En guise de prologue à ce blogue…

Le Maître-Chat Lully

Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Maître-Chat Lully (10 juillet 2006 – 23 mai 2019)

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« Mon blogue – ce blogue – est né le 10 septembre 2007…
Né d’une boutade de mon « papa-moine », ainsi que j’ai eu l’occasion de l’expliquer en détail > ici lorsque j’en ai donné l’historique alors qu’il allait approcher de son septième anniversaire, ce qui n’était au départ qu’un modeste moyen de garder contact avec un petit groupe d’amis proches du Refuge Notre-Dame de Compassion, a, tout au long des années, largement dépassé ce cadre restreint pour atteindre de très nombreuses personnes bien au-delà de nos simples relations habituelles, et bien au-delà des frontières de notre beau Royaume de France.

Bien sûr, il y a eu très souvent des personnes très « raisonnables » et très « sérieuses » qui se sont scandalisées qu’un chat écrivît sur des sujets religieux, rédigeât des chroniques et publiât des réflexions sur la société, ses maux et les remèdes que l’authentique tradition politique de notre monarchie légitime leur pourrait apporter…
Il y a bien encore quelques uns de ces petits esprits étriqués et chagrins pour répandre le venin et le fiel de leurs critiques, mais je n’en ai jamais eu cure : si pour eux il est inconcevable qu’un texte puisse prétendre au moindre sérieux du seul fait qu’il est l’œuvre d’un chat – fut-il chat monastique -, il est  par ailleurs irréfragable que le phénomène, en définitive peu courant, d’un Maître-Chat s’exprimant sur le « ouèbe » sans égard pour la langue de bois ou de buis, mais avec tout la divine liberté donnée par le Créateur aux félins, a valu à ce blogue de fidèles et solides amitiés, qui pèsent bien davantage que toute les aigreurs d’estomac de tous les « coincés », de tous les « cinglés », de tous les « modernichons », et de tous les « tordus » politiques et religieux réunis !

Vous le savez, mon divin Créateur a rappelé à Lui mon âme le 23 mai de cette année 2019 qui s’achève aujourd’hui (cf. > ici).
Je sais que mon départ de cette terre a laissé un grand vide dans le cœur de nombre de mes lecteurs, tout comme dans celui de mon « papa-moine ». Cependant, ainsi qu’il vous l’a écrit (cf. > ici), mon blogue continue et continuera : invisible, mais toujours présent, j’inspire et j’inspirerai encore mon moine de compagnie, car je lui ai laissé quelque chose de mon esprit comme le fit jadis le saint prophète Elie pour son disciple Elisée, lorsqu’il fut enlevé sous ses yeux par un char de feu.

Le prologue d’origine de ce blogue (cf. > ici) n’était toutefois plus exactement adapté désormais, et c’est la raison pour laquelle je suis aujourd’hui « revenu » vers vous pour inspirer ces lignes à mon fidèle secrétaire et vous assurer, mes bien chers et fidèles amis, que je suis toujours là, veillant à ce que ce blogue continue l’œuvre amorcée dès sa première chronique (cf. > Genèse) – semper fidelis – toujours fidèle à l’esprit que Dieu a voulu pour le Refuge Notre-Dame de Compassion : fidélité intégrale au dépôt de la foi reçue des Apôtres, et fidélité intégrale au dessein de Dieu scellé dans les fonts baptismaux de Reims où s’unirent la foi catholique et la royauté franque pour faire naître la France, avec en corollaire la défense sans concession de tout ce que cela représente et contient !

Vive Dieu ! Vive le Roi !

pattes de chatLully.

Mardi 31 décembre 2019,
Fête de Saint Sylvestre 1er, pape et confesseur, baptiste de l’empereur Saint Constantin 1er le Grand ;
Septième jour dans l’octave de la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Lully le chroniqueur

2020-13. « Le roi très chrétien, le fils aîné de l’Église, avait comme objectif d’assurer le bien commun de ses peuples et le salut des âmes. Voilà en quelques mots, résumé, le programme des Rois.»

Dimanche 19 janvier 2020,
2ème dimanche après l’Epiphanie ;
19ème anniversaire du rappel à Dieu de Gustave Thibon (cf. > ici).

A l’occasion de la Sainte Messe commémorative de la mort de SMTC le Roi Louis XVI, célébrée comme de coutume le dimanche le plus proche du 21 janvier à la Chapelle Expiatoire, et du déjeuner qui a suivi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a lu le message suivant.

Louis de Bourbon 19 janvier 2020

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,
à la Chapelle Expiatoire, ce dimanche 19 janvier 2020

Chers Amis,

Avant de commencer mon message, permettez-moi de dire quelques mots à la mémoire de M. le duc de Bauffremont qui vient de nous quitter. Durant plus de soixante ans il s’est consacré, corps et âme, à la cause de la royauté légitime. Il a été au côté de mon grand-père, puis de mon père et depuis 1989 auprès de moi, j’ai pu constater combien sa fidélité était à toute épreuve. Il savait braver les tempêtes et assurer la continuité de l’action. La cause de la monarchie lui doit beaucoup à travers tout le travail qu’il a accompli. Je redis à ses enfants et à toute sa famille, combien ma peine a été profonde en apprenant l’élévation au ciel, de celui qui ne pouvait concevoir le service du roi sans celui vis-à-vis de Dieu. Qu’il repose en paix et demeure dans vos prières à vous qui savez aussi être fidèles.

Une nouvelle fois, merci de votre fidélité. Elle trouve sa source dans le souvenir du Roi Martyr et se développe dans l’espérance que vous mettez en l’avenir de notre Pays.

La France, comme en 1793, parait de nos jours bien malade. Depuis des années une crise la ronge en la faisant douter d’elle-même puisque chaque jour on l’appelle au reniement. Il faudrait qu’elle oublie les gloires de son passé, qu’elle oublie la grandeur de son histoire ? Elle se devrait d’être en repentance ? Mais de quelle repentance pourrait-il s’agir ?

Regardons le règne de Louis XVI qui, à lui seul, synthétise tous ceux qui l’ont précédé. Pour la gloire et la grandeur du pays, mises à mal par le Traité de Paris, il a su, mettre un frein à la puissance anglaise, en privant la couronne britannique de ses colonies américaines et en créant le port moderne de Cherbourg ; en matière de « justice sociale » expression qu’il fut le premier à utiliser, Louis XVI prôna la réforme fiscale ; pour tenir compte des évolutions de son temps il reconnut des droits aux Protestants et aux Juifs ; dans le domaine scientifique, il encouragea les recherches les plus novatrices de l’aérostation à la machine à vapeur et à l’expédition de La Pérouse ; pour améliorer les conditions de vie des « exclus sociaux » du temps il soutint les œuvres en faveur des sourds-muets et des aveugles. Oui, son règne a été grand notamment par ses innovations. Il le fut car il était animé par la promesse qu’il avait faite lors de son sacre, celle du décalogue. Le roi très chrétien, le fils aîné de l’Église, avait comme objectif d’assurer le bien commun de ses peuples et le salut des âmes. Voilà en quelques mots, résumé, le programme des Rois. Cela ne vaut-il pas mieux que toutes les explications peu crédibles et tentatives peu convaincantes tant elles sont loin des réalités, de nos gouvernants contemporains.

Le testament de Louis XVI, relu après la messe, est empreint de Vérité, Vérité absente du langage politique actuel, ni vrai ni juste. L’ensemble du Testament reflète ainsi cette humilité du Roi qui ne cherche nullement à se justifier devant les hommes, mais s’en remet à Dieu, vrai souverain et vrai juge. Ne pas se tromper de valeur et rester en cohérence avec sa conscience. Ainsi, le premier reproche à adresser à la révolution et à la république naissante, est d’avoir inversé le sens des mots. La Liberté a supprimé les libertés ; la société ancienne reposant sur les solidarités a été peu à peu sacrifiée à tous les égoïsmes et à l’individualisme alors même qu’étaient prônées l’égalité et la fraternité. Deux siècles après Louis XVI, la société n’a jamais été aussi éclatée. Elle est à reconstruire !

Alors, continuons à honorer la mémoire du Roy-Martyr, et sachons pour l’époque dans laquelle nous vivons, en retirer toutes les leçons. Sachons, nous aussi, concilier la tradition et le progrès. Sachons donner du sens à nos actions. Comme Louis XVI pensons à nos compatriotes et sachons par ce que nous portons et représentons leur redonner espoir et leur rappeler les principes qui doivent régir la société humaine. Nous ne devons pas être des nostalgiques d’un ordre ancien qui ne reviendra pas, mais, au contraire, nous devons être les artisans d’un monde nouveau qui attend beaucoup de l’exemple de ce que fut la royauté française et ses réussites. Si l’histoire ne se reproduit pas, en revanche, elle peut apporter des recettes. Les deux principales qu’il faut retenir en ce début d’année sont la place centrale reconnue à l’homme de la naissance à ses fins dernières et le sens du Bien commun. Disons non à toutes les manipulations et travestissements de la vie naturelle. Disons non à la société individualiste et à ses excès depuis qu’elle a perdu le sens des autres tout en proclamant le contraire. Disons non au mensonge.

Cela c’est à chacun de nous qu’il appartient de le faire. Il faut savoir s’engager dans nos vies professionnelles et familiales. La société ne se réformera que si nous savons, les uns et les autres prendre nos responsabilités et, pour les chrétiens, être fidèles aux promesses de notre baptême. N’est-ce pas le symbole du sacrifice de Louis XVI, il faut savoir dire non si nécessaire quand notre conscience nous le demande.

Au-delà de ce message, je souhaite, malgré les nuages amoncelés sur nos têtes, à vous tous, à vos familles, vos proches, une bonne et sainte année 2020 sous la protection de Sainte-Jeanne d’Arc.

Louis,
Duc d’Anjou

 grandes armes de France

2020-12. Où, à l’occasion de la fête de Saint Antoine le Grand, nous sommes invités à découvrir le monastère implanté au lieu où vécut le « Père de tous les moines ».

17 janvier,
Fête de Saint Antoine le Grand (cf. > ici, > ici et > ici) ;
Mémoire de Saint Théodose 1er le Grand, empereur ;
Mémoire de Sainte Roseline de Villeneuve, vierge (cf. > ici) ;
Anniversaire de l’apparition de Notre-Dame à Pontmain (cf. > ici et > ici).

Icône copte 1777 détail - St Antoine le grand & St Paul ermite

Saint Antoine le Grand (à gauche) et Saint Paul ermite (à droite)
Détail d’une icône copte de 1777 (musée copte du Caire)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Si, fréquentant ce blogue depuis un certain temps, vous ne vous êtes pas encore rendus compte que, au Mesnil-Marie, nous avons une immense vénération et un amour très fort pour Saint Antoine le Grand, « père de tous les moines d’Orient et d’Occident », j’en conclurai que vous ne savez peut-être pas lire !!!

Je vous ai entretenus (cf. > ici) de Saint Paul, premier ermite, dont nous célébrons la fête le 15 janvier. Deux jours après, c’est la fête de Saint Antoine le Grand.
Après vous avoir « emmenés » l’année dernière à l’abbatiale de Saint-Antoine en Dauphiné (cf. > ici) où sont conservées les reliques du « Père des moines », j’ai le plaisir de vous faire voyager aujourd’hui jusqu’en Egypte, jusqu’au Monastère Saint-Antoine, construit dès après la mort du Saint à proximité de son ermitage.
Ce « voyage » est possible grâce à Benjamin Blanchard, cofondateur et directeur général de SOS Chrétiens d’Orient, dont l’amitié nous a valu les magnifiques clichés qui vont suivre, et grâce à Jérôme Cochet, chef de mission en Egypte pour cette association (que nous recommandons chaleureusement), rédacteur du texte que nous publions ci-dessous : qu’ils soient l’un et l’autre très vivement remerciés !

Ainsi que vous le verrez en lisant cette présentation du Monastère Saint-Antoine, ce lieu historique de la première communauté de moines, qui a fait l’objet de huit années de restauration (2002-2010), est aussi le lieu d’un intense renouveau spirituel. Ce nous est une grande joie que de l’apprendre.

Dieu est admirable en tous Ses saints. Mais Il l’est d’une manière très spéciale en Saint Antoine le Grand dont la postérité spirituelle ne se dément pas depuis plus de seize siècles et demi !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur  

Monastère Saint Antoine 1

Monastère de Saint-Antoine le Grand,
le phénix originel du monachisme chrétien.

A 3h de route du Caire, la capitale-mégalopole de l’Egypte et ses 23 millions d’habitants, le silence demeure roi en plein désert de la Mer Rouge.

Entre la ville tentaculaire et les plages bariolées d’hôtels et de résidences de villégiatures, se dresse à flanc de montagne un éden de murailles, de jardins, de clochers et d’églises millénaires. L’immensité aride du désert joue bien sûr sur l’isolement du lieu, mais plus encore les prières continuelles et mystiques ont rendu le Monastère de Saint-Antoine le Grand, un lieu incontournable pour toute la chrétienté !

Monastère Saint Antoine 2

Ici, dans le père de tous les monastères du monde chrétien, la quiétude et la beauté du lieu sont saisissantes dans une terre pourtant si inhospitalière : le thermomètre indique cinquante degrés à l’ombre l’été et peut descendre en dessous du 0 en hiver ; aucune végétation ne pousse hormis dans l’enceinte du monastère dans le potager et dans les jardins des moines.

C’est toutefois ici qu’Antoine le Grand, également connu comme Antoine l’Ermite ou Antoine d’Égypte s’isola au début du IVème siècle et devint le premier ermite, ou plutôt le second après Paul de Thèbes, un autre copte (voir la note en bas de page) de Haute-Egypte qui partit hors du monde pour contempler, comprendre, prier et adorer Dieu.

Si Antoine est vu comme le premier ermite moine dans la tradition chrétienne, c’est parce qu’à la mort de Paul, Antoine sur les conseils de ce dernier, commença à organiser la vie des premiers ermites qui étaient venus le rejoindre. Par ses conseils oraux, ses prières et surtout ses écrits sur des parchemins et des papyrus, il développa sans le savoir les premières règles du monachisme chrétien.

Monastère Saint Antoine 3

Ainsi et de manière chronologique, le monachisme s’est donc tout d’abord développé en Egypte dès le début du IVème siècle sous la forme érémitique avec saint Paul de Thèbes (234-347), la forme anachorétique avec saint Antoine le Grand (251-356) et la forme cénobitique avec saint Pacôme (276-439), disciple de saint Antoine le Grand et qui, le premier, institua la règle monastique laquelle, traduite par saint Jérôme, servit de base à saint Benoît pour les premières fondations monastiques en Europe. Rappelons aussi que c’est saint Athanase d’Alexandrie qui importa le premier le monachisme au sein de la ville de Rome ou encore que les premiers monastères d’Irlande furent fondés par sept moines venus d’Egypte…

L’âge d’or du monastère Saint-Antoine se situe entre 1230 et 1300, car c’est durant ce laps de temps que l’on y copie ou compose le plus de manuscrits en copte, grec, syriaque et arabe et que l’on consigne et retranscrit fidèlement les paroles et les papyrus anciens laissés par saint Antoine, saint Pacôme, saint Athanase ou encore saint Evagre.

En parallèle du cheminement monastique, l’Egypte, pays des pharaons subit la conquête arabo-musulmane dès le VIIème siècle. Relativement épargné, le monastère résiste à plusieurs attaques sporadiques de bandes armées mais connaît une période de déclin puis d’abandon total entre le XIVème et le XVIème siècles, suite aux pillages successifs puis aux massacres sans pitié des moines et à l’occupation des lieux par les troupes islamiques.

De nos jours, ce sont 120 moines et quelques 30 novices qui continuent de vivre selon l’exemple de saint Antoine. Accueillant pèlerins et visiteurs, ils travaillent à faire de ce lieu un havre de paix et de prières verdoyant et cela malgré toutes les périodes de déclin et de massacres.

Monastère Saint Antoine 4

Si nous faisons un petit retour en arrière, nous pouvons constater que le renouveau actuel prend racine au cours du XXème siècle : la communauté copte s’est peu à peu investie dans la vie politique du pays. En effet, en s’engageant de manière précoce dans l’indépendance de l’Egypte, les chrétiens d’Egypte ont pu obtenir une reconnaissance sociale et politique, tandis que dans le même temps, d’autres ont préféré participer à un renouveau spirituel global. Complété par la découverte de l’histoire copte en Europe et grâce à l’intérêt porté par l’archéologie égyptienne, les coptes ont entamé dès les années 20-30 leur renaissance identitaire. Cependant, la communauté copte n’a jamais été pleinement reconnue en Egypte : elle fait l’objet de discriminations et d’attaques régulières et, même si certains de ses membres ont acquis une relative célébrité, elle demeure peu représentée politiquement.

Dans les années 50-60, qui marquent l’apogée du renouveau spirituel pour la religion copte, une renaissance globale s’effectue sous les patriarcats des papes saint Cyril VI puis Chenouda III ; cela a une influence sur la vie quotidienne des coptes mais aussi sur l’art et l’architecture ecclésiastiques : la période est marquée par un retour aux origines.

Monastère Saint Antoine 5

En 1968, la Vierge Marie apparait au Caire pour plusieurs jours dans le quartier populaire de Zeitoun. Les apparitions sont reconnues par l’Eglise copte et l’Eglise catholique mais aussi par les musulmans d’Egypte… elles seront le point d’orgue de la renaissance copte. Les monastères du désert sont à nouveau habités et de nombreux coptes se font moines et prêtres. Ainsi, tandis qu’une partie de la communauté copte s’implique dans la vie publique du pays, une autre rejoint les anciens monastères et mène une vie ascétique dans le désert. Rappelons en effet que pour la majorité des coptes, la vie monacale est considérée comme moralement et spirituellement supérieure à toute autre vie. Mais ce mode de vie n’est pas le seul effet du renouveau religieux : les coptes redécouvrent d’anciennes traditions chrétiennes : le culte des saints antiques est renforcé par la découverte de reliques (en mai 1968, notamment, une partie des reliques de saint Marc sont rendues par l’Eglise romaine et de Venise sont déposées dans la crypte de la nouvelle cathédrale Saint-Marc d’Abbassiya au Caire), les monastères sont rénovés, embellis et agrandis pour accueillir les nouveaux moines, des cours de langue copte, d’iconographie et d’études bibliques sont crées par centaines à travers le pays pour former cette nouvelle génération de consacrés et de laïcs coptes…

Bénéficiant de ce renouveau et de cette renaissance, le monastère Saint-Antoine va dès les premiers temps attirer de nombreux nouveaux moines. De 10 moines dans les années 50, on en dénombre le double une décennie plus tard et donc plus de 120 de nos jours.

Monastère Saint Antoine 6

L’explosion des vocations sacerdotales et monastiques remplit séminaires et monastères et dure à présent sur trois générations. Les monastères quasi abandonnés où végétaient cinq à six moines il y a un demi-siècle en comptent maintenant en moyenne cent, cent cinquante ou même trois cents pour les plus imposants.

Partout, on agrandit avec de nouvelles ailes de cellules, de nouvelles églises et chapelles ou encore de nouveaux lieux d’accueils pour les pèlerins et autres personnes de passage. On relève des monastères en ruines depuis des siècles. Dans une Eglise où la hiérarchie épiscopale se compose uniquement de moines, il était vital et primordial d’assister à ce renouveau identitaire et spirituel, et sous l’impulsion donnée par le pape Chenouda III, les efforts soutenus quant à la formation des nouveaux moines portent désormais leurs fruits, l’Egypte, terres sacrée du christianisme et de l’humanité est toujours bénie, prête à accueillir de nouvelles vocations et de nouveaux prêtres.

Jérôme Cochet,
chef de mission en Egypte de SOS Chrétiens d’Orient

Jeunes en mission avec SOS Chrétiens d'Orient avec Jérôme Cochet

Jérôme Cochet, rédacteur de cet article (au second rang le 3ème en partant de la droite), chef de mission en Egypte, avec des jeunes bénévoles de SOS Chrétiens d’Orient

Note :
Le mot « copte » tire son origine de l’arabe « qibt », un mot lui-même issu d’une forme abrégée et altérée du grec « Aïgyptios » qui signifie « égyptien ». Les Coptes sont donc appelés « les Egyptiens ». Cette particularité linguistique s’est opérée lors du passage de l’Egypte sous la domination arabe en 641 : les Arabes se servaient de ce mot pour se distinguer, dans leur langue, des autochtones nouvellement conquis.
Toutefois, les envahisseurs Arabes étant de confession musulmane et les Coptes chrétiens, le mot « copte » a fini par désigner les Chrétiens égyptiens. D’un sens ethnique, le mot « copte » est donc progressivement passé à un sens religieux.
Par extension, le terme a été appliqué à tout ce qui ressortait de la vie religieuse des chrétiens d’Egypte. Aujourd’hui, même s’il est difficile d’avoir des statistiques fiables, on peut estimer que les Coptes représentent à peu près 15 à 20 % de la population égyptienne qui compte en 2019 plus de 100 millions d’habitants.

Monastère Saint Antoine 7

2020-11. De Saint Paul, premier ermite.

15 janvier,
Fête de Saint Paul, premier ermite.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La Sainte Eglise nous donne de célébrer, à la date du 15 janvier, la fête de Saint Paul, premier ermite. Il est aussi appelé Saint Paul de Thèbes.

C’est un saint aujourd’hui peu ou mal connu.
L’une des raisons en est, à notre époque de rationalisme où l’on remet très souvent en doute tout ce qu’il y a de merveilleux en le mettant sur le compte d’affabulations, que la vie de Saint Paul nous est connue essentiellement par le récit qu’en a fait Saint Jérôme (cf. > ici et > ici) et que ce récit contient des choses extraordinaires qui semblent totalement impossibles aux mentalités prétendument modernes.
Pensez donc : un homme qui vit dans le désert jusqu’à l’âge de cent-dix-huit ans ! Auquel un corbeau apporte quotidiennement pendant soixante ans un demi pain pour sa nourriture ! Et lorsque Saint Antoine le vient visiter, celui-ci rencontre en chemin un centaure puis un faune !
Aux âges de foi, cela ne posait pas de problèmes à ceux qui sont sûrs, selon la parole de l’ange Gabriel à la Très Sainte Vierge Marie, que « rien n’est impossible à Dieu ».
Je me souviens moi-même, lorsque j’étais jeune religieux et que j’avais découvert le récit de Saint Jérôme, avoir été copieusement moqué par un supérieur – lequel passait pour un homme de tradition ! – parce que j’accordais ma créance à ce récit ! Je lui avais alors demandé s’il considérait que Saint Jérôme, docteur de l’Eglise, était un menteur…

J’ai résolu de vous livrer ci-dessous ce texte de Saint Jérôme : j’en ai seulement omis l’introduction et la conclusion qui n’ont pas directement trait à la vie de Saint Paul.
En effet, Saint Jérôme commence par donner quelques anecdotes concernant les persécutions de Dèce (en 250) et de Valérien (en 257), qui déterminèrent le jeune Paul de Thèbes à partir dans le désert, et il termine par une exhortation au mépris des richesses et des mondanités.

Vous noterez que les détails du texte de Saint Jérôme ont été particulièrement bien retenus et illustrés par les peintres de la période baroque, dont j’ai reproduit ci-dessous quelques unes de mes toiles préférées représentant le premier ermite de l’histoire de l’Eglise.
Si l’on ne connaît pas la vie de Saint Paul écrite par Saint Jérôme (et résumée par Jacques de Voragine dans sa « Légende dorée »), ces tableaux sont pratiquement incompréhensibles à celui qui les regarde aujourd’hui.

Je souhaite qu’ils vous plaisent autant qu’à moi et qu’ils vous aideront à vénérer, aimer et développer quelque dévotion envers le grand et admirable Saint Paul ermite.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.   

Saint Paul ermite - José de Ribera

Saint Paul ermite, par José de Ribera (1591-1652)

« (…) Paul, n’étant âgé que de quinze ans et n’ayant plus ni père ni mère mais seulement une sœur déjà mariée, se trouva maître d’une grande succession en la basse Thébaïde. Il était fort savant dans les lettres grecques et égyptiennes, de fort douce humeur et plein d’un grand amour de Dieu.

La tempête de cette persécution éclatant de tous côtés, il se retira en une maison des champs assez éloignée et assez à l’écart.
Son beau-frère résolut de dénoncer celui qu’il était si obligé de cacher, sans que les larmes de sa femme, les devoirs d’une si étroite alliance ni la crainte de Dieu, qui du haut du ciel regarde toutes nos actions, fussent capables de le détourner d’un si grand crime ; et la cruauté qui le portait à cela se couvrait même d’un prétexte de religion.
Ce jeune garçon qui était très sage, ayant appris ce dessein et se résolvant à faire volontairement ce qu’il était obligé de faire par force, s’enfuit dans les déserts des montagnes pour y attendre que la persécution cessât. En s’y avançant peu à peu, et puis encore davantage, et continuant souvent à faire la même chose, enfin il trouva une montagne pierreuse au pied de laquelle était une grande caverne dont l’entrée était fermée avec une pierre, qu’il retira : regardant attentivement de tous côtés par cet instinct naturel qui porte l’homme à désirer de connaître les choses cachées, il aperçut au-dedans comme un grand vestibule qu’un vieux palmier avait formé de ses branches en les étendant et les entrelaçant les unes dans les autres, et qui n’avait rien que le ciel au-dessus de soi.
Il y avait là une fontaine très claire d’où il sortait un ruisseau, qui à peine commençait à couler qu’on le voyait se perdre dans un petit trou, et être englouti par la même terre qui le produisait. Il y avait aussi aux endroits de la montagne les plus difficiles à aborder diverses petites maisonnettes où l’on voyait encore des burins, des enclumes et des marteaux dont on s’était autrefois servi pour faire de la monnaie ; quelques mémoires égyptiens portent que ç’avait été une fabrique de fausse monnaie, durant le temps des amours d’Antoine et de Cléopâtre.

Saint Paul ermite - Carlo Dolci

Saint Paul ermite recevant son demi-pain quotidien d’un corbeau, par Carlo Dolci (1616-1686)

Notre saint, concevant de l’attrait pour cette demeure qu’il considérait comme lui ayant été présentée de la main de Dieu, y passa toute sa vie en oraisons et en solitude. Le palmier dont j’ai parlé lui fournissait tout ce qui lui était nécessaire pour sa nourriture et son vêtement ; ce qui ne doit pas passer pour impossible, puisque je prends à témoin Jésus-Christ et Ses anges que, dans cette partie du désert qui en joignant la Syrie tient aux terres des Arabes, j’ai vu parmi des solitaires un frère qui, étant reclus il y avait trente ans, ne vivait que de pain d’orge et d’eau bourbeuse, et un autre qui, étant enfermé dans une vieille citerne, vivait de cinq figues par jour. Je ne doute pas néanmoins que cela ne semble incroyable aux personnes qui manquent de foi parce « qu’il n’y a que ceux qui croient, à qui telles choses soient possibles ».

Mais pour retourner à ce que j’avais commencé de dire, il y avait déjà cent treize ans que le bienheureux Paul menait sur la terre une vie toute céleste. Antoine, âgé de quatre-vingt-dix ans (comme il l’assurait souvent), demeurant dans une autre solitude, il lui vint en pensée que nul autre que lui n’avait passé dans le désert la vie d’un parfait et véritable solitaire ; mais, alors qu’il dormait, il lui fut, la nuit, révélé en songe qu’il y en avait un autre, plus avant dans le désert, meilleur que lui, et qu’il se devait hâter d’aller voir.

Dès la pointe du jour ce vénérable vieillard, soutenant son corps faible et exténué avec un bâton qui lui servait aussi à se conduire, commença à marcher sans savoir où il allait ; et déjà le soleil, arrivé à son midi, avait échauffé l’air de telle sorte qu’il paraissait tout enflammé, sans que néanmoins il se pût résoudre à différer son voyage, disant en lui-même : « Je me confie en mon Dieu, et ne doute point qu’il ne me fasse voir son serviteur ainsi qu’il me l’a promis ».
Comme il achevait ces paroles, il vit un homme qui avait en partie le corps d’un cheval et était comme ceux que les poètes nomment hippocentaures. Aussitôt qu’il l’eut aperçu il arma son front du signe salutaire de la croix et lui cria : « Holà! en quel lieu demeure ici le serviteur de Dieu ?» Alors ce monstre, marmottant je ne sais quoi de barbare et entrecoupant plutôt ses paroles qu’il ne les proférait distinctement, s’efforça de faire sortir une voix douce de ses lèvres toutes hérissées de poil, et, étendant sa main droite, lui montra le chemin tant désiré. Puis en fuyant il traversa avec une incroyable vitesse toute une grande campagne, et s’évanouit devant les yeux de celui qu’il avait rempli d’étonnement. Quant à savoir si le diable pour épouvanter le saint avait pris cette figure, ou si ces déserts si fertiles en monstres avaient produit celui-ci, je ne saurais en rien assurer.

Francesco Guarino - 1642 - Saint Antoine et le centaure

Saint Antoine et le centaure, par Francesco Guarino (1611-1654)

Antoine, pensant tout étonné à ce qu’il venait de voir, ne laissa pas de continuer son chemin ; et à peine avait-il commencé à marcher qu’il aperçut dans un vallon pierreux un fort petit homme qui avait les narines crochues, des cornes au front et des pieds de chèvre. Ce nouveau spectacle ayant augmenté son admiration, il eut recours, comme un vaillant soldat de Jésus-Christ, aux armes de la foi et de l’espérance ; mais cet animal, pour gage de son affection, lui offrit des dattes pour le nourrir durant son voyage. Le saint s’arrêta et lui demanda qui il était. Il répondit : « Je suis mortel et l’un des habitants des déserts que les païens, qui se laissent emporter à tant de diverses erreurs, adorent sous le nom de faunes, de satyres et d’incubes. Je suis envoyé vers vous comme ambassadeur par ceux de mon espèce, et nous vous supplions tous de prier pour nous celui qui est également notre Dieu, lequel nous avons su être venu pour le salut du monde, et dont le nom et la réputation se sont répandus par toute la terre ».
A ces paroles ce sage vieillard et cet heureux pèlerin trempa son visage des larmes que l’excès de sa joie lui faisait répandre en abondance, et qui étaient des marques évidentes de ce qui se passait dans son cœur, car il se réjouissait de la gloire de Jésus-Christ et de la destruction de celle du diable, et admirait en même temps comment il avait pu entendre le langage de cet animal et être entendu de lui.
En cet état, frappant la terre de son bâton, il disait : « Malheur à toi, Alexandrie, qui adores des monstres en qualité de dieux ! malheur à toi, ville adultère qui es devenue la retraite des démons répandus en toutes les parties du monde. De quelle sorte t’excuseras-tu maintenant ? Les bêtes parlent des grandeurs de Jésus-Christ, et tu rends à des bêtes les honneurs et les hommages qui ne sont dus qu’à Dieu seul ! »
A peine avait-il achevé ces paroles que cet animal si léger s’enfuit avec autant de vitesse que s’il avait eu des ailes. S’il se trouve quelqu’un à qui cela semple si incroyable qu’il fasse difficulté d’y ajouter foi, il en pourra voir un exemple dont tout le monde a été témoin et qui est arrivé sous le règne de Constance, car un homme de cette sorte ayant été mené vivant à Alexandrie, fut vu avec admiration de tout le peuple ; et, étant mort, son corps, après avoir été salé, de crainte que la chaleur de l’été ne le corrompit, fut porté à Antioche pour le faire voir à l’empereur.

Mais, pour revenir à mon discours, Antoine, continuant à marcher dans le chemin où il s’était engagé, ne considérai autre chose que la piste des bêtes sauvages et la vaste solitude de ce désert, sans savoir ce qu’il devait faire ni de quel côté il devait tourner.
Déjà le second jour était passé depuis qu’il était parti, et il en restait encore un troisième afin qu’il acquit par cette épreuve une entière confiance de ne pouvoir être abandonné de Jésus-Christ. Il employa toute cette seconde nuit en oraisons, et à peine le jour commençait à poindre qu’il aperçut de loin une louve qui, toute haletante de soif, se coulait le long du pied de la montagne. Il la suivit des yeux et, lorsqu’elle fut fort éloignée, s’étant approché de la caverne et voulant regarder dedans, sa curiosité lui fut inutile, à cause de son obscurité qui était si grande que ses yeux ne la pouvaient pénétrer. Mais, comme dit l’Écriture « le parfait amour bannissant la crainte »,  après s’être un peu arrêté et avoir repris haleine, ce saint et habile espion entra dans cet antre en s’avançant peu à peu et s’arrêtant souvent pour écouter s’il n’entendrait point de bruit.
Enfin, à travers l’horreur de ces épaisses ténèbres, il aperçut de la lumière assez loin de là. Alors, redoublant ses pas et marchant sur des cailloux, il fit du bruit.
Paul l’ayant entendu, il tira sur lui sa porte qui était ouverte, et la ferma au verrou.

Visite de Saint Antoine à Saint Paul - David II Teniers

Visite de Saint Antoine à Saint Paul, par David II Teniers dit le jeune (1610-1690)

Antoine, se jetant contre terre sur le seuil de la porte, y demeura jusqu’à l’heure de sexte et davantage, le conjurant toujours de lui ouvrir et lui disant : « Vous savez qui je suis, d’où je viens, et le sujet qui m’amène. J’avoue que je ne suis pas digne de vous voir, mais je ne partirai néanmoins jamais d’ici jusqu’à ce que j’aie reçu ce bonheur. Est-il possible que, ne refusant pas aux bêtes l’entrée de votre caverne, vous la refusiez aux hommes ? Je vous ai cherché, je vous ai trouvé, et je frappe à votre porte afin qu’elle me soit ouverte : que si je ne puis obtenir cette grâce, je suis résolu de mourir en la demandant ; et j’espère qu’au moins vous aurez assez de charité pour m’ensevelir ».
« Personne ne supplie en menaçant et ne mêle des injures avec des larmes », lui répondit Paul. « Vous étonnez-vous donc si je ne veux pas vous recevoir, puisque vous dites n’être venu ici que pour mourir ?»

Ainsi Paul en souriant lui ouvrit la porte.
Alors, s’étant embrassés à diverses fois, ils se saluèrent et se nommèrent tous deux par leurs propres noms. Ils rendirent ensemble grâces à Dieu, et après s’être donné le saint baiser, Paul s’étant assis auprès d’Antoine, li lui parla en cette sorte : 
« Voici celui que vous avez cherché avec tant de peine, et dont le corps flétri de vieillesse est couvert par des cheveux blancs tout pleins de crasse ; voici cet homme qui est sur le point d’être réduit en poussière ; mais, puisque la charité ne trouve rien de difficile, dites-moi, je vous supplie, comment va le monde : fait-on de nouveaux bâtiments dans les anciennes villes ? Qui est celui qui règne aujourd’hui ? et se trouve-t-il encore des hommes si aveuglés d’erreur que d’adorer les démons ? »

Panneau central de retable - Saint-Antoine l'abbaye

Le corbeau apportant un pain entier à Saint Paul et Saint Antoine
(panneau central d’un retable du XVIIe siècle – église abbatiale, à Saint-Antoine l’abbaye – voir > ici)

Comme ils s’entretenaient de la sorte ils virent un corbeau qui, après s’être reposé sur une branche d’arbre, vint de là, en volant tout doucement, apporter à terre devant eux un pain tout entier. Aussitôt qu’il fut parti Paul commença à dire : « Voyez, je vous supplie, comme Dieu, véritablement tout bon et tout miséricordieux, nous a envoyé à dîner. Il y a déjà soixante ans que je reçois chaque jour de cette sorte une moitié de pain ; mais depuis que vous êtes arrivé, Jésus-Christ a doublé ma portion, pour faire voir par là le soin qu’Il daigne prendre de ceux qui, en qualité de Ses soldats, combattent pour Son service ».

Ensuite, ayant tous deux rendu grâces à Dieu, ils s’assirent sur le bord d’une fontaine aussi claire que du cristal, et voulant se déférer l’un à l’autre l’honneur de rompre le pain, cette dispute dura quasi jusqu’à vêpres : Paul insistant sur ce que l’hospitalité et la coutume l’obligeaient à cette civilité, et Antoine la refusant à cause de l’avantage que l’âge de Paul lui donnait sur lui. Enfin ils résolurent que chacun de son côté, prenant le pain et le tirant à soi, en retiendrait la portion qui lui demeurerait entre les mains. Après, en se baissant sur la fontaine et mettant leur bouche sur l’eau, ils en burent chacun un peu, et puis, offrant à Dieu un sacrifice de louanges, ils passèrent toute la nuit en prières.

Visite de Saint Antoine à Saint Paul - Diego Velasquez

Visite de Saint Antoine à Saint Paul, par Diego Velasquez (1599-1660)

Le jour étant venu, Paul parla ainsi à Antoine : « Il y a longtemps, mon frère, que je savais votre séjour en ce désert ; il y a longtemps que Dieu m’avait promis que vous emploieriez comme moi votre vie à Son service ; mais parce que l’heure de mon heureux sommeil est arrivé, et qu’ayant toujours désiré avec ardeur d’être délivré de ce corps mortel pour m’unir à Jésus-Christ, il ne me reste plus, après avoir achevé ma course, que de recevoir la couronne de justice, Notre-Seigneur vous a envoyé pour couvrir de terre ce pauvre corps, ou, pour mieux dire, pour rendre la terre à la terre ».
A ces paroles Antoine, fondant en pleurs et jetant mille soupirs, le conjurait de ne le point abandonner et de demander à Dieu qu’il lui tint compagnie en ce voyage ; à quoi il lui répondit : «Vous ne devez pas désirer ce qui vous est plus avantageux, mais ce qui est plus utile à votre prochain : il n’y a point de doute que ce ne vous fût un extrême bonheur d’être déchargé du fardeau ennuyeux de cette chair pour suivre l’agneau sans tache, mais il importe au bien de vos frères d’être encore instruits par votre exemple. Ainsi, si ce ne vous est point trop d’incommodité, je vous supplie d’aller quérir le manteau que l’évêque Athanase vous donna, et de me l’apporter pour m’ensevelir ».
Or si le bienheureux Paul lui faisait cette prière, ce n’est pas qu’il se souciât beaucoup que son corps fût plutôt enseveli que de demeurer nu, puisqu’il devait être réduit en pourriture, lui qui depuis tant d’années n’était revêtu que de feuilles de palmier entrelacées, mais afin que, Antoine étant éloigné de lui, il ressentit avec moins de violence l’extrême douleur qu’il recevrait de sa mort.

Antoine fut rempli d’un merveilleux étonnement de ce qu’il lui venait de dire de saint Athanase et du manteau qu’il lui avait donné ; et, comme s’il eût vu Jésus-Christ dans Paul et adorant Dieu résidant dans son cœur, il n’osa plus lui rien répliquer ; mais, pleurant sans dire une seule parole, après lui avoir baisé les yeux et les mains il partit pour s’en retourner à son monastère, qui fut depuis occupé par les Arabes ; et, bien que son esprit fit faire à son corps affaibli de jeûnes et cassé de vieillesse une diligence beaucoup plus grande que son âge ne le pouvait permettre, il s’accusait néanmoins de marcher trop lentement. Enfin après avoir achevé ce long chemin, il arriva tout fatigué et tout hors d’haleine à son monastère.

Deux de ses disciples qui le servaient depuis plusieurs années ayant couru au-devant de lui et lui disant : « Mon père, où avez-vous demeuré si longtemps ?» Il leur répondit : « Malheur à moi, misérable pécheur, qui porte si indignement le nom de solitaire ! J’ai vu Elie, j’ai vu Jean dans le désert, et, pour parler selon la vérité, j’ai vu Paul dans un paradis ».
Sans en dire davantage et en se frappant la poitrine il tira le manteau de sa cellule ; et ses disciples le suppliant de les informer plus particulièrement de ce que c’était, il leur répondit : « Il y a temps de parler et temps de se taire ».
Sortant ainsi de la maison sans prendre aucune nourriture, il s’en retourna par le même chemin qu’il était venu, ayant le cœur tout rempli de Paul, brûlant d’ardeur de le voir et l’ayant toujours devant les yeux et dans l’esprit, parce qu’il craignait, ainsi qu’il arriva, qu’il ne rendit son âme à Dieu durant son absence.

Saint Paul ermite - Mattia Preti

Saint Paul ermite, par Mattia Preti (1613-1699)

Le lendemain au point du jour, lorsqu’il y avait déjà trois heures qu’il était en chemin, il vit au milieu des troupes des anges et entre les chœurs des prophètes et des apôtres Paul, tout éclatant d’une blancheur pure et lumineuse, monter dans le ciel.
Soudain, se jetant le visage contre terre, il se couvrit la tête de sable et s’écria en pleurant : « Paul, pourquoi m’abandonnez-vous ainsi ? pourquoi partez-vous sans me donner le loisir de vous dire adieu ? Vous ayant connu si tard, faut-il que vous me quittiez si tôt ? »

Le bienheureux Antoine contait, depuis, qu’il acheva avec tant de vitesse ce qui lui restait de chemin qu’il semblait qu’il eût des ailes, et non sans sujet puisque, étant entré dans la caverne, il y vit le corps mort du saint qui avait les genoux en terre, la tête levée et les mains étendues vers le ciel.
Il crut d’abord qu’il était vivant et qu’il priait, et se mit de son côté en prières ; mais, ne l’entendant point soupirer ainsi qu’il avait coutume de le faire en priant, il s’alla jeter à son cou pour lui donner un triste baiser, et reconnut que, par une posture si dévote, le corps de ce saint homme, tout mort qu’il était, priait encore Dieu auquel toutes choses sont vivantes.

Ayant roulé et tiré ce corps dehors, et chanté des hymnes et des psaumes selon la tradition de l’Eglise catholique, il était fort fâché de n’avoir rien pour fouiller la terre, et pensant et repensant à cela avec inquiétude d’esprit, il disait : « Si je retourne au monastère il me faut trois jours pour revenir, et si je demeure ici, je n’avancerai rien : il vaut donc beaucoup mieux que je meure et que, suivant votre vaillant soldat, ô Jésus-Christ, mon cher maître, je rende auprès de lui les derniers soupirs ».
Comme il parlait ainsi en lui-même, voici deux lions qui, sortant en courant du fond du désert, faisaient flotter leurs longs crins dessus le cou. Ils lui donnèrent d’abord de la frayeur, mais, élevant son esprit à Dieu, il demeura aussi tranquille que s’ils eussent été des colombes.
Ils vinrent droit au corps du bienheureux vieillard et, s’arrêtant là et le flattant avec leurs queues, ils se couchèrent à ses pieds, puis jetèrent de grands rugissements pour lui témoigner qu’ils le pleuraient en la manière qu’ils le pouvaient. Ils commencèrent ensuite à gratter la terre avec leurs ongles, en un lieu assez proche de là, et, jetant, à l’envi le sable de côté et d’autre, firent une fosse capable de recevoir le corps d’un homme.
Aussitôt après, comme s’ils eussent demandé récompense de leur travail, ils vinrent, en remuant les oreilles et la tête basse, vers Antoine, et lui léchaient les pieds et les mains. Il reconnut qu’ils lui demandaient sa bénédiction, et soudain, rendant des louanges infinies à Jésus-Christ de ce que même les animaux irraisonnables avaient quelque sentiment de la divinité, il dit : « Seigneur, sans la volonté duquel il ne tombe pas même une seule feuille des arbres ni le moindre oiseau ne perd la vie, donnez à ces lions ce que vous savez leur être nécessaire ». Après, leur faisant signe de la main, il leur commanda de s’en aller.

Velasquez - Détail - funérailles de Saint Paul

Vélasquez : Saint Antoine prépare la sépulture de Saint Paul tandis que deux lions creusent la tombe
(détail de l’arrière-plan de la visite de Saint Antoine à Saint Paul)

Lorsqu’ils furent partis il courba ses épaules affaiblies par la vieillesse sous le fardeau de ce saint corps, et, l’ayant porté dans la fosse, jeta du sable dessus pour l’enterrer selon la coutume de l’Eglise.
Le jour suivant étant venu, ce pieux héritier, ne voulant, rien perdre de la succession de celui qui était mort sans faire de testament, prit pour soi la tunique qu’il avait tissue de ses propres mains avec des feuilles de palmier, en la même sorte qu’on fait des paniers d’osier, et retournant ainsi à son monastère, il conta particulièrement à ses disciples tout ce qui lui était arrivé.
Et aux jours solennels de Pâques et de la Pentecôte, il se revêtait toujours de la tunique du bienheureux Paul (…)».

 Saint Jérôme, in « Vie de Saint Paul ermite »

Saint Paul ermite - José de Ribera 1647

Saint Paul ermite, par José de Ribera (1591-1652)

2020-10. Samedi 18 janvier 2020 : Messe commémorative de la mort du Roi-Martyr.

annonce Messe de Requiem Louis XVI Montélimar 2020

Le Cercle Légitimiste du Dauphiné « Crillon le Brave » et le Cercle Légitimiste du Vivarais « abbé Claude Allier », vous encouragent à venir nombreux, ou à défaut à vous unir par la prière, à cette cérémonie qui constitue toujours un moment important en lequel s’exprime d’une manière suréminente notre devoir de fidélité filiale, en même temps qu’il est une protestation surnaturelle contre l’abomination révolutionnaire.

Chapelle Notre-Dame de la Rose
36 Avenue Saint-Martin
26200 Montélimar

Fleur de Lys

2020-9. Jacques de Bauffremont : « Souvenirs ».

Dimanche 12 janvier 2020 :
Dimanche dans l’octave de l’Epiphanie,
Mais en France (et dans tous les pays où le 6 janvier n’est pas férié), solennité de l’Epiphanie.

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Jacques de Bauffremont - Souvenirs

« Lorsqu’en 1946, l’année de mes vingt-quatre ans, le prince Jacques (cf. note ci-dessous), Chef de la Mais on de Bourbon depuis 1941, me confia la haute mission de faire valoir ses droits auprès des cours royales européennes, je n’imaginais pas m’engager dans une aventure qui durerait ma vie entière.
J’avais passé la plupart des années de conflit à Paris, puis au château de Sully, chez ma belle-mère, pour échapper au STO. En 1946, j’étais marié et j’occupais un poste d’archiviste, que j’espérais provisoire, au Ministère de la Marine. Un jour du mois d’avril, je reçus un appel d’un certain Monsieur Clauzel, que je crus être un ambassadeur autrefois ami de mon père. Il souhaitait me remettre en mains propres une lettre de la part de l’un de mes cousins.
Dominique Clauzel n’avait en réalité aucun rapport avec l’ambassadeur, mais ce qu’il m’apportait valait toutes les valises diplomatiques.

Le 10 avril 1946, dans les salons du Grand Hôtel, à Paris, Monsieur Clauzel me tendit une grande lettre cachetée aux armes de France, adressée à « Monsieur le Prince Duc de Bauffremont ». La lettre était manuscrite,

Rome le 28 mars 1946

Mon Cousin,
Je vous informe que je prends pour moi seul et ma descendance, les armes pleines de France et les titres français de la branche aînée de la Maison de Bourbon auxquels j’ai droit en tant que Chef de la Maison de France.
Pour moi-même je prends à ce jour, le titre de Duc d’Anjou et je vous charge d’en informer.
Votre affectionné cousin,

Jaime.

datée de Rome quelques jours plus tôt.

Jaime… Jacques, en français. Il s’agissait de mon cousin le prince Jacques-Henri de Bourbon, jusqu’alors Duc de Ségovie, Don Jaime en espagnol, fils aîné du roi d’Espagne Alphonse XIII en exil. Il m’annonçait par cette lettre qu’il revendiquait le trône de France en tant qu’aîné des Bourbons.

[...]  Je compris que j’étais son plus proche parent membre de la Pairie vivant en France, et que plus que moi, c’était ma Maison qui avait été choisie pour mener à bien la mission qu’il me confiait… »

Note :
Jacques de Bourbon (1908-1975), duc de Ségovie et duc d’Anjou, fils aîné d’Alphonse XIII, connu aussi sous le prénom espagnol de Jaime. A partir de 1956 il fut connu aussi comme Jacques-Henri.

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Ainsi commence le premier chapitre du livre des « Souvenirs » de Monsieur le Duc de Bauffremont qui a été rappelé à Dieu ce jeudi matin 9 janvier 2020 (cf. > ici).

Ce petit ouvrage (225 pages) publié à la fin de septembre 2012 est un témoignage précieux sur certains des aspects de la renaissance du mouvement légitimiste après la seconde guerre mondiale.
Monsieur le Duc, en vingt-quatre chapitres, nous livre un éclairage dont l’importance est indubitable, tout au long des événements les plus importants qui ont jalonné un demi-siècle au service de nos Souverains légitimes Henri VI, Alphonse II et Louis XX : quelques uns des acteurs français du renouveau légitimiste mobilisés par « Don Jaime », le « Mémorial de France à Saint-Denis », nombre de détails sur notre regretté Prince Alphonse et son charisme personnel exceptionnel, la célébration du Millénaire Capétien, les basses manigances et intrigues des princes de la branche cadette, la mort tragique du Prince Alphonse, le bicentenaire de l’assassinat de Louis XVI, l’authentification du cœur de Louis XVII… etc.

Au Mesnil-Marie, nous gardons avec reconnaissance l’exemplaire dédicacé que nous avait fait parvenir Monsieur le Duc lors de la parution de l’ouvrage, et nous encourageons ceux qui s’intéressent à l’histoire de la Légitimité et qui ne l’auraient pas déjà fait à se plonger dans ce livre.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Jacques Duc de Bauffremont

Jacques de Bauffremont Courtenay (1922-2020)

L’ouvrage est disponible à l’Institut de la Maison de Bourbon,
81, avenue de la Bourdonnais
75007 Paris
Tél. : 01 45 50 20 70.
Tarif : 20 € + frais de port en cas d’expédition.

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Publié dans : Chronique de Lully | le 12 janvier, 2020 |Pas de Commentaires »

2020-8. Rappel à Dieu de Monsieur le Duc de Bauffremont.

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Ce jeudi 9 janvier 2020 au matin, à Versailles, Monsieur le Duc Jacques de Bauffremont Courtenay (note en bas de page), président émérite de l’Institut de la Maison de Bourbon, a été rappelé à Dieu dans sa 98ème année.

Né le 6 février 1922, Monsieur le Duc avait été contacté en 1946 par « Don Jaime », de jure Sa Majesté le Roi Henri VI de France, grand-père de notre Souverain légitime actuel, afin de relancer en France le mouvement légitimiste : c’est donc une figure historique de la Légitimité qui disparaît avec lui.
Président de l’Institut de la Maison de Bourbon de 1976 à 2009, il fut également Président du Mémorial de France à Saint-Denys, où il a procédé au dépôt du coeur de Louis XVII dans la crypte des Bourbons en 2004. Il a également été promoteur de la cause de béatification de Sa Majesté le Roi Louis XVI.

Les funérailles de Monsieur le Duc seront célébrées en l’église Saint-Roch, à Paris, ce vendredi 17 janvier à 10 h.

Miséricordieux Jésus, donnez-lui le repos éternel !

Duc de Bauffremont avec la duchesse de Ségovie et Louis XX

Monsieur le Duc de Bauffremont aux côtés de Sa Majesté le Roi Louis XX
et de feue Madame la Duchesse de Ségovie à l’occasion d’une cérémonie commémorative

A l’annonce de la mort de Monsieur le Duc, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié le message suivant : 

Avec beaucoup d’émotion et une grande tristesse j’ai appris ce matin la mort de mon cousin, Monsieur le duc de Bauffremont.

Appelé à son service par mon grand-père puis mon père, il a toujours assuré notre famille de son plus profond et fidèle dévouement. Nous le garderons dans notre souvenir.

La Princesse et moi-même nous assurons ses enfants de notre communion de prières en leur apportant le soutien de nos sentiments les plus affectueux.

Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou

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Note : La titulature complète de Monsieur le Duc était la suivante :
Jacques Yblet Napoléon Marie Laurent Alexandre de Bauffremont Courtenay, huitième duc de Bauffremont, dixième prince de Marnay, prince du Saint Empire romain germanique, prince de Listenois, prince de Courtenay, prince de Carency, duc et comte de Pont-de-Vaux, duc de Randan, duc d’Atrisco, marquis d’Arc-en-Barrois, marquis de Meximeux, marquis de Marnay, marquis de Sennecey, marquis de Mirebeau, marquis de Leganes, marquis de Morata de la Vega, comte de l’Empire, comte de Charny, comte de Cruzille, vicomte de Marigny, vicomte de Salins, baron et seigneur de Bauffremont, baron de Sombernon, baron de Scey-sur-Saône, seigneur de Jonvelle, seigneur de Clairvaux, seigneur de Valangin, seigneur de Bulgnéville, seigneur de Ruppes, seigneur de Montfort, pair de France, cousin de l’Empereur, cousin du Roi, deux fois grand d’Espagne de première classe, grand chambellan héréditaire de l’archevêque de Besançon.

2020-7. La chapelle Sainte-Philomène de la Vénérable Pauline-Marie Jaricot.

Vendredi 10 janvier 2020 ;
Cinquième jour dans l’octave de l’Epiphanie de NSJC ;
Anniversaire de la naissance de Sainte Philomène.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

L’évocation de l’anniversaire de la mort de la Vénérable Pauline-Marie Jaricot, le 9 janvier 1862, et la « visite » de sa chambre mortuaire, à laquelle je vous ai conviés hier (cf. > ici), m’amène tout naturellement à vous « emmener » aujourd’hui en pèlerinage dans la chapelle Sainte-Philomène que Pauline Jaricot fit édifier à côté de la « Maison de Lorette » évoquée hier.
Tout naturellement, disais-je : en effet, selon les révélations particulières (publiées en leur temps avec l’imprimatur du Saint-Office) accordées à la Sœur Marie-Louise de Jésus, religieuse napolitaine, le 10 janvier serait le jour anniversaire de la naissance de Sainte Philomène.

Vous avez déjà pu lire (par exemple > ici et > ici) de quelle façon Sainte Philomène est devenue la grande amie spirituelle de la Vénérable Pauline, et comment la vierge martyre s’est servie d’elle – par l’éclatante guérison qu’elle lui a accordée en août 1835 – pour faire autoriser son culte dans toute l’Eglise universelle par Sa Sainteté le pape Grégoire XVI (13 février 1837).

Chapelle et châsse de Sainte Philomène dans l'église d'Ars

L’autel et la châsse de Sainte Philomène dans l’église d’Ars
avant que n’en fût retiré le gisant de la sainte offert au Saint Curé par la Vénérable Pauline-Marie Jaricot :
c’est la première chapelle dédiée à Sainte Philomène sur le sol de France

Aussitôt après cette « canonisation équipolente », le Saint Curé d’Ars, dédia l’une des chapelles latérales de sa petite église à Sainte Philomène : ce fut, je crois, la première chapelle en l’honneur de la jeune vierge martyre sur le sol de France ; mais il ne s’agissait alors que d’un autel secondaire dans la chapelle latérale de son église paroissiale dédiée à Saint Sixte (photo ci-dessus).
A partir de 1862, Monsieur Vianney fera édifier un prolongement à cette église d’Ars par l’architecte Pierre Bossan, et voudra que cette partie – que l’on appelle la basilique et dans laquelle se trouve maintenant exposé son corps incorrompu – fût consacrée à Sainte Philomène.

De son côté, Pauline Jaricot, fit édifier, à côté de sa « Maison de Lorette« , sise dans la montée Saint-Barthélémy à Lyon, une chapelle nouvelle dédiée à Sainte Philomène. Elle s’adressa pour cela à l’architecte lyonnais Antoine-Marie Chenavard (1787-1883), qui jouissait d’une certaine réputation, était sollicité pour la construction ou la restauration de plusieurs édifices religieux, et venait d’achever l’opéra de Lyon (1826-1832).

Cette chapelle Sainte-Philomène de la montée Saint-Barthélémy est, à ma connaissance, la première chapelle construite spécifiquement pour être placée sous le vocable de la jeune martyre.
La chapelle fut achevée au dernier trimestre de l’année 1939. Son Excellence Révérendissime Monseigneur Jean-Paul Gaston de Pins (1766-1850), archevêque in partibus d’Amasie, administrateur de l’archidiocèse de Lyon (1823-1850), fit procéder à la visite canonique de la chapelle et, la trouvant tout-à-fait convenable, autorisa le 3 novembre 1839 qu’elle fût placée sous le vocable de Sainte Philomène et que l’on procédât à sa bénédiction.

Cette chapelle a été restaurée et ré-ouverte aux fidèles le 8 décembre 1998.

Maison Lorette et chapelle Sainte-Philomène- Lyon

Lyon, montée Saint-Barthélémy : la Maison de Lorette et la chapelle Sainte-Philomène
(dont l’entrée est indiquée par la flèche rouge sur le cliché ci-dessus
et se voit plus en détail sur celui ci-dessous) :
la Vénérable Pauline-Marie Jaricot fit édifier cette chapelle en 1839.

Entrée chapelle Sainte-Philomène

Plaque sur le mur de la chapelle Sainte-Philomène

Lorsque l’on gravit le perron qui se trouve dans la montée Saint-Barthélémy, on se trouve alors sous la voûte d’une espèce de passage couvert : à main gauche se trouve l’un des accès secondaires à la « Maison de Lorette », tandis que sur la droite se trouve la porte d’entrée de la chapelle Sainte-Philomène :

Porte de la chapelle en haut du perron

Cette chapelle de style néo-roman n’est pas très grande, plutôt étroite, et relativement sobre.
La voici, telle que j’ai pu la photographier le dimanche 23 juin 2019.

Intérieur de la chapelle Sainte Philomène

Mais cette sobriété est le fait des dépouillements iconoclastes consécutifs au concile vaticandeux.
J’ai pu retrouver une carte postale de la première moitié du XXe siècle montrant le sanctuaire, où l’on devine – bien plus qu’on ne la voit – en retrait au-dessus de l’autel, la châsse contenant un gisant de Sainte Philomène, jumeau de celui qui se trouvait dans l’église d’Ars et de celui que nous avons la grâce et le bonheur de conserver au Mesnil-Marie.

On remarque aussi que les murs étaient couverts d’ex-voto en remerciement des grâces obtenues de Sainte Philomène dans cette chapelle. 

Chapelle Ste Philomène état antérieur

Aujourd’hui, le gisant de Sainte Philomène (qualifié de « poupée » par une notice !!!), gisant dans lequel était placée une relique, a tout simplement disparu.

J’ai demandé moi-même où il se trouve, et d’autres personnes animées d’une grande dévotion envers Sainte Philomène l’ont également fait à plusieurs reprises. La seule réponse que nous avons obtenue est : « Nous ne savons pas ce qu’il est devenu » !

Chapelle Sainte-Philomène - le sanctuaire

La niche dans laquelle il était encastré en retrait du tabernacle est fermée et un tableau – au demeurant plutôt de belle facture – a été suspendue à la place, pour satisfaire aux nombreuses demandes des fidèles qui, malgré les efforts entrepris depuis soixante ans pour éradiquer le culte de Sainte Philomène, revenaient la prier dans cette chapelle qui lui est dédiée.

Hélas ! Je crains fort que le gisant n’ait été détruit dans la folie des « années soixante » du précédent siècle…

Le tableau de l'autel

La travée qui précède le sanctuaire est surmontée d’une coupole dodécagonale.

coupole de la chapelle

Dans la première travée de la nef, du côté de l’Evangile, se trouve une chapelle latérale :

chapelle latérale

Une châsse et trois reliquaires de type monstrance y étaient exposés ce dimanche 23 juin 2019 : les monstrances contiennent de petites reliques de plusieurs saints, mais en particulier de Saint Jean-Marie Vianney ; dans la châsse, don des Missions Etrangères de Paris, se trouvent le chef et plusieurs os importants de Saint Pierre Tuy (1773-1833), prêtre tonkinois martyr.

Ex voto et reliquaires de la chapelle latérale

Des nombreux ex-voto qui tapissaient jadis les murs de la chapelle seuls trois ont échappé à la fureur iconoclaste et sont exposés dans cette chapelle latérale.

Le premier, à droite, est une action de grâce pour la guérison miraculeuse de Pauline Jaricot elle-même, en août 1835 à Mugnano del Cardinale : il représente donc Pauline en prière devant la châsse de Sainte Philomène, et la sainte semble apparaître pour signifier que la grâce demandée est accordée. 

ex-voto de la guérison de Pauline

Le deuxième, placé au centre, rappelle la grande et constante dévotion du Saint Curé d’Ars à Sainte Philomène : sur ce tableau, le geste de l’abbé Vianney semble inviter les fidèles à recourir avec confiance à sa « chère petite sainte », ainsi qu’il l’appelait.
Vous savez probablement que, en 1843, Saint Jean-Marie Vianney, malade au point qu’on le pensait à l’article de la mort et qu’on lui avait donné les derniers sacrements, fut miraculeusement guéri par une apparition de Sainte Philomène

Saint Jean-Marie Vianney et Sainte Philomène

Le troisième a été offert en action de grâces pour la guérison miraculeuse d’un jeune homme – qui n’est désigné que par ses initiales – : « blessé mortellement le 10 novembre 1849, guéri miraculeusement par la protection de la Sainte Vierge à l’intercession de Sainte Philomène invoquée par sa mère ».

ex-voto d'une guérison miraculeuse

Enfin, avant de quitter cette chapelle, arrêtons-nous devant le portrait de la Vénérable Pauline-Marie Jaricot qui y est exposé, et demandons à Dieu Notre-Seigneur de la voir bientôt élevée sur les autels.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Portrait de Pauline jeune fille

Publié dans : Memento, Nos amis les Saints | le 10 janvier, 2020 |2 Commentaires »

2020-6. Pèlerinage dans la chambre mortuaire de la Vénérable Pauline-Marie Jaricot.

Jeudi soir 9 janvier 2020 ;
Quatrième jour dans l’octave de l’Epiphanie de NSJC ;
« Dies natalis » de la Vénérable Pauline-Marie Jaricot.

Lyon - Colline de Fourvière et Maison de Lorette

Lyon : au premier plan, la place Bellecour avec la statue de Louis XIV
au deuxième plan les tours de la Primatiale Saint-Jean.
au troisième plan la colline de Fourvière, couronnée par la basilique de Notre-Dame
et à mi-côteau la Maison de Lorette (signalée par une flèche rouge)

frise

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Au Mesnil-Marie, tous les 9 janvier, nous commémorons la pieuse mémoire de la Vénérable Pauline-Marie Jaricot, rappelée à Dieu le 9 janvier 1862 dans sa soixante-troisième année.

Née à Lyon le 22 juillet 1799, dans une famille de soyeux fervents catholiques, Pauline est la dernière enfant d’une fratrie de sept.
Jeune fille, à la suite d’une chute, elle contracte une maladie qui fait craindre pour sa vie : sa mère fait un vœu à la Très Sainte Vierge et offre sa propre vie pour sauver celle de sa fille. Vœu exaucé car Madame Jaricot trépasse alors que Pauline retrouve une pleine santé ! Cette perte douloureuse amène Pauline à rentrer en elle-même : elle abandonne toilettes et parures, fait vœu de virginité (tout en comprenant très bien qu’elle n’a pas la vocation religieuse) et s’engage dans une vie de ferveur et de charité.
Une illumination intérieure reçue le dimanche des Rameaux de l’année 1817, la pousse à fonder une association informelle de pieuses laïques : les « Réparatrices du Cœur de Jésus méconnu et méprisé ». Elle a à peine dix-huit ans !
Apprenant les difficultés financières des Missions Etrangères de Paris, Pauline et ses « Réparatrices » vont structurer un mouvement de collecte de fonds pour le soutien des missions catholiques : c’est ainsi que va prendre naissance l’Oeuvre de la Propagation de la Foi (1822). Quatre ans plus tard, Pauline fondera le Rosaire vivant (1826), puis d’autres œuvres alliant piété et protection sociale.

Maison de Lorette - Lyon

La maison de « Lorette », dans la montée Saint-Barthélémy, au flanc de la colline de Fourvière, à Lyon.

En 1832, Pauline achète une grande maison ancienne située dans la montée Saint-Barthélémy pour en faire le siège des œuvres qu’elle a fondées : elle donne à cette maison, en contrebas de la chapelle de la Vierge Noire de Fourvière (la basilique n’est pas encore édifiée) le nom de « Lorette », la plaçant ainsi sous le vocable de la sainte maison de Nazareth miraculeusement transportée par les anges dans la marche d’Ancône en décembre 1294 (cf. > ici).

Mais à partir de 1834, Pauline est atteinte par une grave maladie du cœur.
Alitée, parmi les livres de piété qu’on lui apporte, elle en découvre un, traduit de l’italien, qui raconte la vie et les miracles de Sainte Philomène, dont les reliques, découvertes en 1802 dans les catacombes de Priscille, ont été déposées en 1805 dans l’église de Mugnano del Cardinale, au Royaume de Naples.

Au travers de cette lecture, une grande amitié spirituelle naît et Pauline, malgré l’opposition de la faculté, part en pèlerinage auprès des reliques de Sainte Philomène.
A Rome, Pauline est si mal qu’on craint qu’elle ne meure très rapidement. Au pape Grégoire XVI, venu lui apporter ce qu’on pense être une dernière bénédiction, elle assure qu’elle pourra continuer son pèlerinage et elle demande, au cas où elle reviendrait guérie, que le Saint-Siège autorise le culte de Sainte Philomène pour toute l’Eglise. Le Pontife répond que oui, persuadé qu’il est en présence d’une mourante à laquelle il ne faut pas refuser cette consolation, ainsi qu’il le déclare en italien à des religieuses présentes.
Au terme d’un voyage épuisant, Pauline guérit en effet près des reliques de 
Sainte Philomène et, de retour à Rome, elle se présente à Grégoire XVI, lui rappelant sa promesse !
Elle est examinée par les médecins, qui constatent que la guérison est entière et définitive ; le Souverain Pontife fait alors examiner les récits des nombreuses grâces obtenues à Mugnano del Cardinale et, après toutes les enquêtes et vérifications d’usage, en 1837, le culte de Sainte Philomène est autorisé dans toute l’Eglise.

Autel des reliques de Sainte Philomène à Mugnano del Cardinale

L’autel ou sont vénérées les reliques de Sainte Philomène
dans l’église de Mugnano del Cardinale

Ainsi que cela a déjà été raconté dans les pages de ce blogue (cf. > ici), c’est Pauline qui fit connaître Sainte Philomène à Monsieur Vianney, curé d’Ars, ainsi qu’à un saint prêtre du diocèse de Viviers avec lequel elle était dans une grande amitié spirituelle.
Lorsque Grégoire XVI, en 1837, approuva son culte pour toute l’Eglise, Pauline offrit à chacun de ses deux amis prêtres, devenus comme elle de grands zélateurs du culte de la jeune martyre, un gisant représentant Sainte Philomène… Et vous savez que nous possédons désormais, dans l’oratoire du Mesnil-Marie, le gisant offert par Pauline au saint prêtre vivarois.

Accablée d’épreuves, gages de la prédilection divine, Pauline-Marie Jaricot rendit sa belle âme à Dieu le 9 janvier 1862 dans sa chambre de la maison de « Lorette ».

chambre mortuaire de Pauline Jaricot 1

Chambre mortuaire de la Vénérable Pauline-Marie Jaricot

chambre mortuaire de Pauline Jaricot 2

Pour la première fois de ma vie (alors que lorsque j’étais étudiant à Lyon j’étais passé très souvent devant elle sans savoir ce qu’était cette maison), le dimanche 23 juin 2019, j’ai eu la grande grâce de pouvoir visiter cette maison de « Lorette » (restaurée et réaménagée il y a quelques années) et de m’aller recueillir dans la chambre mortuaire de la Vénérable Pauline-Marie Jaricot.

Crucifix, livres & portraits des parents de Pauline

Chambre mortuaire de la Vénérable Pauline-Marie Jaricot :
Crucifix et livres de piété, portraits de ses parents

En ce 9 janvier, jour anniversaire de sa mort – ou plus exactement de sa naissance à la vie éternelle -, je ne peux faire mieux que de vous offrir à vous aussi, chers Amis, quelques souvenirs de cette visite qui m’a profondément touché.

Chapelet et couteau de poche de Pauline Jaricot

Restes d’un chapelet utilisé par Pauline Jaricot
& Canif de Pauline

Ecritoire de Pauline Jaricot

Cet écritoire a été utilisé par la Vénérable Pauline-Marie depuis sa jeunesse jusque sur son lit de mort.
Elle-même y a gravé les lettres AMDG (Ad Majorem Dei Gloriam : pour la plus grande gloire de Dieu).

Bien sûr, j’ai été enchanté par la plaque de la cheminée !!!

Cheminée

Plaque de la cheminée

Sur un guéridon à l’entrée de la chambre mortuaire se trouve une corbeille contenant de petits billets pliés. Les pèlerins sont invités à « tirer » un de ces billets sur lesquels ont été imprimés des phrases édifiantes extraites des écrits de la Vénérable Pauline.

Je me suis très volontiers plié à cet exercice après avoir demandé à la Vénérable Pauline-Marie de guider ma main pour « tirer » une sentence qui soit particulièrement adaptée aux besoins de mon âme.
Voici la sentence qui se trouve sur le billet que j’ai reçu…

Sentence de la Vénérable Pauline-Marie

J’ai été frappé par le fait que cette phrase parle de la France – notre France tellement aimée ! – et de la ferme espérance qu’il nous faut avoir de son retour à Dieu avec son renouveau spirituel et politique, grâce à l’intercession de Notre-Dame auprès du divin Cœur de Jésus : quand on s’appelle Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur et que l’on est Prieur d’une confrérie vouée à la prière pour la France et le Roi, c’est, on peut bien le dire, un « sacré clin-Dieu » !

Je confesse que cela m’a tellement impressionné que le saint Thomas qui sommeille en moi s’en est ému et m’a soufflé à l’oreille : « Peut-être que, en réalité, tous les billets portent cette même sentence… »

J’ai voulu en avoir le cœur net et j’ai vérifié : j’ai donc ouvert tous les billets que contenait la corbeille…
Eh bien, non ! Il n’y en avait qu’un seul et unique qui portât cette citation de la Vénérable Pauline-Marie, celui que j’avais tiré au premier coup ; et de toutes les citations qui étaient inscrites sur les billets de cette corbeille, c’était la seule à évoquer la France et le divin Cœur de Jésus !!!

Je vous avoue en avoir alors versé des larmes d’émotion et de reconnaissance.

Pauline-Marie Jaricot

Merci, chère, très chère Pauline-Marie Jaricot !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

A suivre :
Pèlerinage dans la chapelle Sainte-Philomène édifiée à côté de la Maison Lorette par la Vénérable Pauline-Marie Jaricot > ici.

Plaque de la cheminée - détail

2020-5. Réédition de deux livrets de Frère Maximilien-Marie.

Mardi 7 janvier 2020,
2ème jour dans l’octave de l’Epiphanie.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

A plusieurs reprises, ces derniers temps, nous avons reçu des messages nous demandant si les bandes dessinées (cf. > ici) de Frère Maximilien-Marie étaient disponibles en version imprimée.
Nous avons le plaisir de vous annoncer que c’est désormais le cas… du moins pour quelques unes.

A la vérité, en avril 2004, une association amie, nommée Théotime - qui n’existe plus aujourd’hui -, avait édité sous forme d’un livret de 36 pages, au format A5, un recueil proposant 15 de ces bandes dessinées sous le titre « Invités à la joie de Dieu » (certaines de ces BD ont été publiées dans ce blogue, mais pas toutes).

Invités à la joie de Dieu

Puis en février 2005, cette même association avait édité un livret de 28 pages intitulé « La Nouvelle Arche », qui n’est pas à proprement parler une bande dessinée, car il y a seulement un ou parfois deux dessins par page, toujours dans le même style : il s’agit d’une « méditation dessinée » sur la place et le rôle de la Très Sainte Mère de Dieu dans l’histoire du salut ; quelques prières mariales terminent ce livret.

La Nouvelle Arche

Pratiquement, depuis la cessation d’activité de l’association Théotime, ces deux livrets étaient quasi introuvables. Les nombreuses demandes reçues nous ont finalement décidés à chercher un imprimeur qui acceptât de « démonter » les deux seuls livrets qui nous restaient afin d’en réaliser des scans pour préparer un retirage, à l’identique quant à la pagination et au contenu, mais de meilleure qualité pour ce qui concerne l’impression.

Le mardi 24 décembre dernier au matin, en la Vigile de Noël, nous avons pu aller à l’imprimerie pour y chercher les cartons contenant les rééditions de ces deux livrets.
Ils sont disponibles au tarif de 4 € l’exemplaire au Mesnil-Marie, et peuvent également être commandés pour être reçus par voie postale.

Les personnes qui désirent nous en commander trouveront toutes les informations pour cela sur ce bon de commande téléchargeable, que l’on peut imprimer et compléter pour nous le renvoyer accompagné du règlement correspondant > fichier pdf Bon de commande 

Felix le Chat enthousiaste

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