2019-78. « Il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France.»

Message de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX
à l’occasion du
220ème anniversaire de la répression sanglante de

l’insurrection catholique et royale d’août 1799
dans le Midi toulousain

On n’en finit pas de découvrir les abominables et innombrables méfaits de la grande révolution et d’approfondir à quel point elle constitue, sur l’ensemble du territoire du Royaume de France, un maillage sanglant de répressions, de destructions, de massacres et d’acharnement meurtrier systématique et planifié contre les populations restées profondément fidèles à leur foi et à leur Roi.

A l’été 1799, le Midi toulousain se souleva massivement contre le Directoire, contre la persécution religieuse (qui ne s’était pas arrêtée à la chute de Robespierre, loin s’en faut), contre le mépris de la véritable démocratie et des aspirations des Français lassés de dix années de désordres et d’exactions, de guerres et de décadence.
Ce soulèvement fut réprimé de manière impitoyable et se solda par des milliers de victimes, dont la république voulut effacer jusqu’au souvenir.

Un « Comité du Souvenir des Victimes de la révolution en Midi toulousain » s’est constitué à l’occasion du 220ème anniversaire de ces massacres et a organisé, le samedi 17 août dernier, un rassemblement au cours duquel fut célébrée une Sainte Messe (dans le rite latin traditionnel), après laquelle furent prononcées diverses allocutions et enfin lu un message de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, qui avait honoré cette manifestation de son haut patronage.

Ce rassemblement s’est tenu à Montréjeau, petite ville du Comminges, où eut lieu un grand massacre le 19 août 1799. Selon les témoignages que nous avons reçus, une centaine de personnes se sont retrouvées sur place pour prier, maintenir le souvenir et envisager l’érection d’un monument commémoratif de ces événements.
Je renvoie tous ceux qui voudraient approfondir ces faits à l’annonce qui en avait été faite (cf. > ici), et je vous laisse maintenant prendre connaissance du message que notre Souverain légitime a adressé aux participants, mais également, au-delà de ceux qui étaient présents, à tous ses fidèles sujets.

clocher de Montréjeau - vue ancienne

Vue ancienne du clocher de Montréjeau
ville où eut lieu un important massacre contre les populations catholiques et royalistes le 19 août 1799
et où s’est tenue un rassemblement commémoratif le samedi 17 août 2019

Chers Amis,

En cette journée de commémoration des évènements douloureux de l’été 1799, je me joins à vous par la pensée et l’émotion.

Le massacre de Montréjeau fut le dernier et non des moindres, de la terrible décennie commencée avec les évènements de l’été 1789.   Ces derniers, animés par leur foi ardente et leur attachement au roi le protecteur naturel de leurs libertés, furent en effet nombreux dans toutes les provinces à résister au prix souvent de leur vie. La Vendée paya un terrible tribut, et le Midi toulousain n’est pas en reste.

Mais à l’horreur des massacres, les responsables ont ajouté le déni. Le forfait exécuté, il fallait l’oublier. Ainsi les morts n’eurent ni actes de décès ni sépultures. Il fallait supprimer les traces du crime afin qu’il soit oublié et que les familles et les enfants ne puissent pas se recueillir sur la tombe des martyrs.

Mais le sang ne s’efface pas. Deux siècles après, les descendants ont souhaité qu’enfin la lumière soit faite sur ces évènements. Comme cela commence en Vendée, les archéologues se mettent à étudier les charniers où furent déposées les victimes. La science vient au secours de l’histoire. Au secours de la Vérité.

Merci donc à tous ceux qui sont présents aujourd’hui. 
Merci aux organisateurs de l’évènement.
Merci aux membres du Comité du souvenir des victimes de la Révolution en Midi toulousain qui œuvrent pour qu’un monument commémoratif soit érigé. Il permettra de garder la trace de ce massacre afin de rendre un hommage aux victimes. Mais au-delà il permettra de se rappeler qu’il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France. 

Que tous les saints de France veillent sur les morts de Montréjeau et continuent à inspirer les Français et les rendent fidèles à leur histoire millénaire.

Louis de Bourbon, duc d’Anjou.

Armes de France & Navarre

2019-77. Fête de Saint Louis Roi de France à Versailles avec la Confrérie Royale ce 25 août 2019.

Tous les membres et amis de la Confrérie Royale,
tous les membres de l’UCLF,
tous les sympathisants de la cause légitimiste d’Ile de France,
sont chaleureusement invités à fêter Saint Louis, Roi de France,
céleste protecteur de la France, de l’auguste Famille Capétienne
et de la Confrérie Royale,

saint patron de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne notre Roi Louis XX, ainsi que de Monseigneur le Dauphin,

ce dimanche 25 août 2019, à Versailles

Messe de la St-Louis 2019 Versailles

2019-76. Le 107ème Pèlerinage légitimiste à Sainte-Anne d’Auray.

Le pèlerinage légitimiste à Sainte-Anne d’Auray se déroule chaque année le dernier « ouiquinde » du mois de septembre, au plus près du jour anniversaire de la naissance de Monseigneur le Comte de Chambord, de jure Sa Majesté le Roi Henri V (29 septembre 1820).

Le premier pèlerinage légitimiste à Sainte-Anne d’Auray eut lieu en 1844, pour le 25ème anniversaire de Henri V. Interrompu par le déclenchement des hostilités en 1914, il fut relevé en 1983 par l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) qui en confie l’organisation à la Fédération Bretonne Légitimiste (FBL).
En cette année 2019, le dimanche 29 septembre correspond exactement au 199ème anniversaire de la naissance de Henri V. 

affiche pèlerinage légitimiste Sainte-Anne d'Auray 2019

Nous ne pouvons qu’insister auprès de tous ceux qui sont disponibles (ou peuvent se rendre disponibles), membres des cercles légitimistes, sympathisants de la Légitimité, membres ou amis de la Confrérie Royale, catholiques conscients de l’impasse républicaine et de ses conséquences catastrophiques pour le salut des âmes, la santé des sociétés et de tous les corps organiques qui les composent, à prendre part à ce pèlerinage.

Pour en télécharger le tract > ici.

Pour de plus amples renseignements sur le programme et les modalités pratiques > ici.

Logo UCLF

2019-75. La fondation de la monarchie capétienne fut l’œuvre de Dieu.

17 août,
Dans l’Ordre de Saint-Augustin, fête de Sainte Claire de Montefalco ;
Commémoraison de Saint Carloman ;
Commémoraison de Saint Hyacinthe ;
Commémoraison de Sainte Jeanne Delanoüe ;
Commémoraison du 3ème jour dans l’octave de l’Assomption ;
Anniversaire du rappel à Dieu de M. l’Abbé Christian-Philippe Chanut (cf. > ici).

Sacre de Hugues Capet

Sacre de Hugues 1er dit Capet

A l’occasion de l’anniversaire du rappel à Dieu de Monsieur l’Abbé Christian-Philippe Chanut (+ 17 août 2013), voici un extrait de notes préparatoires à une conférence qu’il donna à l’occasion du « millénaire capétien » (1987) : il y va à l’essentiel pour exprimer avec une grande justesse ce qu’est la réalité de la royauté capétienne traditionnelle, monarchie de droit divin, véritablement instituée par Dieu.

Signature Hugues Capet

« Le Roy est le lieutenant de Dieu désigné par la loi (…).
La fondation de la monarchie capétienne n’appartient pas à Hugues Capet mais à Dieu qui, pour continuer dans le monde l’œuvre entreprise au baptême de Clovis a, par l’entremise de l’Eglise, élu la famille capétienne comme Il avait jadis élu la maison de David par la médiation de Samuel. Si la royauté de David est la même que celle de Saul, la monarchie des Capétiens est la même que celle des précédentes dynasties puisque toutes procèdent de Dieu et non des hommes ; les différences ne sont que des perfectionnements dans la mesure où, par la monarchie, Dieu poursuit Son œuvre dans le monde et achève toute sanctification. Remarquons que si cette monarchie est reçue comme un don de Dieu pour aider au Salut, le Roi lui-même n’est pas désigné par Dieu mais par les Lois fondamentales du Royaume.

En conséquence, la célébration de la monarchie est moins la célébration d’un événement historique que l’union continuelle à son Fondateur, Dieu (Trinité) : la monarchie ne se commémore pas, elle se vit comme un effet de la grâce de Dieu qui, par le sacre, est partiellement déposée dans la personne du Roy.
Mort à lui-même, le Roy est « l’homme nouveau » rappelé à la vie pour continuer la « gesta Dei per Francos » commencée à la chrismation du baptême de Clovis et, selon Saint Thomas d’Aquin, il est dans son Royaume comme l’âme dans le corps et comme Dieu dans le monde qui l’a établi pour exercer dans son Royaume l’office de juge à la place de Dieu.
Après les serments, il reçoit l’épée de Charlemagne pour défendre le Royaume « par la force du Saint-Esprit », puis il est marqué des neuf onctions par lesquelles Dieu prend possession de son être alors, configuré au Christ, il est revêtu des ornements du grand-prêtre pour recevoir les attributs du pouvoir.
Le sacre a longtemps été la seule grande célébration de la monarchie et, pour le reste, il suffisait de s’attacher au mystère du Christ dans le cycle liturgique pour honorer la monarchie absolue de droit divin dont les Papes disaient qu’elle était « le miroir de la chrétienté » (…). »

Abbé Christian-Philippe Chanut,
notes de préparation pour une conférence, citées pp. 357-358
in « Anthologie in memoriam – abbé Christian-Philippe Chanut » Jean de Waifhari, ed. Exaltare Saint-Louis
(au sujet de cet ouvrage voir > ici).

Heures de Bedford-détail 2

Dieu donnant pour emblème à la royauté franque les trois lys d’or sur fond d’azur
(miniature des « Heures de Bedford »)

2019-74. « Notre Dieu est un Droiturier Seigneur, qui nous apprend qu’il y a une Justice, un Droit, une Légitimité.»

Au lendemain de la fête de l’Assomption de Notre-Dame, qui, ainsi que nous l’a rappelé notre Souverain légitime (cf. > ici), est l’occasion de nous inciter à prier toujours davantage pour que le Royaume des Lys revienne à la fidélité à sa vocation, nous sommes heureux de publier le texte de la prédication donnée par Monsieur l’Abbé Louis de Saint-Taurin au Puy, à l’occasion du pèlerinage annuel de la Confrérie Royale, le jour de la fête de Sainte Jeanne d’Arc (samedi 1er juin 2019, puisque le 30 mai cette année était le jeudi de l’Ascension).
Voici, en effet, un texte qu’il est bon de relire et de méditer, afin de toujours plus comprendre et approfondir les desseins de Dieu sur notre Patrie.

Vitrail de Sainte Jeanne d'Arc

Cher Monsieur le Recteur,
Cher Monsieur le Prieur,
Cher Monsieur le Chanoine,
Chers Messieurs les Abbés
Bien chers Confrères et amis,                             

En ce 1er samedi du mois, consacré à la dévotion et réparation au Cœur Immaculé de Marie, disons avec Pie XI il y a moins de 100 ans, le 2 mars 1922, dans sa lettre apostolique France, Fille aînée de l’Église : 

« En ce qui concerne la Pucelle d’Orléans, que Notre prédécesseur a élevée aux suprêmes honneurs des Saints (cela fera un siècle l’an prochain), personne ne peut mettre en doute que ce soit sous les auspices de la Vierge qu’elle ait reçu et rempli mission de sauver la France.
Car d’abord, c’est sous le patronage de Notre-Dame de Bermont, puis sous celui de la Vierge d’Orléans, enfin de la Vierge de Reims, qu’elle entreprit d’un cœur viril, une si grande œuvre, qu’elle demeura sans peur en face des épées dégainées et sans tache au milieu de la licence des camps, qu’elle délivra sa patrie du suprême péril et rétablit le sort de la France. C’est après en avoir reçu le conseil de ses voix célestes qu’elle ajouta sur son glorieux étendard le nom de Marie à celui de Jésus, vrai Roi de France. Montée sur le bûcher, c’est en murmurant au milieu des flammes, en un cri suprême, les noms de Jésus et de Marie, qu’elle s’envola au ciel. Ayant donc éprouvé le secours évident de la Pucelle d’Orléans, que la France reçoive la faveur de cette seconde patronne céleste : c’est ce que réclament le clergé et le peuple, ce qui fut déjà agréable à Notre prédécesseur et qui Nous plaît à Nous-même. […]
En conséquence, Nous prions Dieu, auteur de tous les biens, que, par l’intercession de ces deux célestes patronnes, la Mère de Dieu élevée au ciel et sainte Jeanne d’Arc, vierge, ainsi que des autres saints patrons des lieux et titulaires des églises, tant des diocèses que des missions, la France catholique, ses espérances tendues vers la vraie liberté et son antique dignité, soit vraiment la fille première-née de l’Église romaine ; qu’elle échauffe, garde, développe par la pensée, l’action, l’amour, ses antiques et glorieuses traditions pour le bien de la religion et de la patrie ».                  

Et le pape d’ajouter, comme s’il craignait que quelque force s’y opposât à l’avenir :

« Nous concédons ces privilèges, décidant que les présentes Lettres soient et demeurent toujours fermes, valides et efficaces, qu’elles obtiennent et gardent leurs effets pleins et entiers, qu’elles soient, maintenant et dans l’avenir, pour toute la nation française le gage le plus large des secours célestes, qu’ainsi il en faut juger définitivement, et que soit tenu pour vain dès maintenant et de nul effet pour l’avenir tout ce qui porterait atteinte à ces décisions, du fait de quelque autorité que ce soit, sciemment ou inconsciemment. Nonobstant toutes choses contraires ».                                

Les plus attentifs parmi vous auront sans doute remarqué que nous célébrons cette année le 590e anniversaire de l’épopée de notre héroïne nationale, sainte Jeanne d’Arc. En 1429, voici que cette demoiselle venue de l’une des dernières enclaves fidèles à son roi, avec le Mont Saint-Michel ; cette jeune fille, donc, envoyée de Dieu et de saint Michel, va de manière proprement inattendue et incroyable surmonter un à un les obstacles qui la séparent du roi, puis de Reims, puis de Paris.

En début d’année, c’étaient les rencontres successives à Chinon, l’examen minutieux de Poitiers. Le 8 mai, c’était l’entrée triomphale dans les rues d’Orléans. Le 18 juin, ce sera la victoire de Patay, et le 17 juillet, le grand sacre de Charles VII le Bien-Servi, dont le Conseil poussera ensuite de plus en plus à la freiner dans ses élans.

A tous nos contemporains bons chrétiens qui nous répètent que la moindre prise de position est un acte politique, et m’appuyant sur le Souverain Pontife qui soutient que toute homélie est en soi un acte politique en quelque sorte, je répondrai que Jehanne dévoile le caractère spécieux de leurs discours.

A les écouter en effet, un Catholique doit être pratiquement un fataliste, se laisser imposer toute sorte de régime par les mauvais, puisque toute autorité vient de Dieu. Adeptes sans le savoir du syndrome de Stockholm, leur solution de facilité – qui non seulement les retient mais bloque tout autour d’eux, puisqu’aucune tête ne doit dépasser –, ils stérilisent toute action catholique, quand ce n’est pas toute réflexion.

Mais notre Dieu est un Droiturier Seigneur, qui nous apprend qu’il y a une Justice, un Droit, une Légitimité. 

Cela, les amoureux de la Sagesse l’ont compris depuis Aristote ; je cite :

« Que l’homme soit un animal politique à un plus haut degré qu’une abeille quelconque ou tout autre animal vivant à l’état grégaire, cela est évident. La nature en effet ne fait rien en vain ; et l’homme, seul de tous les animaux, possède la parole. […] Le discours sert à exprimer l’utile et le nuisible, et par suite aussi, le juste et l’injuste : car c’est le caractère propre de l’homme, par rapport aux animaux, d’être le seul à avoir le sentiment du bien et du mal, du juste et de l’injuste, et des autres notions morales, et c’est la communauté de ces sentiments qui engendre la famille et la cité » (Politique ; I, 2).                     

Les valeurs morales existent à notre époque comme elles existaient sous Notre-Seigneur, comme elles s’appliquaient de même en 1429. Le roi anglais revendique le trône de France ; on argue même d’une renonciation des Valois à la Couronne à son profit, par le sinistre et invalide traité de Troyes (21 mai 1420) ; il possède par les armes la moitié du pays (Nord et Aquitaine) ; il se fera même prétendument sacrer roi de France par un Anglais à Notre-Dame de Paris, le 17 décembre 1431.

Sans doute entendez-vous nos chers amis s’applatir : par la force des choses (mais surtout des armes), Henri VI est roi, c’est comme cela ; le sacre à la mode anglaise renforce son pouvoir ; les troupes françaises font pâle figure, après un siècle de combats et la défaite d’Azincourt (1415) ; et plusieurs évêques reconnaissent déjà Henri et militent pour sa cause. Parmi eux : Pierre Cauchon. Aucune tête mitrée n’aimerait aujourd’hui se voir comparer à cet indigne juge de notre Pucelle, Régine Pernoud titrant même l’un de ses ouvrages : Jeanne devant les Cauchons ! Et pourtant… Se plier devant la loi du plus fort, aux droits contraires aux traditions françoises, faire montre d’opportunisme n’est pas digne d’un successeur des Apôtres, et nos prélats nous ont par le passé habitués à plus de panache et d’héroïcité : je vous renvoie à saint Martin, Hilaire de Poitiers et son lointain successeur le cardinal Pie, comme à nos pasteurs sous la Révolution.

Mais voilà : les faits sont là ; et pensez : Cauchon fut recteur de l’Université ! Et puis Jeanne a bien été capturée sur le territoire de son diocèse (Beauvais), encore un peu et il passerait presque pour légitime juge. Mais l’historien Jean Favier le prouve « acharné à perdre Jeanne », et même Voltaire – horresco referens – l’appelle « l’indigne évêque, l’indigne Français et l’indigne homme » ; Michelet dit qu’ « il se fit anglais, parla anglais […], se faisant l’agent des Anglais », et Quicherat, pourtant plus modéré, qu’« il ne se révéla dans l’affaire de Jeanne que comme un homme passionné, artificieux, corrompu ». Sans doute sont-ils mus par un jacobinisme qui nous est étranger, mais franchement, quel vrai Français n’a pas de haut-le-cœur en entendant prononcer un tel nom ?

Il ne m’appartient certainement pas de dire si l’évêque Cauchon est damné ou non ; sa dévotion à la Très Sainte Vierge, pour laquelle il fit ensuite édifier la chapelle axiale de la cathédrale de Lisieux, quand il en devint évêque, l’a sans doute sauvé : paix à son âme !

Mais il est des actes d’une petite partie de notre vie qui collent – parfois injustement – à la peau ; et reconnaissez que l’anglophilie continuelle de cet évêque français né à Reims, conseiller actif des rois d’Angleterre, relève – en pleine Guerre de Cent ans – de la haute trahison.

Ce jugement est certes rendu aisé par les siècles ; mais pourtant, dès ces années, Dieu a clairement manifesté Son choix, Son camp, car Il attend de Ses témoins qu’ils prennent parti quand il le faut, notamment pour défendre le droit et la justice. Le fameux « Évêque, c’est par vous que je meurs », résonne encore à nos oreilles, et c’est peut-être, par la bouche de cette Sainte qu’il condamne avec maints stratagèmes, sa propre parole de condamnation. C’est la sentence qu’entendraient nombre d’hommes d’Église aujourd’hui, si la voix de leur conscience n’était pas tout simplement étouffée, dans les innombrables conflits actuels : du silence face à des condamnations iniques de la part des structures de péchés, jusqu’aux « simples » et ordinaires médisances cléricales, qui tuent à petit feu, voire plus directement, lorsqu’elles sont bien acérées. Rien n’est plus honteux que la couardise et la petitesse d’hommes de Dieu qui devraient être Ses prophètes !

Le pape Benoît XVI eut (le 26 janvier 2011) de magnifiques paroles d’analyse de l’inique procès fait à Jehanne, qu’il dit « citée à plusieurs reprises dans le Catéchisme de l’Église catholique » : 

« Quand Jeanne naît, en 1412, il y a un pape et deux antipapes. […] Au début de l’année 1429, Jeanne entame son œuvre de libération […] ». Aux Anglais assiégeant la ville d’Orléans, « sa proposition est une véritable paix entre les deux peuples chrétiens, à la lumière des Noms de Jésus et Marie, mais elle est rejetée, et Jeanne doit s’engager dans la lutte pour la libération de la ville, qui advient le 8 mai ».                  

Sachons utiliser l’expérience passée, la leçon des erreurs comme des actes héroïques. Les Saints nous conseillent par leurs propres actions ce que nous pouvons faire  hic et nunc : un rappel à l’ordre avant de sévir… et d’utiliser s’il le faut une force raisonnée, selon l’enseignement-même de la doctrine sociale de l’Église.

Et voilà où je voulais en venir : 

« C’est la rencontre dramatique entre cette Sainte et ses juges, qui sont des ecclésiastiques. […] Ces juges sont des théologiens auxquels manquent la charité et l’humilité pour voir chez cette jeune l’action de Dieu. Les paroles de Jésus viennent à l’esprit, selon lesquelles les mystères de Dieu sont révélés à qui possède le cœur des tout-petits, alors qu’ils restent cachés aux sages et aux savants qui n’ont pas d’humilité ».

Qu’y a-t-il de plus abject qu’un mauvais homme se servant de ses pouvoirs ecclésiastiques ? « Ainsi les juges de Jeanne sont radicalement incapables de la comprendre, de voir la beauté de son âme : ils ne savaient pas qu’ils condamnaient une Sainte », aveuglés qu’ils étaient par leur propre orgueil et leurs passions humaines.

« Environ 25 ans plus tard, le procès de nullité […] se conclut par une sentence solennelle qui déclare nulle sa condamnation (7 juillet 1456)  […] et met en lumière son innocence et sa parfaite fidélité à l’Église. Jeanne d’Arc sera ensuite canonisée par Benoît XV en 1920 » : c’en sera le centenaire l’an prochain, et j’espère d’ores et déjà que nous pourrons en faire le thème du pèlerinage, même si elle répond déjà parfaitement à celui de cette année, puisqu’elle figure en bonne place sur la mosaïque du Sacré-Coeur, à côté de S. Michel et de la France, au choeur de la basilique du Voeu national à Montmartre.                                        

« Que le témoignage lumineux de Ste Jeanne d’Arc, patronne en second de la France avec Ste Thérèse de Lisieux, soit un appel à aimer le Christ, poursuivait le pape, et à vous engager avec foi et détermination au service des autres dans la charité », dont l’une des plus belles manifestations est dans le service de la Cité, la politique.                         

Jeanne n’est pas une pseudo-mystique, une voyante qui nous dit d’elle-même ce qui serait le mieux pour la France : elle s’enracine totalement dans l’âme française, et Dieu prouve qu’Il en fait Son instrument par des miracles. Dans Fides et Ratio, Jean-Paul II luttait contre le fidéisme ; et le concile Vatican I stipulait :                  

« Pour que l’hommage de notre foi soit conforme à la raison, Dieu a voulu que les secours intérieurs du Saint-Esprit soient accompagnés de preuves extérieures de Sa Révélation, à savoir des faits divins et surtout les miracles et les prophéties qui, en montrant de manière impressionnante la toute-puissance de Dieu et Sa science sans borne, sont des signes très certains de la Révélation divine, adaptés à l’intelligence de tous » (Dei Filius).              

Ces conditions s’accomplissent en Jeanne, qui entérine et déploie ainsi les traditions institutionnelles de la France, face à tous les obstacles qu’elle surmonte audacieusement.                            

Et le concile suivant de nous dire : 

« Les Chrétiens doivent vivre pour Dieu et le Christ selon les usages de leur pays, pour cultiver vraiment et efficacement en bons citoyens l’amour de la patrie […]. La vie chrétienne sera ajustée au génie et au caractère de chaque culture ; les traditions particulières, avec les qualités propres, éclairées par la lumière de l’évangile, de chaque famille des peuples, seront assumées dans l’unité catholique » (Ad gentes).

Rappelons enfin l’adjuration de saint Pie X aux évêques de France, il y a 100 ans, et qui est le cœur de mon allocution aujourd’hui, fondée sur l’exemple de Ste Jeanne d’Arc :                                 

« L’Église, qui n’a jamais trahi le bonheur du peuple par des alliances compromettantes, n’a pas à se dégager du passé, et il suffit de reprendre, avec le concours des vrais ouvriers de la restauration sociale(que vous devez être, chers membres de la Confrérie Royale),  les organismes brisés par la Révolution, et de les adapter, dans le même esprit chrétien qui les a inspirés, au nouveau milieu créé par l’évolution matérielle de la société contemporaine : car les vrais amis du peuple ne sont ni révolutionnaires ni novateurs, mais traditionalistes ».         

Car Jehanne doit être pour nous, notre Église comme notre pays, un cas d’école !

Cela s’applique à tous les domaines, tant institutionnels que familiaux, car ce sont les sophismes et prétextes sentimentalistes qui conduisent aujourd’hui à reconnaître chef de famille un autre homme que l’époux de la femme et père des enfants. Tout peut être justifié, quand on renonce aux principes ; et c’est malheureusement le cas aujourd’hui dans notre Sainte Église. Le simple fait de demander une clarification sur les principes passe aujourd’hui pour acte de malotru : grand Dieu ! Et face à l’audace des méchants, nous avons l’affreux spectacle de l’autoparalysie des bons, toujours communicative.

Quand saint Pierre tire l’épée du fourreau pour défendre son Seigneur arrêté à Gethsémani, le Christ le rabroue car Il doit parfaire Son Sacrifice. Mais la réaction du premier pape est digne de notre âme française, du « génie catholique et français » dont parlait saint Pie X à nos évêques, puisqu’à l’enseignement de la Passion, notre roi Clovis, premier Fils aîné de l’Église, n’eut pas d’autre réaction, lui qui s’exclama : « Que n’ai-je été là avec mes Francs ! ». Avouez que nous en sommes bien loin aujourd’hui, avec nos nostalgies et velléités…        

« S’engager personnellement pour la libération de son peuple » : voilà le programme de Jehanne, voilà le vôtre, chers Amis ! Le pape Jean-Paul II, qui nous appelait comme S. Remi à la fidélité aux promesses de notre baptême, en témoigna lui-même dans son propre pays, et c’en fut fini de la dictature communiste il y a 30 ans, pour le bicentenaire de la Révolution, sans qu’il y ait eu besoin de coup férir.

« L’un des aspects les plus originaux de la sainteté de cette jeune fille, poursuivait Benoît XVI, est précisément ce lien entre l’expérience mystique et la mission politique ». Par la fidélité à vos engagements et au triple angélus quotidien, par une vie chrétienne redoublant de ferveur, en prenant au sérieux votre vocation à la sainteté, réformez-vous et changez ce monde. Car de par l’enseignement de l’Ange de l’Annonciation, à la Pologne de 1989, en passant par Ste Jeanne d’Arc, nous savons qu’« à l’homme, c’est impossible ; mais rien n’est impossible à Dieu ».

Ainsi soit-il.

Blason de Sainte Jeanne d'Arc

2019-73. Message de Sa Majesté le Roi à l’occasion de la fête de l’Assomption, fête patronale du Royaume de France.

Ce jeudi 15 août 2019, en milieu de journée, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant à l’adresse de tous les Français à l’occasion de la fête patronale du Royaume.

Ingres : le voeu de Louis XIII

(Ingres : le Vœu de Louis XIII)

A tous les Français, je veux souhaiter une belle fête de l’Assomption. 

Que Notre-Dame, Reine de France et protectrice du Royaume, selon le vœu fait en 1638 par mon aïeul le Roi Louis XIII, veille, et protège la France et les Français en ces temps troublés, où se perdent tous les repères essentiels !
Prions-la, supplions-la d’intercéder pour que la France reste fidèle aux promesses de son baptême !

Louis de Bourbon, duc d’Anjou.

Armes de France & Navarre

Prières pour renouveller le Vœu de Louis XIII > ici, > ici et > ici.

« Vous qui avez porté la Vie, vous êtes entrée dans la vie par votre sainte Dormition ! »

Jacopo Torriti - Basilique Sainte Marie Majeure Rome 1296 - la Dormition

Rome, basilique de Sainte Marie Majeure :
la Dormition de la Sainte Mère de Dieu (Jacopo Torriti – 1296)

Strophes empruntées à la liturgie grecque :

Venez ! Depuis toutes les extrémités de la terre, glorifions la vénérable Assomption de la Mère de Dieu !
Car elle a remis dans les mains de son Fils son âme immaculée.
C’est pourquoi, par sa sainte Dormition le monde est éveillé à la vie et, dans des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, il célèbre, en union avec les anges et les Apôtres, une fête joyeuse.

Pour glorifier votre vénérable Dormition, ô Sainte et Pure Vierge, les troupes angéliques dans le Ciel, et le genre humain sur la terre, chantent de concert.
Car vous avez été la Mère du Créateur de toutes choses, le Christ notre Dieu !
Ne cessez point d’intercéder pour nous auprès de Lui, nous qui avons, après Dieu, notre espoir fixé sur vous, ô Pure Mère de Dieu qu’on ne saura jamais assez glorifier !

Dieu le Créateur de toutes choses vous a donné ce qui surpasse la nature.
Car de même qu’à votre maternité Il vous a laissée vierge, Il a préservé votre corps de la corruption du tombeau et vous a glorifiée dans votre sainte Assomption, vous comblant de présents, comme il convient qu’un fils fasse pour sa mère.

Votre Enfant vous a vraiment, ô Vierge, cachée dans le saint des saints comme le flambeau qu’alimente un feu immortel, comme l’encensoir doré qui contient un charbon divin, comme la houlette, comme les tables écrites par Dieu, comme l’arche sainte, la table du Pain de Vie.

Vous qui avez porté la Vie, vous êtes entrée dans la vie par votre sainte Dormition, sans subir les injures de la mort ; les Anges, les Principautés, les Puissances, les Apôtres, les Prophètes et toute la création vous un fait un cortège d’honneur lorsque votre Fils reçut dans Ses mains pures votre âme immaculée, ô Vierge et Mère, Epouse de Dieu !

Jacopo Torriti - Basilique Sainte Marie Majeure Rome 1296 - Couronnement de Marie

Rome, basilique de Sainte Marie Majeure :
le Couronnement de la Sainte Mère de Dieu (Jacopo Torriti – 1296)

Vous trouverez aussi dans ce blogue pour ce qui concerne la fête du 15 août :
– La manière dont il convient de faire la procession du Vœu de Louis XIII > ici
- Une prière publiée en 1825 pour le renouvellement du Vœu de Louis XIII > ici
– Une autre belle prière pour le renouvellement du Vœu de Louis XIII > ici
- La lettre apostolique de Pie XI établissant ND de l’Assomption patronne de la France > ici
- Une prière du Vénérable Pie XII à ND de l’Assomption > ici
- La paraphrase du « Salve Regina » par Saint Bonaventuree > ici

2019-72. Télécharger le cahier de l’Université d’été Saint-Louis 2019.

L’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) propose déjà plusieurs outils de formation comme son Programme des études politiques ou le Manifeste légitimiste.
Les Cahiers de l’Université Saint-Louis constituent, eux-aussi, une synthèse de la pensée royaliste facilement utilisable dans le cadre d’un travail en cellule d’étude. Chaque année, de nouveaux textes illustrant la pensée légitimiste sont ainsi publiés. 

L’édition de l’Université d’été 2019 est maintenant téléchargeable.

couverture cahier université d'été 2019

En voici le sommaire :

sommaire cahier université d'été 2019

Pour le téléchargement > ici

Logo UCLF

2019-71. Récollection de rentrée au Mesnil-Marie.

Samedi 14 septembre 2019

Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix

Relique de la Sainte Croix

Relique de la Vraie Croix de Notre-Seigneur dans l’oratoire du Mesnil-Marie

Récollection de rentrée

Programme :

- 10 h : Sainte Messe chantée (dans le rite latin traditionnel évidemment).
- 11 h 15 : Conférence
- 12 h 30 : Repas tiré du sac – échanges amicaux
- 14 h 30 : Conférence
- 16 h :  Récitation du Chapelet des Sept Douleurs & vénération de la relique de la Sainte Croix.

Inscriptions > ici

nika

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