En guise de prologue à ce blogue…

Le Maître-Chat Lully

Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Maître-Chat Lully (10 juillet 2006 – 23 mai 2019)

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« Mon blogue – ce blogue – est né le 10 septembre 2007…
Né d’une boutade de mon « papa-moine », ainsi que j’ai eu l’occasion de l’expliquer en détail > ici lorsque j’en ai donné l’historique alors qu’il allait approcher de son septième anniversaire, ce qui n’était au départ qu’un modeste moyen de garder contact avec un petit groupe d’amis proches du Refuge Notre-Dame de Compassion, a, tout au long des années, largement dépassé ce cadre restreint pour atteindre de très nombreuses personnes bien au-delà de nos simples relations habituelles, et bien au-delà des frontières de notre beau Royaume de France.

Bien sûr, il y a eu très souvent des personnes très « raisonnables » et très « sérieuses » qui se sont scandalisées qu’un chat écrivît sur des sujets religieux, rédigeât des chroniques et publiât des réflexions sur la société, ses maux et les remèdes que l’authentique tradition politique de notre monarchie légitime leur pourrait apporter…
Il y a bien encore quelques uns de ces petits esprits étriqués et chagrins pour répandre le venin et le fiel de leurs critiques, mais je n’en ai jamais eu cure : si pour eux il est inconcevable qu’un texte puisse prétendre au moindre sérieux du seul fait qu’il est l’œuvre d’un chat – fut-il chat monastique -, il est  par ailleurs irréfragable que le phénomène, en définitive peu courant, d’un Maître-Chat s’exprimant sur le « ouèbe » sans égard pour la langue de bois ou de buis, mais avec tout la divine liberté donnée par le Créateur aux félins, a valu à ce blogue de fidèles et solides amitiés, qui pèsent bien davantage que toute les aigreurs d’estomac de tous les « coincés », de tous les « cinglés », de tous les « modernichons », et de tous les « tordus » politiques et religieux réunis !

Vous le savez, mon divin Créateur a rappelé à Lui mon âme le 23 mai de cette année 2019 qui s’achève aujourd’hui (cf. > ici).
Je sais que mon départ de cette terre a laissé un grand vide dans le cœur de nombre de mes lecteurs, tout comme dans celui de mon « papa-moine ». Cependant, ainsi qu’il vous l’a écrit (cf. > ici), mon blogue continue et continuera : invisible, mais toujours présent, j’inspire et j’inspirerai encore mon moine de compagnie, car je lui ai laissé quelque chose de mon esprit comme le fit jadis le saint prophète Elie pour son disciple Elisée, lorsqu’il fut enlevé sous ses yeux par un char de feu.

Le prologue d’origine de ce blogue (cf. > ici) n’était toutefois plus exactement adapté désormais, et c’est la raison pour laquelle je suis aujourd’hui « revenu » vers vous pour inspirer ces lignes à mon fidèle secrétaire et vous assurer, mes bien chers et fidèles amis, que je suis toujours là, veillant à ce que ce blogue continue l’œuvre amorcée dès sa première chronique (cf. > Genèse) – semper fidelis – toujours fidèle à l’esprit que Dieu a voulu pour le Refuge Notre-Dame de Compassion : fidélité intégrale au dépôt de la foi reçue des Apôtres, et fidélité intégrale au dessein de Dieu scellé dans les fonts baptismaux de Reims où s’unirent la foi catholique et la royauté franque pour faire naître la France, avec en corollaire la défense sans concession de tout ce que cela représente et contient !

Vive Dieu ! Vive le Roi !

pattes de chatLully.

Mardi 31 décembre 2019,
Fête de Saint Sylvestre 1er, pape et confesseur, baptiste de l’empereur Saint Constantin 1er le Grand ;
Septième jour dans l’octave de la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Lully le chroniqueur

2020-42. D’un grand chandelier des Ténèbres arrivé ce jour au Mesnil-Marie.

Vendredi de la Passion 3 avril, au soir ;
Fête de la Compassion de Notre-Dame ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Madame Edith Royer (cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Beaucoup d’entre vous le savent, ces dernières années, à l’occasion de la Semaine Sainte, je m’absentais du Mesnil-Marie, pour me rendre dans des lieux (monastères ou paroisses) où je pouvais profiter de la plénitude de la liturgie.

Depuis ces deux dernières années en outre, il était enfin possible d’avoir le déploiement de la véritable liturgie traditionnelle, c’est-à-dire antérieure aux réformes de la Vigile Pascale et de la Semaine Sainte accomplies sous le pontificat de Pie XII : ces réformes, fallacieusement qualifiées de « restauration de la Semaine Sainte », qu’avec un certain nombre d’amis ecclésiastiques et liturgistes nous considérons comme un « cheval de Troie » dans le missel habituellement utilisé dans les églises ou chapelles où l’on célèbre la Messe traditionnelle.

Et voici que, avec les mesures édictées par le gouvernement de la république sur lesquelles nombre d’évêques ont surenchéri de manière à rendre quasi impossible l’assistance à la Sainte Messe et la réception des sacrements, mes prévisions de cette année pour la Semaine Sainte sont « tombées à l’eau ».
Cependant la divine Providence – qui est pour moi pleine de prévenantes attentions – a voulu que l’un de mes amis prêtres se trouvât ici-même, au Mesnil-Marie, pour des motifs liés à sa santé, au moment du déclenchement du confinement. Le voilà donc cloîtré en ma petite « Principauté monastique »… Ce qui me vaut évidemment la grâce infinie de profiter de sa Messe privée quotidienne (au moment même où le plus grand nombre des fidèles se trouve contraint de « jeûner » de l’assistance à la Messe et des sacrements) : si les règles liturgiques du carême le permettaient, j’en chanterais d’interminables alléluias !

Le Mesnil-Marie le 25 mars 2020

Le Mesnil-Marie, en la fête de l’Annonciation de Notre-Dame
Mercredi 25 mars 2020

Le confinement se prolongeant – ce qui était une évidence dès le début, et il est fort probable qu’il se prolongera encore au-delà du 15 avril -, conformément aux dispositions prévues par la discipline ecclésiastique, nous nous apprêtons donc à célébrer, de notre mieux en ce confinement, les offices de la Semaine Sainte dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

La Providence m’a permis, année après année, de recueillir, recevoir, racheter, rassembler à peu près tout le matériel liturgique nécessaire pour les célébrations très particulières de ces jours sacrés entre tous.
Il me manquait néanmoins un meuble très caractéristique des matines des Jeudi, Vendredi et Samedi Saints : le grand chandelier triangulaire dont on éteint un à un les cierges à la fin de chacun des psaumes (sauf le dernier au sommet), d’où le nom de « Ténèbres » donné à ces offices (je vous renvoie au « reportage » qui en avait été fait en 2018 et publié > ici).
Cela fait des années que je cherchais un chandelier des Ténèbres, en vain…

1 - début office

L’office des ténèbres en 2018

Lundi dernier, rentrant de faire les courses hebdomadaires, je suis passé devant l’atelier d’un jeune ferronnier auquel j’avais jadis eu recours : voyant qu’il s’y trouvait, je me suis arrêté et lui ai demandé (en gardant bien les distances de sécurité) s’il aurait le temps de réaliser un tel chandelier avant le Mercredi Saint. Ce jeune homme a été très intéressé, presque enthousiasmé, par ma demande au point qu’il a fait des recherches passionnées le soir chez lui, et que nous en avons reparlé plusieurs fois au téléphone, pour que l’œuvre fût conforme au symbolisme liturgique traditionnel.

Evidemment, il ne pouvait s’agir de confectionner un chandelier tel qu’on en trouve dans les cathédrales ou les grandes églises : il fallait qu’il soit proportionné à mon oratoire.
Nous nous sommes mis d’accord pour un triangle équilatéral (symbole trinitaire), portant un cercle (dont la forme évoque, entre autres, celle de la Sainte Hostie) dans lequel s’inscrit la Croix de Jérusalem, appelée aussi Croix de Terre-Sainte.

Il a travaillé avec tant d’ardeur et d’enthousiasme que le chandelier était achevé hier au soir et qu’en ce vendredi de la Passion, fête de la Compassion de Notre-Dame, juste avant le Chemin de Croix, il m’a été livré : il n’y a pas de hasard !

Pour vous le présenter, je l’ai placé là où il devra se trouver pour l’office des Ténèbres :

Chandelier des ténèbres 1

Les côtés du triangle mesurent 70 cm. Sa hauteur (jusqu’à la coupelle du pique-cierge du sommet) est de 1,82 m, ce qui portera la flamme du plus haut cierge à quelque 2,12 m au début de l’office.

chandelier des ténèbres 2

Son poids total est d’une trentaine de kilos.

chandelier des ténèbres 3

Je suis véritablement enchanté de ce travail, bien fait, et mené à son accomplissement en trois jours : je vous l’ai dit, il n’y a pas de hasard !

Evidemment, ce travail a un coût…
Aussi, si – pour la gloire de Dieu et l’amour de Notre-Dame de Compassion – certains d’entre vous veulent participer financièrement, même par une toute petite somme, au règlement de la facture de ce chandelier des ténèbres, nous leur en seront infiniment reconnaissants.
Pour faire un don via Paypal, aller > ici ; pour un virement ou une offrande par chèque, nous contacter > ici.

Je remercie par avance tous ceux qui se feront à leur tour les instruments de la Providence, et je les assure de ma prière à leurs intentions. Ce matin, la Sainte Messe a été offerte pour tous les bienfaiteurs et amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, vivants et défunts.

Soyez bénis : que le Cœur de Jésus et Marie vous protège et vous garde !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie

2020-41. Trois brefs messages de Sa Majesté.

Mardi 31 mars 2020,
Mardi de la Passion.

Armes de France & Navarre

Au cours de la semaine écoulée, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié, par le moyen des réseaux sociaux trois communiqués dont vous trouverez ci-dessous les textes :

A – Le 24 mars 2020 – Hommage appuyé au Cercle Saint Louis Roi de France de Nîmes, membre de l’UCLF, pour son action caritative nommée « La Poule au pot d’Henri IV » :

« Je souhaitais, en ces temps de confinement et de difficultés, vous faire part d’une belle œuvre que je souhaiterais voir rayonner ! L’opération « la poule-au-pot d’Henri IV », à l’initiative du Cercle Saint-Louis, Roi de France réunit depuis le 1er décembre 2019, une équipe de 15 bénévoles qui accueille dans le centre-ville de Nîmes des personnes de la rue, des personnes âgées et isolées. Ils apportent réconfort aux personnes les plus fragiles en leur offrant un plat de cuisine familiale, chaud, à emporter, avec la possibilité de se recueillir en la chapelle voisine, d’être accompagnées dans les démarches administratives et d’avoir un vestiaire à disposition.

Un temps de réconfort où la charité chrétienne, inspirée par Saint Louis, et le service du bien commun ont trouvé toute leur expression. Mettons-nous ainsi à la suite d’Henri IV pour offrir aux peuples de France la fameuse poule-au-pot !Dans la situation actuelle, avec le COVID-19, où les personnes de la rue sont encore plus dans le besoin, et avec les encouragements des autorités civiles, ils continuent leur service d’accueil des personnes les plus fragiles pendant la période de confinement, bravo pour ce dévouement !
Les Lys servent le bien commun. »

Pour plus de renseignements sur cette belle œuvre – et éventuellement pour lui adresser des dons pour soutenir son action -, voir > ici

La Poule au pot - Cercle légitimiste de Nîmes

frise lys

B – 26 mars 2020 – Mort de la Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme :

Troisième enfant du Prince François-Xavier de Bourbon-Parme et de Madeleine de Bourbon-Busset, née à Paris le 28 juillet 1933, la Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme était la filleule de sa tante paternelle l’Impératrice et Reine Zita de Bourbon-Parme (cf. > ici). Célibataire et connue pour des engagements que nous pouvons qualifier de non conformistes qui lui ont parfois valu le surnom de « princesse rouge », la Princesse Marie-Thérèse s’est éteinte à Paris ce 26 mars 2020 dans sa 87ème année : elle est le premier membre d’une famille royale à succomber à l’épidémie de COVID-19.
A l’annonce de sa mort Monseigneur le Prince Louis de Bourbon a publié le 28 mars le communiqué suivant :

« J’apprends avec regret le décès jeudi de ma cousine la Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme, atteinte par le covid-19. J’assure sa famille et ses proches de mes prières et de ma sympathie dans ce deuil. »

Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme

frise lys

C – 26 mars 2020 au soir – Libération des bénévoles de l’association SOS Chrétiens d’Orient retenus captifs en Irak depuis le 20 janvier :

La belle association SOS Chrétiens d’Orient (que nous avions évoquée > ici) et tous ses amis qui priaient en union avec elle depuis l’enlèvement à Bagdad de trois de ses bénévoles français et de leur accompagnateur irakien, le 20 janvier dernier, a eu la très grande joie d’apprendre, le 26 mars au soir, leur libération. Ce fut une explosion d’action de grâces à Dieu pour cet heureux dénouement.
Le 29 mars, Monseigneur a publié le communiqué suivant :

Grande joie d’avoir appris la libération jeudi des quatre otages de l’association SOS Chrétiens d’Orient enlevés à Bagdad le 20 janvier dernier. La France a déployé tous ses efforts pour parvenir à ce dénouement avec le soutien des autorités irakiennes.
En ces jours de prière intense pour les catholiques et à l’aube de Pâques, n’oublions pas les chrétiens d’Orient et leur espérance obstinée. N’oublions pas ces communautés qui ont pratiquement l’âge du Christ et qui sont très souvent les otages d’une politique qui les dépasse et qui les broie.
Leur courage reste extraordinaire.
Que Saint Louis les protège !

Louis,
Duc d’Anjou

SOS Chrétiens d'Orient

Nous nous permettons de recommander chaleureusement à votre générosité, particulièrement en ces jours où il faut concrétiser nos offrandes de carême, cette association amie.

frise lys

2020-40. « L’épidémie de coronavirus est sans aucun doute une intervention divine pour châtier et purifier le monde pécheur et aussi l’Église. »

Il y a quelques jours, Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider a accordé un nouvel et important entretien à Diane Montagna, publié ce 28 mars par The Remnant. Il y répond à ses questions sur la cessation quasi globale de la célébration publique de la Messe, et sur les ordres donnés aux prêtres par de nombreux évêques de ne pas donner les sacrements aux fidèles. Et de mettre tout cela en perspective avec les nombreuses profanations de la Sainte Eucharistie et le manque de foi en la Présence réelle qui a envahi l’Eglise depuis cinquante ans. Il n’hésite pas à faire le lien avec les annonces de l’Apocalypse. C’est un appel à la pénitence et à la foi en ce temps de « dictature sanitaire », selon l’expression déjà employée par Son excellence dans le précédent entretien que nous avons reproduit.
Les prêtres doivent-ils obéir aux ordres qui leur sont donnés de fermer leurs églises ? Non, répond Monseigneur Schneider, qui les invite à la « créativité » pour célébrer publiquement la Messe en respectant les précautions d’hygiène liées à l’épidémie du coronavirus.

En voici la traduction intégrale réalisée par Madame Jeanne Smits (à laquelle nous devons également le texte que nous avons reproduit > ici) et mise en ligne sur son blogue ce même 28 mars [source].
Nous nous permettons de mettre en caractères gras des passages particulièrement forts et importants de ce long texte qui mérite d’être lu et médité avec la plus grande attention.

Mgr Atnanasius Schneider

Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider,
évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie à Astana (Kazakhstan)

Diane Montagna : Excellence, quelle est votre impression générale sur la manière dont l’Eglise gère l’épidémie de coronavirus ?

Mgr Schneider : J’ai l’impression que la majorité des évêques a réagi de façon précipitée et par panique en interdisant toutes les messes publiques et – ce qui est encore plus incompréhensible – en fermant les églises. Ces évêques ont réagi davantage comme des bureaucrates civils qu’en pasteurs. En se concentrant trop exclusivement sur toutes les mesures de protection hygiénique, ils ont perdu une vision surnaturelle et ont abandonné la primauté du bien éternel des âmes.

Le diocèse de Rome a rapidement suspendu toutes les messes publiques pour se conformer aux directives du gouvernement. Les évêques du monde entier ont pris des mesures similaires. Les évêques polonais, en revanche, ont demandé que davantage de messes soient célébrées afin que les congrégations soient plus petites. Que pensez-vous de la décision de suspendre les messes publiques pour empêcher la propagation du coronavirus ?

Tant que les supermarchés sont ouverts et accessibles et que les gens ont accès aux transports publics, on ne voit pas de raison plausible d’interdire aux gens d’assister à la messe dans une église. On pourrait garantir dans les églises des mesures de protection hygiénique identiques, voire meilleures. Par exemple, avant chaque messe, on pourrait désinfecter les bancs et les portes, et tous ceux qui entrent dans l’église pourraient se désinfecter les mains. D’autres mesures similaires pourraient également être prises. On pourrait limiter le nombre de participants et augmenter la fréquence de la célébration des messes. L’exemple de vision surnaturelle en temps d’épidémie donné par le président tanzanien John Magufuli devrait nous inspirer (cf. notre publication > ici). Le président Magufuli, catholique pratiquant, a déclaré le dimanche 22 mars 2020 (dimanche de Laetare), à la cathédrale de Saint-Paul, dans la capitale tanzanienne de Dodoma : « J’insiste auprès de vous, mes frères chrétiens et même auprès de vous, les musulmans : n’ayez pas peur, ne cessez pas de vous rassembler pour glorifier Dieu et le louer. C’est pourquoi, en tant que gouvernement, nous n’avons pas fermé d’églises ou de mosquées. Au contraire, elles devraient toujours être ouvertes pour que les gens puissent chercher refuge auprès de Dieu. Les églises sont des lieux où les gens peuvent chercher la vraie guérison, car c’est là que réside le vrai Dieu. N’ayez pas peur de louer et de chercher le visage de Dieu dans l’église. »

Faisant référence à l’Eucharistie, le Président Magufuli a également prononcé ces mots encourageants : « Le coronavirus ne peut pas survivre dans le corps eucharistique du Christ ; il sera bientôt brûlé. C’est exactement pour cela que je n’ai pas paniqué en recevant la sainte communion, parce que je savais qu’avec Jésus dans l’Eucharistie, je suis en sécurité. C’est le moment de renforcer notre foi en Dieu ».

Pensez-vous qu’un prêtre agirait de manière responsable en célébrant une messe privée en présence de quelques fidèles laïcs, tout en prenant les précautions sanitaires nécessaires ?

Ce serait responsable, mais aussi méritoire ; cela constituerait un acte pastoral authentique, à condition bien sûr que le prêtre prenne les précautions sanitaires nécessaires.

Les prêtres sont dans une position difficile dans cette situation. Certains bons prêtres sont critiqués pour avoir obéi aux directives de leur évêque de suspendre les messes publiques (alors qu’ils continuent à célébrer une messe privée). D’autres cherchent des moyens créatifs d’entendre les confessions tout en cherchant à préserver la santé des gens. Quels conseils donneriez-vous aux prêtres pour vivre leur vocation en ces temps difficiles ?

Les prêtres doivent se rappeler qu’ils sont avant tout pasteurs des âmes immortelles. Ils doivent imiter le Christ, qui a dit : « Je suis le bon pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. Mais le mercenaire, et celui qui n’est pas pasteur, à qui les brebis n’appartiennent pas, voit venir le loup, et abandonne les brebis, et s’enfuit ; et le loup ravit et disperse les brebis. Le mercenaire s’enfuit, parce qu’il est mercenaire, et qu’il ne se met pas en peine des brebis. Je suis le bon pasteur, et je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jean 10, 11-14) Si un prêtre observe de manière raisonnable toutes les précautions sanitaires nécessaires et fait preuve de discernement, il n’est pas tenu d’obéir aux directives de son évêque ou du gouvernement lui ordonnant de suspendre la Messe pour les fidèles. De telles directives sont une pure loi humaine, alors que la loi suprême dans l’Église est le salut des âmes. Les prêtres dans une telle situation doivent être extrêmement créatifs pour assurer aux fidèles, même pour un petit groupe, la célébration de la sainte messe et la réception des sacrements. Tel était le comportement pastoral de tous les prêtres confesseurs et martyrs au temps des persécutions.

Est-il jamais légitime que les prêtres défient l’autorité, en particulier l’autorité ecclésiastique (par exemple, si un prêtre se voit enjoindre de ne pas aller rendre visite aux malades et aux mourants) ?

Si une autorité ecclésiastique interdit à un prêtre d’aller rendre visite aux malades et aux mourants, il ne peut pas obéir. Une telle interdiction constitue un abus de pouvoir. Le Christ n’a pas donné à l’évêque le pouvoir d’interdire la visite des malades et des mourants. Un vrai prêtre fera tout ce qu’il peut pour rendre visite à un mourant. De nombreux prêtres l’ont fait même lorsque cela signifiait mettre leur vie en danger, soit en cas de persécution, soit en cas d’épidémie. Nous avons de nombreux exemples de tels prêtres dans l’histoire de l’Église. Saint Charles Borromée, par exemple, donnait la sainte communion de ses propres mains sur la langue de mourants infectés par la peste. À notre époque, nous avons l’exemple émouvant et édifiant de prêtres, en particulier de la région de Bergame, dans le nord de l’Italie, qui ont été infectés et sont morts parce qu’ils s’occupaient de patients mourants atteints de coronavirus. Un prêtre de 72 ans atteint de coronavirus est mort il y a quelques jours en Italie, après avoir abandonné le respirateur, dont il avait besoin pour survivre, et avoir permis qu’il soit donné à un patient plus jeune. Ne pas aller rendre visite aux malades et aux mourants est un comportement qui relève plus du mercenaire que du bon pasteur.

Vous avez passé vos premières années dans l’église clandestine soviétique. Quel point de vue ou perspective aimeriez-vous partager avec les fidèles laïcs qui ne peuvent pas assister à la messe, et dans certains cas, ne peuvent même pas passer du temps devant le saint sacrement parce que toutes les églises de leur diocèse ont été fermées ?

J’encouragerais les fidèles à faire des actes fréquents de communion spirituelle. Ils pourraient lire et contempler les lectures quotidiennes de la Messe et l’ordo entier de la Messe. Ils pourraient envoyer leur saint Ange gardien pour adorer Jésus-Christ dans le tabernacle en leur nom. Ils pourraient s’unir spirituellement à tous les chrétiens qui sont en prison au nom de leur foi, à tous les chrétiens qui sont malades et alités, à tous les chrétiens mourants qui sont privés des sacrements. Dieu remplira de nombreuses grâces ce temps de privation temporelle de la Sainte Messe et du Saint-Sacrement.

Le Vatican a récemment annoncé que les liturgies de Pâques seront célébrées en l’absence des fidèles. Il a précisé par la suite qu’il étudie « des moyens de mise en œuvre et de participation qui respectent les mesures de sécurité mises en place pour prévenir la propagation du coronavirus ». Quel est votre avis sur cette décision ?

Étant donné la stricte interdiction des rassemblements de masse par les autorités gouvernementales italiennes, on peut comprendre que le pape ne puisse pas célébrer les liturgies de la Semaine Sainte en présence d’un grand nombre de fidèles. Je pense que les liturgies de la Semaine Sainte pourraient être célébrées par le Pape en toute dignité et sans qu’on les abrège, par exemple dans la Chapelle Sixtine (comme c’était la coutume des papes avant le Concile Vatican II), avec la participation du clergé (cardinaux, prêtres) et d’un groupe choisi de fidèles, auxquels des mesures de protection hygiénique seraient préalablement appliquées. On ne voit pas la logique d’interdire l’allumage du feu, la bénédiction de l’eau et le baptême lors de la Veillée pascale, comme si ces actions risquaient de propager un virus. Une peur quasi-pathologique a vaincu la raison commune et la vision surnaturelle.

Votre Excellence, que révèle la gestion de l’épidémie de coronavirus par l’Église sur l’état de l’Église et en particulier de sa hiérarchie ?

Elle révèle la perte d’une vision surnaturelle. Au cours des dernières décennies, de nombreux membres de la hiérarchie de l’Église ont été surtout immergés dans les affaires séculières, intérieures et temporelles et sont ainsi devenus aveugles aux réalités surnaturelles et éternelles. Leurs yeux ont été remplis de la poussière des occupations terrestres, comme l’a dit un jour saint Grégoire le Grand (voir Regula pastoralis II, 7). Leur réaction face à l’épidémie du coronavirus a révélé qu’ils accordent plus d’importance au corps mortel qu’à l’âme immortelle des hommes, oubliant les paroles de notre Seigneur : « En effet, que servirait à l’homme de gagner le monde entier et de perdre son âme ? » (Marc 8, 36). Les mêmes évêques qui tentent aujourd’hui de protéger (parfois par des mesures disproportionnées) le corps de leurs fidèles de la contamination par un virus matériel, ont tranquillement laissé le virus des enseignements et pratiques hérétiques se répandre parmi leur troupeau.

Le cardinal Vincent Nichols a récemment déclaré que nous aurons une faim nouvelle de l’Eucharistie après la disparition de l’épidémie du coronavirus ? Êtes-vous d’accord avec cela ?

J’espère que ces paroles se vérifieront chez de nombreux catholiques. C’est une expérience humaine commune que la privation prolongée d’une réalité importante enflamme le cœur des gens qui la désirent ardemment. Cela s’applique, bien sûr, à ceux qui croient et aiment vraiment l’Eucharistie. Une telle expérience aide également à réfléchir plus profondément sur la signification et la valeur de la sainte Eucharistie. Peut-être que les catholiques qui étaient si habitués au Saint des Saints qu’ils en sont venus à le considérer comme quelque chose d’ordinaire et de commun connaîtront une conversion spirituelle et comprendront et traiteront désormais la sainte Eucharistie comme extraordinaire et sublime.

Le dimanche 15 mars, le pape François est allé prier devant l’image « Salus Populo Romani » à Santa Maria Maggiore et devant le Crucifix miraculeux qui se trouve dans l’église de San Marcelo al Corso. Pensez-vous qu’il soit important que les évêques et les cardinaux réalisent des actes de prière publique semblables pour que prenne fin l’épidémie du coronavirus ?

L’exemple du pape François peut encourager de nombreux évêques à accomplir des actes semblables de témoignage public de foi et de prière, et à donner des signes concrets de pénitence qui implorent Dieu de mettre fin à l’épidémie. On pourrait recommander que les évêques et les prêtres traversent régulièrement leurs villes et villages avec le Saint-Sacrement dans l’ostensoir, accompagnés d’un petit nombre de clercs ou de fidèles (un, deux ou trois), selon les réglementations gouvernementales. De telles processions avec le Seigneur Eucharistique transmettront aux fidèles et aux citoyens la consolation et la joie de ne pas être seuls au moment de la tribulation, de savoir que le Seigneur est vraiment avec eux, que l’Église est une mère qui n’a ni oublié ni abandonné ses enfants. Une chaîne mondiale d’ostensoirs portant le Seigneur eucharistique dans les rues de ce monde pourrait être lancée. De telles mini processions eucharistiques, même si elles ne sont réalisées que par un évêque ou un prêtre seul, imploreront des grâces de guérison physique et spirituelle, et de conversion.

Le coronavirus a fait son apparition en Chine peu de temps après le synode de l’Amazonie. Certains médias croient fermement qu’il s’agit d’une punition divine après les épisodes de la Pachamama au Vatican. D’autres croient qu’il s’agit d’un châtiment divin à la suite de l’accord entre le Vatican et la Chine. Pensez-vous que l’une ou l’autre de ces positions soit tenable ?

L’épidémie de coronavirus est sans aucun doute, à mon avis, une intervention divine pour châtier et purifier le monde pécheur et aussi l’Église. Nous ne devons pas oublier que Notre Seigneur Jésus-Christ considérait les catastrophes physiques comme des châtiments divins. Nous lisons, par exemple : « En ce même temps, il y avait là quelques hommes, qui lui annonçaient ce qui était arrivé aux Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices. Et prenant la parole, il leur dit : Pensez-vous que ces Galiléens fussent plus pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont souffert de telles choses ? Non, je vous le dis ; mais, si vous ne faites pénitence, vous périrez tous pareillement. Comme ces dix-huit personnes sur lesquelles est tombée la tour de Siloé, et qu’elle a tuées : pensez-vous que leur dette fût plus grande que celle de tous les habitants de Jérusalem ? Non, je vous le dis ; mais, si vous ne faites pénitence, vous périrez tous pareillement » (Luc 13, 1-5)

La vénération cultuelle de l’idole païenne de la Pachamama à l’intérieur du Vatican, avec l’approbation du Pape, était à coup sûr un grand péché d’infidélité au Premier Commandement du Décalogue, c’était une abomination. Toute tentative de minimiser cet acte de vénération ne peut résister au barrage des preuves évidentes et de la raison. Je pense que ces actes d’idolâtrie ont été le point culminant d’une série d’autres actes d’infidélité par rapport à la sauvegarde du dépôt divin de la Foi par de nombreux membres de haut rang de la hiérarchie de l’Église au cours des décennies passées. Je n’ai pas la certitude absolue que l’apparition du coronavirus est une rétribution divine pour les événements de la Pachamama au Vatican, mais envisager une telle possibilité ne serait pas tiré par les cheveux. Déjà au début de l’Église, le Christ a réprimandé les évêques (les « anges ») des églises de Pergame et de Thyatire en raison de leur connivence avec l’idolâtrie et l’adultère. La figure de « Jézabel », qui séduisait l’Église pour l’amener à l’idolâtrie et à l’adultère (voir Apocalypse 2, 20), pourrait également être comprise comme un symbole du monde d’aujourd’hui – avec lequel flirtent de nombreuses personnes ayant des responsabilités au sein de l’Église.

Les paroles suivantes du Christ restent valables pour notre époque également : « Voici, je vais la jeter sur un lit de douleur, et ceux qui commettent l’adultère avec elle seront dans une très grande tribulation, s’ils ne font pénitence de leurs œuvres. Je frapperai de mort ses enfants, et toutes les Eglises sauront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs, et je rendrai à chacun de vous selon ses œuvres » (Apocalypse 2, 22-23). Le Christ a menacé de châtiment, et Il a appelé les églises à la pénitence : « Mais j’ai quelque peu de chose contre toi : c’est que tu as là des hommes qui tiennent à l’enseignement… pour les faire manger la nourriture sacrifiée aux idoles et les faire tomber dans la fornication… Fais pareillement pénitence ; sinon je viendrai bientôt à toi, et je combattrai contre eux avec l’épée de ma bouche. » Je suis convaincu que le Christ répéterait les mêmes paroles au pape François et aux autres évêques qui ont permis la vénération idolâtre de la Pachamama et qui ont implicitement approuvé les relations sexuelles en dehors d’un mariage valide, en permettant aux personnes dites « divorcées et remariées » qui sont sexuellement actives de recevoir la sainte communion.

Vous avez cité les Évangiles et le Livre de l’Apocalypse. La façon dont Dieu a traité son peuple élu dans l’Ancien Testament nous permet-elle de mieux comprendre la situation actuelle ?

L’épidémie de coronavirus a provoqué une situation au sein de l’Église qui, à ma connaissance, est unique, c’est-à-dire une interdiction quasi mondiale de toutes les messes publiques. Cette situation est en partie analogue à l’interdiction du culte chrétien dans la quasi totalité de l’Empire romain au cours des trois premiers siècles. La situation actuelle est cependant sans précédent, car dans notre cas, l’interdiction du culte public a été prononcée par des évêques catholiques, devançant même les ordres gouvernementaux correspondants.

D’une certaine manière, la situation actuelle peut également être comparée à la cessation du culte sacrificiel du Temple de Jérusalem pendant la captivité babylonienne du peuple élu de Dieu. Dans la Bible, le châtiment divin était considéré comme une grâce, par exemple : « Heureux l’homme qui est châtié par Dieu. Ne rejette donc pas la correction du Seigneur. Car c’est lui qui blesse et qui donne le remède ; il frappe, et ses mains guérissent » (Job 5, 17-18), et : « Ceux que j’aime, je les reprends et les châtie ; aie donc du zèle, et fais pénitence » (Ap. 3, 19). La seule réaction adéquate face à la tribulation, aux catastrophes, aux épidémies et autres situations similaires – qui sont autant d’instruments entre les mains de la Providence divine pour réveiller les gens du sommeil du péché et de l’indifférence envers les commandements de Dieu et la vie éternelle – est la pénitence et la conversion sincère à Dieu. Dans la prière suivante, le prophète Daniel donne aux fidèles de tous les temps un exemple du juste état esprit qu’ils doivent avoir, et de la façon dont ils doivent se comporter et prier en temps de tribulation : « Tout Israël a transgressé votre loi et s’est détourné pour ne pas entendre votre voix… Abaissez, mon Dieu, votre oreille et écoutez ; ouvrez vos yeux, et voyez notre désolation et cette ville sur laquelle votre nom a été invoqué ; car ce n’est pas à cause de notre justice que nous vous présentons humblement nos prières, mais à cause de vos abondantes miséricordes. Exaucez-nous, Seigneur ; apaisez-vous, Seigneur ; soyez attentif et agissez ; ne tardez pas, mon Dieu, pour vous-même, parce que votre nom a été invoqué sur cette ville et sur votre peuple » (Dan 9, 11,18-19).

Saint Robert Bellarmin a écrit : « Signes sûrs concernant la venue de l’Antéchrist… la plus grande et la dernière persécution ; et le sacrifice public (de la Messe) cessera complètement » (La prophétie de Daniel, pages 37-38).

Pensez-vous que ce qu’il évoque là est ce à quoi nous assistons actuellement ? Est-ce le début du grand châtiment prophétisé dans le livre de l’Apocalypse ?

La situation actuelle offre suffisamment de motifs raisonnables pour penser que nous sommes au début d’un temps apocalyptique, qui comprend des châtiments divins. Notre Seigneur s’est référé à la prophétie de Daniel : « Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie dans le lieu saint, que celui qui lit comprenne » (Mt 24,15). Le livre de l’Apocalypse dit que l’Église devra pendant un certain temps fuir dans le désert (voir Ap 12, 14). L’arrêt presque total du Sacrifice public de la Messe pourrait être interprété comme une fuite dans un désert spirituel. Ce qui est regrettable dans notre situation est le fait que de nombreux membres de la hiérarchie de l’Église ne voient pas la situation actuelle comme une tribulation, comme un châtiment divin, c’est-à-dire comme une « visitation divine » au sens biblique. Ces paroles du Seigneur s’appliquent également à de nombreux membres du clergé au milieu de l’épidémie physique et spirituelle actuelle : « Tu n’as pas connu le temps où tu as été visitée » (Luc 19, 44). La situation actuelle de cette « épreuve du feu » (cf 1 Pierre 4:12) doit être prise au sérieux par le pape et les évêques afin de conduire à une profonde conversion de l’Eglise entière. Si cela ne se produit pas, alors le message de cette histoire de Søren Kierkegaard sera également applicable à notre situation actuelle : « Un incendie éclate dans les coulisses d’un cirque. Le clown apparaît et tente d’avertir le public. Chacun croit à une blague et rit. Il répète, on rigole encore plus fort. Ainsi la fin du monde se produira au milieu des vivats et chacun pensera : Quelle bonne blague ! »

Excellence, quel est le sens profond de tout cela ?

La situation de la cessation de la célébration publique de la messe et de la sainte communion sacramentelle est si unique et si grave que l’on peut découvrir derrière tout cela une signification plus profonde. Cet événement survient près de cinquante ans après l’introduction de la communion dans la main (en 1969) et une réforme radicale du rite de la Messe (en 1969/1970) avec ses éléments protestants (prière de l’Offertoire) et son style de célébration horizontal et axé sur l’instruction (moments de liberté, célébration en cercle fermé et vers le peuple). La pratique de la communion dans la main au cours des cinquante dernières années a conduit à des profanations involontaires et volontaires du Corps eucharistique du Christ à une échelle sans précédent. Pendant plus de cinquante ans, le Corps du Christ a été (la plupart du temps involontairement) piétiné par les pieds du clergé et des laïcs dans les églises catholiques du monde entier. Le vol des Hosties consacrées a également augmenté à un rythme alarmant. La pratique consistant à communier directement avec ses propres mains et doigts ressemble de plus en plus au geste par lequel on prend la nourriture ordinaire. Chez de nombreux catholiques, la pratique de recevoir la communion dans la main a affaibli la foi en la Présence réelle et en la transsubstantiation, la foi au caractère divin et sublime de la sainte Hostie. La présence eucharistique du Christ est devenue, au fil du temps, inconsciemment, pour ces fidèles une sorte de pain ou de symbole sacré. Maintenant, le Seigneur est intervenu et a privé presque tous les fidèles d’assister à la sainte messe et de recevoir sacramentellement la Sainte Communion.

Les innocents et les coupables endurent ensemble cette tribulation, puisque dans le mystère de l’Église, tous sont mutuellement unis en tant que membres : « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Co 12, 26). La cessation actuelle de la sainte messe publique et de la sainte communion pourrait être comprise par le pape et les évêques comme une réprimande divine pour les cinquante dernières années de profanations et de banalisations de l’Eucharistie et, en même temps, comme un appel miséricordieux à une authentique conversion eucharistique de toute l’Église. Que l’Esprit Saint touche le cœur du Pape et des évêques et les pousse à édicter des normes liturgiques concrètes afin que le culte eucharistique de toute l’Église soit purifié et orienté à nouveau vers le Seigneur.

On pourrait suggérer que le Pape, avec les cardinaux et les évêques, réalise un acte public de réparation à Rome pour les péchés contre la sainte Eucharistie, et pour le péché des actes de vénération religieuse des statuettes de la Pachamama. Une fois la tribulation actuelle terminée, le pape devrait édicter des normes liturgiques concrètes, dans lesquelles il invitera toute l’Église à se tourner à nouveau vers le Seigneur dans la manière de célébrer, c’est-à-dire que célébrants et fidèles soient tournés dans la même direction pendant la prière eucharistique. Le Pape devrait également interdire la pratique de la communion dans la main, car l’Église ne peut pas continuer à traiter le Saint des Saints dans la petite Hostie consacrée de manière aussi minimaliste et l’exposant ainsi au danger.

La prière suivante d’Azariah dans la fournaise ardente, que chaque prêtre dit pendant le rite de l’Offertoire de la Messe, pourrait inspirer le Pape et les évêques à des actions concrètes de réparation et de restauration de la gloire du sacrifice eucharistique et du Corps eucharistique du Seigneur : « En esprit d’humilité et le cœur contrit, puissions-nous être accueillis par vous, Seigneur : et que notre sacrifice ait lieu aujourd’hui devant vous de telle manière qu’il vous soit agréable, Seigneur Dieu. Car ceux qui ont confiance en vous ne seront jamais confondus. Et maintenant, nous nous consacrons à vous de tout notre cœur, nous vous craignons, et nous cherchons votre visage. Ne nous couvrez pas de honte ; mais traitez-nous selon votre mansuétude et selon l’abondance de voire miséricorde. Délivrez-nous par un de vos prodiges, et donnez la gloire à votre nom, ô Seigneur ! » (Dn 3, 39-43, Septante).

Exposition Saint-Sacrement

2020-39. A propos des consignes sanitaires délivrées avec insistance en temps d’épidémie.

Dimanche de la Passion 29 mars 2020,
Anniversaire de l’exécution du Chevalier de Charette (29 mars 1796 – cf. > ici et > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La prise en considération des côtés dramatiques de l’épidémie en cours, les personnes en souffrance, le personnel soignant débordé et fatigué, les morts – surtout lorsqu’on pense à toutes ces personnes qui passent de vie à trépas sans préparation spirituelle, sans repentir et sans le secours des sacrements de l’Eglise -, les familles éprouvées par le deuil qui doivent se contenter de cérémonies de funérailles  minimalistes, et surtout la disette spirituelle en laquelle nombre de fidèles se trouvent réduits en cette période qui est la plus sacrée de toute l’année liturgique… tout cela n’ôte pas le sens de l’humour à certains de nos amis : l’humour – en bonne proportion et de bon aloi – se révèle souvent une forme salutaire d’exutoire, et en effet nombreuses sont les publications qui permettent de garder le sourire, en attendant la fin de l’épidémie.

Parmi les choses qui m’ont été envoyées, il y en a une qui m’a beaucoup amusé – reprenant les consignes sanitaires dont on nous matraque dès qu’on ouvre la radio pour prendre un bulletin d’information – et que je ne résiste pas à la tentation de vous partager.

Consignes sanitaires en cas d'épidémie

J’ignore qui a réalisé ce montage, mais je le trouve vraiment réussi et plein de finesse.

Il m’a donné l’occasion à quelques réflexions un peu incorrectes : l’Occident en général et la France en particulier ont tellement vécu avec la conviction – inculquée dans les cours d’histoire depuis l’école primaire pour ce qui me concerne – que c’était le Moyen-Age, en raison du manque d’hygiène et du retard des sciences (parce que celles-ci devaient être soumises à l’Eglise, présentée bien sûr comme une puissance d’obscurantisme oppresseur et la cause des retards des progrès sociaux) qui avait eu le quasi monopole des grandes épidémies.
Les circonstances présentes remettent un peu les pendules à l’heure. On le voit : même nos sociétés modernes avec leurs « progrès » sanitaires et scientifiques, et avec leurs technologies avancées sont d’une vulnérabilité incroyable en face d’une épidémie qui se généralise…

Je ne suis pas loin de penser que peut-être beaucoup de nos contemporains sont davantage en situation de vulnérabilité psychologique que nos ancêtres du Moyen-Age en face de ces fléaux récurrents.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

chevalier

2020-38. Cherchez l’erreur !

Samedi 28 mars 2020,
Fête de Saint Jean de Capistran,
Samedi de la 4ème semaine de Carême,
Commémoraison de Saint Gontran, roi et confesseur.

le Maître-Chat Lully (1er août 2011)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Depuis le paradis des chats où je suis entré il y a dix mois (n’en déplaise à quelques esprits dont l’ignorance n’a d’égale que l’étroitesse), on a une vue imprenable sur le monde des hommes et sur ce qui s’y fait et dit… C’est la source de bien des réflexions ! Souvent je les garde pour moi ; parfois j’en inspire quelque chose à mon papa-moine pendant son sommeil, mais aujourd’hui j’ai décidé de reprendre la plume et de vous adresser directement ce message qui, je n’en doute pas, saura vous inspirer quelques réflexions salutaires, à propos de ce que vous vivez en ces jours-ci sur terre, et dans l’Eglise…  

* * *

1 – Au Kenya :

Le président Uhuru Kenyatta a appelé à une journée nationale de prière après la confirmation d’un quatrième cas de coronavirus. Ce chef d’Etat catholique a reconnu que le monde faisait face aujourd’hui à une sérieuse menace avec la pandémie qui affecte tous les peuples, tous les pays et toutes les institutions du monde, et il a déclaré :
« Ayant cela à l’esprit, et après avoir consulté un échantillon représentatif de Kenyans ordinaires ainsi que nos chefs religieux, j’ai décidé de déclarer ce samedi 21 mars 2020 Journée nationale de prière. Compte tenu des protocoles que nous avons annoncés dimanche et d’autres protocoles en cours qui seront annoncés de temps à autre, j’ai pensé qu’il était nécessaire que ce jour de prière soit observé dans nos maisons, sur nos lieux de travail ou partout où nous serons présents ce jour-là. Cette journée de prière sera dirigée par une équipe de chefs religieux ici à la Maison de l’Etat, à Nairobi, à partir de 12 h 00 samedi. »
Le président Uhuru Kenyatta a exhorté les Kenyans à se tourner vers Dieu dans ces circonstances, comme le pays l’a fait dans le passé, et à rendre grâce pour les nombreuses bénédictions qu’Il a accordées à la nation. Il a exhorté à se tourner vers Dieu pour solliciter Sa protection. Il a aussi appelé les médias à diffuser l’événement en direct sur toutes les chaînes de télévision, stations de radio et plateformes en ligne afin de faciliter la participation nationale. Il a ajouté : 
« Nous reconnaissons toujours que nous ne sommes rien sans notre Dieu. Et nous avons appris au fil du temps que se tourner vers Dieu dans de tels moments nous donne non seulement du réconfort, mais aussi de l’espoir et de la force pour surmonter même les défis qui, pour nous en tant qu’humains, peuvent sembler insurmontables. Ce jour-là, par l’intermédiaire de nos chefs religieux, nous demanderons à Dieu son pardon pour tout ce que nous avons pu faire de mal ou lui faire du tort. Ce jour-là, nous demanderons ensemble Sa protection et Sa bénédiction pour notre Nation, pour notre peuple, pour le monde et tous les citoyens du monde. Nous demanderons à Dieu de demeurer avec nous et de nous guider, à la fois dans cette période et dans les temps à venir ».
Il a exhorté le peuple Kenyan à prier pour l’unité du pays, à prier pour voir la pandémie de coronavirus cesser, et à un engagement à s’aimer les uns les autres, à vivre en paix et en harmonie, et à se concentre à nouveau sur ce qui est bien, sur ce qui est vertueux, sur ce qui est pacifique :
« Et en cela, je suis guidé par l’Écriture suivante et je vais citer la lettre de saint Paul aux Philippiens : ”Ne vous inquiétez de rien, à la place, priez pour tout. Dites à Dieu ce dont vous avez besoin et remerciez le pour tout ce qu’il a fait. Alors, vous ferez l’expérience de la paix de Dieu qui dépasse tout ce que nous pouvons comprendre. Sa paix guidera vos cœurs, vos esprits si vous vivez en Jésus-Christ.”
Il a poursuivit en disant : ”Et maintenant, chers frères et sœurs, un dernier mot : fixez vos pensées sur ce qui est vrai et honorable, ce qui est juste et pur, et ce qui est beau et admirable. Pensez aux choses qui sont excellentes” et ”Continuez à mettre en pratique tout ce que vous avez appris et reçu de moi, tout ce que vous avez entendu et ce que vous m’avez vu faire, alors le Dieu de paix sera avec vous” ». [Source]

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2 – En Tanzanie :

La Tanzanie, comme le Kenya, son voisin du nord, a un président catholique. A l’issue de la messe, dimanche à la cathédrale de Dodoma, le président John Magufuli a déclaré :
« Nous n’allons pas fermer les églises, parce qu’elles sont la solution au coronavirus. J’insiste, mes frères chrétiens, et même musulmans, n’ayez pas peur, ne cessez pas de vous rassembler pour glorifier Dieu et le louer. C’est pourquoi, en tant que gouvernement, nous n’avons pas fermé d’églises ou de mosquées. Au contraire, elles doivent toujours être ouvertes pour que les gens puissent chercher refuge auprès de Dieu. Les églises sont des lieux où les gens peuvent chercher la vraie guérison, car le vrai Dieu y réside. N’ayez pas peur de louer et de chercher le visage de Dieu dans l’église. Le coronavirus est un diable, il ne peut pas vivre dans le corps du Christ, il brûlera instantanément. C’est exactement pourquoi je n’ai pas paniqué en prenant la Sainte Communion, parce que je savais qu’avec Jésus dans l’Eucharistie je suis en sécurité. C’est le moment d’affermir notre foi. Cette maladie va passer comme les autres maladies. Mais nous devons continuer à prendre des précautions, comme les experts nous l’ont conseillé. »
Le président John Magufuli n’est pas un ignorant confiné dans un obscurantisme d’un autre âge : il est docteur en chimie. Il s’est déjà fait connaître pour ses prises de position contre les campagnes de contraception de l’USAID. Au contraire il fait construire des hôpitaux pour la santé maternelle. Il disait alors : « J’ai voyagé en Europe et ailleurs et j’ai vu les effets néfastes du contrôle des naissances. Certains pays sont désormais confrontés à une croissance démographique en baisse. Ils manquent de main-d’œuvre ». Dès son élection en 2015 il a entrepris de lutter contre la corruption et a donné l’exemple en divisant son salaire par quatre, et en réduisant drastiquement les frais de représentation du gouvernement. La Tanzanie a l’une des croissances les plus fortes du continent, et John Magufuli est en train de faire d’un petit port de pêche le plus grand port d’Afrique. Il a pris également des mesures efficaces pour sauver les éléphants et les rhinocéros. [Source]

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3 – En France :

Comme beaucoup d’épiscopes français, Son Excellence Monseigneur Marc Stenger, évêque de Troyes, s’est fendu d’une publication à l’intention de ses diocésains : son texte, relativement court mais que je ne citerai cependant pas in extenso, pourrait, dans sa plus grande partie, être pris pour les recommandations d’un obscur chef de service de sous-préfecture. Le nom de Dieu n’y est cité qu’une seule fois – dans la citation que vous lirez ci-dessous -, le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ n’y paraît point et pas davantage celui de la Très Sainte Vierge Marie… Il y a bien une certaine forme de recommandation à prier mais elle est assortie de ces mots qu’il faut, je crois, mettre en réserve pour une anthologie des monstruosités épiscopales : « (…) Croyons-nous que la force de Dieu vient au secours de notre faiblesse ? N’attendons pas de lui qu’il fasse des miracles, qu’il nous débarrasse du « coronavirus » (…) ».   [Source]

* * *

J’ai juste envie de conclure :  « Quos vult perdere Jupiter dementat »

pattes de chat Lully

ange chat

« On sait très bien ce que faisaient nos ancêtres dans la foi et les grands évêques de la Chrétienté dans les temps d’épidémie » > ici

2020-37. « Mettez sur votre cœur une goutte du sang précieux de Jésus-Christ et ne craignez rien !»

Vendredi de la 4ème semaine de carême,
Fête du Très Précieux Sang de NSJC (double majeur).

Je remercie grandement l’un de nos amis prêtres, fidèle lecteur de ce blogue outre-Atlantique depuis des années, de nous avoir  rappelé ce texte que je publie volontiers sur ce blogue en ce jour de la fête du Précieux Sang au vendredi de la quatrième semaine de carême, fête qui n’appartenait pas au calendrier romain universel mais au propre d’un certain nombre de diocèses et congrégations et qui a bien malheureusement disparu à l’occasion des réformes liturgiques intervenues au cours du XXème siècle, mais que nous maintenons au Mesnil-Marie. Nous mettons en caractères gras quelques passages de ce texte qui nous paraissent particulièrement adaptés aux temps actuels…

Précieux Sang

Le 1er janvier, 1874, vers midi le Bienheureux Pape Pie IX a reçu, dans la salle du Consistoire, les bons souhaits de la part de tous les séminaristes étrangers présents à Rome. Il leur a tenu ce discours :

« Oui, c’est une pensée fort juste que celle que vous venez de m’exprimer ; oui, il est très-vrai que l’Eglise est fondée supra firmam petram. C’est là un fait incontestable et une preuve éclatante que l’Eglise est l’oeuvre de Dieu. Ce fondement de solidité, de force et de fermeté, est de son caractère et resplendit à tous les âges, spécialement aux époques de persécution et de tyrannie.

Si vous en voulez une preuve, vous l’avez dans le saint que nous honorions il y a peu de jours. Saint Etienne fut un des premiers enfants de l’Église catholique, et nous savons qu’il n’avait rien plus à cœur que d’annoncer et de défendre la vérité. Mais la vérité, ô mes enfants, était déjà combattue alors par les pharisiens, comme elle l’a toujours été et l’est dans les temps actuels par les successeurs de pharisiens : la vérité on ne veut pas l’entendre. Le premier martyr saint Etienne fut la première victime de l’amour pour la vérité ; il fut sacrifié par les incrédules et les ennemis de la vérité, et tandis qu’il subissait le supplice des pierres et même à l’instant où il rendait son âme à Dieu, il priait pour ses bourreaux.

Il n’y a pas de doute : l’Église a toujours vaincu ; les oppositions, les oppressions, la tyrannie n’ont pas pu la dompter. Les pierres qu’on lançait il y a dix-neuf siècles au premier martyr, on les lance encore de nos jours aux défenseurs de la vérité. Les ministre de Dieu, les membres du clergé régulier ou séculier sont exposés à toutes les injures : aux coups de pierre, aux coups de bâton, aux blasphèmes. Spectacle plein de tristesse ! Ceux-là mêmes qui devraient mettre un frein à ces désordres font comme Saül, ils gardent les vêtements des assaillants, donnant ainsi un encouragement, ou du moins une plus grande liberté de mouvements à ceux qui veulent lancer des pierres sur les oints du Seigneur.

Mais tout cela produit quelque chose de bien consolant : il y a partout un grand réveil de la foi, qui donne aux fidèles le saint courage de s’adresser avec un amour plein de confiance à Jésus-Christ et de parler aux puissants de la terre avec toute la force de leurs convictions.
Que Dieu soit donc loué et béni dans toutes les saintes dispositions de sa providence !

Imitez, mes enfants, saint Etienne, je vous le recommande ; vous ne ferez pas comme lui des miracles proprement dits : signa multa et prodigia, mais vous pouvez l’imiter d’une certaine façon qui pourra aussi produire des miracles. Oui, il y a des miracles à la portée de tous, et je vais vous en citer un exemple : celui de vaincre ses passions. Un jeune homme orgueilleux qui devient un agneau d’humilité, voilà un miracle ; un autre, sujet à des distractions, ayant peu de goût pour l’étude, devient appliqué, recueilli, régulier dans l’accomplissement de ses devoirs, voilà encore un miracle. Ce sont ces prodiges que je souhaite que vous fassiez ; par là vous prouverez à la société moderne qui ne croit guère aux miracles que, moyennant la grâce de Dieu, on peut changer de caractère, que le lion peut se transformer en agneau, l’aigle en colombe. Et ce sont là de grands miracles.

Pour pouvoir mieux atteindre le but, je vous rappellerai une exhortation que saint François de Sales faisait à quelqu’un le jour de la Circoncision. Il dit : Que chacun cherche à s’emparer de quelque petite goutte de ce sang précieux qui sort pour la première fois du corps très-saint de Jésus-Christ et qu’il place ce sang précieux sur son coeur ; car, lorsque l’Ange exterminateur se présentera, en voyant ce sang, il poursuivra sa route et ne touchera pas ceux qui le portent en leur sein.

Je vous adresse la même exhortation : mettez sur votre coeur une goutte du sang précieux de Jésus-Christ et ne craignez rien : l’Ange exterminateur n’osera pas vous toucher : vous n’aurez pas à redouter son épée ; mais vous le vaincrez et vous pourrez répéter ces miracles sur vous-mêmes dont je viens de vous parler.
Dans ce cas, ô mes enfants, vous pourrez nourrir la douce espérance d’imiter également saint Etienne dans les visions consolantes de la dernière heure, vous pourrez répéter avec le premier martyr : Ecce video coelos apertos et Iesum stantem ad dexteram virtutis Dei. Je vois le ciel ouvert, et tandis que les hommes me persécutent et me tourmentent, Jésus-Christ étend ses bras vers moi du haut du paradis et envoie ses anges à ma rencontre : les anges viennent à moi, afin qu’après que je serai séparé de cette enveloppe matérielle qui s’appelle le corps, je puisse voler avec eux au ciel.

Je suis loin d’affirmer que vous pourrez tous voir, à l’heure de votre mort, le ciel ouvert devant les yeux ; mais après les miracles que je viens de vous conseiller, il est certain que vous aurez à cette heure suprême la conscience tranquille, l’âme remplie de calme. Vous pourrez dire à Dieu : Fidem servavi. O mon Dieu, je n’ai pas été infidèle : Cursum consummavi : in reliquo reposita est mihi corona iustitiae, quam das, iuste iudex, non solum mihi qui nunc morior, sed omnibus illis qui diligunt adventum tuum.

Voilà les souhaits que je fais pour vous, ce premier jour de l’an, et que je vais accompagner de ma bénédiction.
Je vous bénis, pour que vous puissiez faire cette fin précieuse. Je vous bénis dans vos études, dans vos prières et même dans vos récréations, en un mot, dans tout ce que vous pouvez accomplir dans la vie pour la gloire de Dieu. Debout, chers enfants, debout ; il ne faut pas s’endormir, car les temps sont mauvais : tempus faciendi, Domine : dissipaverunt legem tuam. C’est à nous, c’est au clergé, qu’il appartient de défendre les droits de l’Église, de s’employer au salut des âmes, d’étendre à toute la terre le règne de Jésus-Christ.

Dieu vous appelle à cette haute mission, et c’est très grand honneur pour vous de pouvoir l’accomplir. Donc, fixez vos yeux, pleins de foi, au ciel et voyez Jésus-Christ qui lève le bras, dans ce moment même, et vous bénit en soutenant le faible bras de son indigne Vicaire.

Benedictio Dei, etc.

Armoiries de Pie IX

Voir aussi :
- Les sept offrandes du Précieux Sang de Jésus-Christ au Père Eternel > ici
- Les litanies du Précieux Sang > ici

Calice & Sacré-Coeur

Publié dans : De liturgia, Textes spirituels | le 27 mars, 2020 |3 Commentaires »

2020-36. « Nous devons accepter cette situation des mains de la Divine Providence comme une épreuve, qui nous apportera un plus grand bénéfice spirituel que si nous n’avions pas vécu une telle situation.»

Jeudi de la 4ème semaine de Carême 26 mars 2020

La semaine dernière, Jeanne Smits, sur son blogue, a donné la traduction – qu’elle a réalisée elle-même – d’une publication de Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider à propos de l’actuelle épidémie mondiale, datée du 19 mars.
Monseigneur Schneider a approuvé cette traduction, et il a ensuite réalisé un enregistrement en français de ce texte, dont la grande valeur spirituelle nous semble pouvoir être d’une véritable utilité à nos amis et lecteurs de ce modeste blogue. En effet, tout en manifestant des regrets sans équivoque sur la couardise d’une majorité de hiérarques de la Sainte Eglise et de clercs, Son Excellence prend ici du recul et de la hauteur et nous livre des leçons qu’il est important de méditer.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur  

Si l’on veut entendre ce texte enregistré en français par S.Exc. Mgr. Schneider lui-même > ici
Source > ici

Mgr Athanasius Schneider

Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider,
évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie à Astana (Kazakhstan)

nika

« Nous nous glorifions même dans les tribulations » (Rom 5, 3) 

Des millions de catholiques dans le monde occidental dit libre seront, dans les semaines ou même les mois à venir, et surtout pendant la Semaine Sainte et Pâques, point culminant de toute l’année liturgique, privés de tout acte de culte public en raison de la réaction tant civile qu’ecclésiastique à l’épidémie de Coronavirus (COVID-19). La plus douloureuse et la plus angoissante de ces mesures est la privation de la sainte messe et de la sainte communion sacramentelle.

L’atmosphère actuelle de panique quasi planétaire est sans cesse alimentée par le « dogme » universellement proclamé de la nouvelle pandémie du coronavirus. Les mesures de sécurité drastiques et disproportionnées, associées à la négation des droits fondamentaux de l’homme que sont la liberté de mouvement, la liberté de réunion et la liberté d’opinion, apparaissent quasiment orchestrées au niveau mondial selon un plan précis. Ainsi, l’humanité entière devient en quelque sorte prisonnière d’une « dictature sanitaire » mondiale qui, de son côté, se révèle également être une dictature politique.

Un effet secondaire important de cette nouvelle « dictature sanitaire » qui se répand dans le monde entier est l’interdiction croissante et sans compromis de toute forme de culte public. À compter du 16 mars 2020, le gouvernement allemand a interdit toute forme de rassemblement religieux public pour toutes les religions. Une mesure aussi drastique d’interdiction stricte de toutes les formes de culte public était inimaginable, même sous le Troisième Reich.

Avant que ces mesures ne soient prises en Allemagne, une interdiction gouvernementale de tout culte public avait été mise en œuvre en Italie et à Rome, cœur du catholicisme et du christianisme. La situation actuelle de l’interdiction du culte public à Rome ramène l’Église à l’époque d’une interdiction analogue émise par les empereurs romains païens au cours des premiers siècles.

Les clercs qui osent célébrer la sainte messe en présence des fidèles dans de telles circonstances pouvaient être punis ou mis en prison. La « dictature sanitaire » mondiale a créé une situation qui respire l’air des catacombes, d’une Église persécutée, d’une Église souterraine, surtout à Rome. Le pape François, qui le 15 mars, à pas solitaires et hésitants, a parcouru les rues désertes de Rome dans son pèlerinage depuis l’image du Salus populi Romani dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure jusqu’à la Croix miraculeuse dans l’église de San Marcello, véhiculait une image apocalyptique. Elle rappelait la description suivante de la troisième partie du secret de Fatima (révélée le 13 juillet 1917) : « Le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d’un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine. »

Comment les catholiques doivent-ils réagir et se comporter dans une telle situation ? Nous devons accepter cette situation des mains de la Divine Providence comme une épreuve, qui nous apportera un plus grand bénéfice spirituel que si nous n’avions pas vécu une telle situation. On peut comprendre cette situation comme une intervention divine dans la crise actuelle sans précédent de l’Église. Dieu utilise maintenant l’impitoyable « dictature sanitaire » du monde pour purifier l’Église, pour réveiller les responsables dans l’Église, et en premier lieu le pape et l’épiscopat, de l’illusion d’un beau monde moderne, de la tentation de flirter avec le monde, de l’immersion dans les choses temporelles et terrestres. Les puissances de ce monde ont maintenant séparé de force les fidèles de leurs bergers. Les gouvernements ordonnent au clergé de célébrer la liturgie sans le peuple.

L’actuelle intervention divine purificatrice a le pouvoir de nous montrer à tous ce qui est vraiment essentiel dans l’Église : le sacrifice eucharistique du Christ avec son Corps et son Sang et le salut éternel des âmes immortelles. Que ceux qui, dans l’Église, sont soudainement et inopinément privés de ce qui est central puissent commencer à en voir et en apprécier plus profondément la valeur.

En dépit de la situation douloureuse de privation de la sainte messe et de la sainte communion, les catholiques ne doivent pas céder à la frustration ou à la mélancolie. Ils devraient accepter cette épreuve comme une occasion de grâces abondantes que la Divine Providence leur a préparée. De nombreux catholiques ont maintenant, d’une certaine manière, la possibilité de faire l’expérience de la situation des catacombes, de l’Église souterraine. On peut espérer qu’une telle situation produira les nouveaux fruits spirituels des confesseurs de la foi et de la sainteté.

Cette situation oblige les familles catholiques à faire littéralement l’expérience de la signification de ce qu’est l’église domestique. En l’absence de possibilité d’assister à la sainte messe même le dimanche, les parents catholiques devraient rassembler leurs familles chez eux. Ils pourraient assister chez eux à une sainte messe diffusée à la télévision ou sur internet, ou si cela n’est pas possible, ils devraient consacrer une heure de prière pour sanctifier le Jour du Seigneur et s’unir spirituellement aux saintes messes célébrées par les prêtres à huis clos, même dans leur ville ou dans leur voisinage. Une telle heure sainte dominicale d’une église domestique pourrait par exemple se faire de la manière suivante :

Prière du rosaire, lecture de l’Évangile du dimanche, acte de contrition, acte de communion spirituelle, litanie, prière pour tous ceux qui souffrent et meurent, pour tous ceux qui sont persécutés, prière pour le pape et les prêtres, prière pour la fin de l’épidémie physique et spirituelle actuelle. La famille catholique doit également prier le chemin de croix le vendredi du carême. En outre, le dimanche, les parents pourraient rassembler leurs enfants l’après-midi ou le soir pour leur lire des récits de la vie des saints, en particulier ceux qui sont tirés des périodes de persécution de l’Église. J’ai eu le privilège de vivre une telle expérience pendant mon enfance, et cela m’a donné les fondations de la foi catholique pour toute ma vie.

Les catholiques qui sont aujourd’hui privés d’assister à la sainte messe et de recevoir la sainte communion sacramentelle, peut-être seulement pour une courte période de quelques semaines ou mois, peuvent penser à ces temps de persécution, où pendant des années les fidèles ne pouvaient pas assister à la Sainte Messe ni recevoir d’autres sacrements, comme ce fut le cas, par exemple, pendant la persécution communiste dans de nombreux endroits de l’Empire soviétique.

Que ces paroles de Dieu renforcent tous les catholiques qui souffrent actuellement d’être privés de la sainte messe et de la sainte communion :

« Bien-aimés, ne soyez pas surpris du feu ardent qui sert à vous éprouver, comme s’il vous arrivait quelque chose d’extraordinaire ; mais, parce que vous participez ainsi aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lorsque sa gloire sera manifestée, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse » (1 Pierre 4 : 12-13).

« Le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos tribulations, afin que nous puissions, nous aussi, par l’encouragement que nous recevons nous-mêmes de Dieu, consoler ceux qui sont pressés par toutes sortes de maux » (2 Cor. 1:3-4).

« … afin que votre foi ainsi éprouvée, plus précieuse que l’or qu’on éprouve par le feu, tourne à votre louange, votre gloire et votre honneur, lorsque paraîtra Jésus-Christ » (1 Pierre 1:6-7).

À l’époque d’une cruelle persécution de l’Église, saint Cyprien de Carthage (+258) a donné cet enseignement édifiant sur la valeur de la patience :
« C’est la patience qui fortifie fermement les fondements de notre foi. C’est elle qui élève au plus haut niveau l’accroissement de notre espérance. C’est elle qui dirige notre action, afin que nous restions fidèles à la voie du Christ tout en marchant par la grâce de sa patience. Que le Seigneur Jésus est grand, et que sa patience est grande, que Celui qui est adoré au ciel ne soit pas encore vengé sur la terre ! Frères bien-aimés, considérons sa patience dans nos persécutions et nos souffrances ; offrons une obéissance remplie de l’attente de son avènement » (De patientia, 20 ; 24).

Nous voulons prier avec notre entière confiance la Mère de l’Eglise, en invoquant le pouvoir d’intercession de son Coeur Immaculé, afin que la situation actuelle de privation de la sainte messe puisse apporter des fruits spirituels abondants pour le véritable renouveau de l’Eglise après des décennies de nuit de la persécution des vrais catholiques, du clergé et des fidèles qui s’est produite à l’intérieur même de l’Eglise. Écoutons ces paroles inspirantes de Saint Cyprien :
« Si la cause d’un désastre est reconnue, on trouve immédiatement un remède à la blessure. Le Seigneur a voulu que sa famille soit mise à l’épreuve ; et parce qu’une longue paix avait corrompu la discipline qui nous avait été divinement délivrée, la réprimande céleste a éveillé notre foi qui cédait, presque, dirais-je, endormie ; et bien que nous ayons mérité davantage pour nos péchés, le Seigneur très miséricordieux a tellement modéré toutes choses, que tout ce qui est advenu a plutôt ressemblé à une épreuve qu’à une persécution » (De lapsis, 5).

Dieu veuille que cette courte épreuve de privation du culte public et de la sainte messe insuffle au cœur du pape et des évêques un nouveau zèle apostolique pour les trésors spirituels pérennes qui leur ont été divinement confiés – c’est-à-dire le zèle pour la gloire et l’honneur de Dieu, pour le caractère unique de Jésus-Christ et de son sacrifice rédempteur, pour la centralité de l’Eucharistie et la manière sacrée et sublime de la célébrer, pour la plus grande gloire du Corps Eucharistique du Christ, et le zèle pour le salut des âmes immortelles, pour un clergé chaste et remplis de l’esprit apostolique.
Puissions-nous écouter ces paroles encourageantes de saint Cyprien :
« Il faut louer Dieu et célébrer ses bienfaits et ses dons en lui rendant grâce, alors que même au temps des persécutions, notre voix n’a pas cessé de rendre grâce. Car même un ennemi n’a pas le pouvoir de nous empêcher, nous qui aimons le Seigneur de tout notre cœur, de toute notre vie et de toute notre force, de proclamer avec gloire ses bénédictions et ses louanges toujours et partout. Le jour si ardemment désiré est venu par les prières de tous ; et après l’obscurité terrible et répugnante d’une longue nuit, le monde a brillé, irradié par la lumière du Seigneur » (De lapsis, 1).

19 mars 2020

+ Athanasius Schneider,
évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie à Astana

Ecce Homo par Philippe de Champaigne

2020-35. Du saint archange Gabriel, « Force de Dieu ».

24 mars,
Fête de l’archange Saint Gabriel.

Saint Gabriel - église de Lunéville

L’archange Saint Gabriel
(église de Lunéville)

La Sainte Bible nous fait connaître les noms uniquement de trois des archanges de Dieu : Saint Michel (en l’honneur duquel on trouve dans ce blogue des prières > ici, > ici et > ici), Saint Raphaël (dont nous avons parlé > ici et > ici) et Saint Gabriel, dont la liturgie traditionnelle célèbre la fête le 24 mars, veille de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie. 

Le nom de Saint Gabriel :

Comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire à plusieurs reprises, dans la langue et la mentalité hébraïques le nom a une signification en rapport avec les qualités et fonctions de la personne auquel il est attribué.
Cela est très spécialement vrai pour les anges. Ainsi le nom de Gabriel signifie « Force de Dieu », et cela exprime donc d’une manière particulière les différentes missions qui lui ont été attribuées par Dieu.

Les missions de l’Archange Saint Gabriel :

Dans les Saintes Ecritures, le saint archange Gabriel est nommé de manière tout à fait explicite pour trois missions circonstanciées :

Drost Willem - 1650 vision de Daniel

Vision du Prophète Daniel, par Willem Drost (1650)

A – L’Ange envoyé au saint prophète Daniel pour lui révéler les temps de la venue du Messie :
Daniel est le quatrième des « grands prophètes » de l’Ancien Testament : il est un jeune homme, probablement d’extraction noble, lorsqu’il est emmené captif à Babylone par Nabuchodonosor en 597 avant Jésus-Christ. Avec ses compagnons, Ananias, Azarias et Misaël, il est élevé à la cour et il reste fidèle à la foi et aux observances religieuses d’Israël. Il gagne la confiance du roi, dont il interprète les songes, et de ses successeurs, malgré les intrigues pour le perdre (c’est ce qui lui vaudra d’être jeté dans la fosse aux lions), épreuves au cours desquelles Dieu intervient en sa faveur par d’éclatants miracles. Daniel atteindra un âge très avancé, puisqu’il est encore de ce monde lors de l’Edit de Cyrus (538 avant Jésus-Christ) qui met fin à l’exil à Babylone.
La première fois que l’ange Gabriel lui apparaît, c’est pour lui donner l’interprétation de la vision du bélier et du bouc (Dan. VIII) ; il lui est envoyé ensuite une seconde fois, afin de lui expliquer la fameuse prophétie des septante semaines qui précise la date de la venue du Messie (Dan. IX). 
Cette dernière mission de l’ange Gabriel est donc déjà en lien avec le mystère de l’Incarnation.

B – L’Archange qui apparut au prêtre Zacharie :
La deuxième mission de l’Ange Gabriel mentionnée dans la Bible concerne l’annonce de la naissance du Précurseur à Zacharie, prêtre qui accomplit son service dans le Temple de Jérusalem et qui doit devenir le père du dernier et du plus grand des prophètes. Cela se trouve au premier chapitre de l’Evangile de Saint Luc : l’histoire vous en est connue. Au début, l’ange ne dévoile pas son nom, mais, face à l’incrédulité de Zacharie, il élève la voix et dit : « Je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu ! » (Luc I, 19).
Ainsi, Gabriel révèle-t-il un aspect de sa grandeur, qui fait qu’on ne peut douter de sa parole : il se tient devant Dieu. Selon certains mystiques (cela n’est pas de foi) Saint Gabriel aurait été choisi pour prendre la place de Lucifer devant le trône de la Majesté Divine qu’il contemple face à face. Saint Louis de Gonzague le nomme « le premier parmi les Archanges ».
L’apparition à Zacharie révèle un autre aspect de la personnalité de Saint Gabriel, il est un ange qui a un lien particulier avec le sacerdoce et les consacrés : Zacharie est un prêtre, issu de la race sacerdotale d’Aaron dont le sacerdoce deviendra bientôt caduc en étant remplacé par le sacerdoce nouveau institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Saint Gabriel a annoncé la naissance de celui qui a pour mission de préparer la voie au Grand Prêtre de la Nouvelle Alliance, Jésus-Christ. Saint Jean-Baptiste est un consacré, modèle pour les religieux.
Avec cette intervention prophétique auprès de Saint Zacharie, l’archange Saint Gabriel se rapproche de sa grande et sublime mission : son ambassade auprès de la Vierge de Nazareth, qu’il va accomplir six mois plus tard.
Le fait qu’il soit choisi par Dieu pour cette légation, nous laisse deviner la suréminente dignité de Saint Gabriel : 
« En effet comme le mystère qu’il vint annoncer  ne fut pas une oeuvre ou un mystère ordinaire mais bien le plus excellent et le plus noble que Dieu ait jamais accompli, ainsi devons-nous croire que ce divin messager fut un des plus élevés et des plus dignes personnages que renferme cette céleste hiérarchie » (Saint Louis de Gonzague, méditation sur les saints Anges).

vitrail de l'annonciation

C – L’archange du mystère de l’Incarnation :
Au centre de l’histoire humaine se trouve l’Incarnation du Fils de Dieu, deuxième Personne de la Très Sainte Trinité.
Pour la réalisation de ce grand mystère – Dieu fait homme -, le Créateur de  toutes choses a député un messager pour demander le consentement de la Très Sainte Vierge.
Ainsi que le faisait remarquer Saint Louis de Gonzague dans la citation donnée ci-dessus, il est évident que Dieu a choisi le plus beau, le plus noble, le plus grand de Ses anges pour recueillir le consentement de la plus noble, la plus sainte et la plus pure de toute les créatures humaines : Marie immaculée !
Nous connaissons tous par cœur, ou presque – du moins je l’espère ! – ce récit de l’Annonciation (Luc I, 26-38). L’iconographie représente habituellement les anges avec des ailes. A ce sujet saint Jean Chrysostome a une belle réflexion : « C’est avec raison  qu’on représente l’Archange Gabriel avec des ailes, non parce que Dieu l’a créé ainsi, mais afin que nous nous souvenions toujours avec reconnaissance de ce vol miraculeux par lequel, se transportant à Nazareth, il entra dans la chambre de la bienheureuse Vierge Marie, s’acquitta de son message, et reçut au nom de Dieu son consentement pour la rédemption du monde ».
Jusqu’à la consommation des siècles, et pendant toute l’éternité, les âmes des élus ne cesseront de contempler et d’approfondir l’incomparable et admirable mystère de l’Annonciation, et nous ne cesserons de reprendre les paroles à la fois si simple et si sublimes de la salutation angélique : « Ave, Maria, gratia plena : Dominus tecum… »
Nous devons en quelque sorte une reconnaissance éternelle à l’archange Saint Gabriel de nous avoir donné l’Ave Maria !

Ange Gabriel à l'Annonciation

D – L’archange Saint Gabriel après l’Annonciation :
Saint Gabriel n’est plus explicitement cité dans les Saintes Ecritures après l’Annonciation. Cependant, selon de pieux auteurs et plusieurs mystiques authentiques, sa mission ne s’arrêta pas là.
Ainsi, plusieurs commentateurs, pensent qu’il fut cet ange dont le nom n’est pas mentionné par l’Evangile, qui se manifesta par trois fois à Saint Joseph : 1) pour lui dire de ne point craindre de prendre chez lui Marie, son épouse, 2) pour l’avertir des desseins criminels d’Hérode et lui enjoindre de fuir en Egypte, et enfin 3) pour lui apprendre la mort de ce même Hérode et l’inviter à revenir en Terre Sainte.
On croit communément qu’il est l’ange qui apparaît aux bergers dans la sainte nuit de Bethléem pour leur révéler la naissance du Sauveur.
Bien que l’Evangile ne mentionne pas que ce soit le fait d’un ange, mais parle seulement de « songe », il est aussi évident pour quelques uns que c’est Saint Gabriel qui se manifeste aux Saints Rois Mages dans ce songe pour les avertir de ne pas retourner chez Hérode mais de rentrer chez eux sans passer par Jérusalem.
Il semblerait que ce soit aussi lui qui apparaît à Notre-Seigneur pour Le consoler dans Son agonie au jardin des Oliviers.
Enfin, s
elon Saint Vincent Ferrier, l’archange Saint Gabriel fut le porteur de la joie de la Résurrection à Notre-Dame. Voici la belle page que l’on peut lire dans la vie de ce saint : « Et comme l’aube n’était pas encore venue, la Sainte Vierge se mit en prière, disant avec le Psalmiste : « Levez-vous Seigneur dans Votre vie nouvelle ». Et alors le Christ envoya l’Ange Gabriel pour annoncer à Sa Mère Sa Résurrection. Et l’Ange dit : « Reine du Ciel, réjouissez-vous ». Et Marie répondit sur le champ : « Quand viendra-t-Il ? Quand Le verrai-je ? » Et à ces mots le Christ apparut et la salua, disant : « Je vous salue, Mère de la vie et de la consolation. » Et la Vierge baisait les marques laissées par les plaies du Christ, et elle dit : « Puisque Vous voilà ressuscité, ma passion est finie, le repos est venu pour moi, désormais on sanctifiera le Jour du Seigneur : le sabbat n’existe plus. »

E – Interventions de l’Archange Saint Gabriel auprès des hommes dans le temps de l’Eglise :
Dans le temps de l’Eglise, le saint Archange Gabriel s’est manifesté à plusieurs reprises auprès des saints. Je n’ai pas la connaissance de la vie de tous les saints, ni de toutes les interventions de l’archange auprès d’eux, mais j’en ai noté quelques unes significatives au cours de mes lectures :
- Auprès de Sainte Jeanne d’Arc : 
Le 3 mai 1431, c’est-à-dire 27 jours avant son martyre, Sainte Jeanne d’Arc témoigna avoir reçu du réconfort de Saint Gabriel venu la visiter dans sa prison. Ainsi à la veille du dernier combat, Saint Michel, l’archange des batailles, laissa-t-il la place à l’Ange Gabriel, qui serait celui qui a consolé notre divin Sauveur dans Son agonie.

- Auprès de Saint François de Sales :
Il vit à ses côtés l’Archange Saint Gabriel durant la célébration de la Sainte Messe de Minuit, le 25 décembre 1622, soit trois jours avant sa mort ; mais le saint Prince-évêque de Genève et fondateur de la Visitation n’en a pas dit davantage.

-  Auprès de Sainte Marie de Jésus Crucifié (née Myriam Baouardy)
La sainte carmélite a eu le grand privilège, vraiment insolite, d’être « possédée » pendant quatre jours par Saint Gabriel, « l’Ange de Marie » comme il s’est nommé lui-même. Durant tout ce temps, l’ange parla par la bouche de la sainte religieuse et enseigna toute la communauté. La carmélite était absolument inconsciente de ce qui se passait : quand l’heureuse possession se termina, la sainte croyait, en revenant à elle, qu’elle avait été malade pendant longtemps !…

- L’apparition de la Très Sainte Mère de Dieu à l’Ile Bouchard :
Lors des apparitions de l’Ile Bouchard, du 8 au 14 décembre 1947, la Très Sainte Mère de Dieu était toujours accompagnée d’un « beau ange » – ainsi que disaient les fillettes -, à genoux devant elle et lui présentant un lys. L’une des voyantes demanda à la Très Sainte Vierge : « Mais, Madame, quel est l’ange qui vous accompagne ? » La Vierge Marie se tourna vers l’ange qui, alors qu’il était de profil, se tourna vers l’enfant et avec un beau sourire lui dit : « Je suis l’Ange Gabriel ».

La Vierge Marie et l'ange Gabriel

L’Ile-Bouchard : groupe sculpté représentant l’apparition

F – Saint Gabriel, patron céleste des télécommunications et de la Poste :
Saint Gabriel a été proclamé par l’Eglise, céleste patron des télécommunications et des Postes. Ce patronage se comprend très bien puisque l’archange a été le messager céleste envoyé par Dieu pour demander à la Très Sainte Vierge Marie son consentement pour la réalisation du Mystère de l’Incarnation dans son sein virginal. Le succès de cette ambassade avait déjà valu à Saint Gabriel d’être pris pour protecteur céleste par les ambassadeurs et les diplomates.
Le vénérable pape Pie XII l’a donné pour saint patron à ceux qui travaillent dans les télécommunications par un Bref Apostolique daté du 12 janvier 1951 :
« Tout don excellent, toute grâce parfaite descend d’en haut, du Père des lumières. » C’est pourquoi il faut admirer la sagesse divine qui a permis aux hommes, grâce aux nombreuses inventions nées du génie de notre époque, de pouvoir, par le moyen de l’électricité, télégraphier aux absents avec une merveilleuse rapidité, téléphoner à des distances extraordinaires, envoyer des messages par les ondes aériennes et enfin contempler la vision des choses et des faits qui se trouvent très loin des lieux où ils habitent. Ces instruments, construits selon les règles de l’art, peuvent être très nuisibles s’ils sont employés avec de mauvaises intentions, mais au contraire, si on les utilise comme il faut, ils peuvent aider puissamment au développement et au raffermissement des relations fraternelles entre les hommes, au progrès de la civilisation, à la propagation illimitée des arts et des sciences, et même à l’enseignement des préceptes de la religion, à la transmission de la parole du Pasteur suprême depuis le Siège de Pierre à toutes les nations, et à l’admirable union de tous les cœurs pour diriger vers la Majesté divine des prières publiques faites par ce moyen dans tout l’univers.
C’est pourquoi, notre Mère la Sainte Eglise ne s’est jamais opposée à ce progrès de la civilisation humaine, mais elle a eu et elle a encore le souci de le soutenir, de le développer et de l’encourager dans la plus large mesure, étant donné que tout ce qu’on peut découvrir de vrai et de neuf doit être considéré comme une trace de l’intelligence divine et un signe de sa puissance. Aussi croyons-Nous très opportun d’assurer à ces sciences merveilleuses et à ceux qui les mettent en œuvre ou qui les exploitent, le bienfait spécial d’une protection céleste. A la demande faite par plusieurs personnes remarquables qui, en beaucoup de nations, exercent leur activité dans cette branche, de leur donner à eux et à leurs collègues, comme céleste patron auprès de Dieu, l’archange saint Gabriel qui apporta au genre humain, plongé dans les ténèbres et désespérant presque de son salut, l’annonce longtemps souhaitée de la Rédemption des hommes, Nous décidons d’accueillir favorablement, vu son importance et sa gravité, cette requête qui est selon Notre propre pensée et qui correspond à Nos propres désirs.
Ainsi donc, après avoir pris conseil de Notre vénérable frère Clément Micara, cardinal de la Sainte Eglise, évêque de Velletri et préfet de la S. Congrégation des Rites, toutes choses étant attentivement pesées, de science certaine, et après y avoir mûrement pensé, en usant de la plénitude de Notre pouvoir apostolique, par cette Lettre et pour toujours, Nous constituons et déclarons l’archange saint Gabriel, céleste patron auprès de Dieu de cette profession, de ses spécialistes et employés, en lui attribuant tous les honneurs et privilèges liturgiques qui appartiennent régulièrement aux patrons principaux.
Nous annonçons, Nous établissons, Nous ordonnons que la présente Lettre soit et demeure toujours ferme, valide et efficace ; qu’elle porte et produise tous ses effets dans leur intégrité et leur plénitude ; maintenant et à l’avenir, pour ceux qu’elle concerne ou pourra concerner ; qu’il en faut régulièrement juger et décider ainsi ; que dès maintenant est tenu pour nul et sans effet tout ce qui pourrait être tenté par n’importe qui, en vertu de n’importe quelle autorité, en connaissance de cause ou par ignorance, contre les mesures décrétées par cette Lettre ».
C’est le pape Paul VI qui, en 1972 nomma l’archange Saint Gabriel patron de la Poste.

Pittoni Giambattista - Annonciation 1758

Giambattista Pittoni : l’Annonciation (1758)

Saint Gabriel, protégez-nous des dangers des moyens modernes de communication !

Avec le développement exponentiel des moyens de communication, la multiplication des téléphones portables et de leur technologie de plus en plus sophistiquée, et la généralisation d’Internet, le patronage céleste de Saint Gabriel sur les télécommunications est d’une actualité brûlante.
D’abord en raison de l’usage intensif, voire abusif, d’une technologie qui multiplie les émissions d’ondes dont on ne mesure pas toujours très bien les impacts qu’elles peuvent avoir sur la santé, et ensuite parce que si ces nouvelles technologies peuvent évidemment servir au bien, il est également très facile d’en faire un mauvais usage : usage qui n’est pas nuisible seulement en raison de la perte de temps qu’il occasionne, mais surtout en raison des péchés qu’il favorise, en particulier contre la vertu de pureté. Dans ce domaine, les dégâts sont immenses… pour la plus grande joie du démon !
Prions Saint Gabriel afin qu’il nous aide à faire un bon usage de ces moyens de communications : qu’ils ne soient pas pour nous occasion de ruine spirituelle, cause de la perte de l’amitié divine, facteur de déchéance de l’état de grâce ! Il vaut mieux perdre son smartphone que l’amitié divine…

N’hésitons pas non plus à confier la protection et le bon acheminement de nos envois postaux importants à Saint Gabriel : si le Saint-Siège l’a proclamé saint patron des Postes, ce n’est pas pour rien, surtout en un temps où la perte de conscience professionnelle de nombreuses personnes entraîne des pertes de lettres ou de colis, ou des retards de distribution à peine croyables.

Annonciation détail - Ange Gabriel

Prières du Père Jean-Edouard Lamy
à Saint Gabriel Archange :

« Saint Gabriel, vous qui êtes appelé à juste titre la force de Dieu, puisque vous avez été choisi pour annoncer à Marie le Mystère où le Tout-Puissant a déployé la force de Son bras, faites-nous connaître les trésors renfermés dans la personne du Fils de Dieu, et soyez notre protecteur auprès de Son auguste Mère. » 

Saint Archange Gabriel, messager de la miséricorde de Dieu en faveur des pauvres humains, vous qui avez salué la Très Sainte Vierge par ces paroles : « Je vous salue Marie, pleine de grâce », et qui en avez reçu une réponse d’une si grande humilité, protecteur des âmes, aidez-nous à devenir les imitateurs de son humilité et de son obéissance. »

Ave Maria et lys

2020-34. « Illuminons l’Annonciation ! »

Nos Seigneurs les Cardinaux, Archevêques et Evêques de France ont publié il y a quelques jours un texte qui s’adresse pour une part à tous les Français, et pour une autre part à tous les catholiques de France, demandant à ce que, ce prochain mercredi 25 mars, fête de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie et jour anniversaire de l’Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à 19 h 30, toutes les cloches des églises de France sonnent pendant dix minutes (rappelons au passage que le son des cloches, lesquelles reçoivent une bénédiction très particulière, a un pouvoir d’exorcisme contre les puissances maléfiques), et que dans le même moment les Français allument sur leurs fenêtres au moins une bougie, ou des lumignons ainsi qu’on le fait au soir du 8 décembre, en signe d’espérance, et pour les catholiques en signe d’une grande prière commune montant à ce moment-là vers le Ciel par l’intercession de Notre-Dame…
Voici le texte introductif de Son Excellence Révérendissime Monseigneur Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des Evêques de France et l’appel co-signé de tous les Evêques de France. 

Annonciation

« L’ensemble des évêques de France invite les Français à un geste commun le mercredi 25 mars prochain. Les catholiques lui donneront une signification particulière en raison de la fête de l’Annonciation, mais tout le monde peut s’y joindre : déposer une bougie sur sa fenêtre au moment où les cloches sonneront sera une marque de communion de pensée et de prière avec les défunts, les malades et leurs proches, avec tous les soignants et tous ceux qui rendent possible la vie de notre pays. Ce sera aussi l’expression de notre désir que la sortie de l’épidémie nous trouve plus déterminés aux changements de mode de vie que nous savons nécessaires depuis des années. Nous, catholiques, demanderons en même temps à la Vierge Marie de remplir nos cœurs de foi, d’espérance et de charité en ces temps et de nous obtenir la grâce de l’Esprit-Saint pour que nous sachions trouver les gestes nécessaires. »

Mgr Éric de Moulins-Beaufort
Archevêque de Reims
Président de la Conférence des Evêques de France.

illuminons l'Annonciation

La première partie de ce texte s’adresse à tous les Français de bonne volonté :

« Notre pays, avec de nombreux autres, traverse une grande épreuve. Le chef de l’État nous appelle à laisser de côté nos divisions et à vivre ce temps dans la fraternité. C’est pourquoi nous avons voulu que ce message destiné en premier lieu aux catholiques s’adresse aussi à tous nos concitoyens sans distinction. 

Nous le faisons dans un esprit d’humilité, mais avec la certitude que la foi chrétienne a une mission spécifique dans ce monde et qu’elle ne doit pas s’y dérober. Nous pensons aussi à tous ceux et celles qui partagent avec nous la foi en Dieu et la conviction qu’Il accompagne notre vie. Nous pensons enfin à tous ceux et celles qui ne croient pas mais souhaitent que la solidarité et l’esprit de service s’accroissent entre les hommes. 

À tous, nous disons notre désir que notre communauté nationale sorte grandie de cette épreuve. Depuis bien des années déjà notre humanité a l’intuition qu’elle doit changer radicalement sa manière de vivre. La crise écologique nous le rappelle sans cesse, mais la détermination a fait largement défaut jusqu’ici pour prendre ensemble les décisions qui s’imposent et pour s’y tenir. Osons le dire, l’égoïsme, l’individualisme, la recherche du profit, le consumérisme outrancier mettent à mal notre solidarité. Nous avons le droit d’espérer que ce que nous vivons en ce moment convaincra le plus grand nombre, qu’il ne faut plus différer les changements qui s’imposent : alors, ce drame porteur d’angoisse n’aura pas été traversé en vain. 

Le mercredi 25 mars, à 19h30 

Un peu partout en France, les cloches de toutes les églises sonneront pendant dix minutes, non pour appeler les fidèles à s’y rendre, mais pour manifester notre fraternité et notre espoir commun. 

Elles sonneront comme elles ont sonné aux grandes heures de notre histoire, la Libération par exemple. En réponse à ce signe d’espoir, nous invitons tous ceux qui le voudront à allumer des bougies à leur fenêtre. Ce geste, qui est de tradition dans la ville de Lyon, est un signe d’espérance qui transcende les convictions particulières : celui de la lumière qui brille dans les ténèbres !

Ce qui suit s’adresse maintenant spécifiquement aux catholiques :

Mercredi 25 mars, nous fêterons l’Annonciation du Seigneur. Elle eut lieu à Nazareth, chez une jeune fille, Marie. Dans sa maison, le Ciel rencontre la terre ; dans sa maison, le salut du monde est conçu ; dans sa maison, une joie nouvelle apparaît, la joie de l’Évangile, une joie pour le monde: «Car rien n’est impossible à Dieu» (Lc 1, 37).

Cette année, sans l’avoir voulu, nous fêterons l’Annonciation, confinés, dans nos maisons ! Pouvons-nous célébrer cette fête plus en vérité, plus intensément, plus en communion?

Quand les cloches sonneront, le 25 mars, à 19h30, que chaque disciple de Jésus, dans sa maison, ouvre sa Bible (ou son ordinateur) et lise, seul ou en famille, le récit de l’Annonciation, dans l’Évangile selon saint Luc, chapitre 1, versets 26 à 38.

Et qu’au même moment chaque maison allume une ou plusieurs bougies, à sa fenêtre, pour dire son espérance et conforter celle de ses voisins.

Nous prierons en communion par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie en nous unissant au chapelet récité, à Lourdes, chaque jour à 15h30. Nous demanderons à Marie de nous protéger et de nous aider à mieux accueillir Jésus dans nos maisons, dans nos cœurs, dans nos vies comme elle l’a fait elle-même pour nous: «Que tout m’advienne selon ta parole» (Lc 1, 38) – [1ère dizaine].

Nous confierons à Marie qui devient Mère du Sauveur et qui deviendra notre Mère, nos frères et sœurs malades, nos frères et sœurs soignants, notre communauté humaine éprouvée. Nous lui dirons que nous voulons les aimer comme nous aimons Jésus, «le fruit béni de ses entrailles» (cf. Lc 1, 42), Lui qui a pris sur lui nos souffrances et nos péchés [2ème dizaine].

Nous pourrons aussi confier nos craintes et nos doutes à celle qui fut toute bouleversée et s’interrogea: «Comment cela va-t-il se faire?» (Lc 1, 34). La peur d’une vie remise à Dieu, différente de celle dont nous rêvons, rejoint la peur de la mort. Marie la connaît de l’intérieur et nous pouvons lui dire sans cesse: «Prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort», comme l’Église nous l’a appris [3ème dizaine].

Enfin, poussés par l’Esprit, nous pourrons dire à Jésus: «Guéris-nous !» Nous ne savons pas quelle sera la réponse sinon que, dans quelques jours, nous fêterons la passion, la mort et la résurrection de Jésus, le premier-né d’une multitude de frères qu’il fait entrer dans la vie de Dieu [4ème dizaine.]

[5ème dizaine avec intentions particulières].

Ouvrir sa fenêtre, allumer une bougie est un geste de communion que nous voulons offrir à toute la nation pour qu’elle rende hommage aux défunts, victimes du Covid-19, et aussi à ceux qui donnent de l’espoir, soignants, autorités mais aussi famille, amis, voisins.

C’est pourquoi nous vous demandons de relayer ce message très largement autour de vous, par tous les moyens autorisés à votre disposition ! »

Les Évêques de France

l'apparition de ND de Lourdes

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