En guise de prologue à ce blogue…

Le Maître-Chat Lully

Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Maître-Chat Lully (10 juillet 2006 – 23 mai 2019)

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« Mon blogue – ce blogue – est né le 10 septembre 2007…
Né d’une boutade de mon « papa-moine », ainsi que j’ai eu l’occasion de l’expliquer en détail > ici lorsque j’en ai donné l’historique alors qu’il allait approcher de son septième anniversaire, ce qui n’était au départ qu’un modeste moyen de garder contact avec un petit groupe d’amis proches du Refuge Notre-Dame de Compassion, a, tout au long des années, largement dépassé ce cadre restreint pour atteindre de très nombreuses personnes bien au-delà de nos simples relations habituelles, et bien au-delà des frontières de notre beau Royaume de France.

Bien sûr, il y a eu très souvent des personnes très « raisonnables » et très « sérieuses » qui se sont scandalisées qu’un chat écrivît sur des sujets religieux, rédigeât des chroniques et publiât des réflexions sur la société, ses maux et les remèdes que l’authentique tradition politique de notre monarchie légitime leur pourrait apporter…
Il y a bien encore quelques uns de ces petits esprits étriqués et chagrins pour répandre le venin et le fiel de leurs critiques, mais je n’en ai jamais eu cure : si pour eux il est inconcevable qu’un texte puisse prétendre au moindre sérieux du seul fait qu’il est l’œuvre d’un chat – fut-il chat monastique -, il est  par ailleurs irréfragable que le phénomène, en définitive peu courant, d’un Maître-Chat s’exprimant sur le « ouèbe » sans égard pour la langue de bois ou de buis, mais avec tout la divine liberté donnée par le Créateur aux félins, a valu à ce blogue de fidèles et solides amitiés, qui pèsent bien davantage que toute les aigreurs d’estomac de tous les « coincés », de tous les « cinglés », de tous les « modernichons », et de tous les « tordus » politiques et religieux réunis !

Vous le savez, mon divin Créateur a rappelé à Lui mon âme le 23 mai de cette année 2019 qui s’achève aujourd’hui (cf. > ici).
Je sais que mon départ de cette terre a laissé un grand vide dans le cœur de nombre de mes lecteurs, tout comme dans celui de mon « papa-moine ». Cependant, ainsi qu’il vous l’a écrit (cf. > ici), mon blogue continue et continuera : invisible, mais toujours présent, j’inspire et j’inspirerai encore mon moine de compagnie, car je lui ai laissé quelque chose de mon esprit comme le fit jadis le saint prophète Elie pour son disciple Elisée, lorsqu’il fut enlevé sous ses yeux par un char de feu.

Le prologue d’origine de ce blogue (cf. > ici) n’était toutefois plus exactement adapté désormais, et c’est la raison pour laquelle je suis aujourd’hui « revenu » vers vous pour inspirer ces lignes à mon fidèle secrétaire et vous assurer, mes bien chers et fidèles amis, que je suis toujours là, veillant à ce que ce blogue continue l’œuvre amorcée dès sa première chronique (cf. > Genèse) – semper fidelis – toujours fidèle à l’esprit que Dieu a voulu pour le Refuge Notre-Dame de Compassion : fidélité intégrale au dépôt de la foi reçue des Apôtres, et fidélité intégrale au dessein de Dieu scellé dans les fonts baptismaux de Reims où s’unirent la foi catholique et la royauté franque pour faire naître la France, avec en corollaire la défense sans concession de tout ce que cela représente et contient !

Vive Dieu ! Vive le Roi !

pattes de chatLully.

Mardi 31 décembre 2019,
Fête de Saint Sylvestre 1er, pape et confesseur, baptiste de l’empereur Saint Constantin 1er le Grand ;
Septième jour dans l’octave de la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Lully le chroniqueur

2021-72. Du Bienheureux Jean de Ruysbroeck, surnommé Ruysbroeck l’admirable.

2 décembre,
Dans l’Ordre de Saint Augustin, la fête du Bienheureux Jean de Ruysbroeck ;
Mémoire de Sainte Bibiane, vierge et martyre ;
Mémoire de la férie de l’Avent ;
Anniversaire de la bataille de Loigny (cf. > ici).

Bienheureux Jean de Ruysbroeck

Image de dévotion éditée lors de la béatification (1er décembre 1908)
du Bienheureux Jean de Ruysbroeck par Saint Pie X.

frise

« Ruysbroeck est certainement l’un des plus grands mystiques,
mais il ne peut être compris que par des âmes avancées. »
Rd. Père Reginald Garrigou-Lagrange, O.P (1877 – 1964),
in « Les trois âges de la vie intérieure ».

La famille spirituelle augustinienne compte, dans ses branches multiples, de très nombreux mystiques authentiques, parmi lesquels le Bienheureux Jean de Ruysbroeck occupe une place suréminente, au point qu’il a été considéré comme un second Denys l’Aréopagite (expression employée par Denys le Chartreux), voire l’un des plus grands parmi les écrivains mystiques de la tradition chrétienne. Il a atteint lui-même les sommets de la contemplation, en même temps qu’il possédait la science théologique la plus rigoureuse, ainsi que le style le plus limpide pour l’exprimer avec une rigoureuse justesse et une fluidité poétique.

Jean, Jan dans la langue flamande, est né en 1293 dans un village du duché de Brabant situé sur la Senne, entre Bruxelles et Hal, qui portait autrefois le nom de Ruusbroec, selon la graphie ancienne, aujourd’hui orthographié Ruysbroeck.
Ruysbroeck, on l’a compris, n’est donc pas son patronyme. On ne sait d’ailleurs pas grand chose de sa famille : strictement rien au sujet de son père, et pas grand chose de plus de sa mère sinon qu’elle l’éleva dans une grande piété.
Dès l’âge de 11 ans, il quitta le toit maternel pour se mettre à l’école d’un chanoine de la collégiale des Saints Michel et Gudule, à Bruxelles, qui avait, semble-t-il une belle réputation de science et de piété : Maître Jean Hinckaert. Le jeune Jean éprouvait peu de goût pour les arts libéraux, mais il leur préférait la seule théologie. Sous la direction de Maître Hinckaert, il acquit une grande précision de langage et une très haute élévation doctrinale.
A l’âge de 24 ans, il fut ordonné prêtre et nommé chapelain de la collégiale Sainte-Gudule
.
Ainsi qu’il le raconta lui-même, au jour de son ordination il put voir sa pieuse mère délivrée du Purgatoire et entrer au Ciel.

A Sainte-Gudule, Ruysbroeck, le chanoine Hinckaert et Franco van Coudenberg, lui aussi chapelain de cette même église, étaient animés d’un commun désir de vie vertueuse.
C’est probablement de cette époque que datent ses premiers écrits, aussi bien que la lutte engagée contre Bloemardinne (ou Heilwige Bloemart)
, une béguine aux voies prétendument mystiques, mais dévoyées, qui avait une très forte influence et avait pris la tête de la secte « du libre esprit » vers 1307. Dans les traités de Ruysbroeck on retrouve souvent des allusions aux théories pernicieuses répandues alors par les faux mystiques.

Les trois amis trouvaient que la vie à Bruxelles était trop bruyante et, par ailleurs, ils souffraient de la façon dont l’office divin était célébré à Sainte-Gudule. Aussi, à l’instigation de Franco van Coudenberg, résolurent-ils de quitter Bruxelles et de se retirer dans la solitude.
Au milieu de la forêt de Soignes se trouvait un prieuré qui portait le nom de Groenendael (Viridis Vallis : la vallée verte). Un ermite occupait le prieuré mais, à la demande de Franco van Coudenberg, il consentit à aller fixer un peu plus loin sa cellule, au val désert de Boetendael, afin de faire place à Ruysbroeck et à ses compagnons.
C’est ainsi que, en 1343, Jean van Ruysbroeck, Franco van Coudenberg, Jean Hinckaert et le frère lai Jean van Leeuwen, surnommé « le bon cuisinier », formèrent une petite communauté : pendant près de sept années ils ne se soucièrent pas vraiment d’adopter une Règle de vie, se contentant de célébrer la liturgie avec une grande ferveur et beaucoup d’application, et de continuer leur vie d’étude et de contemplation. Toutefois, rejoints par d’autres clercs ou aspirants à la cléricature désireux de se mettre à leur école, ils durent penser à une organisation canonique ; c’est ainsi que, en 1350, ils revêtirent l’habit des Chanoines Réguliers de Saint Augustin, et passèrent donc du clergé séculier au clergé régulier en faisant profession sous la Règle de Saint Augustin.
Cependant Maître Jean Hinckaert, qui était octogénaire et se sentait affaibli, estima qu’il ne lui était pas possible de devenir religieux ; il demeura à Groenendael à titre privé.

Ruysbroeck s’adonnait le plus qu’il était possible à la contemplation et l’influence divine s’empara de lui de plus en plus.
Lorsqu’il se sentait envahi par l’inspiration, il s’enfonçait dans la forêt et se mettait à écrire ce qui lui était donné d’expérimenter et de comprendre. Puis il revenait au monastère et faisait part à ses frères des enseignements merveilleux qu’il avait reçus. La plupart de ses écrits furent composés de cette manière, et, bien qu’il y eût parfois de longs intervalles entre deux passages, la composition n’en demeure pas moins ordonnée et suivie.

Tant que vécut Franco van Coudenberg, Ruysbroeck voulut lui demeurer soumis comme à son prévôt ; lui-même portait le titre de prieur. Mais son humilité ne pouvait empêcher sa renommée de s’étendre : les visites devenaient fréquentes à Groenendael, et le saint prieur avait ainsi l’occasion de faire participer les autres aux richesses spirituelles dont il était comblé.
Déjà de son vivant ses écrits se répandaient et de nombreux religieux, parmi lesquels de grands noms de la mystique rhénane, tels que Tauler ou Gérard Groot, venaient à Groenendael pour profiter des enseignements du prieur.

Jean de Ruysbroeck se prépara à la mort avec une grande sérénité : le 2 décembre 1381, il remit paisiblement son âme à Dieu. Il était âgé de 88 ans et avait soixante-quatre ans de sacerdoce.
Son corps, enseveli à Groenendael, y demeura jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, et, lors de la suppression du monastère, en 1783, fut transféré à la la collégiale Sainte-Gudule de Bruxelles.
Toutefois, d’après mes informations, il a disparu lors de l’occupation du Brabant par les troupes de la révolution française et des pillages et profanations auxquelles elles se livrèrent.

Après sa mort, certains théologiens, dont notre fameux Jean Gerson, chancelier de l’université de Paris, émirent des doutes sur l’orthodoxie de la doctrine exposée par Jean de Ruysbroeck ; Bossuet, qui ne semble pas avoir lu directement Ruysbroeck mais seulement ce qu’en a cité Gerson, reprit les mêmes griefs. A l’inverse, depuis plus de six siècles, des théologiens les plus rigoureux ont défendu la théologie mystique du prieur de Groenendael et en ont démontré la parfaite orthodoxie : il est probable que les termes ou propositions incriminés sont dû à des problèmes de traduction (Ruysbroeck a écrit dans son dialecte flamand du XIVe siècle et non en latin). Ces soupcons d’hétérodoxie tombent désormais quand on sait que c’est le pape Saint Pie X qui béatifia Jean de Ruysbroeck, le 1er décembre 1908, après une procédure de près de 25 ans au cours de laquelle l’examen minutieux et rigoureux de ses écrits n’a retenu aucune ombre d’erreur.

Bienheureux Jean de Ruysbroeck - statue

Statue du Bienheureux Jean de Ruysbroeck
dans l’ancienne collégiale, aujourd’hui cathédrale, des Saints Michel et Gudule, à Bruxelles.

2021-71. Quelques réflexions à cœur ouvert sur le thème de la vocation (2ème partie), où l’on évoque les scandales provoqués par les mauvaises mœurs de certains ecclésiastiques.

30 novembre 2021,
Fête de Saint André le Protoclite, apôtre et martyr.

appel de St Pierre et St André

Appel définitif des Saints André et Simon-Pierre

Veníte post me, et fáciam vos fíeri piscatóres hóminum.
Venez à Ma suite, et Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. 

Il y a déjà de longs mois (cf. > ici), j’avais publié une première série de réflexions relatives à la question de la vocation – sacerdotale ou religieuse -, dans lesquelles j’avais insisté sur la distinction entre « l’attrait spirituel personnel » pour un état de vie particulier, et « la vocation » à strictement parler.
J’ai conscience que cette distinction présente des subtilités qui, malheureusement, échappent à bien des personnes, même dans la Sainte Eglise, et même parmi les clercs eux-mêmes, tant la formation reçue par une majorité de prêtres (et même d’évêques, puisque ceux-ci sont choisis parmi les prêtres) dans les séminaires autres que ceux qui ont gardé l’enseignement traditionnel, est d’une affligeantissime indigence intellectuelle et spirituelle.
Cela étant dit, je vous invite à lire ou à relire ce que j’écrivais alors et à y bien réfléchir (cf. > ici).

Les scandales liés aux problèmes de mœurs de certains membres du clergé catholique, qui ont été encore récemment mis en évidence, soit pour ce qui concerne les affaires de pédocriminalité, comme on les nomme aujourd’hui, soit pour ce qui concerne la révélation de relations amoureuses et sexuelles de tel ou tel ecclésiastique avec quelque autre « adulte consentant », font rarement, sauf là encore dans des organes de presse liés au mouvement traditionnel, l’objet d’analyses de fond.
L’attitude adoptée officiellement par la conférence des évêques et par la conférence des religieux manque singulièrement et de bon sens et d’esprit surnaturel.
Derrière les discours et les actes supposés exprimer une forme d’amende honorable et de pénitence, posés ces dernières semaines, on n’a pas du tout l’impression que se trouvent les véritables remises en question nécessaires, qui ne sont pas et ne pourront jamais être celles préconisées par un rapport présidé par un ami des Loges maçonniques (et grassement financé par les catholiques naïfs qui donnent encore au « denier de l’Eglise »), ni celles de ces pitoyables féministes modernichones auxquelles les médias se plaisent à donner audience alors qu’elles ne représentent pas grand chose, sinon leurs frustrations, la pauvreté de leur formation intellectuelle et spirituelle, leur manque de foi et leur fatuité.

A propos de l’attitude officielle de NN.SS. les Evêques définie lors de leur dernière assemblée plénière à Lourdes, au début de ce mois de novembre 2021, permettez-moi de vous livrer les réflexions que j’ai écrites « à chaud » après cette lamentable prise de parole de Son Excellence Monseigneur l’archevêque de Reims qui a reconnu une « responsabilité institutionnelle » dans les crimes et horreurs perpétrés par les clercs pédérastes :
« Qu’est ce donc qu’une « responsabilité institutionnelle » ???
Pour ce qui me concerne je ne reconnais en aucune manière que c’est l’Eglise qui est « responsable » !
Les coupables et les responsables sont certains prêtres, certains évêques, certains laïcs grenouillant dans le milieu ecclésiastique qui ont été infidèles aux exigences de leur vocation, ont commis des abus, se sont livrés à des choses condamnées par les commandements de Dieu (les 6ème et 9ème en particulier, puis le 8ème et le 5ème), se sont montrés complaisants envers les coupables ou complices en les couvrant ; mais il n’y a aucune « responsabilité institutionnelle » !
L’Eglise est sainte malgré les pécheurs qui la composent ici-bas.
L’Eglise est maîtresse de sainteté : elle enseigne la sainteté et en montre les voies.
L’Eglise est éducatrice des vertus, de la chasteté, de la pureté.
Les responsables sont des « hommes d’Eglise » qui ont été beaucoup trop « hommes d’Eglise » pour être de véritables « hommes de Dieu » !
L’Eglise est blessée et souillée par ces brebis et pasteurs galeux ; elle est leur victime : la victime de leurs turpitudes et de leurs silences, mais elle ne porte aucune responsabilité !»

Je ne veux en aucune manière minimiser ou édulcorer l’importance et la gravité des faits avérés.
Je le ferai d’autant moins qu’à titre personnel j’ai un certain nombre de cas précis et circonstanciés sur lesquels je peux apporter des témoignages aussi accablants qu’écœurants.
Ils ne prouvent qu’une chose : la faute personnelle de tel ou tel prêtre, religieux ou évêque, non une faute « institutionnelle » ou un vice inhérent à l’institution.
Ces ecclésiastiques qui ont fauté – tant ceux qui ont commis des actes abominables avec des enfants ou adolescents, et ceux qui ont péché contre les 6ème et 9ème commandements de Dieu avec des adultes, que leurs supérieurs qui ont fermé les yeux, refusé de se rendre à l’évidence, et ont couvert ces horreurs -, l’ont fait non pas par la faute de « l’institution », mais malgré elle et à l’encontre de ses enseignements et de ses pratiques traditionnelles.

Quel rapport avec la vocation me direz-vous ?
Quel rapport ont ces commentaires de notre sordide actualité avec le mystère de l’appel divin dont vous prétendez nous entretenir ?

Eh bien, justement, je veux ici rappeler que l’enfant, l’adolescent, le jeune homme, et parfois même l’homme mûr qui éprouvent dans leur âme l’attrait du sacerdoce ou de la vie religieuse, puis dont la vocation est ensuite confirmée par l’Eglise dans l’appel aux saints ordres ou la profession religieuse, ne sont pas des appelés à la perversion sexuelle ni à une double vie ni à la dissimulation des vices.
Il en est de même pour la jeune fille ou la femme qui sont appelées à la vie religieuse : elles n’ont pas vocation à devenir des chipies, maniaques et retorses, aigries et acariâtres !
Je me souviens avec un certain effroi de cette religieuse à laquelle on avait demandé comment elle avait « eu la vocation » et dont la réponse avait été : « Bah ! Que voulez-vous, je n’étais ni désirable ni désirée… » Vous imaginez sans peine ce que pouvait être le rayonnement d’une telle sœur.

On n’entre pas dans la voie du sacerdoce ou dans la vie religieuse par frustration, par dépit amoureux, parce qu’on ne sait pas trop quoi faire d’autre dans la vie, parce qu’on est moche (« ni désirable ni désirée » !!!) ou parce qu’on n’a pas envie d’être dérangé par un conjoint et des mioches !

L’attrait du sacerdoce ou de la vie religieuse et la vocation sont prioritairement une question de relation personnelle avec le Christ Jésus Notre-Seigneur, relation qui est d’abord et par essence de l’ordre de l’amour.
On peut véritablement dire que la réponse à l’appel du divin Rédempteur est fondamentalement, essentiellement, prioritairement, une réponse amoureuse.
De ce point de vue-là on peut établir une analogie entre la relation amoureuse qui va lier l’un à l’autre un jeune homme et une jeune fille au point de les faire s’engager l’un envers l’autre de manière forte et pérenne pour la construction d’un foyer, et la relation entre une âme et le Christ qui suscite la vocation.
Sauf que l’on ne se trouve plus ici à un niveau humain et naturel, mais que cette union amoureuse appartient à un ordre purement surnaturel, pour une participation plus grande au salut et à la sanctification des âmes, dans une forme véritable de maternité et de paternité spirituelles.

L’épître (Rom. X, 10-18) et l’Evangile (Matth. IV, 18-22) de cette fête de Saint André le Protoclite (c’est-à-dire le premier appelé, puisqu’en effet il est le premier des apôtres à avoir entendu l’appel personnel de Notre-Seigneur et y avoir répondu), doivent être lus avec un regard contemplatif posé avec admiration et gratitude sur l’amour particulier du Christ notre Sauveur et Maître envers une âme particulière ; une âme qui, touchée par cet amour, s’ouvre et se livre à lui de façon entière et définitive pour épouser le Christ de manière exclusive, et pour se donner entièrement à l’œuvre rédemptrice et sanctificatrice de cet Epoux divin.
Et cela s’accomplit dans et par l’Eglise, institution fondée par le Christ Lui-même, institution établie dans la sainteté, et non structure de péché et de dépravation.

Une première conclusion s’impose au terme de ces réflexions, qui sont loin d’être exhaustives et appellent bien d’autres développements : si des prêtres et des religieux trahissent les engagements solennels, garantis et sanctifiés par l’Eglise, qu’ils ont prononcés au pied des autels, leur faute est en tous points analogue à l’adultère, mais d’une manière infiniment plus grave puisqu’elle est du domaine du sacrilège, et qu’à ce titre elle doit être jugée et sanctionnée avec toute la rigueur qui revient aux sacrilèges.

Ma deuxième conclusion, pour aujourd’hui du moins, est qu’il convient avec la plus extrême vigilance, que les parents, éducateurs, responsables ecclésiastiques, formateurs, conseillers et directeurs spirituels, qui ont affaire avec des personnes manifestant les signes d’une vocation – qu’elle soit sacerdotale ou religieuse -, s’assurent que non seulement elles en aient les aptitudes physiques, morales et intellectuelles, mais en outre qu’elles soient véritablement mues par l’amour de Notre-Seigneur, un amour surnaturel profond, ce qui n’a rien avoir avec une « pieuse » sentimentalité, et qui soit capable de sacrifices puisque l’amour du Christ Notre-Seigneur ne peut aller sans le renoncement à soi et l’embrassement de Sa Sainte Croix.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

à suivre…

Carlo Dolci, martyre de Saint André - 1646 - Palazzo Pitti Florence

 « O bonne croix, qui as tiré ta gloire des membres du Seigneur !
Croix, longtemps désirée, ardemment aimée, cherchée sans relâche,
et enfin préparée à mes ardents désirs,
retire-moi d’entre les hommes, et rends-moi à mon Maître,
afin que par toi me reçoive Celui qui par toi m’a racheté. »
(paroles de Saint André à la vue de la croix de son supplice)

Carlo Dolci : martyre de Saint André (1646)
Palazzo Pitti – Florence

nika

2021-70. Du drapeau de la révolution qui ne peut en aucune manière être le nôtre.

27 novembre,
Fête de la manifestation de la médaille miraculeuse (cf. > ici) ;
Mémoire de Sainte Catherine Labouré, vierge (cf. > ici) ;
Anniversaire de la mort de SM le Roi Clovis 1er le Grand (27 novembre 511 – cf. > ici) ;
Anniversaire de la mort de SM la Reine Blanche de Castille (27 novembre 1252).

Vœu de Clovis à la bataille de Tolbiac Joseph-Paul Blanc 1880 - basilique de Ste Geneviève Paris

« Ô Jésus-Christ, que Clotilde affirme Fils du Dieu Vivant,
Toi qui donnes du secours à ceux qui sont en danger,
et accordes la victoire à ceux qui espèrent en Toi,

je sollicite avec dévotion la gloire de Ton assistance :
si Tu m’accordes la victoire sur ces ennemis,
et si j’expérimente la vertu miraculeuse que le peuple voué à Ton Nom déclare avoir prouvé qu’elle venait de Toi,
je croirai en Toi, et me ferai baptiser en Ton Nom ».

Vœu de Clovis à la bataille de Tolbiac
(peinture murale de Joseph-Paul Blanc à la basilique de Sainte Geneviève – profanée en « panthéon »- à Paris)

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A l’occasion de l’anniversaire de la mort de Clovis ce 27 novembre, et dans la continuité tant du texte du Rd Père Thomas publié ce 25 novembre (cf. > ici) que de celui relatif à la légende du blason fleurdelysé de nos Rois que nous avions publié en 2015 (cf. > ici) , je vous invite à lire mes réflexions au sujet du drapeau de la révolution :

Il y a quelques jours de cela, certains se sont émus et sont montés au créneau, sur les réseaux sociaux, après que la presse a révélé que le locataire (qui d’ailleurs ne paye pas de loyer) de l’hôtel d’Evreux, rebaptisé « palais de l’Elysée », a fait modifier la teinte bleue du « drapeau de la république ». Tout un chacun a pu apprendre à cette occasion que Monsieur Valéry Giscard, dit d’Estaing, avait, en son temps, éclairci cette teinte bleue pour la rendre identique à celle du drapeau européen : qui s’en souvenait ?
Bref ! Monsieur Emmanuel Macron, lui, a voulu revenir à la couleur « d’origine » : celle de la grande révolution. 

Je ne sais pas (parce que je ne perds pas de temps à les lire) quelles ont été les réactions dans les milieux républicains. C’est d’ailleurs sans intérêt.

En revanche, j’ai assisté de loin à des joutes assez surréalistes dans des espaces où s’expriment des royalistes légitimistes.
Surréalistes, parce que des personnes, qui se prétendent monarchistes et se déclarent en faveur de Monseigneur le Duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, ont exprimé à cette occasion une forme d’attachement à peine croyable pour le drapeau tricolore.
Quelle que soit la nuance de son bleu, ce drapeau est dans son essence le drapeau de la révolution, le drapeau de l’opposition farouche et fanatique à la monarchie capétienne traditionnelle, à la royauté de droit divin, à la Couronne des Lys.

L’argument principal de ceux qui manifestent un attachement quasi viscéral au drapeau tricolore réside dans le fait que nos ancêtres qui, pendant deux siècles, se sont battus pour la France, voire sont morts pour elle, l’ont fait sous ses couleurs.
Certains semblent même vouloir reprendre les accents de Lamartine, lors de cet épisode magnifié jadis par les livres scolaires de la troisième république, où, pendant la révolution parisienne de 1848, il avait défendu le drapeau tricolore contre le drapeau rouge que voulaient imposer certains : « Conservons avec respect, citoyens, le drapeau tricolore qui a fait le tour du monde avec la République et l’Europe, avec nos libertés et nos gloires ! » Mon vieil instituteur de « la laïque » avait des trémolos à la Malraux dans la voix et presque des larmes dans les yeux lorsqu’il nous lisait cela, quand j’étais au Cours Moyen.

Certes, nous devons un immense respect à ceux qui ont combattu et qui sont tombés pour la défense de la Patrie, nous avons le devoir (qui découle du quatrième commandement de Dieu) de garder avec reconnaissance la mémoire de leurs sacrifices et de leur héroïsme, mais il ne faut pas exagérer non plus : si, par la force des choses, ils combattaient sous ce drapeau, le nombre de ceux qui combattaient vraiment pour lui est très minoritaire, malgré l’endoctrinement républicain qui a toujours œuvré pour que l’on confondît la « patrie réelle » avec le système républicain.
L’écrasante majorité de nos ancêtres s’est battue pour la France, pour la terre – au sens le plus physique et réaliste – que nous tenons de nos pères, pour la défense de leurs foyers et de leurs familles, pour la liberté et la prospérité des leurs.
Mais bien peu l’ont fait par idéologie et pour une abstraction politique.
Alors oui, pendant environ deux siècles, des Français se sont battus, certains jusqu’à la mort, sous ce drapeau, mais pendant bien davantage de siècles auparavant nos ancêtres ont combattu pour la France sous d’autres étendards.
Pourquoi ne faudrait-il se souvenir que de ces couleurs-là et les sacraliser au nom du sang versé sous elles, pour les opposer, au point de les enfouir à jamais dans les oubliettes de la mémoire, aux drapeaux de notre Royauté multiséculaire ?
L’argument – d’ordre essentiellement affectif et sentimental en définitive – tiré de l’honneur rendu aux héros français tombés au champ d’honneur pendant les guerres de la république n’en est pas un.
Il faut d’ailleurs se souvenir que de toutes les guerres survenues depuis la grande révolution, la France seule n’en a jamais gagné qu’une : la conquête de la Barbarie, terres qui allaient devenir l’Algérie, qui fut menée sous le drapeau blanc.
Toutes les autres guerres, à commencer par cette grande guerre contre tous les pays d’Europe qui va de 1792 à 1815 (car ce n’est qu’une unique guerre initiée par les tribuns de l’instauration de la Terreur, et continuée par le Buonaparte, qui a vu certes quelques batailles remarquables sur le plan stratégique au point qu’on les a nommées « victoires », mais qui n’en furent pas véritablement puisqu’elles ne faisaient que provoquer le rebondissement des hostilités), oui TOUTES, n’ont jamais pu être gagnées par la France seule : les victoires françaises des XIXème et XXème siècles n’ont pu avoir lieu qu’avec le soutien ou le secours de puissances extérieures.
Voilà bien de quoi relativiser la gloire prétendument attachée au drapeau de la révolution !

Fidèles aux recommandations du Comte de Chambord – notre cher Henri V -, les Légitimistes s’attachent aux principes davantage qu’aux frissons épidermiques d’un romantisme qui fait vibrer de manière sentimentale, quand cela lui convient, la fibre patriotique.
Ils ne peuvent considérer que le drapeau de la Terreur et de la révolution a gagné des « lettres de noblesse » (il ne manquerait plus que cela !) du seul fait que le sang français a été répandu sous lui, et bien souvent à cause de lui, puisque les principes de la révolution qu’il représente ont été les ennemis de la paix de l’Europe et du monde. Il n’est pour s’en convaincre qu’à se souvenir que Georges Clémenceau a refusé, par pure idéologie, toutes les propositions de paix qui furent faites à la France en 1917, au mépris absolu des souffrances et du sang des jeunes Français ; ce n’était en effet pas la paix qu’il recherchait, mais l’anéantissement de la dernière grande puissance catholique en Europe : l’empire des Habsbourg.
Le drapeau tricolore sera toujours le drapeau de la révolution : le drapeau de la révolution devenue institution dans la république, le drapeau de la haine de l’ordre social chrétien, le drapeau du rejet du droit divin, le drapeau qui incarne les « droits » de l’homme qui conteste les droits et les lois de Dieu.

C’est ce drapeau tricolore qui, d’abord sous forme de cocarde, a signifié, dès le lendemain de la prétendue « prise » de la Bastille, l’affaiblissement et la prise en otage du pouvoir royal ; c’est ce drapeau tricolore qui a présidé à la sacrilège messe de la fête de la fédération ; c’est ce drapeau tricolore qui a présidé à la spoliation des biens de l’Eglise puis aux milliers de sacrilèges perpétrés contre la Sainte Eucharistie et aux innombrables profanations et destructions des saintes reliques, des statues les plus vénérables de la Très Sainte Mère de Dieu et des saints ; c’est ce drapeau tricolore qui a présidé au procès du Roi sacré, à ses humiliations et à son assassinat ; c’est ce drapeau tricolore qui a présidé à des milliers d’exécutions de bons Français fidèles à Dieu et au Roi dans tout le Royaume ; c’est ce drapeau tricolore qui a présidé aux abominations du procès et de l’assassinat de la Reine ; c’est ce drapeau tricolore qui a présidé à l’abrutissement du petit Roi martyr dans les horreurs de sa claustration avilissante ; c’est ce drapeau tricolore  qui a présidé à l’écrasement de la Vendée dans le sang, et qui a présidé à la mort ou aux exécutions de nos véritables héros : Cathelineau, La Rochejaquelein, d’Elbée, Charrette, Stofflet et tous les autres ; c’est ce drapeau tricolore qui a présidé à la persécution contre le pape, à l’enlèvement, à l’emprisonnement et aux funérailles civiles de Pie VI, aux destructions d’églises dans la Ville Eternelle, puis à la captivité de Pie VII et aux persécutions contre le Sacré Collège ; c’est ce drapeau tricolore qui a présidé au pillage des œuvres d’art dans toute l’Europe et au-delà ; c’est ce drapeau tricolore qui a présidé aux près de quinze années de la tyrannie sanguinaire de l’ogre corse qui a dévoré la jeunesse de France ; c’est ce drapeau tricolore qui a présidé à la perfide usurpation orléaneuse de 1830 ; c’est ce drapeau tricolore qui a présidé aux expulsions des congrégations religieuses et à la laïcisation de l’enseignement, puis à l’apostasie officielle de la France et à la spoliation des édifices du culte ; c’est ce drapeau tricolore qui a présidé à l’envoi au casse-pipe des jeunes hommes de nos campagnes qui ne s’en sont jamais relevées ; ce sont ces trois couleurs qui ont protégé et couvert de honteuses transactions financières occultes et de sordides alliances au profit de la finance internationale… etc.
La liste ne peut être exhaustive, et elle s’allongera toujours tant que ce drapeau tricolore, symbole de la révolution et de ses principes, flottera.

Alors qu’est donc la pseudo gloire des champs de bataille d’un pays abâtardi par la révolution, au regard de tant de méfaits et d’horreurs ?
Nous avons, nous, la chape de Saint Martin, l’oriflamme de Saint-Denis, l’étendard de Charlemagne, la bannière fleurdelysée de Bouvines, les fanions portant les blasons de nos provinces, les enseignes des corps constitués dans un régime d’ordre et de droit, le pavillon de Saint Louis, l’étendard de Jeanne la Pucelle, le pennon de Messire Duguesclin, le panache blanc d’Henri IV, les enseignes des grands maréchaux de Louis XIV, le guidon de Louis XV à Fontenoy, les bannières paroissiales des Vendéens, le drapeau blanc d’Henri V, et – au dessus de tous – la Sainte Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ dont le Roi de France est le lieu-tenant au Royaume des Lys : « In hoc signo vinces » !  

grandes armes de France

2021-69. Choisir un étendard.

Jeudi 25 novembre 2021,
Fête de Sainte Catherine d’Alexandrie, vierge et martyre.

Les membres de la Confrérie Royale s’engagent à sanctifier d’une manière particulière le 25 de chaque mois en redoublant de prières, en offrant avec encore davantage de ferveur qu’à l’accoutumée les exercices du devoir d’état, les peines et les joies de ce jour, en travaillant plus méticuleusement à sa sanctification, lorsque cela est possible en assistant à la Sainte Messe et en offrant la sainte communion à l’intention du Roi, ou encore en accomplissant quelque petit pèlerinage ou acte de dévotion supplémentaire offert à l’intention de Sa Majesté et du Royaume des Lys.
La lettre mensuelle, envoyée à tous les membres ainsi qu’aux amis qui ont manifesté le désir de la recevoir, à l’occasion de ce 25 de chaque mois, est écrite par les prêtres, religieux ou clercs membres de la Confrérie Royale. Son but est de raviver la ferveur et la détermination des membres, en leur proposant des réflexions et approfondissements toujours nécessaires.
Les amis du Refuge Notre-Dame de Compassion (s’ils ne sont pas déjà – ou pas encore – membres de la Confrérie Royale), trouveront eux aussi de grandes richesses et forces spirituelles à lire et méditer ces lettres mensuelles.

Baciccio, Triomphe du Nom de Jésus - Rome, église du Gesù

Giovan Battista Gaulli dit il Baciccio (1639-1709) :
Le triomphe du Saint Nom de Jésus
(Rome, voûte de l’église du Gesù)

fleur de lys gif2

Choisir un étendard

Il ne faut pas se tromper de combat. L’homme est naturellement un guerrier lorsqu’il s’agit d’opérer des choix essentiels pour son existence. Lorsqu’il s’engage dans une ornière, le chemin emprunté est souvent irréversible, sauf à se laisser pétrir vraiment par la grâce de Dieu et à se convertir, à rectifier la trajectoire. Il n’empêche que les options signées alors que nous forgeons notre personnalité durant notre jeunesse, influent de façon irrémédiables, même s’il n’existe aucune fatalité. Par orgueil, par entêtement, nous préférons plus que de coutume de poursuivre sur une voie sans issue plutôt que de reconnaître nos torts et la faillite de notre discernement premier.

                                               En 1951, paraissait un roman, rédigé par un prisonnier politique, Lucien Rebatet, condamné à mort à la Libération, puis gracié et emprisonné jusqu’en 1952, Les Deux Étendards. L’auteur, admirateur de Nietzsche, se définissant comme un « fasciste esthétique », était profondément anticatholique. Il écrira d’ailleurs des horreurs sur le Christ et les chrétiens, ensemble avec Pierre-Antoine Cousteau, dans le Dialogue de vaincus. Aussi est-il étonnant de découvrir sous sa plume ce livre inspiré des Exercices spirituels de saint Ignace, tout particulièrement de cette méditation sur les deux étendards, les deux règnes qui s’affrontent dans le monde. Peut-être parce que ce contempteur de la vérité demeura tout de même torturé par ce qu’il rejetait de toutes ses forces : «Je ne retournerai jamais à l’Église, l’Église avec un grand E. Je n’en ai peut-être jamais été… Mais n’est-il pas possible de rester “du Christ” ? » En tout cas, cela signifie bien que même les ennemis les plus acharnés ne peuvent éviter de choisir en toute connaissance de cause. Prétendre ensuite l’inverse afin de se dédouaner de ses responsabilités dans le mal est un pur mensonge qui ne trompe même pas son auteur.

                                               Notre époque regorge de Rebatet, en moins brillants, en plus paresseux et surtout en plus lâches, mais les deux étendards flottent toujours sous nos yeux et personne ne peut les ignorer. Il suffit que quelques disciples sortent du lot pour que les oppositions les plus violentes s’effritent. Rebatet lui-même avouait dans ce livre hors du commun : « Est-il interdit d’imaginer qu’il existe parmi nous au moins un catholique du temps des cathédrales, que sa foi pourrait encore lancer dans une étonnante expédition spirituelle ? » Nos contemporains ne sont pas, pour la plupart, des païens d’origine. Ils ont plutôt suivi, volontairement ou la subissant passivement, une « déconversion ».

                                               Saint Ignace de Loyola, évidemment dans un contexte historique et religieux fort différent du nôtre, avait connu cette « déconversion », au moins cet attiédissement de la foi à cause de la mondanité, de l’ambition humaine et de l’attachement aux plaisirs terrestres. Le tissu chrétien de sa famille, de son pays, n’avait pas suffi à l’éclairer durant sa jeunesse, pas vraiment débauchée, mais frivole et superficielle, toute occupée à une carrière humaine et à une gloire personnelle. Aussi va-t-il poser, comme fondation d’un possible retournement du cœur, ce qu’il nomme le « principe et fondement » où il affirme : « L’homme est créé pour louer, respecter et servir Dieu notre Seigneur, et par là sauver son âme.  Les autres choses sur la surface de la terre sont créées pour l’homme, pour l’aider à poursuivre la fin pour laquelle il est créé. » ( Exercices spirituels, 23). Cependant, malgré cette finalité inscrite dans la nature de l’homme, beaucoup se détournent de Dieu et préfèrent servir un autre monarque. Saint Ignace, possédant l’intelligence de ce qu’est l’homme, commence par camper un roi humain dont l’autorité légitime serait telle qu’elle attirerait à elle «  tous les chefs chrétiens et tous leurs hommes » (Seconde semaine, 92). Ce roi temporel a existé plusieurs fois au cours de l’histoire. Pensons à un saint Louis de France dont le rayonnement couvrit toute l’Europe. Il est facile et enthousiasmant de servir un tel souverain : « Considérer comment doivent répondre à un roi si généreux et si humain les sujets fidèles, et aussi combien celui qui n’accepterait pas la requête d’un tel roi mériterait d’être blâmé par tout le monde et tenu pour lâche chevalier. » (Seconde semaine, 94). Cet idéal spirituel, celui de la chevalerie et de l’honneur, s’il est louable ne suffit point puisqu’il n’est encore que restreint au monde terrestre. Déjà, certains sont en perte de vitesse et refusent de mettre leur épée sous le sceptre d’un roi revêtu de tant de qualités. Il faut aller plus loin et plus haut, et regarder maintenant le Roi des rois, le Christ notre Seigneur. Son appel est encore plus exigeant : « […] Combien est-ce une chose qui mérite plus d’attention encore que de voir le Christ notre Seigneur, Roi éternel, et devant lui tout l’univers qu’il appelle, en même temps que chacun en particulier, en disant : “Ma volonté est de conquérir le monde entier et tous les ennemis, et d’entrer ainsi dans la gloire de mon Père. Pour cela, celui qui voudra venir avec moi doit peiner avec moi, afin que, me suivant dans la souffrance, il me suive aussi dans la gloire. » (Seconde semaine, 95). La suite du roi temporel réclamait de l’héroïsme. Celle du Roi éternel exige la sainteté, vocation de tout chrétien. La couronne promise n’est point de roses ou de lauriers mais d’épines, comme celle de Notre Seigneur. Les rangs de l’armée s’éclaircissent singulièrement à l’annonce de cette ascèse.

                                               Ce n’est pas tout. Une offrande de tout l’être, par imitation de Jésus-Christ, doit être ratifiée, ceci selon l’état de vie propre à chacun : « Je veux et je désire, et c’est ma détermination réfléchie, pourvu que ce soit votre plus grand service et votre plus grande louange, vous imiter en endurant toutes les injustices et tous les mépris, et toute pauvreté, aussi bien effective que spirituelle, si votre très sainte Majesté veut me choisir et m’admettre à cette vie et à cet état. » (Seconde semaine, 98). Tout est donc en place pour choisir librement, en pleine conscience, l’étendard sous lequel nous désirons combattre durant toute notre vie. Le quatrième jour de la seconde semaine des Exercices est justement consacré à cette méditation essentielle, celle des « deux étendards : « L’un, celui du Christ, notre souverain capitaine et Seigneur ; l’autre, celui de Lucifer, mortel ennemi de notre nature humaine. » (136). La composition de lieu est centrale car il est nécessaire que tous les sens prennent part à cet exercice spirituel. Face à face, le Christ et Satan, pas d’autre choix possible, inutile de tergiverser car l’hésitation ne peut durer indéfiniment : ce sera oui ou non, blanc ou noir, pas les deux à la fois, pas les deux en alternance. Le but est de demander à y voir clair : « Ici, demander la connaissance des tromperies du mauvais chef et le secours pour m’en garder, ainsi que la connaissance de la vraie vie qu’enseigne le souverain et vrai capitaine, et la grâce pour l’imiter. » (139). Par expérience, nous savons que nous sommes des esprits mélangés et que nous penchons tantôt vers le bien, tantôt vers le mal, que le bon grain et l’ivraie sont mêlés dans notre cœur d’artichaut. Il est possible de sortir de ce dilemme. Les saints sont bien là comme des preuves vivantes de cette possibilité. Saint Ignace lui-même a commencé à retourner plus radicalement vers le Christ durant sa convalescence de blessé de guerre dans le château familial en lisant la vie des saints, notamment dans La Légende dorée de Jacques de Voragine et en ayant le désir d’imiter saint François d’Assise, saint Dominique et beaucoup d’autres hérauts de Dieu. Cet attrait n’était pas encore vraiment pur et désintéressé mais il fut comme l’étincelle.

                                               Il fallut plus pour qu’Inigo devînt saint Ignace, il fallut la confrontation entre l’esprit du mal et le Bien absolu : « Imaginer le chef de tous les ennemis, dans ce vaste camp de Babylone, comme assis dans une sorte de grande chaire de feu et de fumée, avec un aspect horrible et terrifiant. » (327) Et ensuite : « Considérer comment le Christ notre Seigneur se tient en un vaste camp dans la région de Jérusalem, en humble place, beau et gracieux. » (144) Le Malin envoie ses hommes pour, par trois échelons : la convoitise des richesses, le vain honneur du monde et l’orgueil immense, conduire les âmes dans tous les autres filets du vice. Notre Seigneur invite à aider tous les hommes en les invitant à la pauvreté matérielle et spirituelle, aux humiliations et aux mépris, et à l’humilité, trois portes ouvrant sur toutes les autres vertus (142 et 146).

                                               Saint Ignace avait vécu dans sa chair et dans son âme l’écartèlement entre le monde et le ciel. Il savait que l’homme n’attend de Dieu généralement qu’un étendard mondain, très humain, trop humain, au ras des pâquerettes. Fyodor Dostoïevsky, dans Les Frères Karamazoff, met en scène un Grand Inquisiteur, – jésuite, ce qui est un comble historique -, condamnant de nouveau à mort le Christ revenu parmi les siens. Tout se joue autour d’un étendard : « Et il en sera ainsi jusqu’à la fin du monde, et lorsque les dieux auront disparu de la terre, ce sera la même chose : l’humanité se prosternera devant des idoles. Tu savais, Tu ne pouvais ignorer ce secret fondamental de la nature humaine, mais Tu as repoussé le drapeau qu’on Te mettait dans la main et qui seul T’aurait assuré sans conteste l’hommage de tous les hommes, — le drapeau du pain terrestre. Tu l’as repoussé au nom de la liberté et du pain céleste. Regarde ce que Tu as fait ensuite. Et encore toujours au nom de la liberté ! Il n’y a pas, Te dis-je, de souci plus douloureux pour l’homme que de trouver à qui déléguer au plus tôt ce don de la liberté avec lequel vient au monde cette malheureuse créature. Mais celui-là seulement s’empare de la liberté des hommes, qui tranquillise leur conscience. Le pain Te fournissait un drapeau incontestable. Devant celui qui lui donnera le pain, l’homme s’inclinera, parce qu’il n’y a rien de plus indiscutable que le pain ; mais si en même temps quelqu’un, en dehors de Toi, s’empare de la conscience humaine, — oh, alors l’homme abandonnera même Ton pain pour suivre celui qui séduira sa conscience. »

                                               L’étendard du pain a pris bien d’autres formes depuis deux siècles. Dostoïevsky l’avait clairement pressenti. Le Grand Inquisiteur se croit pur et il condamnera le Christ pour sauver le monde selon ce qu’il a conçu, pour le bien des hommes, dit-il : « Sache que je ne Te crains pas. Sache que moi aussi j’ai été dans le désert, que moi aussi je me suis nourri de sauterelles et de racines, que moi aussi j’ai béni la liberté donnée par Toi aux hommes, et que je me préparais à être compté au nombre de Tes élus, au nombre des puissants et des forts. Mais je me suis réveillé de ce rêve et je n’ai pas voulu me mettre au service d’une folie. Je suis allé me joindre au groupe de ceux qui ont corrigé Ton œuvre. J’ai quitté les fiers et suis revenu vers les humbles pour faire le bonheur de ces humbles. Ce que je Te dis se réalisera et notre empire s’élèvera. Je Te le répète, demain Tu verras, sur un signe de moi, ce troupeau obéissant apporter des charbons brûlants au bûcher sur lequel je Te ferai périr parce que Tu es venu nous déranger. Si en effet quelqu’un a mérité plus que personne notre bûcher, c’est Toi. Demain je Te brûlerai. Dixi. »

                                               Nous avons choisi notre étendard, celui du roi temporel choisi par Dieu et celui du Roi éternel. La tentation est récurrente de regarder vers Babylone, tout en se croyant à Jérusalem ; Par petits pas, par des concessions minuscules, il nous arrive de préférer la chaire de feu et de fumée, d’autant plus en ces temps où nulle voix n’enseigne plus, dans la chaire de vérité, que Notre Seigneur doit être servi le premier.

                                                           P. Jean-François Thomas s.j.
                                                           25 octobre 2021
                                                           SS. Chrysanthe et Darie

Luca Signorelli, Les Damnés - Orvieto, cathédrale, chapelle San Brizio

Luca Signorelli (c. 1450 – 1523) :
les damnés
(cathédrale d’Orvieto, chapelle San Brizio)

2021-68. « Pour étouffer par avance toute révolte… »

Les lignes qui suivent sont connues et souvent reprises en ces jours-ci sur les réseaux sociaux.
Il est vrai que si elles ont été publiées en 1956 par le philosophe juif allemand Günther Anders, dans son ouvrage « L’obsolescence de l’homme », soixante-cinq ans plus tard elles donnent l’impression d’avoir été écrites sous une inspiration prophétique.
Il nous a paru bon de les reprendre également dans les pages de ce blogue tant la réalité qu’elles décrivent – notre réalité politique aujourd’hui – fait ressortir la sagesse et la clairvoyance des messages de notre Souverain légitime.

Mains de prisonnier

« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut surtout pas s’y prendre de manière violente.
Les méthodes archaïques comme celles d’Hitler sont nettement dépassées.
Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées (…).

Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique le niveau et la qualité de l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle.
Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations matérielles, médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste (…), que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.
Surtout pas de philosophie.

Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements abrutissant, flattant toujours l’émotionnel, l’instinctif.
On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique.

Il est bon avec un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de s’interroger, penser, réfléchir.

On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme anesthésiant social, il n’y a rien de mieux.

En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité, de la consommation deviennent le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.

Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur (qu’il faudra entretenir) sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions matérielles nécessaires au bonheur.
L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un produit, un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau.
Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité, son esprit critique est bon socialement, ce qui risquerait de l’éveiller doit être combattu, ridiculisé, étouffé…

Toute doctrine remettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutiennent devront ensuite être traités comme tels.

On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir. »

Günther Anders
« L’obsolescence de l’homme » – 1956

boulet de prisonnier

2021-67. « De plus en plus de personnes se rendent compte que le modèle actuel de société est à bout puisqu’il ne sert plus l’homme. »

19 novembre 2021.

Ceux qui reprochent à Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, ne pas être présent en France et de ne pas s’investir dans la vie publique, montrent à l’évidence soit qu’ils sont totalement ignorants soit qu’ils sont de mauvaise foi, puisque Sa Majesté vient régulièrement en France, communique par des messages (que nous diffusons ici à notre modeste mesure) à la teneur aussi riche que dense, rencontre des personnes engagées dans la société pour les écouter et encourager les initiatives qui peuvent contribuer au bien commun.
A ce sujet, il faut signaler en particulier que le Prince Louis de Bourbon encourage la « Nuit du Bien Commun », organisation co-fondée en 2017 à Paris par Stanislas Billot de Lochner, Pierre-Edouard Stérin et Thibault Farrenq, dans le but de soutenir ceux, nombreux, qui œuvrent pour le bien commun, mais auxquels, jusqu’à présent manquait un lieu, un rendez-vous, permettant à des projets et à des donateurs de se rencontrer.
La notion de bien commun est fondamentale en saine politique. Elle a été essentielle dans la politique de nos Rois, et la république des affaires a, là encore, opéré un détournement en ne parlant plus que d’ « intérêt général ».
Ce lundi 15 novembre, Monseigneur le Duc d’Anjou était présent à l’Olympia où a eu lieu la 5ème édition de la « Nuit du Bien Commun », qu’il avait lui-même annoncée deux semaines auparavant par un éditorial rappelant des questions de fond dans l’hebdomadaire « Valeurs Actuelles ».

Louis XX à la Nuit du Bien Commun 15 novembre 2021

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,
le lundi 15 novembre 2021 lors de la « Nuit du Bien Commun », à Paris

Voici le texte de l’éditorial signé par Monseigneur le Prince Louis de Bourbon publié dans le n°4432 de l’hebdomadaire « Valeurs Actuelles »  (du 4 novembre 2021) p.12 :

Le bien commun,
marque d’une société ordonnée à des fins supérieures

Perdu de vue par un Etat devenu distributeur de droits, le Bien commun est redécouvert par les structures élémentaires de la société, qui le remettent au cœur du monde de demain.

Comme le beau, le juste ou le vrai, le bien faisait partie de l’armature fondatrice de notre société, héritage de 15 siècles de message chrétien. Dans la sphère publique on parlait plus couramment de bien public ou commun, parangon de la chose publique ou Res publica résultant d’une longue tradition politique qui reposait sur l’Etat garant des intérêts supérieurs de tous. L’homme doit y tendre tout autant que l’Etat, du moins est-ce ainsi que je le ressens comme descendant de Saint Louis. Cette volonté, autant individuelle que collective, de se transcender par le don et la gratuité, donne du sens à la vie privée et à la pratique publique.

La France a pu, ainsi, développer son modèle social, le roi étant dès les premiers capétiens, le garant de ce bien commun, de ce bien public qui a permis à la Couronne puis à l’Etat de conserver longtemps sa qualité d’arbitre des passions. L’actuelle crise des institutions a fait vaciller cette notion de bien commun au profit d’intérêts privés plus ou moins puissants et contradictoires. Ce qu’on croyait immuable comme découlant d’un droit naturel jusqu’alors évident pour tous, peu à peu s’est délité. L’action publique détachée de la finalité du bien commun qui permet de souder la nation, n’assure plus le consensus social nécessaire à la communauté de destin.

Notre société post-moderne est celle de l’individualisme sans frein qui conduit à laisser les plus humbles sur le bord de la route. Au bien commun et au service, la société, trop souvent, s’est mise à préférer la revendication de droits inspirés par des minorités. Des droits, sur tout et pour tout : au logement, à la santé, à l’enfant voire au sexe ; droits économiques, civiques, droits sociaux etc. Cette accumulation crée autant de dérèglements, car ces droits n’ont plus, pour les équilibrer, les devoirs que la finalité du bien public garantissait. Le lien social s’est distendu et la redistribution par l’Etat, l’impôt et les privilèges sectoriels ne peuvent y suffire.

Comme dans toutes les crises, par une subsidiarité bien comprise, le bien commun est désormais réhabilité par la sphère privée. C’est dans le cercle des familles et d’entrepreneurs sachant aller hors des sentiers battus que le retour de la recherche du Bien commun apparait désormais comme essentiel pour que la société puisse retrouver du sens et se réinscrire dans des perspectives d’un futur collectif et partagé. Le bien commun a l’avantage de pouvoir être exercé par tous. Riches et pauvres, enfants ou adultes sont sur ce point à égalité. Mû par ce souci, chacun peut agir en donnant un peu plus que ce qu’il reçoit, en partageant se part de gratuité. Pour les plus riches c’est l’occasion de rappeler que la propriété est plus une fonction qu’une richesse. Plus un service qu’un privilège. Que l’avoir ne peut remplacer l’être.

Tendre au Bien commun est le fait d’une société ordonnée à des fins supérieures et qui dépasse l’égoïsme de la satisfaction individuelle. La société à laquelle aspirent tous ceux qui ne se retrouvent plus dans celle qui leur est actuellement offerte. Sans lui l’édifie social est ébranlé. Il est, en effet, le premier lien entre les hommes qui permet à chacun de recevoir et de donner jusqu’au sacrifice s’il le faut. Cela était naturel pour nos aïeux. Le bien commun habitait « ceux de 14 », honorés cette semaine, comme il anime toujours nos soldats qui veillent pour nous, dans des opérations souvent lointaines. Sans le sens du bien commun que serait le devoir ? Ces exemples signifient qu’au-delà de la démission qui frappe un grand nombre, il y a le sursaut d’autres. Voilà ce qui compte !

Heureusement, le souci du bien commun anime les meilleurs, ne fussent-ils encore qu’une petite cohorte. Je suis admiratif des expériences dont on me fait part, d’initiatives comme celle de la Nuit du Bien Commun (cf. > ici). Là c’est une Fondation, ici un fonds de dotation, là encore, des actions ponctuelles. Autant de projets au service du Bien commun. De plus en plus de personnes se rendent compte que le modèle actuel de société est à bout puisqu’il ne sert plus l’homme. Face à tant de vacuité et de perversions des idées et parfois même des institutions, des principes supérieurs sont redécouverts non seulement pour eux-mêmes mais encore plus parce qu’ils sont reconnus comme fondamentaux. Sans eux, la vie commune est impossible. Ce sont la défense de la vie de la conception aux derniers jours, la primauté de la famille naturelle et du respect de son devoir d’éduquer les enfants.

Le Bien commun ainsi est progressivement réaffirmé et redevient l’objectif de ceux qui sont les pionniers lucides du monde d’après. Tel est ce dont témoignent les dossiers qui seront présentés lors de la Nuit du Bien commun dont la majorité porte sur la famille, la formation et l’accompagnement à la personne. Ils méritent tous d’être aidés. Ainsi, le bien commun redevient un puissant levier du dynamisme social dont a tant besoin la France d’aujourd’hui pour préparer celle de demain.

Louis,
Duc d’Anjou

grandes armes de France

2021-66. « Je descendis donc la rive droite du Rhône jusqu’au premier olivier… »

19 novembre,
Anniversaire du rappel à Dieu de Monsieur l’Abbé Bryan Houghton ;
Fête de Sainte Elisabeth de Hongrie, reine et veuve.

abbé Bryan Houghton

Monsieur l’Abbé Bryan Houghton (2 avril 1911 – 19 novembre 1992)

frise

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Vous savez quelle admiration nous entretenons pour ces bons prêtres qui dès la fin du concile vaticandeux et les débuts de la réforme liturgique qui l’a suivi, sont entrés en résistance et ont maintenu, envers et contre tout, la Sainte Messe latine traditionnelle, dans des conditions souvent très éprouvantes, au plan psychologique comme au niveau matériel.
En cette année 2021 particulièrement, avec le « motu sordido » (nous avons adopté le jeu de mots de l’un de nos amis, car il est évident que l’on ne peut accorder à ce document le bénéfice d’aucune propreté morale, d’aucune honnêteté intellectuelle et encore moins le lier à quelque charité ou sollicitude pastorale) publié le 16 juillet dernier, l’exemple de ces prêtres « résistants », courageux et inébranlables, est plus que jamais d’actualité !
Dans les pages de ce blogue, nous avons déjà fait mention à plusieurs reprises de feu Monsieur l’Abbé Bryan Houghton (cf. en particulier > ici, et > ici) et reproduit certains de ses textes (cf. > ici, > ici et > ici) ; nous voulons aujourd’hui vous rappeler ce passage, tout à la fois dramatique et désopilant, dans lequel il a raconté les circonstances de son arrivée à Viviers et la manière dont il obtint de célébrer la sainte Messe traditionnelle au maître-autel de la cathédrale tous les jours de semaine.

Putti - maître-autel de la cathédrale de Viviers

Angelots : détail du maître-autel de la cathédrale Saint-Vincent de Viviers

On se souvient que l’abbé Houghton avait envoyé à son évêque une lettre de démission de sa charge de curé qui prenait effet, de manière tout-à-fait significative, le jour où entrait en vigueur la « nouvelle messe », c’est-à-dire au premier dimanche de l’Avent 1969 :

« (…) Je partirai le samedi 29 novembre 1969, à minuit.
Pour tout dire, le 20 octobre, la commission du cher vieux cardinal Lercaro publia une « instruction » qui précisait que la messe ancienne pouvait être dite : par les prêtres retirés, ou par les prêtres âgés, et sine populo c’est-à-dire sans assistance (…). Je n’avais que cinquante-huit ans, mais mon gâtisme était assez avancé pour que je souhaite dire l’ancienne messe (…).
Donc, je prenais ma retraite. Mais on ne prend pas sa retraite dans l’abstrait. Il faut se caser quelque part. Il m’était impossible de rester en Angleterre car une querelle n’aurait pas attendu l’autre : avec les évêques, avec le clergé, les réformateurs, les traditionalistes – avec tout un chacun. Non, il fallait quitter l’Angleterre et m’installer à l’étranger où tout le monde sait que les Anglais sont des handicapés mentaux, ce qui me vaudrait d’être traité avec douceur.
On m’offrait un asile merveilleux en Toscane – mais c’était bien loin. Quoi qu’il arrive, je suis Anglais : je devais pouvoir retourner au pays de temps à autre. D’un autre côté, il aurait été absurde de ne pas profiter du Midi. Je décidais de m’installer à la frontière nord du Midi. Oui, mais qu’est-ce qui marque cette frontière ? Oh, c’est très simple : les oliviers.

Je descendis donc la rive droite du Rhône jusqu’au premier olivier.
Le premier, à Lafarge, était passablement rachitique. Je m’arrêtais à la ville suivante, Viviers.
J’avais sur moi un chèque de banque : l’après-midi même, j’achetai une maison dans la Grand’Rue. En matière de vitesse pure, le notaire n’avait jamais rien vu de semblable.

Viviers : la cathédrale Saint-Vincent au coeur de la "ville-haute"

Viviers : la « ville haute » ou « château » qui enferme la cathédrale Saint-Vincent dans un ensemble fortifié
où l’on trouve les anciennes maisons des chanoines et les restes du palais épiscopal médiéval.

Mon acquisition de la Grand’Rue était une jolie vieille maison construite au XVe siècle, restaurée au XVIIIe.
Je la repris de fond en comble : toiture, chauffage central, salle de bains, adoucisseur d’eau, etc. Mais, je dois le reconnaître, la Grand’Rue était plutôt misérable. Je savais lequel de mes voisins avait battu sa femme avant d’aller se coucher. Cela ne me dérangeait pas. Après tout, ma vie était finie. J’étais inutile – je ne pouvais pas être un de ces sacrés curés. Rien d’étonnant à ce que j’habite un bas quartier. Je savais que mes amis anglais ne s’en inquiéteraient pas, en grande partie par ignorance, et je ne pensais pas que mes amis français ne se préoccuperaient guère de ce que je devenais (…). Je dois avouer que j’avais mal jugé les Français. Ils furent d’une extraordinaire fidélité. Pas un ne manqua à l’appel. Les uns après les autres, ils explorèrent avec une certaine surprise, ma Rue-des-taudis. Mme de B… n’était jamais allée dans un endroit pareil. Elle repartir vers sa voiture et demanda à son chauffeur de l’accompagner jusque chez moi. Par égard pour eux, l’année suivante, j’achetai ma merveilleuse demeure au « château ».

Viviers est une charmante petite ville de trois-mille-six-cents habitants, faubourgs compris. Elle a été la capitale du Vivarais, province du Saint-Empire romain jusque vers 1306 où elle devint terre du Royaume. Elle possède le plus vieux sans doute des ghettos de France, car les Juifs n’avaient pas droit de cité en France, alors qu’ils l’avaient dans l’Empire. Parmi les conditions du rattachement, il y avait le maintien du ghetto. C’est aujourd’hui la rue de la Chèvrerie – probablement une corruption de Juiverie ! Elle est bordée d’un grand nombre de maisons du XIIIe siècle .
Dans l’ensemble, la ville est restée dans le piteux état où elle se trouvait à la fin des guerres de Religion dont elle souffrit beaucoup  [note du blogue du Maître-Chat : la vieille ville de Viviers a fait, depuis plusieurs années maintenant, l’objet d’une importante campagne de réhabilitation et est devenue un quartier sauvegardé qui enchante les visiteurs]. Il y a cependant quelques très belles constructions du XVIIIe dues à l’infatigable Jean-Baptiste Franque, le grand architecte d’Avignon qui fut ville papale et se donna les attributs d’une petite métropole. Viviers est ville épiscopale depuis le Ve siècle. L’évêché, dessiné par Franque, est devenu l’hôtel de ville. L’évêque est installé dans un autre édifice de Franque, l’hôtel de Roqueplane, plus petit mais peut-être plus réussi encore. Ces deux bâtiments sont au niveau de la vieille ville. Du haut de son rocher, le « château » la domine. Il enferme la cathédrale et son campanile, seize maisons anciennes, un horrible couvent moderne et une magnifique terrasse où se dressait la forteresse défensive jusqu’à ce que les guerres de Religion l’endommagent et que le cardinal de Richelieu la fasse raser (…).

Aussitôt arrivé à Viviers, je téléphonai à l’évêque. Je découvris un homme doué d’une forte personnalité, vif, intelligent, agréable. Il ferait un évêque parfait s’il avait une once de religion. J’entends par là le « théocentrisme » – la piété. Il est résolument anthropocentriste et progressiste. Il est évêque de Viviers depuis 1964, soit plus de vingt-cinq ans [note du blogue du Maître-Chat : il s’agissait alors de Monseigneur Jean Hermil, qui partit en retraite en novembre 1992]. Vers 1950, l’évêque de Viviers ordonnait une vingtaine de prêtres par an : dix pour son diocèse et dix pour d’autres diocèses ou des ordres religieux. Quand il est arrivé, il devait encore ordonner une dizaine de prêtres pour le diocèse. Je crois qu’il n’y a eu aucune ordination en 1970, pour la première fois depuis 1792. C’est arrivé plusieurs fois depuis. Il y a, au moment où j’écris, deux étudiants au grand séminaire, dont l’un n’ira pas jusqu’au bout. C’est réellement tragique. En 1770, la construction d’un énorme bâtiment s’achevait : un grand séminaire pour trois-cents étudiants. Il abritait encore deux douzaines de séminaristes quand je suis arrivé en 1969. Il est désormais loué à qui désire disposer de locaux assez vastes : animateurs de sessions de formation, synodes protestants, rassemblements musulmans, et ainsi de suite.

Cathédrale de Viviers - sanctuaire

Viviers, vue d’ensemble de la cathédrale Saint-Vincent
avant les dégradations récentes perpétrées pour célébrer la liturgie réformée postconciliaire
(voir notre article du printemps 2017 >
ici).

 J’ai dit que la cathédrale est à l’intérieur du château. Même au Moyen-Age, Viviers était une assez petite ville. La cathédrale est à sa mesure. On construisit au XIIe siècle l’édifice roman typique avec nef et bas-côtés. Vers 1500, le chœur fut remanié et prit la forme d’une grande abside sans bas-côtés. Il est remarquable par les nervures flamboyantes de sa voûte et sa décoration Renaissance. Au cours des guerres de Religion, la nef fut partiellement détruite. La paix revenue, comme il n’y avait pas d’argent pour la réparer, on se contenta de couvrir d’un toit de bois la nef très abaissée et les bas-côtés. Au XVIIIe siècle enfin, on put trouver l’argent et l’homme idoine, l’inévitable Franque. Sa restauration supprima les bas-côtés, ce qui donna la même largeur à la nef et au chœur, et lança trois arcs triomphaux pour soutenir la toiture. Le résultat est enchanteur : les trois grandes arcades conduisent à une salle de bal flamboyante. Le chœur est orné de stalles majestueuses qui entourent un magnifique maître-autel. Dans sa partie authentique (la moitié inférieure), il est en marbre incrusté et porte tous les signes d’un travail de Savone, mais un archiviste m’a certifié qu’il avait été payé à Marseille. Je suppose donc qu’une entreprise de Marseille avait embauché des ouvriers de Savone. C’est une œuvre splendide. J’y célèbre quotidiennement la messe en semaine.

Quand j’arrivais à Viviers en 1969, il y avait encore un chapitre à la cathédrale et les chanoines disaient l’office avant et après la messe capitulaire. Tout le monde, évêque compris, était terrorisé par le doyen Chaussinand, âgé de quatre-vingt-douze ans, qui avait pour gouvernante sa sœur, elle-même âgée de quatre-vingt-seize. L’évêque me permit de dire une messe privée à la cathédrale pourvu que le doyen donne son accord. Je m’adressai donc au doyen et pris mon air le plus gracieux pour lui demander les clés de la sacristie. « Certainement pas ! Je ne vous connais ni d’Eve ni d’Adam. Le fait que vous soyez prêtre ne vous empêche pas d’être un bandit ou un voleur. Si vous voulez dire la messe, vous la direz au maître-autel puisque ce salaud d’évêque a fait enlever tous les autres – sans la permission du chapitre – sauf celui de la chapelle de la Vierge pour la messe capitulaire. Vous devrez être là quand j’ouvre la sacristie, à huit heures moins le quart. Vous devrez l’avoir quittée à neuf, quand je la ferme ». J’obéis avec déférence à ce personnage décidé.
Le 18 juillet 1970, pour la fête de Saint Camille de Lellis, suivant l’ancien calendrier, je dis la messe en ornements blancs. J’enlevais mes ornements lorsque le doyen fit son apparition :
- Pourquoi avez-vous pris les ornements blancs ? Vous ne saviez donc pas qu’il fallait mettre les verts aujourd’hui ?
- Non. J’ai dit la messe de Saint Camille.
- Quoi ? Vous avez dit la messe de Saint Camille ? Mais alors, vous êtes un homme pieux et honnête ! Je vous donne les clés de la sacristie. Vous pouvez dire la messe quand vous voudrez. Je suis Camille Chaussinand.
Quel autre qualificatif donner à cet arrangement que celui de providentiel ?

Le doyen mourut quelques mois plus tard. L’évêque se dépêcha de supprimer le chapitre. Je suis donc, en semaine, le seul prêtre à dire la messe à la cathédrale. Ce faisant, je ne puis m’empêcher d’évoquer la piété séculaire qui me permet de célébrer les mystères sacrés dans un cadre aussi beau.
Il est ainsi une cathédrale française où la seule messe dite en semaine est la messe ancienne.

Bryan Houghton, « Prêtre rejeté » 1ère édition 1990
2ème édition augmentée 2005
pp. 103-110

Cathédrale de Viviers : le maître-autel

Cathédrale Saint-Vincent de Viviers : le maître-autel où célébrait Monsieur l’Abbé Houghton
(depuis plusieurs années maintenant, malheureusement, ce splendide autel a été exécré:
le « tombeau » contenant les saintes reliques a été fracturé. Il est en l’état actuel impropre à la célébration de la sainte messe).

2021-65. Nos cartes de vœux pour Noël et l’an nouveau.

16 novembre 2021,
Fête de Sainte Gertrude d’Helfta (cf. > ici et > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Comme les années précédentes, nous avons fait imprimer des cartes de vœux pour Noël et la nouvelle année, qui sont dès à présent disponibles, et qui donc, si elles vous intéressent, peuvent nous être commandées : vous trouverez ci-dessous toutes les indications pratiques pour le faire.
Nous commander quelques unes de ces cartes, pour lesquelles nous choisissons avec soin des œuvres artistiques qui nous semblent particulièrement conformes à l’envoi de « vœux catholiques », contribue à aider le Refuge Notre-Dame de Compassion, qui a toujours besoin de soutien financier, autant que spirituel et amical, pour continuer à exister.

Nous avons fait réimprimer trois de nos anciens modèles qui ont particulièrement plu :

Modèle 1 :
« Adoration des Mages » de Theodor van Loon (1581-1649), dans un décor bleu-roi avec l’ange de la Nativité et la mention « Meilleurs Vœux ».
Carte double pliée – format 18,2 cm x 11,7 cm (avec enveloppe).

cartes de vœux modèle 5

Modèle 2 :
« Vierge à l’enfant », détail d’un vitrail des ateliers Hardman (1838-2008)
Carte double pliée – format 14 cm x 14 cm (avec enveloppe).

cartes de vœux modèle 4

Modèle 3 :
« Adoration des Mages » de Corrado Giaquinto (1703-1765)
Carte double pliée – format 11,7 cm x 18,2 cm (avec enveloppe).

Adoration des Mages Corrado  Giaquinto

Modèle 4 :
« Adoration des Mages » de Giuseppe Peroni (1700-1776)
Carte double pliée – format 11,7 cm x 18,2 cm (avec enveloppe).

Adoration des Mages Giuseppe Peroni

Modèle 5 :
« Adoration des Anges » détail d’un vitrail de l’église Saint-Aidan de Montréal (Québec)
Carte double pliée – format 11,7 cm x 18,2 cm (avec enveloppe).

Adoration des Anges Vitrail église Saint-Aidan Montréal Québec

Précisions importantes :
- Toutes nos cartes sont des cartes dites « de luxe », glacées.
- Toutes nos cartes sont au tarif de 2,50 € à l’unité (+ frais de port)
- Pour une commande de 10 cartes et plus, les frais de port sont offerts.

Pour commander :
Il suffit de nous écrire au moyen du formulaire qui se trouve ici
En nous indiquant très exactement :
1) Les modèles que vous désirez et le nombre de cartes voulues pour chaque modèle ;
2) Votre adresse postale ;
3) Le moyen de règlement choisi (Paypal ou chèque).

Nous nous emploierons à vous faire parvenir votre commande dans les meilleurs délais.

Lanterne de Noël

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Chronique de Lully, De liturgia | le 16 novembre, 2021 |2 Commentaires »

Louange de Saint Albert le Grand à la Très Sainte Mère de Dieu : « Sainte Marie, Flambeau du ciel et de la terre ».

Monogramme Marie 2

Apparition de la Très Sainte Vierge Marie à Saint Albert le Grand - Vicente Salvador Gomez

Vicente Salvador Gomez (1637-1700) :
Apparition de la Très Sainte Vierge Marie à Saint Albert le Grand.

Sainte Marie, Flambeau du ciel et de la terre, comme votre nom l’indique ; de cette terre que vous avez éclairée sur les mystères de votre Fils, Verbe du Père éternel, mystères cachés en Dieu dès le commencement ; vous qui avez illuminé la lumière des anges mêmes, accordez-moi une intelligence lumineuse, des conceptions justes, un esprit fort, une science sûre, une foi solide avec une parole correspondante, qui procure la grâce à mes auditeurs ; c’est-à-dire une parole qui serve à l’affermissement de la foi, à l’édification de la sainte Église et à l’honneur du Nom sacré de votre Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ, une parole qui ne cesse de publier vos louanges et d’annoncer vos miséricordes.

Qu’elle redise, cette parole, ô Marie, que vous ne cessez point d’accabler des dons de votre miséricorde un pécheur aussi indigne que moi, et de manifester par sa bouche les prodiges de votre toute-puissance !

Soyez bénie, ô humanité de mon Sauveur, qui avez été unie à la divinité dans le sein d’une mère vierge !
Soyez bénie, ô sublime et éternelle Divinité, qui avez voulu descendre jusqu’à nous sous l’enveloppe de notre chair !
Soyez bénie à jamais, Vous qui avez été unie à une chair virginale par la vertu de l’Esprit-Saint !

Je vous salue, vous aussi, ô Marie, vous en qui la plénitude de la Divinité a fait sa demeure !
Je vous salue, ô vous en qui habita la plénitude de l’esprit-Saint !
Que soit bénie également la très pure humanité du Fils qui, sacrée par le Père, est sortie de vous !
Je vous salue, virginité sans tache, élevée maintenant au-dessus de tous les chœurs des anges.

Réjouissez-vous, Reine du monde, d’avoir été jugée digne de devenir le temple de la très pure humanité du Christ !
Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, Vierge des vierges, dont la très-pure chair servit à l’union de la divinité avec cette sainte humanité !
Réjouissez-vous, Reine des cieux, dont le très-chaste sein procura une digne demeure à cette sainte humanité !
Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, ô Épouse des saints patriarches, qui avez été jugée digne de nourrir et d’allaiter sur votre chaste sein cette sainte humanité.

Je vous salue, virginité féconde et à jamais bénie, qui nous avez rendus dignes d’obtenir le fruit de la vie et les joies du salut éternel.

Ainsi soit-il.

Monogramme Marie 2

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