Neuvaine à l’intention des malades du 2 au 10 février pour préparer la fête de Notre-Dame de Lourdes.

En nous souvenant que lors de son pèlerinage à Lourdes, au mois de septembre 2008, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI nous a donné, dans son homélie prononcée le jour de la fête de Notre-Dame des Douleurs, une très belle méditation sur la compassion aimante et souriante de notre Mère céleste (vous pouvez en retrouver le texte ici > www), nous vous proposons de préparer la fête de Notre-Dame de Lourdes, le 11 février, par une neuvaine du 2 au 10 février, spécialement adressée à la Vierge de Compassion, et dans cette perspective nous vous proposons la prière suivante (à réciter après le chapelet ou tout au moins la récitation d'une dizaine du chapelet) :

La compassion de Notre-Dame (enluminure)

Ô très douce et très pure Vierge Marie,

Notre-Dame de Compassion,

Mère debout au pied de la Croix que Jésus nous a donnée pour Mère : nous vous prions pour nos frères malades… (ici on peut les nommer).

Voyez en eux votre propre Fils
qui nous a enseigné à le reconnaître en tous ceux qui souffrent ;
soyez auprès d'eux comme vous vous êtes tenue auprès de Jésus, silencieuse consolatrice dans les tourments de Sa Passion.

Assistez et fortifiez les malades que nous vous présentons
et, s'il est possible, obtenez-leur la guérison.

Obtenez-leur du moins la santé de l'âme et le courage,
la patience et la persévérance,
afin qu'unissant leur épreuve aux mystères de Jésus Rédempteur
ils achèvent en leur chair ce qui manque à la Passion du Christ
pour la croissance et la vie de tout le Corps mystique,
la Sainte Eglise notre Mère.

Notre-Dame de Compassion,
soyez leur force et leur refuge :
nous les déposons entre vos bras maternels
et nous avons confiance en votre puissante intercession!

Ainsi soit-il.

(prière composée par frère Maximilien-Marie)

Publié dans : Prier avec nous, De Maria numquam satis |le 28 janvier, 2009 |6 Commentaires »

Prologue librement inspiré par celui de l’Evangile selon Saint Luc.

L'Observateur

Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements - parfois totalement insignifiants - qui se produisent parmi nous en ces temps, j'ai décidé moi aussi (puisque je suis chaque jour le témoin scrupuleusement attentif d'une aventure qui est, elle, véritablement hors du commun), de tenir pour vous, amis du “Mesnil-Marie“, sous la forme d'un récit assorti de commentaires personnels, une espèce de diaire de la fondation du Refuge Notre-Dame de Compassion. Ainsi pourrez-vous, en suivant les péripéties de la vie quotidienne ou en vous associant aux évènements humains et surtout spirituels qui en jalonnent l'existence, garder un lien plus concret avec cette oeuvre que vous soutenez d'une fidèle et pieuse amitié.

Je réclame, bien évidemment, votre indulgence car je ne suis qu'un tout petit chat, mais vous savez aussi que j'occupe au “Mesnil-Marie” une place privilégiée… Puissent néanmoins ces lignes être utiles à tous pour conserver et resserrer le lien de la charité, dans la paix et la joie du coeur!

Lully, l'Observateur.

 

Publié dans : Chronique de Lully |le 10 septembre, 2007 |Pas de Commentaires »

194. Message de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI adressé à tous les fidèles à l’occasion du prochain carême.

Aujourd'hui même, jeudi 4 février 2010, au cours d'une conférence de presse  qui s'est tenue dans  la salle de presse du Saint-Siège à 11h30, a été rendu public le traditionnel message que notre Saint-Père le Pape Benoît XVI adresse aux fidèles à l'occasion du Carême. Ce message, signé par le Souverain Pontife en date du 30 octobre 2009, développe le thème de « la justice de Dieu (…) manifestée par la foi en en Jésus-Christ » (cf. Rom. III, 21-22). De la présentation à la presse faite ce matin par Monsieur le Cardinal Paul Josef Cordes, président du Conseil pontifical Cor Unum, nous retiendrons particulièrement cette phrase : “Comme le dit le Pape, nous devons dépasser nos habitudes anthropologiques pour parvenir à une vision totale de l'homme, afin que le principe de justice révèle toute sa force“.

Une fois encore, le texte que nous adresse notre Saint-Père le Pape est un texte d'une très grande profondeur et d'une extraordinaire densité spirituelle : il requiert toute notre attention, notre réflexion, notre méditation… pour orienter de manière efficace nos résolutions, nos combats et notre persévérance au cours du prochain Carême.

Notre saint-Père le Pape Benoît XVI en prière

La justice de Dieu s’est manifestée moyennant la foi au Christ (Rom III, 21-22)

Chers frères et sœurs,

Chaque année, à l’occasion du carême, l’Église nous invite à une révision de vie sincère à la lumière des enseignements évangéliques. Cette année j’aimerais vous proposer quelques réflexions sur un vaste sujet, celui de la justice, à partir de l’affirmation de saint Paul : «La justice de Dieu s’est manifestée moyennant la foi au Christ. » (Rom III, 21-22)

Justice : « dare cuique suum »

En un premier temps, je souhaite m’arrêter sur le sens du mot « justice » qui dans le langage commun revient à « donner à chacun ce qui lui est dû - dare cuique suum » selon la célèbre expression d’Ulpianus, juriste romain du III siècle. Toutefois cette définition courante ne précise pas en quoi consiste ce « suum » qu’il faut assurer à chacun. Or ce qui est essentiel pour l’homme ne peut être garanti par la loi. Pour qu’il puisse jouir d’une vie en plénitude il lui faut quelque chose de plus intime, de plus personnel et qui ne peut être accordé que gratuitement : nous pourrions dire qu’il s’agit pour l’homme de vivre de cet amour que Dieu seul peut lui communiquer, l’ayant créé à son image et à sa ressemblance. Certes les biens matériels sont utiles et nécessaires. D’ailleurs, Jésus lui-même a pris soin des malades, il a nourri les foules qui le suivaient et, sans aucun doute, il réprouve cette indifférence qui, aujourd’hui encore, condamne à mort des centaines de millions d’êtres humains faute de nourriture suffisante, d’eau et de soins. Cependant, la justice distributive ne rend pas à l’être humain tout ce qui lui est dû. L’homme a, en fait, essentiellement besoin de vivre de Dieu parce que ce qui lui est dû dépasse infiniment le pain. Saint Augustin observe à ce propos que « si la justice est la vertu qui rend à chacun ce qu’il lui est dû… alors il n’y a pas de justice humaine qui ôte l’homme au vrai Dieu» (De Civitate Dei XIX, 21)

D’où vient l’injustice?

L’évangéliste Marc nous transmet ces paroles de Jésus prononcées à son époque lors d’un débat sur ce qui est pur et ce qui est impur : « Il n’est rien d’extérieur à l’homme qui, pénétrant en lui, puisse le souiller… ce qui sort de l’homme voilà ce qui souille l’homme. Car c’est du dedans, du cœur des hommes que sortent les desseins pervers. » (Mc VII, 14-15 ; 20-21) Au-delà du problème immédiat de la nourriture, nous pouvons déceler dans la réaction des pharisiens une tentation permanente chez l’homme : celle de pointer l’origine du mal dans une cause extérieure. En y regardant de plus près, on constate que de nombreuses idéologies modernes véhiculent ce présupposé : puisque l’injustice vient du dehors, il suffit d’éliminer les causes extérieures qui empêchent l’accomplissement de la justice. Cette façon de penser, nous avertit Jésus, est naïve et aveugle. L’injustice, conséquence du mal,  ne vient pas exclusivement de causes extérieures ; elle trouve son origine dans le cœur humain où l’on y découvre les fondements d’une mystérieuse complicité avec le mal. Le psalmiste le reconnaît douloureusement : « Vois dans la faute je suis né, dans le péché ma mère m’a conçu. » (Ps L,7). Oui, l’homme est fragilisé par une blessure profonde qui diminue sa capacité à entrer en communion avec l’autre. Naturellement ouvert à la réciprocité libre de la communion, il découvre en lui une force de gravité étonnante qui l’amène à se replier sur lui-même, à s’affirmer au-dessus et en opposition aux autres : il s’agit de l’égoïsme, conséquence du péché originel. Adam et Eve ont été séduits par le mensonge du Satan. En s’emparant du fruit mystérieux, ils ont désobéi au commandement divin. Ils ont substitué une logique du soupçon et de la compétition à celle de la confiance en l’Amour, celle de l’accaparement anxieux et de l’autosuffisance à celle du recevoir et de l’attente confiante vis-à-vis de l’autre (cf. Gen. III, 1-6) de sorte qu’il en est résulté un sentiment d’inquiétude et d’insécurité. Comment l’homme peut-il se libérer de cette tendance égoïste et s’ouvrir à l’amour ?

Justice et Sedaqah

Au sein de la sagesse d’Israël, nous découvrons un lien profond entre la foi en ce Dieu qui « de la poussière relève le faible » (Ps CXII,7) et la justice envers le prochain. Le mot sedaqah, qui désigne en hébreu la vertu de justice, exprime admirablement cette relation. Sedaqah signifie en effet l’acceptation totale de la volonté du Dieu d’Israël et la justice envers le prochain (cf. Ex XX,12-17), plus spécialement envers le pauvre, l’étranger, l’orphelin et la veuve (cf. Deut. X, 18-19). Ces deux propositions sont liées entre elles car, pour l’Israélite, donner au pauvre n’est que la réciprocité de ce que Dieu a fait pour lui : il s’est ému de la misère de son peuple. Ce n’est pas un hasard si le don de la Loi à Moïse, au Sinaï, a eu lieu après le passage de la Mer Rouge. En effet, l’écoute de la Loi suppose la foi en Dieu qui, le premier, a écouté les cris de son peuple et est descendu pour le libérer du pouvoir de l’Egypte (cf. Ex III,8). Dieu est attentif au cri de celui qui est dans la misère mais en retour demande à être écouté : il demande justice pour le pauvre (cf. Sir IV,4-5. 8-9), l’étranger (cf. Ex XXII,20), l’esclave (cf. Deut. XV, 12-18). Pour vivre de la justice, il est nécessaire de sortir de ce rêve qu’est l’autosuffisance, de ce profond repliement sur-soi qui génère l’injustice. En d’autres termes, il faut accepter un exode plus profond que celui que Dieu a réalisé avec Moïse, il faut une libération du cœur que la lettre de la Loi est impuissante à accomplir. Y a-t-il donc pour l’homme une espérance de justice ?

Le Christ, Justice de Dieu

L’annonce de la bonne nouvelle répond pleinement à la soif de justice de l’homme. L’apôtre saint Paul le souligne dans son Épître aux Romains : « Mais maintenant sans la Loi, la justice de Dieu s’est manifestée…par la foi en Jésus Christ à l’adresse de tous ceux qui croient. Car il n’y a pas de différence : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu et ils sont justifiés par la faveur de sa grâce en vertu de la rédemption accomplie par le Christ Jésus. Dieu l’a exposé instrument de propitiation par son propre sang moyennant la foi. » (III, 21-25)

Quelle est donc la justice du Christ ? C’est avant tout une justice née de la grâce où l’homme n’est pas sauveur et ne guérit ni lui-même ni les autres. Le fait que l’expiation s’accomplisse dans « le sang » du Christ signifie que l’homme n’est pas délivré du poids de ses fautes par ses sacrifices, mais par le geste d’amour de Dieu qui a une dimension infinie, jusqu’à faire passer en lui la malédiction qui était réservée à l’homme pour lui rendre la bénédiction réservée à Dieu (cf. Gal III, 13-14). Mais immédiatement pourrait-on objecter :  de quel type de justice  s’agit-il si le juste meurt pour le coupable et le coupable reçoit en retour la bénédiction qui revient au juste ? Est-ce que chacun ne reçoit-il pas le contraire de ce qu’il lui est dû ? En réalité, ici, la justice divine se montre profondément différente de la justice humaine. Dieu a payé pour nous, en son Fils, le prix du rachat, un prix vraiment exorbitant. Face à la justice de la Croix, l’homme peut se révolter car elle manifeste la dépendance de l’homme, sa dépendance vis-à-vis d’un autre pour être pleinement lui-même. Se convertir au Christ, croire à l’Évangile, implique d’abandonner vraiment l’illusion d’être autosuffisant, de découvrir et accepter sa propre indigence ainsi que celle des autres et de Dieu, enfin de découvrir la nécessité de son pardon et de son amitié.

On comprend alors que la foi ne soit pas du tout quelque chose de naturel, de facile et d’évident : il faut être humble pour accepter que quelqu’un d’autre me libère de mon moi et me donne gratuitement en échange son soi. Cela s’accomplit spécifiquement dans les sacrement de la réconciliation et de l’eucharistie. Grâce à l’action du Christ, nous pouvons entrer dans une justice « plus grande », celle de l’amour (cf. Rom XIII, 8-10), la justice de celui qui, dans quelque situation que ce soit, s’estime davantage débiteur que créancier parce qu’il a reçu plus que ce qu’il ne pouvait espérer.

Fort de cette expérience, le chrétien est invité à s’engager dans la construction de sociétés justes où tous reçoivent le nécessaire pour vivre selon leur dignité humaine et où la justice est vivifiée par l’amour.

 Chers frères et sœurs, le temps du carême culmine dans le triduum pascal,  au cours duquel cette année encore, nous célébrerons la justice divine, qui est plénitude de charité, de don et de salut. Que ce temps de pénitence soit pour chaque chrétien un temps de vraie conversion et d’intime connaissance du mystère du Christ venu accomplir toute justice. Formulant ces vœux, j’accorde à tous et de tout cœur ma bénédiction apostolique.

Cité du Vatican, le 30 octobre  2009

BENEDICTUS PP. XVI

Armoiries de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI

Publié dans : Textes spirituels, De liturgia |le 4 février, 2010 |Pas de Commentaires »

193. Ouverture de l’année jubilaire du 4ème centenaire de la fondation de l’Ordre de la Visitation et 15ème anniversaire de l’affiliation de Frère Maximilien-Marie à l’Ordre de la Visitation.

Saint François de Sales remettant les constitutions de la Visitation à Sainte Jeanne de Chantal

6 juin 1610 : fondation de l'Ordre de la Visitation.

Au soir de la fête de Saint François de Sales, 29 janvier 2010.

Chers Amis du “Refuge Notre-Dame de Compassion“,

Nous sommes dans les derniers jours du mois de janvier  et c'est la fin de la période des voeux ; mais les voeux que nous avons formés pour vous, en commençant la nouvelle année civile, étaient - bien plus que des souhaits conventionnels - des prières à votre intention et à vos intentions, déposées dans le Coeur de Jésus et Marie.

Les prières, qui sont faites pour vous au “Mesnil-Marie“, vous le savez bien, ne se limitent pas au “temps des voeux” mais se continuent quotidiennement tout au long de l'année. Frère Maximilien-Marie aime tout particulièrement citer un aphorisme de son cher maître (il lui donne volontiers ce nom en raison du rôle très important qu'il a joué dans l'éveil de sa pensée et dans le développement de sa vie spirituelle), Gustave Thibon (cf >www), qui dans son style d'une incomparable et profonde concision a admirablement exprimé ce qui est au plus profond de la vie religieuse :  ” Prière. - Je prie pour vous - cela ne signifie pas que je prononce de temps en temps quelques paroles en pensant à vous ; cela signifie que je me sens responsable de vous dans ma chair et dans mon âme, que je vous porte en moi comme une mère porte son enfant, que je veux partager, et non seulement partager, mais attirer entièrement sur moi tout le mal, toute la douleur qui vous menacent et que j'offre à Dieu toute ma nuit pour qu'il vous la rende en lumière. “

L'année civile est déjà bien entamée ; l'année liturgique l'avait précédée d'un mois (cf. > www); et voici que nous venons de commencer encore une autre nouvelle année : une année jubilaire instituée par la Sainte Eglise en l'honneur du quatrième centenaire de la fondation de l'Ordre de la Visitation Sainte Marie.

C'est en effet le 6 juin 1610, qui était cette année-là le dimanche de la Sainte Trinité, que Saint François de Sales introduisit Sainte Jeanne-Françoise Frémyot de Chantal et ses deux premières compagnes dans la petite maison, dite de “la Galerie”, en bordure du lac d'Annecy, et leur fit inaugurer la vie communautaire sous la Règle de Saint Augustin.

A l'occasion de ce quatrième centenaire, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI, par un décret de la Pénitencerie Apostolique signé le 17 septembre 2008, a accordé aux moniales Visitandines et à tous les fidèles qui visiteront les églises des monastères de la Visitation le don de l'indulgence plénière à certaines dates et aux conditions habituelles :

Décret de la Pénitencerie Apostolique pour l'année jubilaire de la fondation de l'Ordre de la Visitation

(cliquer sur l'image pour lire le texte du décret)

L'année jubilaire de la Visitation a commencé le dimanche 24 janvier (jour de la fête de Saint François de Sales dans le calendrier de la forme ordinaire du rite romain) dans tous les monastères de l'Ordre - mais très particulièrement à Annecy - et elle prendra fin le  13 décembre prochain (jour anniversaire de la mort de Sainte Jeanne de Chantal). 

Bien évidemment, au “Mesnil-Marie” nous nous associons de tout notre coeur à la joie de ce jubilé parce que nous sommes reliés d'une manière spéciale à l'Ordre de la Visitation et à la spiritualité de “notre bienheureux père Saint François de Sales”. En effet, Frère Maximilien-Marie est affilié à l'Ordre de la Visitation - c'était d'ailleurs aujourd'hui même le quinzième anniversaire de son affiliation - et l'oeuvre du “Refuge Notre-Dame de Compassion” s'inscrit dans la volonté de réaliser en nos temps, à notre très modeste mesure, le désir que Saint François de Sales avait de voir une communauté religieuse masculine vivant de l'esprit de la Visitation.

Qu'est ce que l'affiliation à l'Ordre de la Visitation?

C'est une pratique qui remonte au temps même de Sainte Jeanne de Chantal. L'Ordre de la Visitation n'a pas de tiers ordre - comme en ont les franciscains ou les carmes -, mais les moniales peuvent proposer à des prêtres, à des religieux, et parfois même à des laïcs, d'entrer dans la famille spirituelle de Saint François de Sales et de Sainte Jeanne de Chantal en se liant à l'Ordre par un lien spirituel privilégié. Cela correspond à un engagement réciproque, préparé par six mois de “quasi noviciat” sous la direction de l'une des supérieures, marqué par la réception de la croix d'argent que portent les Visitandines et consigné dans les registres du monastère.

Je vous retranscris ici le dialogue qui eut lieu le dimanche 29 janvier 1995 dans la chapelle du monastère de la Visitation de Chartres, à l'issue des vêpres et avant la bénédiction du Très Saint-Sacrement :

La Supérieure : Mon Frère, que demandez-vous de notre monastère?

Frère Maximilien-Marie : La faveur d'être affilié à sa vie spirituelle en me mettant à l'école des enseignements de Saint François de Sales pour devenir une âme vraiment apostolique.

La Supérieure : C'est avec joie que la Communauté accueille votre démarche. “Que ce jour soit donc pour vous un jour de salut et cette heure une heure de bénédiction”(Saint François de Sales).

Engagement : Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Moi, Frère Maximilien-Marie, je m'offre entièrement à Dieu et Lui promets devant la Bienheureuse Vierge Marie, les Saints Fondateurs de la Visitation Sainte-Marie et tous les Saints, de mener une vie conforme à l'Evangile, éclairée par les enseignements de Saint François de Sales.

La Supérieure : Recevez, mon Frère, la Croix de l'Ordre de la Visitation, qu'elle soit comme un sceau sur votre coeur, afin qu'avec le Christ Jésus vous puissiez régner un jour dans Son Royaume avec la Très Sainte Vierge Marie, nos Saints Fondateurs et vos Saints Protecteurs. Cette Croix est le signe visible de la communion spirituelle qui s'établit en ce jour entre vous et les membres de la Communauté.

Avec Chlôris, nous avons fouillé dans les albums photos et, si nous n'avons pas trouvé de cliché du jour même de cette affiliation, nous avons néanmoins découvert une photo qui date du mois d'octobre 1994, au temps où Frère Maximilien-Marie allait presque tous les samedis au monastère de Chartres pour y recevoir les enseignements des Mères  le préparant à cette affiliation. La photo a été prise dans le grand cloître du monastère en compagnie de la Mère Supérieure et de la Mère Assistante.

Frère Maximilien-Marie à la Visitation de Chartres en novembre 1994

Tout au long des mois qui viennent, cette année jubilaire nous donnera donc l'occasion d'approfondir certains points de la spiritualité  de Saint François de Sales et de la Visitation. En attendant, je vous souhaite à tous, chers Amis du “Mesnil-Marie“, de participer par beaucoup de grâces aux fruits de cette année jubilaire et je conclue par ces paroles que j'emprunte à Saint François de Sales :

” Dieu vous bénisse de sa grande bénédiction ; c'est le continuel et invariable souhait de ce coeur qui est vôtre en Jésus-Christ”.

Lully. 

Blason de l'ordre de la Visitation

Armoiries de la Visitation.

Pour prier Notre-Dame avec Saint François de Sales > www.

192. “Les racines de la situation qui est sous les yeux de tous, sont d’ordre moral et la question doit être affrontée dans le cadre d’un grand effort d’éducation, afin de promouvoir un changement effectif des mentalités et d’établir de nouveaux modes de vie.” (Benoît XVI)

Bonne et sainte année 2010 !

* * * * * * *

Lundi 11 janvier 2010.

Chers Amis du “Refuge Notre-Dame de Compassion“,

Ce matin même, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI a  reçu  pour la traditionnelle cérémonie des voeux l'ensemble du corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège. Cet évènement est toujours l'occasion pour le pape de revenir sur les moments principaux de l'année qui vient de s'écouler et de dresser un bilan sur la situation internationale. C'est aussi à l'occasion de ce discours que je veux vous présenter mes voeux  fervents et amicaux pour l'année qui vient de commencer : tous les passages de ce long texte sont importants et requièrent de nous une attention filiale.

En vous souhaitant, selon la formule traditionnelle, une “Bonne et heureuse année“, je souhaite que chacun d'entre nous prenne toujours davantage conscience de l'importance qu'il a aux yeux de Dieu et de l'urgence qu'il en découle de vivre en pleine correspondance avec le plan du Créateur : notre bonheur et notre épanouissement personnel en dépendent comme en dépendent ceux de toute l'humanité.  La paix intérieure, la joie du coeur, la santé de l'âme et du corps, l'harmonie des rapports entre les hommes dans nos familles, à l'intérieur des Etats et dans les relations internationales : tout se tient! Je vous encourage à approfondir le message très fort, même avec l'onction de la diplomatie ecclésiastique, dans lequel le Souverain Pontife “épingle” le relativisme occidental destructeur et l'appel, qui s'adresse à chacun de nous, à renouveler nos mentalités et nos modes de vie…

Avec l'assurance de ma prière fidèle et amicale, in Corde Iesu et Mariae.

frère Maximilien-Marie.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Cette rencontre traditionnelle du début de l’année, deux semaines après la célébration de la naissance du Verbe incarné, est pour moi une grande joie. Comme nous l’avons proclamé dans la liturgie : « Dans le mystère de la Nativité, celui qui par nature est invisible se rend visible à nos yeux ; engendré avant le temps, Il entre dans le cours du temps. Faisant renaître en Lui la création déchue, Il restaure toute chose » (2ème préface de la Nativité). A Noël, nous avons donc contemplé le mystère de Dieu et celui de la création : par l’annonce des anges aux bergers, nous est parvenue la bonne nouvelle du salut de l’homme et du renouvellement de tout l’univers. C’est pourquoi, dans le Message pour la célébration de la Journée Mondiale de la Paix de cette année, j’ai invité toutes les personnes de bonne volonté, à qui les anges ont promis justement la paix, à protéger la création. Et c’est dans le même esprit que je suis heureux de saluer chacun d’entre vous, en particulier ceux qui sont présents pour la première fois à cette cérémonie. Je vous remercie vivement pour les vœux dont s’est fait l’interprète votre doyen, Monsieur l’Ambassadeur Alejandro Valladares Lanza, et vous redis combien j’apprécie la mission que vous accomplissez près le Saint-Siège. Par votre entremise, je désire faire parvenir de cordiales salutations et des souhaits de paix et de bonheur aux Autorités et à tous les habitants des pays que vous représentez dignement. Ma pensée s’étend aussi à toutes les autres nations de la terre : le Successeur de Pierre tient sa porte ouverte à tous et désire entretenir avec tous des relations qui contribuent au progrès de la famille humaine. Depuis quelques semaines, de pleines relations diplomatiques ont été établies entre le Saint-Siège et la Fédération de Russie, c’est là un motif de profonde satisfaction. De même, a été très significative la visite que m’a faite récemment le Président de la République Socialiste du Vietnam, pays cher à mon cœur, où l’Eglise célèbre sa présence multiséculaire par une Année jubilaire. Dans cet esprit d’ouverture, au cours de l’année 2009, j’ai reçu de nombreuses personnalités politiques venant de divers pays ; j’ai aussi visité certains d’entre eux et je me propose à l’avenir, dans la mesure du possible, de continuer à le faire.

L’Eglise est ouverte à tous parce que, en Dieu, elle existe pour les autres ! Elle participe donc intensément au sort de l’humanité qui, en cette année à peine commencée, apparaît encore marquée par la crise dramatique qui a frappé l’économie mondiale, provoquant une instabilité sociale grave et diffuse. Dans l’Encyclique « Caritas in Veritate », j’ai invité à rechercher les racines profondes de cette situation : en dernière analyse, elles résident dans une mentalité courante égoïste et matérialiste, oublieuse des limites inhérentes à toute créature. Aujourd’hui, je voudrais souligner que cette même mentalité menace également la création. Chacun de nous pourrait citer, probablement, un exemple des dommages qu’elle provoque à l’environnement, partout dans le monde. J’en cite un, parmi tant d’autres, dans l’histoire récente de l’Europe : il y a vingt ans, quand tomba le mur de Berlin et quand s’écroulèrent les régimes matérialistes et athées qui avaient dominé pendant plusieurs décennies une partie de ce continent, n’a-t-on pas pu prendre la mesure des profondes blessures qu’un système économique privé de références fondées sur la vérité de l’homme avait infligé non seulement à la dignité et à la liberté des personnes et des peuples, mais aussi à la nature, avec la pollution du sol, des eaux et de l’air ? La négation de Dieu défigure la liberté de la personne humaine, mais dévaste aussi la création. Il s’ensuit que la sauvegarde de la création ne répond pas principalement à une exigence esthétique, mais bien davantage à une exigence morale, car la nature exprime un dessein d’amour et de vérité qui nous précède et qui vient de Dieu.

C’est pourquoi je partage la préoccupation majeure que causent les résistances d’ordre économique et politique à la lutte contre la dégradation de l’environnement. Il s’agit de difficultés qui ont pu être constatées encore dernièrement, lors de la 15ème Session de la Conférence des Etats parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui s’est tenue à Copenhague du 7 au 18 décembre dernier. Je souhaite que dans le courant de cette année, d’abord à Bonn, et puis à Mexico, il soit possible de parvenir à un accord pour affronter cette question de façon efficace. Il s’agit d’un enjeu d’autant plus important qu’il en va du destin même de certaines nations, en particulier certains Etats insulaires.

Il convient, toutefois, que cette attention et cet engagement pour l’environnement soient bien ordonnés dans l’ensemble des grands défis qui se posent à l’humanité. Si l’on veut construire une vraie paix, comment serait-il possible de séparer, ou même d’opposer, la protection de l’environnement et celle de la vie humaine, y compris la vie avant la naissance ? C’est dans le respect que la personne humaine a d’elle-même que se manifeste son sens de la responsabilité pour la création. Car, comme saint Thomas d’Aquin l’enseigne, l’homme représente ce qu’il y a de plus noble dans l’univers (cf. Summa Theologiae, I, q. 29, a.3). En outre, et je l’ai rappelé lors du récent Sommet mondial de la FAO sur la Sécurité alimentaire, « la terre est en mesure de nourrir tous ses habitants » (Discours du 16 novembre 2009, n. 2), pourvu que l’égoïsme ne conduise pas à l’accaparement par quelques-uns des biens destinés à tous !

Je voudrais souligner encore que la sauvegarde de la création implique une gestion correcte des ressources naturelles des pays et, en premier lieu, de ceux qui sont économiquement défavorisés. Ma pensée va au continent africain, que j’ai eu la joie de visiter au mois de mars dernier, lors de mon voyage au Cameroun et en Angola, et auquel ont été consacrés les travaux de la récente Assemblée spéciale du Synode des Evêques. Les Pères synodaux ont signalé avec préoccupation l’érosion et la désertification de grandes étendues de terre cultivable, à cause de la surexploitation et de la pollution de l’environnement (cf. Propositio 22). En Afrique, comme ailleurs, il est nécessaire d’adopter des choix politiques et économiques qui assurent « des formes de production agricole et industrielle respectueuses de l’ordre de la création et satisfaisantes pour les besoins essentiels de tous » (Message pour la célébration de la Journée Mondiale de la Paix 2010, n. 10).

Comment oublier, d’autre part, que la lutte pour l’accès aux ressources naturelles est l’une des causes de plusieurs conflits, entre autres en Afrique, ainsi que la source d’un risque permanent dans d’autres cas ? C’est aussi pour cette raison que je répète avec force que, pour cultiver la paix, il faut protéger la création ! Par ailleurs, il y a encore de vastes étendues, par exemple en Afghanistan ou en certains pays de l’Amérique Latine, où malheureusement l’agriculture est encore liée à la production de drogue, et où elle constitue une source non négligeable d’emploi et de subsistance. Si on veut la paix, il faut préserver la création par la reconversion de telles activités et je voudrais demander, une fois encore, à la communauté internationale de ne pas se résigner au trafic de la drogue et aux graves problèmes moraux et sociaux que celle-ci engendre.

Oui, Mesdames et Messieurs, la protection de la création est un facteur important de paix et de justice ! Parmi les nombreux défis qu’elle lance, l’un des plus graves est celui de l’augmentation des dépenses militaires ainsi que du maintien et du développement des arsenaux nucléaires. D’énormes ressources économiques sont absorbées à ces fins, alors qu’elles pourraient être destinées au développement des peuples, surtout des plus pauvres. C’est pourquoi j’espère fermement que, lors de la Conférence d’examen du Traité de non prolifération des armes nucléaires, qui se tiendra au mois de mai prochain à New York, soient prises des décisions efficaces en vue d’un désarmement progressif, visant à libérer la planète des armes nucléaires. Plus généralement, je déplore que la production et l’exportation des armes contribuent à perpétuer conflits et violences, comme au Darfour, en Somalie ou en République Démocratique du Congo. A l’incapacité des parties directement impliquées à s’extraire de la spirale de violence et de douleur engendrée par ces conflits, s’ajoute l’apparente impuissance des autres pays et des Organisations internationales à ramener la paix, sans compter l’indifférence quasi résignée de l’opinion publique mondiale. Il n’est pas besoin de souligner combien de tels conflits endommagent et dégradent l’environnement. Comment, enfin, ne pas mentionner le terrorisme, qui met en danger tant de vies innocentes et provoque une anxiété diffuse ? En cette circonstance solennelle, je voudrais renouveler l’appel que j’ai lancé le 1er janvier, lors de la prière de l’Angelus, à ceux qui font partie de groupes armés, quels qu’ils soient, afin qu’ils abandonnent la voie de la violence et ouvrent leur cœur à la joie de la paix.

Les graves violences que je viens d’évoquer, associées aux fléaux de la pauvreté et de la faim, ainsi qu’aux catastrophes naturelles et à la destruction de l’environnement, contribuent à grossir les rangs de ceux qui abandonnent leur propre terre. Face à un tel exode, je désire exhorter les Autorités civiles, intéressées à divers titres, à œuvrer avec justice, solidarité et clairvoyance. En particulier, je voudrais mentionner ici les Chrétiens du Moyen-Orient. Assaillis de diverses manières, jusque dans l’exercice de leur liberté religieuse, ils quittent la terre de leurs pères, où se développa l’Eglise des premiers siècles. C’est pour leur apporter un soutien et pour leur faire sentir la proximité de leurs frères dans la foi que j’ai convoqué pour l’automne prochain l’Assemblée spéciale du Synode des Evêques sur le Moyen-Orient.

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, je n’ai évoqué jusqu’ici que quelques aspects liés à la problématique de l’environnement. Cependant, les racines de la situation qui est sous les yeux de tous, sont d’ordre moral et la question doit être affrontée dans le cadre d’un grand effort d’éducation, afin de promouvoir un changement effectif des mentalités et d’établir de nouveaux modes de vie. La communauté des croyants peut et veut y participer, mais, pour ce faire, il faut que son rôle public soit reconnu. Malheureusement, dans certains pays, surtout occidentaux, se diffuse parmi les milieux politiques et culturels, ainsi que dans les médias, un sentiment de peu de considération et parfois d’hostilité, pour ne pas dire de mépris, envers la religion, en particulier la religion chrétienne. Il est clair que si le relativisme est considéré comme un élément constitutif essentiel de la démocratie, on risque de ne concevoir la laïcité qu’en termes d’exclusion ou, plus exactement, de refus de l’importance sociale du fait religieux. Une telle approche, cependant, crée confrontation et division, blesse la paix, perturbe l’écologie humaine et, en rejetant par principe les attitudes différentes de la sienne, devient une voie sans issue. Il est donc urgent de définir une laïcité positive, ouverte, qui, fondée sur une juste autonomie de l’ordre temporel et de l’ordre spirituel, favorise une saine collaboration et un esprit de responsabilité partagée. Dans cette perspective, je pense à l’Europe, qui, avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, a ouvert une nouvelle phase de son processus d’intégration, que le Saint-Siège continuera à suivre avec respect et avec une attention bienveillante. Notant avec satisfaction que le Traité prévoit que l’Union européenne maintienne avec les Eglises un dialogue « ouvert, transparent et régulier » (art. 17), je forme des vœux afin que, dans la construction de son avenir, l’Europe sache toujours puiser aux sources de sa propre identité chrétienne. Comme je l’ai dit, durant mon voyage apostolique en République Tchèque, au mois de septembre dernier, celle-ci a un rôle irremplaçable « pour la formation de la conscience de chaque génération et la promotion d’un consensus éthique de base qui est utile à toute personne qui appelle ce continent ‘ma maison’ ! » (Rencontre avec les Autorités politiques et civiles et avec le Corps diplomatique, 26 septembre 2009).

Poursuivant notre réflexion, il est nécessaire de relever que la problématique de l’environnement est complexe ; on pourrait dire qu’il s’agit d’un prisme aux facettes multiples. Les créatures sont différentes les unes des autres et peuvent être protégées, ou au contraire mises en danger de diverses manières, comme nous le montre l’expérience quotidienne. Une de ces attaques provient des lois ou des projets qui, au nom de la lutte contre la discrimination, attentent au fondement biologique de la différence entre les sexes. Je me réfère, par exemple, à des pays européens ou du continent américain. « Si tu enlèves la liberté, tu enlèves la dignité », dit saint Colomban (Epist. N. 4 ad Attela, in S. Columbani Opera, Dublin, 1957, p. 34). Toutefois la liberté ne peut être absolue, parce que l’homme n’est pas Dieu, mais image de Dieu, sa créature. Pour l’homme, le chemin à suivre ne peut être fixé par l’arbitraire ou le désir, mais doit consister, plutôt, à correspondre à la structure voulue par le Créateur.

La sauvegarde de la création comporte aussi d’autres défis, auxquels on ne peut répondre que par la solidarité internationale. Je pense aux catastrophes naturelles, qui, durant l’année passée, ont semé morts, souffrances et destructions aux Philippines, au Vietnam, au Laos, au Cambodge et dans l’Ile de Taiwan. Comment ne pas rappeler aussi l’Indonésie et, plus près de nous, la région des Abruzzes frappées par des tremblements de terre dévastateurs ? Face à de tels événements, une généreuse assistance ne doit jamais manquer, parce que la vie même des créatures de Dieu est en jeu. Mais la sauvegarde de la création, en plus de la solidarité, a besoin aussi de la concorde et de la stabilité des Etats. Quand surgissent des divergences et des hostilités entre ces derniers, pour défendre la paix, ils doivent poursuivre avec ténacité la voie d’un dialogue constructif. C’est ce qui advint, il y a vingt-cinq ans, avec le Traité de Paix et d’Amitié entre l’Argentine et le Chili, conclu grâce à la médiation du Siège Apostolique. Il a porté d’abondants fruits de collaboration et de prospérité, qui ont profité, d’une certaine façon, à toute l’Amérique Latine. Dans cette même région du monde, je suis heureux du rapprochement que la Colombie et l’Equateur ont entrepris après plusieurs mois de tension. Plus près de nous, je me réjouis de l’entente conclue entre la Croatie et la Slovénie à propos de l’arbitrage relatif à leur frontière maritime et terrestre. Je me félicite également de l’Accord entre l’Arménie et la Turquie en vue de la reprise de relations diplomatiques, et je souhaite aussi qu’à travers le dialogue, les relations entre tous les pays du Caucase méridional s’améliorent. Durant mon pèlerinage en Terre Sainte, j’ai appelé de façon pressante les Israéliens et les Palestiniens à dialoguer et à respecter les droits de l’autre. Encore une fois, j’élève ma voix, afin que soit universellement reconnu le droit de l’Etat d’Israël à exister et à jouir de la paix et de la sécurité dans des frontières internationalement reconnues. Et que, de même, soit reconnu le droit du Peuple palestinien à une patrie souveraine et indépendante, à vivre avec dignité et à se déplacer librement. Je voudrais, en outre, demander le soutien de tous, afin que soient protégés l’identité et le caractère sacré de Jérusalem, son héritage culturel et religieux, dont la valeur est universelle. Seulement ainsi, cette ville unique, sainte et tourmentée, pourra être signe et anticipation de la paix que Dieu désire pour toute la famille humaine. Par amour du dialogue et de la paix, qui sauvegardent la création, j’exhorte les gouvernants et les citoyens de l’Iraq à dépasser les divisions, la tentation de la violence et l’intolérance, pour construire ensemble l’avenir de leur pays. Les communautés chrétiennes veulent elles aussi y apporter leur contribution, mais pour cela il faut que leur soient assurés respect, sécurité et liberté. Ces derniers mois, le Pakistan a été aussi durement frappé par la violence et certains épisodes ont visé directement la minorité chrétienne. Je demande que tout soit fait afin que de telles agressions ne se renouvellent plus et que les chrétiens puissent se sentir pleinement intégrés dans la vie de leur pays. S’agissant des violences contre les chrétiens, je ne puis omettre de mentionner, par ailleurs, le déplorable attentat dont vient d’être victime la communauté copte égyptienne ces derniers jours, alors même qu’elle fêtait Noël. Concernant l’Iran, je souhaite qu’à travers le dialogue et la collaboration, soient trouvées des solutions communes, aussi bien au niveau national qu’au plan international. Au Liban, qui a surmonté une longue crise politique, je souhaite de continuer sur la voie de la concorde. J’espère que le Honduras, après un temps d’incertitude et d’agitation, s’achemine vers une normalité politique et sociale retrouvée. Et je souhaite qu’il en aille de même pour la Guinée et pour Madagascar, avec l’aide effective et désintéressée de la communauté internationale.

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, au terme de ce rapide tour d’horizon, qui, à cause de sa brièveté, ne peut mentionner toutes les situations qui mériteraient de l’être, me reviennent à l’esprit les mots de l’Apôtre Paul, pour qui « la création tout entière crie sa souffrance » et « nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance » (Rom. 8, 22-23). Oui, il y a tant de souffrances dans l’humanité et l’égoïsme humain blesse la création de bien des façons. C’est pour cela que l’attente du salut, qui concerne toute la création, est encore plus intense et qu’elle est présente dans le cœur de tous, croyants et incroyants. L’Eglise indique que la réponse à cette aspiration est le Christ « premier-né par rapport à toute créature, car c'est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre » (Col. 1, 15-16). Fixant sur Lui mon regard, j’exhorte toute personne de bonne volonté à œuvrer avec confiance et générosité pour la dignité et la liberté de l’homme. Que la lumière et la force de Jésus nous aident à respecter l’écologie humaine, conscients que l’écologie environnementale en trouvera aussi un bénéfice, car le livre de la nature est unique et indivisible ! C’est ainsi que nous pourrons consolider la paix, aujourd’hui et pour les générations à venir. Bonne année à tous !

Armoiries de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI

191. Méditons devant la crèche avec la catéchèse de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI du 23 décembre :

L'avant veille de Noël, mercredi 23 décembre 2009, lors de sa catéchèse hebdomadaire donnée au cours de l'audience générale, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI a rappelé l'historique et le sens spirituel de la représentation de la crèche, si chère à la tradition de nos pays occidentaux. Ce texte peut très utilement être repris et médité devant nos crèches domestiques.

Crèche du Mesnil-Marie, décembre 2009.

Chers frères et sœurs,

avec la neuvaine de Noël que nous célébrons ces jours-ci, l’Eglise nous invite à vivre de manière intense et profonde la préparation à la Naissance du Sauveur, désormais imminente. Nous avons tous dans le cœur le désir que la fête de Noël toute proche nous donne, dans l’activité frénétique de nos journées, une joie sereine et profonde qui nous fasse toucher du doigt la bonté de notre Dieu et nous remplisse d’un courage nouveau.

Pour faire mieux comprendre le sens de la Naissance du Seigneur, je voudrais évoquer rapidement l’origine historique de cette fête. En effet, l’année liturgique de l’Eglise s’est développée initialement non pas à partir de la naissance du Christ, mais de la foi en sa résurrection. Donc la plus ancienne fête chrétienne n’est pas Noël, mais Pâques ; la résurrection du Christ fonde la foi chrétienne, elle est à la base de l’annonce de l’Evangile et fait naître l’Eglise. Donc être chrétiens signifie vivre à la manière de Pâques, en nous laissant prendre par le dynamisme qu’a créé le Baptême et qui nous amène à mourir au péché pour vivre avec Dieu (cf. Romains 6, 4).

Le premier à affirmer clairement que Jésus est né le 25 décembre a été Hippolyte de Rome, dans son commentaire, écrit vers l’an 204, du livre du prophète Daniel. Par la suite certains exégètes ont noté que l’on célébrait ce jour-là la fête de la dédicace du temple de Jérusalem, instituée par Judas Macchabée en 164 avant J-C. La coïncidence des dates signifierait alors que c’est avec Jésus, apparu comme lumière de Dieu dans la nuit, que se réalise vraiment la consécration du temple, l’Avènement de Dieu sur cette terre.

Dans la chrétienté la fête de Noël a pris une forme définie au IVe siècle en remplaçant la fête romaine du “Sol invictus”, le soleil invincible ; cela a mis en évidence le fait que la naissance du Christ est la victoire de la vraie lumière sur les ténèbres du mal et du péché.

Mais l’atmosphère spirituelle particulière et intense qui entoure Noël s’est développée au Moyen Age, grâce à saint François d’Assise, qui avait un profond amour pour l’homme Jésus, Dieu-avec-nous. Son premier biographe, Tommaso da Celano, raconte dans la “Vita seconda” que saint François “plus que toutes les autres fêtes, célébrait avec un soin ineffable la Naissance de l’Enfant Jésus, et appelait fête des fêtes le jour où Dieu, fait petit enfant, avait tété le sein d’une femme” (Fonti Francescane, 199, p. 492).

Cette dévotion particulière au mystère de l’incarnation est à l’origine de la fameuse célébration de Noël à Greccio. Elle fut probablement inspirée à saint François par son pèlerinage en Terre Sainte et par la crèche de Sainte-Marie-Majeure à Rome. Le Poverello d’Assise désirait expérimenter de manière concrète, vivante et actuelle l’humble grandeur de l’événement de la naissance de l’Enfant Jésus et d’en transmettre la joie à tous.

Dans sa première biographie, Tommaso da Celano parle de la nuit de la crèche de Greccio de manière vivante et touchante, offrant une contribution décisive à la diffusion de la plus belle tradition de Noël, celle de la crèche. La nuit de Greccio, a en effet redonné à la chrétienté l’intensité et la beauté de la fête de Noël, et a appris au peuple de Dieu à en percevoir le message le plus authentique, la chaleur particulière, et à aimer et adorer l’humanité du Christ.

Cette approche particulière de Noël a offert à la foi chrétienne une nouvelle dimension. Pâques avait concentré l’attention sur la puissance de Dieu qui triomphe de la mort, inaugure la vie nouvelle et apprend à espérer dans le monde à venir. Avec saint François et sa crèche, ce qui était mis en évidence, c’était l’amour désarmé de Dieu, son humilité et sa bonté, qui se manifestent aux hommes dans l’incarnation du Verbe pour leur enseigner une nouvelle façon de vivre et d’aimer.

Celano raconte que, dans cette nuit de Noël, François reçut la grâce d’une vision merveilleuse. Il vit, couché immobile dans la mangeoire, un petit enfant, qui fut tiré du sommeil justement par la présence de François. Et il ajoute: “Et cette vision n’était pas en désaccord avec les faits parce que, par sa grâce qui agissait à travers son saint serviteur François, l’Enfant Jésus fut ressuscité dans le cœur de beaucoup de gens qui l’avaient oublié et profondément gravé dans leur mémoire pleine d’amour” (Vita prima, Fonti Francescane, 86, p. 307).

Ce tableau décrit très précisément ce que la foi vivante et l’amour de François pour l’humanité du Christ ont transmis à la fête chrétienne de Noël : la découverte que Dieu se révèle dans les tendres membres de l’Enfant Jésus. Grâce à saint François, le peuple chrétien a pu percevoir qu’à Noël Dieu est vraiment devenu l'”Emmanuel”, le Dieu-avec-nous, dont nous ne sommes séparés par aucune barrière et aucune distance. En cet Enfant, Dieu est devenu si proche de chacun de nous, que nous pouvons le tutoyer et avoir avec lui un rapport de confiance et de profonde tendresse, comme avec un nouveau-né.

En effet Dieu-Amour se manifeste en cet Enfant : Dieu vient sans armes, sans force, parce qu’il ne veut pas conquérir de l’extérieur, pour ainsi dire, mais être accueilli par l’homme dans la liberté ; Dieu se fait Enfant désarmé pour vaincre l’orgueil, la violence, la soif de possession de l’homme. En Jésus, Dieu s’est fait pauvre et désarmant pour nous vaincre par l’amour et nous conduire à notre véritable identité. Nous ne devons pas oublier que le plus grand titre de Jésus-Christ est justement celui de “Fils”, Fils de Dieu ; la dignité divine est indiquée par un mot qui prolonge la référence à l’humble situation de la mangeoire de Bethléem, tout en correspondant de manière unique à sa divinité, qui est la divinité du “Fils”.

Son état d’Enfant nous indique, de plus, comment nous pouvons rencontrer Dieu et jouir de sa présence. C’est à la lumière de Noël que nous pouvons comprendre ce qu’a dit Jésus : “Si vous ne vous convertissez pas et ne devenez pas comme les petits enfants, vous n’enterez pas dans le royaume des cieux” (Matthieu 18, 3). Celui qui n’a pas compris le mystère de Noël n’a pas compris l’élément décisif de la vie chrétienne. Celui qui n’accueille pas Jésus avec un cœur d’enfant ne peut entrer dans le royaume des cieux : c’est ce que François a voulu rappeler à la chrétienté de son temps et de tous les temps, jusqu’à aujourd’hui.

Prions le Père pour qu’il accorde à notre cœur cette simplicité qui reconnaît le Seigneur dans l’Enfant, comme François l’a fait à Greccio. Alors il pourrait nous arriver à nous aussi ce que Tommaso da Celano - se référant à l’expérience des bergers pendant la Sainte Nuit (cf. Luc 2, 20) - dit de ceux qui assistèrent à l’événement de Greccio : “Chacun d’eux rentra chez lui plein d’une joie ineffable” (Vita prima, Fonti Francescane, 86, p. 479).

C’est le voeu que je forme avec affection pour vous tous, pour vos familles et pour tous ceux qui vous sont chers. Bon Noël à vous tous !

190. “Il faut chercher à vivre tous les jours ce que la crèche représente ” (Benoît XVI).

Mardi 15 décembre 2009.

Chers Amis du “Refuge Notre-Dame de Compassion“,

La fête de la naissance du Sauveur du monde n'est plus que dans dix jours… On a un peu l'impression que le temps s'accélère à l'approche de Noël, tant il y a de choses à préparer! Pour nous la principale préparation est celle de la crèche, devant laquelle ensuite, jusqu'au 2 février, il sera loisible de méditer sur le grand mystère de l'Incarnation du Verbe et sur l'humilité, la douceur et les abaissements inouïs du Fils de Dieu devenu le Fils de l'homme.

Comme une tranche des travaux prévus y est achevée, depuis quelques jours nous pouvons disposer de la moitié de l'ancien grenier, qui sera désormais appelé “Salle Saint-Augustin”; Frère Maximilien-Marie l'a nettoyé, rangé, et y a aménagé un oratoire provisoire : c'est donc là que notre crèche sera installée.

Préparatifs de la crèche dans la Salle Saint-Augustin.

Mise en place du “ciel”, de “Bethléem” et des “collines de Judée” dans la Salle Saint-Augustin…

Frère Maximilien-Marie apporte un très grand soin à l'agencement de la crèche, et il nous explique le pourquoi de telle ou telle chose. Chlôris et moi, nous suivons avec beaucoup d'intérêt l'avancement des travaux : je ne doute certainement pas que d'autres pourraient - techniquement et artistiquement - faire beaucoup mieux, fignoler davantage les détails architecturaux, paysagers ou végétaux, mais ce dont je suis certain c'est qu'une forme de réflexion spirituelle, de pensée nourrie par la méditation des saints évangiles, anime Frère Maximilien-Marie quand il travaille à cette préparation.

Préparation des maisons de Bethléem

Fabrication de la place du village de “Bethléem”…

C'est ce que notre Saint Père le Pape Benoît XVI rappelait dimanche dernier à l'occasion de l'angélus, récité avec les fidèles réunis sur la place Saint-Pierre du Vatican. En effet, le troisième dimanche de l'Avent, les familles et les enfants de Rome viennent traditionnellement présenter à la bénédiction du Souverain Pontife les représentations de l'Enfant Jésus (en italien on les appelle affectueusement des “Bambinelli”) qui seront déposées dans la crèche dans la sainte nuit de la Nativité. Je vous encourage à méditer et surtout à mettre en pratique ces paroles du Pape :

“(…) C'est pour moi un motif de grande joie de savoir que dans vos familles on conserve l'usage de faire la crèche. Cependant, il ne suffit pas de répéter un geste traditionnel, même s'il est important. Il faut chercher à vivre en fait tous les jours ce que la crèche représente, c'est-à-dire l'amour du Christ, son humilité, sa pauvreté. C'est ce que fit Saint François à Greccio : il représenta une scène vivante de la Nativité, pour pouvoir la contempler et l'adorer, mais surtout pour savoir mieux mettre en pratique le message du Fils de Dieu, qui par amour pour nous s'est dépouillé de tout et s'est fait petit enfant.

La bénédiction des « Bambinelli » - comme on dit à Rome - nous rappelle que la crèche est une école de vie, où nous pouvons apprendre le secret de la véritable joie. Celle-ci ne consiste pas dans le fait d'avoir beaucoup de choses, mais dans le fait de se sentir aimés par le Seigneur, en se donnant pour les autres et en les aimant. Regardons la crèche : la Vierge Marie et Saint Joseph ne semblent pas une famille très aisée ; ils ont eu leur premier fils au milieu de grandes difficultés ; pourtant ils sont remplis d'une joie intime, parce qu'ils s'aiment, ils s'aident, et surtout ils sont certains que dans leur histoire c'est l'œuvre de Dieu, qui s'est fait présent dans le petit Jésus. Et les bergers ? Quelle raison auraient-ils de se réjouir ? Ce Nouveau-né ne changera certainement pas leur condition de pauvreté et de marginalisation. Mais la foi les aide à reconnaître dans l'« enfant emmailloté et couché dans une mangeoire », le « signe » de l'accomplissement des promesses de Dieu pour tous des hommes « qu'il aime » (Luc II,12.14), pour eux-mêmes !

Voilà, chers amis, en quoi consiste la véritable joie : c'est de sentir que notre existence personnelle et communautaire est visitée et remplie par un grand  mystère, le mystère de l'amour de Dieu. Pour nous réjouir, nous avons besoin non seulement de choses, mais d'amour et de vérité : nous avons besoin d'un Dieu proche, qui réchauffe notre cœur, et répond à nos attentes profondes. Ce Dieu s'est manifesté en Jésus, né de la Vierge Marie. Donc, ce Bambinello, que nous mettons dans la crèche ou dans la grotte, est le centre de tout, est le cœur du monde. Prions pour que chaque homme, comme la Vierge Marie, puisse accueillir comme centre de sa vie le Dieu qui s'est fait Enfant, source de la véritable joie.”

Oratoire provisoire du Mesnil-Marie

Notre oratoire aux vêpres du 3ème dimanche de l'Avent.

En attendant, que je puisse vous présenter notre crèche achevée, je vous encourage très vivement et par dessus tout à préparer en vos âmes une crèche spirituelle pour y accueillir l'Enfant-Dieu auquel tant d'hommes aujourd'hui, reproduisant l'attitude des hôteliers de Bethléem il y a deux mille neuf cent dix ans, ferment leurs portes et leurs coeurs… Voilà pourquoi, l'Eglise nous encourage à faire une neuvaine préparatoire à Noël, et je ne peux que vous inciter vous aussi à entrer dans cette démarche de prière, d'espérance et de foi.

Lully.

Nota : On trouvera ici >www, une proposition de neuvaine préparatoire à Noël, du 16 au 24 décembre.

Publié dans : Chronique de Lully |le 15 décembre, 2009 |4 Commentaires »

189. De la spiritualité de l’Avent et de l’arrivée d’une statue de la Vierge à l’Enfant en notre “Mesnil-Marie”.

Couronne de l'Avent 2009

Mercredi 9 décembre 2009.

Chers Amis du “Refuge Notre-Dame de Compassion“,

Avec le premier dimanche de l'Avent, nous sommes entrés dans une nouvelle année liturgique. La “Couronne de l'Avent” (dont le symbolisme avait été expliqué ici > www), évoque, par sa forme même, le cycle de la liturgie : avec Chlôris nous avons accompagné Frère Maximilien-Marie à la lisière de notre bois pour couper les branches de sapin avec lesquelles nous avons ensuite confectionné la couronne que vous voyez sur la photo ci-dessus et dont nous allumons les bougies selon la progression des dimanches.

Quel beau temps que celui de l'Avent! Nous nous replongeons dans les textes de la Sainte Ecriture qui nous annoncent la consolation et le salut, et nous sommes transportés par une joyeuse espérance dans l'attente de la fête de la Nativité du Sauveur. Noël n'est pas la célébration d'une naissance qui appartient au passé, à la manière dont on commémore les grandes dates de l'histoire ou les armistices ; c'est véritablement une actualisation du mystère de la venue du Fils de Dieu : la liturgie rend présents et actuels les mystères qu'elle célèbre. Il ne s'agit pas d'une “reconstitution”, mais d'une réalisation invisible - mystique - opérée par une grâce réelle, donnée aux âmes et à toute la création… Oui, j'insiste sur ce point, cette grâce n'est pas seulement pour les hommes mais pour toute la création : c'est Saint Paul qui l'écrit dans le merveilleux chapitre VIII de l'épître aux Romains (19-22). Voilà pourquoi le mois de décembre est tout entier baigné d'une lumière comparable à celle de l'aube : ce n'est pas encore la pleine lumière, mais une clarté qui nous assure que la nuit prendra fin et que le soleil resplendira à nouveau… On peut aussi comparer le temps de l'Avent au sentiment qui naît dans l'esprit d'un voyageur égaré dans la nuit et le froid lorsqu'il entrevoit soudain, au loin dans les ténèbres, le point lumineux d'une fenêtre : il sait qu'en se dirigeant vers ce qui n'est encore qu'un point  de lumière il trouvera un lieu où il sera accueilli, où un bon feu  réchauffera ses membres engourdis, où un bol de soupe lui rendra des forces… Alors, avant même d'arriver, une joyeuse espérance l'envahit et lui fait hâter le pas.

La façade est du Mesnil-Marie à la tombée de la nuit le 8 décembre

Illumination des fenêtres du Mesnil-Marie le soir du 8 décembre.

Dans la démarche spirituelle de l'Avent, la très belle fête du 8 décembre occupe une place de choix : dans cette dynamique qui nous porte vers l'avènement de la “Lumière née de la Lumière”, la Très Sainte Vierge Marie a bien évidemment un rang de tout premier ordre. Elle est l'Aurore avant le Jour. La conception très pure, sans tache, immaculée  (par une grâce venant déjà des mérites de la mort du Sauveur), par Sainte Anne et Saint Joachim, de Celle qui deviendrait  une quinzaine d'années plus tard la Mère du Verbe Incarné, est une étape importante de l'histoire de notre salut. C'est comme l'étoile du matin - stella matutina - annonciatrice des clartés de l'aurore. Marie est l'étoile et pour honorer le moment où elle fut conçue dans le sein de Sainte Anne, nous avons allumé au rebord des fenêtres du “Mesnil-Marie”, selon la belle tradition née et perpétuée à Lyon (*), des lampions de couleurs : petites étoiles terrestres répondant au clignotement des étoiles du ciel.

Il n'y avait pas que nos fenêtres qui étaient éclairées hier soir : nous avions aussi éclairé la statue de la Vierge à l'Enfant qui est arrivée samedi dernier (c'est vraiment providentiellement qu'elle est arrivée le samedi - jour marial par excellence - parce que le  jour prévu pour la livraison était le vendredi mais le transporteur avait été retardé par les conditions climatiques). Frère Maximilien-Marie l'a acquise sur un site de ventes aux enchères en ligne et, il faut bien le dire, il n'y avait pas d'autres candidats…

La Vierge à l'Enfant (détail)

Pour terminer ma petite chronique de ce soir, je vous propose une très belle invocation, extraite d'une prière traditionnelle récitée devant la statue de Notre-Dame de Chartres, et tout à fait conforme à l'esprit de ce temps de l'Avent :

“O Vierge immaculée, qui devez enfanter à la grâce et à la gloire tous les élus de Dieu, daignez me recevoir dans votre sein maternel et me former en vous pour que je ressemble à Jésus!”

Recevez mes salutations félines les plus distinguées.

Lully.

PS.: N'oubliez pas demain, 10 décembre, la fête de Notre-Dame de Lorette dont j'ai déjà parlé ici > www.

(*) Les illuminations de la ville de Lyon : le 8 décembre 1852 la procession annoncée à l'occasion de la bénédiction de la statue de la Vierge en bronze dorée qui venait d'être placée au sommet du clocher de la chapelle de Fourvière, fut empêchée par le mauvais temps. Par une sorte de mouvement spontané qui se communiqua à toute la ville, les fidèles placèrent alors sur le rebord de leurs fenêtres des bougies et des lumignons en hommage à la Protectrice de leur cité :  “Tout à coup apparaissent à quelques fenêtres inconnues des lignes de feu… La ville s’était embrasée en un instant. Bientôt, il ne restait plus, sur la vaste étendue des quais, des rues, des passages ignorés et des cours invisibles, aucune fenêtre obscure. Les petits marchands, les clochers, illuminaient leurs baraques, leurs voitures et jusqu’aux bordures des trottoirs… Quelques feux de Bengale s’allumèrent sur les toits de la chapelle de Fourvière, la statue de la Vierge apparaît et la grosse cloche de Saint Jean, cet éloquent interprète des joies publiques, est lancée à toute volée. A huit heures, la population entière était dans la rue, circulant, paisible, joyeuse et attendrie. On se serrait la main sans se connaître, on chantait des cantiques, on applaudissait, on criait : “Vive Marie ! ” Les étrangers n’en revenaient pas de leur surprise, et les Lyonnais, tout remplis qu’ils étaient de cette fête improvisée, se demandaient comment, en un instant, une population de trois cent mille âmes avait pu être saisie de la même pensée”.

Depuis lors tous les ans- et malgré la laïcisation de la fête - la tradition est perpétuée et elle a peu à peu gagnée d'autres cités, d'autres provinces…

Publié dans : Chronique de Lully |le 9 décembre, 2009 |2 Commentaires »

Prières pendant la grossesse de la Reine :

Le 25 novembre 2009, le Secrétariat en France de Monseigneur le Duc d'Anjou a confirmé par un communiqué officiel la rumeur selon laquelle la Princesse Marie-Marguerite est en attente d'un heureux évènement. L'accouchement de jumeaux est annoncé pour la fin du printemps 2010. Dans l'attente de cette naissance, nous publions un texte de prière pour obtenir à la Princesse Marie-Marguerite une grossesse sans problème et, s'il plait à Dieu, la naissance d'un Dauphin.

* * * * * * *

La Vierge Noire du Puy

Antiphona B.M.V. de Podio (1) :

Salve, Regina, Mater misericordiae. Vita, dulcedo et spes nostra, salve.
Ad te clamamus, exsules filii Evae.
Ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrimarum valle.
Eia ergo, advocata nostra, illos tuos misericordes oculos ad nos converte.
Et Jesum, benedictum fructum ventris tui, nobis post hoc exilium ostende.
O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria!
V. Regina Aniciencis.
R. Ora pro nobis.
V. Domine, salvum fac Regem.
R. Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te.
V. Deus, judicium tuum Regi da.
R. Et justitiam tuam filio Regis.
Oratio pro impetrando Delphino (2) :

Oremus : Deus, regnorum omnium regumque moderator, precibus nostris propitiatus intende, et da Christianissimo Regi nostro Ludovico filium secundum Cor tuum, ad Regni Francorum perenitatem et pacem. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

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Antienne de N.D. du Puy (1):

Salut, ô Reine, Mère de Miséricorde, notre vie, notre douceur et notre espérance, salut.
Vers vous, enfants d'Eve exilés, nous faisons monter nos cris.
Vers vous nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes.
De grâce donc, ô notre Avocate, tournez vers nous vos regards miséricordieux.
Et, après cet exil, montrez-nous Jésus, le fruit béni de vos entrailles.
Ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie.
V. Reine du Puy.
R. Priez pour nous.
V. Seigneur, accordez le salut à notre Roi.
R. Et exaucez-nous au jour où nous vous invoquerons.
V. Ô Dieu, donnez votre jugement au Roi.
R. Et votre justice au fils du Roi.
Oraison pour obtenir un Dauphin (2)

Prions : Ô Dieu qui êtes le gouverneur de tous les royaumes et de tous les rois, écoutez favorablement nos prières, et donnez à Louis, notre Roi Très-Chrétien, un fils selon votre Coeur, pour la pérennité et la paix du Royaume de France. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il!

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(1) L'insigne basilique-cathédrale du Puy est l'un des plus antiques et des plus célèbres sanctuaire du royaume en l'honneur de la Vierge Marie, il est associé à toutes les supplications qui furent faites pour la paix et la prospérité de la France et aux pieds de la Vierge Noire, Notre-Dame du Puy, une vingtaine de nos Souverains vinrent jadis en pèlerins.

(2) Oraison tirée du propre du diocèse de Paris.

Lys de France

Publié dans : Prier avec nous, Vexilla Regis |le 25 novembre, 2009 |Pas de Commentaires »