Prologue librement inspiré par celui de l’Evangile selon Saint Luc.

Prologue librement inspiré par celui de l'Evangile selon Saint Luc. dans Annonces & Nouvelles dsc08042copiecopie

Le Maître-Chat Lully

« Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements – parfois totalement insignifiants – qui se produisent en ces temps, j’ai décidé moi aussi (puisque je suis chaque jour le témoin scrupuleusement attentif d’une aventure qui est, elle, véritablement hors du commun), de tenir pour vous, amis du Mesnil-Marie, sous la forme d’un récit assorti de commentaires personnels, une espèce de diaire de la fondation du Refuge Notre-Dame de Compassion.

Ainsi pourrez-vous, en suivant les péripéties de notre vie quotidienne, ou en vous associant aux évènements humains et surtout spirituels qui en jalonnent l’existence, garder un lien plus concret avec cette oeuvre que vous soutenez d’une fidèle et pieuse amitié.

Je réclame, bien évidemment, votre indulgence car je ne suis qu’un tout petit chat, mais vous savez aussi que j’occupe au Mesnil-Marie une place privilégiée (voir ici > www)… Puissent néanmoins ces lignes être utiles à tous pour conserver et resserrer le lien de la charité, dans la paix et la joie du coeur! »

patteschats chronique dans Chronique de LullyLully, l’Observateur.

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Chronique de Lully | le 10 septembre, 2007 |Commentaires fermés

2015-54. Du Bienheureux Bernard de Morlaàs.

Octave de l’Ascension,
Jeudi 21 mai 2015,
Fête de Saint Constantin 1er le grand, apôtre du Seigneur parmi les rois.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

A l’occasion de l’octave de l’Ascension, laissez-moi vous conter une très belle histoire qui, pour merveilleuse qu’elle soit, n’en est pas moins des plus véridiques.
Abandonnez donc pour quelques instants vos préoccupations ordinaires et accompagnez-moi : nous partons pour le Portugal, au XIIIe siècle

Cloche gif

Ding ! Ding ! Ding ! Ding ! Ding !
La cloche du couvent des Dominicains sonne l’heure du repas de midi : pères et frères se rendent au réfectoire.
Ding ! Ding ! Ding ! Ding ! Ding !
Dans la chapelle de la Vierge de ce même couvent, deux jeunes enfants revêtus de la même bure blanche que les pères et les frères, récitent avec application leur bénédicité puis, sans plus de façon, assis sur les marches de l’autel, sortent de leur panier les provisions qu’ils ont apportées de la maison…
Ding ! Ding ! Ding ! Ding ! Ding !
Nous sommes dans la ville de Santarem (à quelque quinze lieues au sud du désormais mondialement célèbre village de Fatima), au mois de mai de l’an de grâce 1277.

Ne soyez point étonnés de voir ces deux enfants, même pas des adolescents, habillés comme des petits moines et la tête rasée : ce sont des oblats de Saint Dominique.
Leurs pieux parents, hobereaux du village d’Alfange, à vingt minutes de marche de Santarem, les ont offerts à Dieu : certes, ce ne sont pas de véritables religieux, mais ils portent les signes de cette oblation et, chaque jour ils viennent au couvent.
Sous la conduite du Père Bernard, dont ils servent d’abord la Messe matinale, ils sont instruits et éduqués ; puis ils l’aident dans son office de sacristain, et sont initiés par lui à la vie spirituelle… Plus tard, seulement, si c’est bien leur vocation, ils entreront au noviciat et enfin prononceront leurs voeux.

En attendant, chaque soir, ils dévalent la colline pour rentrer à la maison.

Le Père Bernard, leur cher père-maître, est natif de Morlaàs, alors capitale de la vicomté souveraine de Béarn.
Le jeune homme, que ses parents avaient fiancé très jeune, se sentait en réalité appelé par Dieu à la vie dominicaine, et, pour pouvoir réaliser sa vocation, il n’avait pas eu d’autre solution que de s’enfuir et de mettre quelque deux-cent-cinquante lieues entre sa famille et lui : c’est ainsi qu’il était entré au couvent de Santarem.

Morlaas, église Sainte-Foy - le Bx Bernard et ses deux jeunes disciples avec l'Enfant Jésus

A l’invitation des deux jeunes enfants, l’Enfant Jésus s’anime
et descend des bras de la statue de la Vierge pour partager leur repas
(panneau  de bois sculpté en 1877 par l’abbé Courtade et son frère pour la chapelle du Bienheureux Bernard,
dans l’église Sainte-Foy de Morlaàs) .

« Bienheureux les coeurs purs, car ils verront Dieu ! »
Il faut croire que les coeurs de ces deux enfants étaient d’une particulière pureté et qu’ils étaient si remplis des beaux enseignements surnaturels du Père Bernard qu’il leur semblait « naturel » de vivre dans l’intimité divine.
C’est ainsi que l’un des deux, levant les yeux vers la statue de la Madone aux pieds de laquelle ils prenaient leur réfection, se dit que le divin Enfant qu’elle portait dans ses bras serait peut-être heureux de goûter aux bonnes choses que leur maman leur avait préparées.

Et sans plus de façon, il L’invita.

Ici, les rationalistes de tout poil, et même ces « chrétiens adultes » dont la foi est sévèrement circonscrite dans les limites de l’éducation selon « l’esprit des lumières » (gratuite, obligatoire et laïque), s’affolent et s’indignent : « Voilà bien les monstruosités auxquelles aboutit un enseignement pénétré par cet odieux cléricalisme qui abuse de la crédulité des humbles ! En montant le bobichon à des enfants que leur candeur rend si vulnérables, on ne peut que fabriquer des fanatiques qui confondent les illusions religieuses avec le monde réel ! »

Mais le Saint Enfant Jésus, qui « convainct de folie la sagesse de ce monde » (cf. 1 Cor. I, 20 b) et n’a que faire de l’éducation selon « l’esprit des lumières » (gratuite, obligatoire et laïque), S’anima et descendit pour répondre à l’invitation des deux enfants…
Et Il ne le fit pas un jour seulement, puisqu’Il prit l’habitude de venir avec eux chaque jour.

Ainsi, pendant que, au réfectoire, les pères et les frères se nourrissaient non seulement physiquement mais aussi intellectuellement et spirituellement en écoutant gravement la lecture de quelque pieux et savant ouvrage, au pied de l’autel de la Sainte Vierge, la divine Sagesse incarnée partageait-Elle le pique-nique de deux enfants tout en les instruisant d’une manière admirable des voies de l’amour divin !

Nos deux moinillons, qui ne perdaient toutefois pas le sens pratique, finirent par demander à leurs parents d’ajouter désormais une part de plus à leur panier de midi, en leur expliquant que c’était pour l’Enfant Jésus qui venait partager leur repas.
Vous imaginez sans peine qu’ils reçurent une sévère remontrance : « Est-il possible d’inventer pareil mensonge pour assouvir sa gourmandise ? »
Troublés, les deux enfants s’en ouvrirent à leur cher Père Bernard : « L’Enfant Jésus mange avec nous, mais Il n’apporte jamais rien… et nous, nous ne mangeons plus à notre faim. Nos parents nous ont grondés en nous traitant de menteurs lorsque nous leur avons demandé une part supplémentaire… »

On imagine sans peine la surprise du bon Père.
Il interrogea sévèrement les enfants, s’efforça de les prendre en défaut, examina toutes choses soigneusement pour savoir s’ils étaient les jouets de leur imagination ou de quelque illusion diabolique… etc.
Finalement, il ne put qu’être convaincu de la vérité de la grâce qui était faite à ses jeunes élèves, en constatant leurs progrès dans la vertu et le degré d’illumination intérieure atteint par leurs âmes candides.
Après avoir lui-même prié et demandé conseil, il leur suggéra ceci : « La prochaine fois, demandez donc au Saint Enfant Jésus de vous inviter à Son tour à Sa table ; et s’Il y consent, rappelez-Lui que notre règle prescrit aux novices d’être accompagnés de leur père-maître… »

Et la réponse fut positive : « Dans trois jours, ce sera l’Ascension et il y aura grande fête dans la Maison de Mon Père. Dites au Père Bernard que Je vous invite tous les trois à Ma table… »

Morlaas, église Sainte-Foy - le Bx Bernard et ses deux jeunes disciples invités au Ciel

La mort extatique du Bienheureux Bernard de Morlaàs et de ses deux disciples
après la Sainte Messe du jour de l’Ascension, 23 mai 1277
(panneau  de bois sculpté en 1877 par l’abbé Courtade et son frère pour la chapelle du Bienheureux Bernard,
dans l’église Sainte-Foy de Morlaàs) .

Dans trois jours !
Vous pensez bien que le Père Bernard et ses deux disciples mirent une ardeur et une ferveur incomparables à se préparer, afin de paraître au festin céleste revêtus de la robe des noces.

Au matin de la grande et belle fête de l’Ascension, les deux enfants servirent la Messe du Père Bernard à l’autel de la Madone : Messe au cours de laquelle ils reçurent pour la première fois la Sainte Eucharistie ; Messe à la fin de laquelle, tous trois agenouillés au pied de l’autel, ils s’abîmèrent dans une intense action de grâces…

Et lorsque, un très long moment après, les frères du couvent voulurent les tirer de leur prière, ils ne purent que se rendre compte que, si leurs corps étaient restés là, immobiles et agenouillés, leurs âmes s’en étaient allées prendre part au banquet éternel.
C’était le jeudi de l’Ascension 23 mai 1277.

Ils furent ensevelis ensemble, tous trois dans le même tombeau, et les chroniques du couvent consignèrent la belle histoire.

Lorsque, trois siècles plus tard, des travaux réalisés dans le couvent obligèrent à ouvrir leur sépulture, on retrouva leurs ossements enveloppés d’un linceul dont la blancheur éclatante subjugua tous ceux qui étaient là, tandis qu’une odeur toute céleste remplissait la chapelle.
Une enquête fut diligentée par les autorités ecclésiastiques afin de retrouver tous les documents et les anciens témoignages écrits relatifs au Père Bernard de Morlaàs et à ses deux élèves.
Plusieurs guérisons miraculeuses se produisirent, si bien que Monseigneur Georges de Almeida, archevêque de Lisbonne de 1570 à 1585, dédia un autel aux trois bienheureux et plaça leurs reliques dans trois bustes les représentant : de la même manière qu’autrefois lorsqu’il célébrait la Sainte Messe, le Père Bernard de Morlaàs était entouré de ses deux acolytes.
Les pèlerinages se développèrent et la dévotion au Saint Enfant Jésus en reçut un extraordinaire accroissement.

Malheureusement, en 1809, les soldats des sinistres armées napoléoniennes, dont on sait de quelles atrocités elles se rendirent coupables en Espagne et au Portugal à cette époque, pillèrent le couvent de Santarem et livrèrent aux flammes les reliques de nos trois bienheureux.

En 1877, à l’occasion du sixième centenaire de leur entrée dans la gloire céleste, une chapelle de l’église Sainte-Foy de Morlaàs fut aménagée pour être dédiée au Bienheureux Père Bernard, enfant du pays, et à ses deux jeunes disciples.
C’est pour cette chapelle que l’abbé Courtade et son frère sculptèrent en bas-relief sur des panneaux de bois les tableaux qui illustrent mon récit.

Morlaas, église Sainte-Foy - le Bx Bernard et ses deux jeunes disciples intercèdent et font pleuvoir les grâces

Grâces spirituelles, miracles et guérisons à l’autel du Bienheureux Bernard de Morlaas et de ses deux jeunes acolytes, dans le couvent des dominicains de Santarem, après l’ouverture de leur tombeau et l’élévation de leurs reliques
(panneau  de bois sculpté en 1877 par l’abbé Courtade et son frère pour la chapelle du Bienheureux Bernard,
dans l’église Sainte-Foy de Morlaàs) .

Voilà donc, mes bien chers Amis, la belle histoire du Bienheureux Bernard de Morlaàs et de ses deux jeunes acolytes : une histoire qui, en ce beau temps de l’Ascension, oriente nos regards vers le Ciel et nous invite à nous préparer ardemment pour prendre part, nous aussi, au festin éternel des noces de l’Agneau, immolé et vainqueur, qui nous a promis, avant de quitter cette terre : « Je vais vous préparer une place » (cf. Johan. XIV, 3).
Une histoire qui nous invite également à redevenir comme des petits enfants, puisque le Royaume des Cieux est destiné à ceux qui leur ressemblent (cf. Matth. XIX, 14 b).

Que le Saint-Esprit de lumière et d’amour dont nous préparons la fête de la venue lors de la Pentecôte, nous comble de Ses dons et nous vienne en aide dans ce travail de conversion jamais achevé qui doit nous amener à redevenir semblables à ces petits…

Lully.

Statue du Bienheureux Bernard de Morlaàs avec les deux enfants - église Sainte-Foy de Morlaàs

Statue du Bienheureux Bernard de Morlaàs et de ses deux disciples
(église Sainte-Foy de Morlaàs)

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints | le 21 mai, 2015 |8 Commentaires »

2015-53. « En nous pardonnant nos péchés, Dieu nous permet et nous oblige d’espérer le bonheur éternel. »

Deuxième sermon
de
notre glorieux Père Saint Augustin
sur
l’Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Tympan de l'Ascension - Chartres - portail royal

Le tympan de l’Ascension au portail royal de la cathédrale de Chartres

Après avoir publié dans ce blogue l’an dernier le premier sermon de notre glorieux Père Saint Augustin sur l’Ascension de Notre-Seigneur (cf. > ici), nous reproduisons ici la traduction du deuxième sermon prononcé à l’occasion de cette fête.

« En nous pardonnant nos péchés, Dieu nous permet et nous oblige d’espérer le bonheur éternel. »

§ 1. Introduction : l’Eglise doit se réjouir et l’interprétation des textes sacrés va nous faire comprendre pourquoi.

Le récit des Actes des Apôtres suffirait seul à nous prouver l’Ascension et à nous dépeindre les détails de ce grand événement.
Toutefois, mes frères, nous nous reprocherions de garder le silence ; car si l’Eglise a jamais le droit et le devoir de se réjouir, n’estce pas dans un jour où l’entrée du ciel lui est ouverte par le Sauveur ?
Si donc il n’y a rien de superflu dans les saintes Ecritures, essayons selon notre pouvoir d’interpréter le texte sacré.

§ 2. Les quarante jours qui courent depuis le jour de la Résurrection jusqu’à l’Ascension forment le pendant des quarante jours de la pénitence quadragésimale.

Et d’abord l’Ecriture nous apprend que, après Sa Résurrection, Jésus-Christ est resté pendant quarante jours avec Ses Apôtres.
Ce détail n’est point sans importance, car je trouve que ces quarante jours correspondent parfaitement aux quarante jours de la pénitence quadragésimale.
Ceux donc qui ont supporté pour Dieu les privations de la sainte quarantaine, ont le droit de se réjouir de la présence du Seigneur pendant les quarante jours qui suivent la Résurrection ; ceux enfin que la crainte avait humiliés, doivent se sentir relevés par les consolations que Dieu leur prodigue.
Quelle joie pour ceux qui, après avoir souffert par amour pour Dieu, se sentent en possession d’une récompense ineffable qui n’est autre que Dieu lui-même ! D’après les choses présentes jugeons donc des choses futures, puisque tout ce que nous ferons pour l’honneur de Dieu nous assurera de plus en plus le bonheur de posséder Dieu.

§ 3. Le fait de l’Ascension est prouvé par le témoignage des disciples.

La présence de ces nombreux témoins qui voient et entendent nous prouve que Jésus-Christ est réellement monté au ciel ; ce qu’ils voient, nous le croyons de la foi la plus vive. En effet, ils voient afin que nous croyions ; ils contemplent avec les yeux de leur corps, afin que nous discernions avec les yeux de notre âme.
Et il ne s’agit point ici de quelques témoins rares et inconnus : ils sont nombreux et offrent toutes les garanties ; leur nombre corrobore leur témoignage, et leur sainteté en confirme la vérité. Si, dans certaines causes, on s’en rapporte à deux ou trois témoins, quelle certitude ne doit pas résulter du témoignage d’une multitude entière et d’une multitude fidèle et sainte ? N’étaient-ce pas des hommes vertueux et fidèles, ceux qui ont mérité de contempler le Seigneur montant au ciel ?
Ce qu’ils ont vu, croyons que nous le voyons avec eux. Comment le peuple chrétien hésiterait-il devant le témoignage d’une multitude de saints ?

Tympan de l'Ascension - Chartres - portail royal

Tympan de l’Ascension, portail royal de la cathédrale de Chartres (détail)

§ 4. Au témoignage des disciples s’ajoute le témoignage des anges . Parallèle entre la Nativité et l’Ascension.

Ajoutons à cela l’apparition de deux anges descendus du ciel pour confirmer le miracle de l’Ascension devant ceux qui en étaient les témoins.
Admirons la sagesse de l’Ecriture qui nous rappelle l’apparition de ces anges, afin que nous sachions que les esprits bienheureux formaient cortège à Jésus-Christ montant au ciel.
Ce détail forme à mes yeux un nouveau trait de ressemblance entre la Nativité du Sauveur et S
on entrée triomphante dans les cieux.
L’ange Gabriel est envoyé pour annoncer l’Incarnation ; et aujourd’hui les anges environnent Jésus-Christ montant au ciel. Alors, une étoile fit connaître la naissance du Sauveur ; aujourd’hui une nuée Le reçoit pour Le porter dans les cieux. Alors, les anges chantaient sur la terre ; aujourd’hui ils rendent encore témoignage dans le monde. Alors, les Mages adoraient et offraient des présents ; aujourd’hui les Apôtres poursuivent de leurs regards Jésus-Christ montant au ciel.
Très-nombreux furent les témoignages qui vinrent confirmer la naissance du Sauveur ; ils furent aussi nombreux à Son Ascension, pour confirmer la foi du genre humain.
C’est ainsi que, après avoir considéré Jésus-Christ naissant dans la chair, tous les hommes peuvent Le contempler montant au ciel.

§ 5. Jésus-Christ monte au ciel et en redescendra un jour : et nous devons être prêts pour Son retour.

Jésus-Christ est donc retourné au ciel, d’où Il était descendu. Il y est retourné, mais en promettant de revenir un jour sur la terre. N’avons-nous pas entendu les anges s’écrier : « Hommes de Galilée, pourquoi demeurez-vous ainsi …etc. » ?
Si donc, mes frères, nous croyons que Jésus-Christ reviendra, nous devons L’attendre, de peur que nous ne soyons pris au dépourvu par Son retour, comme parmi nous des serviteurs en défaut se laissent surprendre par leurs maîtres irrités ; les choses présentes ne sont, en effet, que l’image des choses futures.
Si donc nous ne voulons pas profiter des châtiments qui pèsent sur nous actuellement, craignons pour l’avenir la sévérité des châtiments célestes.
L’Apôtre nous dit : « Le Seigneur viendra comme un voleur pendant la nuit » (1 Thess. V, 2). Vous voyez, mes frères, qu’une sécurité trop grande peut être suivie de supplices inouïs.
Ainsi donc tout ce que nous ne voulons pas supporter, craignons de nous voir condamnés à le souffrir. De cette manière, en craignant d’endurer le châtiment, nous nous épargnerons ce châtiment ; témoin de notre sincère conversion, notre Dieu rempli de bonté et de miséricorde nous pardonnera nos fautes présentes et nous accordera les biens futurs.
C’est ainsi que le pardon lui-même devient, par le renouvellement de notre vie, le principe même de notre espérance des biens futurs ; en nous pardonnant nos péchés, Dieu nous permet et nous oblige d’espérer le bonheur éternel.

Tympan de l'Ascension - Chartres - portail royal

Tympan de l’Ascension, portail royal de la cathédrale de Chartres (détail).

Rappel :
Dans le temps qui sépare le jour de l’Ascension de celui de la Pentecôte,
la Sainte Eglise invite ses enfants à prier, en union avec Notre-Dame et les Apôtres, 
la grande neuvaine du Saint-Esprit.
Dans les pages de ce blogue vous trouverez plusieurs formulaires pour vous y aider
-  une prière de Saint Augustin au Saint-Esprit > www
- une prière à Notre-Dame du Cénacle > www
-  une prière pour demander les 12 fruits du Saint-Esprit > www
- une prière de neuvaine en union avec la Vierge au Cénacle > www
- une prière pour demander les 7 dons du Saint-Esprit > www
- les litanies du Saint-Esprit > www

Publié dans : De liturgia, Textes spirituels | le 13 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

2015-52. De quelques remarquables chefs d’oeuvre de notre vieille cité épiscopale.

Vendredi 8 mai 2015,
Fête de l’apparition de l’archange Saint Michel au Mont Gargan,
Anniversaire de la délivrance d’Orléans par Sainte Jeanne d’Arc.

Lully 8 mai 2015

Le Maître-Chat Lully ce 8 mai 2015 en fin d’après-midi.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Les jours filent à vive allure : il y a très souvent des réactions à certains sujets d’actualité – dans le monde ou dans l’Eglise – , des réflexions que je développe à la suite de certaines lectures, des points d’histoire que j’aimerais préciser, ou simplement de belles choses vues ou entendues …etc., que j’aimerais partager avec vous, mais bien souvent le temps me manque pour vous écrire.

Enfin, cette journée du 8 mai ayant été pluvieuse, je ne pouvais vaquer à mes travaux extérieurs, et j’en profite donc pour vous rejoindre.
Vous rejoindre pour vous dire que Frère Maximilien-Marie a eu le bonheur de participer, la semaine dernière, à une fort intéressante visite-conférence de la vieille ville de Viviers - notre cité épiscopale – ; cette visite était proposée par le Centre International Construction et Patrimoine (CICP – site internet > ici), et nous ne pouvons qu’encourager nos amis vivarois, ou de passage en Vivarais, à suivre les activités de cette association.

De cette visite, notre cher Frère a rapporté un très grand nombre de photographies que j’ai regardées avec un vif intérêt. C’est même moi qui les ai ensuite classées.
Il y en a qui montrent des vues générales de sites ou de bâtiments, d’autres qui permettent de contempler des détails architecturaux, d’autres encore qui présentent quelques unes des oeuvres d’art que l’on peut admirer à Viviers.

Eh bien ! ce soir, ce sont justement quelques clichés d’oeuvres d’art que je voudrais vous montrer : de purs chefs d’oeuvre ! des chefs d’oeuvre de chefs d’oeuvre, dirai-je même, puisque il s’agit de photos de nous, les chats !

N’allez pas dire que je manque d’humilité : l’humilité, c’est la vérité ; et la vérité, c’est que Dieu nous a créés magnifiques.
Nous ne nous en attribuons aucune gloire, puisque nous savons bien que tout nous est donné par notre Créateur et que nous n’y sommes pour rien.
Et c’est justement pour rendre gloire et grâces à Dieu que nous devons, en toute humilité, rendre un vibrant témoignage des merveilles qu’Il a faites en nous créant.
D’ailleurs, l’un de vos plus illustres génies, Léonard de Vinci, qui s’y entendait en beauté, l’a lui aussi affirmé de manière péremptoire : « Le plus petit des félins est un chef d’oeuvre ! » 

Bref ! A Viviers, Frère Maximilien-Marie a rencontré des chats, beaucoup de chats même : les ruelles qui montent vers notre chère vieille cathédrale Saint-Vincent ne voient aujourd’hui plus – hélas ! – le pieux défilé des chanoines se rendant au choeur pour la récitation de l’office divin, toutefois la douce fourrure de mes congénères – tout aussi doctes et sages que les plus remarquables des chanoines de jadis – ne vaut-elle pas celle de bien des aumusses ?
Notre cher Frère ne s’est donc pas privé de les photographier, lorsqu’ils le lui permettaient (car tous ne le souhaitaient pas).

Ce sont donc ces félins chefs d’oeuvre, que vous allez pouvoir contempler et admirer ci-dessous grâce aux photos prises par Frère Maximilien-Marie : vous y verrez des chats curieux et des chats indifférents (ou du moins qui font mine de l’être), des chats sûrs d’eux et des chats timides, des novices et de vénérables vieillards…
Mais des moches, point : nous sommes tous des chefs d’oeuvre !

Chats de Viviers 1

Détail de la précédente :

Chats de Viviers 2

Chats de Viviers 3

Chats de Viviers 5

Chats de Viviers 4

Chats de Viviers 6

Chats de Viviers 7

Chats de Viviers 8

L’un de ces chats-noines s’est proposé pour guider le groupe avec lequel Frère Maximilien-Marie parcourait la vieille cité et il a accompagné nos amateurs d’histoire et d’art jusqu’à l’entrée de la cathédrale :

Chats de Viviers 9

« J’attire votre attention sur l’élégance du larmier de cette porte du XVe siècle… »

Chats de Viviers 10

« C’est en vous plaçant ici que vous aurez le meilleur point de vue sur la cour de cette belle maison canoniale. »

Chats de Viviers 11

« Mesdames et Messieurs, nous arrivons sur le parvis de la cathédrale Saint-Vincent : faites attention aux marches et aux pavés inégaux… »

Chats de Viviers 12

« Je vous invite à vous arrêter et à faire silence pour vous mieux pénétrer de la sobre et pure élégance de ce porche ogival… »

Chats de Viviers 13

« J’ai été très honoré de vous accompagner durant cette visite. Si vous êtes satisfait de ses explications, n’oubliez pas de papouiller le guide, s’il vous plait ! »

Ne vous l’avais-je pas dit : nous sommes tous des chefs d’oeuvre ! Et notre humilité nous pousse à en faire haut et fort la confession…

Lully.

Chat gif en marche

Publié dans : Chronique de Lully | le 8 mai, 2015 |7 Commentaires »

2015-51. Où, à l’occasion de la fête de Saint Athanase, Maître-Chat Lully revient sur le toujours nécessaire et urgent combat pour la vraie foi, et dénonce l’hérésie néo-arienne véhiculée par la traduction française du Symbole.

Samedi 2 mai 2015,
Fête de Saint Athanase le grand,
Premier samedi du mois en l’honneur du Coeur douloureux et immaculé de Marie.

Saint Athanase piétine Arius qui demande le silence

Saint Athanase piétine Arius qui demande le silence.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

On ne le dira jamais assez – et c’est donc à dessein que je vais me répéter – : l’assistance à la messe selon le missel de Paul VI - entré en vigueur pour le premier dimanche de l’Avent de l’année 1969 - ne peut que poser de véritables problèmes de conscience à un catholique français qui veut rester fidèle à la foi catholique telle que nous l’avons reçue de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, telle qu’elle nous a été transmise par les Saints Apôtres, les Pères et Docteurs de l’Eglise, la Tradition constante et le magistère authentique de la Sainte Eglise.

Nous sommes, certes, fermement convaincus que la célébration de la messe selon ce que, par commodité, nous appelons « le nouveau rite », est valide (c’est-à-dire qu’il y a bien le renouvellement du Saint-Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ) lorsque toutes les conditions requises sont réunies, ce qui est parfois douteux ou qui n’est d’autres fois clairement pas le cas (cf. l’article > une pseudo messe de funérailles).
Il n’en demeure pas moins vrai qu’au regard de la Tradition catholique, ce « nouveau rite », comme l’avaient souligné Leurs Eminences Révérendisssimes Messieurs les Cardinaux Bacci et Ottaviani dans la préface du « Bref examen critique » remis au pape Paul VI en 1969, « (…) s’éloigne de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu’elle a été formulée à la XXème session du Concile de Trente (…) ».

Cette affirmation des doctes et prudents Cardinaux n’est pas anodine : elle signifie, et la démonstration par les faits nous en est donnée presque chaque jour depuis plus de quarante-cinq ans, que la « messe de Paul VI » contribue à l’affaiblissement de la foi catholique, à sa relativisation et à sa dilution dans une approximation doctrinale et spirituelle, quand ce n’est pas carrément à sa perte.
Il suffit d’interroger les « fidèles » qui pratiquent dans le nouveau rite (en l’occurrence je mets le mot entre guillemets parce qu’il vient du mot latin « fides » qui signifie « la foi », et que donc – en principe – les fidèles devraient être des personnes qui adhèrent à la foi), pour se rendre compte qu’effectivement sur le peu de pratiquants qui subsistent pour l’ « Eglise de France », il y en a beaucoup – beaucoup trop ! – qui ne croient pas à un grand nombre de points de la doctrine catholique ou qui contestent jusqu’à la notion de dogme.
Qu’on se souvienne que certains sondages commandités par des publications originellement catholiques (« La Vie », « le Pélerin », « la Croix » ou autres) faisaient état d’un nombre important de « catholiques pratiquants » (sic) qui ne croient pas à la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à Sa résurrection ou à la résurrection de la chair, à la conception virginale de Notre-Seigneur, à la virginité perpétuelle de Marie, à la transubstantiation …etc. Ces personnes sont donc à strictement parler des hérétiques ; elles ont fait naufrage dans la foi ; elles ne sont plus catholiques, quand bien même elles continuent à assister aux offices catholiques et à se prétendre catholiques.

La messe selon le « missel de Paul VI » n’est pas seule en cause, nous le savons : le catéchisme catholique remplacé par une catéchèse indigente, des sermons d’une affligeante pauvreté, l’influence délétère d’une société néo-païenne, le faux oecuménisme, et la trahison de nombreux ecclésiastiques ont joué eux aussi un rôle non négligeable dans cette perte de la foi.
Néanmoins, si le « missel de Paul VI » ne s’éloignait pas « de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique », il me semble qu’on ne constaterait pas une telle invasion de l’hérésie chez ces « catholiques pratiquants » ; il me semble au contraire qu’il aurait été un rempart pour la foi catholique au lieu de permettre cette prolifération de fausses doctrines et de fausses opinions !
J’ai presque envie de dire que les catholiques qui assistent de manière habituelle à la célébration de la messe selon le « missel de Paul VI » et qui ont gardé la foi, ne l’ont pas gardée grâce à lui, mais bien plutôt malgré lui

Aux problèmes posés par le texte « officiel » (qui est en latin) du nouveau rite de la messe promulgué par Paul VI, s’ajoute – particulièrement en France et dans les pays de lanque française – le problème des traductions.
En effet, un grand nombre de mots ou d’expressions utilisés dans ces traductions (officiellement approuvées par l’épiscopat !) ne sont pas de véritables traductions mais constituent en réalité une véritable trahison de la foi catholique.

En cette fête de Saint Athanase, le grand défenseur de la foi de Nicée, je ne prendrai pour exemple que la traduction française du Symbole de Nicée-Constantinople qui se trouve dans le missel et qui est récitée – sans sourciller semble-t-il – depuis bientôt cinquante ans par les évêques, les prêtres et les fidèles de langue française.
Or cette traduction est hérétique !

Je ne l’affirme pas de mon propre chef.
C’est Jacques Maritain lui-même, dont on sait qu’il était un ami proche du pape Paul VI, et qui n’était absolument pas un « traditionnaliste » (certains lui attribuent une influence décisive sur la déclaration – qui n’est qu’une déclaration et non un texte doctrinal – sur « la liberté religieuse » du 7 décembre 1965) qui a dénoncé avec force cette traduction hérétique dans un « Memorandum » qu’il adressa au pape Montini. Voici ce texte :

« (…) Il faut enfin signaler une faute de traduction qui n’est pas seulement une inexactitude plus ou moins grave, mais une erreur purement et simplement inadmissible. Je sais bien que cette erreur sera certainement corrigée dans une future édition révisée. Mais je sais aussi qu’elle a chance d’être corrigée d’autant plus rapidement qu’elle aura été plus nettement signalée.
Sous prétexte que le mot « substance », et, a fortiori, le mot « consubstantiel » sont devenus
 impossibles aujourd’hui, la traduction française de la messe met dans la bouche des fidèles, au Credo, une formule qui est erronée de soi, et même, à strictement parler, hérétique. Elle nous fait dire, en effet, que le Fils, engendré, non créé, est «  de même nature que le Père » : ce qui est l’« homoiousios » des Ariens ou semi-Ariens, opposé à l’« homoousios », ou consubstantialis, du Concile de Nicée. Pour refuser un iota, on a su en ce temps-là souffrir la persécution et la mort. Tout cela est passé. Tant pis si les chrétiens qui récitent aujourd’hui le Credo en français usent de mots dont, qu’ils le sachent ou non, la résonance est arienne. L’essentiel est que, fût-ce dans un énoncé sur les Personnes de la Trinité, on les dispense d’employer un mot qui n’est pas du langage courant.
Il est cependant bien évident que pour exprimer une réalité absolument unique, il faut un mot lui-même unique. Ou bien faudra-t-il remplacer aussi le mot Trinité lui-même, ou le mot Eucharistie, par des mots du langage de tous les jours ?
Si en prononçant le mot 
consubstantiel les gens ne savent pas ce que ça veut dire, on peut espérer qu’ils demanderont des explications au clergé, qui leur rappellera leur catéchisme et le sens du dogme. Mais s’ils disent, dans le Credo, que le Fils est de même nature que le Père, ils ne songeront jamais à demander une explication, puisqu’on a justement choisi des mots qui ne font pas difficulté pour eux, et qu’ils comprennent sans plus de peine que lorsqu’ils disent avec tout le monde qu’un oiseau est de même nature qu’un autre oiseau.
Qu’importe, après tout, dira-t-on peut-être, il ne s’agit que d’une formule. Les gens dont vous parlez sont des catholiques. Du moment que leur pensée au sujet du Père et du Fils est juste et exempte d’erreur, peu importe que pour l’exprimer ils usent d’une formule approximative qui apparaît comme erronée quand on serre de près les mots dont elle est faite.
À vrai dire, cela importe
 beaucoup. Car ou bien les fidèles en question pensent juste tout en employant une formule erronée et en sachant qu’elle est erronée : et, du fait même, ces fidèles-là, quand on en vient à la formule dont il s’agit, sont obligés de garder le silence ou de parler contre leur conscience. Ou bien ils pensent juste tout en employant une formule erronée sans savoir qu’elle est erronée. Et, du fait même, ces fidèles-là sont mis dans l’illusion. Être induit à employer des mots trompeurs sans savoir qu’ils sont trompeurs, c’est être soi-même trompé.
J’ajoute que les traducteurs anglais, moins sensibles sans doute que les traducteurs français à ce qui chatouille désagréablement les oreilles contemporaines, n’ont pas éprouvé de scrupule à employer le mot 
consubstantial, ni estimé que les fidèles pouvaient sans inconvénient, tout en pensant juste, proférer une formule qui en elle-même est en désaccord avec la foi catholique »
(
Jacques Maritain,  »Œuvres complètes », vol. XVI, Fribourg, Paris – 2000. p. 1115).

Jacques Maritain espérait, lorsqu’il écrivait ce texte, que cette mauvaise traduction serait promptement rectifiée. Sur ce point, il était dans l’illusion totale.
Force est, en effet, de constater que, près de cinquante ans plus tard, la traduction erronée est toujours là, toujours récitée dans les messes en langue française, et que, malgré plusieurs demandes du Saint-Siège sous les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI, les épiscopats francophones n’ont toujours pas rectifié les traductions approximatives ou fautives.

Et le venin de l’hérésie néo-arienne continue tranquillement à être inoculé dans l’esprit et dans l’âme des pratiquants qui récitent moutonnièrement, dimanche après dimanche, que le Fils est « de même nature que le Père » : au bout d’un demi-siècle de répétition, faut-il s’étonner que les « fidèles » soient en réalité des… infidèles, croyant en autre chose qu’en la foi catholique pleine et entière ?

Pour qu’il en soit ainsi – contra factum non fit argumentum – , on ne peut que conclure qu’il y a pour le moins de la mauvaise volonté (si ce n’est une complète absence de volonté), un manque absolu de zèle pour la transmission de la foi authentique de l’Eglise, et finalement une faute grave contre la profession de foi qu’ont – en principe – dû émettre Nos Seigneurs les Cardinaux et Evêques de France, Nos Seigneurs les vicaires généraux, messieurs les vicaires épiscopaux et judiciaires, messieurs les curés et recteurs, messieurs les professeurs de séminaires, et enfin ceux qui ont été promus à l’ordre du diaconat (cf. Code de Droit Canonique – canon 833).

C’est la raison pour laquelle j’affirmais en commençant ce texte que l’assistance à la messe selon le missel de Paul VI - entré en vigueur pour le premier dimanche de l’Avent de l’année 1969 - ne peut que poser de véritables problèmes de conscience à un catholique français qui veut rester fidèle à la foi catholique telle que nous l’avons reçue de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, telle qu’elle nous a été transmise par les Saints Apôtres, les Pères et Docteurs de l’Eglise, la Tradition constante et le magistère authentique de la Sainte Eglise.
En conséquence logique, le catholique qui veut rester catholique fuiera les messes où la foi catholique n’est pas professée convenablement.

Saint Athanase, gardez-nous dans la foi de Nicée !
Saint Athanase, priez pour ces pauvres catholiques de langue française qu’une mauvaise traduction du Symbole de Nicée-Constantinople contraint à réciter une profession de foi hérétique !

Lully.

Symbole de la Sainte Trinité

Et pour lire ou relire la profession de foi trinitaire dite « Symbole de Saint Athanase » > ici

2015-50. Appelez tout le peuple, et montrons−lui son Roi !

Vendredi 24 avril 2015,
Fête de Sainte Marie de Sainte Euphrasie Pelletier,
Fête de Saint Fidèle de Sigmaringen,
et anniversaire du baptême de Saint Augustin par Saint Ambroise.

Grandes armes de France

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La divine Providence a permis à Frère Maximilien-Marie de gagner une impression photo sur toile (de format 30 cm x 40 cm) ; sur mes conseils – car les chats sont toujours de bon conseil ! – il a donc commandé un portrait de Monseigneur le duc d’Anjou, notre Roi Louis XX, à partir de la photo de bonne résolution qui nous a été communiquée par un ami (que je remercie chat-leureusement au passage).
La livraison du tableau nous a été faite ce lundi 20 avril : il ne restait plus qu’à lui trouver la place, digne et juste, où nous l’installerions.

Peut-être vous souvenez-vous qu’il y a tout juste un an, le 25 avril 2014, à l’occasion du quarantième anniversaire de notre Souverain légitime et de la cérémonie à laquelle Frère Maximilien-Marie avait été si heureux de participer, à Aigues-Mortes, pour célébrer le huitième centenaire de la naissance de Saint-Louis (voir > ici), notre Frère a pu dire à Monseigneur que nous prions quotidiennement pour Lui et que d’ailleurs nous avons son portrait dans notre oratoire : le portrait en question étant un petit buste, d’à peine dix centimètres de haut, qui avait été autrefois diffusé par l’Institut de la Maison de Bourbon.

L’arrivée de ce tableau nous a permis de donner un peu plus d’importance à cette « présence » de notre Roi dans l’oratoire du Mesnil-Marieen sortant des réserves de la sacristie un chevalet, un tissu de soie blanche, une couronne, nous eûmes tôt fait cette installation, juste à l’entrée de l’oratoire. 

Portrait de Louis XX - oratoire du Mesnil-Marie

Il y a déjà fort longtemps que Frère Maximilien-Marie insiste pour dire qu’il est très important que tous les Légitimistes aient chez eux, en une place d’honneur, le portrait de notre Roi légitime : pas une minuscule photo dans un coin confidentiel, mais un portrait bien visible par tous.
Avant la sinistre révolution, le portrait du Souverain se trouvait dans nombre de demeures, jusqu’en de très modestes chaumières, par tout le Royaume.

Il y a quelques semaines, en relisant « Athalie », j’ai relevé une réplique de Joad à l’adresse des lévites (Act. V, sc. 7) et, me permettant d’en changer un unique mot (ce dont je suis certain que le cher Jean Racine ne peut me tenir rigueur : j’ai remplacé le nom de Jacob par celui de Clovis), j’en ai fait une véritable consigne d’action :

« Appelez tout le peuple, et montrons−lui son Roi :
Qu’il lui vienne en ses mains renouveler sa foi.
Roi, prêtres, peuple, allons, pleins de reconnaissance,
De Clovis avec Dieu confirmer l’alliance,
Et saintement confus de nos égarements,
Nous rengager à lui par de nouveaux serments. »

Montrons notre Roi ! 
En ces temps de confusion spirituelle et intellectuelle, que les Légitimistes français considérent qu’il est de leur devoir – par un rayonnement serein qui attire les coeurs et les esprits, mais aussi en présentant son portrait bien visible dans leurs maisons – de manifester à qui appartient l’autorité légitime, à qui revient de droit la charge de régir notre pays, qui les lois plus que millénaires de notre beau Royaume désignent comme successeur de Clovis, de Saint Charlemagne, de Saint Louis, d’Henri IV, de Louis XIV, de Louis XVI, de Charles X et d’Henri V !

Et bien sûr, en ce 25 avril, jour anniversaire de la naissance de notre Prince Dieu-donné, d’une manière plus fervente et plus instante encore qu’à l’accoutumée, nous avons à coeur de prier pour sa personne, pour sa famille et pour ses intentions :
« Domine, salvum fac Regem ; et exaudi nos in die qua invocaverimus Te : ô Seigneur, gardez notre Roi ; et exaucez-nous au jour où nous Vous invoquons ! »

Lully.

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Publié dans : Chronique de Lully, Prier avec nous, Vexilla Regis | le 24 avril, 2015 |1 Commentaire »

2015-49. Où le Maître-Chat Lully célèbre la fête de Saint Georges en chantant.

Jeudi 23 avril 2015,
Fête de Saint Georges le mégalomartyr.

St Georges et le dragon

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ainsi que je vous l’écrivais l’an dernier à cette même date (voir > ici), la fête de Saint Georges a une grande importance en notre Mesnil-Marie.
Pour la marquer, cette année, je voulais partager avec vous ce chant composé en son honneur, qui figure au répertoire de nombreux scouts…
Si d’ailleurs l’un de mes lecteurs sait par qui il a été composé, je lui serais reconnaissant de me le faire savoir : Frère Maximilien-Marie m’a demandé de lui trouver ce renseignement, mais je l’ai cherché en vain jusqu’ici.

Bonne fête à la Georgie, à l’Angleterre, à l’Ethiopie, à la Grèce, à la Russie, à la Lituanie, à la Bourgogne, à l’Aragon et à la Catalogne, ainsi qu’à toutes les nombreuses villes dont Saint Georges est le céleste protecteur !
Bonne fête à tous les scouts, et à la Cavalerie française !

Lully

chevalier gif

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1er couplet :
Fier chevalier, l’éclat de ton armure
Comme un soleil attire tous les yeux ;
Ta loyauté, ton âme toute pure
Nous ont conquis, et nous voici joyeux.

Refrain :
Saint Georges, guide-nous
Sur la route claire et belle !
Saint Georges, guide-nous,
Rends-nous fermes et prêts à tout !

2e couplet :
Garde à nos yeux le charme d’un sourire
Quand nous souffrons au plein de notre effort ;
Et dussions-nous souffrir un long martyre,
Tiens nos cœurs droits quand faibliront nos corps

3e couplet :
Ô grand vainqueur, de ton séjour de gloire
Assiste-nous, quand ici nous luttons.
Conduis nos pas aux routes de victoire ;
Jusqu’à la mort s’il faut, nous te suivrons.

Croix de Saint Georges

Croix de Saint Georges
(qui figure sur le blason de nombreuses villes ou pays dont il est le saint patron)

Publié dans : De liturgia, Nos amis les Saints | le 23 avril, 2015 |4 Commentaires »

2015-48. D’une pseudo-messe de funérailles.

Mercredi 22 avril 2015,
Solennité de Saint Joseph.

Eglise de Saint-Clément - cul de lampe de la chapelle des cardinaux Flandrin 1

Eglise de Saint-Clément – cul de lampe de la chapelle des Cardinaux Flandrin (XVe siècle)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Comme cela arrive de temps en temps, le Maître-Chat Lully me laisse aujourd’hui le libre usage de son blogue afin d’y exprimer – une fois de plus, hélas ! – une très grande tristesse (car il ne faudrait vraiment pas s’imaginer que c’est par plaisir que j’écris des choses telles que celles qui vont suivre !).

Je me suis déjà exprimé sur le même sujet au début du mois de novembre 2012, au retour des funérailles d’une vieille amie qui avaient été célébrées dans l’église où j’ai reçu la grâce du saint baptême (à lire ou à relire > ici), et je pourrais reprendre quasi mot pour mot ce que j’écrivais alors.
D’aucuns me diraient peut-être : « En ce cas, ne vaudrait-il pas mieux vous taire ? »
Non ! Il existe des formes de mensonge par omission, et, en l’occurrence, mon silence pourrait laisser penser que j’approuve ou que je suis indifférent.
Il me semble même que se taire, lorsque une prétendue cérémonie catholique atteint un tel degré d’aberration, constituerait un double péché : péché contre la vérité et péché contre la charité.
La charité, en effet, ne consiste pas à dire qu’une chose est blanche quand elle est noire, au motif qu’il ne faudrait pas faire de peine à tel ou tel !
La première des charités est la vérité.
Ainsi donc dire qu’une cérémonie n’est pas conforme à ce que demande l’Eglise en matière de liturgie (non pas de manière subjective et par pure « sensibilité », mais parce que l’Eglise nous donne les moyens objectifs pour en juger), dire qu’un prêtre n’a pas fait ce qu’il était de son devoir d’accomplir mais s’est livré à du « grand n’importe quoi », dire que les fidèles sont gravement abusés par ce type de comportement, et dire enfin que l’âme d’un défunt peut subir les préjudices d’une cérémonie de funérailles pour le moins fantaisiste, n’est qu’une forme de témoignage rendu à la vérité catholique.

J’en entends déjà certains m’opposer avec des airs scandalisés : « Mais vous jugez ce prêtre et ses collaborateurs… »
Pas du tout ! Je laisse à Dieu (et j’en suis bien heureux) le soin de juger le coeur de ce prêtre, de ses intentions réelles et de sa responsabilité.
Pour ce qui me concerne, je ne fais que relever des faits, tels que je les ai pu constater, et tels que les centaines de personnes qui étaient là peuvent aussi dire que les choses se sont passées (si toutefois elles y ont pris garde, car les fidèles « ordinaires » sont tellement habitués à subir n’importe quoi que leur perception est devenu totalement relativiste) ; et ces faits, je regarde simplement s’ils sont conformes ou non aux règles liturgiques édictées par la Sainte Eglise, pour le rite romain « ordinaire », qui n’est pas celui auquel j’assiste habituellement, mais dont je connais néanmoins les règles. C’est tout.

Eglise de Saint-Clément - cul de lampe de la chapelle des cardinaux Flandrin 2

Eglise de Saint-Clément – cul de lampe de la chapelle des Cardinaux Flandrin (XVe siècle)

Cette fois-ci, il s’agissait des funérailles d’un homme qui fut pendant une quarantaine d’années maire de l’un de nos villages des hautes Boutières – Saint-Clément – , victime d’une mort subite et imprévue en milieu de semaine dernière.

Dans le cadre des activités associatives  locales auxquelles je participe, j’avais pu en maintes occasions le rencontrer, et parler avec lui autrement que d’une manière superficielle.
Issu des anciennes familles de nos hautes terres, il avait hérité de ces lignées de paysans qui l’avaient précédé un solide bon sens et un réalisme plein de sagesse.
Il avait suivi une partie de sa scolarité au petit séminaire (au temps où il y avait des petits séminaires et où l’on y dispensait un enseignement humaniste chrétien de qualité) : c’était un homme habité par une foi profonde. Combien de fois, traversant son village et m’arrêtant pour y faire une visite au Très Saint Sacrement dans sa belle petite église des XIIe et XVe siècles dont la porte était toujours ouverte, ne l’ai-je pas trouvé là, recueilli !
C’était aussi un homme possédé par l’amour de son terroir, qui avait déployé des trésors de pugnacité et suscité des initiatives originales pour tenter de s’opposer à l’exode rural et à la désertification de nos villages.

J’appréciais ses qualités humaines et spirituelles, sa discrétion et sa profondeur, sa cohérence de vie : il me semblait donc important de me rendre à ses funérailles religieuses, qui – je me répète (mais en nos temps de confusion et d’approximation il est important d’insister) – , pour l’Eglise, ne consituent pas une « cérémonie d’hommage » mais un moment particulièrement intense de prière pour le salut de l’âme du défunt, pour implorer le pardon de ses péchés, et pour demander à Dieu de le purifier des conséquences de ses fautes, afin qu’il puisse accéder au Paradis.
Ce n’est pas, en effet, parce qu’un homme est bon, droit, juste, et honnête – qu’il n’a « pas tué et pas volé », comme le répètent bêtement nombre de personnes lorsqu’elles veulent faire croire qu’elles n’ont rien à se reprocher – qu’il n’y a pas, après la mort, des purifications nécessaires, des purifications longues et douloureuses, que la Sainte Eglise, par l’oblation du Saint-Sacrifice, par ses sacramentaux et ses suffrages, a le pouvoir de soulager.

Eglise de Saint-Clément - cul de lampe de la chapelle des cardinaux Flandrin 3

Eglise de Saint-Clément – cul de lampe de la chapelle des Cardinaux Flandrin (XVe siècle)

Me voilà donc, samedi dernier 18 avril après-midi, dans la belle petite église de Saint-Clément, à presque 1200 m d’altitude.
J’étais arrivé à l’avance et, dans mon bréviaire, j’ai récité l’office des défunts.

Peu à peu, l’église s’est remplie, jusqu’à être plus que comble, d’une foule bavarde et indiscrète : il semble que même les « pratiquants » (mais que signifie encore ce mot ?) n’ont aucun égard à la sainteté du lieu consacré à Dieu. On s’y interpelle et s’y fait des grands signes, on s’y congratule et on y échange des nouvelles comme si l’on était sur la place publique ou dans quelque réception mondaine.

A 15 h, la cérémonie religieuse a commencé.
- S’agissait-il d’une messe ?
Peut-être… mais je n’en suis finalement pas très sûr.
- S’agissait-il d’une messe de la Sainte Eglise Catholique Romaine ?
Là, je peux répondre d’une manière catégorique : certainement pas !… même si elle était « célébrée » par deux prêtres qui sont – officiellement du moins – des prêtres catholiques.

En voici le déroulement :

- 1) Y a-t-il eu un signe de croix lorsque le prêtre est allé accueillir le cercueil à l’entrée de l’église ? Je ne le sais pas puisque j’étais déjà dans l’église. Ce dont je suis certain, en revanche, c’est qu’il n’y en a pas eu pour commencer la « célébration » à l’intérieur de l’église.

- 2) Après que le cercueil a été placé devant l’autel, une dame (de la communauté locale ?) a introduit la célébration par un « mot d’accueil ».
Puis une nièce du défunt a lu son « témoignage » : c’était bien tourné, c’était émouvant, c’était touchant, certes, puisque cela exprimait la souffrance et le désarroi d’un proche en face de cette mort brusque. Mais ce genre d’intervention appartient au domaine des « cercles de paroles », dans le cadre des cellules de soutien psychologique : il n’appartient à la liturgie, il n’a pas sa place dans la liturgie.

- 3) Vint alors un premier chant. Un chant de Pâques : « Depuis l’aube… » Un chant où l’on demande à Jésus de rester avec nous, de marcher avec nous, de veiller avec nous et enfin de nous accueillir dans la joie près de Son Père.
Les paroles ne sont pas idiotes (comme c’est malheureusement souvent le cas pour nombre de cantiques « modernes »), mais elles ne constituent pas à proprement parler une prière pour le défunt, et cela n’a pas grand’chose à voir avec l’introit « Requiem aeternam » ni avec la traduction française que l’on en trouve dans le missel issu de la réforme liturgique postérieure au second concile du Vatican.

- 4) Le célébrant – qui ne portait pas de chasuble (alors qu’il me semble bien qu’à plusieurs reprises le Saint-Siège a rappelé que celle-ci n’est pas facultative) – y est allé ensuite de son « mot d’introduction » (le troisième en définitive !), lequel fut suivi par un nouveau cantique : « Dieu est amour… »

- 5) Pour la « préparation pénitentielle » : trois versets (étaient-ils improvisés, je ne le sais pas, mais ce dont je suis sûr c’est qu’ils n’appartiennent pas aux textes proposés par le missel officiel) psalmodiés par le prêtre, auxquels l’assemblée répondait en chantant : « Prends pitié de nous ! ».
J’avoue ne pas me souvenir s’il y a eu ensuite la formule prescrite : « Que Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde… etc. »

- 6) Puis ce fut la première oraison.
Je ne sais pas si cette oraison était une « création » de circonstance, une improvisation du célébrant, ou si elle était prise dans une publication paraliturgique, mais ce dont je suis certain, là encore, c’est qu’elle n’était pas prise dans le missel « officiel » de la « forme ordinaire du rite romain ».
D’une manière systématique, le prêtre conclue les oraisons par la formule « qui vit pour les siècles des siècles » : la mention du règne éternel de Notre-Seigneur Jésus-Christ, visiblement, l’indispose gravement.

- 7) Il y eut alors un grand moment (!!!), qui ne fut pas sans me rappeler certaines « originalités » pratiquées à la fin des « années soixante » du précédent siècle.
A l’époque, en effet, certains prêtres avaient imaginé, au moment de la lecture de l’épître, faire arriver à l’entrée du sanctuaire un facteur qui remettait une lettre au célébrant ; celui-ci la décachetait et s’écriait : « C’est Paul, notre frère, qui nous a adressé une lettre ! » Il paraît que c’était une manière « pédagogique » de faire comprendre aux fidèles que les épîtres sont des textes toujours actuels…
Ce samedi 18 avril, nous n’eûmes pas droit à l’arrivée du facteur, néanmoins la lecture de quelques versets du chapitre XIII de la première épître aux Corinthiens nous fut annoncée par cette proclamation : « Lecture de la première lettre de l’apôtre Paul aux amis de Bernard » (nota bene : Bernard est le prénom du défunt).

- 8) Cette lecture fut suivie d’un temps de méditation silencieuse pendant lesquelles – sur un fond musical (le « cum dederit » du « Nisi Dominus » RV 608 de Vivaldi), le prêtre nous invita, chacun dans le silence de notre âme, à « parler à Bernard ».

- 9) Il n’y a pas eu de lecture de passage de l’Evangile !!! C’est tellement « gros » que cela se passe de commentaire.

- 10) Il n’y a pas non plus eu d’homélie (mais, de cela, en définitive, je ne me plains pas ; j’en rends plutôt grâces à Dieu).

- 11) Une « prière universelle », avec l’ambiguïté propre à toutes les « prières universelles ».
En effet, une prière étant supposée s’adresser à Dieu, pourquoi les « prières universelles » sont-elles presque toujours des textes qui paraissent être écrits à l’adresse des fidèles ?

- 12) Si on se permet de sabrer allégrement dans les textes liturgiques, en revanche on ne se permet pas d’omettre la quête, annoncée « pour l’église » (sans qu’on sache si c’est pour l’Eglise, institution, ou pour l’église bâtiment : son entretien, le chauffage …etc.).

- 13) Le prêtre a ensuite expliqué qu’il préparait « le pain et le vin » sur « la table ».
Je n’ai pas pu voir s’il y avait un corporal sur cette « table » (que je croyais être un autel, pardonnez ma méprise) : ce détail n’est en pas vraiment un dans la mesure où, normalement – c’est du moins ce que j’avais appris dans mes cours de théologie sacramentelle – , lorsqu’un prêtre célèbre la messe il a l’intention de consacrer ce qui se trouve sur le corporal. S’il n’y a pas de corporal (et je n’ai pas lu que le missel post-vaticandeux en dispensait) le prêtre a-t-il l’intention de consacrer « ce qui se trouve sur l’autel » ? Alors, en ce cas, si la burette contenant le vin est posée sur l’autel (comme ce samedi), le prêtre qui veut consacrer « ce qui est sur l’autel » ne consacre-t-il pas non seulement le vin qui est dans le calice mais aussi celui qui est resté dans la burette ?
Les textes officiels pour l’offertoire furent eux aussi trafiqués et écourtés, et il n’y eu pas de « lavabo ».

- 14) La préface : on y retrouvait quelques bribes éparses de la préface des défunts, mais il semblait bien que ce fut essentiellement de l’improvisation.

- 15) La « prière eucharistique » fut de la même veine : les paroles de la consécration y étaient, mais tout le reste était brodé, glosé, …etc.
A l’élévation, me trouvant dans un doute bien légitime, je priais dans mon coeur : « Mon Dieu, si Vous êtes là, je Vous adore ; et si Vous n’y êtes pas, je Vous adore… dans le Ciel ! »
Car la validité de la messe ne peut-être que douteuse dans de tels cas.
Comme je l’écrivais en novembre 2012 :
« Pour qu’une Messe soit valide, il faut qu’elle soit célébrée par un prêtre validement ordonné, qui prononce, sur le pain et sur le vin, les paroles de la consécration reçues par l’Eglise, avec l’intention de faire ce que veut faire l’Eglise.
L’intention du prêtre n’est pas son intention « subjective », mais l’intention qu’il manifeste à travers le rite qu’il utilise.
Je me répète et j’insiste : il est nécessaire que le prêtre aie l’intention de faire ce que l’Eglise fait. Or ce que l’Eglise fait est codifié par le rite et par les règles liturgiques précises qui ont été édictées par le Saint-Siège.
Un prêtre qui, malgré ce qui est écrit dans le missel et malgré les multiples rappels à l’ordre de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, n’utilise pas les ornements prescrits, invente les oraisons ou va les prendre dans des « fiches » non approuvées par l’autorité compétente, modifie les textes, fait des ajouts ou bien retranche des parties entières des formules liturgiques, montre à l’évidence qu’il se fiche complètement de ce que veut faire l’Eglise.
Si, en outre, dans une discussion, ce même prêtre a nié devant vous la doctrine catholique du Saint-Sacrifice telle qu’elle a été définie par le Concile de Trente, comme aussi d’autres points non négligeables de la foi catholique, et que vous savez qu’il lui arrive de « concélébrer » avec un pasteur, il vous est très légitimement permis de douter de la validité de la « messe » (ou prétendue telle) qu’il célèbre ».

- 16) Le « Notre Père » fut privé de son embolisme (« Délivre-nous de tout mal… ») et directement suivi de la doxologie « car c’est à toi qu’appartiennent… ».
La prière « Seigneur Jésus-Christ, tu as dit à tes apôtres… » fut également omise et l’ « Agneau de Dieu » remplacé par un « chant de paix » aux paroles incertaines qui n’en reprenait qu’une seule invocation.

- 17) Après la distribution de la « communion » (j’écris le mot entre guillements car je ne sais pas s’il y avait Présence Réelle ou pas), la « prière après la communion » prévue par le missel fut remplacée par un texte un peu long, lu par une dame dans ce qui m’a semblé être une revue : le texte s’adressait à Dieu en Lui disant, entre autres, qu’Il ne juge personne et qu’Il ne pèse pas le bien et le mal dans une balance…
Et moi qui, avec vingt siècles de Tradition chrétienne, répète tous les jours dans le « Symbole des Apôtres » ou le « Symbole de Nicée » que Jésus siège à la droite du Père « d’où Il viendra pour juger les vivants et les morts », je dois donc être bien nigaud de croire en cela !

- 18) Ce que nous appelons l’absoute dans le rite latin traditionnel, était remplacé ici par un « chant d’au revoir » dont je vous scanne le texte, tel qu’il figurait sur les feuilles qui nous avaient été remises ; ainsi ne pourrais-je pas être accusé d’affabuler ou d’exagérer.
Je regrette toutefois de ne pouvoir vous en livrer la musique, car ce que j’ai entendu évoquait irrépressiblement à mes oreilles la mélodie – savante et fort spirituelle – de « Prom’nons-nous dans les bois pendant que le loup n’y est pas… »

Il était notr'ami (sic) chant d'au revoir

Puis le célébrant fit sur le cercueil une aspersion avec de l’eau dont je n’affirmerai pas qu’elle avait été bénite : ce prêtre n’a jamais parlé d’eau bénite, mais uniquement de « signe de l’eau », et quand, avant la cérémonie, le bénitier avait été rempli, il m’avait semblé que c’était au moyen d’une bouteille d’eau minérale naturelle du commerce dont c’était la première ouverture.

Voilà donc toutes les raisons qui font que je ne puis parler que d’une pseudo-messe de funérailles, et non d’une messe selon la liturgie de l’Eglise Catholique Romaine, car même dans le missel issu de la réforme liturgique post-concilaire il y a des règles précises, dont le second concile du Vatican lui-même avait affirmé : « Le droit de régler l’organisation de la liturgie revient uniquement à l’autorité de l’Eglise : celle-ci appartient au Siège apostolique et, selon les règles du droit, à l’évêque. (…) C’est pourquoi absolument personne d’autre, fut-ce un prêtre, n’ajoutera, n’enlèvera, ou ne changera rien, de sa propre initiative, à la liturgie. » (Vatican II, constitution « Sacrosanctum concilium » sur la liturgie paragraphe 22, §1 et §3).

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Eglise de Saint-Clément - cul de lampe de la chapelle des cardinaux Flandrin 4

Eglise de Saint-Clément – cul de lampe de la chapelle des Cardinaux Flandrin (XVe siècle)

2015-47. Où le Maître-Chat Lully donne le compte-rendu d’un petit pélerinage au pays natal de Saint Bénézet à l’occasion de sa fête.

Jeudi soir 16 avril 2015,
fête de Saint Benoît-Joseph Labre (cf. > ici).

Jean Laurent - Saint Bénézet, pâtre burzétin - 1996

Saint Bénézet, le pâtre Burzétin fondateur du pont d’Avignon,
opuscule publié par Jean Laurent en  1996.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je vous ai expliqué qui est Saint Bénézet (ici > www), et vous avez pu lire au passage qu’il est natif de ce diocèse de Viviers dans lequel est établi notre Mesnil-Marie.

Mardi dernier, 14 avril, jour de la fête liturgique de Saint Bénézet, Frère Maximilien-Marie a réalisé un souhait qui l’habitait depuis longtemps : se rendre en pélerinage au lieu où est né ce saint que nous aimons beaucoup, c’est-à-dire au hameau du Villard, sur la paroisse de Burzet, à 8 ou 9 lieues d’ici.

Le village de Burzet est célèbre pour son chemin de croix du Vendredi Saint, pour lequel, comme dans les mistères médiévaux, les habitants sont costumés pour une représentation sacrée qui aide les fidèles à entrer dans la méditation de la Passion de Notre-Seigneur. J’avais déjà eu l’occasion de vous en parler (voir ici).

Burzet - église Saint André vue depuis le calvaire

Burzet, l’église Saint-André (XVe siècle),  vue depuis le calvaire.

La divine Providence, dans son admirable disposition des choses, a fait que Frère Maximilien-Marie a rencontré, à l’église Saint-André – où il s’est rendu en premier lieu – , Monsieur Jean Laurent, qui a publié en 1996 un opuscule fort bien fait résumant l’histoire de Saint Bénézet et de son culte, dont il a offert un exemplaire à notre Frère (cf. photographie du tout début de ce compte-rendu).

L’église Saint-André a été rebâtie au XVe siècle ; elle n’est donc pas celle qu’a connue Saint Bénézet.
Toutefois, ayant été reconstruite au même emplacement que la précédente, il est néanmoins permis de dire que c’est dans ce lieu que Saint Bénézet reçut la grâce du saint baptême.

Quand on rentre dans l’édifice, relativement austère, on est aussitôt attiré par le sanctuaire et son élégant retable.

Burzet église Saint-André, le sanctuaire et le rétable du 19e siècle

Le sanctuaire de l’église Saint-André de Burzet avec son rétable.

En 1794, l’église de Burzet avait été entièrement dépouillée de son mobilier (un précieux rétable du XVIIIe siècle disparut alors).
Le rétable actuel, de style classique, fut commandé en 1810 par un curé zélé, l’abbé Riffard : le tableau central représente l’apôtre Saint André, titulaire de l’église ; il est encadré par deux niches dans lesquelles se trouvent, du côté de l’Evangile Saint Jean-François Régis – apôtre du Vivarais et du Velay (voir > ici) – , et du côté de l’épître Saint Bénézet.

Eglise de Burzet, rétable - statue de Saint Bénézet

Statue de Saint Bénézet – rétable de l’église de Burzet (XIXe siècle)

Le jeune Burzétin est représenté en berger, dans un costume du XVIIIe siècle, une houlette à la main.
L’expression donnée au visage de cette statue est empreinte d’une douceur tout angélique.

Eglise de Burzet, rétable - statue de Saint Bénézet - détail

En dessous de cette statue, une sculpture en bas relief représente la rencontre de Saint Bénézet avec l’ange qui le guida jusqu’au Rhône et l’instruisit de sa mission.

Eglise de Burzet, détail du rétable -  Saint Bénézet rencontre l'ange

Monsieur Laurent étant le gardien des clefs de l’église, il a eu l’extrême obligeance d’inviter Frère Maximilien-Marie à la sacristie, dans laquelle sont conservées d’une part une statue de Saint Bénézet du XVIIIe siècle, vraisemblablement taillée par un imagier local et qui a échappé au vandalisme de 1794…

Eglise de Burzet - statue de Saint Bénézet du XVIIIe s.

… et d’autre part une chasse renfermant deux reliquaires :
- l’un est un médaillon comme on en confectionna beaucoup au XIXe siècle,
- l’autre a été réalisé dans un coffret de cristal semblable à une boite à bijoux, et renferme la tête d’un os de la jambe de Saint Bénézet.

Vous connaissez tous, chers Amis, la dévotion de notre Frère envers les saintes reliques, et vous pouvez donc sans peine imaginer la ferveur et l’émotion avec lesquelles il vénéra ce précieux ossement !!!

Eglise de Burzet relique de Saint Bénézet

L’église Saint-André de Burzet possède encore deux autres éléments liés au culte de Saint Bénézet :

1) un vitrail, posé au milieu du XXe siècle, où l’on peut reconnaître - en haut, le jeune berger sur lequel repose la colombe symbolisant le Saint Esprit, agenouillé face à l’ange qui fut son guide ; - au centre, Saint Bénézet et ses compagnons en train de construire le pont ; - et en bas, la mort de Saint Bénézet.

Eglise de Burzet vitrail Saint Bénézet XXe siècle

2) une statue taillée dans la pierre en 1996 par un monsieur natif de Burzet dont la carrière professionnelle s’exerça en Avignon et qui, de ce fait, se sentait encore plus spécialement lié à Saint Bénézet

Eglise de Burzet statue de Saint Bénézet 1996

… Pour cette statue, on sent que le sculpteur s’est inspiré des traits du visage de la statue du XVIIIe siècle ; il a aussi voulu, par l’agneau et le chien, évoquer l’enfance pastorale du jeune saint, tandis que la construction du pont et l’oeuvre des Frères Pontifes sont symbolisées par le chapiteau du premier plan et le pilier de l’arrière plan.

Monsieur Jean Laurent a ensuite fort obligeamment accompagné Frère Maximilien-Marie jusqu’au hameau du Villard, à quelque trois kilomètres du village.

En cette radieuse et chaude après-midi de printemps, le hameau était splendide. A travers les arbres, on aperçoit la chapelle édifiée à partir de 1727 en avant des maisons.

Burzet - le Villard et sa chapelle

Burzet : le hameau du Villard et sa chapelle aperçus depuis la route en contrebas.

Pillée par les révolutionnaires, la chapelle du Villard fut restaurée et agrandie au XIXe siècle, puis fit l’objet d’une nouvelle restauration intérieure en 1970.

Burzet - hameau du Villard, la chapelle

La chapelle du Villard, extérieur.

Burzet - chapelle du Villard porte d'entrée

Chapelle du Villard, porche.

Burzet, chapelle du Villard - intérieur

Chapelle du Villard, intérieur.

Ayant échappé au vandalisme sacrilège des patriotes, la chapelle conserve un tableau sculpté dans un panneau de noyer qui fut offert en 1729 par Son Excellence Monseigneur François Renaud de Villeneuve Forcalqueiret, évêque de Vivers de 1723 à 1748. Cette oeuvre représente Saint Bénézet gardant son troupeau lorsque Dieu se communique à lui.

Burzet, chapelle du Villard - tableau offert en 1729 par Mgr de Villeneuve

Vocation de Saint Bénézet :
tableau sculpté en bas-relief, offert en 1729 par Mgr de Villeneuve.

La maison natale de Saint Bénézet est l’une des plus anciennes du hameau, au sommet duquel elle se trouve : elle ne se visite pas et nécessiterait une restauration.

Burzet, le Villard - maison natale de Saint Bénézet

Il ne faut pas quitter le Villard sans saluer Monsieur René Chabaud, dont la maison est voisine de la chapelle : le rayonnement de cet homme a beaucoup touché Frère Maximilien-Marie.
Marchant avec peine, appuyé sur deux cannes, Monsieur Chabaud est le gardien de la chapelle dont il vient, avec une exemplaire fidélité, tous les matins ouvrir la porte et revient la fermer à clef tous les soirs.
Notre Frère a été touché par son accueil souriant et par la conversation qu’il a eu avec lui.

Monsieur René Chabaud fidèle gardien de la chapelle de Saint Bénézet

Le fidèle gardien de la chapelle de Saint Bénézet au Villard.

Après cette pieuse visite au Villard, Monsieur Laurent et Frère Maximilien-Marie, redescendant dans la vallée, se sont rendus, sur la départemantale 26, jusqu’au lieu dit Lamadès.
Là, sur le bord de la route, se trouve une pierre sculptée sur laquelle, à une date très récente, a été fixée une croix en fer.
Cette pierre est dite « pierre de Saint Bénézet » et garde le souvenir de son départ : ce serait à cet endroit qu’il aurait rencontré l’ange, caché sous les apparences d’un pélerin, qui devait le conduire jusqu’au Rhône.

Lamadès - la pierre de Saint Bénézet au bord de la route

Lamadès : la « pierre de Saint Bénézet »
- ci-dessus, dans son site ;
- et ci-dessous, gros plan sur l’inscription gravée. 

Lamadès - la pierre de Saint Bénézet gros plan

Voilà, bien chers Amis, le compte-rendu détaillé de ce pélerinage : soyez certains que, dans son coeur, Frère Maximilien-Marie emportait toutes les intentions qui lui sont confiées et qu’il a recommandées à l’intercession de Saint Bénézet : puisse aujourd’hui celui auquel Dieu demanda jadis de construire un pont sur le Rhône, établir de nouveaux ponts de grâces et de bénédictions pour nous relier en toutes circonstances à Notre-Seigneur, le Roi du Ciel !

Lully.

Burzet, hameau du Villard, campanile de la chapelle Saint Bénézet

Campanile de la chapelle du Villard sur fond de nature vivaroise au printemps.

2015-46. De Saint Benoît du Pont, couramment appelé Saint Bénézet, dont nous célébrons la fête le 14 avril.

Reconstitution numérique en 3 D du Pont Saint Bénézet, tel qu’il pouvait se présenter au milieu du XVIe siècle :

Image de prévisualisation YouTube

16 avril,
fête de Saint Benoît-Joseph Labre (cf. > ici)

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Si je vous parle du pont d’Avignon, vous allez probablement immédiatement penser à la célèbre chanson enfantine… et peut-être même vous mettre à la fredonner de façon spontanée.
Mais le « grand public » sait-il que le nom propre de ce pont fameux entre tous est « Pont Saint Bénézet » ?
Et combien savent encore qui est ce Saint Bénézet qui a donné son nom à ce pont ?
C’est ce que je me propose de vous expliquer maintenant, avant de vous emmener – un peu plus tard – en pélerinage sur les lieux de sa naissance.

Sur le pont d'Avignon refrain

La célèbre chanson « Sur le Pont d’Avignon » remonterait au XVe siècle
mais elle a connu un regain de popularité depuis le milieu du XIXe siècle.

Bénézet est un diminutif provençal du prénom latin Benedictus, en francais Benoît.
Dans les livres liturgiques, Saint Bénézet est donc officiellement appelé tantôt « Saint Benoît le jeune » ou « le petit » (en latin : Benedictus junior), en rapport avec sa petite taille et son jeune âge – nuances exprimées par la forme provençale – , tantôt « Saint Benoît du Pont » (en latin : Benedictus de Ponte), ce qui est bien sûr le rappel de l’oeuvre pour laquelle Dieu le suscita.

Selon toute vraisemblance, son patronyme était Chautard.
Il naquit au hameau du Villard, paroisse de Burzet, au diocèse de Viviers, dans la seconde moitié du XIIe siècle (d’aucuns disent en 1165, d’autres entre 1154 et 1159).
Tous les textes néanmoins sont unanimes pour situer en l’an 1177 son arrivée en Avignon.

Les sources de l’histoire de Saint Bénézet sont des plus fiables. Elles se trouvent principalement
- 1) dans deux chartes, de 1180 et 1181, donc rédigées du vivant du jeune saint ;
- 2) dans une charte de 1185 (année qui suivit sa mort), qui nous est parvenue à travers une copie authentique qui en fut réalisée au XIVe siècle ;
- 3) dans la chronique de Robert d’Auxerre (+ 1212), commencée en 1190 ;
- 4) dans une « légende » du début du XIIIe siècle, en langue provençale : le mot légende ne doit pas être entendu au sens de « récit fantaisiste sans consistance historique », mais compris dans son sens latin le plus strict : « ce qui doit être lu ». Ainsi la « légende de Saint Bénézet » est-elle bien un texte historique (on pourrait dire une version officielle) destiné à faire connaître l’oeuvre de Saint Bénézet et de ses continuateurs.

Lithographie fin XIXe s - Pont Saint Bénézet vu du rocher des Doms

Le Pont Saint Bénézet vu depuis le rocher des Doms – lithographie de la fin du XIXe siècle..

Sans qu’il ne nous soit rien révélé sur la vie du jeune homme depuis sa naissance, les récits les plus anciens nous racontent d’emblée sa vocation.
Alors que le jeune homme était en train de garder les brebis, il entendit distinctement des paroles qui s’adressaient à lui, sans voir cependant qui lui parlait.
Voici une traduction de ce que rapporte la « légende » en provençal : 

- Bénézet, mon fils, entends la voix de Jésus-Christ.
- Qui êtes-vous, Seigneur, qui me parlez ? J’entends votre voix mais ne vous vois pas.
- Ecoute donc, Bénézet, et n’aie point peur. Je suis Jésus-Christ qui, par une seule parole, ai créé le ciel, la terre et la mer et tout ce qu’ils renferment.
- Seigneur, que voulez-vous que je fasse ?
- Je veux que tu quittes les brebis que tu gardes, car tu me feras un pont sur le fleuve Rhône.
- Seigneur, je ne sais où est le Rhône et je n’ose abandonner les brebis de ma mère !
- Ne t’ai-je pas dit de croire ? Viens donc hardiment, car je ferai surveiller tes brebis et je te donnerai un compagnon qui te conduira jusqu’au Rhône. 

L’injonction divine se serait renouvelée à trois reprises avant que Bénézet ne se mette en route.

Comme le lui avait assuré la voix divine, il rencontra bientôt un homme vêtu comme un pélerin qui s’offrit à lui comme compagnon de route. Il s’agissait en réalité, comme pour le jeune Tobie dans l’Ancien Testament, d’un ange qui avait revêtu une apparence humaine.
L’ange conduisit Bénézet jusqu’au Rhône : Bénézet fut d’abord effrayé par la taille du fleuve et se demandait comment il serait possible de mener à bien une telle mission. Mais son céleste compagnon lui prodigua des conseils pour arriver jusqu’en Avignon et pour ce qu’il devrait y accomplir.

Statue reliquaire de Saint Bénézet - Avignon

Statue reliquaire de Saint Bénézet, Avignon :
elle représente le jeune homme portant une énorme pierre (voir ci-dessous).

Bénézet, entré dans la cité d’Avignon, alla trouver l’Evêque qui était en train de prêcher au peuple ; il lui dit à haute voix : « Ecoutez-moi et comprenez-moi, car Jésus-Christ m’a envoyé vers vous afin que je fasse un pont sur le Rhône » (texte traduit de la « légende » provençale).

En entendant ces paroles, l’évêque pensa avoir affaire à un insensé et perturbateur de l’ordre public ; il fit donc appel au prévot (ou viguier), devant lequel Bénézet maintint ses allégations :  « Mon Seigneur Jésus-Christ m’a envoyé en cette cité afin que je fasse un pont sur le Rhône ». 
Le viguier lui répondit : 
« C’est toi, si chétif personnage et qui ne possède rien, qui déclare que tu feras un pont où Dieu, ni Saint Pierre, ni Saint Paul, ni encore Charlemagne, ni aucun autre n’a pu le faire ? Ce serait merveilleux.
Attends ! je sais qu’un pont est fait de pierres et de chaux : je te donnerai une pierre que j’ai dans mon palais et, si tu peux la remuer et la porter, je croirais que tu pourras faire le pont ».

Bénézet, mettant sa confiance en Notre-Seigneur, retourna vers l’évêque et lui dit qu’il le ferait aisément.
L’Evêque dit : « Allons donc, et voyons les merveilles que tu nous promets ! » 
Il partit avec l’évêque, et le peuple avec eux ; et Bénézet prit seul la pierre que trente hommes n’auraient pu déplacer, aussi légèrement que s’il se fût agi d’un caillou, et il la mit au lieu où le pont a son pied. 
Les gens voyant cela crièrent au miracle et disaient que grand et puissant est Notre-Seigneur dans ses œuvres.  Et alors le viguier fut le premier à le nommer Saint Bénézet, lui baisant les mains et les pieds, et lui offrit trois cents sous, et dans ce lieu lui furent donnés cinq mille sous.
Maintenant vous avez entendu de quelle manière, frères, le pont fut commencé afin que vous tiriez profit de ce grand bienfait.
Et Dieu fit nombre de miracles en ce jour : par lui, il rendit la vue, fit entendre les sourds et marcher les paralytiques
 (texte traduit de la « légende » provençale).

Les deux chapelles superposées dédiées à Saint Bénézet et à Saint Nicolas

Avignon, Pont Saint Bénézet : les deux chapelles superposées.
La chapelle inférieure est dédiée à Saint Bénézet et la chapelle supérieure à Saint Nicolas.

Des compagnons, les « Frères de l’oeuvre du pont » ou « Frères pontifes », rejoignirent Bénézet. Après la mort de Bénézet, ce sont eux qui achevèrent la construction du pont (1188).

A côté du chantier, Bénézet avait acquis une maison qui, en sus d’être le lieu où ces pieux laïcs menaient une forme de vie commune, partagée entre les exercices de piété, le travail et la mendicité – car il fallait recueillir des aumônes pour la construction – , était ouverte à l’accueil des pélerins et au soin des malades.

Bénézet rendit son âme à Dieu le 14 avril 1184, entouré d’une immense vénération populaire, une vénération principalement due aux miracles de guérison qu’il accomplissait.
Les diverses enquêtes ecclésiastiques menées après sa mort citent un grand nombre de témoins directs attestant de ses dons de thaumaturge.

Son corps fut d’abord enseveli dans la chapelle construite sur le pont même : la chapelle Saint Bénézet (par la suite, le pont sera exhaussé et cette chapelle se retrouva en contrebas : on édifia au-dessus une deuxième chapelle, dédiée à Saint Nicolas, si bien que la chapelle Saint Bénézet en devint en quelque sorte la crypte).
En 1331, sans qu’il s’agisse à proprement parler d’une « canonisation » au sens moderne du mot, le pape Jean XXII, officialisa le culte qui était rendu à Saint Bénézet depuis sa mort, et que ses prédécesseurs avaient accepté, en composant pour lui un office liturgique propre et en fixant sa fête au 14 avril.

Le corps de Saint Bénézet fut retiré de la chapelle du pont au XVIIe siècle, à la suite d’une série de crues exceptionnelles qui avaient fait craindre pour la sécurité du lieu, et il fut déposé dans l’église du couvent des Célestins : à cette occasion, on constata que ce corps était incorrompu et exhalait une odeur suave.

Lors de la détestable révolution, malheureusement, la tombe fut violée et les restes de Saint Bénézet furent horriblement profanés. Une partie cependant put ensuite être récupérée, mise en lieu sûr, puis finalement déposée dans la collégiale Saint-Didier d’Avignon.
En 1849, l’archevêque d’Avignon procéda à une nouvelle reconnaissance des reliques de Saint Bénézet : il en donna une partie au diocèse de Viviers, où ces reliques furent distribuées entre la cathédrale, le grand séminaire et sa paroisse natale de Burzet.

L’examen des ossements montre qu’il devait avoir entre 25 et 30 ans au moment de sa mort, et qu’il mesurait environ 1,60 m.

Tombeau de Saint Bénézet dans la collégiale Saint-Didier - Avignon

Actuel tombeau de Saint Bénézet dans la collégiale Saint-Didier, en Avignon.

A suivre : petit pélerinage à la maison natale de Saint Bénézet > ici

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