Prologue librement inspiré par celui de l’Evangile selon Saint Luc.

Prologue librement inspiré par celui de l'Evangile selon Saint Luc. dans Annonces & Nouvelles dsc08042copiecopie

Le Maître-Chat Lully

« Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements – parfois totalement insignifiants – qui se produisent en ces temps, j’ai décidé moi aussi (puisque je suis chaque jour le témoin scrupuleusement attentif d’une aventure qui est, elle, véritablement hors du commun), de tenir pour vous, amis du Mesnil-Marie, sous la forme d’un récit assorti de commentaires personnels, une espèce de diaire de la fondation du Refuge Notre-Dame de Compassion.

Ainsi pourrez-vous, en suivant les péripéties de notre vie quotidienne, ou en vous associant aux évènements humains et surtout spirituels qui en jalonnent l’existence, garder un lien plus concret avec cette oeuvre que vous soutenez d’une fidèle et pieuse amitié.

Je réclame, bien évidemment, votre indulgence car je ne suis qu’un tout petit chat, mais vous savez aussi que j’occupe au Mesnil-Marie une place privilégiée (voir ici > www)… Puissent néanmoins ces lignes être utiles à tous pour conserver et resserrer le lien de la charité, dans la paix et la joie du coeur! »

patteschats chronique dans Chronique de LullyLully, l’Observateur.

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Chronique de Lully | le 10 septembre, 2007 |Commentaires fermés

2016-64. Du roi Hérode enfin miséricordieusement soulagé.

Lundi 29 août 2016,
Fête de la décollation de Saint Jean-Baptiste.

Bien chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Cette fête de la décollation de Saint Jean-Baptiste, me fournit fort opportunément l’occasion de vous informer d’une découverte absolument primordiale et essentielle qui  va renouveler l’action de l’Eglise-dans-le-monde-de-ce-temps : en effet, le Révérend Père Sifleur, archiviste et bibliothécaire du monastère de Gausse-en-Gouaille, en faisant des rangements dans la partie la plus ancienne de la bibliothèque, a retrouvé, tombé il y a plusieurs siècles derrière un rayonnage, un manuscrit unique et précieux portant le texte authentique de l’Evangile selon Saint Marc.
Le texte évangélique qu’il nous livre montre de manière évidente que ce que nous lisions jusqu’ici a été retouché par des hommes sans miséricorde qui ont sourdement oeuvré à pharisianiser l’Eglise.
Voici donc le texte authentiquement évangélique que nous trouvons en ce manuscrit pour les versets 17 et suivants du chapître VI de l’Evangile selon Saint Marc :

« Hérode avait envoyé prendre Jean et l’avait retenu, chargé de fers, en prison, à cause d’Hérodiade, qu’il avait épousée, quoique femme de Philippe, son frère.
Parce que Jean disait à Hérode : « Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère ».
Or Hérodiade lui tendait des pièges et voulait le faire périr ; mais elle ne le pouvait pas. Hérode, en effet, victime d’une éducation cléricale antéconciliaire marquée par un rigorisme excessif, craignait Jean, le prenant pour un homme juste et saint ; il le protégeait, avait tendance à suivre ses avis, et l’écoutait volontiers, s’enfermant ainsi dans sa conscience tourmentée parce qu’il n’avait pas compris ce qu’est la miséricorde.

Mais un jour opportun arriva, le jour de la naissance d’Hérode, où il fit un festin aux grands de sa cour, et aux tribuns, et aux princes de la Galilée.
Or la fille d’Hérodiade alla trouver sa mère pour lui proposer de seconder ses desseins en séduisant le roi et ses convives.

Mais sa mère lui déclara : « Non, ma fille ! Il n’est plus nécessaire désormais que tu te livres à des danses lascives devant des convives avinés pour obtenir d’Hérode qu’il nous débarrasse de ce prophète de malheur. Plutôt que de t’abaisser à subjuguer les regards libidineux d’Hérode, regarde donc ce que je viens de recevoir :  nous possèdons maintenant l’arme infaillible qui peut définitivement endormir ce qui lui reste de conscience et liquider à tout jamais les séquelles de son éducation crypto-pharisienne… »
Hérodiade sortit alors de dessous ses voiles le livret de l’édition typique vaticane de l’exhortation apostolique « Amoris laetitia », puis elle ajouta : « Quand il rentrera en ses appartements, après le banquet, c’est moi qui irai le trouver avec ce texte ; et puisqu’il était jusqu’à présent paralysé par les restes de son éducation religieuse, ce même sentiment religieux ne pourra que l’incliner à se soumettre à ce qui est ici écrit, au nom de l’autorité qui l’a publié… »

Munie de son exemplaire d’ « Amoris laetitia », Hérodiade s’en vint donc trouver le roi ce soir-là, et elle lui fit remarquer : « Qui est-il pour juger, ce Baptiste moralisateur qui est incapable d’ouvrir son coeur à la miséricorde ? Lis donc, ô roi, les ouvertures significatives et les avancées miséricordieuses que l’Eglise-dans-le-monde-de-ce-temps a désormais à notre endroit ! C’est maintenant une oeuvre louable et miséricordieuse pour toute l’humanité que tu dois accomplir en débarrassant la terre de ce prophète de malheur qui n’est qu’un crypto-pharisien condamné par le pape, et un obstacle au bonheur de l’humanité ici-bas… »

Le roi se pencha sur les paragraphes que lui désignait Hérodiade et sa conscience fut miséricordieusement libérée : ayant aussitôt envoyé l’un des ses gardes, il fit décapiter Jean dans sa prison, et put s’abandonner en toute quiétude intérieure aux innocentes joies de son adultère.
Ce qu’ayant appris, la miséricordieuse Eglise-dans-le-monde-de-ce-temps envoya des missionnaires de la miséricorde cacher le corps de Jean, afin que ce modèle du rigorisme intransigeant qu’il faut absolument se garder d’imiter ne puisse être vénéré par les pharisiens intégristes, et pour que Jean-Baptiste ne soit surtout pas donné comme un exemple dans les âges miséricordieux de l’ouverture aux aspirations de la modernité ».

pattes de chatLully.

Chef du Baptiste - Daniele Crespi 1598-1630

Daniele Crespi (1598 – 1630) : le chef de Saint Jean-Baptiste

2016-63. « Je crois plus que jamais en mon pays et en son avenir ».

Message de
Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,
à tous les Français,
à l’occasion de la fête de Saint Louis,
25 août 2016.

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Jeudi 25 août 2016,
Fête de Saint Louis, Roi de France.

Quelle consolation et quel magnifique encouragement de recevoir, en cette fête de Saint Louis, le message que Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné des Capétiens, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, adresse en ce jour à tous les Français !
Nous ne pouvons que souhaiter la diffusion maximale de ce texte en tous points remarquable – qu’il faut lire, relire, approfondir et méditer – , dans lequel nous nous sommes permis d’imprimer en caractères gras les passages qui nous semblent les plus percutants.

Bonne et belle fête de Saint Louis à tous !

Bonne et belle fête surtout à notre Roi légitime !
Vive le Roi !

Mgr le duc d'Anjou de jure Louis XX

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX.

Mes chers compatriotes,

La date du 25 août, fête de la Saint-Louis, mon aïeul et mon saint patron et aussi le modèle largement reconnu de la sagesse en politique, m’offre l’occasion de m’exprimer. Je n’ai pas voulu le faire au moment où les dramatiques événements de l’été se sont produits car ma voix aurait peu apporté à ce qui fut dit alors. La compassion devant les victimes s’imposait et continue à s’imposer car les conséquences de ces attaques barbares sont loin d’être terminées ; les encouragements aux forces de sécurité et de secours ou aux équipes de soins s’imposaient elles-aussi et s’imposent encore devant l’ampleur du mal. Mais au-delà ? Que pouvait-on dire devant l’horreur des actes commis ? Les assassinats aussi monstrueux que lâches, d’êtres innocents, n’ont jamais aucune justification et les commettre au nom d’une religion encore moins. Fanatisme et politique n’ont jamais fait bon ménage. L’histoire nous le rappelle.

Or c’est justement au nom de l’histoire, mais sans nostalgie et dans un souci d’avenir meilleur, que je peux apporter quelque chose, au moment où la France, mon pays, subit une grave crise. Il me semble que les seuls remèdes politiques habituels ne suffiront pas à conjurer les dégâts et la profondeur du mal. Vu avec le recul des siècles et surtout l’expérience que cela donne, le mal qui atteint la France me parait double. Il y a d’abord une guerre de civilisation, déclarée par un ennemi plus ou moins visible et insidieux, et que désormais les gouvernants semblent enfin désigner par son nom mais, surtout, une très profonde et grave crise morale ou d’identité, sorte de cancer de l’intérieur qui nous affaiblit tout autant, peut-être même davantage, que l’ ennemi désigné.

De la guerre qui est menée à la France, à l’Europe, à la Chrétienté, que dire ? Accepter de mettre un nom sur les choses et donc les qualifier est déjà le meilleur moyen pour combattre. L’ennemi identifié, il s’agit de concevoir et de mettre en œuvre une politique étrangère et une politique intérieure qui répondent aux intérêts de la France et de l’Europe chrétienne dont nous sommes solidaires. Il s’agit ensuite d’avoir une stratégie et une tactique. Je ne doute pas que l’une et l’autre soient à la portée de nos gouvernants quels qu’ils fussent, s’ils acceptent de se remettre en cause, de se donner les moyens de la lutte et de faire confiance aux spécialistes. Faire parler la raison plus que le sentiment et l’idéologie. La France a toujours su mener les combats, ses forces armées sont reconnues par tous et partout, et le pays entier trouvera l’énergie nécessaire pour les soutenir. Déjà, force est de constater que de saines réactions ont commencé à apparaître.

La crise morale est plus grave. Les causes internes sont toujours plus complexes à combattre que les ennemis déclarés. Elles le sont notamment parce qu’elles ont souvent des origines plus profondes, plus lointaines. Mais l’histoire dont par ma naissance je suis en quelque sorte le représentant comme héritier et successeur des souverains qui, patiemment, siècle après siècle, ont façonné la France, l’histoire montre que les crises de conscience ne sont pas insurmontables. C’est même souvent de l’épreuve et de la rupture avec des habitudes passées qui endorment plus qu’elles ne font progresser, que la France s’est constituée. Dès l’origine ! Epreuves et rupture, avec Clovis qui fait passer la Gaule du rang de province romaine à celui de royaume libre et autonome ; épreuves et rupture avec la renaissance carolingienne ; puis avec le renouveau de la souveraineté au XIIIe siècle, celui de Bouvines et de Saint Louis ; et je continue avec le renouveau d’après la guerre de Cent ans qui avait pourtant laissé la France exsangue et quasi à la merci d’une dynastie étrangère. Que dire de la Renaissance qui a suivi le désastre de Pavie, de celle d’après les Guerres de Religion ou encore du sursaut admirable de tout le pays dans les premières années du XVIIIe siècle alors que Louis XIV devait faire face à une Europe une nouvelle fois coalisée. Oui, il y a un ressort très français qui veut que notre pays même malmené, même quasiment abattu, ne capitule pas.

Ces sursauts proviennent de la nature très particulière de la France. Ce n’est pas un état comme les autres. Le pouvoir ne s’y confond pas avec la force. La France a toujours reposé sur ses familles, sur des communautés d’intérêt, sur un état de droit mis en place alors que l’Europe connaissait encore régime féodal et droit du plus fort. Si la France présente cette spécificité cela lui vient de ses origines. Clovis, ne fut pas seulement le premier des rois, mais ce fut surtout le premier des rois chrétiens. Ainsi dès l’aube de la civilisation française il y avait, venant couronner au sens propre comme figuré le pouvoir, une transcendance. Politique et mystique allaient de pair. Jamais le roi ne fut un monarque tout puissant. La royauté française a toujours été vécue comme un service, imposant des devoirs garantis par Dieu. Au-dessus du roi il y avait toujours la nécessité de conserver les préceptes de l’évangile qui sont aussi ceux du droit naturel : respect de la personne humaine, respect de la famille. La France a mérité le titre de « Fille aînée de l’Eglise », parce que plus que toute autre nation, elle a su mettre ses devoirs avant ses droits. Elle a puisé dans la religion une éthique qui donnait à la politique une autre dimension. Ainsi, elle devint un modèle.

Certes cela a pris des contours bien différents selon les âges, mais le principe a toujours subsisté ; certes il y a eu parfois de mauvaises politiques mais justement reconnues comme telles. Mais l’histoire nous enseigne aussi qu’il y a des limites à ne pas franchir, des principes non négociables : la souveraineté de l’état, le primat du bien commun contre les intérêts particuliers, les libertés notamment collectives pour garantir les particularismes hérités de l’histoire des lieux, etc.

L’histoire nous apprend aussi et surtout qu’un peuple est grand quand il a des motifs de partager une vision commune de sa destinée c’est-à-dire de son avenir ; de donner de lui-même pour des causes qui le dépassent mais qui le font entrer dans l’histoire. Tel est bien ce qui a produit les grands artistes, les grands savants, les grands capitaines et les conquérants ; les gloires nationales que nos livres, nos mémoires, nos chansons exaltaient. Durant longtemps, de l’épopée des grognards de l’Empire au « debout les morts ! » de la Guerre de 14-18, les régimes nouveaux ont continué à évoquer ce récit national. La mystique de la Patrie avait su remplacer l’amour pour le Roi et la Couronne. Mais qu’en est-il actuellement ? Quelle « mystique » est-elle offerte aux jeunes depuis deux ou trois générations ? Celle du consumérisme et du matérialisme ; celle de la culture de la mort ; celle du jeu et du moindre effort, celle de la toute-puissance de l’argent. Depuis des décennies ont été élevés au rang de nouvelles valeurs l’individualisme, l’abandon de la notion de service et de sacrifice, le relativisme, l’immanence et, comble, la négation des épisodes glorieux de notre histoire dont il faudrait s’excuser ! Tout cela a détruit peu à peu les fondements de la société qui n’a plus su intégrer ceux qui frappaient à sa porte et qui, surtout, a ôté tout souhait et désir de s’intégrer à la France devenue plus un contre-modèle qu’un modèle.

Il me semble que la cause première de ce triste état des lieux est avant tout l’abandon des repères notamment religieux par notre pays c’est-à-dire ces limites sans lesquelles les libertés ne sont plus que des licences dangereuses tant pour l’homme que pour la société. Ainsi, en un peu plus de deux siècles a été porté profondément atteinte à notre identité, française et chrétienne. Les repères perdus, l’avenir est difficile à construire ! Aussi, nourrie de bonnes intentions comme le prétendent ses partisans, la laïcité républicaine n’en est pas moins un leurre. Elle nous coupe en réalité de nos racines séculaires et le vide idéologique laisse la place à toutes les idéologies mortifères.

Les jeunes ont besoin de grandeur, besoin d’espérance. Une société qui désespère et désenchante sa jeunesse n’a plus sa place. Il faut revenir de cet esprit d’abandon. Il faut retrouver enthousiasme, désir de se dépasser et, surtout, volonté. Retrouver la ferveur de Bouvines et de Patay, celle que montrent les champions sportifs prenant exemple sur les saints ou les militaires. Offrir des perspectives qui présentent leur part de gratuité et de grandeur. Ces occasions ne manquent pourtant pas aujourd’hui où les combats à mener sont nombreux : ceux pour redonner à la vie humaine sa place avec ses multiples facettes depuis l’éthique oubliée dans les états riches jusqu’aux problèmes de malnutrition dans les pays pauvres ; ceux pour rendre notre planète plus durable après qu’elle a été souvent saccagée par l’inconscience de plusieurs générations ; ceux pour faire accéder le plus grand nombre à l’instruction sans laquelle il n’y a pas d’échanges possibles entre les hommes. Savoir se parler et pouvoir se comprendre !

Redonner le goût du bien commun et se souvenir que la France est d’abord une communauté forte de son identité façonnée par ses racines gréco-latines et chrétiennes.

Heureusement, bon nombre de jeunes l’ont retrouvé d’eux-mêmes dépassant les faux maîtres qui les trompaient plus qu’ils ne les formaient. Depuis plusieurs années on les voit veiller sur leur pays ; retrouver les fondamentaux de la philosophie notamment politique, renouer avec les valeurs du don, de la gratuité sans lesquelles il n’y pas de bien commun possible. On les voit surtout retrouver le sens de la famille et de la vie sur lequel ils assoient leurs perspectives d’avenir. Le monde appartient aux jeunes et à ceux qui donnent du sens à leur vie. L’histoire de France nous l’enseigne.

J’ai voulu le rappeler car, en invoquant l’aide de Saint-Louis, mon aïeul, mais aussi celle de tous les saints et saintes de France, si nombreux, et en n’oubliant pas le dernier d’entre eux, le père Hamel, mort en martyr pour sa Foi, je crois plus que jamais en mon pays et en son avenir.

Louis de Bourbon, duc d’Anjou.

Grandes armes de France

Dans ce blogue :
- Enseignements de Saint Louis à son fils > ici
- Récit de la mort de Saint Louis > ici
- Prières et litanies en l’honneur de Saint Louis > ici

Publié dans : Vexilla Regis | le 25 août, 2016 |2 Commentaires »

Prières en l’honneur de Saint Maximilien-Marie Kolbe.

Récit du martyre de Saint Maximilien-Marie d’après Maria Winowska > ici
Témoignage de Michael Micherdzinski, codétenu de Saint Maximilien-Marie > ici
Catéchèse de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI consacrée à Saint Maximilien-Marie > ici

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Litanies de Saint Maximilien-Marie Kolbe
pour la récitation privée *

Seigneur, ayez pitié de nous. Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous. Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous. Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous. Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous. Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père Céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Trinité qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous.
Reine conçue sans le péché originel, priez pour nous.
Reine des martyrs, priez pour nous.

Saint Maximilien-Marie, fils de prédilection de la Vierge Marie, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, comblé des dons célestes, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, embrasé de zèle pour l’Évangile, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, fervent adorateur de la sainte Eucharistie, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, prêtre selon le Cœur de Jésus, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, tout entier livré à l’Esprit d’Amour, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, consacré à Marie pour mieux être à Jésus, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, chevalier de l’Immaculée, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, fils exemplaire de saint François, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, disciple de la petite sainte de Lisieux, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, dévoré du désir du salut des âmes, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, missionnaire infatigable, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, contemplatif dans l’action, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, modèle d’exacte obéissance, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, exemple d’humilité, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, resplendissant de pureté, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, amant de la sainte pauvreté, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, d’un parfait abandon à la divine Providence, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, qui avez attiré tant d’âmes à la vie religieuse, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, maître de vie spirituelle, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, fidèle observateur des préceptes évangéliques, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, audacieux pour le Règne de Dieu, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, propagateur des cités mariales, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, inébranlable dans l’adversité, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, toujours serein dans les épreuves, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, ardent confesseur de la foi, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, entièrement offert pour le salut de tous, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, héroïque pour pardonner aux persécuteurs, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, exemple sublime d’amour fraternel, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, martyr de la charité, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, prophète du règne de Marie, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, lumière et gloire de l’Église, priez pour nous.
Saint Maximilien-Marie, doublement couronné dans le Ciel, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V.7 : Priez pour nous, Saint Maximilien-Marie Kolbe.
R.7 : Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Prions :

Dieu éternel et tout-puissant, qui avez embrasé le cœur de Saint Maximilien-Marie d’un ardent amour pour la Vierge Immaculée et l’avez rempli d’un dévouement qui l’a conduit à donner sa vie pour son prochain, nous Vous en supplions, accordez-nous, par son intercession, de nous dépenser pour Votre gloire au service de nos frères, en imitant jusqu’à la mort Votre Fils, Jésus-Christ Notre-Seigneur, Lui qui, étant Dieu, vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

* Note : il existe plusieurs litanies en l’honneur de Saint Maximilien-Marie diffusées ça ou là.
Entre les divers textes qui nous sont parvenus nous avons préféré celui-ci.

Bunker de la faim - 14 août 1941

Prière à Saint Maximilien-Marie Kolbe :

O Saint Maximilien-Marie, disciple très fidèle du Petit Pauvre d’Assise, qui, enflammé de l’amour de Dieu, avez passé votre vie dans la pratique assidue des vertus héroïques et les oeuvres saintes de l’apostolat, jettez un regard sur nous, vos dévots, qui avons confiance en votre intercession.

Vous qui, irradié de la lumière de la Vierge Immaculée, avez attiré des âmes innombrables vers les idéaux de la sainteté, les appelant en même temps à toutes les formes de l’apostolat pour le triomphe du bien et l’expansion du Royaume de Dieu, obtenez-nous la lumière et la force pour faire le bien et pour attirer beaucoup d’âmes à l’amour du Christ.

Vous qui, dans une parfaite conformité au Divin Sauveur, avez obtenu un si haut degré de Charité, jusqu’à offrir, en témoignage d’amour, votre vie pour sauver celle d’un frère prisonnier, obtenez-nous du Seigneur qu’animés du même amour de charité, nous puissions, nous aussi, par la foi et par les oeuvres, témoigner du Christ devant nos frères, pour arriver avec vous à la possession béatifiante de Dieu dans la lumière de la gloire.

 Ainsi soit-il.

(avec approbation ecclésiastique)

Reliquaire parcelle bure St Maximilien-Marie Kolbe

Reliquaire renfermant une parcelle de bure de Saint Maximilien-Marie Kolbe,
conservé dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

(cette relique fut offerte à frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur en 1991 par le Révérendissime Père Procureur Général des Franciscains Cordeliers, à Rome, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la mort de Saint Maximilien-Marie).

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints, Prier avec nous | le 14 août, 2016 |1 Commentaire »

2016-62. Au milieu de la destruction, de la terreur et du mal, il redonna l’espérance.

1941 – 14 août – 2016

75ème anniversaire du martyre de
Saint Maximilien-Marie Kolbe

palmes

A l’occasion du soixante-quinzième anniversaire du martyre de Saint Maximilien-Marie Kolbe, le 14 août 1941, nous reproduisons ci-dessous une traduction de l’entretien qu’avait accordé en 2004 le Polonais Michael Micherdzinski, qui était l’un des rescapés du camp d’extermination d’Auschwitz et qui avait été le témoin direct du sacrifice héroïque de Saint Maximilien-Marie.
Les questions avaient été posées par  le Révérend Père Witold Pobiedzinski, ofm cord., et cette « intervioue » avait été alors publiée dans plusieurs journaux polonais.

Autel de St Maximilien-Marie - basilique de Padoue retable de Pietro Annigoni

Saint Maximilien-Marie Kolbe, prêtre et martyr :
retable peint par Pietro Annigoni (1910-1988)
pour l’autel dédié au saint dans la basilique de Padoue.

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- Vous étiez prisonnier au camp de concentration d’Auschwitz pendant cinq ans. Là-bas vous avez connu personnellement Saint Maximilien-Marie Kolbe. Quelle fut, pour vous et pour les autres prisonniers, l’importance de la présence de ce moine au milieu de vous ? 

Tous les prisonniers envoyés à Auschwitz étaient accueillis par les mêmes mots : « Vous n’êtes pas dans un sanatorium mais dans un camp de concentration allemand pour lequel il n’existe pas d’autre sortie que la cheminée. Les Juifs peuvent vivre pendant deux semaines, les prêtres survivent un mois et le reste vit trois mois. Ceux à qui cela ne plaît pas peuvent tout de suite aller au grillage ».
Cela voulait dire qu’ils pouvaient être tués car ils faisaient passer un courant à haute-tension sans arrêt dans les grillages qui entouraient le camp.
Ces mots, prononcés dès l’arrivée, enlevaient tout espoir aux prisonniers.
J’ai reçu une grâce incroyable à Auschwitz, car je séjournais dans un bloc avec le Père Maximilien, et je me suis tenu en rang avec lui au moment de la sélection pour la mort. Je fus témoin oculaire de son sacrifice héroïque qui m’a redonné l’espoir, ainsi qu’aux autres prisonniers.

- Quelles furent les circonstances de cet événement, digne du plus haut intérêt, puisqu’il pousse les gens à poser la question : pourquoi a-t-il fait cela, et au nom de quelles valeurs ? 

Il y a soixante-trois ans (note : ce témoignage a été retranscrit en 2004), le mardi 29 juillet 1941, à environ une heure de l’après-midi, juste après l’appel de la mi-journée, les sirènes se mirent à hurler. Plus de cent décibels traversèrent le camp. Les prisonniers accomplissaient leurs tâches à la sueur de leur front. Le hurlement des sirènes signifiaient une alerte, et l’alerte voulait dire qu’un prisonnier manquait à l’appel.
Les S.S. firent immédiatement cesser le travail et commencèrent à diriger les prisonniers du camp vers le lieu de l’appel afin de vérifier le nombre des prisonniers.
Pour nous qui travaillions sur la construction d’une usine à caoutchouc aux alentours, cela voulait dire une marche de sept kilomètres vers le camp. On nous poussa à aller plus vite.
L’appel mit en évidence une chose tragique : il manquait un prisonnier à l’appel, dans notre bloc 14a. Quand je dis « dans notre bloc », je veux dire celui du Père Maximilien, de Franciszek Gajowniczek, d’autres et aussi le mien. C’était un message terrifiant.
On laissa aller tous les autres prisonniers qui furent autorisés à se rendre dans leurs blocs.
On nous annonça la punition : rester au garde-à-vous sans couvre-chef, jour et nuit, sans manger. La nuit, il faisait très froid. Quand les SS avait une relève de la garde, nous nous regroupions telles des abeilles, ceux qui se tenaient au-dehors réchauffaient ceux qui se trouvaient au milieu et alors nous changions de position.

De nombreuses personnes âgées ne purent résister à la corvée de rester debout nuit et jour dans le froid. Nous espérions au moins qu’un petit peu de soleil nous réchaufferait. Le matin, l’officier allemand nous cria : « Parce qu’un prisonnier s’est échappé et que vous ne l’en avez pas empêché ou arrêté, dix d’entre vous vont mourir de faim afin que les autres se souviennent que même les plus petites tentatives d’évasion ne seront pas tolérées. »
La sélection débuta.

- Que se passe-t-il chez un homme quand il sait que c’est peut-être le dernier moment de sa vie ? Quels sentiments accompagnaient les prisonniers qui purent entendre la sentence qui les condamnait à la mort ? 

Je préférerais m’épargner le souvenir des détails de ce moment terrible.
Je dirai en gros à quoi ressemblait cette sélection. Le groupe entier s’avança jusqu’à la première ligne. Devant, deux pas devant nous, un capitaine allemand se tenait debout. Il nous regardait dans les yeux, comme un vautour. Il toisait chacun d’entre nous, et ensuite il levait sa main et disait : « Du ! », ce qui veut dire « Toi ». Ce “Du !” voulait dire la mort par la faim ; et il continuait ainsi.
Les S.S. sortaient alors des rangs le pauvre prisonnier (ndt : qui avait été désigné), notaient son numéro et le mettaient à part sous surveillance.
“Du !” semblait comme un marteau battant une commode vide. Tout le monde avait peur à chaque fois que le doigt bougeait.
Le rang qui avait été inspecté avançait de quelques pas, afin qu’un espace entre les rangs permît l’inspection, et avec le rang suivant se formait un couloir d’une largeur de trois ou quatre mètres. Le S.S. marchait dans ce couloir et disait encore : “Du ! Du !”
Nos cœurs faisaient un bruit sourd. Avec ce bruit dans nos têtes, le sang montait à nos tempes et c’était comme si ce sang allait jaillir de nos nez, de nos oreilles et de nos yeux. C’était dramatique.

- Comment se comporta Saint Maximilien pendant cette sélection ? 

Le Père Maximilien et moi-même étions dans la septième rangée. Il se tenait à ma gauche, deux ou trois camarades peut-être me séparaient de lui.
Quand les rangées devant nous diminuèrent, une peur de plus en plus grande nous saisit. Je dois dire : peu importe la détermination ou la frayeur d’un homme, aucune philosophie ne lui est alors utile. Heureux celui qui croit, qui est capable de se reposer sur quelqu’un, de demander à quelqu’un la miséricorde. J’ai prié la Mère de Dieu.
Je dois l’avouer avec honnêteté : je n’ai jamais prié, ni avant ni après, avec autant de ferveur qu’alors.
Bien que l’on puisse encore entendre « Du ! », la prière en moi me changea suffisamment pour que je me calme. Les gens ayant la foi n’étaient pas aussi effrayés. Ils étaient prêts à accepter en paix leur destin, presque en héros. C’était formidable.
Les S.S. passèrent à côté de moi, me balayant du regard, puis passèrent à côté du Père Maximilien.
Franciszek Gajowniczek leur plut ; il se tenait à la fin de la rangée, et il était un sergent de 41 ans de l’armée polonaise. Quand l’allemand dit « Du ! » et le montra du doigt, le pauvre homme s’exclama : « Jésus ! Marie ! Ma femme, mes enfants ! »
Bien sûr, les S.S. ne prêtaient pas attention aux paroles des prisonniers et écrivaient juste leur numéro.
Gajowniczek assura plus tard que, s’il avait péri dans le bunker de la faim, il n’aurait pas su qu’une telle plainte, une telle supplique était sortie de sa bouche.

- La sélection terminée, est-ce que les prisonniers restant ressentaient un soulagement parce que la grande peur était finie ? 

La sélection prit fin, dix prisonniers ayant été choisis. C’était leur ultime appel.
Quant à nous, nous pensions que ce cauchemar debout allait prendre fin : nous avions mal à la tête, nous voulions manger, nos jambes étaient enflées.
Soudain, il y eut une agitation dans ma rangée. Nous nous tenions espacés par un intervalle équivalent à la longueur de nos sabots, quand, tout à coup, quelqu’un se mit à avancer entre les prisonniers. C’était le Père Maximilien.
Il avançait à petits pas, puisque personne ne pouvait faire de grands pas avec des sabots étant donné qu’il fallait retrousser ses orteils pour empêcher les sabots de tomber.
Il se dirigea tout droit vers le groupe de S.S. qui se tenait près du premier rang des prisonniers.
Tout le monde tremblait, parce qu’il s’agissait là de la transgression d’une des règles les plus importantes, et cela voulait dire qu’il y aurait un rude châtiment à la clef. Sortir du rang voulait dire la mort.
Les nouveaux prisonniers qui arrivaient dans le camp, ne sachant rien de cette interdiction étaient battus jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus travailler. Cela équivalait à aller au bunker de la faim.
Nous étions certains qu’ils tueraient le Père Maximilien avant qu’il n’arrive au bout. Mais quelque chose d’extraordinaire se produisit, qui ne fut jamais observé dans l’histoire des sept-cents camps de concentration du Troisième Reich : il n’est jamais arrivé qu’un prisonnier de camp puisse quitter la rangée sans être puni. C’était quelque chose de si inimaginable pour les S.S. qu’ils restèrent interloqués. Ils se regardèrent les uns les autres sans réaliser ce qui se passait.

- Que se passa-t-il ensuite ? 

Le Père Maximilien marchait dans ses sabots et son uniforme rayé de prisonnier avec son bol sur le côté. Il ne marchait pas comme un mendiant, ni comme un héros. Il marchait comme un homme conscient de sa grande mission. Il se tenait calmement face aux officiers.
Le commandant du camp retrouva finalement ses esprits. Furieux, il demande à son adjoint : « Was will dieses Polnische Schwein ? Que veut ce cochon de Polonais ?”
Ils commencèrent à chercher le traducteur, mais il se trouva que le traducteur n’était pas nécessaire. Le Père Maximilien répondit calmement : « Ich will sterben für ihn : je veux mourir à sa place », en montrant de sa main Gajowniczek qui se tenait à côté.
Les Allemands restèrent abasourdis, la bouche ouverte d’étonnement. Pour eux, représentants de l’impiété du monde, il était incompréhensible que quelqu’un souhaitât mourir pour un autre homme.
Ils regardèrent le Père Maximilien d’un regard interrogateur : Est-ce qu’il est devenu fou ? Peut-être n’avons-nous pas compris ce qu’il a dit ?
Finalement, la deuxième question arriva : « Wer bist du ? Qui es-tu ? »
Le Père Maximilien répondit : « Ich bin ein Polnischer Katolischer Priester : je suis un prêtre catholique polonais »
Ici, le prisonnier confessa qu’il était polonais, donc qu’il venait de la nation qu’ils détestaient. De plus, il manifestait qu’il était un homme du clergé. Pour les S.S. le prêtre était un reproche pour la conscience.
Il est intéressant de noter que, dans ce dialogue, le Père Maximilien n’utilisa pas une seule fois le mot « s’il vous plait ». En parlant comme il le fit, il a brisé le pouvoir de droit de vie ou de mort que les allemands avaient usurpé, et il les força à parler autrement. Il se comportait comme un diplomate expérimenté. Seulement, au lieu d’une queue de pie, d’une écharpe ou de décorations, il se présentait lui-même dans un costume rayé de prisonnier, avec un bol et des sabots.
Un silence mortel régnait et chaque seconde sembla durer des siècles.
Finalement, quelque chose arriva, que ni les Allemands ni les prisonniers n’ont compris jusqu’à ce jour. Le capitaine S.S. se tourna vers le Père Maximilien et s’adressa à lui avec le « Sie » (« vous ») de politesse et lui demanda : « Warum wollen Sie für ihn sterben ? : Pourquoi voulez-vous mourir à sa place ? »
Toutes les règles établies par les S.S. s’effondraient. Un moment auparavant, il l’avait appelé  « cochon de Polonais », et maintenant il se tournait vers lui et le vouvoyait.
Les S.S. et les officiers ordinaires qui se tenaient près de lui n’étaient pas sûrs d’avoir bien entendu. Une seule fois, dans l’histoire des camps de concentration, un officier de haut-rang, responsable du meurtre de milliers de personnes, s’est adressé de cette manière à un prisonnier.
Le Père Maximilien répondit : « Er hat eine Frau und Kinder : Il a une femme et des enfants ». Ce qui est le résumé de tout le catéchisme : il montrait à tous ce que la paternité et la famille veulent dire.
Il avait deux doctorats, soutenus à Rome « summa cum laude » (la meilleure note possible), et il était éditeur, missionnaire, enseignant académique de deux universités à Cracovie et à Nagasaki. Il pensait que sa vie valait moins que la vie d’un père de famille ! Quelle formidable leçon de catéchisme !

- Comment l’officier réagit-il aux paroles du Père Maximilien ? 

Tout le monde attendait de voir ce qui allait se passer ensuite.
Le S.S. se savait maître de la vie et de la mort. Il pouvait donner l’ordre de le battre très violemment pour avoir enfreint la règle stricte concernant le fait de sortir du rang.
Et, plus important encore : comment un prisonnier osait-il lui prêcher la morale ?
L’officier pouvait les faire condamner tous les deux à la mort par la faim.
Après quelques secondes, le S.S. dit : « Gut » (« Bon »).
Il était d’accord avec le Père Maximilien et admettait qu’il avait raison. Cela voulait dire que le bien avait gagné contre le mal, le mal absolu.
Il n’y a pas de plus grand mal que, par haine, de condamner un homme à périr de faim. Mais il n’y a pas non plus de plus grand bien que de donner sa propre vie pour un autre homme. Le bien absolu gagne.
Je voudrais insister sur les réponses du Père Maximilien : on l’a questionné à trois reprises, et par trois fois il a répondu avec concision et brièveté, usant de quatre mots. Le chiffre quatre dans la Bible signifie symboliquement l’homme tout entier.

- Quelle importance eut pour vous, et pour les autres prisonniers restant, d’avoir été témoins de tout ceci ? 

Les Allemands laissèrent Gajowniczek retourner dans le rang et le Père Maximilien prendre sa place.
Les condamnés devaient retirer leurs sabots parce qu’ils ne leur étaient plus d’aucune utilité. La porte du bunker de la faim était ouverte seulement pour en sortir les cadavres.
Le Père Maximilien entra en dernier avec son binôme, et il l’aida même à marcher. C’était comme ses propres obsèques avant sa mort.
Devant le bloc, on leur dit de retirer leurs uniformes rayés et on jeta les prisonniers dans une cellule de huit mètres carrés. La lumière du jour filtrait à travers les trois barreaux de la fenêtre sur le sol froid, dur et humide et les murs noirs.
Un autre miracle arriva là-bas.
Le Père Maximilien, bien qu’il ne respirât plus qu’avec un seul poumon, survécut aux autres prisonniers. Il demeura vivant dans la chambre de la mort pendant 386 heures. Tous les médecins reconnaîtront que c’est incroyable.
Après cette agonie horrible, le bourreau dans un uniforme médical lui fit une injection mortelle. Mais il ne succomba pas non plus… Il durent l’achever avec une seconde injection.
Il mourut la veille de l’Assomption de la Sainte Vierge Marie, Son Commandant-en-Chef.
Toute sa vie, il avait voulu travailler et mourir pour Marie l’Immaculée. C’était sa plus grande joie.

- En référence à la première question, pouvez-vous, s’il vous plaît, développer : qu’est-ce que cette attitude extraordinaire du Père Maximilien – être délivré de la mort par la faim – signifia pour vous ? 

Le sacrifice du Père Maximilien inspira de nombreuses activités ; il renforça le travail du groupe de résistance du camp, l’organisation clandestine des prisonniers, et cela marqua une division entre le temps « d’avant » et le temps « d’après » le sacrifice du Père Maximilien.
De nombreux prisonniers ont survécu à leur passage au camp, grâce à l’existence et aux opérations de cette organisation. Quelques-uns d’entre nous reçurent de l’aide, deux pour cent. J’ai reçu cette grâce, vu que je suis l’un de ces deux. Franciszek Gajowniczek fut non seulement secouru mais vécut encore 54 ans.
Notre saint compagnon-prisonnier secourut, par-dessus tout, l’humanité en nous. Il était un guide spirituel dans le bunker de la faim, il donna du soutien, il dirigea les prières, il pardonna les péchés et il accompagna les mourants vers l’autre monde avec le signe de la Croix. Il renforça la foi et l’espoir en nous qui avions survécu à la sélection.
Au milieu de cette destruction, de cette terreur et de ce mal, il redonna l’espérance.

Voir aussi l’article publié en 2011 pour le 70e anniversaire de ce martyre > ici.

Autel de St Maximilien-Marie - basilique de Padoue - détail
Saint Maximilien-Marie Kolbe, prêtre et martyr,
détail du retable de Pietro Annigoni

dans la basilique de Padoue.
Publié dans : De liturgia, Memento, Nos amis les Saints | le 13 août, 2016 |3 Commentaires »

2016-61. D’une nouvelle parure offerte à notre statue-relique du Saint Enfant Jésus.

Vendredi 12 août 2016,
Fête de Sainte Claire (cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En cette fête de Sainte Claire, alors qu’un radieux soleil enveloppe notre Mesnil-Marie, nos coeurs sont aussi illuminés par une joie que d’aucuns peut-être trouveront puérile, mais qui est pour nous véritablement spirituelle, puisqu’elle touche à l’honneur rendu à notre divin Sauveur et à Sa glorification.

Conformément à l’exemple des plus grands saints qui, lors même qu’ils étaient profondément mortifiés et animés d’un zèle scrupuleux pour l’observance de la pauvreté évangélique, faisaient tout leur possible pour que tout ce qui a trait au culte divin soit le plus digne, le plus beau et même le plus riche possible, nous aimons à redire avec Saint François d’Assise que « la pauvreté s’arrête au pied de l’autel ».
Voilà pourquoi, dès qu’il en a l’opportunité et les moyens, Frère Maximilien-Marie apporte beaucoup de soin à embellir notre modeste oratoire : au Mesnil-Marie on ne trouvera pas, par exemple, de ces ornements liturgiques en tissus vulgaires et sans tenue que certains prêtres et même certains dignitaires ecclésiastiques semblent affectionner !

Au soir de cette fête de Sainte Claire, ce qui nous réjouit très spécialement, c’est d’avoir pu offrir à notre Enfant Jésus de Prague, une nouvelle parure.

Enfant Jésus de Prague robe verte 1

Je vous ai déjà parlé de cette statue, qui présente la caractéristique de pouvoir être appelée « statue-relique » (voir > ici).

Jusqu’à ce jour nous n’avions que trois ensembles (robes et manteaux), ce qui est bien peu en comparaison des 46 qui composent la garde-robe de la statue originale vénérée dans l’église Sainte Marie de la Victoire à Prague.
On m’a même assuré que l’impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg, malgré les lourds devoirs de sa charge et malgré sa nombreuse famille, avait confectionné elle-même une robe et un manteau qu’elle avait offerts au Petit Roi de Grâce.

Enfant Jésus de Prague robe verte 2

Ce n’est pas une impératrice, mais c’est l’une de nos amies – mère de famille nombreuse et généreusement investie en pas mal d’activités – qui a répondu à l’appel de Frère Maximilien-Marie lorsque, il y a quelques mois, il avait demandé de l’aide sur un célèbre réseau social…

Nous avions en effet dans une armoire un joli coupon de tissu vert damassé d’or, des dentelles, et quelques autres éléments de passementerie dont il pensait qu’ils pourraient convenir à la confection, pour notre « statue-relique » de l’Enfant Jésus de Prague, d’une parure accordée à la couleur liturgique du temps après la Pentecôte.
Mais ni notre Frère ni moi-même n’étions assez dégourdis pour en faire quelque chose de convenable !!!

Notre amie M. a des doigts de fée, du goût, de bonnes idées, et de la patience… qu’elle a mis au service de notre Petit Roi d’Amour.
Vraiment, elle a fait merveille : il est donc tout-à-fait normal que j’exprime ici publiquement nos plus vifs remerciements et notre joie.

Enfant Jésus de Prague robe verte 3

Je ne résiste pas à vous conter une anecdote à propos du travail de notre amie M.

Frère Maximilien-Marie lui avait envoyé le coupon de tissu vert damassé d’or, et avait un peu pensé – sans avoir d’idée trop précise là-dessus – que le manteau aurait pu être en quelque autre ton de vert…
La seule chose dont il était certain, c’est qu’il voulait trois fleurs de lys sur chacun des revers.

M. a fait quelques recherches – en magasin et sur les sites spécialisés – , et elle a découvert un tissu vert qui eût pu s’harmoniser avec les tons de la robe ; mais lorsqu’elle s’est rendue compte que cette teinte avait été dénommée « vert islamique », elle en a été, à très juste titre, abasourdie.
Elle a fait part de sa perplexité à Frère Maximilien-Marie qui lui a répondu (j’ai le texte de leurs échanges sous les yeux) : « Oh purée ! j’hallucine grave… j’allahlucine même ! »
M. : « Ah ! Je savais bien que cela vous ferait bondir… »
Frère Maximilien-Marie : « J’ai tellement bondi que je me suis même fait une bosse en me cognant au plafond ! »
Il exagérait un tantinet, certes, mais il y avait bien de quoi éprouver de l’horreur et de l’indignation.

Sans nul doute, si un fabricant de tissu appelait l’une de ses créations par le qualificatif « catholique romain », nous assisterions aux protestations indignées des pintades médiatiques et des dindes laïcistes…
Ceux qui ne veulent pas du règne du Christ auront – voire ont déjà – pour maître l’antéchrist en ses multiples avatars : maçonnerie ou mahométisme, république ou néopaganisme, sectes laïques ou satanisme… etc.
Mais au Mesnil-Marie nous ne revêtirons pas le Petit Roi de Grâce d’un manteau « vert islamique » et nous ne cesserons de prier et de supplier pour que, sur la terre comme au Ciel, Son Règne advienne.

Bref, notre amie M. a suggeré de confectionner la cape dans un satin qui ne soit pas vert, et Frère Maximilien-Marie s’en est remis à son bon goût.
Il ne pouvait mieux faire : le résultat est magnifique !
Nous l’avons découvert lorsque M. est venue l’apporter à notre Petit Roi et a réalisé sur lui les derniers ajustements, aujourd’hui même.

pattes de chatLully.

Enfant Jésus de Prague robe verte 4

2016-60. Du 275e anniversaire de la mort de Don Antonio Vivaldi et du 3e centenaire de sa « Juditha triumphans ».

Jeudi 28 juillet 2016,
Fête des Saints Nazaire et Celse, martyrs, Victor 1er, pape et martyr,
et Innocent 1er, pape et confesseur ;

En Bretagne, fête de Saint Samson de Dol, évêque et confesseur.

Caravage Judith tranchant la tête d'Holopherne 1598

Le Caravage : Judith tranchant la tête d’Holopherne (1598)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Sans doute, les événements de ces derniers jours peuvent-ils – naturellement et de façon très légitime – alimenter la réflexion et susciter commentaires ou messages.

Pour ce qui me concerne, je ne veux pas (du moins pour le moment) entrer dans une surenchère de gloses.
Aussi ai-je délibérément pris le parti de n’aborder l’actualité que d’une manière qui, pour être indirecte et allusive, n’en touche pas moins à la réalité profonde, et non épiphénoménique (si l’on me permet ce néologisme) des maux de ce temps.

Ce 28 juillet 2016 marque très précisément le 275e anniversaire de la mort de l’un des compositeurs que nous affectionnons le plus au Mesnil-Marie (car même si je me prénomme Lully, je n’en goûte pas moins d’autres génies musicaux) : Don Antonio Vivaldi, qui rendit son âme à son Créateur, à Vienne, le 28 juillet 1741.

Je ne vais pas faire ici un résumé de la vie de celui que sa chevelure fit surnommer « il prete rosso : le prêtre roux ».
Je ne veux pas non plus m’étendre sur les qualités ou les vices – réels ou supposés car c’est sans aucune preuve qu’on lui a prêté une vie dissolue – du compositeur : même s’il ne célébrait pas la sainte messe, nous avons par ailleurs des témoignages sur sa réelle dévotion, ainsi que sur sa stricte fidélité à la récitation du bréviaire et au port de l’habit ecclésiastique.

Je ne suis pas non plus en mesure de publier quelque « scoupe » sur les derniers mois, les derniers jours et les dernières heures du génialissime vénitien, qui restent – et peut-être resteront – toujours environnés d’un certain mystère : Don Antonio a quitté Venise, qu’il ne reverra jamais, en mai 1740, pour un voyage qu’il prévoyait long… Par quelles villes avait-il prévu de passer ? Il est difficile de le préciser.
Vienne, sans nul doute, mais quand y arriva-t-il exactement ? Nul ne peut le dire.
Ce qui est certain c’est que la mort de l’empereur Charles VI, au mois d’octobre, le prive d’un précieux mécène.
Sans protecteur ni ressources stables, pour survivre « à la petite semaine », Vivaldi compose et vend quelques compositions ainsi qu’en fait foi le dernier autographe connu de sa main : un reçu daté du 28 juin 1741 pour le paiement de concertos.
Le 27 ou le 28 juillet 1741, il décède, pauvre et seul, âgé de 63 ans et à peine 5 mois.
Ses funérailles, célébrées le 28, sont celles des indigents.

La maison dans laquelle il logea, le cimetière où il fut inhumé, tout a disparu…
Il ne nous reste que sa musique.
Sa prodigieuse et incomparable musique.

seul portrait authentique Vivaldi Rome - 1723

Le seul portrait authentique et certain d’Antonio Vivaldi qui nous soit parvenu
est une esquisse, presque une caricature, réalisée par Pier Leone Ghiezzi.
Datée de 1723, elle est conservée à la bibliothèque du Vatican.

Mais plutôt que de rester à ruminer la tristesse des circonstances dans lesquelles Don Antonio Vivaldi s’est éteint, je veux m’attacher aujourd’hui à évoquer l’un de ses plus époustoufflants chefs d’oeuvre, l’oratorio intitulé « Juditha triumphans devicta Holofernis barbarie », plus couramment appelé « Juditha triumphans ».

C’est le seul des quatre oratorios composés par Vivaldi qui nous soit parvenu, à ce jour (sous la référence RV 644) : le manuscrit, longtemps oublié, en a été retrouvé à Turin en 1926.
Le livret est l’oeuvre de Iacopo Cassetti. On le trouvera en intégralité (texte latin et traduction) > ici.
Cela vaut vraiment le coup d’en lire attentivement les textes.

L’oratorio fut composé entre la fin du mois d’août et le mois de novembre 1716 où il fut représenté à l’Ospedale della Pietà. Il connut un vif succès.

En reprenant l’histoire de Judith, racontée par le livre éponyme de l’Ancien Testament, c’est une actualisation symbolique à laquelle se livre l’oratorio car, de fait, il célèbre la victoire de la Sérénissime sur le Croissant, à Corfou, le 18 août 1716.

En effet, en juillet 1716, la flotte turque avait assiégé l’île de Corfou, cherchant à s’en emparer : malgré la résistance acharnée des Corfiotes, l’île – qui s’était placée sous la protection de Venise depuis la fin du XVe siècle et qui constituait une sorte de poste avancé de la Chrétienté face à l’empire Ottoman – était bien près de succomber.
La république de Venise contracta une alliance avec le Saint Empire Romain Germanique, et la flotte, commandée par le comte Johann Matthias von der Schulenburg, remporta, le 18 août 1716, une bataille décisive qui contraignit les Ottomans à lever le siège : cela se passait il y a trois siècles exactement…

Et l’histoire recommence toujours.
Et pas seulement autour de l’île de Corfou, mais dans toute la Chrétienté, qui apparaît bien tiède et fissurée dans ses forces spirituelles ; car ce ne sont pas les gesticulations exubérantes, et souvent bien superficielles, d’un « grand rassemblement festif » qui sont l’indice de la véritable vitalité de la Chrétienté…

« Arma, caedes, vindictae, furores… Armes, carnages, vengeance, fureurs guerrières, pauvreté, terreur, précédez-nous ! Tournoyez ! Livrez bataille ! O sorts de la guerre, attirez mille plaies, mille morts ! » C’est ce que chantent en choeur les soldats assyriens – symbolisant les troupes mahométanes – au début de l’oeuvre, accompagnés par les cuivres.

 Image de prévisualisation YouTube

Le choeur final « Salve, invicta Iuditha », désormais considéré comme l’hymne de Venise, fait chanter aux femmes de Judée les paroles suivantes : « Salut, ô Judith invaincue, belle, splendeur de la patrie et espérance de notre salut, tu es vraiment le modèle de la plus haute vertu, tu seras toujours glorieuse dans le monde ! Le barbare Thrace ainsi vaincu, que la Reine de la mer soit triomphante ! Et que l’ire divine étant ainsi apaisée, Adria vive et règne dans la paix ! »

Image de prévisualisation YouTube

Qu’en face des modernes Holopherne, ce qui est encore lucide et courageux dans la Chrétienté sache donc, comme Judith armée de foi, de jeûne et de prière, mais aussi avec une intelligence tactique inspirée, brandissant avec une juste maîtrise les véritables glaives qui s’imposent, repousser victorieusement la barbarie mahométane et les complices sournois qui la favorisent au milieu de nous…

Etendard vénitien gif

Publié dans : Memento | le 28 juillet, 2016 |1 Commentaire »

2016-59. Vendredi 29 juillet 2016 : journée de prière et de jeûne…

Par la voix du président de la Conférence épiscopale,
Nos Seigneurs les Evêques de France
appellent tous les catholiques à faire du

vendredi 29 juillet 2016

une journée de prière et de jeûne
pour la France
et pour la paix dans le monde.

Prière et jeûne pour la France

« Ce genre de démons ne se chasse que par la prière et le jeûne ».
(Matth. XVII, 20)

Publié dans : Intentions de priere, Prier avec nous | le 27 juillet, 2016 |1 Commentaire »

2016-58. De la légitime défense des individus et des sociétés.

La justice n’est pas la vengeance. Et, comme l’écrit Saint Jacques  « La colère de l’homme n’accomplit point la justice de Dieu : ira enim viri justitiam Dei non operatur » (Jac. I, 20).
Cela ne signifie évidemment pas non plus qu’il faille être – ou même seulement paraître – faible en face de tout ce qui porte atteinte au droit et à la justice.
Il ne sera donc pas inutile de relire et de méditer sur l’enseignement de l’Eglise au sujet de la légitime défense  : celle des individus comme celle des sociétés…

Jean-Marc Nattier - la justice châtiant l'injustice

Jean-Marc Nattier : « la justice châtiant l’injustice » (1737)

La légitime défense

2263 - La défense légitime des personnes et des sociétés n’est pas une exception à l’interdit du meurtre de l’innocent que constitue l’homicide volontaire. « L’action de se défendre peut entraîner un double effet : l’un est la conservation de sa propre vie, l’autre la mort de l’agresseur … L’un seulement est voulu ; l’autre ne l’est pas » (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 64, 7).

2264 - L’amour envers soi-même demeure un principe fondamental de la moralité. Il est donc légitime de faire respecter son propre droit à la vie. Qui défend sa vie n’est pas coupable d’homicide même s’il est contraint de porter à son agresseur un coup mortel :
« Si pour se défendre on exerce une violence plus grande qu’il ne faut, ce sera illicite. Mais si l’on repousse la violence de façon mesurée, ce sera licite… Et il n’est pas nécessaire au salut que l’on omette cet acte de protection mesurée pour éviter de tuer l’autre ; car on est davantage tenu de veiller à sa propre vie qu’à celle d’autrui » (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 64, 7).

2265 - En plus d’un droit, la légitime défense peut être un devoir grave, pour qui est responsable de la vie d’autrui. La défense du bien commun exige que l’on mette l’injuste agresseur hors d’état de nuire. A ce titre, les détenteurs légitimes de l’autorité ont le droit de recourir même aux armes pour repousser les agresseurs de la communauté civile confiée à leur responsabilité.

2266 - L’effort fait par l’Etat pour empêcher la diffusion de comportements qui violent les droits de l’homme et les règles fondamentales du vivre ensemble civil, correspond à une exigence de la protection du bien commun. L’autorité publique légitime a le droit et le devoir d’infliger des peines proportionnelles à la gravité du délit. La peine a pour premier but de réparer le désordre introduit par la faute. Quand cette peine est volontairement acceptée par le coupable, elle a valeur d’expiation. La peine, en plus de protéger l’ordre public et la sécurité des personnes, a un but médicinal : elle doit, dans la mesure du possible, contribuer à l’amendement du coupable.

2267 - L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains.

Mais si des moyens non sanglants suffisent à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine.

Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’Etat dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable « sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants » (Evangelium vitae, n. 56).

in « Catéchisme de l’Église Catholique »,
Explication du 5e commandement de Dieu

Saint Michel gif

2016-57. Du saint prophète Elie insurpassable modèle des adorateurs du vrai Dieu.

20 juillet,
Fête du saint prophète Elie.

A la date du 20 juillet, le martyrologe romain fait mention du saint prophète Elie : sa fête ne figure pas au calendrier de l’Eglise universelle, mais seulement au calendrier particulier de certains lieux et congrégations, dont l’Ordre du Carmel qui reconnaît en lui son fondateur.

Au Mesnil-Marie aussi, nous célébrons aujourd’hui l’office de Saint Elie : nous vénérons en lui l’une des plus parfaites figures de chercheur de Dieu, l’une des plus parfaites figures de totale consécration au service du Très Haut, l’une des plus parfaites figures de la vie religieuse alliant contemplation et action.

En appelant Elie, Dieu a en quelque sorte appelé et béni en même temps – à travers tous les âges et jusqu’à la consommation des siècles – la foule de ceux qui, épris de l’absolu divin, ne souffrent ni médiocrité, ni compromis, ni demi-mesure.
Tantôt retiré du monde et absorbé dans une intime conversation avec Dieu, tantôt en première ligne des combats qu’il faut soutenir pour la vraie foi, il reste pour toutes les générations de croyants un exemple à imiter : exemple de zèle et d’ardeur, exemple de soif d’absolu, exemple d’intégrité et de force morale – malgré l’expérience de ses propres faiblesses et la tentation du découragement – , mais aussi exemple de douce humanité et de compassion authentique (car l’humanité et la compassion ne sont ni la faiblesse ni la compromission).
Voilà pourquoi il m’apparaît comme très important de souvent lire, relire, approfondir et méditer la « geste d’Elie » dans les chapîtres XVII à XXI du troisième livre des Rois (selon la Vulgate ; il est appelé premier livre des Rois dans la majorité des éditions modernes de la Sainte Bible) car, au-delà des contingences temporelles des faits rapportés, nous y trouvons tant de lumières pour notre propre conduite aujourd’hui…

C’est la raison pour laquelle j’ai particulièrement aimé le tableau reproduit ci-dessous : s’il ne s’agit que d’une toile somme toute assez ordinaire du XIXe siècle, néanmoins en quelque manière elle illustre la permanence de la figure du prophète Elie dans l’histoire de l’Eglise, par le geste protecteur de sa main gauche étendue en direction de la silhouette de la basilique Saint-Pierre du Vatican, symbole de l’Eglise contre laquelle les portes de l’enfer ne prévaudront point.
Le glaive ardent que tient toujours le saint prophète – glaive avec lequel il égorgea les quatre-cent-cinquante faux prophètes de Baal sur le Mont Carmel – et le cadavre de l’Antéchrist gisant à ses pieds, nous rappellent que des combats comparables à celui d’Elie - qui doit revenir avec Enoch dans le temps de la grande tribulation finale – font toujours l’actualité de l’Eglise et la feront jusqu’à la fin des temps, cette dernière étant évoquée dans le haut du tableau par les anges sonnant de la trompette.

Le prophète St Elie - huile sur toile Italie XIXe s

Le prophète Saint Elie, huile sur toile du XIXe siècle
Diocèse de Melfi – Rapolla – Venosa (Basilicate – Italie)

Merveilleux Saint Elie !
Comme vous fûtes heureux de ne pas avoir vécu à la fin du XXe siècle et en ce début du XXIe siècle !
Car si vous fûtes persécuté par le perfide Achab et l’idolâtre Jézabel, il vous fut toutefois loisible d’affirmer et de proclamer haut et fort à la face d’Israël qu’il n’y a pas d’autre Dieu que le Seigneur qui S’est révélé à Moïse – et qui S’est depuis pleinement et définitivement révélé en Notre-Seigneur Jésus-Christ, Son Verbe incarné – et que les autres « dieux » n’en sont pas.
Point de déclaration « Dignitatis humanae » qui soit alors venue troubler la compréhension de la Vérité et jeter de l’ombre sur la Révélation divine, introduire le relativisme, et insinuer que l’on doive mettre sur un même pied l’authentique religion et les croyances mêlées d’erreurs !

Bienheureux Saint Elie !
Pourchassé par la vindicte des païens adorateurs de démons, vous ne fûtes néanmoins pas puni par les représentants officiels du vrai Dieu, ainsi que cela arrive aujourd’hui à des prêtres fidèles au sein de l’Eglise catholique, lorsqu’ils rappellent qu’il n’y a qu’une seule authentique Révélation de Dieu et qu’en dehors d’elle, et après Notre-Seigneur Jésus-Christ, il n’y a pas eu de vrai prophète mandaté par Dieu pour fonder une autre religion !

Glorieux Saint Elie !
Ni le pseudo oecuménisme ni le « dialogue inter-religieux », ne sont venus mettre des entraves à cette proclamation sans concession de la Vérité divine, que vous avez énergiquement accomplie en paroles et en actes quoi qu’il dut vous en coûter ! 
Vous vous êtes « levé comme un feu et votre parole brûla comme une torche ardente » (cf. Eccli. XLVIII, 1) et nul n’osa plus en face de vous, parce que vous agissiez pour le salut éternel des âmes des fils d’Israël, se faire l’apologue des doctrines d’erreur et de la fausse tolérance qui précipite les âmes en enfer…

Intercédez donc aujourd’hui pour nous, et donnez-nous, comme à votre disciple Saint Elisée, d’avoir quelque part à votre esprit. Ainsi soit-il !

Blason du Carmel

Blason de l’Ordre du Carmel
surmonté du bras de Saint Elie brandissant le glaive ardent
et portant pour devise sa parole :
« Zelo zelatus sum pro Domino Deo exercituum :
je suis embrasé d’un zèle ardent pour le Seigneur Dieu des armées » (3 Reg. XIX, 14).

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