorale les pèlerins qui visitaient la Terre Sainte. Il s’éteignit dans sa cellule, près de la grotte de la Nativité, le 30 septembre 419/420.

Sa grande culture littéraire et sa vaste érudition permirent à Jérôme la révision et la traduction de nombreux textes bibliques : un travail précieux pour l’Eglise latine et pour la culture occidentale. Sur la base des textes originaux en grec et en hébreu et grâce à la confrontation avec les versions précédentes, il effectua la révision des quatre Evangiles en langue latine, puis du Psautier et d’une grande partie de l’Ancien Testament. En tenant compte de l’original hébreu et grec, des Septante et de la version grecque classique de l’Ancien Testament remontant à l’époque pré-chrétienne, et des précédentes versions latines, Jérôme, ensuite assisté par d’autres collaborateurs, put offrir  une  meilleure traduction : elle constitue ce qu’on appelle la « Vulgate », le texte « officiel » de l’Eglise latine, qui a été reconnu comme tel par le Concile de Trente et qui, après la récente révision, demeure le texte « officiel » de l’Eglise de langue latine. Il est intéressant de souligner les critères auxquels ce grand bibliste s’est tenu dans son œuvre de traducteur. Il le révèle lui-même quand il affirme respecter jusqu’à l’ordre des mots dans les Saintes Ecritures, car dans celles-ci, dit-il, « l’ordre des mots est aussi un mystère » (Epître 57, 5), c’est-à-dire une révélation. Il réaffirme en outre la nécessité d’avoir recours aux textes originaux : « S’il devait surgir une discussion entre les Latins sur le Nouveau Testament, en raison des leçons discordantes des manuscrits, ayons recours à l’original, c’est-à-dire au texte grec, langue dans laquelle a été écrit le Nouveau Testament. De la même manière pour l’Ancien Testament, s’il existe des divergences entre les textes grecs et latins, nous devons faire appel au texte original, l’hébreu ; de manière à ce que nous puissions retrouver tout ce qui naît de la source dans les ruisseaux » (Epître 106, 2). En outre, Jérôme commenta également de nombreux textes bibliques. Il pensait que les commentaires devaient offrir de nombreuses opinions, « de manière à ce que le lecteur avisé, après avoir lu les différentes explications et après avoir connu de nombreuses opinions – à accepter ou à refuser -, juge celle qui était la plus crédible et, comme un expert en monnaies, refuse la fausse monnaie » (Contra Rufinum 1, 16).

Il réfuta avec énergie et vigueur les hérétiques qui contestaient la tradition et la foi de l’Eglise. Il démontra également l’importance et la validité de la littérature chrétienne, devenue une véritable culture désormais digne d’être comparée avec la littérature classique :  il le fit en composant le De viris illustribus, une œuvre dans laquelle Jérôme présente les biographies de plus d’une centaine d’auteurs chrétiens. Il écrivit également des biographies de moines, illustrant à côté d’autres itinéraires spirituels également l’idéal monastique ; en outre, il traduisit diverses œuvres d’auteurs grecs. Enfin, dans le fameux Epistolario, un chef-d’œuvre de la littérature latine, Jérôme apparaît avec ses caractéristiques d’homme cultivé, d’ascète et de guide des âmes.

Que pouvons-nous apprendre de saint Jérôme ?
Je pense en particulier ceci :  aimer la Parole de Dieu dans l’Ecriture Sainte. Saint Jérôme dit : « Ignorer les Ecritures, c’est ignorer le Christ ». C’est pourquoi, il est très important que chaque chrétien vive en contact et en dialogue personnel avec la Parole de Dieu qui nous a été donnée dans l’Ecriture Sainte. Notre dialogue avec elle doit toujours revêtir deux dimensions : d’une part, il doit être un dialogue réellement personnel, car Dieu parle avec chacun de nous à travers l’Ecriture Sainte et possède un message pour chacun. Nous devons lire l’Ecriture Sainte non pas comme une parole du passé, mais comme une Parole de Dieu qui s’adresse également à nous et nous efforcer de comprendre ce que le Seigneur veut nous dire. Mais pour ne pas tomber dans l’individualisme, nous devons tenir compte du fait que la Parole de Dieu nous est donnée précisément pour construire la communion, pour nous unir dans la vérité de notre chemin vers Dieu. C’est pourquoi, tout en étant une Parole personnelle, elle est également une Parole qui construit une communauté, qui construit l’Eglise. Nous devons donc la lire en communion avec l’Eglise vivante. Le lieu privilégié de la lecture et de l’écoute de la Parole de Dieu est la liturgie, dans laquelle, en célébrant la parole et en rendant présent dans le Sacrement le Corps du Christ, nous réalisons la parole dans notre vie et la rendons présente parmi nous. Nous ne devons jamais  oublier  que  la Parole de Dieu transcende les temps. Les opinions humaines vont et viennent. Ce qui est très moderne aujourd’hui sera très vieux demain. La Parole de Dieu, au contraire, est une Parole de vie éternelle, elle porte en elle l’éternité, ce qui vaut pour toujours. En portant en nous la Parole de Dieu, nous portons donc en nous l’éternel, la vie éternelle.

Et ainsi, je conclus par une parole de saint Jérôme à saint Paulin de Nole. Dans celle-ci, le grand exégète exprime précisément cette réalité, c’est-à-dire que dans la Parole de Dieu, nous recevons l’éternité, la vie éternelle. Saint Jérôme dit : « Cherchons à apprendre sur la terre les vérités dont la consistance persistera également au ciel » (Epître 53, 10).

Bernardino Mei 1557-60 vision de Saint Jérôme

« Tu es cicéronien et non chrétien !  » : Vision de Saint Jérôme – Bernardino Mei (1557-1560)

L’extraordinaire richesse et variété des enseignements de Saint Jérôme.

- Catéchèse du mercredi 14 novembre 2007 -

Chers frères et sœurs,

Nous poursuivons aujourd’hui la présentation de la figure de saint Jérôme. Comme nous l’avons dit mercredi dernier, il consacra sa vie à l’étude de la Bible, au point d’être reconnu par l’un de mes prédécesseurs, le Pape Benoît XV, comme « docteur éminent dans l’interprétation des Saintes Ecritures ». Jérôme soulignait la joie et l’importance de se familiariser avec les textes bibliques :  « Ne te semble-t-il pas habiter – déjà ici, sur terre – dans le royaume des cieux, lorsqu’on vit parmi ces textes, lorsqu’on les médite, lorsqu’on ne connaît ni ne recherche rien d’autre ? » (Epître 53, 10). En réalité, dialoguer avec Dieu, avec sa Parole, est dans un certain sens une présence du Ciel, c’est-à-dire une présence de Dieu. S’approcher des textes bibliques, surtout du Nouveau Testament, est essentiel pour le croyant, car « ignorer l’Ecriture, c’est ignorer le Christ ». C’est à lui qu’appartient cette phrase célèbre, également citée par le concile Vatican II dans la Constitution Dei Verbum (n. 25).

Réellement « amoureux » de la Parole de Dieu, il se demandait : « Comment pourrait-on vivre sans la science des Ecritures, à travers lesquelles on apprend à connaître le Christ lui-même, qui est la vie des croyants » (Epître 30, 7). La Bible, instrument « avec lequel Dieu parle chaque jour aux fidèles » (Epître 133, 13), devient ainsi un encouragement et la source de la vie chrétienne pour toutes les situations et pour chaque personne. Lire l’Ecriture signifie converser avec Dieu : « Si tu pries – écrit-il à une noble jeune fille de Rome - , tu parles avec l’Epoux ; si tu lis, c’est Lui qui te parle » (Epître 22, 25). L’étude et la méditation de l’Ecriture rendent l’homme sage et serein (cf. In Eph., prol.). Assurément, pour pénétrer toujours plus profondément la Parole de Dieu, une application constante et progressive est nécessaire. Jérôme recommandait ainsi au prêtre Népotien : « Lis avec une grande fréquence les divines Ecritures ; ou mieux, que le Livre Saint reste toujours entre tes mains. Apprends-là ce que tu dois enseigner » (Epître 52, 7). Il donnait les conseils suivants à la matrone romaine Leta pour l’éducation chrétienne de sa fille : « Assure-toi qu’elle étudie chaque jour un passage de l’Ecriture… Qu’à la prière elle fasse suivre la lecture, et à la lecture la prière… Au lieu des bijoux et des vêtements de soie, qu’elle aime les Livres divins » (Epître 107, 9-12). Avec la méditation et la science des Ecritures se « conserve l’équilibre de l’âme » (Ad Eph., prol.). Seul un profond esprit de prière et l’assistance de l’Esprit Saint peuvent  nous  introduire à la compréhension de la Bible : « Dans l’interprétation des Saintes Ecritures, nous avons toujours besoin de l’assistance de l’Esprit Saint » (In Mich. 1, 10, 15).

Un amour passionné pour les Ecritures imprégna donc toute la vie de Jérôme, un amour qu’il chercha toujours à susciter également chez les fidèles. Il recommandait à l’une de ses filles spirituelles : « Aime l’Ecriture Sainte et la sagesse t’aimera ; aime-la tendrement, et celle-ci te préservera ; honore-la et tu recevras ses caresses. Qu’elle soit pour toi comme tes colliers et tes boucles d’oreille » (Epître 130, 20). Et encore :  « Aime la science de l’Ecriture, et tu n’aimeras pas les vices de la chair » (Epître 125, 11).

Pour Jérôme, un critère de méthode fondamental dans l’interprétation des Ecritures était l’harmonie avec le magistère de l’Eglise. Nous ne pouvons jamais lire l’Ecriture seuls. Nous trouvons trop de portes fermées et nous glissons facilement dans l’erreur. La Bible a été écrite par le Peuple de Dieu et pour le Peuple de Dieu, sous l’inspiration de l’Esprit Saint. Ce n’est que dans cette communion avec le Peuple de Dieu que nous pouvons réellement entrer avec le « nous » au centre de la vérité que Dieu lui-même veut nous dire. Pour lui, une interprétation authentique de la Bible devait toujours être en harmonieuse concordance avec la foi de l’Eglise catholique. Il ne s’agit pas d’une exigence imposée à ce Livre de l’extérieur ; le Livre est précisément la voix du Peuple de Dieu en pèlerinage et ce n’est que dans la foi de ce Peuple que nous sommes, pour ainsi dire, dans la juste tonalité pour comprendre l’Ecriture Sainte. Il admonestait donc :  « Reste fermement attaché à la doctrine traditionnelle qui t’a été enseignée, afin que tu puisses exhorter selon la saine doctrine et réfuter ceux qui la contredisent » (Epître 52, 7). En particulier, étant donné que Jésus-Christ a fondé son Eglise sur Pierre, chaque chrétien – concluait-il – doit être en communion « avec la Chaire de saint Pierre. Je sais que sur cette pierre l’Eglise est édifiée » (Epître 15, 2). Par conséquent, et de façon directe, il déclarait : « Je suis avec quiconque est uni à la Chaire de saint Pierre » (Epître 16).

Jérôme ne néglige pas, bien sûr, l’aspect éthique. Il rappelle au contraire souvent le devoir d’accorder sa propre vie avec la Parole divine et ce n’est qu’en la vivant que nous trouvons également la capacité de la comprendre. Cette cohérence est indispensable pour chaque chrétien, et en particulier pour le prédicateur, afin que ses actions, si elles étaient discordantes par rapport au discours, ne le mettent pas dans l’embarras. Ainsi exhorte-t-il le prêtre Népotien :  « Que tes actions ne démentent pas tes paroles, afin que, lorsque tu prêches à l’église, il n’arrive pas que quelqu’un commente en son for intérieur :  « Pourquoi n’agis-tu pas précisément ainsi ? » Cela est vraiment plaisant de voir ce maître qui, le ventre plein, disserte sur le jeûne; même un voleur peut blâmer l’avarice; mais chez le prêtre du Christ, l’esprit et la parole doivent s’accorder » (Epître 52, 7). Dans une autre lettre, Jérôme réaffirme : « Même si elle possède une doctrine splendide, la personne qui se sent condamnée par sa propre conscience se sent honteuse » (Epître 127, 4). Toujours sur le thème de la cohérence, il observe : l’Evangile doit se traduire par des attitudes de charité véritable, car en chaque être humain, la Personne même du Christ est présente. En s’adressant, par exemple, au prêtre Paulin (qui devint ensuite Evêque de Nole et saint), Jérôme le conseillait ainsi : « Le véritable temple du Christ est l’âme du fidèle:  orne-le, ce sanctuaire, embellis-le, dépose en lui tes offrandes et reçois le Christ. Dans quel but revêtir les murs de pierres précieuses, si le Christ meurt de faim dans la personne d’un pauvre ? » (Epître 58, 7). Jérôme concrétise :  il faut « vêtir le Christ chez les pauvres, lui rendre visite chez les personnes qui souffrent, le nourrir chez les affamés, le loger chez les sans-abris » (Epître 130, 14). L’amour pour le Christ, nourri par l’étude et la méditation, nous fait surmonter chaque difficulté : « Aimons nous aussi Jésus-Christ, recherchons toujours l’union avec lui : alors, même ce qui est difficile nous semblera facile » (Epître 22, 40).

Jérôme, défini par Prospère d’Aquitaine comme un « modèle de conduite et maître du genre humain » (Carmen de ingratis, 57), nous a également laissé un enseignement riche et varié sur l’ascétisme chrétien. Il rappelle qu’un courageux engagement vers la perfection demande une vigilance constante, de fréquentes mortifications, toutefois avec modération et prudence, un travail intellectuel ou manuel assidu pour éviter l’oisiveté (cf. Epîtres 125, 11 et 130, 15), et surtout l’obéissance à Dieu : « Rien… ne plaît autant à Dieu que l’obéissance…, qui est la plus excellente et l’unique vertu » (Hom. de oboedientia : CCL 78, 552). La pratique des pèlerinages peut également appartenir au chemin ascétique. Jérôme donna en particulier une impulsion à ceux en Terre Sainte, où les pèlerins étaient accueillis et logés dans des édifices élevés à côté du monastère de Bethléem, grâce à la générosité de la noble dame Paule, fille spirituelle de Jérôme (cf. Epître 108, 14).

Enfin, on ne peut pas oublier la contribution apportée par Jérôme dans le domaine de la pédagogie chrétienne (cf. Epîtres 107 et 128). Il se propose de former « une âme qui doit devenir le temple du Seigneur » (Epître 107, 4), une « pierre très précieuse » aux yeux de Dieu (Epître 107, 13). Avec une profonde intuition, il conseille de la préserver du mal et des occasions de pécher, d’exclure les amitiés équivoques ou débauchées (cf. Epître 107, 4 et 8-9 ; cf. également Epître 128, 3-4). Il exhorte surtout les parents pour qu’ils créent un environnement  serein  et joyeux autour des enfants, pour qu’ils les incitent à l’étude et au travail, également par la louange et l’émulation (cf. Epîtres 107, 4 et 128, 1), qu’ils les encouragent à surmonter les difficultés, qu’ils favorisent entre eux les bonnes habitudes et qu’ils les préservent d’en prendre de mauvaises car – et il cite là une phrase de Publilius Syrus entendue à l’école – « difficilement tu réussiras à te corriger de ces choses dont tu prends tranquillement l’habitude » (Epître 107, 8). Les parents sont les principaux éducateurs des enfants, les premiers maîtres de vie. Avec une grande clarté, Jérôme, s’adressant à la mère d’une jeune fille et mentionnant ensuite le père, admoneste, comme exprimant une exigence fondamentale de chaque créature humaine qui commence son existence : « Qu’elle trouve en toi sa maîtresse, et que sa jeunesse inexpérimentée regarde vers toi avec émerveillement. Que ni en toi, ni en son père elle ne voie jamais d’attitudes qui la conduisent au péché, si elles devaient être imitées. Rappelez-vous que… vous pouvez davantage l’éduquer par l’exemple que par la parole » (Epître 107, 9). Parmi les principales intuitions de Jérôme comme pédagogue, on doit souligner l’importance attribuée à une éducation saine et complète dès la prime enfance, la responsabilité particulière reconnue aux parents, l’urgence d’une sérieuse formation morale et religieuse, l’exigence de l’étude pour une formation humaine plus complète. En outre, un aspect assez négligé à l’époque antique, mais considéré comme vital par notre auteur, est la promotion de la femme, à laquelle il reconnaît le droit à une formation complète : humaine, scolaire, religieuse, professionnelle. Et nous voyons précisément aujourd’hui que l’éducation de la personnalité dans son intégralité, l’éducation à la responsabilité devant Dieu et devant l’homme, est la véritable condition de tout progrès, de toute paix, de toute réconciliation et d’exclusion de la violence. L’éducation devant Dieu et devant l’homme : c’est l’Ecriture Sainte qui nous indique la direction de l’éducation et ainsi, du véritable humanisme.

Nous ne pouvons pas conclure ces rapides annotations sur cet éminent Père de l’Eglise sans mentionner la contribution efficace qu’il apporta à la préservation d’éléments positifs et valables des antiques cultures juive, grecque et romaine au sein de la civilisation chrétienne naissante. Jérôme a reconnu et assimilé les valeurs artistiques, la richesse des sentiments et l’harmonie des images présentes chez les classiques, qui éduquent le cœur et l’imagination à de nobles sentiments. Il a en particulier placé au centre de sa vie et de son activité la Parole de Dieu, qui indique à l’homme les chemins de la vie, et lui révèle les secrets de la sainteté. Nous ne pouvons que lui être profondément reconnaissants pour tout cela, précisément dans le monde d’aujourd’hui.

Simon Vouet 1622-25 Saint Jérôme et l'ange

Saint Jérôme et l’ange – Simon Vouet (1622-1625)

2014-94. Réflexions félines – septembre 2014 : où, à l’occasion de la fête de Saint Jérôme, on revient sur le problème des traductions de la Sainte Ecriture lues à la Sainte Messe.

Mardi 30 septembre 2014,
fête de Saint Jérôme.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce dernier jour du mois de septembre, nous fêtons Saint Jérôme, célèbre – entre autres – pour avoir mené à bien une remarquable version des Saintes Ecritures en langue latine : la Vulgate ; aussi ces habituelles réflexions mensuelles s’attacheront-elles aujourd’hui aux traductions scripturaires…

Domenico Ghirlandaio St Jérôme 1480

Saint Jérôme dans sa cellule (Domenico Ghirlandaio, fresque 1480)

- Du travail de Saint Jérôme :

On sait à quel point Saint Jérôme fut scrupuleux et précis pour donner à l’Eglise latine un version qui rende le plus exactement possible le sens des textes sacrés qu’il traduisait de l’hébreu, de l’araméen ou du grec, à partir des meilleurs manuscrits antiques – la plupart ont aujourd’hui disparu – dont il pouvait disposer.

Ce n’est que lorsqu’est advenue la période où la foi et la doctrine ont été mises à mal que le sérieux du travail de Saint Jérôme a été mis en doute.
En prétendant que le moine érudit « traduisait trop vite », puis en jetant le doute sur les manuscrits sur lesquels il travaillait, on a peu à peu insinué que le texte de la Vulgate n’était pas vraiment fiable ; par contre coup, on a ainsi répandu l’idée que l’Eglise latine fondait sa croyance sur des interprétations contestables des textes bibliques.

Pour moi, j’insiste 1) pour affirmer que Saint Jérôme dépassait en connaissance des langues anciennes bien des exégètes et traducteurs des temps modernes, et 2) pour rappeler qu’il avait à sa disposition des manuscrits des textes bibliques qui ont aujourd’hui disparu (en totalité ou en partie) et qui étaient beaucoup plus sûrs que les prétendus « manuscrits originaux » dont se réclament la plupart des traductions modernes.
En effet, ces prétendus « manuscrits originaux » sont postérieurs de plusieurs siècles aux manuscrits anciens auxquels Saint Jérôme avait accès et, par ailleurs, on peut affirmer de manière certaine que – à partir de la fin du premier siècle – les Juifs ont « trafiqué » certains textes de l’Ancien Testament qui témoignaient d’une façon trop évidente en faveur de Notre-Seigneur Jésus-Chris, de manière à ce qu’ils ne puissent plus servir d’arguments bibliques en faveur de la foi chrétienne.

De cela, Saint Jérôme témoigne dans une lettre à Sainte Marcelle que Frère Maximilien-Marie a déjà citée dans les souvenirs de ses conversations avec Monsieur l’abbé Jean Carmignac (on les retrouvera ici > www).
Sainte Marcelle, s’étant plainte auprès de Saint Jérôme de ne pas avoir eu de lettre de lui depuis longtemps, en reçut en effet cette explication :

« Quel est donc ce travail si important et si nécessair, me direz-vous, qui ne vous permet pas le plaisir d’une causerie épistolaire ? C’est la confrontation de la version d’Aquila avec le texte hébreu, étude dont je m’occupe depuis longtemps, pour voir si la Synagogue n’aurait pas fait à l’original, en haine du Christ, quelque changement ; et, je ne craindrai pas d’en faire l’aveu à une amie comme vous, j’ai trouvé là bien des choses capables de corroborer notre foi ! » 
La « version d’Aquila » dont parle Saint Jérôme dans ce passage, est une traduction de la Bible hébraïque en grec, réalisée par Aquila de Sinope et publiée vers l’an 138 de notre ère. Ce texte grec de la Bible connut un grand succès auprès des Juifs de langue grecque au point qu’il supplanta le texte des Septante (traduction en grec datant du IIIe siècle avant Jésus-Christ, et qui était considérée comme inspirée), parce que justement Aquila avait traduit en favorisant des interprétations défavorables au christianisme. Ce texte d’Aquila influença même les textes hébreux postérieurs, qui se trouvèrent ainsi détournés du sens qu’ils avaient eu jusque là ; les traductions grecques antérieures et les manuscrits hébreux plus anciens en témoignent, ainsi que Saint Jérôme put le vérifier, et les textes hébreux ou araméens retrouvés à Qumrân au XXe siècle en apportent une nouvelle preuve.

Lectionnaire en français pour le missel de 1962

Lectionnaire en langue française utilisé de manière habituelle et générale
dans les églises où est célébrée la liturgie selon le missel de 1962.

- Des traductions liturgiques de la Sainte Ecriture en langue française 

Cela m’amène à parler des traductions de la Sainte Ecriture lues en langue française au cours de la Sainte Messe.

Notez bien que je ne parle pas ici du lectionnaire français de la liturgie réformée issue du second concile du Vatican (ce que l’on appelle « missel de Paul VI »),
premièrement parce que c’est une liturgie que nous ne pratiquons pas au Mesnil-Marie et avec laquelle nous ne nous voulons pas nous compromettre,
et secondement parce que, s’il fallait s’en occuper, il faudrait alors écrire non seulement de longues pages mais plusieurs volumes, en raison des graves problèmes soulevés par les traductions pitoyables que l’on y trouve.
On dépasserait alors largement les limites imposées par ce modeste blogue.

Je veux parler ici des traductions utilisées pour la lecture en français des textes bibliques du missel de 1962 (dit « de Jean XXIII »), pratiqué dans toutes les chapelles où l’on célèbre « la messe de Saint Pie V ».
Ces traductions sont contenues dans un lectionnaire (dont j’ai placé ci-dessus une photographie montrant la couverture et la page de garde) qui a été publié en 1964.
La publication de ce lectionnaire se situait déjà dans les perspectives d’application des directives de la constitution « Sacrosanctum concilium » du second concile du Vatican (promulguée le 3 décembre 1963), afin de permettre la proclamation au peuple des épîtres et Evangiles en langue française.

Si son ordonnance est conforme à l’édition du missel de 1962, si les traductions que contient ce lectionnaire sont dites « approuvées par les épiscopats d’Afrique Equatoriale-Cameroun, Afrique du Nord, Afrique Occidentale, Belgique, Canada, Congo, France, Luxembourg, Madagascar, Rwanda et Burundi, Suisse » (texte figurant sur la page de garde), et si cette publication a été approuvée depuis Rome, le 1er novembre 1964, par Son Excellence Monseigneur René Boudon, évêque de Mende – au nom de l’Association épiscopale liturgique de France – , les traductions qu’il contient sont néanmoins pour nous la source d’une grande perplexité et de fréquents agacements.
Je constate aussi que rien, dans la « note sur le contenu de ce lectionnaire » qui figure en tête de l’ouvrage, ne permet d’ailleurs de savoir d’où proviennent les traductions proposées dans ce livre, ce qui ne peut qu’accroître notre suspicion.

En effet, ce n’est pas parce qu’il contient la traduction française des textes bibliques pour la liturgie antérieure aux réformes promulguées par le second concile du Vatican, ni parce qu’il a vu le jour avant le grand bazar auquel on assistera dans les églises à partir de 1965, que les traductions qu’il propose sont nécessairement irréprochables.
Lorsque ce lectionnaire fut publié, en 1964, le ver était dans le fruit depuis de nombreuses années et il avait, sans faire de bruit et sans qu’on s’en rende vraiment compte, déjà bien contribué à pourrir le catholicisme.

Ce même Monseigneur Boudon, qui approuva la publication de ce lectionnaire français en 1964, a présidé pendant des lustres la commission épiscopale française chargée de la liturgie (commission qui portera plusieurs noms successifs) et, tout au long des années qui ont suivi le second concile du Vatican, c’est lui qui au nom de l’épiscopat français a signé à tour de bras – et sans aucun état d’âme semble-t-il – des autorisations de mise en service de traductions françaises officielles pour le moins surprenantes (doux euphémisme !) et de textes pour la nouvelle liturgie dont l’orthodoxie est carrément douteuse !
Monseigneur Boudon, à la messe duquel Frère Maximilien-Marie se souvient d’avoir un jour assisté dans son enfance – messe des plus fantaisiste et « approximative » au demeurant – était sans nul doute un « progressiste » convaincu. Il ne l’est pas devenu du jour au lendemain « après le concile », juste au moment de l’entrée en vigueur du missel de Paul VI. La facilité avec laquelle il a autorisé des publications pour la liturgie réformée dont la qualité littéraire et doctrinale laisse fort à désirer, donne à penser que, déjà en 1964, il n’était pas très regardant sur la qualité des traductions de la Sainte Ecriture publiées avec sa bénédiction. 

Il m’apparaît donc tout à fait inquiétant, et même dommageable, que l’on utilise – apparemment sans sourciller – , dans les chapelles où est pratiquée la liturgie traditionnelle, un lectionnaire dont les traductions des textes bibliques en langue française exigeraient une sérieuse révision, d’abord pour les mettre en stricte conformité avec le texte de la Vulgate contenu par le missel latin, et ensuite pour leur donner une qualité littéraire qui n’existe pas à l’heure actuelle.

J’ai conscience que cela représente un gros travail pour réviser ces traductions inexactes, voire tendancieuses, ainsi que de nombreuses difficultés pratiques. Cela n’en est pas moins nécessaire.
L’article 6 du motu proprio « Summorum Pontificum » de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI précisait que « dans les Messes célébrées selon le Missel du B. Jean XXIII avec le peuple, les lectures peuvent aussi être proclamées en langue vernaculaire, en utilisant des éditions reconnues par le Siège apostolique ».

De fait, le lectionnaire français de 1964 ne constitue pas une « édition reconnue par le Siège apostolique » : il n’est qu’une édition autorisée (et non promulguée de manière impérative) par les épiscopats francophones de 1964.
En l’occurrence, et en l’absence d’édition française « reconnue par le Siège apostolique », il semble donc tout à fait légitime que l’on puisse utiliser, pour la proclamation des lectures en langue française, d’autres traductions plus conformes au texte de la Vulgate que celles contenues dans ce « Lectionnaire Français pour tous les jours selon le Missel Romain » publié en 1964.

pattes de chatLully.

Domenico Ghirlandaio St Jérôme détail

Domenico Ghirlandaio – 1480 : détail sur le visage et les mains de la fresque de Saint Jérôme.

2014-93. D’un jubilé célébré au Mesnil-Marie à l’occasion de noces d’argent de profession perpétuelle.

Samedi 20 septembre 2014.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Beaucoup de nos proches le savent (et même s’ils ne peuvent être là physiquement nous savons bien qu’ils seront spirituellement présents – par la prière -), ce dimanche 21 septembre 2014, dans notre paroisse de rite latin traditionnel, Monsieur l’Abbé offrira la Sainte Messe en action de grâces à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de la profession perpétuelle de Frère Maximilien-Marie, c’est-à-dire pour le jubilé de ses noces d’argent religieuses.
Les fidèles de notre petite communauté paroissiale et quelques fidèles venus de plus loin entoureront ensuite notre Frère au cours d’un repas de fête (cf. > annonce).

En fait, Frère Maximilien-Marie a célébré cette année, le 8 septembre, le trente-quatrième anniversaire de son entrée dans la vie religieuse (postulat), le trente-troisième anniversaire de son entrée au noviciat, et le trente-et-unième anniversaire de sa profession simple (voeux temporaires).
Sa profession perpétuelle a ensuite été célébrée le 24 septembre 1989, en la fête de Notre-Dame de la Merci, et c’est cet engagement définitif et irrévocable au service de Notre-Seigneur Jésus-Christ, entre les mains de la Très Sainte Vierge Marie, dont nous marquons l’anniversaire dans l’action de grâces ce dimanche (pour que notre Frère puisse être entouré, en effet, il a semblé plus judicieux de le fêter le dimanche d’autant qu’en cette année 2014, le 24 septembre tombera le mercredi des Quatre-Temps, qui est jour de jeûne et d’abstinence).

Comme j’avais déjà eu l’occasion de l’évoquer (ici > www et ici > www), je ne reviendrai pas aujourd’hui sur tous les détails particuliers à la vocation de Frère Maximilien-Marie.
Néanmoins j’insisterai pour dire que si son accomplissement n’a pas toujours emprunté des chemins faciles et tranquilles, depuis trente-quatre ans elle n’a fait que s’affirmer avec plus de vigueur, se renforcer et s’épanouir – malgré toutes les oppositions, adversités et contradictions – dans la rigoureuse et stricte logique de la démarche libre, volontaire et pleinement responsable, qu’il accomplissait en entrant au postulat à dix-huit ans ; démarche dont la profession publique, solennelle et définitive des saints voeux de pauvreté, chasteté et obéissance fut la consécration, il y a vingt-cinq ans.

Je ne veux pas en écrire davantage aujourd’hui. En revanche, pour marquer ce jubilé, et parce que j’ai eu accès aux carnets dans lesquels Frère Maximilien-Marie conserve ses notes spirituelles, je veux vous livrer ci-dessous un florilège de citations qui l’ont particulièrement marqué dans les années de sa formation religieuse ; citations qui ont été pour lui plus que des repères dans la maturation de sa vocation - j’ai presque envie d’écrire des slogans qu’il s’est très souvent répétés – , et sur lesquels je vous invite à méditer à votre tour…

Lully.

Jésus et la Samaritaine vitrail de l'église Saint-Martin de Vals les Bains

« Si tu savais le don de Dieu ! »
L’entretien de Jésus avec la samaritaine (vitrail de l’église Saint-Martin de Vals-les-Bains)

Paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ à Soeur Joséfa Ménendez :

- « Ce n’est pas pour ce que tu es que Je t’ai choisie, mais pour ce que tu n’es pas. J’ai trouvé ainsi où placer Ma puissance et Mon amour. »

Sacré-Coeur

De Saint Augustin :

- « Totum te exigit qui totum te fecit ! » (traduction : Il t’exige entièrement Celui qui t’a tout entier créé).

Sacré-Coeur

Du Révérend Père Joseph de Guibert sj :

- « Qu’on étudie la vie des « saints manqués », je veus dire prêtres, religieux et simples fidèles, fervents et zélés, pieux et dévoués, mais qui cependant n’ont pas été des saints tout court : on constatera que ce qui a manqué, ce n’est ni une vie intérieure profonde, ni un sincère et vif amour de Dieu et des âmes, mais une certaine plénitude dans le renoncement.
Aimer Dieu, Le louer, se dévouer, se fatiguer, se tuer même à Son service, autant de choses qui attirent les âmes généreuses, mais mourir totalement à soi, obscurément, dans le silence intime de l’âme, se déprendre, se laisser détacher à fond de tout ce qui n’est pas Dieu, voilà l’holocauste secret devant lequel reculent la plupart des âmes, le point exact où leur chemin bifurque entre une vie fervente et une vie de haute sainteté. »

Sacré-Coeur

De Don Lorenzo Scupoli :

- « Que l’on ne s’imagine pas pourvoir acquérir les véritables vertus et servir Dieu comme il faut si l’on n’est pas dans la résolution de se faire violence à soi-même. »

Sacré-Coeur

De saint Bernard :

- « La miséricorde de Dieu est mon mérite, et je n’en manquerai pas tant que Dieu daignera prendre compassion de moi. »

Sacré-Coeur

De Sainte Thérèse d’Avila :

- « C’est parce que nous ne faisons pas à Dieu le don total et absolu de nous-mêmes qu’Il ne nous donne pas tout d’un coup le trésor d’un parfait amour. »

- « Dieu a plus soin de nous que nous-mêmes, et Il sait à quoi chacun est propre. De quoi sert de se gouverner soi-même, quand on a déjà donné toute sa volonté à Dieu ? »

Sacré-Coeur

De saint Alphonse de Ligori :

- « Toute la sainteté, c’est d’aimer Dieu ; et tout l’Amour de Dieu, c’est d’accomplir la volonté divine. »

Sacré-Coeur

de Saint Jérôme :

- « Rien n’est dur à qui aime ; à qui désire nul effort n’est difficile. »

Sacré-Coeur

De Saint François de Sales :

- « Le temps seul est perdu dont l’amour est absent. »

- « O mon âme, tu es capable de Dieu ! Malheur à toi si tu te contentes de moins que de Dieu ! »

Sacré-Coeur

De Sainte Thérèse Couderc :

- « Si le Bon Dieu ne m’avait pas fait d’autre grâce que celle de la vocation, ne serait-ce pas déjà assez ? »

- « Qu’importe si mes pieds nus et déchirés remplissent souvent mes sabots de sang ! Je recommencerais volontiers ma route, j’ai si bien trouvé le Bon Dieu ! »

Sacré-Coeur

De Louis Veuillot :

- « L’Eglise m’a donné la lumière et la paix. Je lui dois ma raison et mon coeur. C’est par elle que je sais, que j’admire, que j’aime, que je vis. Lorsqu’on l’attaque, j’ai les mouvements d’un fils qui voit frapper sa mère. »

Sacré-Coeur

De Saint Paul de la Croix :

- « Vous ne pouvez avoir de signes plus sûrs de l’Amour divin envers vous que la souffrance que Dieu permet pour vous et vous donne en cadeau. C’est de cette façon qu’Il rend votre âme toujours plus parfaite. »

Sacré-Coeur

du Révérend Père Frédéric-William Faber :

- « L’union avec Jésus est la plus courte définition de la sainteté, une définition qui est également applicable aux variétés innombrables de cette union dont Marie est le modèle. La grâce spéciale de toutes dévotions envers Marie est l’union avec Jésus (…). Marie est inséparable de Jésus. L’esprit de Marie est la communication de l’esprit de Jésus, la plus grande qui puisse exister. »

Sacré-Coeur

Du Bienheureux Charles de Foucauld :

- « Il faut passer par le désert et y séjourner pour y recevoir la Grâce de Dieu ; c’est là qu’on se vide, qu’on chasse de soi tout ce qui n’est pas Dieu, et qu’on vide complètement cette petite maison de notre âme pour laisser toute la place à Dieu seul. »

- « Notre anéantissement est le moyen le plus puissant que nous ayons de nous unir à Dieu et de faire du bien aux âmes ; c’est ce que Saint Jean de la Croix répète presque à chaque ligne.
Quand on peut souffrir et aimer, on peut beaucoup, on peut le plus qu’on puisse en ce monde : on sent qu’on souffre, on ne sent pas toujours qu’on aime, et c’est une grande souffrance de plus ! Mais on sait qu’on voudrait aimer, et vouloir aimer, c’est aimer.
On trouve qu’on n’aime pas assez ; comme c’est vrai, on n’aimera jamais assez ! Mais le Bon Dieu qui sait de quelle boue Il nous a pétris et qui nous aime bien plus qu’une mère ne peut aimer son enfant, nous a dit, Lui qui ne ment pas, qu’Il ne repousserait pas celui qui vient à Lui… »

La sainte Agonie de Gethsémani vitrail de l'église Saint-Martin de Vals les Bains

« Veillez et priez ! »
La Sainte Agonie de Gethsémani (vitrail de l’église Saint-Martin de Vals-les-Bains)

Publié dans : Chronique de Lully, Textes spirituels | le 20 septembre, 2014 |9 Commentaires »
12345...84

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi