En guise de prologue à ce blogue…

Le Maître-Chat Lully

Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Maître-Chat Lully (10 juillet 2006 – 23 mai 2019)

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« Mon blogue – ce blogue – est né le 10 septembre 2007…
Né d’une boutade de mon « papa-moine », ainsi que j’ai eu l’occasion de l’expliquer en détail > ici lorsque j’en ai donné l’historique alors qu’il allait approcher de son septième anniversaire, ce qui n’était au départ qu’un modeste moyen de garder contact avec un petit groupe d’amis proches du Refuge Notre-Dame de Compassion, a, tout au long des années, largement dépassé ce cadre restreint pour atteindre de très nombreuses personnes bien au-delà de nos simples relations habituelles, et bien au-delà des frontières de notre beau Royaume de France.

Bien sûr, il y a eu très souvent des personnes très « raisonnables » et très « sérieuses » qui se sont scandalisées qu’un chat écrivît sur des sujets religieux, rédigeât des chroniques et publiât des réflexions sur la société, ses maux et les remèdes que l’authentique tradition politique de notre monarchie légitime leur pourrait apporter…
Il y a bien encore quelques uns de ces petits esprits étriqués et chagrins pour répandre le venin et le fiel de leurs critiques, mais je n’en ai jamais eu cure : si pour eux il est inconcevable qu’un texte puisse prétendre au moindre sérieux du seul fait qu’il est l’œuvre d’un chat – fut-il chat monastique -, il est  par ailleurs irréfragable que le phénomène, en définitive peu courant, d’un Maître-Chat s’exprimant sur le « ouèbe » sans égard pour la langue de bois ou de buis, mais avec tout la divine liberté donnée par le Créateur aux félins, a valu à ce blogue de fidèles et solides amitiés, qui pèsent bien davantage que toute les aigreurs d’estomac de tous les « coincés », de tous les « cinglés », de tous les « modernichons », et de tous les « tordus » politiques et religieux réunis !

Vous le savez, mon divin Créateur a rappelé à Lui mon âme le 23 mai de cette année 2019 qui s’achève aujourd’hui (cf. > ici).
Je sais que mon départ de cette terre a laissé un grand vide dans le cœur de nombre de mes lecteurs, tout comme dans celui de mon « papa-moine ». Cependant, ainsi qu’il vous l’a écrit (cf. > ici), mon blogue continue et continuera : invisible, mais toujours présent, j’inspire et j’inspirerai encore mon moine de compagnie, car je lui ai laissé quelque chose de mon esprit comme le fit jadis le saint prophète Elie pour son disciple Elisée, lorsqu’il fut enlevé sous ses yeux par un char de feu.

Le prologue d’origine de ce blogue (cf. > ici) n’était toutefois plus exactement adapté désormais, et c’est la raison pour laquelle je suis aujourd’hui « revenu » vers vous pour inspirer ces lignes à mon fidèle secrétaire et vous assurer, mes bien chers et fidèles amis, que je suis toujours là, veillant à ce que ce blogue continue l’œuvre amorcée dès sa première chronique (cf. > Genèse) – semper fidelis – toujours fidèle à l’esprit que Dieu a voulu pour le Refuge Notre-Dame de Compassion : fidélité intégrale au dépôt de la foi reçue des Apôtres, et fidélité intégrale au dessein de Dieu scellé dans les fonts baptismaux de Reims où s’unirent la foi catholique et la royauté franque pour faire naître la France, avec en corollaire la défense sans concession de tout ce que cela représente et contient !

Vive Dieu ! Vive le Roi !

pattes de chatLully.

Mardi 31 décembre 2019,
Fête de Saint Sylvestre 1er, pape et confesseur, baptiste de l’empereur Saint Constantin 1er le Grand ;
Septième jour dans l’octave de la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Lully le chroniqueur

2020-26. « Votre foi est notre victoire ! »

13 février,
Au diocèse de Viviers, fête de Saint Avit de Vienne.

Sextus Alcimus Ecditius Avitus, en français Avit, né à Vienne vers 450, est issu d’une lignée de haute noblesse gallo-romaine d’origine arverne : il est le fils du sénateur Esychius (qui, vers 475, fut élu archevêque de Vienne à la mort de Saint Mamert), et le petit neveu de l’empereur Aparchus Avitus (455-456).
Avit fut d’abord marié et père de famille mais, veuf à 40 ans, il distribue ses biens aux pauvres et entre au monastère : on ne l’y laissera pas longtemps car en 490 il est élu pour succéder à son père à la tête de l’archidiocèse de Vienne où il demeurera une trentaine d’années environ. Théologien, lettré et poète, Avit fut un pasteur exemplaire. C’est lui qui présida en 517 le concile d’Epaone qui restaura la discipline ecclésiastique. Saint Avit est le frère de Saint Apollinaire, évêque de Valence (qu’il ne faut pas confondre avec Saint Sidoine Apollinaire évêque de Clermont, avec lequel il a aussi des liens de parenté).
Il eut à cœur de lutter contre l’arianisme alors triomphant dans le royaume burgonde auquel appartenait la province ecclésiastique de Vienne : s’il ne parvint pas à convertir le roi Gondebaud, il eut une influence décisive sur le fils de celui-ci, Sigismond, qu’il convertit à la foi de Nicée, et sur sa nièce, Clotilde, future reine des Francs.

Saint Avit mourut un 5 février (peut-être en l’an 518). C’est à ce jour qu’il figure au martyrologe romain.
Toutefois, dans le diocèse de Viviers, jadis suffragant de l’archevêché de Vienne et qui, lors de la suppression de ce siège épiscopal, a hérité de ses paroisses situées sur la rive droite du Rhône, le calendrier traditionnel le fête à la date du 13 février.

Saint Avit - Jörg Breu

Saint Avit de Vienne (œuvre de Jörg Breu).

On cite souvent la formule « votre foi est notre victoire » extraite de la lettre que Saint Avit écrivit au Roi Clovis, empêché qu’il fut alors de se rendre à Reims pour son baptême. Mais qui connaît l’intégralité de cette lettre ? Nous avons donc résolu de vous en donner le texte intégral ci-dessous.

« Les sectateurs de tous schismes se sont efforcés d’envelopper la finesse de votre discernement de l’ombre de leurs discours aux idées changeantes, divergents dans leur multitude, vides de la vérité du christianisme (note 1).Tandis que nous renvoyons ces disputes à l’éternité, tandis que nous réservons au jugement dernier de connaître le bien fondé de chaque opinion, dès à présent a jailli le trait de lumière de la vérité. Car c’est de nos jours que la divine Providence a trouvé un arbitre. En faisant votre choix, c’est pour tous que vous prononcez le jugement ; votre foi est notre victoire (note 2). Dans ces cas-là, d’ordinaire, la plupart des hommes objectent les coutumes nationales et l’observance religieuse de leurs pères, si par hasard ils sont poussés à rechercher la saine croyance par les encouragements des prêtres ou les suggestions de quelque compagnon. Ainsi préfèrent-ils coupablement le respect humain au salut, et, en observant, dans les chaînes de l’incrédulité, un vain respect de leurs ancêtres, avouent-ils en quelque sorte ne savoir quoi choisir ; que leur coupable retenue renonce donc à cette échappatoire après un tel miracle. Vous, ne gardant de toute une lignée d’antique origine que la seule noblesse, vous avez voulu extraire de vous-même, pour votre race, tout ce qui peut rehausser le rang d’une haute naissance. Vous avez des modèles du bien, vous avez voulu être celui du mieux (note 3). 

Vous êtes digne de vos ancêtres puisque vous régnez en ce monde ; vous avez fondé pour vos descendants afin de régner au ciel. Que la Grèce, évidemment, se réjouisse d’un prince de notre loi, mais non plus de ce qu’elle mérite seule la faveur d’un tel don. L’éclat en illumine aussi votre pays, et, du côté de l’occident, resplendit sur le roi la lumière de l’antique étoile du matin (note 4). Elle commença de luire à la bienvenue naissance de notre Sauveur. Que l’onde de la régénération vous dispose donc au salut en ce jour où le monde a reçu le maître du ciel né pour sa rédemption. Que ce jour soit votre anniversaire comme il est celui du Seigneur, le jour où vous êtes né au Christ, le jour où le Christ est né au monde, le jour où vous avez consacré votre âme à Dieu, votre vie aux hommes d’aujourd’hui, votre gloire à la postérité. Que dire donc de cette très glorieuse solennité de votre régénération ? Si, je ne me suis pas rendu personnellement à ses offices, je n’ai pourtant pas manqué de communier à ses joies, dès le moment où la bonté divine a envoyé cette grâce à vos pays et que, avant votre baptême, nous est parvenue la nouvelle de la très-sublime humilité avec laquelle vous faisiez profession de catéchumène ; en suite de quoi, après cette attente, la nuit sainte nous a trouvé sans inquiétude à votre sujet. Car nous parlions et nous discutions entre nous de l’événement, tandis qu’une troupe nombreuse d’évêques assemblés, ranimait les membres royaux avec les eaux de vie, dans la pompe du service divin, tandis que se courbait devant les serviteurs de Dieu cette tête terrible aux nations, tandis que, grandi sous un casque de cheveux, vous assumiez le casque du salut, l’onction sacrée, tandis que, ayant un instant déposé la protection des cuirasses, vos membres immaculés resplendissaient de la blancheur immaculée des vêtements (note 5). Elle fera, comme vous le croyez, ô le plus heureux des rois, elle fera dis-je, cette faiblesse de vos vêtements, que dorénavant s’accroisse la force de vos armes ; et tout ce qui avait fait jusqu’à présent la chance, c’est à la sainteté que vous le devez désormais. Je voudrais bien attacher à vos louanges quelque exhortation, si quelque chose échappait à votre science ou à votre attention (note 6). Mais faut-il que nous prêchions dans ses détails la foi, que vous avez aperçue sans prédicateur et sans exposé complet ? Ou peut-être l’humilité, que vous nous avez déjà manifestée par attachement et que vous nous devez désormais par votre profession de foi ? Ou bien la miséricorde qu’un peuple encore récemment captif, délivré par vous, manifeste au monde par sa joie, à Dieu par ses larmes ? (note 7) Il n’y a qu’une chose que nous désirions voir s’accroître, puisque, par vous, Dieu va faire votre nation toute sienne, répandez aussi, du trésor de votre cœur, des semences de foi vers les peuples d’au-delà, encore fixés dans l’ignorance naturelle et que n’ont pas corrompus les germes des fausses doctrines. N’ayez ni honte ni regret, même en envoyant des ambassades à ce sujet, de construire l’édifice du Dieu qui a tant élevé le vôtre » (note 8).  

Baptême de Clovis

Saint Avit, archevêque d’une métropole située à l’intérieur du royaume burgonde dont le roi arien Gondebaud était ennemi de Clovis, ne put se rendre au baptême de ce dernier, comme le firent de nombreux évêques gallo-romains, et c’est pourquoi il lui adressa cette lettre demeurée fameuse.

Notes : 

[1] « Les sectateurs de tous schismes se sont efforcés d’envelopper la finesse de votre discernement de l’ombre… » : Saint Avit fait allusion à toutes les manœuvres par lesquelles les hérétiques ariens ont essayé d’empêcher la conversion de Clovis à la foi de Nicée.

[2] « En faisant votre choix, c’est pour tous que vous prononcez le jugement ; votre foi est notre victoire » : Saint Avit note ici l’importance de la conversion de Clovis, dont la situation de roi et de fils de l’Eglise romaine fait désormais un arbitre dans les Gaules : c’est lui qui tranchera en cas de litige entre les diverses communautés, et il tranchera selon sa foi, la foi catholique. Ainsi la conversion de Clovis à la foi nicéenne est-elle la victoire de l’épiscopat catholique.

[3] Se réfugiant dans le respect des coutumes ancestrales, le roi burgonde Gondebaud ainsi que les autres rois ariens rejetaient toute idée de conversion. Le miracle de la conversion du roi païen des Francs saliens balaie les croyances païennes ou hérétiques et fait des autres souverains qui se partagent alors les terres de l’Empire d’Occident des coupables, puisqu’ils résistent à la grâce.

[4] Il est le premier roi germanique converti au catholicisme. Digne de ses ancêtres, car il règne, il offre par sa conversion le royaume de Dieu à ses descendants.

[5] Avit fait allusion à la cérémonie même du baptême qui eut lieu le jour de Noël. Toute la cérémonie est évoquée : le roi comme catéchumène (candidat au baptême), les eaux de la vie (le baptême d’eau), l’onction sainte (l’onction du saint Chrême, qui n’a rien à voir avec le sacre royal), la blancheur des vêtements (les vêtements blancs dont sont revêtus les nouveaux baptisés).

[6]  Le royaume, dirigé jusqu’alors sans ligne directrice, sans autre objectif que l’intérêt immédiat du roi, trouve à travers le baptême de celui-ci le chemin qui conduira son peuple au salut. Un lien est créé avec le Dieu chrétien, par la foi.

 [7] Avit fait probablement allusion à la libération des prisonniers de guerre gallo-romains auxquels Clovis a rendu la liberté. Mais cela peut aussi s’entendre plus largement du sentiment de libération éprouvé par tous les gallo-romains, catholiques, qui, se trouvant sous la domination de rois ariens ou païens, saluent la conversion du Roi des Francs (et ses victoires sur les rois ariens) comme une libération.

[8] Saint Avit invite Clovis à un véritable travail missionnaire : il lui suggère d’œuvrer à la conversion des peuples païens « les peuples d’au-delà, » en dehors de ceux qui sont corrompus par les fausses doctrines (arianisme). C’est une vue prophétique de l’œuvre missionnaire des Rois Francs.

Saint Avit entre Saint Mamert et Saint Apollinaire

Saint Avit de Vienne, représenté entre Saint Mamert et Saint Sidoine Apollinaire

2020-25. 13 & 14 février 1820 : Monseigneur le duc de Berry n’est plus !

- 13 & 14 février 1820 -

Duc de Berry en 1820 par Jean-François Thuaire

Charles Ferdinand d’Artois, duc de Berry (1778-1820)
Portrait réalisé en 1820 par Jean-François Thuaire
(musée Carnavalet)

frise lys deuil

Nous avons choisi de respecter scrupuleusement la graphie de l’époque en reproduisant ci-dessous un article relatant l’assassinat de Charles-Ferdinand d’Artois, duc de Berry, au soir du 13 février 1820, et sa pieuse mort au matin du 14 février.

« Un attentat épouvantable a jeté dans les cœurs la consternation et l’effroi : Mgr le duc de Berry n’est plus ! il a péri victime d’un horrible assassinat. Dimanche dernier, ce prince avoit assisté au spectacle. Sur les onze heures et demie, il étoit descendu avec Mme la duchesse de Berry, et la princesse étoit déjà montée en voiture, lorsqu’un scélérat saisit le duc par derrière, et passant la main par-dessus son épaule, lui enfonce, au-dessous du sein, un instrument long et aigu appelé tire-point. Le monstre se nomme Pierre-Joseph Louvel (note *), employé aux selleries même du Roi ; il avoit été soldat du train de l’artillerie de la garde sous Buonaparte, et il avoit fait, dit-on, le voyage de l’île d’Elbe. Le prince se sentit frappé, et arracha lui-même le fer que l’assassin avoit laissé en fuyant ; on le porta à l’instant dans une pièce attenante à la salle du spectacle, et des gens de l’art furent appelés ; la famille royale accourut. Le malheureux prince ne se dissimula point son état, et pendant qu’on lui prodiguoit tous les secours, il demanda sa Fille et M. de Latil, premier aumônier de Monsieur. Le prélat accourut, et reçut la confession du prince, qui y ajouta l’aveu public des fautes qui pesoient le plus à sa conscience ; il en demanda pardon à Dieu et aux hommes de la manière la plus touchante. M. le curé de Saint-Roch fut appelé, et administra au prince les derniers sacrements. Dans le peu d’heures qui s’écoulèrent, le duc montra le même calme ; pas la moindre plainte ; il déclara pardonner à son assassin, et recommanda au Roi les objets de ses affections.
Autour de son lit, une épouse éplorée, un père, un frère, une sœur, se livroient tour à tour à la douleur et à l’espérance. Sur les cinq heures le Roi arriva, car on n’avoit averti S.M. qu’à la dernière extrémité. Elle put entendre encore les dernières paroles du prince, qui lui recommanda Mme la duchesse et sa fille, et demanda le pardon du coupable. Il expira vers six heures ; on l’a transporté dans les appartemens du gouverneur du Louvre.
L’assassin avoit fui ; il a été arrêté sous l’arcade Colbert, et a déclaré, dès les premiers momens qu’il avoit voulu délivrer la France de ses plus cruels ennemis ; que les Bourbons étoient des tyrans ; et qu’il avoit exprès porté ses premiers coups à celui qui pouvoit perpétuer la famille. Le monstre a parlé de ses opinions, et n’a témoigné ni émotion ni repentir.
Cet affreux événement, appris le matin dans Paris, a glacé tout le monde. Les tribunaux ont vaqué, les divertissemens publics et particuliers ont été contremandés. Le peuple paroissoit pénétré d’horreur de cet attentat. On dit pourtant que des cris séditieux se sont fait entendre, et qu’une joie mal dissimulée a paru sur quelques figures. Puisse du moins cet horrible résultat des plus perverses doctrines convaincre de la nécessité d’en réprimer les auteurs ! On voit assez d’où part le coup, et de quoi sont capables les suppôts du fanatisme. Laissera-t-on toujours abuser le peuple par de coupables déclamations ? Telle est la pensée qui a frappé tous les hommes sages, au milieu des premiers mouvemens de leur profonde et juste douleur. »

Annonce de l’assassinat du duc de Berry
dans « L’Ami de la Religion et du Roi »
Tome vingt-troisième (1820), pp.30-31

Note * : « L’Ami de la Religion et du Roi » dans ce premier compte-rendu de l’assassinat du duc de Berry donne les prénoms de Pierre-Joseph à Louvel. En réalité, il se prénommait Louis-Pierre.

Les derniers moments du duc de Berry

Les derniers moments du duc de Berry, entouré par toute la famille royale
toile d’Alexandre Menjaud (1773-1832)

frise lys deuil

Publié dans : Memento, Vexilla Regis | le 12 février, 2020 |1 Commentaire »

2020-24. « Que la Très Sainte Vierge continue à veiller sur nous et la France.»

Ce 10 février 2020 en fin d’après-midi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant, pour commémorer l’anniversaire de l’Edit de Saint-Germain (10 février 1638) cf. ici, dans lequel son ancêtre SM le Roi Louis XIII rendait publique la consécration qu’il avait faite de la France à Notre-Dame.
Notre Souverain légitime a accompagné son message de l’illustration suivante.

Vœu de Louis XIII à Notre-Dame de Paris

Monument du Vœu de Louis XIII à Notre-Dame de Paris

« En ce jour anniversaire de la consécration solennelle de la France à Marie par mon aïeul Louis XIII, je formule à nouveau ma confiance en l’avenir de la France.
L’avenir repose dans les mains des couples qui mettent leur espoir dans leurs enfants et dans la chaîne de la vie ; l’avenir repose dans les entrepreneurs animés par le souci du bien commun, l’avenir repose sur tous ceux qui défendent le pays à ses frontières plus ou moins lointaines ; tout repose sur ceux qui préfèrent leurs devoirs aux seuls droits ; tout repose sur ceux qui croient en l’homme, enfant de Dieu et dans le bien commun.
Que la Très Sainte Vierge continue à veiller sur nous et la France. »

Armes de France & Navarre

2020-23. Avertissement de la plus haute importance.

Danger

Mercredi 5 février 2020,
Fête de Sainte Agathe, vierge et martyre ;
Anniversaire du martyre de la Bienheureuse Françoise Mézière (5 février 1794 – cf. > ici).

Bien chers Amis,

Je suis au regret de devoir vous mettre en garde de la manière la plus sérieuse contre des informations fallacieuses qui peuvent circuler soit au sujet du Refuge Notre-Dame de Compassion soit concernant ma propre personne.

Sans qu’il soit nécessaire d’entrer dans les détails, je dois néanmoins vous signaler que des individus, dont il est actuellement trop tôt pour dire s’ils agissent par pure malveillance ou en raison d’un dérangement psychologique, s’emploient à faire circuler de fausses nouvelles, en particulier au moyen de courriers postaux qui veulent imiter des lettres officielles émanant d’ecclésiastiques ou d’organismes divers.

Il s’agit ni plus ni moins d’usurpations d’identité, de faux et d’usages de faux.
A ces délits, peut s’ajouter parfois celui du harcèlement.

Il est de mon devoir de vous mettre en garde parce que ces personnes s’ingénient à trouver – même si c’est parfois de manière approximative – les coordonnées de certains de mes amis, afin de leur adresser des courriers qui ne sont ni plus ni moins que des « infox ».
C’est pourquoi, tout en élevant ici de véhémentes protestations contre ces procédés malhonnêtes, et par ailleurs tout en engageant les démarches qui conviennent devant les autorités judiciaires, je me dois de vous en avertir, pour ne pas être moi-même suspecté de favoriser les désordres liés à toute diffusion de fausse nouvelle.

En outre, je vous demande instamment de bien vouloir tenir compte des avis suivants :

1) Tout courrier postal ou courriel que vous pourriez recevoir au sujet du Refuge Notre-Dame de Compassion ou de moi-même, et toute nouvelle qui n’émane pas très explicitement de nous doivent être tenus pour suspects (en cas de doute, il est très facile de me contacter directement pour vérification), et leur contenu traité avec la plus grande circonspection.

2) Je vous demande également, si cela vous arrivait, de me faire parvenir ces courriers avec leurs enveloppes.

Je vous remercie de l’attention que vous voudrez bien portez à cet avertissement,  ainsi que de l’amicale collaboration dont vous voudrez bien m’assister si vous étiez malheureusement touchés par les agissements de ces individus.

Avec l’assurance de ma religieuse amitié,

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Blason du Refuge Notre-Dame de Compassion

2020-22. Allumez le feu !

Non, non ! Soyez rassurés : il n’y a pas de « johnnymania » au Mesnil-Marie !

D’ailleurs la phrase que j’ai placée en guise de titre n’est pas l’exclusivité de la chanson dont les notes ont peut-être résonné dans votre mémoire en lisant ces mots : la prière au Saint-Esprit « Veni, Sancte Spiritus » ne nous Lui fait-elle pas demander : « Venez, Esprit-Saint, remplissez les cœurs de Vos fidèles et allumez en eux le feu de Votre amour – et Tui amoris in eis ignem ascende » ?

C’est bien de ce feu-là qu’il est ici question car « pour combattre et détruire autant qu’il est possible le mal qui est en nous, le moyen le plus sûr et le plus efficace est de s’embraser du feu de l’Amour divin »

BD propos d'un chat - recto

BD propos d'un chat - verso

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Publié dans : Bandes dessinées, Textes spirituels | le 4 février, 2020 |2 Commentaires »

2020-21. « O Jésus, avec les mains de Marie, je veux m’offrir aujourd’hui avec Vous au Père éternel. »

2 février,
Fête de la Purification de Notre-Dame.

Chandeleur - Purification - Présentation au temple

Elévation :
« O Seigneur, je viens à Vous et Vous supplie, par l’intercession de la Sainte Vierge Marie, de purifier mon âme… »

Méditation :

1er point :

La solennité de ce jour, qui clôt le temps de Noël, est une fête de Jésus aussi bien que de Marie : Jésus est présenté au temple par Sa Mère quarante jours après Sa naissance, selon la prescription de la loi ; Marie se soumet au rite de la purification.

La liturgie célèbre, avant tout, la première entrée de Jésus-Enfant dans le temple : « Voici que le Seigneur Dominateur vient dans Son saint temple : Réjouis-toi et sois dans l’allégresse, Sion, en accourant au-devant de ton Dieu » (bréviaire). Allons à Sa rencontre nous aussi ; que nos sentiments rivalisent avec ceux du vieillard Siméon qui « mû par l’Esprit-Saint, alla au temple » et, plein de joie, reçut l’Enfant Jésus dans ses bras.

Aujourd’hui, pour mieux célébrer cette rencontre, l’Eglise bénit les cierges et nous les remet ; en procession, cierges allumés, nous entrons dans le temple. Le cierge allumé est le symbole de la vie chrétienne, de la foi et de la grâce qui doivent resplendir dans notre âme. Mais il est aussi l’image du Christ, lumière du monde, « lumière qui doit éclairer les nations », tel que L’a salué Siméon. Le cierge allumé nous rappelle que nous devons toujours porter avec nous le Christ, source de notre vie, auteur de la foi et de la grâce. Jésus Lui-même, par Sa grâce, nous dispose à aller à Sa rencontre avec une foi plus vive et un plus grand amour. Puisse, en ce jour, notre rencontre avec Lui être particulièrement intime et sanctifiante !

Jésus est présenté au temple pour être offert au Père. Le rachat n’a pas d’effet sur Lui comme sur les autres premiers-nés des Hébreux. Il est la Victime qui devra être immolée pour le salut du monde. Sa présentation au temple est, pour ainsi dire, l’offertoire de Sa vie, le sacrifice s’accomplira plus tard sur le Calvaire. Offrons-nous en même temps que Jésus.

Chandeleur - Vieillard Siméon

2ème point :

Jésus est présenté au temple par Sa Mère : contemplons donc aujourd’hui Marie dans sa fonction de Co-Rédemptrice.
La Vierge n’ignorait pas que Jésus était le Sauveur du monde et, à travers le voile de la prophétie, elle sentait que Sa mission s’accomplirait dans une mystère de douleur auquel elle aurait à participer, en sa qualité de Mère. La prophétie de Siméon : « Quant à toi, un glaive de douleur transpercera ton âme » (Luc II, 35), confirma son intuition. Dans le secret de son cœur, Marie dut répéter en cet instant son fiat : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole » (Luc I, 38). En offrant son Fils, elle s’offre elle-même, toujours intimement unie à Son sort à Lui.

Mais avant d’entrer dans le temple pour y présenter Jésus, Marie veut se soumettre à la loi de la purification légale. Bien qu’elle soit consciente de sa virginité, elle se met au rang de toutes les autres mères juives et, confondue avec elles, elle attend humblement son tour, portant « une paire de tourterelles », l’offrande des pauvres. Nous voyons Jésus et Marie se soumettre à des lois auxquelles ils n’étaient pas tenus : Jésus ne devait pas être racheté, Marie ne devait pas être purifiée. Leçon d’humilité et de respect envers la loi de Dieu.

Il y a des lois auxquelles nous sommes tenus et auxquelles notre amour-propre nous soustrait sous de faux prétextes : ce sont des dispenses abusives réclamées au nom de droits en réalité inexistants. Humilions-nous et, alors que Marie n’avait nullement besoin d’être purifiée, reconnaissons notre extrême besoin de purification intérieure.

Chandeleur - Purification - Présentation au temple

Colloque :

« O Jésus, Vous êtes allé Vous offrir au temple. Qui Vous a offert ? La Vierge Marie qui n’a jamais eu d’égale, et n’en aura jamais. Marie Vous a offert, elle qui, par la bouche de la sagesse, fut appelée par Votre Père la « toute belle »…
A qui Vous a-t-elle offert ? A Dieu, essence infinie, sublime dans Sa création, fécond dans Son héritage, insondable dans Ses desseins, gracieux et suave dans l’amour.
Et qu’a-t-elle offert ? Vous, Verbe éternel, substance de l’Essence divine, Fils du Très-Haut, Législateur de l’univers, Vous, qui avez reçu tant de noms illustres et choisis : ô Clef de David, ô Roi des nations, ô Emmanuel !

« Que m’enseignez-Vous, ô Seigneur, en Vous offrant au temple ? Vous me montrez Votre respect pour la loi en voulant l’observer ; Vous m’enseignez l’adoration, car Vous Vous êtes offert au Père, non comme Son égal, quoique Vous le fussiez vraiment, mais comme homme. Vous m’avez donné ici le modèle du respect que je dois à Votre loi, car je n’ai pas seulement pour loi les dix commandements, mais aussi la Règle et les Constitutions. Cette loi m’est toute douceur et suavité, mais je me la rends amère quand je ne renonce pas à moi-même, car alors, au lieu de la porter suavement, la loi est obligée de me porter » (Sainte Marie-Madeleine de Pazzi).

O Jésus, avec les mains de Marie, je veux m’offrir aujourd’hui avec Vous au Père éternel. Mais Vous êtes l’Hostie pure, sainte, immaculée, tandis que je suis plein de souillures, de misères, de péchés.
O Marie, ma Mère, vous qui avez voulu être purifiée, bien qu’exempte de la moindre ombre d’imperfection, purifiez, je vous prie, ma pauvre âme, afin qu’elle soit moins indigne d’être offerte au Père en même temps que Son Jésus qui est aussi le vôtre.
O Vierge très pure, acheminez-moi vers une purification intérieure et profonde et puis, accompagnez-moi vous-même afin que ma pusillanimité ne me fasse pas défaillir devant l’âpreté du chemin.

Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine, ocd,
in « Intimité divine – méditations sur la vie intérieure pour tous les jours de l’année » (1957).

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Autres publications relatives à la fête de la Chandeleur :
- Des adieux à la Crèche et de la Crèche blanche > ici
- « Des chats et des crêpes » > ici

2020-20. Préparation spirituelle à Pâques en union avec le Refuge Notre-Dame de Compassion.

Comme les années précédentes, nous vous proposons de

vivre le grand et saint Carême de préparation à Pâques
en union avec le Refuge Notre-Dame de Compassion

et pour cela de vous adresser chaque jour,

à partir du mardi-gras 25 février
jusqu’au samedi de la Passion 4 avril
(samedi avant les Rameaux)

un courrier électronique contenant un message pour nourrir votre réflexion, votre méditation, votre prière…

Ecce Homo du Mesnil-Marie

« Ecce Homo » du Mesnil-Marie (détail)

Le thème retenu pour ce Carême 2020 est

Approfondissons notre connaissance
des souffrances de Notre-Seigneur Jésus-Christ

Oui, vous m’avez bien lu : chaque jour – pendant 40 jours – sera dédié à contempler l’un des aspects des souffrances de la douloureuse Passion de notre divin Rédempteur, à partir du Jeudi-Saint jusqu’au moment de Sa mort sur la Croix.
Quarante jours pour connaître un peu mieux les vingt dernières heures de la vie terrestre du divin Roi d’Amour, en ayant bien conscience que tout ne pourra pas être dit ni abordé, car ce mystère est infini…

Si vous désirez vous inscrire à notre liste de diffusion de ces messages quotidiens de carême, merci de nous le signifier au moyen du formulaire de contact > ici

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie

Publié dans : Annonces & Nouvelles, De liturgia, Prier avec nous | le 31 janvier, 2020 |Commentaires fermés

2020-19. Des sept carêmes monastiques pratiqués au Mesnil-Marie.

Vendredi 31 janvier 2020,
Fête de la Bienheureuse Marie-Christine de Savoie (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Jean Bosco.

Prière et jeûne pour la France

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ceux d’entre vous qui nous suivent sur Facebook, en particulier pour l’éphéméride quotidien (ce qui est possible sans inscription), savent qu’au Mesnil-Marie nous pratiquons plusieurs carêmes, en sus du Grand Carême de préparation à Pâques.

Certains s’en étonnent.
D’autres nous taquinent amicalement à ce sujet en disant : « Vous êtes en carême toute l’année ! »
Quelques uns en sont quasi scandalisés ou horrifiés : c’est souvent le cas de ces générations de « catholiques hyper-conciliaires » qui, dirai-je de manière un peu caricaturale, ont jeté aux orties les notions de pénitence et de mortification en même temps que les soutanes et le latin.
D’autres enfin nous posent des questions à ce sujet avec un réel intérêt.
C’est tout particulièrement à l’intention de ces derniers que j’ai résolu de rédiger les explications suivantes.

A – L’obligation de la pénitence s’impose à tous les fidèles.

La pénitence est un précepte divin rappelé de manière non équivoque par Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Si vous ne faites pas pénitence, vous périrez tous ! » (cf. Luc XIII, 3).
Dans sa tradition multiséculaire, la Sainte Eglise a précisé des jours et des temps de pénitence – marqués en particulier par le jeûne et l’abstinence – qui s’imposent à tous, clercs et laïcs (en précisant aussi les personnes qui en sont exemptées) : le carême, les quatre-temps (cf. > ici), les vigiles des grandes fêtes…
Elle peut aussi, par la voix de ses pasteurs légitimes, appeler ses enfants à certains jours exceptionnels de jeûne pour une cause particulière urgente (par exemple pour éloigner la guerre ou détourner un fléau, pour contrer les menaces des impies et essayer d’obtenir un changement sociétal… etc.).

B – Des « professionnels de la pénitence ».

La Sainte Eglise, dans la grande diversité des vocations particulières qui constituent la richesse de sa fécondité spirituelle, a ses « professionnels de la pénitence » : c’est ainsi qu’au long des siècles le Saint-Esprit a suscité les ermites (comme par exemple Saint Paul de Thèbes dont nous avons parlé il y a peu > ici) et les fondations monastiques et religieuses.
Tous les religieux et religieuses ont, plus que les autres fidèles, le devoir de pratiquer la pénitence, en fonction du charisme particulier de leur institut. Toutefois certains d’entre eux sont d’une manière très spéciale orientés vers la pénitence et la réparation : les Capucins, les Clarisses, les Trappistes, les Chartreux, les Augustins déchaussés, les Filles du Calvaire, les Passionnistes, les Victimes du Sacré-Cœur, les Hiéronymites … etc.
Dans l’Eglise d’Orient, une seule Règle monastique, celle de Saint Basile, inspire la vie monastique (catholique ou orthodoxe) sans toutefois posséder un statut normatif absolu. Mais la vie de tous les moines d’Orient accorde une part importante aux pratiques traditionnelles de l’abstinence alimentaire et aux temps de jeûne.
L’Eglise d’Orient, pour ses clercs comme pour ses laïcs, a conservé davantage que le Grand Carême pascal et impose plusieurs autres carêmes à ses fidèles : nous avions aussi cela en Occident dans les premiers siècles, mais l’usage général en a été perdu depuis longtemps.

C – Au Refuge Notre-Dame de Compassion.

Le Refuge Notre-Dame de Compassion se place dans la tradition monastique de la pénitence et de la réparation et s’attache à retrouver et revivifier des traditions antiques, d’où une certaine parenté avec les usages des moines d’Orient : un ami orthodoxe a un jour dit avec un certain humour que le Mesnil-Marie est une sorte de « mini Athos catholique », ce qui m’a fait immensément plaisir !

C’est ainsi que, en fervent disciple de Saint Augustin, si attaché à la symbolique et à la portée spirituelle des nombres, nous nous sommes arrêtés à la pratique de sept carêmes (je vous entretiendrai un jour de la symbolique attachée au chiffre sept) préparatoires à de très grandes fêtes, dont voici la liste et la durée :

1 – Carême de la Nativité (du 9 novembre au 24 décembre – 46 jours) : appelé parfois en Occident « carême de Saint Martin » parce qu’il commence aux alentours de la fête de l’apôtre des Gaules.

2 – Carême de l’Epiphanie (du 28 décembre au 5 janvier – 9 jours)

3 – Grand et Saint Carême de Pâques (du mercredi des Cendres au Samedi Saint – 46 jours)

4 – Carême de la Pentecôte (du vendredi après l’Ascension à la vigile de Pentecôte – 9 jours)

5 – Carême des Saints Apôtres (du 17 au 28 juin – 12 jours)

6 – Carême de la Dormition de la Mère de Dieu (du 31 juillet au 14 août – 15 jours), dont il avait déjà été question > ici.

7 – Carême de la Sainte Croix et de la Mère des Douleurs (du 30 août au 13 septembre – 15 jours)

Contrairement donc aux affirmations taquines de certains, je ne suis pas « tout le temps en carême » puisque le cumul de tous ces carêmes n’arrive qu’à 152 jours.

D – Quelle est la discipline qui s’applique lors de ces carêmes ?

- L’abstinence : c’est-à-dire la privation totale de tous les aliments d’origine animale (viande et charcuterie, poisson, œufs, laitages et fromages) ainsi que de l’huile d’olive, symbole biblique d’allégresse et d’abondance. Cette privation est absolue…
… sauf 1) à certains jours de très grandes fêtes liturgiques qui arrivent pendant ces périodes, jours auxquels le poisson peut être autorisé (mais pas la viande ni les œufs et les laitages) ; 2) et pendant les carêmes de l’Epiphanie et de la Pentecôte qui sont plus « lights » – si j’ose dire -, puisqu’ils coïncident le premier avec une partie de l’octave de la Nativité et le second avec l’octave de l’Ascension : ainsi seule la viande y est prohibée.

- Le jeûne :
Nous distinguons deux sortes de jeûne.
1) Le jeûne ordinaire où l’on ne fait qu’un seul repas quotidien, en milieu de journée ; une collation (constituée d’une écuelle de soupe ou bien de fruits, ou encore – pour ceux qui le supportent – de deux onces [soit environ soixante grammes] de pain) est autorisée le soir.
Une boisson (eau, jus de fruit, thé, café) peut également être autorisée le matin en fonction des nécessités de chacun.
En dehors du repas et de la collation (et de la tolérance d’une boisson du matin), il est strictement prohibé de manger ou de boire, sauf évidemment pour une nécessité de santé.
Les dimanches de ces carêmes ainsi que les jours de très grandes fêtes liturgiques ne sont jamais des jours de jeûne (mais – à quelques exceptions près – demeurent des jours d’abstinence).
2) Le grand jeûne, beaucoup plus strict, qui est prescrit à certains jours particuliers (mercredi des cendres et Vendredi Saint par exemple), où le « repas » de milieu de journée ne peut être constitué que de deux onces de pain (pour ceux qui le supportent) ou de riz.

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Vous le voyez, si cela représente certes une discipline, une ascèse, cela n’a non plus rien de particulièrement inhumain : aucun exploit héroïque en cela, juste l’observance des antiques traditions qui restent toujours sages et raisonnables.
Ensuite, bien sûr, chacun peut ne pas se contenter du minimum et, avec l’autorisation de son conseiller spirituel, se montrer plus généreux

Quant aux amis laïcs ou séculiers qui veulent s’associer à nous, il leur est évidemment permis de s’inspirer de ces pratiques héritées de la Tradition, en fonction de leur générosité, de leurs capacités physiques, et des obligations de leur état.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

La Croix et lys - le Puy 2019

En complément :
- Les sermons de notre Bienheureux Père Saint Augustin sur la pénitence et le jeûne que nous avons publiés > ici, > ici et > ici.

2020-18. Notre vocation chrétienne.

Jeudi 30 janvier 2020,
Fête de Sainte Bathilde, Reine des Francs et veuve (cf. > ici) ;
Mémoire de Sainte Martine, vierge et martyre ;

Anniversaire du rappel à Dieu de SM le Roi Alphonse II (cf. > ici).

Crucifix naïf du XVIIe siècle

Crucifix naïf du XVIIe siècle (oratoire du Mesnil-Marie)

Je dédie tout spécialement ces quelques lignes :

A mes filleuls, que j’ai pris en charge spirituellement lors de leur baptême ;
A ceux qui m’ouvrent leur âme et me demandent de les accompagner spirituellement ;
A mes véritables amis…

Le signe chrétien par excellence est le signe de la Croix.

Tracée sur nous dès avant notre baptême, la Croix nous a permis d’entrer dans l’église où nous fûmes ondoyés, et d’entrer dans l’Eglise : la Sainte Eglise catholique.
A moins de reniements particuliers, elle figurera sur notre cercueil et sera plantée sur notre tombe, dans l’attente de la résurrection finale.
La Croix accompagne le chrétien depuis sa naissance jusqu’au-delà de sa mort ; et tout au long de sa vie, selon la tradition multiséculaire des familles ferventes, le fidèle attache une grande importance à placer le Crucifix dans chacune des pièces principales de sa maison, et à l’avoir près de son lit afin de porter sur lui ses regards dès qu’il ouvre les yeux et à le regarder une dernière fois avant de s’endormir.

Nos anciens ont planté la Croix aux carrefours et aux faîtes de leurs demeures ; ils nous ont appris à nous signer respectueusement en passant devant les Croix des chemins.

Cette présence visible de la Croix, contre laquelle s’acharnent particulièrement les ennemis du Christ, est le signe et le symbole de l’ancrage spirituel du mystère de la Sainte Croix dans le cœur et dans la vie de tout authentique disciple de Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Il disait en effet à tous : Si quelqu’un veut venir après Moi, qu’il renonce à lui-même, et qu’il porte sa croix chaque jour, et qu’il Me suive – Dicebat autem ad omnes : Si quis vult post Me venire, abneget semetipsum, et tollat crucem suam quotidie, et sequatur Me ! » (Luc IX, 23).
Il ne s’agit pas de porter la Croix de temps en temps, occasionnellement, en des circonstances exceptionnelles, mais bien chaque jour, quotidiennement, jour après jour, tous les jours.

Etre chrétien, c’est porter sa Croix à la suite de Notre-Seigneur.
Aujourd’hui et chaque jour. Jour après jour, jusqu’au dernier de nos jours.
Il n’est pas un seul jour de notre vie chrétienne qui doive y faire exception.
Pas un seul !

Dès lors que tu te dis chrétien, tu dois avoir conscience que tu affirmes par là que tu es voué à la Croix.

Pour qu’une vocation chrétienne soit véritable, il faut qu’elle représente un vrai sacrifice, qu’elle soit un réel et généreux embrassement de la Croix, qu’elle corresponde à un réel renoncement à soi et à un don complet et sans retour à Notre-Seigneur Jésus-Christ pour marcher à Sa suite dans la Voie douloureuse – mais voie où abondent des joies spirituelles infinies – qui monte vers le Calvaire.
Cela est évidemment vrai des vocations consacrées : sacerdoce et vie religieuse ; mais cela est aussi le cas de la « vocation commune » au mariage.

Un consacré, un moine, une religieuse, un prêtre qui met en première ligne de sa vocation son « épanouissement personnel » – comme je l’ai souvent entendu dire par des conseillers spirituels à deux balles – , fait fausse route.

Ce qui doit être mis au premier plan, ce qui doit être envisagé comme l’absolue priorité, ce à quoi il faut se livrer sans arrière-pensée, c’est l’accomplissement de la sainte Volonté de Dieu, quoi qu’il en coûte à la nature, c’est l’embrassement de la Croix.

« Si quelqu’un veut venir après Moi, qu’il renonce à lui-même, et qu’il porte sa croix chaque jour, et qu’il Me suive » : suivre Notre-Seigneur et prendre sa Croix chaque jour, c’est consentir de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit, de toute sa volonté, à l’immolation du « moi » pour l’œuvre du salut et de la sanctification des âmes.
L’épanouissement – SURnaturel et non pas seulement humain – lui sera donné par surcroît, dans la mesure exacte de son oubli de soi.

De la même manière, les laïcs qui prennent leur vie chrétienne au sérieux et veulent résolument marcher dans les voies de la sainteté, et donc aussi les époux qui prennent le sacrement du mariage au sérieux dans toute sa profondeur surnaturelle, doivent impérativement chaque jour embrasser la Croix et la voie du renoncement et du sacrifice pour marcher, dans la conformité aux obligations de leur devoir d’état, avec Notre-Seigneur Jésus-Christ et Sa Croix douloureuse, comme des Simon de Cyrène.

Toute autre forme de spiritualité qui ne développe pas cela est illusion, stérilité spirituelle, égoïsme déguisé… et conduit à l’échec.

nika

Voir aussi :
- BD « Si la Croix vous fait peur » > ici

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