Prologue librement inspiré par celui de l’Evangile selon Saint Luc.

Prologue librement inspiré par celui de l'Evangile selon Saint Luc. dans Annonces & Nouvelles dsc08042copiecopie

Le Maître-Chat Lully

« Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements – parfois totalement insignifiants – qui se produisent en ces temps, j’ai décidé moi aussi (puisque je suis chaque jour le témoin scrupuleusement attentif d’une aventure qui est, elle, véritablement hors du commun), de tenir pour vous, amis du Mesnil-Marie, sous la forme d’un récit assorti de commentaires personnels, une espèce de diaire de la fondation du Refuge Notre-Dame de Compassion.

Ainsi pourrez-vous, en suivant les péripéties de notre vie quotidienne, ou en vous associant aux évènements humains et surtout spirituels qui en jalonnent l’existence, garder un lien plus concret avec cette oeuvre que vous soutenez d’une fidèle et pieuse amitié.

Je réclame, bien évidemment, votre indulgence car je ne suis qu’un tout petit chat, mais vous savez aussi que j’occupe au Mesnil-Marie une place privilégiée (voir ici > www)… Puissent néanmoins ces lignes être utiles à tous pour conserver et resserrer le lien de la charité, dans la paix et la joie du coeur! »

patteschats chronique dans Chronique de LullyLully, l’Observateur.

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Chronique de Lully | le 10 septembre, 2007 |Commentaires fermés

2018-10. Il y a 220 ans, le 20 février 1798, le Pape Pie VI était emmené captif par les révolutionnaires français.

1798 – 20 février – 2018

Départ de Pie VI de Rome le 20 février 1798

Départ de Rome de Sa Sainteté Pie VI escorté par les dragons français
survenu dans la nuit du 20 février 1798

Le 20 février 1798, bien avant l’aube, une voiture attelée fut amenée aux portes du palais apostolique du Vatican, un octogénaire malade et affaibli y monta avec beaucoup de peine. Bientôt l’équipage s’enfoncerait dans la nuit, en direction du nord.

Le vieillard perclus qui était emmené ainsi sous bonne escorte était Sa Sainteté le Pape Pie VI, captif des troupes françaises, contraint de quitter Rome, livrée à l’invasion, au pillage, à la révolution et au sacrilège.
Dix-huit mois plus tard (le 29 août 1799), le « ci-devant pape » – ainsi que le désignait la langue officielle – rendrait l’âme à Valence, en Dauphiné, au terme d’un incroyable chemin de croix.

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Né à Césène, en Romagne, le 25 décembre 1717, Jean-Ange Braschi, avait été élu au souverain pontificat le 15 février 1775 et avait choisi de prendre le nom de Pie VI, en hommage à Saint Pie V, pape de de la mise en oeuvre du concile de Trente et de la victoire de Lépante.
Son pontificat de vingt-quatre années et demi reste l’un des plus longs de l’histoire. Il en est aussi l’un des plus mouvementés et des plus dramatiques, puisqu’il vit l’aboutissement des funestes idées du « siècle des lumières » se concrétiser dans l’effroyable tourbillon de violence, de sang versé et d’impiété de la révolution.

Au-delà de tous les bouleversements politiques, le but ultime de la révolution était l’anéantissement du catholicisme.
Louis XVI aurait conservé et sa couronne et sa tête s’il avait souscrit aux mesures anti-catholiques de la révolution, et la monarchie capétienne traditionnelle n’a été combattue et abattue que parce que le Roi Très Chrétien était le rempart de la Sainte Eglise.

Il n’est évidemment pas possible de détailler ici tout ce qu’entreprit la révolution à l’encontre de l’Eglise catholique, et il faut bien garder à l’esprit que, même si pour des raisons tactiques elle a parfois fait semblant de revenir sur ses mesures persécutrices et accordé une certaine forme de liberté de culte (comme par exemple lors du traité de La Jaunaye signé avec Charette et Sapinaud en 1795), la révolution n’en poursuit pas moins l’éradication de la foi chrétienne et tend toujours et par tous les moyens à la destruction de l’Eglise.

Le Directoire (26 octobre 1795 – 9 novembre 1799) – l’histoire officielle a tendance à le faire oublier – , fut une période d’acharnement anti-catholique qui à bien des égards n’a rien à envier à la terreur robespierriste. En France, la traque contre les prêtres réfractaires y connaît un regain d’énergie, leurs emprisonnements et déportations sont remis à l’ordre du jour.
Et hors de France, le général Bonaparte reçoit du gouvernement de la première république la mission de se rendre à Rome pour y éteindre « le flambeau du fanatisme ».

En mai 1796, les troupes françaises envahirent donc la Romagne.
Pie VI, qui se savait dans l’incapacité absolue de soutenir une guerre et qui voulait par-dessus tout éviter des effusions de sang, se vit imposer par Bonaparte l’armistice de Bologne (23 juin 1796) dont les conditions étaient exhorbitantes, mais conservaient – théoriquement – au Souverain Pontife sa souveraineté territoriale et sa liberté spirituelle. Toutefois, le Directoire augmentant sans cesse ses prétentions et le peuple romain se soulevant contre les conditions exigées par les Français, Pie VI, soutenu par le Sacré-Collège unanime, rejeta les conditions de l’armistice de Bologne et tenta de trouver des soutiens du côté de l’empereur François II et du roi Ferdinand de Naples.

Lorsque Bonaparte eut connaissance des négociations entamées entre le Saint-Siège et Vienne, il envahit les Marches, s’empara d’Ancône et de Lorette (dont il pilla le trésor pour l’envoyer à Paris), et imposa aux plénipotentiaires envoyés par Pie VI – auxquels le pape avait donné la consigne de « faire tous les sacrifices, sauf en ce qui concerne la religion » – le traité de Tolentino (19 février 1797) aux termes duquel le Saint-Siège reconnaissait la république française, abandonnait ses droits sur Avignon et le Comtat venaissin, cédait à la France d’importants territoires des Etats pontificaux, s’engageait à lui payer en quatre mois la somme de 32.700.000 francs et à lui livrer des quantités d’objets d’art et de manuscrits.

Le traité de Tolentino marquait, du moins en apparence, la fin du conflit entre la France et le Saint-Siège. Les relations diplomatiques furent rétablies, et la France désigna comme ambassadeur à Rome l’un des frères du général victorieux : Joseph Bonaparte.
Ce dernier arriva dans la Ville Eternelle accompagné du général Léonard Duphot.

Or, comme dans tous les pays qui avaient été plus ou moins subjugués par les victoires françaises, à Rome même l’agitation était à son comble : des partisans des idées révolutionnaires multipliaient les troubles et fomentaient des émeutes. Le 28 décembre 1797, à l’occasion de l’une d’elles, le général Duphot qui tentait d’empêcher une bataille de rues entre les factieux et les troupes pontificales, reçut une balle qui lui fut fatale.
Joseph Bonaparte prétendit alors que l’ambassade de France avait été violée et le Directoire ordonna aux troupes françaises d’envahir l’Etat pontifical.  

Pie VI reçoit l'ordre du Directoire

Le 15 février 1798, le général Cervoni, envoyé par Berthier, présente à Sa Sainteté le Pape Pie VI l’ordre du Directoire
lui signifiant sa destitution et lui enjoignant de quitter Rome où la république a été proclamée

Le 10 février 1798, un corps de 15.000 hommes placé sous le commandement du général Louis-Alexandre Berthier, marcha sur Rome. Pie VI, qui n’était pas en mesure de repousser l’invasion, capitula. De nouvelles conditions accablantes furent imposées au Saint-Siège.
Les troupes françaises entrèrent dans la ville le 11 février.
C’était la première fois depuis le mémorable sac de 1527 perpétré par les troupes de l’empereur Charles Quint (cf. > ici) que la Ville Eternelle se trouvait envahie.
Le 15 février 1798, la république était proclamée à Rome et l’on planta, sur le Capitole, un « arbre de la liberté » surmonté du bonnet rouge. Le pape, dont on célébrait ce jour-là les cérémonies anniversaires de l’élection, déclaré déchu, était « invité » à partir. C’est le général Cervoni, envoyé par Berthier, qui avait été chargé de cette mission.
Le 16 février, les troupes françaises bivouaquèrent sur la place Saint-Pierre et prirent le contrôle de toutes les issues du Vatican. Ils allèrent même jusqu’à hisser le drapeau tricolore sur les palais apostoliques.
Berthier institua un gouvernement provisoire composé de sept consuls à la tête desquels il plaça un prêtre apostat nommé Bassal, ancien curé de Versailles.
Dès lors, les militaires français multiplièrent les vexations à l’encontre du Souverain Pontife dont on commença à préparer le départ en répandant peu à peu le bruit qu’il le ferait de son plein gré et en faisant même courir le bruit que le pape avait résolu d’abandonner l’état ecclésiastique !

Enfin, le mardi 20 février 1798, qui était la veille du mercredi des cendres, à peu près trois heures avant le lever du jour, un détachement militaire français entra dans la cour principale du palais.
L’abbé Baldassari, témoin de ces événements, raconte :
« Deux officiers français chefs de bataillon, réunirent les autres officiers qui étaient de garde au Vatican, et ils allèrent ensemble à l’appartement de Sa Sainteté ; ils témoignèrent un grand désir qu’on hâtât le départ, qui cependant avait été fixé à deux heures avant la pointe du jour. Pie VI aurait pu se rendre à leurs sollicitations ; il était prêt avant qu’on vinsse l’importuner ; mais il était impossible de partir avant que les chevaux de poste fussent arrivés. Cette raison, toute décisive qu’elle était, ne put satisfaire les officiers français ; ils s’emportèrent en blasphèmes, et leur colère ne s’apaisa que lorsqu’on vint les avertir que tout était prêt pour le départ.
Le saint Père, vêtu de la simarre blanche, avait déjà entendu la messe, à genoux, dans sa chapelle particulière, avec cette piété qu’on avait toujours admirée en lui. En sortant de l’oratoire, il prit le manteau rouge et le chapeau papal ; puis tenant d’une main la canne dont il avait coutume de se servir dans ses promenades à la campagne, et appuyé de l’autre sur le bras de son maître de chambre, il s’avança vers sa voiture de voyage. Sa figure respirait un courage tranquille. Ceux de sa maison qui se trouvaient au Vatican l’accompagnèrent silencieux et consternés ; je le suivis aussi (…).
Le saint Père étant monté dans la voiture qui lui était destinée, Mgr Caracciolo et le médecin et camérier secret de’ Rossi, tous deux en habits de prélats, se placèrent en face de Sa Sainteté ; en même temps les autres personnes de la suite montèrent dans les autres voitures, et on n’attendait plus que le moment de se mettre en route, quand les deux chefs de bataillon qui avaient eu constamment l’oeil sur Sa Sainteté, demandèrent la voiture dont ils comptaient se servir eux-mêmes. Comme on ignorait que ces deux Français eussent été choisis pour diriger le voyage, personne ne répondait. Voyant qu’on restait muet et qu’on ne leur amenait pas de voiture, ils se mirent à crier et à tempêter. Le majordome essaya de les calmer et leur dit avec douceur : qu’on avait préparé autant de voitures qu’il en fallait pour la suite du saint Père, et cela au su et avec l’approbation du gouvernement romain, et de l’autorité militaire française ; qu’on avait fait venir de la poste le nombre de chevaux accordé par le gouvernement, et nécessaire pour le voyage ; que pour ce qui les regardait, il semblait assez naturel que d’autres que le Pape et ses serviteurs eussent songé à les pourvoir de voiture. A des paroles si polies et si raisonnables, les deux officiers ne répondirent que par des gestes et des propos furibonds ; ils voulurent qu’on leur donnât sur-le-champ une voiture qui se trouvait dans la remise du palais, et ils firent dételer les chevaux d’une des voitures de la suite de Sa Sainteté pour les appliquer à leur usage. Ce furent de nouveaux frais que le Pape eut à supporter ; et les personnes de sa suite, qui occupaient la voiture dont on prit les chevaux, furent obligées de suspendre leur départ, jusqu’à ce qu’on leur permît d’en avoir d’autres, permission qui se fit attendre pendant plus d’une demi-journée.
Les deux officiers français ayant enfin commandé de partir, il survint un nouvel incident qui causa quelque trouble au saint Père. Les dragons français qui composaient l’escorte, au lieu de se tenir prêts à marcher, curieux, sans doute, de voir le Pape, se groupèrent autour du carrosse de Sa Sainteté. Au même moment on entendit de toutes parts des cris confus. Pie VI témoigna de l’inquiétude, et il tournait ses regards de côté et d’autre, pour voir d’où provenaient ces clameurs. C’étaient les deux commissaires, et ensuite tous les officiers qui éclataient en reproches et en menaces contre les soldats, dont le désordre et l’indiscipline retardaient ainsi le départ. Ces cris cessèrent enfin, et la voiture du Pape s’avança précédée et suivie d’un fort détachement de dragons. O séparation douloureuse ! il nous sembla qu’on nous arrachait le coeur ; nous nous mîmes à genoux pour recevoir la bénédiction apostolique, et le 20 février de l’année 1798, une heure environ avant le jour, Pie VI abandonna pour toujours le palais du Vatican et la ville de Rome » (« Histoire de l’enlèvement et de la captivité de Pie VI » par Monsieur l’abbé Baldassari).

Départ de Pie VI de Rome le 20 février 1798 - détail

Pie VI emmené captif par les troupes françaises le 20 février 1798
(détail de la gravure publiée en haut de page)

Pie VI, qui avait eu 80 ans le 25 décembre 1797, et qui était déjà affaibli physiquement par la maladie, commençait ainsi l’ultime étape de son pélerinage terrestre, lui auquel on attribue la sentence de la « prophétie » de Saint Malachie : « Peregrinus apostolicus – le pélerin apostolique ».
Au cours des dix-huit mois qui lui restent à vivre, il va être d’abord être emmené à Sienne, puis à la chartreuse de Florence, et enfin, par Bologne, Parme, Turin, le col du Mont-Cenis, Briançon et Grenoble, il arrivera à Valence, où il mourra d’épuisement le 29 août 1799.

armoiries de Pie VI

2018-9. Des Sept Saints Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie et du scapulaire noir de Notre-Dame des Sept Douleurs.

12 février,
Fête des Sept Saints Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie.

Monogramme des Servites

Monogramme des Servites de Marie

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Vous ne serez sans doute pas étonnés si je vous dit que les Sept Saints Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie sont au nombre de nos saints de prédilection au Mesnil-Marie.
Parce que d’une part leur dévotion est peu répandue en France et que d’autre part l’Ordre des Servites est y également assez peu connu, je me propose aujourd’hui de vous en parler un peu.

- Qui étaient ils ?

Bonfilio [Bonfils] dei Monaldi (né probablement en 1198), Giovanni [Jean] di Buonagiunta (né en 1206), Benedetto [Benoît] – dit Manetto – dell’ Antella (né en 1203), Bartolomeo [Barthélémy] – dit Amadeo – degli Amidei (né en 1204), Ricovero [Ricover] – dit Uguccio [Hugues] – dei Lipi-Uguccioni (né en 1204),  Ghirardino [Girardin] – dit Sostène – Sostegni (né en 1205) et Alessio [Alexis] Falconieri (né en 1200) appartenaient aux meilleures familles de l’opulente cité commerçante de Florence, en Toscane :  en 1233, ils étaient tous âgés de 30 à 35 ans.

Pour avoir de bons repères chronologiques, il faut se souvenir qu’en 1233, nous sommes seulement la septième année après la mort de Saint François d’Assise (+ 3 octobre 1226).  C’est une période particulièrement riche et intense dans le domaine de la spiritualité et de la quête de Dieu, en cette période que l’on a appelée « l’Italie des communes » : de très nombreux laïcs des deux sexes, aspirent à une vie fervente et pénitente sans pour autant entrer dans les ordres monastiques traditionnels dont les grandes abbayes étendent leurs vastes domaines à l’extérieur des cités, tout en exerçant de véritables droits féodaux. C’est ce qui explique le succès des fondations de Saint François d’Assise et de Saint Dominique de Guznam et des Tiers-Ordres pour les fidèles laïcs rattachés à ces deux familles religieuses ; c’est ce qui explique également le souci de réforme des Ordres anciens qui se fait alors jour ; c’est ce qui explique aussi la multiplication des mouvements spirituels pénitents, sous forme de confréries ou de petites fraternités (avec de graves dérives parfois).

Florence vers 1493

Florence : représentation ancienne
(à l’époque où vécurent les Sept Saints Fondateurs, la coupole de la cathédrale n’existait évidemment pas)

- Leur vocation :

Le 15 août 1233 donc, ces sept très fervents laïcs participaient à une pieuse réunion de la confrérie mariale à laquelle ils appartenaient, lorsque la Sainte Mère de Dieu leur apparut à chacun séparément leur demandant, comme le dit la quatrième leçon du brévaire pour la fête de ce jour, « d’embrasser un genre de vie plus saint et plus parfait ».
La biographie rédigée à partir des documents anciens lors de leur canonisation, en 1888 [« Histoire des Sept Saints Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie » par le Père Sostène-Marie Ledoux – éd. Delhomme et Briguet, 1888], met dans la bouche de Notre-Dame les paroles suivantes :
« Quittez le monde, retirez-vous ensemble dans la solitude, afin d’y combattre contre vous-mêmes et d’y vivre entièrement pour Dieu. Vous jouirez ainsi de consolations toutes célestes. Ma protection et mon assistance ne vous manqueront jamais ».

Ils se rendirent compte qu’ils étaient sept à avoir bénéficié de cette même grâce et de ce même appel, et ayant demandé conseil à l’archevêque de Florence, le 8 septembre suivant, en la fête de la Nativité de Notre-Dame,  « afin de débuter dans une vie plus sainte au jour même où la Mère de Dieu avait commencé sa vie très sainte parmi les mortels » (bréviaire – 4ème leçon de matines), ayant renoncé à leur rang et à leurs richesses et portant un rude cilice sous des habits de pauvres, ils commencèrent à mener la vie commune dans une humble masure accolée à un oratoire hors des murs de la ville.
« Dieu montra par un miracle combien cette résolution, Lui était agréable. Peu de temps après, comme ces sept hommes parcouraient la ville de Florence, en demandant l’aumône aux portes des maisons, il arriva tout à coup qu’ils furent acclamés Serviteurs de la bienheureuse Vierge Marie par la voix de petits enfants, et entre autres de Saint Philippe Beniti à peine âgé de quatre mois. Ce nom leur fut désormais toujours conservé » (bréviaire – 5ème leçon de matines)..

Il faut apporter ici une précision lexicale : en français, on parle des Servites de Marie, et on rapproche bien sûr le mot « servite » de celui de « serviteur ». En français, un « serviteur » est une personne qui est « au service » d’une autre, d’où le sens habituel de domestique, d’employé de maison. Même s’il se trouve dans un emploi subalterne, un « serviteur » demeure une personne qui jouit pleinement de ses droits civiques, qui est salariée mais juridiquement libre au regard de la loi.
En italien, comme en latin, on emploie le mot « servi ». Or « servi » est le pluriel de « servus » qui exprime en fait bien autre chose que notre moderne idée de « service ». Un « servus », en latin classique, c’est un esclave. Aussi pour bien comprendre en vérité le nom qui fut attribué miraculeusement à nos sept Florentins par les petits enfants il faut avoir bien présente à l’esprit cette notion d’esclavage : un « servus » ne s’appartient pas à lui-même, il est la propriété d’une autre personne qui a tous les droits sur lui. Les Servites de Marie sont les esclaves de la Sainte Mère de Dieu : ils ont abdiqué leur liberté entre ses mains, ils lui appartiennent en totalité, ils sont dans son entière dépendance, ils sont ses esclaves. Si l’on voulait rendre exactement en français tout ce que contient le mot – latin ou italien – « servi », il faudrait plutôt le traduire par « serf ». L’idée du « saint esclavage de Marie » n’est donc pas une notion inventée de toutes pièces par Saint Louis-Marie Grignion de Montfort.

C’est très probablement dès le début de leur vie commune aux portes de Florence que les Sept Saints Fondateurs adoptèrent la pratique de la récitation du chapelet des Sept Douleurs (voir > ici).
C’est là aussi qu’ils adoptèrent un règlement de vie commune et qu’ils décidèrent d’être des mendiants, dépendant totalement des aumônes et dons suscités par la divine Providence dans le coeur de charitables fidèles.

Sept Saints Fondateurs des Servites

Les Sept Saints Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie
recevant de la Très Sainte Vierge l’habit noir et le scapulaire noir en l’honneur de ses Sept Douleurs.

- La fondation de l’Ordre des Servites :

La cinquième leçon du bréviaire continue : « Voulant éviter le concours du peuple et pressés par l’amour de la solitude, ils se retirèrent tous au mont Sénar. Ils y commencèrent un genre de vie vraiment céleste. Habitant des cavernes, vivant d’eau et d’herbes sauvages, ils mortifiaient leur corps par des veilles et d’autres austérités. La passion du Christ et les douleurs de sa Mère affligée étaient l’objet de leurs continuelles méditations. Comme ils s’y livraient avec plus d’ardeur un jour de Vendredi Saint, la bienheureuse Vierge elle-même leur apparut à deux reprises, leur montrant l’habit sombre qu’ils devaient revêtir, et leur fit connaître qu’elle aurait pour très agréable qu’ils établissent dans l’Église un nouvel Ordre religieux, destiné à garder perpétuellement et à propager parmi les peuples la dévotion aux douleurs qu’elle a souffertes pour nous au pied de la croix du Seigneur… »

Le Mont Sénar – en italien Monte Senario – est une élévation qui se trouve à 4 lieues au nord de Florence et culmine à quelque 818 mètres.
C’était un endroit paisible et boisé relativement difficile d’accès, ce qui en faisait un lieu propice à la solitude et à une vie de recueillement, et il appartenait en partie à la mense épiscopale de Florence.
Nos sept pieux Florentins, dont la vie fervente et mortifiée aux portes de la cité attirait de plus en plus de visiteurs désireux de les interroger et de s’entretenir de spiritualité avec eux, aspirèrent rapidement à une plus grande solitude. S’ils ne possédaient rien, ils étaient toutefois les protégés de l’archevêque. Rien d’étonnant dès lors à ce que la Madone leur désignât elle-même ce mont pour qu’ils en fassent leur thébaïde et que le pieux archevêque ne s’empressât d’acquiescer à ce qu’ils s’y retirassent. C’était à la fin du mois de mai 1234.
Ils bâtirent une chapelle (un prêtre s’était adjoint à eux en qualité de chapelain) et aménagèrent pour eux-mêmes les grottes et cavités naturelles qui se trouvaient aux alentours : leur vie dès lors s’équilibra entre les offices en commun et les moments de prière et de travail en solitaires. A tour de rôle, ils allaient quêter dans les villages voisins.
Peu à peu, des jeunes gens vinrent les trouver et leur demandèrent de s’associer à leur vie si édifiante.

L’apparition de la Très Sainte Mère de Dieu authentifiée par l’Eglise et rappelée dans la cinquième leçon du bréviaire citée plus haut eut lieu le Vendredi Saint  13 avril 1240. Ils virent, au milieu d’une nuée d’anges dont certains portaient les instruments de la Passion, la Vierge Marie resplendissante qui portait en ses mains des vêtements de couleur noire. Tout près d’elle, un ange tenait un livre dans une main et une palme d’or dans l’autre. Elle leur adressa ces paroles :
« (…) Voyez le genre de vêtements dont je veux que vous soyez revêtus : ils indiquent par leur couleur sombre les douleurs que j’ai ressenties en ce jour par suite de la mort de mon Fils unique. Vous avez dédaigné les vêtements aux couleurs variées usités dans le monde ; aussi il vous sera désormais facile de porter ceux-ci, qui rappelleront extérieurement les douleurs que j’ai endurées dans mon cœur. Recevez également cette Règle d’Augustin, afin qu’ornés du titre d’or de mes Serviteurs, vous obteniez cette palme de la vie éternelle ».

L’archevêque de Florence, lui-même averti par une communication de la Mère de Dieu, fut heureux de présider lui-même à la cérémonie de vêture au cours de laquelle ils prirent le saint habit confectionné sur le modèle que leur avait montré la Bienheureuse Vierge, puis, après le temps du noviciat de recevoir leurs vœux de religion.

couvent et basilique du Monte Senario

Couvent et basilique du Monte Senario (état actuel)
lieu où se retirèrent les Sept Saints Fondateurs et où la Madone leur remit le scapulaire noir en l’honneur de ses Sept Douleurs

- Développement et approbation de l’Ordre – mort et canonisation des Sept Saints Fondateurs :

« Ces bienheureux Pères, auxquels de nombreux compagnons vinrent bientôt s’adjoindre, commencèrent alors à parcourir les villes et les bourgades de l’Italie, principalement celles de l’Étrurie ; ils prêchèrent partout Jésus crucifié, apaisant les discordes civiles et rappelant au sentier de la vertu une multitude presque infinie de pauvres égarés. La France, l’Allemagne et la Pologne, aussi bien que l’Italie, eurent part à leurs travaux évangéliques. Enfin, après avoir répandu au loin la bonne odeur du Christ et s’être rendus illustres par des miracles, ils quittèrent cette terre pour s’en aller au Seigneur. Comme la religion et la vraie fraternité les avaient réunis dans un seul et même amour pendant leur vie, ainsi, après leur mort, furent-ils ensevelis dans le même tombeau et entourés de la même vénération parmi les peuples.
Les souverains Pontifes Clément XI et Benoît XIII confirmèrent de leur autorité suprême le culte qui leur était constamment rendu depuis plusieurs siècles. Léon XIII ayant approuvé les miracles que Dieu avait opérés par leur intercession, après que, déclarés Vénérables, il eut été permis de les invoquer en commun, les inscrivit au catalogue des Saints dans la cinquantième année de son sacerdoce et régla qu’à l’avenir, un Office et une Messe seraient célébrés chaque année en leur honneur dans l’Église universelle »
(bréviaire – sixième leçon de matines).

Je n’entrerai pas dans les détails des développements de l’Ordre, ni des péripéties et controverses qui agitèrent l’Eglise à cette époque et suscitèrent quelques difficultés pour sa reconnaissance définitive par le Saint Siège comme Ordre mendiant de droit pontifical. Je n’entrerai pas davantage dans les détails de la vie et de la mort des Sept Saints Fondateurs : six d’entre eux furent ordonnés prêtres, mais Saint Alexis Falconieri, par humilité, refusa d’être élevé au sacerdoce et voulut s’attacher aux plus humbles tâches pour le service de ses frères. En revanche il survécut longuement à ses six compagnons puisqu’il s’éteignit le 17 février 1310 à l’âge de 110 ans !
Il fut le directeur spirituel de sa petite nièce, Sainte Julienne Falconieri (1270-1341), fondatrice des Soeurs Servites de Marie.

Basilique du Monte Senario - châsse des Sept Saints Fondateurs

Basilique du Monte Senario :
en arrière de l’autel majeur, sous le ciborium, la châsse qui renferme les corps des Sept Saints Fondateurs

- Le scapulaire noir des Sept Douleurs de Notre-Dame :

Le scapulaire noir des Sept Douleurs de Notre-Dame, est un scapulaire approuvé par l’Eglise qui y a attaché des grâces spirituelles et des indulgences.
Comme tous les scapulaires, il se compose de deux rectangles de laine noire reliés entre eux par des cordons. Bien qu’elles ne soient pas nécessaires, sur ces rectangles d’étoffe sont souvent cousues des représentations pieuses de la Piéta ou du Coeur de Marie transpercé de sept glaives.
Ce scapulaire noir est la « réduction » du grand scapulaire des religieux tel qu’il fut donné par la Mère de Dieu elle-même aux Sept Saints Fondateurs de l’Ordre des Servites le Vendredi Saint 13 avril 1240.
Originellement, le scapulaire noir des Sept Douleurs était donné aux membres des confréries de la Vierge des Douleurs et du Tiers Ordre des Servites de Marie comme signe de leur lien avec l’Ordre. Les personnes qui le portent doivent s’engager à réciter quotidiennement au moins sept Pater noster et sept Ave Maria en l’honneur des Sept Douleurs de Notre-Dame et à les honorer par une vie chrétienne exemplaire, la pratique de la pénitence et la méditation assidue des souffrances de Marie.
Autrefois, seuls les Servites étaient habilités à les bénir et à les imposer, mais à l’heure actuelle le code de droit canonique en vigueur autorise tout prêtre à administrer tous les sacramentaux dont les scapulaires font partie.

Il ne faut pas confondre le scapulaire noir des Sept Douleurs de Notre-Dame avec le scapulaire noir de la Passion dont l’origine se trouve dans la congrégation des Passionistes.

Sept Saints Fondateurs - détail

«Voyez le genre de vêtements dont je veux que vous soyez revêtus :
ils indiquent par leur couleur sombre les douleurs que j’ai ressenties en ce jour par suite de la mort de mon Fils unique.»

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2018-8. Edit de Saint-Germain par lequel Sa Majesté le Roi Louis XIII a publié et ordonné la consécration du Royaume de France à la Très Sainte Vierge Marie sous le vocable de son Assomption.

- 10 février 1638 -

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En l’an 1636, la Très Sainte Vierge Marie fit savoir à la Révérende Mère Anne-Marie de Jésus Crucifié (de Goulaine), religieuse stigmatisée que Monsieur le Cardinal de Richelieu tenait en très haute estime, qu’elle désirait que la France lui soit solennellement consacrée par le Roi. L’année suivante, Sa Majesté le Roi Louis XIII, « dans le secret de son coeur », consacra sa personne et son Royaume à Notre-Dame. Dans le même temps, par tout le Royaume, montaient vers le Ciel d’ardentes prières pour qu’un Dauphin fût donné à la France. Leurs Majestés elles-mêmes, multipliaient les prières, les pèlerinages et les pieuses donations afin d’obtenir un héritier, attendu depuis vingt-deux années.
La Sainte Mère de Dieu répondit en apparaîssant à un religieux augustin du couvent de Notre-Dame des Victoires, dnt l’église venait d’être fondée depuis peu par le Roi, en action de grâces pour la victoire sur les protestants. La Très Sainte Vierge Marie demandait en particulier trois neuvaines réalisées successivement en son sanctuaire de Cotignac en Provence, à Notre-Dame de Paris et dans l’église Notre-Dame des Victoires.
Ces faits mystiques furent portés à la connaissance de Sa Majesté la Reine Anne. Le religieux, frère Fiacre de Sainte-Marguerite, acheva les trois neuvaines demandées par la Madone le 5 décembre 1637 et c’est très exactement neuf mois après jour pour jour, le 5 septembre 1638, que naquit le Dauphin Louis Dieudonné, futur Louis XIV (cf. > ici).
Dès que la Reine fut certaine de sa grossesse, et sans attendre la naissance pour savoir si l’enfant royal serait garçon ou fille, Sa Majesté le Roi Louis XIII publia, le 10 février 1638, cet Edit de Saint-Germain, acte officiel par le moyen duquel il fait connaître au Royaume de France la consécration qu’il fait de sa personne, de sa couronne et de tout son Royaume à Notre-Dame et promulgue la manière dont cette consacration devra être solennellement renouvelée chaque année à la date du 15 août.

Louis XIII offrant sa couronne à Notre-Dame - Nicolas Coustou

Louis XIII offrant sa couronne à Notre-Dame
(oeuvre de Nicolas Coustou – détail du monument du Vœu de Louis XIII à Notre-Dame de Paris)

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Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre,
à tous ceux qui ces présentes lettres verront,
salut.

Dieu, qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de nous avoir donné l’esprit qu’Il départ à tous les princes de la terre pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial et de notre personne et de notre Etat, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne sans y voir autant d’effets merveilleux de Sa bonté que d’accidents qui nous menaçaient.
Lorsque nous sommes entré au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d’en troubler la tranquillité ; mais cette main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause que l’on vit en même temps la naissance et la fin de ces pernicieux desseins.
En divers autres temps, l’artifice des hommes et la malice du démon ayant suscité et fomenté des divisions non moins dangereuses pour notre couronne que préjudiciables à notre maison, Il lui a plu en détourner le mal avec autant de douceur que de justice ; la rébellion de l’hérésie ayant aussi formé un parti dans l’Etat, qui n’avait d’autre but que de partager notre autorité, Il S’est servi de nous pour en abattre l’orgueil, et a permis que nous ayons relevé Ses saints autels, en tous les lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques.
Si nous avons entrepris la protection de nos alliés, iI a donné des succès si heureux à nos armes qu’à la vue de toute l’Europe, contre l’espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs Etats dont ils avaient été dépouillés. Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne se sont ralliées pour conspirer sa ruine, Il a confondu leurs ambitieux desseins, pour faire voir à toutes les nations que, comme Sa Providence a fondé cet Etat, Sa bonté le conserve, et Sa puissance le défend.
Tant de grâces si évidentes font que pour n’en différer pas la reconnaissance, sans attendre la paix, qui nous viendra de la même main dont nous les avons reçues, et que nous désirons avec ardeur pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligés, nous prosternant aux pieds de Sa Majesté divine que nous adorons en trois Personnes, à ceux de la Sainte Vierge et de la sacrée Croix, où nous vénérons l’accomplissement des mystères de notre Rédemption par la vie et la mort du Fils de Dieu en notre chair, de nous consacrer à la grandeur de Dieu par Son Fils rabaissé jusqu’à nous et à ce Fils par Sa mère élevée jusqu’à Lui ; en la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre état, notre couronne et tous nos sujets pour obtenir par ce moyen celle de la Sainte Trinité, par son intercession et de toute la cour céleste par son autorité et exemple, nos mains n’étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de Le porter, les rendront hosties agréables, et c’est chose bien raisonnable qu’ayant été médiatrice de ces bienfaits, elle le soit de nos actions de grâces.

A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l’effort de tous ses ennemis, que, soit qu’il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire.
Et afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés à ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l’église cathédrale de Paris, avec une image de la Vierge qui tienne entre ses bras celle de son précieux Fils descendu de la Croix ; nous serons représenté aux pieds du Fils et de la Mère, comme leur offrant notre couronne et notre sceptre [note].

Nous admonestons le sieur archevêque de Paris, et néanmoins lui enjoignons, que tous les ans, le jour et fête de l’Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la Grand’ Messe qui se dira en son église cathédrale, et qu’après les vêpres dudit jour il soit fait une procession en ladite église, à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines, et le corps de la ville, avec pareille cérémonie que celle qui s’observe aux processions générales plus solennelles.
Ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises tant paroissiales, que celles des monastères de ladite ville et faubourgs ; et en toutes les villes, bourgs et villages dudit diocèse de Paris.

Exhortons pareillement tous les archevêques et évêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales, et autres églises de leurs diocèses ; entendant qu’à ladite cérémonie les cours de parlement, et autres compagnies souveraines, et les principaux officiers des villes y soient présents.
Et d’autant qu’il y a plusieurs églises épiscopales qui ne sont point dédiées à la Vierge, nous exhortons lesdits archevêques et évêques en ce cas, de lui dédier la principale chapelle desdites églises, pour y être faite ladite cérémonie ; et d’y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre, et d’admonester tous nos peuples d’avoir une dévotion toute particulière à la Vierge, d’implorer en ce jour sa protection, afin que, sous une si puissante patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu’il jouisse longuement d’une bonne paix ; que Dieu y soit servi et révéré si saintement que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés ; car tel est notre bon plaisir.

Donné à Saint-Germain-en-Laye, le dixième jour de février, l’an de grâce mil-six-cent-trente-huit, et de notre règne le vingt-huitième.

signature de Louis XIII

Armes de France & Navarre

[note] Louis XIII mourut sans avoir pu réaliser ce dessein mais Louis XIV se chargea d’acquitter le monument prévu par le vœu de son père. La décoration du chœur de Notre-Dame, entreprise par le Grand Roi, ne fut achevée qu’en 1714 : la Très Sainte Vierge Marie y est représentée assise au pied de la croix, tenant le Christ mort sur ses genoux ; du côté de l’épître Louis XIII, et du côté de l’Evangile Louis XIV – puisqu’il voulut se réunir à son père dans cet acte solennel – offrent leur couronne à la Vierge. Malgré les saccages et pillages des révolutions et troubles politiques de la fin du XVIIIe siècle et du XIXe siècle, et malgré le démantèlement du maître-autel de la cathédrale lors de la réforme liturgique postérieure au second concile du Vatican, ces œuvres sont encore à leur place dans le fond du sanctuaire de Notre-Dame de Paris, ainsi qu’on peut le voir ci-dessous.

Voir aussi dans les pages de ce blogue :
- Manière d’accomplir la procession du Vœu de Louis XIII > ici
- Décret de Pie XI proclamant ND de l’Assomption patronne principale de la France > ici

P1080750 France, Paris, «le voeu de Louis XIII» dans le fond du choeur de la cathédrale Notre-Dame; Louis XIII et Louis XIV entourent la Vierge de pitié «Pieta»

Monument du Vœu de Louis XIII (cathédrale Notre-Dame de Paris)

« Venez à mon aide par les mérites de votre chaste Purification ! »

Prière
à la

Sainte Mère de Dieu
au
saint jour de sa Purification

(attribuée à Saint Anselme)

église st Joseph de Chambérat (Bourbonnais)

La Purification de Notre-Dame et la présentation de Jésus au Temple
(vitrail de l’église Saint-Joseph, à Chambérat dans le bocage bourbonnais)

frise avec lys naturel

« Venez à mon aide par les mérites de votre chaste Purification ! »

O Vierge très sublime, par les mérites de votre sainte Purification donnez-moi la force contre vos ennemis.

Vous êtes très sainte, ô Vierge, toute pure de corps, toute belle dans votre vie. Votre coeur et votre bouche n’ont jamais été souillés ; vous êtes belle infiniment, pure infiniment, Vierge toute chaste de corps et d’esprit.

Vous qui ne deviez rien à la loi, vous avez pourtant voulu, pour donner un exemple d’humilité, remplir le devoir prescrit à toutes les mères. Vous avez porté au Temple, pour être purifié avec vous, ô chaste Mère, Celui qui connaît nos péchés. Rien n’existe en effet qui ne soit ouvert et nu devant Lui ; c’est Lui qui nous purifie de nos péchés cachés, si nous les confessons et si nous faisons pénitence chaque jour ; c’est Lui qui préserve Ses serviteurs du péché d’orgueil, s’ils se mortifient.
Vous avez porté au Temple, pour être purifié avec vous, Celui dont le Sang répandu sur la Croix de Sa Passion, nous a lavés de la tache originelle et qui nous purifie tous les jours sur l’autel de la Croix, par les saints mystères, des péchés que nous regrettons et que nous avons confessés.
Vous avez porté au Temple, pour être purifié avec vous, Celui qui est devenu pour nous le grand prêtre selon l’ordre de Melchisédech ; qui compatit sans fin à notre faiblesse et ne cesse d’avoir pitié de nous ; qui nous réconcilie, comme un prêtre fidèle, avec Dieu le Père, acquittant les péchés du peuple par l’offrande que Lui, Dieu de Dieu, fait chaque jour à Dieu le Père.
Car si nous nous repentons et si nous confessons nos péchés, Dieu, qui est fidèle, juste et patient, nous accordera l’indulgence et le pardon.

En Son Nom, ô Vierge très pure, je me réfugie vers vous.
En Son Nom très doux et en Son Amour, recevez-moi, clémente Souveraine, et venez à mon aide par les mérites de votre chaste Purification !
Faites que je me sente, ô ma grande joie, tellement purifié pour l’éternité des taches de ma conscience, que nulle souillure ou mauvaise action ne m’attriste plus.

Sainte Mère de Dieu, recevez-moi et intercédez pour le pécheur que je suis auprès de votre doux Enfant Jésus-Christ, le fruit béni de votre sein, et ayez pitié de moi !

Ainsi soit-il !

église st Joseph de Chambérat détail

La tradition de la « Crèche blanche » le jour de la chandeleur > ici
« Des chats et des crêpes » > ici

Publié dans : De liturgia, De Maria numquam satis, Prier avec nous | le 1 février, 2018 |1 Commentaire »

2018-7. Réponse faite à un « anarcho-syndicaliste stalinien autonome »…

Jeudi 1er février 2018,
Fête du Bienheureux Guillaume Repin et de ses 98 compagnons martyrs (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Ignace d’Antioche, évêque et martyr ;
Mémoire de Saint Sigebert III, roi d’Austrasie et martyr.

Angers - Apocalypse - cavaliers exterminateurs

Angers, tenture de l’Apocalypse : les myriades de cavaliers exterminateurs.

* * * * *

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Sur la page Facebook de la Confrérie Royale, à l’occasion de la publication faite par l’un des administrateurs d’un document sur la crise de l’Eglise en France – crise très grave à n’en pas douter – , un monsieur a publié ce commentaire : « Il nous aura fallu plusieurs siècles, mais ça y est, la fin de l’Eglise ! Enfin ! »

Pour les naïfs ou les utopistes qui s’imagineraient encore que l’Eglise du Christ peut être dans des relations fraternelles avec « le monde » (dans la plénitude du sens évangélique du terme), ce genre de réflexions et de remarques peu amènes est, à mon avis, toujours bénéfique : il faut espérer qu’elles pourront un jour dessiller les yeux de ces pigeons, et qu’elles les feront revenir de leurs illusions de « joie et d’espoir » godiches (en latin : gaudium et spes !).

La Sainte Eglise, déjà en la Personne divine de son Fondateur – Notre-Seigneur Jésus-Christ – , en ses colonnes – les Saints Apôtres -, et en ses enfants jusqu’à la consommation des siècles qui verra le moment de la victoire finale sur l’Antéchrist, sera en butte aux contradictions, oppositions et persécutions du monde.
Notre-Seigneur nous l’a assuré ; et Notre-Seigneur ne peut ni Se tromper ni nous tromper.

Mais si le Seigneur Jésus nous a infailliblement promis des persécutions, Il nous a tout aussi infailliblement prédit la victoire finale de Son Eglise : « Non praevalebunt ! Les portes de l’enfer ne l’emporteront pas sur elle… » (cf. Matth. XVI, 18).

Notre espérance ultime se fonde donc sur la parole infaillible de Notre-Seigneur, en dépit de tous les constats décourageants que nous pouvons faire sur l’état présent de l’Eglise, sur la médiocrité et la décadence généralisées du clergé, sur l’apostasie pratique (et probablement inconsciente) d’une écrasante majorité de ceux qui se prétendent catholiques, sur les ravages du modernisme, sur la persécution larvée menée par les instances politiques à l’encontre des restes de Chrétienté qui subsistent en Occident… etc.

Ni optimistes ni pessimistes, nous sommes des réalistes, et des réalistes chrétiens : cela nous garantit tout à la fois du découragement et de l’illusion béate. 
Du découragement, parce que nous savons que Dieu aura le dernier mot.
De l’illusion béate, parce que – ainsi que l’affirmait magnifiquement Gustave Thibon« (…) la vertu d’espérance (…) n’a rien à voir avec cet optimisme aveugle et béat qui se voile les yeux devant le mal et s’imagine que, quoi qu’il arrive, tout ira fatalement de mieux en mieux ; elle consiste plutôt à ne jamais se décourager ni perdre pied, quelles que soient l’épaisseur du mal et la gravité du péril » (voir le texte complet > ici).

Mais il est temps que je vous laisse prendre connaissance de l’échange avec cet « anarcho-syndicaliste stalinien autonome » (sic) venu sur la page Facebook de la Confrérie Royale et de la réponse qui lui fut faite par mon papa-moine.

pattes de chatLully.

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Angers - Apocalypse - Ange annonçant la chute de Babylone

Angers, tenture de l’Apocalypse : un ange annonce la chute de Babylone.

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 Réponse faite à un « anarcho-syndicaliste stalinien autonome » :

- Il nous aura fallu plusieurs siècles mais ça y est, la fin de l’Eglise ! Enfin !

- « Il NOUS aura fallu ». « Nous » ? Qui est-ce « nous » ?

- Les anarcho-syndicalistes stalinistes autonomes.

- Bah, vous n’existez pas depuis très longtemps, moins de deux-cents ans… L’Eglise a vingt siècles d’existence. Les empereurs romains pendant trois siècles, Julien l’Apostat, les divers hérétiques tout au long des siècles, les massacres et les guerres, les mahométans, les protestants, les philosophes et encyclopédistes du XVIIIème siècle, les francs-maçons, les révolutionnaires de 1789, Napoléon, les bolcheviks, les anarchistes, les nazis, les maoïstes, les khmers, les syndicalistes stalinistes – autonomes ou pas – , … etc. … etc., j’en passe des fêlés du ciboulot et des gros méchants qui avaient une puissance, militaire ou politique, inouïe, sans compter les hommes d’Eglise pervertis eux-mêmes : tous ceux-là n’y sont jamais arrivés !
N’ayez pas la prétention d’être à vous seuls aussi efficaces que vingt siècles d’ennemis acharnés réunis : ce serait un peu trop présumer de vos forces réelles.
Que l’Eglise traverse aujourd’hui une crise, une crise grave : c’est un fait.
Qu’elle disparaisse totalement, cela ne sera pas !
Vous pourrez tuer des chrétiens, détruire des églises et des couvents, confisquer nos biens, nous envoyer en camps de concentration ou de rééducation, nous torturer, en faire apostasier certains, bombarder le Vatican et zigouiller un pape ou deux… etc.
L’Eglise subsistera !

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Angers - Apocalypse - Victoire de Saint Michel

Angers, tenture de l’Apocalypse : victoire de Saint Michel et de ses anges sur le dragon et les anges rebelles.

2018-6. De la Bienheureuse Marie-Christine de Savoie, reine des Deux-Siciles.

31 janvier,
Fête de la Bienheureuse Marie-Christine de Savoie,
Mémoire de Saint Jean Bosco, confesseur.

frise

Avec la Bienheureuse Marie-Christine de Savoie, nous est donnée une preuve supplémentaire de l’extraordinaire fécondité spirituelle des royautés catholiques traditionnelles – dans les membres des familles que Dieu choisit pour perpétuer l’institution royale aussi bien que dans leurs oeuvres – à partir du moment où elles correspondent en vérité aux grâces que Dieu leur confère et fait passer par elles.

La Bienheureuse Marie-Christine appartient en outre à la prodigieuse cohorte des « jeunes saints » qui, tels Saint Louis de Gonzague, Saint Gabriel de l’Addolorata, Saint Dominique Savio, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et plusieurs centaines d’autres, sont parvenus à la plénitude de leur sainteté avant d’avoir atteint l’âge de 25 ans !

Armes de la Maison de Savoie

Blason de la Maison de Savoie

Une illustre parentèle :

La Bienheureuse Marie-Christine de Savoie est, ainsi que son nom l’indique, issue de la lignée des comtes de Savoie-Piémont, lignée qui régna depuis 1263 sur le comté puis duché souverain de Savoie et sur la Principauté du Piémont, ainsi que, à partir de 1720, sur le royaume de Sardaigne.
Les Savoie-Piémont descendent du Bienheureux Amédée IX de Savoie (1435-1472) – élevé sur les autels en 1677 grâce à l’initiative et aux efforts qu’avait entrepris Saint François de Sales – , et de Yolande de France (1434-1478), fille de Charles VII le victorieux. De ce fait, les princes de la maison de Savoie-Piémont portent aussi dans leurs veines du sang de Saint Louis.

En outre, fille du Roi Victor-Emmanuel 1er  de Sardaigne (1759-1824), dont la mère était Marie-Antoinette d’Espagne, Marie-Christine est une arrière-petite-fille de Philippe V d’Espagne (1683-1746) et descend donc du Roi-Soleil.
Son père, Victor-Emmanuel 1er, a succédé à son frère aîné Charles-Emmanuel IV (1741-1819) lequel avait été l’époux de la Vénérable Marie-Clotilde de France (1759-1802) ; il est également le frère des princesses Marie-Josèphe et Marie-Thérèse de Savoie, épouses respectives des comtes de Provence et d’Artois, frères puînés du Roi Louis XVI.
Dans un arbre généalogique Marie-Christine de Savoie est donc nièce par alliance des Rois de France Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

Enfin, par sa mère, Marie-Thérèse d’Autriche-Este (1773-1832), Marie-Christine de Savoie est une arrière petite-fille de François-Etienne de Lorraine, empereur germanique sous le nom de François 1er (1708-1765), et de Marie-Thérèse de Habsbourg, impératrice consort, roi de Bohème, roi de Hongrie et archiduchesse d’Autriche (1717-1780).
Notre Reine Marie-Antoinette (1755-1793) est donc la grand-tante de la princesse Marie-Christine de Savoie.

La vue d’un tel tableau d’alliances illustres – illustres par la sainteté, illustres par le zèle catholique et illustres par la défense des valeurs traditionnelles de la royauté – , ne peut que nous porter à déplorer que, après l’abdication du Roi Victor-Emmanuel 1er (en 1821) et la mort sans postérité de son successeur le Roi Charles-Félix (1765-1831), la branche cadette des Savoie-Carignan, devenue l’héritière des duché de Savoie, principauté de Piémont et royaume de Sardaigne, ait adopté des idées libérales et se soit ensuite compromise de la manière que l’on sait, dans l’aventure de l’unité italienne avec ses dérives anticatholiques et ses alliances maçonniques !

Bienheureuse Marie-Christine de Savoie

La Bienheureuse Marie-Christine de Savoie,
reine des Deux-Siciles (1812-1836)

Biographie :

Mais revenons à la Bienheureuse Marie-Christine.

Dernière des sept enfants de Victor-Emmanuel 1er de Sardaigne et de Marie-Thérèse d’Autriche-Este, Marie-Christine naît le 14 novembre 1812 à Cagliari, en Sardaigne.
En effet, en raison de l’occupation par les troupes révolutionnaires puis napoléoniennes de la Savoie et du Piémont, la cour de Turin avait dû se réfugier sur ses terres insulaires sardes.
A la chute de l’empire baudruche de Napoléon, le Roi Victor-Emmanuel 1er récupère la partie continentale de son royaume (duché de Savoie, comté de Nice, Pas de Suse, marquisat de Saluces et principauté de Piémont) que le Congrès de Vienne augmente même du territoire de la défunte république de Gênes.

Déjà enfant, la personnalité de Marie-Christine peut être caractérisée par deux points principaux : une force d’esprit hors du commun et une grande foi.
A l’occasion de l’Année Sainte de 1825 (elle est alors âgée de treize ans), à Rome, où elle rencontre à plusieurs reprises Sa Sainteté le Pape Léon XII, elle attire l’attention et impressionne tant par ses qualités que par sa beauté.

En 1821, son père, le Roi Victor-Emmanuel 1er a préféré abdiquer plutôt que d’octroyer une constitution libérale sous la pression d’une insurrection révolutionnaire ; il meurt en 1824. Son successeur, son frère puîné le Roi Charles-Félix, moyennant quelques réformes, parviendra à maintenir la constitution traditionnelle de ses Etats.

Pendant toutes ces années, la cour de Turin est réputée austère et profondément imprégnée de ferveur religieuse, mais cela ne suffit pas à Marie-Christine dans le coeur de laquelle croît le désir d’être religieuse cloîtrée. Toutefois, écoutant l’avis de son directeur spirituel et du Roi, elle accepte de se marier avec son lointain cousin, le Roi Ferdinand II des Deux-Siciles.
Elle dira : « Je ne sais comment j’ai pu changer d’opinion et dire « oui » alors que j’étais totalement inclinée vers la vie religieuse. Je ne peux que le voir comme la volonté de Dieu. »
Le mariage est célébré au printemps 1832.

Après l’arrivée de Marie-Christine, la cour de Naples se rendit rapidement compte que Ferdinand II n’avait pas seulement une reine à ses côtés, mais également une conseillère de grande valeur.
Le peuple napolitain acclamait déjà son immense générosité : en guise de cadeau de mariage, n’avait-elle pas partagé sa propre dot entre 240 jeunes femmes napolitaines pour qu’elles puissent se marier ? N’était-ce pas aussi elle qui, avec le produit de la vente des cadeaux qu’elle avait reçus pour ses noces, avait payé l’emprunt de tant de gages au Mont de Piété ?
Voilà pourquoi la pluie qui avait accueilli les nouveaux époux dans le port le jour de leur arrivée, était interprétée par beaucoup comme un signe de prospérité et de bénédictions célestes pour tout le Royaume.

Peu à peu, Marie-Christine, par sa délicatesse et sa constance, conquit la cour de Naples.
La première à ressentir le changement fut sa belle-mère, qui avait depuis longtemps une relation difficile avec son fils. La patience et la délicate sollicitude de Marie-Christine permirent la réconciliation de la mère et du fils.
Ses exemples de foi et de cohérence chrétienne influèrent aussi sur la cour de Naples qui n’était pas particulièrement connue pour sa bonne conduite : elle introduisit la prière et la Sainte Messe dans la vie de la cour, et entraîna son époux – d’un tempérament exubérant et parfois fantasque – dans une vie plus fervente.

La Reine Marie-Christine avait un très grand souci des pauvres, nous l’avons déjà souligné, mais elle manifesta en outre une attention toute spéciale aux condamnés à mort. Elle sauva la vie de beaucoup de condamnés, même celle de l’un d’entre eux qui avait attenté à la vie de son époux. On a écrit que pendant ses trois années de règne à Naples, l’échafaud ne fut pas utilisé. Pour celle que le peuple napolitain surnomma très rapidement « la Reginella santa », la loi la plus grande était la miséricorde.

Avant chaque conseil d’Etat, Ferdinand II passait chez son épouse et récitait avec elle trois Ave Maria, invoquait l’Esprit-Saint puis demandait la bénédiction de sa femme. Pendant que se déroulait le conseil d’Etat, Marie-Christine continuait de prier dans la chapelle du palais.
Le Roi Ferdinand II se souviendra, ému, de ces moments, et dira que beaucoup de décisions justes et prudentes furent dues à son épouse.

L’attention de la Reine se porta également sur le travail de ses sujets, en particulier les femmes. Elle créa et développa pour elles la « Colonia San Leucio » où furent produites des soieries qui étaient exportées dans toute l’Europe.
Le statut de cette « Colonia » était très avancé pour l’époque : droits héréditaires égaux pour les hommes et les femmes, éducation scolaire obligatoire, gestion collective du travail et des bénéfices, prise en charge des orphelins, …etc.

En 1835, enfin, la Reine put annoncer au Roi Ferdinand II qu’elle allait être mère : tous deux avaient multiplié les pèlerinages et les supplications pour obtenir un héritier au trône de Naples.
Mais cette joie fut bientôt marquée par l’inquiétude et la souffrance en raison des difficultés des derniers mois de la grossesse.

Le 6 janvier 1836, naquit l’héritier du trône, prénommé François – le futur François II des Deux-Siciles.
Mais la Reine Marie-Christine était rongée par une infection généralisée et se trouva bientôt à toute extrémité.
Le 31 janvier, elle demanda à embrasser une dernière fois son petit François, puis elle déclara au Roi : « Maintenant vous répondrez de lui devant Dieu et devant le peuple… Quand il sera grand, vous lui direz que sa mère est morte pour lui. »

Ce même jour, 31 janvier 1836, à Casertes, elle rendit sa belle âme à Dieu, Souverain des Rois de la terre : elle était âgée de 23 ans deux mois et 15 jours.
L’annonce de sa maladie et de sa mort produisirent une consternation générale. Elle n’avait été Reine que pendant trois années, mais ces trois années avait profondément impressionné et marqué tout son peuple.

Bienheureuse Marie-Christine de Savoie

Vingt-trois ans plus tard, en 1859, le Bienheureux Pie IX la déclare vénérable.
En cette même année 1859, a lieu, à la mort de Ferdinand II, son père, l’avènement du très pieux Roi François II qui vient d’épouser Marie-Sophie, duchesse en Bavière, soeur cadette de l’impératrice Elisabeth (« Sissi »).
François II a été le dernier souverain régnant sur les Deux-Siciles, puisqu’en 1860 et 1861 son royaume fut envahi par les troupes de Garibaldi puis par l’armée piémontaise…

Les remous politiques de la deuxième moitié du XIXème siècle et du XXème siècle n’ont pas facilité l’avancement du procès en béatification de la Reine Marie-Christine.
Enfin, en 2013, a été officiellement reconnu un miracle survenu par son intercession et le Saint-Siège donna son aval pour sa béatification.
Celle-ci a été célébrée à Naples le samedi 25 janvier 2014, dans la basilique Santa-Chiara (Sainte-Claire), nécropole des Rois de Naples.

Trois lys blancs

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints, Vexilla Regis | le 31 janvier, 2018 |2 Commentaires »

2018-5. Il nous faut maintenant entrer dans la préparation spirituelle du Grand Carême.

Lambert Jacobsz - les ouvriers de la onzième heure

Lambert Jacobsz [1598-1636] : la parabole des ouvriers de la onzième heure
(musée des Beaux-Arts de Rouen)

Samedi veille de la Septuagésime.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le saint temps du Carême – institué par les saints Apôtres de Notre-Seigneur – est quelque chose de trop important, de trop grand, lourd de trop de conséquences, pour que nous l’abordions à la légère, et sans véritable et sérieuse préparation.
C’est la raison pour laquelle toutes les liturgies antiques lui ont adjoint un préfixe : cet avant-Carême, qui porte le nom de temps de la Septuagésime dans le rite latin traditionnel, constitue une espèce de vestibule d’entrée dans le temps de notre réforme spirituelle.

« (…) La liturgie nous présente aujourd’hui le programme de ce que nous avons à faire pour opérer en nous une conversion nouvelle et sérieuse, afin de ressusciter ensuite avec le Christ à Pâques. La collecte de la Messe, en nous rappelant que nous sommes pécheurs, nous invite à des sentiments de profonde humilité : « … afin que nous, qui sommes justement affligés à cause de nos péchés, en soyons délivrés par Votre miséricorde ». Le premier pas vers la conversion consiste toujours à reconnaître humblement que nous en avons besoin. Le tiède doit devenir fervent, le fervent, arriver à la perfection, le parfait, atteindre l’héroïsme des vertus. Qui peut se vanter de n’avoir pas à progresser en vertu, en sainteté ? Chaque progrès nouveau réalise une conversion nouvelle à Dieu,  conversio ad Deum. Dans l’Epître, Saint Paul nous stimule à accomplir ce travail spirituel incessant : pour arriver à la sainteté, à la gloire du Ciel, il ne faut pas se fatiguer de courir et de combattre. Ceux qui courent dans le stade, luttent et se fatiguent dans la lice « pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, faisons-le pour une couronne impérissable. Moi donc, - dit l’Apôtreje cours, je frappe, mais non dans le vide, car je châtie mon corps et le réduis en servitude ». Voici le premier point du programme : lutte généreuse pour nous vaincre nous-mêmes, surmonter le mal et conquérir le bien ; renoncement à nous-mêmes par l’humilité ; abnégation du corps par la mortification physique. Seuls ceux qui luttent et se fatiquent remporteront le prix. Courons donc, nous aussi, de manière à obtenir la récompense.

« L’Evangile nous présente la seconde partie du programme de ce temps liturgique : ne pas rester oisifs, mais travailler assidûment dans la vigne du Seigneur. La première vigne à cultiver est notre âme. Dieu vient à notre rencontre par Sa grâce, mais Il ne veut pas nous sanctifier seul ; Il attend notre collaboration. Ce dimanche renouvelle pour chaque âme le grand appel à la sainteté. Dans Son amour, Dieu va en quête de Ses enfants dispersés et oisifs, et les réprimande avec douceur : Pourquoi restez-vous là à ne rien faire ? « Dieu,  dit Sainte Marie-Madeleine de’ Pazzi, appelle à diverses heures, parce que les états des créatures sont différents, et, en cette diversité, on découvre fort bien la grandeur de Dieu et Sa bénignité qui ne manquent jamais – en quelque temps ou situation que nous nous trouvions – de nous appeler par Ses divines inspirations ». Heureux ceux qui, dès leur jeunesse, ont entendu et suivi l’appel divin ! Mais chaque heure est celle de Dieu, et Dieu passe et appelle jusqu’à l’heure suprême. Quel réconfort et, tout à la fois, quel stimulant que de répondre finalement à l’appel du Seigneur ! « Oh ! Si vous vouliez écouter Sa voix, au moins en ce jour ! N’endurcissez pas vos coeurs » (Ps. 94).
Outre la vigne de notre âme, nous devons considérer la vigne de l’Eglise, où tant d’âmes attendent d’être conquises par le Christ. Personne ne peut se croire dispensé de penser au bien d’autrui. Quelque humble que soit notre place dans le Corps mystique du Christ, nous sommes tous ses membres et, dès lors, chacun de nous doit coopérer au bien des autres. Pour tous existe la possibilité d’une action apostolique efficace par l’exemple, la prière et le sacrifice. Si, jusqu’à présent, nous avons fait peu de chose, écoutons aujourd’hui la parole de Jésus : « Allez, vous aussi, dans Ma vigne ». Allons-y, et embrassons avec générosité le travail que le Seigneur nous offre : rien ne doit nous paraître trop pénible, lorsqu’il s’agit de gagner des âmes. »

Rd Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine, ocd
in « Intimité divine – méditations sur la vie intérieure pour tous les jours de l’année » – Dimanche de la Septuagésime.

Oratoire du Mesnil-Marie - Septuagésime

Oratoire du Mesnil-Marie à l’entrée du temps de la Septuagésime.

Autres publications de ce blogue pour entrer dans la préparation au Carême :
- Présentation du temps de la Septuagésime > ici
- Les adieux à l’Alléluia > ici
- BD « Ne brisez pas le miroir » > ici
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Publié dans : De liturgia, Prier avec nous | le 27 janvier, 2018 |Pas de Commentaires »

2018-4. « C’est toujours en revenant à ses fondamentaux que la France a pu trouver un nouveau souffle… »

Voeux de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,
pour l’an de grâce 2018,
publiés à l’occasion des cérémonies commémoratives du 21 janvier.

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« Soyons fiers d’être des héritiers et sachons transmettre l’héritage. »

Mgr le Prince Louis de Bourbon

Français, mes  chers compatriotes,

Depuis plusieurs années, j’ai  pris l’habitude de m’adresser à vous durant le mois où des vœux sont formés pour ceux que l’on aime.

Au début, ce message du 21 janvier n’était reçu que par les  fidèles qui, en cette date anniversaire de la mort du Roi Louis XVI revivaient en leur cœur, l’espérance de la tradition. Il y avait sans doute alors un peu de nostalgie en souvenir d’un temps glorieux où la France était une grande nation. Puis, d’année en année, l’audience de ce message s’est développée, notamment  avec l’essor des nouvelles formes de communication.

En ce début 2018, je veux poursuivre cette rencontre.  Elle  fait partie de mon devoir de successeur légitime des Rois dont l’histoire se confond avec celle de la France. Comme héritier des Rois, je me dois d’incarner cette tradition qui ne peut consister uniquement à assister à des cérémonies de mémoire. Elles sont pourtant  nécessaires et j’y participe toujours avec joie. Elles permettent de résister à la destructrice amnésie mémorielle instrumentalisée par ceux qui n’ont pas envie de voir la France fière d’elle-même et soucieuse de prolonger dans l’avenir, le rôle de moteur qu’elle eut durant si longtemps.

Mais, à quoi  me servirait-il d’être l’héritier d’une dynastie millénaire ? Il ne peut s’agir pour moi de me satisfaire de considérer la gloire de mes ancêtres. Il m’appartient encore plus, si je veux être digne d’eux,  de contribuer à l’édification du présent et de l’avenir à ma manière, avec mes moyens. Je serai ainsi fidèle à ce qui était la nature de la royauté française, faire de l’action du Roi, avant tout, un service rendu à tous.

Remplir ce devoir me paraît d’autant plus important que notre pays traverse une épreuve difficile comme l’histoire en réserve, malheureusement, à espaces réguliers. Dans ces moments c’est toujours en revenant à ses fondamentaux que la France a pu trouver un nouveau souffle. Devant les difficultés il ne s’agit ni de se cacher la réalité, ni d’abandonner, mais de réagir. Tel est le devoir d’état de chacun, des familles en particulier, même si c’est souvent difficile et impose des sacrifices. Par ma position, n’ayant pas à me placer dans le contexte de promesses ou de programmes de la politique au quotidien, il m’appartient de le rappeler. 

Attaquée à l’extérieur et sur notre sol par un ennemi aussi insidieux que brutal et qui souvent trouve du renfort dans  nos faiblesses et notre laxisme ; rongée de l’intérieur par une crise morale qui lui fait parfois renier son identité, notre pays, la France, est tenue de réussir à se reprendre. Elle le  doit à tous ses enfants ; elle a aussi une obligation envers ceux qui l’ont toujours regardée comme le foyer où naissent les grandes idées et s’épanouit la civilisation née du double héritage gréco-latin et chrétien.

Cet héritage, s’il nous a été transmis, n’a de sens que pour le présent. Il nous appartient de le faire vivre. Cela d’autant plus que la société est à un tournant et, surtout, en attente. Le contexte ayant changé, il faut lui redonner un cadre. Celui dans lequel nous vivions depuis deux siècles s’effrite. Fait de beaucoup d’idéalisme, d’égoïsme et de matérialisme il ne répond plus aux besoins de la société car elle s’est prise dans ses propres contradictions. Ses excès dans tous les domaines ont abouti à d’immenses échecs tant dans le domaine social qu’environnemental et l’homme en fait les frais. Ce mouvement délétère pour les libertés devenues licences, l’économie devenue financiarisation, l’emploi précarisé, la culture, l’éducation  et le patrimoine trop souvent livrés aux destructions, se développe puisque, face à lui, un nouveau contexte se met en place. Il se nomme mondialisme, société du numérique et de la dématérialisation, émergence de nouvelles puissances, éclatement de la société en « réseaux », remise en cause de certains fondamentaux en matière d’éthique tels que famille et couple ou la valeur de la vie humaine, déculturation.

La situation n’est pas simple et il est difficile de trouver la juste conduite face à ce monde qui change. Un monde nouveau est à redessiner ce qui demande de récréer une anthropologie donnant sa place à la gratuité. Abandonnons donc les constats et la nostalgie d’un temps qui n’est plus celui dans lequel nous vivons et encore moins celui de nos enfants !

Acceptons, enfin, de relever les défis de demain pour redonner du sens à nos actions présentes et futures. Redonnons à la jeunesse l’espérance, non pas celle des facilités matérielles mais celle de l’épanouissement de soi et des autres, à commencer par la famille qui doit redevenir le socle principal de toute vie commune. La génération montante, la mienne, ayant redécouvert les vertus du réalisme qui doit imprégner l’action, a largement déjà contribué à la remise en cause des excès d’une société sans limite et oublieuse de la nécessaire transcendance sans laquelle l’homme n’est pas pleinement homme.

Cela me parait conforme au rêve capétien qui a bâti la France et enfanté l’Europe. Il était vision d’un avenir partagé. Les grandes nations ont besoin de tels horizons. Regardons autour de nous, les pays qui prospèrent sont ceux qui croient en eux et en leur devenir. Ce fut longtemps l’esprit qui a animé notre pays et le monde occidental.  Avec lui la France a pris une place prépondérante dans le monde car elle était porteuse d’espoir pour ceux qui aspiraient à devenir sujets du Roi de France. Ainsi ils avaient l’assurance de participer à cette aventure commune que la France offrait à tous, dès lors qu’ils l’aimaient et voulaient contribuer à sa grandeur.

Face aux nouveaux enjeux il y a place pour un pays qui  s’affirme avec son identité propre et ses valeurs. Déjà de nombreux d’entre vous en ont conscience : ceux qui entreprennent, ceux qui trouvent de nouveaux terrains sur lesquels le génie français peut se déployer ; ceux qui pensent que le Bien commun sera toujours supérieur aux égoïsmes ; ceux qui ont compris que la vie en société est préférable à tous les communautarismes, formes nouvelles des féodalités archaïques. Il y a un espace pour la France dans le monde de demain et donc pour les Français. Il appartient à chacun de le construire en restant fidèle aux valeurs et aux principes légués par l’histoire. Soyons fiers d’être des héritiers et sachons transmettre l’héritage.

En ce début d’année, mes vœux s’adressent tout particulièrement à tous ceux qui croient en la France, mais je pense aussi à ceux que la société a laissé sur le bord du chemin, ayant oublié que la charité demeurait le premier devoir des hommes. Ils ont leur place. Ne l’oublions pas !

En 2018, pour l’aider à être elle-même, puisse la France, fille aînée de l’Eglise, compter sur tous les Saints qu’elle a vu naître, à commencer par Saint-Louis, le modèle des gouvernants.

Louis de Bourbon, Duc d’Anjou
le 20 janvier 2018.

grandes armes de France

Publié dans : Vexilla Regis | le 20 janvier, 2018 |Pas de Commentaires »

2018-3. Que vous ne laissiez jamais en vous diminuer ou se corrompre vos idéaux les plus purs et les plus nobles…

A l’occasion de mes « voeux félins » du 1er janvier (cf. > ici), je vous promettais ceux de Frère Maximilien-Marie ;
mais notre Frère voulait que ma présentation de la châsse des Saints Rois Mages à Cologne fût publiée avant que de
 vous écrire à l’occasion de notre entrée dans l’an de grâce 2018…

Fleur de Lys

Samedi 13 janvier 2018,
Octave de l’Epiphanie,
1485ème anniversaire de la mort de Saint Remi de Reims (+ 13 janvier 533).

Cathédrale de Cologne - châsse des Saints Rois Mages

Cathédrale de Cologne : exposition de la châsse renfermant les corps des Saints Rois Mages

 Fleur de Lys

Bien chers Amis, 

Même si nous allons rester encore dans le temps de la contemplation du mystère de Bethléem jusqu’au jour de la Purification de Notre-Dame, le 2 février, ce jour de l’octave de l’Epiphanie met en réalité un terme aux célébrations liturgiques de Noël : dès ce dimanche 14 janvier nous retrouvons les ornements de couleur verte pour un peu de temps, et le dimanche 28janvier nous entrerons déjà dans le cycle de Pâques avec le temps de la Septuagésime.
Il est donc bien temps que je vous adresse mes vœux de

« Bonne, heureuse et sainte année 2018 !»

Pourtant l’esprit dont le Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ donne l’exemple à la Crèche doit demeurer dans nos âmes et dans notre vie quotidienne tout au long de l’année et doit transcender la routine des jours, des semaines et des mois qui se suivent : cette terrible routine qui menace impitoyablement d’éroder et de ruiner les meilleures de nos résolutions, les plus généreuses de nos dispositions et les volontés les plus déterminées !

Avec les souhaits – qui, bien davantage que de simples souhaits, sont des prières déposées à votre intention dans le Cœur de Jésus et Marie – traditionnels pour une « bonne santé » (laquelle est si nécessaire pour mener à bien les tâches de chaque jour), ou du moins de force – physique, morale et spirituelle – pour avancer sans cesse malgré les épreuves qui, inéluctablement, se présenteront, je forme des vœux fervents, et je prie, pour que vous viviez toujours davantage et plus intensément de toutes ces vertus qui donnent tant de paix intérieure, en dépit de toutes les tempêtes extérieures, et qui procurent tant de bonheur à tous ceux qui nous entourent ou nous approchent.

Surtout je souhaite que vous ne laissiez jamais en vous diminuer ou se corrompre vos idéaux les plus purs et les plus nobles, que vous n’abdiquiez jamais votre quête de sagesse et que vous ne commettiez jamais l’erreur de cesser de vouloir progresser encore et toujours !

De ces dispositions, les saints et fascinants Rois Mages sont un merveilleux exemple qu’il est bon et consolant de garder bien présent à l’esprit et au cœur.

Trois saints Rois

Pour le reste, beaucoup d’entre vous suivent déjà de manière plus ou moins régulière les nouvelles du Refuge Notre-Dame de Compassion, soit au moyen des « infolettres », soit grâce à ce blogue du Maître-Chat Lully, soit par les publications quotidiennes sur ma page Facebook (visible même par ceux qui ne possèdent pas de compte sur ce réseau social), pour les autres je résumerai l’année 2017 qui s’est achevée par ces quelques notations :

- Ma santé, celle d’un vieillard qui se trouve dans sa 56ème année, sans jamais être flamboyante (problèmes hépatiques et digestifs récurrents, grande vulnérabilité à la fatigue, nécessité de séances de kiné régulières en raison du mauvais état de ma colonne…) se maintient pour me permettre de faire tant bien que mal ce que j’ai à faire. Vers la fin du dernier carême, une chute alors que je travaillais à construire un muret, m’a valu la « joie » de me casser trois côtes, et un examen réalisé cet automne a confirmé que je faisais des apnées du sommeil (moyenne de 36 apnées/h).

- Mes activités monastiques habituelles de prière et d’étude sont « complétées » par énormément de contacts : gens de passage qui viennent chercher une écoute ou des conseils ; associations en lien avec le patrimoine et la culture dans lesquelles je suis investi ; activité de correspondant local de presse pour le village de Saint-Martial ; soins aux brûlés ou personnes en traitement de radiothérapie…

- Le « combat légitimiste » – qui est une composante essentielle de ma vocation, me prend également pas mal de temps : à la responsabilité du Cercle Légitimiste du Vivarais, fondé en 2015 et érigé en association de droit (association loi 1901) à l’automne, s’ajoute désormais ma désignation comme prieur de la Confrérie Royale, laquelle se développe paisiblement et rayonne chaque jour davantage, malgré les oppositions et contradictions qu’elle suscite parfois.

Je demande pardon à ceux qui ne reçoivent pas de réponse rapide à leurs courriers ou courriels et les prie de bien vouloir faire preuve encore de patience : je ne vous oublie pas, mais tout s’accumule de manière exponentielle et il y aurait actuellement du travail pour plusieurs secrétaires, que je n’ai évidemment pas !!! Certains jours je reçois plus de 200 messages qu’il faut lire, trier selon les urgences… etc.

Je remercie très chaleureusement tous ceux qui, par leurs dons ponctuels ou réguliers, me permettent de vivre, de me déplacer (l’entretien et le carburant de la voiture – indispensable – sont de plus en plus coûteux), d’assurer quelques travaux à l’intérieur ou à l’extérieur du Mesnil-Marie (toujours en chantier) : parmi les dépenses à venir se trouvent la commande d’une nouvelle soutane, une intervention sur le démarreur de l’auto qui donne des signes de faiblesse, une intervention du menuisier au niveau de l’oratoire, des travaux d’abattage d’arbres pour lesquels je dois faire appel à un élagueur professionnel… et, si possible, des travaux de forage pour le captage d’une source repérée à la fin de l’été. Pour tout cela, une fois encore : « Providence divine du Cœur de Jésus, pourvoyez-y ! »

En vous redisant mes vœux et mon amitié fidèle, je vous reste uni,
in Corde Iesu & Mariae.

                                             Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Pour aider le Refuge ND de Compassion > ici

Blason Frère Maximilien-Marie

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Chronique de Lully, De liturgia | le 13 janvier, 2018 |8 Commentaires »
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