Prologue librement inspiré par celui de l’Evangile selon Saint Luc.

Prologue librement inspiré par celui de l'Evangile selon Saint Luc. dans Annonces & Nouvelles dsc08042copiecopie

Le Maître-Chat Lully

« Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements – parfois totalement insignifiants – qui se produisent en ces temps, j’ai décidé moi aussi (puisque je suis chaque jour le témoin scrupuleusement attentif d’une aventure qui est, elle, véritablement hors du commun), de tenir pour vous, amis du Mesnil-Marie, sous la forme d’un récit assorti de commentaires personnels, une espèce de diaire de la fondation du Refuge Notre-Dame de Compassion.

Ainsi pourrez-vous, en suivant les péripéties de notre vie quotidienne, ou en vous associant aux évènements humains et surtout spirituels qui en jalonnent l’existence, garder un lien plus concret avec cette oeuvre que vous soutenez d’une fidèle et pieuse amitié.

Je réclame, bien évidemment, votre indulgence car je ne suis qu’un tout petit chat, mais vous savez aussi que j’occupe au Mesnil-Marie une place privilégiée (voir ici > www)… Puissent néanmoins ces lignes être utiles à tous pour conserver et resserrer le lien de la charité, dans la paix et la joie du coeur! »

patteschats chronique dans Chronique de LullyLully, l’Observateur.

Publié dans : Annonces & Nouvelles, Chronique de Lully | le 10 septembre, 2007 |Commentaires fermés

2018-69. « Réco-royco » à l’occasion de la Saint-Louis (25 août 2018).

Vitrail de Saint Louis avec la Sainte Couronne d'épines

Samedi 25 août 2018 :
Fête de Saint Louis, Roi de France

Saint Patron de notre Roi et de Monseigneur le Dauphin,
Céleste protecteur de tous les Capétiens et de la Royauté française.

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Le Cercle Légitimiste du Vivarais abbé Claude Allier, auquel s’associe le Cercle Légitimiste du Dauphiné Crillon le Brave, vous invite à une journée de récollection et d’approfondissement spirituel au Mesnil-Marie, animée par le Prieur de la Confrérie Royale.
Cette journée marquera la reprise des activités de nos cercles après la (relative) pause estivale : les membres ou sympathisants de la Confrérie Royale qui se trouvent dans les environs géographiques, sont également chaleureusement invités à prendre part à cette « réco-royco ».

Programme de la journée (susceptible de légères modifications sauf en ce qui concerne l’heure de la Messe) :

10 h : Sainte Messe
– 11 h : 1er enseignement
– 12 h 30 : Repas tiré du sac
– 14 h : 2e enseignement
– 16 h : chapelet et vénération de la relique de Saint Louis

Pour participer :

L’inscription à cette journée est nécessaire (pour des raisons d’organisation pratique). Merci d’y procéder sans retard !
Courriel :  vivarais.legitimiste@gmail.com

Reliquaire de Saint Louis - Le Mesnil-Marie

Reliquaire de Saint Louis dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

2018-68. Des chanoines pour la France.

Lundi 13 août 2018,
Fête de Sainte Radegonde, reine des Francs et veuve ;
Commémoraison des Saints Hippolyte et Cassien, martyrs ;
Commémoraison de Saint Jean Berchmans.

Sainte Radégonde vitrail de l'église Saint-Laon de Thouars - détail

Sainte Radegonde, reine des Francs,
fondatrice de monastères et moniale,
portant le reliquaire de la Sainte Croix
(détail d’un vitrail de l’église Saint-Laon de Thouars)

Fleur de Lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

A l’occasion de ma chronique relatant notre séjour en Provence pour la Semaine Sainte, je vous ai raconté notre visite à l’église Sainte-Thérèse du Trayas (cf. > ici). Je vous annonçai alors la prochaine parution d’un entretien avec nos très chers amis Messieurs les Chanoines Frédéric et Sébastien Goupil, accueillis dans son diocèse par Son Excellence Monseigneur l’Evêque de Fréjus et Toulon afin d’y mener à bien la fondation d’un Ordre de chanoines séculiers voués à la prière pour la France : l’Ordre de Saint-Remi.

La fête de Sainte Radegonde me paraît tout indiquée pour porter à votre connaissance l’ « intervioue » que je vous promettais il y a quatre mois :  comme la très grande majorité de nos souveraines, et avant d’entrer elle-même dans la vie monastique, cette sainte Reine a en effet  toujours encouragé les fondations religieuses et soutenu les œuvres vouées à obtenir du Ciel des grâces pour le Royaume.

Il y a toutefois un changement dont je dois vous informer tout de suite : depuis notre visite du 26 mars au Trayas, Monseigneur l’Evêque a un peu rapproché « nos » deux chanoines de Toulon – où l’un et l’autre travaillent à l’évêché quelques jours par semaine – ; au début du mois de juin, ils ont donc laissé le presbytère du Trayas et l’église Sainte-Thérèse que je vous avais présentée, pour résider au presbytère du Val.
Le Val est une petite ville de plus de 4.000 âmes, voisine de Brignoles, à quatre lieues à peine de la basilique royale de Sainte Marie-Magdeleine à Saint-Maximin.

S’ils habitent (pour l’heure, car ce n’est encore qu’une étape) au presbytère du Val, ils ne sont néanmoins pas en charge de la paroisse, qui a son propre curé.
Il est en effet important d’insister sur le fait que Messieurs les Chanoines n’ont pas vocation à prendre en charge un ministère curial (même s’il peut arriver qu’ils rendent service occasionnellement dans des paroisses) : la vocation canoniale est une vocation particulière, différente de l’appel au ministère paroissial. Le code de droit canonique actuellement en vigueur (canon 510) demande d’ailleurs à ce que les paroisses ne soient plus unies à un chapitre de chanoines.

Le texte qui suit a d’abord été publié dans le bulletin mensuel du diocèse de Fréjus-Toulon n°226 (mars 2018) dans une forme plus brève et repris sur plusieurs sites d’information (par exemple > ici).
J’ai expressément souhaité que ce texte court soit un peu plus développé et j’ai demandé à nos amis de le compléter afin de bien préciser certains points : le résultat est ce que vous allez découvrir ci-dessous, que j’ai reçu ces jours-ci, car ce texte mûri a été dûment vérifié par les autorités dont dépendent Messieurs les Chanoines.
Il m’apparaît d’autant plus important de le publier que je sais que diverses erreurs ont circulé au sujet de nos amis Messieurs les Chanoines Goupil. On a entendu dire qu’ils auraient abandonné la célébration de la Sainte Messe latine traditionnelle : c’est faux ! On a prétendu qu’ils seraient devenus « biritualistes » : c’est également faux ! On a raconté qu’ils ne seraient plus chanoines : c’est archi-faux, puisqu’ils le sont même davantage qu’ils ne l’étaient auparavant ! On a même contesté leur droit à une tenue de chœur spécifique : c’est encore une grossière erreur ! …etc. … etc.
Ceux qui colportent de telles rumeurs feraient mieux de se renseigner avant de raconter n’importe quoi, ou bien l’on finira par penser qu’ils se livrent à des calomnies volontaires (faut-il rappeler que la calomnie est un péché contraire au huitième commandement de Dieu, et que ce n’est pas parce qu’on est prêtre que cela donnerait un droit à y contrevenir ?).

Mais je vous laisse découvrir le texte de cet entretien, auquel je vous demande d’accorder une attention profonde.

Lully.

Fleur de Lys

chanoines-frederic-et-sebastien-goupil

Messieurs les Chanoines Frédéric et Sébastien Goupil,
fondateurs de l’Ordre de Saint-Remi

Fleur de Lys

« Des chanoines pour la France »

- Messieurs les Chanoines, pouvez-vous vous présenter ?

Nous sommes les chanoines Frédéric et Sébastien Goupil, deux Normands, frères de sang et de sacerdoce, âgés de 37 et 35 ans, ordonnés par S.Em. le cardinal Burke respectivement en 2009 (Année du Sacerdoce) et 2012 (Année de la Foi).

- Pourquoi dit-on « chanoines » ? Présentez-nous votre fondation de l’Ordre de saint Remi ?

Nous avons été formés et ordonnés dans l’Institut du Christ Roi, dont « les membres vivent à la manière des chanoines » (cf. > ici) selon ses Constitutions approuvées par Rome en 2008. En juin 2017, après deux ans de réflexion sur notre projet de fondation, nos supérieurs ont jugé qu’il ne correspondait pas aux buts et structure de l’Institut, et nous ont autorisés à rencontrer des évêques. Nous avons été accueillis en octobre avec grande bienveillance par Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon, devenu le 1er janvier dernier notre Ordinaire – c’est-à-dire notre supérieur ecclésiastique – pour nous aider à mener à bien la fondation de l’Ordre de saint Remi (cf. > ici), dont le cœur serait un collège de chanoines séculiers. Il nous a confié : « L’objet – la prière pour la France – me paraît très-fondé, et répondre à une heureuse intuition ».

Il existe encore aujourd’hui beaucoup de chanoines réguliers, des religieux qui vivent en communauté, menant une vie et exerçant un apostolat selon la Règle de Saint-Augustin : les Prémontrés en sont les plus célèbres.

Les seuls chanoines séculiers qui subsistent en France sont les chanoines de cathédrale. Avec la raréfaction du clergé, les prêtres honorés d’un canonicat ont souvent par ailleurs une charge pastorale dans une paroisse, et n’habitent plus le quartier des chanoines qui entourait jadis l’église cathédrale. Peu de cathédrales ont donc encore des offices réguliers au chœur, ce qui est pourtant la raison d’être des chapitres cathédraux : porter la prière du diocèse dans la liturgie solennelle quotidienne.

Nos ancêtres connaissaient un autre type de chanoines séculiers : les chanoines attachés aux églises collégiales, celles-ci étant fondées à une intention particulière, comme le salut des fondateurs et de leur famille, mais aussi pour le pays tout entier, les Rois Très-Chrétiens ayant parsemé le sol de France de fondations monastiques ou canoniales dans ce but.

Attaché à une église par sa prébende, chaque chanoine habitait sa propre maison et rejoignait ses confrères plusieurs fois au cours de la journée pour chanter l’Office divin et participer aux célébrations solennelles de la Liturgie. Le gouvernement était collégial, d’où le nom de « collège » porté par la société desdits chanoines, au contraire des abbayes et monastères, au gouvernement monarchique (par un abbé ou prieur). Il n’y avait pas normalement de vie communautaire stricte. La formation était soignée : beaucoup de saints ou de grands évêques passèrent par les écoles cathédrales ou collégiales dans leur enfance.

Les collégiales furent bien évidemment saccagées – voire détruites – par les révolutionnaires de 1789. Soulignons d’ailleurs que nombreux furent les chanoines séculiers à donner leur sang pour « Dieu et le Roi » : jusqu’à un tiers (18 sur 64) des martyrs de l’Île-Madame ! Cela n’est pas anodin, et manifeste l’importance non négligeable qu’ils eurent dans l’histoire de la France catholique.

Si les collégiales sont désormais vides ou transformées en églises paroissiales, c’est à Napoléon Bonaparte qu’on le doit malheureusement. Dans son souci de centralisation, ce dernier voulut calquer l’organisation des diocèses sur celle des départements. Aux préfets devaient correspondre les évêques (ainsi surnommés les « préfets violets »…), et aux maires : les curés. Il ne put mettre fin aux chapitres de cathédrale, constituant comme le sénat de l’évêque, mais refusa de laisser se reformer les autres, considérés trop indépendants.

Je n’ai pas connaissance de tentative de restauration des chapitres collégiaux en France depuis 200 ans… C’est le projet que nous portons, à la disposition des successeurs des Apôtres. Sans nous figer pour l’instant sur une église particulière, la structure d’Ordre permettrait de réunir, en une société de chanoines, des prêtres séculiers qui pourraient être attachés aux églises ou chapelles qui lui seraient confiées. Dépassant le collège canonial, nous envisageons d’accepter également d’autres membres :

  • des bénéficiers – ecclésiastiques ou laïcs – engagés au service actif des chanoines ;

  • des ecclésiastiques affiliés, tout en appartenant à une autre communauté ou diocèse ;

  • des membres simples, vivant à distance de notre esprit axé sur l’École française de spiritualité,

épanouis dans la célébration de la Liturgie latine traditionnelle qui nous est consubstantielle, et ancrés dans le désir primordial et « non négociable » de vraie sainteté, grâce à l’émulation et la communion des Saints.

- Comment cette vocation  s’est-elle imposée à vous ?

C’est une bien longue et complexe histoire ! Depuis mon enfance brûle au fond de mon âme le désir de contribuer à la fidélité de la France à sa vocation spéciale de Fille aînée de l’Eglise, héritée de ses Rois (car n’oublions pas que c’est pour notre pays un titre « consort »… je vous renvoie aux nombreuses interventions papales depuis que la Gaule est devenue France). Il faudrait un livre entier pour tout relater (rires), mais pour résumer, je voudrais prendre une image concrète, qui pour moi illustre cette vocation soumise au discernement de l’Église enseignante.

Depuis des siècles, se trouve dans la basilique Saint-Pierre de Rome, au cœur de la Chrétienté, une chapelle (cf. > ici), anciennement appelée « Capella regum Francorum », dédiée à la prière pour la France, et consacrée à sainte Pétronille (fille de saint Pierre et patronne de nos rois) et où j’eus d’ailleurs l’émouvante grâce l’an dernier d’offrir le Saint-Sacrifice ; quelle insigne grâce pour notre Patrie : connaît-on pareil privilège ?! Une Messe y est célébrée chaque 31 mai pour la France, tous les Français de Rome y étant invités. Et le reste de l’année, c’est un autel très demandé par les prêtres de passage. Pour la petite histoire, la Pieta de Michel-Ange avait même été commandée pour cette chapelle…

En 1889, le pape Léon XIII offrit une lampe d’argent, suspendue devant l’autel et dont l’inscription dédicatoire porte : « Elle semblera prier sans cesse pour la France ». Mon âme de jeune Français, et qui plus est de prêtre, fond de tristesse de voir dans cette belle lampe, dans ce lieu – pardonnez le mot – fatidique, « sembler briller »… une ampoule électrique !!! La France (l’ambassade, le clergé, chaque Français) n’a-t-elle pas les moyens d’entretenir une vraie flamme, quand on ne connaît pas d’autre nation honorée d’un tel privilège ?! L’Ordre de saint Remi veut s’offrir comme huile de cette lampe votive, afin de brûler liturgiquement dans le sanctuaire mystique et extraterritorial de la prière pour la France.

Plusieurs (familles, clercs) nous ont déjà encouragés : qu’ils soient ici chaleureusement remerciés. L’amitié dans le Clergé nous tient à cœur, et je suis frappé de constater que les Saints français du Siècle des Saints (le XVIIe…) étaient tous amis, ou du moins se connaissaient tous ou presque !

- Votre arrivée en Provence est-elle une étape pour de futurs développements ?

Mgr l’Évêque a bien saisi qu’il s’agirait d’une « base arrière » : nous avons vocation à servir là où les évêques de France feront appel à nous. Mais un indéfectible lien nous attachera toujours à cette province bénie, berceau de la Chrétienté européenne et racine de la Fille aînée de l’Église, les plus proches disciples de Notre-Seigneur y ayant débarqué miraculeusement, en premier lieu desquels sainte Marie-Madeleine évidemment, saint Lazare et sainte Marthe, sainte Marie de Cléophas et sainte Salomé, etc.

- En quoi consistera votre vie canoniale ?

Nous avons pour charisme la présence chorale qui est le cœur de notre vocation centrée sur la sainte Liturgie, « source et sommet de la vie de l’Église » (Sacrosanctum Concilium, 10). Le reste de la journée doit se passer dans une relative retraite, favorisant une vie nourrie d’étude – nous travaillons chacun une licence ecclésiastique – et de prière personnelle. Nous ne sommes pas faits pour gérer des paroisses, et le Droit de l’Église sépare bien désormais chapitre et paroisse (canon 510 § 1) ; notre ministère est complémentaire de celui des autres prêtres séculiers (diocésains ou de communautés), que nous sommes d’ores et déjà appelés à seconder par des confessions, prédications, directions spirituelles, etc. ainsi que par le service des Curies diocésaines (chancellerie, secrétariat).

Nous avons à cœur également, plusieurs fois par an, d’assurer l’aumônerie de pèlerinages et de retraites spirituelles dans le but de faire prendre conscience à nos contemporains de la si belle vocation et mission qui incombe à notre pays, comme l’ont souligné tant de saints et de papes au cours de l’histoire. Nous espérons que de nombreux autres jeunes clercs auront dans leur pays le même élan : le salut d’un pays et de tous ses habitants est chose trop sérieuse et même cruciale pour ne pas avoir des ecclésiastiques consacrés à cette œuvre… au moins dans chaque capitale ! Mais cela dépasse notre propre mission : à bon entendeur…

Saint Remi nous a portés mystiquement sur les fonts baptismaux de Reims en la personne de Clovis Ier, Fils aîné de l’Église. Il lui revenait de recevoir le patronage de cette petite œuvre consacrée à la prière – principalement liturgique – pour la fidélité de la France aux promesses de son Baptême. Lorsque le pape Jean-Paul II adressa ses mémorables paroles, en juin 1980, j’avais deux semaines. Devenus des hommes, nous voulons répondre à cet appel solennel lancé par le Père commun de la Chrétienté.

- Comment vous aider ?

En priant sérieusement pour nous, saint François de Sales enseignant que toute œuvre inspirée de Dieu connaît la Croix. Et pour que nous soyons bien dociles à la divine grâce.

En nous faisant dire des Messes pour le salut de la France, ce qui est la plus efficace des prières.

Le site du diocèse de Fréjus-Toulon organise aussi une récolte de dons pour les questions plus matérielles, soutien inévitable du spirituel (voir > ici)… « la grâce ne détruisant pas la nature » mais au contraire s’appuyant sur elle « et l’achevant » (S. Thomas d’Aquin : Somme de théologie ; I, q. 1, a. 8, sol. 2) !

Et enfin en nous rejoignant dans cette grande aventure, car c’en est une !

Je tiens cependant à préciser, à souligner, à marteler – comme nous le dîmes à Mgr Rey lors de notre première rencontre – que l’Ordre de saint Remi n’a pas vocation à avoir le monopole de la prière pour la France. Nous sommes prêts à nous associer à toute initiative de bonne volonté et fidèle aux principes chrétiens, à la doctrine sociale de la Sainte Église et au « génie français » évoqué par saint Pie X, loin de tout chauvinisme ou nationalisme. Mais nous avons un charisme propre, qui n’est par définition pas l’apanage ou la vocation de tout un chacun : appartenir à un chapitre séculier de chanoines (ou le servir et seconder), dans une liturgie particulière, selon un esprit particulier, avec une histoire spéciale également. Au nom de l’Église, Mgr Rey a courageusement pris sur lui de nous conduire dans l’étape si spéciale d’une institution qu’est la période de fondation, et qui demande d’en bien soigner les bases afin de fonder sur le roc (cf. Matth. VII, 25). Priez pour nous, mais priez aussi pour lui !

Quelques précisions importantes – à noter :
- En sus des dons, qui leur sont nécessaires pour vivre et pour développer la fondation (voir > ici), il n’est pas inutile de préciser que Messieurs les Chanoines de l’Ordre de Saint-Remi reçoivent volontiers des offrandes de Messes : pour vos intentions particulières et familiales bien sûr, mais il faut aussi souligner qu’il est particulièrement indiqué de s’adresser à eux lorsque l’on souhaite offrir des Saintes Messes pour la France, pour la Famille Royale, à l’occasion des grandes fêtes du Royaume ou pour les anniversaires importants de notre histoire royale… etc.
Pour les contacter : 
courriel : ordredesaintremi@gmail.com
adresse postale : Ordre de Saint Remi
                             Presbytère - Rue du Prieuré
                         
   83413 Le Val
Site de la paroisse du Val : leval.frejustoulon.fr

- En ce qui concerne les dons :
Les dons permettent de recevoir une déduction fiscale (reçu fiscal sur demande) de l’association diocésaine de Fréjus-Toulon (ADFT) dont dépend l’Ordre.
Les chèques de dons sont à libeller au nom de ADFT ORDRE DE SAINT REMI.
L’argent récolté est bien entièrement reversé à l’Ordre.
 
- En ce qui concerne les offrandes de Messes :
En accord avec le diocèse de Fréjus-Toulon, les chèques de Messes sont à libeller au nom du prêtre célébrant (> « M. le chanoine Goupil » peut suffire ») en précisant bien l’intention exacte sur une feuille les accompagnant. 
   > Pour un défunt, merci d’ajouter une croix à son nom ; exemple : Alphonse de Bourbon (+). 
   > Pour un vivant ou un défunt, merci de toujours indiquer au moins le prénom, afin qu’il soit prononcé en latin au Memento.
Si vous libellez ADFT ORDRE DE SAINT REMI, l’offrande sera ensuite reversée à l’un des prêtres de l’Ordre.
Contrairement aux dons, les offrandes de Messes ne peuvent pas donner lieu à une déduction fiscale, étant le règlement contractuel d’un service.
Les offrandes recommandées par la Conférence des évêques de France sont de :
   > 17 euros pour une Messe
   > 55 euros pour un triduum de Messes
   > 170 euros pour une neuvaine de Messes.
Les trentains grégoriens (30 Messes d’affilée pour un défunt) sont également acceptés : merci de contacter l’Ordre.
Les Messes pour la propre sanctification du donateur sont à recommander, même si bien oubliées.

Blason Ordre de Saint-Remi

Blason de l’Ordre de Saint-Remi

2018-67. Non, il n’y a pas eu de dégâts dans notre Principauté…

Vendredi 10 août 2018,
Fête de Saint Laurent, diacre et martyr ;
Triste anniversaire de la prise des Tuileries…

Chers Amis du Refuge Notre-dame de Compassion,

Quelques uns d’entre vous, entendant parler des dégâts occasionnés par l’épisode cévenol de ce jeudi 9 août dans le département de l’Ardèche, nous ont adressé quelques très gentils messages en nous demandant si nous n’avions pas été sinistrés : qu’ils soient remerciés pour leur sollicitude !
Non ! Il n’y a eu aucun dommage dans notre « Principauté », soyez tout-à-fait rassurés. Les pluies y ont été violentes et abondantes mais n’ont causé aucun dommage, fort heureusement. Ni grêle, ni coupure d’électricité, ni inondation chez nous.
Les zones sinistrées se situent bien plus au sud.

Je profite simplement de ces quelques lignes pour vous adresser trois photographies prises hier en début de soirée par Frère Maximilien-Marie : elles vous suggèreront peut-être quelques impressions au sujet de la magnificence de ces hautes Boutières au cœur desquelles nous sommes établis, et dont la grandeur sauvage et la puissante sublimité sont, en toutes saisons et par tous les temps, bien propres à élever l’âme vers notre divin Créateur.

Après les orages - depuis le col de la Croix de Boutières

Depuis le col de la Croix de Boutières (1505 m d’altitude)
une vue des vallées et des sucs des hautes Boutières

Après les orages - Saint-Martial et son lac

Saint-Martial et son lac (environ 850 m d’altitude)

Après les orages - lac de Saint-Martial

Le lac de Saint-Martial après les orages, lorsque les brumes se dissipent…

Je profite également de cette courte publication pour vous rappeler que, en ce triste anniversaire de la prise des Tuileries et des infamies perpétrées à l’encontre de la famille royale, vous pouvez trouver dans les pages de ce blogue :
- Simples réflexions à propos du 10 août > ici
- Ainsi finit le régiment des Gardes Suisses du Roi de France > ici
- Témoignage de Pauline de Tourzel sur la prise des Tuileries et les événements qui suivirent > ici

Prions de tout notre cœur et de toute notre âme pour que cesse l’ignominie républicaine, fondée sur de telles abominations !

Lully.

Lys d'un drapeau des Gardes Suisses qui fut ramassé aux Tuileries par Cléry (Paris - musée Carnavalet)

Fragment d’un drapeau de la Garde Suisse
ramassé aux Tuileries par Cléry après les massacres et le pillage…

2018-66. « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! »

9 août,
Fête de Saint Jean-Marie Vianney, confesseur (cf. > ici) ;
Mémoire de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, vierge et martyre (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Romain, martyr ;
Mémoire de la vigile de Saint Laurent ;
225ème anniversaire du commencement du siège de Lyon par les troupes de la Convention (9 août 1793).

Siège de Lyon août-octobre 1793

Le siège de Lyon par les troupes envoyées par la Convention
9 août – 9 octobre 1793

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

A partir du 9 août 1793, la ville de Lyon, en révolte ouverte contre la Convention depuis la fin du mois de mai, fut assiégée par une armée de quelque 65.000 hommes. Les défenseurs de la ville, eux, sont estimés à moins de 10.000 combattants.
Le siège lui-même, qui allait durer exactement deux mois, puisque la reddition eut lieu le 9 octobre 1793, fit un nombre inconnu de victimes (tuées au combat ou victimes de la faim et de la misère).
La répression impitoyable qui suivit, elle, dirigée principalement par Collot-d’Herbois et Fouché, fut l’occasion du massacre de presque 2.000 personnes : quelques unes furent guillotinées (mais cela était jugé trop long et trop coûteux), une centaine d’entre elles fut fusillée (mais cela aussi n’allait pas assez vite) et la très grande majorité fut l’objet de mitraillades collectives dans la plaine des Brotteaux.

On connaît le fameux décret de la Convention en date du 12 octobre 1793, voté à l’instigation de Barère : « Lyon perdra son nom, elle sera appelée Ville-Affranchie. Elle sera détruite. Tout ce qui fut habité par le riche sera démoli, il ne restera que la maison du pauvre, les habitations des patriotes égarés ou proscrits, les édifices spécialement employés à l’industrie et les monuments consacrés à l’humanité et à l’instruction publique. Il sera élevé sur les ruines de Lyon une colonne qui attestera à la postérité les crimes et la punition des royalistes de cette ville avec cette inscription : « Lyon fit la guerre à la liberté ; Lyon n’est plus. » »
C’est en effet une chose bien connue : « La pitié n’est pas révolutionnaire » (Westermann) !

Crypte de la chapelle expiatoire des Brotteaux

Crypte de la chapelle expiatoire des Brotteaux (Lyon)
dans laquelle sont conservés une partie des ossements des victimes de la répression du soulèvement de la ville contre la Convention

Mais je ne veux pas aujourd’hui m’étendre davantage sur cet épisode – qui nécessiterait à lui seul des pages et des pages d’études – : ce rappel n’est pour moi que l’occasion, le tremplin, pour quelques réflexions plus générales, et toujours très actuelles.

Au temps de la grande révolution, c’est au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité que l’on a commis des milliers et des milliers d’assassinats et que l’on a justifié des actes d’une barbarie qui dépasse tout ce que l’on peut imaginer. Et cela a continué bien au-delà des limites officielles de ladite révolution, puisque – c’est une évidence pour qui veut bien y réfléchir (voir par exemple > ici) – la révolution a continué bien au-delà, s’est étendue, s’est diversifiée, a opéré des changements d’apparence (mais non de substance)…
La révolution se perpétue et dure encore.

La révolution poursuit ses incommensurables ravages, dans l’ordre temporel… et dans la Sainte Eglise elle-même.
Oh ! Bien sûr, à l’intérieur de l’Eglise, il n’existe pas – au sens physique et matériel – de guillotine, de fusillades, de mitraillades, d’exécutions sommaires, de tribunaux d’exception, de comités de salut public, de loi des suspects, d’obligation de prêter les serments révolutionnaires, de déportations ou de camps de concentration…
Mais ils existent au sens psychologique et spirituel, et ce terrorisme-là n’est pas moins criminel et n’est pas moins dévastateur.

Ossuaire de la crypte de la chapelle expiatoire des Brotteaux - détail

Ossuaire de la crypte de la chapelle expiatoire des Brotteaux – détail.

Si, officiellement, un certain nombre de dispositions et de lois émanant du Saint-Siège Apostolique – notamment les mesures en faveur de la célébration de la Sainte Messe latine traditionnelle – garantissent les droits des fidèles ; si des évêques, encore trop rares, se démarquent de la « ligne du parti » (pardon, de l’inertie d’un consensus épiscopal figé par les toujours très prégnantes idéologies ecclésiastiques qui se sont imposées à l’occasion du concile vaticandeux) ; il n’en demeure pas moins toutefois que, mis à part en quelques oasis où l’on respire un air plus catholique, le terrorisme révolutionnaire ecclésiastique persiste, subsiste, se maintient, et prolonge son action mortifère.

A l’intérieur de la Sainte Eglise comme en politique, les libéraux ne l’ont jamais été que de nom et, en vérité je vous le dis, ils sont de très proches parents de Saint-Just (quelle sinistre ironie qu’un tel patronyme pour un tel personnage !) lorsqu’il  martelait : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! ».

Malheureusement, les exemples actuels ne manquent pas pour illustrer mon propos.
Ils sont encore très nombreux, au Royaume de France, les prêtres et les fidèles qui, tout simplement parce qu’ils tentent de restaurer, parce qu’ils demandent, ou seulement parce qu’ils désirent l’enseignement d’une doctrine authentiquement catholique, la célébration des sacrements de manière authentiquement catholique, la transmission d’une spiritualité authentiquement catholique, sont méprisés, brimés, marginalisés, critiqués, suspectés, ignorés, rejetés, persécutés, exécutés dans leur réputation, guillotinés dans leurs moyens d’action, fusillés dans leurs initiatives, mitraillés dans leur aspirations et achevés sans ménagement à coups de crosse (car lorsque ce n’est plus celle des fusils de la liberté, il reste toujours celle des évêques).
Quant aux qualificatifs de « fanatiques », « aristocrates », « liberticides » ou « brigands » qui fleurissaient dans la bouche ou sous la plume des terroristes de 1793, ils existent toujours remis au goût du jour avec toutes les déclinaisons d’acception que l’on peut trouver pour « rétrogrades » et « intégristes », sans oublier, sous l’actuel pontificat, le terme « pharisien » par lequel il faut entendre le reproche d’être tout simplement et véritablement catholique dans sa doctrine et dans ses mœurs !

11 février 2013 - foudre sur la basilique Saint-Pierre

La spectaculaire photographie prise sur la place Saint-Pierre au Vatican le 11 février 2013

La révolution continue dans la Sainte Eglise, et malgré certaines tentatives pour en limiter la progression et les dégats, menées par exemple par Sa Sainteté le pape Benoît XVI et par quelques autres prélats qui ont vraiment pris la mesure de la gravité et des enjeux des combats présents, elle étend son œuvre de dévastation et de mort, orchestrée par ces modernes Saint-Just ecclésiastiques qui grenouillent à la Curie, dans les diocèses, dans les séminaires et dans les paroisses, et qui s’acharnent toujours, parfois sous des apparences conservatrices, à pratiquer et enseigner une exégèse, une liturgie, une doctrine et une morale polluées par tout ce que Grégoire XVI, le Bienheureux Pie IX et Saint Pie X ont fermement condamné.
Oui, ces Saint-Just-là sont toujours en place, et ils veulent substituer la fausse « liberté » révolutionnaire à la véritable liberté des enfants de Dieu, pleinement accordée à la Révélation divine (cf. conférence de Gustave Thibon publiée à partir d’ > ici).

Mais contre ceux qui s’opposent à la liberté surnaturelle des authentiques et fidèles croyants, la liberté surnaturelle de ceux auxquels il a été donné le pouvoir d’être faits enfants de Dieu, qui ne sont point nés du sang ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu (cf. Johan. I 12-13), il y aura toujours des Vendées immatérielles et des chouanneries spirituelles, héroïques dans leurs combats malgré tous les moyens colossaux et acharnés mis en œuvre afin de les détruire, pour faire triompher dans l’invisible le Sacré-Coeur et la glorieuse Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ !

pattes de chatLully.

Scapulaire Sacré-Coeur

2018-65. « Frère, que faisiez-vous à 15 ans ? »

Mercredi 8 août 2018,
Fête de Saint Venance, évêque de Viviers et confesseur ;
Commémoraison des Saints Cyriaque, Large et Smaragde, martyrs.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Pendant quelques jours, Jean-Baptiste, filleul de Frère Maximilien-Marie, est resté avec nous au Mesnil-Marie. Il aura 16 ans dans deux mois, et il y a toujours eu une grande complicité entre le filleul et le parrain.
En septembre dernier, à l’occasion du repas d’anniversaire de ses 15 ans, Jean-Baptiste avait interrogé Frère Maximilien-Marie : « Frère, que faisiez-vous à 15 ans, vous ? », obligeant ainsi notre Frère à remonter quarante ans en arrière…

A la suite de cela, comme j’avais noté les réponses de Frère Maximilien-Marie, je lui ai moi-même posé d’autres questions afin d’obtenir quelques précisions supplémentaires : j’ai pensé qu’un certain nombre d’entre vous aurait quelque plaisir à cette parenthèse que je vous propose aujourd’hui.
Pour certains – qui ont à peu près le même âge que Frère Maximilien-Marie ou quelques années de plus – cela fera sans doute remonter à la surface quelques souvenirs personnels ; d’autres y trouveront l’occasion de connaître un peu mieux mon papa-moine ; pour d’autres encore, ce sera aussi l’opportunité – derrière ces souvenirs personnels – d’en apprendre un peu plus sur une période de l’histoire de l’Eglise dans le mi-temps de la seconde moitié du XXème siècle…

pattes de chat Lully.

Jean-Baptiste photographe du rétroviseur

Jean-Baptiste, le filleul de Frère Maximilien-Marie,
lui a demandé de regarder dans le rétroviseur de sa vie pour remonter 40 ans en arrière…

« Frère, que faisiez-vous à 15 ans ? »

Fr.Mx.M. :
« Ayant eu 15 ans après la fin de ma classe de seconde (mais nous préférions garder l’usage ancien et dire que nous avions fait nos « humanités »), je suis entré en première (mais nous préférions dire en classe de « rhétorique ») : je n’étais pas tout-à-fait le plus jeune de la classe, puisque l’une de mes camarades était née encore quelques semaines après moi et entrait en première alors qu’elle n’avait pas 15 ans accomplis.

J’étais dans une série littéraire, qui portait alors le nom  de « série A ». Si nous devions étudier l’anglais et une autre langue vivante, j’attachais cependant beaucoup plus d’importance à l’étude des langues anciennes : le latin, que je choisis alors de présenter comme première langue au bac, et le grec, dont je ferai ma seconde langue au bac.
Peux-tu alors imaginer que j’avais une chevelure abondante et plutôt longue qui me couvrait la nuque ? Souvent, pour aller en cours, je portais un bandeau de cuir large d’environ 2 cm qui me ceignait le front et était lacé à l’arrière de la tête !
Je n’aimais pas porter de « bloudjine », ni aucun vêtement trop standardisé : j’affectionnais les pantalons de velours noir et portais peu de chemises achetées dans le commerce – lorsque c’était le cas, je nouais alors un foulard de soie autour de mon cou – , mais la plupart du temps je dessinais mes chemises que ma mère confectionnait spécialement : chemises inspirées du style troubadour ou imitant celles du XVIIIème siècle…
Je ne portais jamais de couleurs vives, et marquais déjà une prédilection pour le noir.
En hiver, je portais rarement de manteau, mais j’avais réussi à me procurer une grande cape de laine noire qui avait appartenu à un prêtre !
Je n’avais pas davantage de cartable ou de sac à dos, mais c’est une malette de médecin de la fin du XIXème siècle qui m’en tenait lieu. »

malette de docteur

Question :
Et votre tenue ne vous attirait pas des réflexions ou des moqueries ?

Fr.Mx.M. :
« Parfois, si. En particulier de la part des lycéens des séries non littéraires. Mais d’une part je m’en fichais complètement et n’en tenais pas plus compte que s’il s’était agi des aboiements d’un chien derrière une clôture : les lycéens des séries scientifiques étaient à nos yeux des barbares voués à la bassesse des sciences positives ! Et d’autre part, dans ma classe, il y avait pas mal d’autres originaux : cette classe littéraire était composée d’élèves qui, pour la grande majorité, avaient véritablement choisi les lettres en raison d’une profonde motivation personnelle qui les portait vers l’art, la poésie, la littérature, les débats d’idée… etc.
Nous étions une vingtaine d’élèves dans cette classe, à part à peu près égales filles/garçons, et l’ambiance y était bonne. Rien à voir avec ces classes dites littéraires qui ne sont en réalité que le « fourre-tout » des élèves incapables de suivre une formation scientifique considérée comme unique sérieuse voie d’avenir.
Donc, pour en revenir à ta question, ces réflexions nous glissaient dessus comme l’eau sur les plumes d’un canard, seule comptait l’affirmation de notre individualité.
En revanche, ce qui m’attirait le plus de remarques blessantes, voire insultantes ou méchantes, et de moqueries, c’était le fait que je sois royaliste et fermement attaché à l’Ancien Régime. J’avais annoncé la couleur depuis déjà plusieurs années, et je commençais à avoir une argumentation, mais la plupart de ceux qui me critiquaient ou m’attaquaient ne voulaient pas d’une discussion sur le fond. Ils étaient formatés par l’enseignement de l’histoire officielle, et la remise en question de ces fausses vérités était tout simplement impossible pour eux. »

Question :
Et avec vos professeurs ?

Fr.Mx.M. :
« Dans ma classe, les relations avec les professeurs étaient généralement bonnes. Certes, nous en préférions certains à d’autres, et pour ce qui me concerne j’avais quelques difficultés avec ceux de mathématiques et de sport. Pour moi, il s’agissait davantage d’une attitude d’opposition à ces matières qu’aux personnes elles-mêmes.
J’aimais beaucoup mon professeur d’allemand, bien que n’étant pas un très bon germaniste, mais nous avions, en dehors des cours, de très longues et passionnantes discussions. Toutefois, mon professeur de prédilection était celui de grec classique : c’était un prêtre érudit, avec lequel j’ai beaucoup appris et bien au-delà des limites de sa matière. Les élèves de grec étaient si nombreux (!!!) qu’il s’agissait de fait d’un cours particulier. J’avais de fréquents contacts avec lui, en dehors des cours : histoire générale, politique, histoire de l’Eglise, histoire locale, musique, architecture, peinture, poésie étaient des sujets inépuisables et les heures filaient à la vitesse de l’éclair en sa compagnie !
J’avais aussi été profondément marqué par un autre prêtre, qui avait été mon professeur de français et de latin en classe de seconde, mais qui était mort prématurément à l’âge de 59 ans à la fin du mois d’août 1977 : lui aussi était un érudit, un humaniste, dont les cours subjuguaient les élèves qui en demandaient toujours davantage et eussent souhaité passer des heures et des heures avec lui. J’avais fermement espéré l’avoir encore en cours de latin et de français pour cette année de première, et sa mort nous avait profondément impressionés et peinés. C’est aussi avec cet abbé que j’avais commencé les cours de théâtre et l’année où je fus son disciple m’a marqué pour toute ma vie.
Il y avait enfin un autre prêtre professeur que je fréquentais assidûment : il enseignait la musique et était un virtuose à l’orgue. Mais dans ce contexte de l’après-concile et de l’après-68, c’était un prêtre en pleine crise « d’identité sacerdotale », tourmenté, déstabilisé, sans plus aucun repère doctrinal ni spirituel : si nous avions de longs échanges sur la musique, il y avait également de très longues heures pendant lesquelles j’essayais de lui tenir la tête hors de l’eau : te rends-tu compte ? J’avais 15 ans ; il avait 30 ans de plus que moi, il était prêtre… et c’était moi qui était son confident et qui le soutenait ! » 

Bédoin Sainte-Madeleine

Bédoin, sur les flancs du Mont Ventoux, la chapelle Sainte-Madeleine
autour de laquelle Dom Gérard Calvet commença la fondation monastique qui est aujourd’hui l’abbaye du Barroux.

Question :
Vous fréquentiez beaucoup de prêtres. Vous pensiez déjà à la vocation ?

Fr.Mx.M. :
« Oui et non ! Maintenant, je peux affirmer que l’appel de Dieu, pour moi, remonte très tôt dans mon enfance (autour de l’âge de 4 ans au moins), et lorsque je suis entré en sixième je parlais de manière certaine de mon attrait pour la vie religieuse.
Mais dans ce contexte difficile des années de l’après-concile et de l’après-68, tout ce que je voyais de l’Eglise catholique et de la plupart des prêtres me choquait, me dégoûtait et avait fini par m’éloigner de l’Eglise puisque tout ce à quoi j’aspirais pour la liturgie, la spiritualité et la doctrine, et qui appartenait à un passé encore proche, était ouvertement renié par la majorité du clergé que fréquentaient mes parents.
On ne cessait de me dire que ce pour quoi j’exprimais mon attachement était définitivement révolu, qu’il fallait tourner la page et évoluer… etc. Toutes mes aspirations spirituelles étaient brimées et pendant un temps je n’avais plus eu aucune espérance du côté de cette « Eglise moderne » dont la nouvelle liturgie et l’attitude de rupture avec sa Tradition multiséculaire étaient pour moi inconsistantes et repoussantes.
Lors de l’été 1976, quand éclata « l’affaire Lefèbvre », je découvris avec bonheur que la Tradition liturgique, doctrinale et spirituelle authentiquement catholique subsistait, malgré la persécution ouverte et injuste dont elle était accablée.
Au cours de ma classe de seconde, j’avais rencontré des lycéens qui partageaient ces mêmes aspirations ; j’avais aussi découvert le catéchisme traditionnel que l’on m’avait refusé quand j’étais allé au « caté » paroissial et aux cours de « catéchèse » du collège ; j’avais redécouvert la Sainte Messe latine traditionnelle, célébrée plus ou moins clandestinement par de vieux prêtres dans des chapelles de fortune : à cette époque, il n’y avait en effet les prêtres d’aucune « fraternité » pour perpétuer la Messe traditionnelle, et moi-même j’assistais de temps en temps à ces Messes clandestines en cachette de mes parents ; dans les couloirs du lycée, ancien petit séminaire, nous chantions à tue-tête la chanson de Georges Brassens « Sans le latin, sans le latin, la messe nous em….. », pour faire enrager les prêtres progressistes !
Au mois de février 1977, il y avait eu la « prise » de Saint-Nicolas du Chardonnet, à Paris, et nous étions impatients de voir se multiplier, dans toutes les régions, de tels coups d’éclat, pour le rétablissement du culte traditionnel.
Le 8 septembre 1977, en compagnie de ce prêtre dont je t’ai parlé qui était mon professeur de grec, je me suis rendu à la prise d’habit monastique d’un garçon un peu plus âgé que moi – puisqu’il venait de passer son bac – avec lequel j’avais fait du théâtre pendant mon année de seconde. Le monastère dans lequel il prenait l’habit était une petite communauté bénédictine traditionnelle qui se développait autour d’une petite chapelle édifiée au XIème siècle et placée sous le vocable de Sainte Marie-Magdeleine, à 3 km du village de Bédoin, sur les pentes du Mont Ventoux. Cette petite communauté fervente pratiquait la liturgie latine grégorienne et gardait les usages de la vie bénédictine traditionnelle : aussi les moines étaient-ils qualifiés d’ « intégristes ». Ces moines, qui faute de place, vivaient dans des caravanes, étaient jeunes, rayonnants de spiritualité et de joie intérieure, et leur supérieur, Dom Gérard Calvet, lors de cette prise d’habit, prêcha sur la grande apostasie qui affligeait l’Eglise. Quarante ans plus tard, j’ai encore dans l’oreille la mémoire vive de la force convaincante avec laquelle il parlait.
Cette découverte du petit monastère de Bédoin – qui allait quelques années plus tard déménager au Barroux – fut un véritable électrochoc spirituel et m’amena à me remettre à l’écoute de l’appel intérieur qui existait en moi depuis ma petite enfance et qui avait été étouffé par tant de voix étrangères et de vacarmes dévastateurs : cela ne se fit pas du jour au lendemain, d’autant qu’à cette époque je nourrissais de tendres sentiments pour une jeune fille de ma classe avec laquelle je passais aussi de longs moments… »

Souvenirs recueillis et transcrits par le Maître-Chat Lully.

chat internaute

Publié dans : Chronique de Lully, Memento | le 8 août, 2018 |11 Commentaires »

2018-64. « Etre offert pour la victoire » – Abbé Christian-Philippe Chanut.

In memoriam :

1948 – 7 août – 2018
70ème anniversaire de la naissance
de
Monsieur l’abbé Christian-Philippe Chanut
et
5ème anniversaire de son rappel à Dieu
2013 – 17 août – 2018

frise lys deuil

Monsieur l’abbé Christian-Philippe Chanut est né le 7 août 1948, à Talence. Il fut rappelé à Dieu le 17 août 2013.
Même si ces lignes sont beaucoup trop modestes pour saluer comme il convient la pieuse mémoire de ce prêtre dont nous étions honorés de la délicate amitié (ainsi que nous l’avions exprimé > ici), il nous est toutefois impossible de ne pas marquer dans ces pages ce double anniversaire : à quelques jours d’intervalle, le 70ème anniversaire de sa naissance et le 5ème anniversaire de sa mort.

Celui qui tentera un jour d’écrire une biographie véritablement exhaustive et totalement juste de l’abbé Chanut aura fort à faire s’il veut rendre dans toute sa vérité la figure d’un savant rigoureux et nuancé et d’un prêtre à la qualité spirituelle incomparable, sans exclure évidemment le rôle unique qu’il a joué dans le mouvement légitimiste sous les règnes de nos Souverains Alphonse II et Louis XX en sa qualité de Grand Aumônier de France.

Pour nous, aujourd’hui, relisons et méditons les paroles profondes qu’il prononça lors d’une méditation à l’occasion d’un pèlerinage de Paris à Chartres pour la Pentecôte. Ce qu’il enseigna, il le mit lui aussi en pratique dans cette longue maladie qui nous l’a ravi trop tôt.

Ce texte est extrait du précieux ouvrage publié par notre ami Jean de Waifhari : « Anthologie in memoriam – Abbé Christian-Philippe Chanut, le premier Grand Aumônier de France du XXIe siècle », aux éditions Exaltare Saint-Louis.
C’est nous qui nous permettons, dans le cours du texte, d’en marquer quelques passages en caractères gras, parce qu’il nous semble plus particulièrement important d’en souligner l’actualité pérenne et l’absolue nécessité en ces temps…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

anthologie in memoriam -abbé Christian-Philippe Chanut

« Etre offert pour la victoire »

« Chacun de nous, sans doute depuis longtemps déjà, connaît nombre de ces beaux et admirables textes qui nous parlent de la vocation de la France. Nous aimons, à des moments privilégiés, les lire et les entendre, et alors, se produit parfois en nous comme une sorte de bouleversement intérieur qui envahit tout notre être d’un étrange enthousiasme. Mais, après que ces textes si forts et si grands nous ont comme élevés sur une montagne merveilleuse, force nous est de redescendre dans notre ordinaire vallée de larmes où toutes ces belles et formidables pensées nous apparaissent obsolètes, voire déplacées. La meilleure et la plus efficace manœuvre du démon est précisément de nous transporter bien haut avant de nous laisser retomber au plus bas pour nous ronger de toutes les ressources du pessimisme qui, après nous avoir désespérés sur les autres que nous finissons par ne plus vouloir aimer, nous fait désespérer sur Dieu qui nous abandonne aux mains des impies.

Or, le chrétien, configuré au Christ, lucide sur le monde comme le Christ, rejeté, moqué, torturé et tué avec le Christ, n’a pas d’autres armes que celles du Christ : la prière, le jeûne et l’aumône, c’est-à-dire le don de soi pour que nos ennemis deviennent nos frères. Avec la Vierge Marie, notre Mère et notre modèle, près du Christ en croix, unissons-nous à Ses souffrances et à Ses pensées pour être associés à Sa victoire. C’est assurément ce que fit la France, dans les terribles heures de la guerre de Trente Ans, lorsqu’elle se consacra à la Sainte Vierge Victorieuse de l’Assomption, en priant face et devant la statue de Notre-Dame des Douleurs.
Où que nous nous tournions dans l’histoire sainte de notre patrie, nous ne trouverons de résurrection qu’après que de pieuses âmes aient assumé les grandes tribulations dans la prière, la pénitence et la charité : voilà ce qui soutint les Gaules chrétiennes lors des invasions barbares et qui culmine dans l’exemple de Sainte Geneviève contre le péril Hun ; voilà d’où jaillit la France au baptême de Clovis ; voilà les saintes reines des terreurs mérovingiennes ; voilà les saints moines, avec les pèlerins des siècles de fer ; voilà le saint Roy Louis avec sa couronne d’épines ; voilà Sainte Jeanne d’Arc jusqu’au bûcher ; voilà les massacrés des guerres religieuses ; voilà les martyrs de la Révolution…
Comprenons, enfin, que si Dieu nous a déjà donné la victoire, c’est pour autant que, comme Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face, nous saurons nous offrir en holocauste, souffrant en nous, comme dit Saint Paul, ce qui reste à souffrir des souffrances du Christ.
Les voyons-nous, ces saints, au jour de la victoire ?
L’Apocalypse nous les montre autour du trône de l’Agneau immolé, attachés à Lui par la clarté fulgurante de sa parole et par toutes les grâces reçues du sacerdoce, vêtus de la robe blanche et portant à la main leurs palmes : ce sont les palmes du sang versé des martyrs, et ce sont aussi les palme œuvres secrètes des fidèles.

Ô Seigneur, par le ministère de votre Saint Archange Michel, apprenez-nous à combattre avec vos armes, assurez-nous de votre grâce, afin et pour, que nous sachions, au-delà des impressions et des sensations, que nous ne gagnons avec Vous qu’en priant, en nous mortifiant et aimant par amour de Vous ! Ainsi soit-il. »

Jean de Waifhari :
« Anthologie in memoriam – Abbé Christian-Philippe Chanut, le premier Grand Aumônier de France du XXIe siècle »,
Editions Exaltare Saint-Louis – pp. 217-218

frise lys deuil

2018-63. « Ainsi tu parviendras à l’inaltérable paix de l’éternité ».

Sermon LXXVIII de
notre Bienheureux Père Saint Augustin
sur
la Transfiguration de NSJC

Transfiguration - église Saint-Rémi - Bruxelles

Vitrail de la Transfiguration
(église Saint-Rémi, Bruxelles)

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 § 1 – Dans cet événement, Notre-Seigneur a voulu nous donner une idée de Son Royaume, et Son Royaume désigne les fidèles prédicateurs de Sa parole.

Il nous faut contempler, mes bien-aimés, et expliquer le spectacle saint que le Seigneur présenta sur la sainte montagne. C’est de cet évènement qu’Il avait dit : « Je vous le déclare, en vérité, il y en a quelques-uns ici présents qui ne goûteront pas la mort qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme dans son royaume » (Matth. XVI, 28).

Voici le commencement de la lecture qui vient de nous être faite. « Six jours après avoir prononcé ces paroles, Il prit avec Lui trois disciples, Pierre, Jean et Jacques, et alla sur la montagne ». Ces disciples étaient ceux dont Il avait dit : « Il y en a ici quelques-uns qui ne goûteront point la mort qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme dans Son royaume ».
Qu’est-ce que ce royaume ? Question assez importante. Car l’occupation de cette montagne n’était pas la prise de possession de ce royaume. Qu’est-ce en effet qu’une montagne pour qui possède le ciel ? Non-seulement les Écritures nous enseignent cette différence, mais nous la voyons en quelque sorte des yeux de notre coeur.

Or Jésus appelle Son royaume ce que souvent Il nomme le royaume des cieux. Mais le royaume des cieux est le royaume des saints ; car il est dit : « Les cieux racontent la gloire de  Dieu » ; et aussitôt après : « Il n’y a point de langues ni d’idiomes qui n’entendent leurs voix » ; les voix de ces mêmes cieux. « L’éclat s’en est répandu sur toute la terre, et leurs paroles ont retenti jusqu’aux extrémités de l’univers » (Ps. XVIII, 4-5). N’est-ce donc pas des Apôtres et de tous les prédicateurs fidèles de la parole de Dieu qu’il est fait ici mention ? Ces mêmes cieux régneront avec le Créateur du ciel, et voici ce qui s’est fait pour le démontrer.

§ 2 – Ses vêtements sont la figure de Son Eglise qu’Il doit associer à Sa gloire et où règne l’unité représentée par Moïse et Elie.

Le Seigneur Jésus en personne devint resplendissant comme le soleil, Ses vêtements blancs comme la neige, et avec Lui s’entretenaient Moïse et Elie.
Jésus Lui-même, Jésus en personne parut resplendissant comme le soleil, marquant ainsi qu’Il était la lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde (Jean I, 9). Ce qu’est ce soleil pour les yeux de la chair, Jésus l’est pour les yeux du coeur ; L’un est pour les âmes ce que l’autre est pour les corps.

Ses vêtements représentent ici Son Eglise ; car ils tombent s’ils ne sont portés et maintenus.
Paul était dans ces vêtements comme l’extrémité de la frange ; aussi dit-il. « Je suis le moindre des Apôtres » (1 Cor. XV, 9) ; et ailleurs : « Je suis le dernier des Apôtres » (ibid. IV, 19). Or la frange est ce qu’il y a de moindre et d’extrême dans le vêtement. Aussi, comme cette femme qui souffrait d’une perte de sang fut guérie en touchant la frange de la robe du Seigneur (Luc VII, 44), ainsi l’Église des gentils se convertit à la prédication de Paul. Eh ! qu’y a-t-il d’étonnant que l’Église soit figurée par de blancs vêtements, puisque nous entendons le prophète Isaïe s’écrier : « Vos péchés fussent-ils rouges comme l’écarlate, Je vous blanchirai comme la neige » (Isaïe I, 18) ?

Que peuvent Moïse et Elie, la loi et les prophètes, s’ils ne communiquent avec le Seigneur ? Qui lira la loi ? qui lira les prophètes, s’ils ne rendent témoignage au Fils de Dieu ? C’est ce que l’Apôtre exprime en peu de mots. « La loi dit-il, fait seulement connaître le péché, tandis qu’aujourd’hui, saris la loi, la justice de Dieu a été manifestée » : voilà le soleil ; « annoncée par la loi et les prophètes » : voilà l’aurore.

§ 3 – Il convient qu’il y ait une tente unique sur la sainte montagne.

Pierre est, témoin de ce spectacle, et goûtant les choses humaines à la manière des hommes : « Seigneur, dit-il, il nous est bon d’être ici ». Il s’ennuyait de vivre au milieu de la foule, il avait trouvé la solitude sur une montagne où le Christ servait d’aliment à son âme. Pourquoi en descendre afin de courir aux travaux et aux douleurs, puisqu’il se sentait envers Dieu un saint amour et conséquemment des moeurs saintes ?
Il cherchait son propre bien ; aussi ajouta-t-il : « Si vous voulez, dressons ici trois tentes : une pour vous, une pour Moïse et  une autre pour Elie ». Le Seigneur ne répondit rien à cette demande, et toutefois il y fut répondu.
En effet, comme il parlait encore, une nuée lumineuse descendit et les couvrit de son ombre. Pierre demandait trois tentes, et la réponse du ciel témoigna que nous n’en avons qu’une, celle que le sens humain voulait partager. Le Christ est la Parole de Dieu, la Parole de Dieu dans la loi, la Parole de Dieu dans les prophètes. Pourquoi, Pierre, chercher à la diviser ? Cherche plutôt à t’unir à elle. Tu demandes trois tentes : comprends qu’il n’y en a qu’une !

§ 4 - Jésus seul est appelé le Fils unique de Dieu. 

Pendant que la nuée les couvrait et formait comme une seule tente au dessus d’eux, une voix sortit de son sein et fit.entendre ces paroles : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ! »  Là se trouvaient Moïse et Elie. La voix ne dit pas : Ceux-ci sont mes Fils bien-aimés.
Autre chose est d’être le Fils unique, et autre chose des enfants adoptifs.
Celui qui Se trouve aujourd’hui signalé est Celui dont Se glorifient la loi et les prophètes : « Voici, est-il dit, Mon Fils bien-aimé, en qui J’ai mis mes douces complaisances ; écoutez-Le » ; car c’est Lui que vous avez entendu dans les prophètes, Lui aussi que vous avez entendu dans la loi ; et où ne L’avez-vous pas entendu ?

Ils tombèrent à ces mots la face contre terre.
Voilà donc dans l’Eglise le royaume de Dieu. Là en effet nous apparaissent le Seigneur, la loi et les prophètes : le Seigneur dans la personne du Seigneur même, la loi dans la personne de Moïse et les prophètes dans celle d’Elie. Ces deux derniers figurent ici comme serviteurs et comme ministres, comme des vaisseaux que remplissait une source divine ; car si Moïse et les prophètes parlaient et écrivaient, c’est qu’ils recevaient du Seigneur ce qu’ils répandaient dans autrui.

§ 5 – En relevant Ses Apôtres il annonce qu’Il ressuscitera Ses fidèles pour leur faire partager Sa félicité suprême.

Le Seigneur ensuite étendit la main et releva Ses disciples prosternés. « Ils ne virent plus alors que Jésus resté seul ».
Que signifie cette circonstance?

Vous avez entendu, pendant la lecture de l’Apôtre, que « nous voyons maintenant à travers un miroir, en énigme, mais que nous verrons alors face à face », et que les langues cesseront lorsque nous posséderons l’objet même de notre espoir et de notre foi (1 Cor. XIII, 12, 8-9). Les Apôtres en tombant symbolisent donc notre mort – car il a été dit à la chair : « Tu es terre et tu retourneras en terre » (Gen. III, 19) -, et notre résurrection quand le Seigneur les relève.
Mais après la résurrection, à quoi bon la loi ? à quoi bon les, prophètes ? Aussi ne voit-on plus ni Elie ni Moïse. Il ne reste que Celui dont il est écrit : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu » (Jean I, 1).
Il ne reste plus que Dieu, pour être tout en tous (1 Cor. XV, 28). Là sera Moïse, mais non plus la loi. Nous y verrons aussi Elie, mais non plus comme prophète. Car la loi et les prophètes devaient seulement rendre témoignage au Christ, annoncer qu’Il devrait souffrir, ressusciter d’entre les morts le troisième jour et entrer ainsi dans Sa gloire (Luc XXIV, 44-47) ; dans cette gloire où se voit l’accomplissement de cette promesse adressée à ceux qui L’aiment : « Celui qui M’aime, dit-Il, sera aimé de Mon Père, et Moi aussi Je l’aimerai ». Et comme si on Lui eût demandé : Que lui donnerez-Vous en témoignage de Votre amour ? « Et Je Me  montrerai à lui » poursuit-Il (Jean XIV, 21).
Quelle faveur ! Quelle magnifique promesse ! Dieu te réserve pour récompense, non pas quelque don particulier, mais Lui-même. Comment, ô avare, ne pas te contenter des promesses du Christ ? Tu te crois riche, mais qu’as-tu si tu n’as pas Dieu ? et si ce pauvre l’a, que ne possède-t-il point ?

§ 6 -  Mais avant de connaître la gloire, il faut d’abord travailler à la mériter.

Descends, Pierre ! tu voulais te reposer sur la montagne : descends ! annonce la parole ! insiste à temps, à contre-temps ! reprends, exhorte, menace, en toute patience et doctrine (2 Tim. IV, 2) ! travaille ! sue ! souffre des supplices, afin de parvenir par la candeur et la beauté des bonnes oeuvres accomplies avec charité, à posséder ce que figurent les blancs vêtements du Seigneur ! L’Apôtre ne vient-il pas de nous dire, à la gloire de la charité : « Elle ne cherche point son propre intérêt » (1 Cor. XIII, 6) ?

Il s’exprime ailleurs autrement, et il est fort dangereux de ne pas le comprendre.
Expliquant donc les devoirs de la charité aux membres fidèles du Christ : « Que personne, dit-il, ne cherche son bien propre, mais le bien d’autrui ». Or en entendant ces mots, l’avare prépare ses artifices ; il veut dans les affaires, pour rechercher le bien d’autrui, tromper le prochain, et ne pas chercher son bien propre, mais celui des étrangers. Arrête, ô avarice ! justice, montre-toi ! écoutons et comprenons ! C’est de la charité qu’il a été dit : « Que personne ne cherche son bien propre, mais le bien d’autrui ». Toi donc, ô avare, si tu résistes à ce conseil, si tu veux y trouver l’autorisation de convoiter le bien d’autrui, sacrifie d’abord le tien. Mais je te connais, tu veux à la fois et ton bien et le bien étranger. Tu emploies l’artifice pour t’approprier ce qui n’est pas à toi ; souffre donc que le vol te dépouille de ce qui t’appartient. Tu ne veux pas chercher ton bien, mais tu prends le bien d’autrui. Cette conduite est inique Ecoute, ô avare, prête l’oreille. Ces mots : « Que personne ne cherche son bien propre, mais le bien d’autrui » te sont expliqués ailleurs plus clairement par le même Apôtre. Il dit de lui-même : « Pour moi je cherche, non pas ce qui m’est avantageux, mais ce qui l’est au grand nombre, afin de les  sauver » (1 Cor. X, 24, 33).

C’est ce que ne comprenait pas encore Pierre, lorsqu’il désirait rester avec le Christ sur la montagne.
Le Christ, ô Pierre, te réservait ce bonheur après la mort. Pour le moment Il te dit : Descends travailler sur la terre, servir sur la terre, et sur la terre être livré aux mépris et à la croix. La Vie même n’y est elle pas descendue pour subir la mort, le Pain, pour endurer la faim, la Voie, pour se fatiguer dans la marche, la Fontaine éternelle pour souffrir la soif ? Et tu refuses le travail ? Ne cherche pas ton intérêt propre. Aie la charité ! annonce la vérité ! ainsi tu parviendras à l’inaltérable paix de l’éternité.

Transfiguration - église Saint-Rémi - Bruxelles - détail

2018-62. Chronique du Mesnil-Marie pour les mois de juin et juillet 2018.

Vendredi 3 août 2018,
Fête de l’invention du corps de Saint Etienne protomartyr ;
1er vendredi du mois dédié à la réparation envers le divin Coeur de Jésus (cf. > ici).

Le Mesnil-Marie - 3 août 2018

Le Mesnil-Marie en ce matin du 3 août 2018

Chat gif en marche

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ainsi que je vous l’écrivais hier (cf. > ici), nous ne sommes actuellement pas en mesure  de vous envoyer une « infolettre » – forme française infiniment préférable à l’expression anglaise « niouzelaiteur » - comme naguère pour vous adresser les chroniques de la vie au Mesnil-Marie.
Tandis donc qu’en ce début d’après-midi la plus grande partie du Royaume est accablée par de fortes chaleurs qualifiées de caniculaires, dans la quiétude de notre hameau qui s’assoupit, bercé par l’ostinato furioso d’une cigale que l’on entend aujourd’hui pour la première fois, je me remets au clavier pour vous donner un rapide compte-rendu des événements les plus marquants des mois de juin et juillet touchant la vie en notre thébaïde.

Le premier dimanche du mois de juin (3 juin), fut celui de la solennité de la Fête-Dieu (cf. > ici).
Comme il n’est pas possible d’accomplir une procession, même minime, dans notre quasi-paroisse habituelle au Puy-en-Velay, notre Frère Maximilien-Marie s’est rendu à Valence, à l’église Notre-Dame, où Monsieur l’abbé Dufour lui avait d’ailleurs demandé d’aider à la réalisation du reposoir.
Même lorsqu’elle ne peut pas être très importante en decorum et en longueur, la procession du Très Saint-Sacrement est toujours une cérémonie qui est source de grandes grâces et qui occasionne une croissance de ferveur dans les âmes des fidèles. Aussi lorsque l’on constate, dans la très grande majorité des paroisses (en dehors de celles où est célébrée la Sainte Messe latine traditionnelle), une ignorance obstinée – quand il ne s’agit pas d’une opposition ouverte voire véhémente – à l’accomplissement de ce rite, on ne peut que se demander si ces prêtres et « laïcs engagés » ont la foi catholique…
Mais poser la question, peut-être est-ce déjà y répondre en quelque manière ?

Fête-Dieu - Valence 3 juin 2018

Le reposoir dans le jardin de l’église Notre-Dame, à Valence,
le dimanche de la solennité de la Fête-Dieu 3 juin 2018

Au cours de l’hiver passé, le « couvent » de nos sœurs les poules s’était vraiment retrouvé réduit à presque rien : deux survivantes seulement (et ce sont les poules les plus anciennes). Frère Maximilien-Marie s’est employé à recruter de nouvelles « novices ». C’est ainsi que nous avons vu arriver une poule rousse, dite « fermière », une « cou nu », deux jeunes « Wyandottes » – particulièrement belles – et enfin trois « Lohmann », lesquelles se montrent particulièrement familières et affectueuses (tellement familières qu’elles ont même essayé de picorer les orteils de notre Frère !).
Nos sœurs les poules sont donc maintenant au nombre de neuf.

Poule Wyandotte

L’une des nouvelles « novices » au « couvent » de nos sœurs les poules :
jeune poule de race Wyandotte.

Vous le savez, Frère Maximilien-Marie a été élu président d’une association dénommée la « Ronde des Sucs », qui promeut la randonnée et la découverte du patrimoine naturel et humain des trois plus hautes communes des hautes Boutières : Borée, La Rochette et Saint-Martial.
S’il n’avait pas accepté cette charge, l’association aurait été pour le moins mise en sommeil, sinon dissoute : notre Frère a su redonner de l’élan aux bénévoles et en recruter d’autres, ce qui fait que l’association a pu redémarrer en organisant « la Ronde des Sucs au printemps », dans le cadre du « Printemps de la randonnée », ensemble de manifestations étalées d’avril à juin sur la totalité du territoire des Boutières. Cette « Ronde des Sucs au printemps » fut d’ailleurs la dernière de toutes les manifestations de ce « Printemps de la Randonnée » et elle a eu lieu le samedi 16 juin.
Le samedi précédent, Frère Maximilien-Marie s’était rendu dans les studios de la Radio des Boutières (RDB) – radio locale très écoutée – pour l’y présenter.

Pour un redémarrage après une période dificile, cette journée du 16 juin fut une réussite.
Il faut dire que le ciel y avait mis du sien : une journée radieuse, mais pas trop chaude, avec une brise légère. Les randonneurs, venus nombreux et parfois de fort loin (région stéphanoise, région lyonnaise, Dauphiné, basse vallée du Rhône…), ont apprécié la splendeur des paysages à travers lesquels nos bénévoles avaient balisé deux itinéraires : l’un de 13 km, et l’autre de 27 km (celui-ci avec un dénivelé de 1100 m !). Il y eut 102 participants sur le petit parcours, et 105 sur le grand (sur ce dernier, le plus jeune était âgé de 12 ans seulement). Et le casse-croute offert aux randonneurs à leur retour a remporté tous les suffrages et a suscité de nombreux éloges.

Cette journée a donc été très bénéfique et, le soir du samedi suivant, qui était le 23 juin, Frère Maximilien-Marie avait invité tous les bénévoles à venir au Mesnil-Marie pour un repas amical, afin de les remercier pour leur investissement.
Ce fut une belle et joyeuse soirée. C’était aussi le jour du feu de la Saint-Jean, mais un vent très fort soufflait ce soir-là et il ne pouvait être question d’allumer un feu, sauf un petit feu très symbolique, dans une grosse cuvette de métal, afin d’éviter tout risque d’embrasement de l’herbe sèche et, à partir de là, de toute la montagne !

Saint-Martial : le village en balcon au-dessus de son lac

Le village de Saint-Martial, en balcon au-dessus de son lac.
C’est de là que partaient les circuits de randonnée organisés par la « Ronde des Sucs ».

Toujours dans le cadre des activités associatives, le 30 juin, à l’occasion de l’assemblée générale de l’APPEM (Association de Protection des Paysages Exceptionnels du Mézenc), Frère Maximilien-Marie a été réélu au conseil d’administration : à la vérité, il avait demandé à ne plus faire partie du conseil, arguant de trop de travail et de responsabilités, et craignant de ne pouvoir être un administrateur assez assidu aux réunions et séances de travail… Mais le président de l’association ne lui a pas laissé le choix (de manière très amicale évidemment) et a fait mine de se fâcher tout rouge en protestant qu’il était absolument hors de question que notre Frère ne fût plus membre du conseil !
C’est donc ainsi qu’il a été réélu… 

Evénement beaucoup moins plaisant et qui eût pu tourner à la tragédie, le soir même de l’anniversaire de Frère Maximilien-Marie (3 juillet), sa maman a fait une chute sur les pavés inégaux d’un village médiéval où elle était en visite avec quelques amis et Monsieur l’Archiprêtre de Privas : double fracture du crâne et gros œdème cérébral (mais cela on ne l’a pas su tout de suite, en revanche les témoins ont été impressionés – pour ne pas dire traumatisés – par la quantité de sang qu’elle perdait). 
Intervention des pompiers, transport aux urgences de l’hôpital local, puis dans la soirée transfert au centre hospitalier de Valence où elle est restée presque deux semaines, et enfin séjour en maison de convalescence dont elle va bientôt sortir, la maman de Frère Maximilien-Marie s’en tire finalement très bien, au-delà de toutes les inquiétudes que ce gros traumatisme a occasionnées.

Nous remercions très chaleureusement ceux qui, ayant appris cet accident, ont prié à son intention.

Messe de Requiem du 14 juillet

Messe de Requiem du 14 juillet 2018

C’est maintenant une tradition bien établie, tous les 14 juillet, chez nous jour anniversaire du massacre de neuf prêtres réfractaires au serment schismatiques (14 juillet 1792 – cf. > ici, > ici et > ici), les membres et amis du Cercle Légitimiste du Vivarais se retrouvent pour une journée de mémoire contre-révolutionnaire.
Ils étaient plus d’une vingtaine cette année (certains ayant fait 3 h de route pour venir) à se retrouver sur le plateau vivarois, qui fut un lieu d’intense et durable résistance à l’esprit et aux forces armées de la révolution.

Après une Sainte Messe de Requiem chantée à la mémoire des victimes de la révolution, Frère Maximilien-Marie a conduit nos pèlerins (car c’en étaient) jusqu’aux ruines de la Chartreuse de Bonnefoy (cf. > ici et > ici).
Fondée au milieu du XIIème siècle, elle fut le plus haut monastère d’Europe (à 1310 m d’altitude) et, malgré le pillage perpétré par les grandes compagnies puis le massacre des religieux par les sectateurs de Calvin, elle perdura jusqu’à la révolution. Les Chartreux refusèrent les lois iniques et les serments imposés par cette dernière et, contraint d’abandonner leur monastère, s’exilèrent en Suisse… dont ils ne revinrent jamais.

Au cours des XIXème et XXème siècles, la Chartreuse – encore intacte en 1820 – servit de carrière de pierres, jusqu’à ne plus être aujourd’hui qu’à l’état de ruines : des ruines qui expriment finalement de manière très éloquente et bien plus que de longs discours ce que la révolution et la république font de la France…
L’après-midi fut consacrée à évoquer, in situ la figure et l’épopée de notre Grand Chanéac, notre chef chouan local de prédilection (cf. > ici et > ici). 

Vitrail Lys - oratoire du Mesnil-Marie

Petit vitrail dans l’oratoire du Mesnil-Marie

Le dimanche 15 juillet, jour anniversaire de son baptême, alors qu’il avait déjà servi une première Sainte Messe à la chapelle Notre-Dame de la Rose, à Montélimar, pendant la Grand’Messe à l’église Notre-Dame, à Valence, Frère Maximilien-Marie a ressenti une très vive douleur dans le genou gauche, dont il n’a pas voulu tenir compte d’abord. Mais à l’agenouillement de l’ « Et incarnatus est » pendant le chant du Credo, cette douleur s’est manifestée de manière tellement vive qu’il en est devenu blême et qu’il s’est mordu les lèvres pour ne pas hurler. Après s’être péniblement relevé, il est parti clopin-clopan vers la sacristie.
Un médecin qui se trouvait dans l’assistance lui a immobilisé la jambe, enveloppant le genou dans une serviette imbibée d’eau très froide, et lui a administré des anti-douleurs. Ce médecin, puis le « kiné » qui suit de manière très régulière notre Frère, pensaient qu’il s’agissait d’un problème de ménisque.
Frère Maximilien-Marie a gardé pendant plusieurs jours une attelle, a dû pendant un temps s’appuyer sur une canne et, bien sûr, a consulté un médecin qui lui a prescrit radio et IRM. 
Grâces en soient à Dieu, il n’a pas eu à attendre trop longtemps pour la radio et pour l’IRM. Ces dernières n’ont pas confirmé les soupçons qui se portaient sur une lésion du ménisque (une opération ne sera donc pas nécessaire), mais ont révélé d’une part un « pincement du compartiment médial » et d’autre part un « épanchement articulaire avec une petite chondropathie rotulienne et condylienne fémorale », ainsi qu’un « œdème en avant du tendon rotulien ».

D’emblée, il est apparu que Frère Maximilien-Marie devrait « faire une croix » sur les randonnées auxquelles il avait prévu – et se réjouissait – de participer au cours de cet été.
Pour ne pas risquer d’affaiblir le quadriceps, son « kiné » lui a conseillé de ne plus porter d’attelle que lorsqu’il doit marcher sur un « terrain inégal » (sic) : nous en avons bien ri, car il est bien connu que nous habitons… un rez-de-chaussée au milieu de la plaine de Beauce !!!
Et moi, j’ai découvert une gravure du XVIIIème siècle que je me suis empressé d’offrir à mon papa-moine, puisqu’elle représente un ermite de Saint Augustin avec une grande canne et – dirait-on – un problème à la jambe :

Ermite de Saint-Augustin

Toutefois, n’allez pas imaginer que Frère Maximilien-Marie reste assis ou allongé sur une chaise-longue tout le jour, la jambe immobilisée ; ni non plus qu’il commette des imprudences. Je veille à ce qu’il reste raisonnable dans ses activités, lesquelles sont bien nécessaires.

Il y a en particulier en cette période de nombreux événements culturels et associatifs, et une vie villageoise plus intense dont il s’efforce de rendre compte en sa qualité de correspondant local de presse : dernières activités de l’année scolaire pour la classe unique de l’école du village (je vous reparlerai de cette dernière) ; colonies de vacances présentes à Saint-Martial pendant l’été ; activités organisées par les diverses associations ou les commerçants ; réussites scolaires ou estudiantines des jeunes du village ; petit festival qui a eu lieu sur les bords du lac au cours duquel des comédiens, chanteurs, conteurs… etc, ont enchanté leur public ; faits marquants de la vie locale…

Cette période est aussi riche en visites : des personnes (individus ou petits groupes) demandent à rencontrer Frère Maximilien-Marie, soit pour parler d’histoire ou de patrimoine, soit pour lui confier des intentions de prière ou lui exposer certains problèmes personnels et solliciter ses avis ou conseils.

coquelicots du Mesnil-Marie juin-juillet 2018

Coquelicots du Mesnil-Marie en juin et juillet

Enfin je voudrais signaler que nous sommes entrés en carême…
En lisant ces mots je suis sûr que certains d’entre vous ont sursauté : carême ? qu’est-ce qu’est donc que cette histoire de carême au plein milieu de l’été ?

Eh bien oui, vous avez bien lu ; et non, je ne me suis pas trompé.
La tradition des Eglises d’Orient comporte plusieurs carêmes dans l’année, temps de jeûne préparatoires à la célébration de certaines très grandes fêtes. C’est ainsi que, en prélude à la fête de la Dormition de Notre-Dame, les chrétiens d’Orient observent le « Carême de la Mère de Dieu ».

En Grèce, les orthodoxes le pratiquent à partir du 1er et jusqu’au 14 août.
Nous, nous avons décidé de le commencer le 31 juillet, de manière à avoir 15 jours complets de jeûne, afin d’honorer les 15 années que Notre-Dame a passées sur la terre après l’Ascension de son divin Fils avant d’être elle-même élevée dans la gloire.
En outre, c’est aussi exactement le temps que le saint patron de Frère Maximilien-Marie, Saint Maximilien-Marie Kolbe, a passé dans le bunker de la faim à Auschwitz, du 31 juillet au 14 août 1941 (cf. > ici et > ici).

Il me reste à vous souhaiter à tous et à chacun une sainte période de préparation à cette grande fête du 15 août qui, en outre, est la seule véritable « fête nationale » du Royaume de France (cf. > ici, > ici et > ici).
Ce pourquoi, en sus de la neuvaine préparatoire à la fête de Sainte Philomène commencée hier (cf. > ici), je vous encourage également à préparer la fête de l’Assomption de Notre-Dame par une autre neuvaine, du 6 au 14 août (par exemple > ici).

Sursum corda, mes bien chers Amis !

Patte de chat  Lully.

Oratoire du Mesnil-Marie

L’oratoire du Mesnil-Marie en cette fin du mois de juillet 2018

Et pour soutenir le Refuge Notre-Dame de Compassion > ici

Publié dans : Chronique de Lully | le 3 août, 2018 |6 Commentaires »

2018-61. Quelques annonces relatives à la vie du Mesnil-Marie, spécialement en ce qui concerne la préparation spirituelle et matérielle de la fête de Sainte Philomène.

Jeudi 2 août 2018,
Fête de Saint Alphonse-Marie de Ligori, docteur de l’Eglise ;
Commémoraison de Saint Etienne, pape et martyr ;
Dans l’Ordre de Saint François, fête de Notre-Dame des Anges,
avec, dans tout l’univers catholique, la possibilité d’obtenir l’indulgence de la Portioncule (cf. > ici).

Gisant de Sainte Philomène au Mesnil-Marie - détail

Gisant de Sainte Philomène dans l’oratoire du Mesnil-Marie (détail)

frise avec lys naturel

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Certains d’entre vous – en particulier ceux qui s’y étaient abonnés – ont pu constater que le site internet propre du Refuge Notre-Dame de Compassion est actuellement inacessible et qu’il n’y a plus de lettres d’information de cette provenance qui vous soient adressées : Frère Maximilien-Marie est trop pris par ses multiples responsabilités pour s’en occuper à l’heure actuelle et la personne qui l’avait créé s’étant éloignée, nous ne sommes pas en mesure d’en assurer la maintenance et les mises à jour. C’est certainement très regrettable, mais il difficile qu’il en soit autrement dans ces conditions.
En attendant que, peut-être, un jour, ce site soit à nouveau en service, je vais reprendre dans les pages de ce blogue les nouvelles, informations, annonces et compte-rendus d’activités de notre Mesnil-Marie.
Ce soir, en particulier, j’ai cinq informations à vous communiquer :

A – Du 2 au 10 août, neuvaine préparatoire à la fête de Sainte Philomène :

Ce 2 août commence la neuvaine préparatoire à la fête de Sainte Philomène : vous savez à quel point cette jeune martyre et très grand thaumaturge compte dans notre dévotion, et ceux qui sont venus au Mesnil-Marie savent aussi comment elle se plaît à accorder des grâces – parfois de véritables petits miracles – à ceux qui l’invoquent et la vénèrent dans notre modeste oratoire, où sont exposés son gisant et sa relique.

Nous vous invitons à vous unir à nous dans cette neuvaine du 2 au 10 août, et nous vous demandons de prier en particulier à l’intention de l’un de nos amis, prénommé Emmanuel, père de famille hospitalisé depuis le début juin et dont la santé nous cause d’assez vives inquiétudes.

Pour cette neuvaine, nous proposons les prières publiées > ici ; mais, cela n’a rien de contraignant : si certains préfèrent d’autres prières plus à leur goût, qu’ils les utilisent. Ce qui importe ce n’est pas la formule utilisée, mais la ferveur et la confiance avec lesquelles on recourt à sa puissante intercession.

B – Samedi 11 août, fête de Sainte Philomène :

Comme tous les ans, nous célèbrerons le 11 août au Mesnil-Marie la fête de Sainte Philomène. Cette année, c’est un samedi.

La Sainte Messe sera célébrée dans notre oratoire à 10 h précises.
Tous nos amis et tous ceux qui souhaitent honorer cette très grande sainte sont évidemment les bienvenus.

Après la Sainte Messe, aura lieu le repas – tiré du sac – et nous prévoyons un espace pique-nique à l’ombre d’un grand barnum qui nous a été prêté : les personnes qui possèdent tables et chaises pliantes et qui prévoient de rester pour le pique-nique, sont invitées à les apporter. Merci !
L’après-midi, un temps de prière aura encore lieu à l’oratoire et la relique de Sainte Philomène pourra être vénérée.

Pour information (1) : comme l’année dernière l’oratoire était archi-plein, nous avons respectueusement demandé à Monsieur l’Archiprêtre – selon les dispositions prévues par le motu proprio « Summorum Pontificum » (qu’il semblait ignorer) s’il accepterait de nous accorder l’usage de l’église d’un village voisin pour la célébration de la Sainte Messe.
Cette démarche a suscité quelques « complications » – je vous passe les détails – et s’est en définitive soldée par un refus. Plus exactement « on » nous a fait répondre que cette église nous serait volontiers prêtée à la condition que le prêtre célébrât cette Messe selon le missel de 1969, ce qui est évidemment et absolument inenvisageable pour ce qui nous concerne…
Vous le voyez, les attitudes sectaires à l’encontre des fidèles attachés à la Sainte Messe latine traditionnelle sont loin d’appartenir au passé.
Nous avons donc travaillé avec des amis pour augmenter au maximum le nombre de places dans notre oratoire… mais nous ne pouvons pas pousser les murs.

Pour information (2) : Pour préparer matériellement cette journée de prière et d’amitié, ce samedi 4 août est organisée une journée de travaux au Mesnil-Marie… Toutes les bonnes volontés – et tous les bras – sont les bienvenus !
Merci de nous contacter pour connaître les modalités pratiques de cette journée absolument nécessaire… 

Reliquaire de Sainte Philomène au Mesnil-Marie

Reliquaire de Sainte Philomène dans l’oratoire du Mesnil-Marie

frise avec lys naturel

C - Aide pour les travaux du Mesnil-Marie :

Nous avons dû faire remplacer une fenêtre qui avait été gravement endommagée lors d’un épisode de tempête hivernale, au mois de décembre 2016, et qui depuis n’assurait plus correctement son rôle d’isolation.
Profitant de la venue du menuisier pour son remplacement, nous lui avons également demandé quelques autres petites interventions telles que la consolidation d’une poutre et la pose d’une planche de châtaignier – soutenant un rembourrage de laine de chanvre – au-dessus de la porte-fenêtre de l’oratoire, afin d’obstruer une longue et profonde cavité qui datait de l’époque où ce qui est maintenant notre oratoire était une grange à foin et où à la place de cette porte-fenêtre se trouvait un antique portail.
Ces travaux ont un coût… et nous tendons une fois de plus la main afin de pouvoir honorer la facture du menuisier. Si vous souhaitez participer au règlement de ces travaux, vous pouvez le faire en cliquant > ici.

Dès à présent, nous remercions nos amis et bienfaiteurs pour leur généreux soutien, et nous les assurons de notre prière reconnaissante à toutes leurs intentions.

Chat noir et blanc merci

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