En guise de prologue à ce blogue…

Le Maître-Chat Lully

Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Maître-Chat Lully (10 juillet 2006 – 23 mai 2019)

fleur de lys gif2

   « Mon blogue – ce blogue – est né le 10 septembre 2007…
Né d’une boutade de mon « papa-moine », ainsi que j’ai eu l’occasion de l’expliquer en détail > ici lorsque j’en ai donné l’historique alors qu’il allait approcher de son septième anniversaire, ce qui n’était au départ qu’un modeste moyen de garder contact avec un petit groupe d’amis proches du Refuge Notre-Dame de Compassion, a, tout au long des années, largement dépassé ce cadre restreint pour atteindre de très nombreuses personnes bien au-delà de nos simples relations habituelles, et bien au-delà des frontières de notre beau Royaume de France.

   Bien sûr, il y a eu très souvent des personnes très « raisonnables » et très « sérieuses » qui se sont scandalisées qu’un chat écrivît sur des sujets religieux, rédigeât des chroniques et publiât des réflexions sur la société, ses maux et les remèdes que l’authentique tradition politique de notre monarchie légitime leur pourrait apporter…
Il y a bien encore quelques uns de ces petits esprits étriqués et chagrins pour répandre le venin et le fiel de leurs critiques, mais je n’en ai jamais eu cure : si pour eux il est inconcevable qu’un texte puisse prétendre au moindre sérieux du seul fait qu’il est l’œuvre d’un chat – fut-il chat monastique -, il est  par ailleurs irréfragable que le phénomène, en définitive peu courant, d’un Maître-Chat s’exprimant sur le « ouèbe » sans égard pour la langue de bois ou de buis, mais avec tout la divine liberté donnée par le Créateur aux félins, a valu à ce blogue de fidèles et solides amitiés, qui pèsent bien davantage que toute les aigreurs d’estomac de tous les « coincés », de tous les « cinglés », de tous les « modernichons », et de tous les « tordus » politiques et religieux réunis !

   Vous le savez, mon divin Créateur a rappelé à Lui mon âme le 23 mai de cette année 2019 qui s’achève aujourd’hui (cf. > ici).
Je sais que mon départ de cette terre a laissé un grand vide dans le cœur de nombre de mes lecteurs, tout comme dans celui de mon « papa-moine ». Cependant, ainsi qu’il vous l’a écrit (cf. > ici), mon blogue continue et continuera : invisible, mais toujours présent, j’inspire et j’inspirerai encore mon moine de compagnie, car je lui ai laissé quelque chose de mon esprit comme le fit jadis le saint prophète Elie pour son disciple Elisée, lorsqu’il fut enlevé sous ses yeux par un char de feu.

   Le prologue d’origine de ce blogue (cf. > ici) n’était toutefois plus exactement adapté désormais, et c’est la raison pour laquelle je suis aujourd’hui « revenu » vers vous pour inspirer ces lignes à mon fidèle secrétaire et vous assurer, mes bien chers et fidèles amis, que je suis toujours là, veillant à ce que ce blogue continue l’œuvre amorcée dès sa première chronique (cf. > Genèse) – semper fidelis – toujours fidèle à l’esprit que Dieu a voulu pour le Refuge Notre-Dame de Compassion : fidélité intégrale au dépôt de la foi reçue des Apôtres, et fidélité intégrale au dessein de Dieu scellé dans les fonts baptismaux de Reims où s’unirent la foi catholique et la royauté franque pour faire naître la France, avec en corollaire la défense sans concession de tout ce que cela représente et contient !

Vive Dieu ! Vive le Roi !

pattes de chatLully.

Mardi 31 décembre 2019,
Fête de Saint Sylvestre 1er, pape et confesseur, baptiste de l’empereur Saint Constantin 1er le Grand ;
Septième jour dans l’octave de la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Lully le chroniqueur

2024-95. De l’anniversaire du baptême de notre Bienheureux Père Saint Augustin.

 - 24 avril 387 -

Baptême de

notre Bienheureux Père Saint Augustin

nika

Baptême de Saint Augustin par Saint Ambroise - cathédrale de Troyes

Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Troyes :
le baptême de Saint Augustin par Saint Ambroise
[groupe sculpté (calcaire) - fin du XVIème siècle, classé MH]

       C’est au cours de la Vigile Pascale, à Milan dans la nuit du 24 au 25 avril de l’an 387 (il était donc dans sa trente-troisième année, puisque né le 13 novembre 354), que le futur Saint Augustin reçut le saint baptême des mains de Saint Ambroise (cf. > ici), au terme de longues années d’errances intellectuelles et psychologiques, de recherches et de maturations spirituelles. 
L’épisode déterminant de la reddition à la grâce, dans le jardin, eut lieu en 384 : à compter de ce moment, Augustin a dû 1) attendre la fin de l’année scolaire pour mettre fin à sa carrière de professeur, 2) mettre fin à la liaison qu’il entretenait depuis environ quatorze ans avec cette compagne qu’il aimait profondément, qui lui avait donné un fils – maintenant adolescent -, mais qu’il lui était impossible d’épouser (voir la note en bas de page), et 3) faire part à Saint Ambroise de sa ferme détermination de se préparer au saint baptême.

   Depuis le commencement de l’automne 386 jusqu’à la fin de l’hiver en mars 387,  se place la longue retraite à Cassiciacum, que nous avons déjà évoquée (cf. ici) et dont nous avons en même temps souligné l’importance déterminante non seulement pour la suite de la vie d’Augustin, mais encore pour celle de millions de fils et de filles spirituels, puisqu’on peut dire que c’est de l’expérience de Cassiciacum qu’est née concrètement la vie religieuse augustinienne.

   Dans la première quinzaine de mars 387, Augustin et ses proches rentrèrent à Milan : le grand carême allait commencer et, tout au long de cette sainte quarantaine, Augustin, son fils Adéodat et son inséparable Alype (cf. > ici) allaient assister aux derniers enseignements préparatoires et franchir les étapes rituelles de l’initiation qui les amènerait aux portes du baptistère.

   Voici comment Monsieur Jean-Joseph-François Poujoulat (1808-1880) résume l’événement dans sa remarquable « Histoire de Saint Augustin » (1844), ouvrage toujours digne d’intérêt pour aborder la vie du grand docteur de la grâce : 

   « En ce temps-là, comme cela se voit aujourd’hui encore à Rome, on baptisait à Pâques. La solennité pascale de l’année 387 devait rester à jamais célèbre par le baptême du plus profond docteur de notre foi. La cérémonie eut lieu dans la nuit du 24 au 25 avril, au baptistère de saint Jean, situé auprès de l’église métropolitaine. Adéodat et Alype furent faits chrétiens en même temps qu’Augustin : saint Ambroise lui-même les purifia dans les eaux salutaires. Un instinct religieux, un pressentiment sacré avertissait-il le grand évêque de Milan que cet Augustin, prosterné à ses pieds, serait la plus grande lumière de l’Église ? Rien ne nous l’apprend ; mais saint Ambroise, baptisant Augustin, nous parait offrir une des plus belles scènes de l’histoire… »
[Jean-Joseph-François Poujoulat, « Histoire de Saint Augustin, sa vie, ses œuvres, son siècle, influence de son génie », tome I chap. VI]

   Saint Augustin lui-même, dans les Confessions ne parle de son baptême que d’une manière allusive et laconique :

   « Le temps étant venu de m’enrôler sous vos enseignes, nous revînmes de la campagne à Milan. Alype voulut renaître en vous avec moi ; il avait déjà revêtu l’humilité nécessaire à la communion de vos sacrements ; intrépide dompteur de son corps, jusqu’à fouler pieds nus ce sol couvert de glaces ; prodige d’austérité. Nous nous associâmes l’enfant Adéodat, ce fils charnel de mon péché, nature que vous aviez comblée… » 
[« Confessions » Livre IX, chap. VI § 14]

   La suite du paragraphe en effet n’est qu’un développement concernant Adéodat, ses qualités et sa mort prématurée, puis Saint Augustin enchaîne en expliquant comment les chants de la liturgie l’émouvaient, et, à ce propos, il raconte comment l’usage de chanter à l’église était né, à Milan, l’année précédente, à l’occasion des affrontements de Saint Ambroise avec l’impératrice-mère, Justine, qui était arienne.

   De récit de la cérémonie : point !
Encore moins de description du baptistère et de sa décoration, des ornements du pontife et de son clergé…
Quant aux sentiments et impressions du futur docteur, pourtant habituellement expert incomparable pour détailler avec brio les divers états de l’âme, il n’en dit pas un mot.
Rien !

   Ce mutisme de notre Bienheureux Père n’est certainement pas un oubli, et, de ce fait, il n’est pas anodin : s’il a ainsi choisi d’enfermer dans le silence qui préside au « secret du Roi » (cf. Tob. XII, 7) le récit de son propre baptême, auquel l’ont amené tant d’événements intérieurs sur lesquels il s’est montré si disert, il faut y voir des raisons spirituelles supérieures, qu’il n’a cependant pas non plus voulu nous détailler.
D’aucuns se creuseront la tête peut-être pour s’efforcer d’établir quelques conjectures… pour moi, à l’exemple du saint homme Job, « je mettrai ma main sur ma bouche » (Job XXXIX, 34) pour contempler en silence et demeurer dans une muette adoration des desseins de Dieu et de Son action dans les âmes de ceux qui, L’ayant cherché, ont fini par Le trouver et par établir en Lui leur demeure.

   La tradition liturgique augustinienne célèbre une fête de la conversion de notre Bienheureux Père Saint Augustin, qui commémore à la fois sa conversion et son baptême, mais pas à cette date du 24 avril : elle a été intentionnellement établie au 5 mai, c’est-à-dire au lendemain de la fête de Sainte Monique, marquant ainsi que cette dernière a non seulement donné la vie du corps au grand docteur de l’Occident, mais qu’elle l’a également enfanté à la vie de la grâce par ses prières, ses larmes et ses pénitences.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur. 

Baptême de Saint Augustin par Saint Ambroise - cathédrale de Troyes -détail

Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Troyes :
le baptême de Saint Augustin par Saint Ambroise (détail)

       Note :
La compagne de Saint Augustin, mère d’Adéodat : contrairement à ce que racontent de manière absolument erronée de très mauvais connaisseurs de la vie de Saint Augustin, d’autant plus prompts à parler qu’ils sont plus ignorants, celui-ci, avant sa conversion, n’a pas été un « homme à femmes » vautré dans les turpitudes d’une luxure papillonnant sans frein.
Augustin avait à peine vingt ans lorsqu’il se mit en ménage avec une jeune femme qu’il aima très profondément, dont il eut un fils – Adéodat -, et à laquelle il fut véritablement fidèle. Nous ne connaissons pas le nom de cette femme : Saint Augustin ne l’a jamais écrit. En revanche, ce qui est bien écrit, c’est l’attachement sincère qu’il avait pour elle et la douleur vive qu’il éprouva à en être séparé : « Quand on eut arraché de mon flanc [...] la femme qui partageait mon lit, le cœur qui lui était attaché en fut profondément blessé et saigna longtemps ». Au moment de sa conversion, Augustin n’était pas opposé à l’idée de se marier, mais il est aussi écrit que cette compagne était un « obstacle aux noces » (sic).
Nous serions, nous, avec nos mentalités modernes – et de « bons chrétiens » modernes – tentés de dire qu’il n’avait qu’à l’épouser, et qu’ainsi tout aurait été en règle devant Dieu aussi bien que devant les hommes. Mais en cette fin d’Antiquité, il n’était pas possible d’agir comme on le ferait de nos jours. Les historiens ont retourné les choses dans tous les sens, et l’hypothèse la plus plausible est qu’il y avait un empêchement social, légal, infranchissable : la mère d’Adéodat était vraisemblablement de condition très modeste, et la loi civile interdisait les mariages de plein droit entre un citoyen romain et une femme de condition subalterne. Voilà pourquoi, malgré la souffrance engendrée par cette situation, Augustin et sa très aimée concubine durent se séparer.

Symboles de l'Ordre de Saint Augustin - blogue

Prières et litanies en l’honneur de Saint Georges de Lydda, mégalomartyr.

Saint Georges de Lydda en mode statue de vermeil - blogue

- Courte prière à Saint Georges :

   O glorieux martyr, Saint Georges, soldat du Christ : pour Son amour vous avez quitté le service des princes de la terre et souffert les plus cruels supplices, en livrant votre corps à la mort plutôt que de rendre un culte aux idoles ; maintenant que vous avez conquis la couronne céleste et les palmes de la victoire, daignez intercéder pour nous auprès de Dieu afin que nous avancions allègrement sur le chemin de la délivrance, de la guérison et du salut.

Ainsi soit-il !

Croix de Saint Georges

- Invocation à Saint Georges au moment de la tentation :

   O Grand Martyr, Saint Georges, que je vénère avec une très spéciale ferveur, écoutez, je vous en supplie, la prière que je fais monter vers vous au moment où la tentation m’assaille, et ne tardez pas de me secourir : j’ai confiance en vous, repoussez loin de mon âme les attaques du dragon infernal.

Ainsi soit-il !

Ecole de Cavalerie Saumur logo

- Prière à Saint Georges notre modèle dans le combat :

    Saint Georges, vaillant guerrier, notre céleste protecteur et notre modèle, vous qui avez vaillamment combattu et remporté la victoire : assistez-nous dans notre combat de chaque jour contre le mal, et dans notre lutte pour le bien.
Nous nous plaçons sous votre protection pour être de bons soldats du Christ, pleinement respectueux de Ses commandements et des préceptes de la Sainte Eglise, fidèles aux promesses de notre baptême et nos engagements.
A votre suite et soutenus par votre exemple nous voulons demeurer fermes dans l’adversité pour ne pas céder contre les assauts de l’ennemi : les assauts du monde, les assauts du démon, et aussi les perfides insinuations de notre propre lâcheté toujours trop prompte aux coupables abandons.

   Saint Georges, que tant de chevaliers et de guerriers n’ont pas invoqué en vain, nous nous confions en vous avec une mâle assurance : priez pour nous ! protégez-nous ! assistez-nous ! et conduisez-nous à la victoire !

Ainsi soit-il !

Croix de Saint Georges

- Litanies de Saint Georges :

Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, Reine des Martyrs, priez pour nous.

Saint Georges, illustre martyr, priez pour nous.
Saint Georges, ami de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Georges, bienfaiteur des pauvres, priez pour nous.
Saint Georges, zélé défenseur des chrétiens, priez pour nous.
Saint Georges, ardent confesseur de la foi catholique, priez pour nous.
Saint Georges, plein de patience dans les épreuves, priez pour nous.
Saint Georges, vivante action de grâce au Dieu trois fois saint, priez pour nous.
Saint Georges, compatissant à la souffrance des autres, priez pour nous.
Saint Georges, maintes fois secouru par la puissance divine, priez pour nous.
Saint Georges, toujours confiant dans le Seigneur, priez pour nous.
Saint Georges, grand thaumaturge, priez pour nous.
Saint Georges, dispensateur de la foi catholique, priez pour nous.
Saint Georges, pourfendeur des fausses doctrines, priez pour nous.
Saint Georges, adonné aux saintes pensées, priez pour nous.
Saint Georges, terreur des démons, priez pour nous.
Saint Georges, vainqueur du dragon, priez pour nous.
Saint Georges, fidèle intercesseur, priez pour nous.
Saint Georges, reconnu en Occident comme en Orient, priez pour nous.
Saint Georges, patron vénéré de nombreux royaumes, priez pour nous.
Saint Georges, guerrier puissant dans la milice céleste, priez pour nous.
Saint Georges, vaillant défenseur de l’Eglise catholique, priez pour nous.
Saint Georges, soldat très fidèle du Christ, priez pour nous.
Saint Georges, admirable par votre force et votre piété, priez pour nous.
Saint Georges, astre resplendissant au firmament des cieux, priez pour nous.

A la prière de Saint Georges, montrez-Vous propice : pardonnez-nous, Seigneur.
A la prière de Saint Georges, montrez-Vous propice : exaucez-nous, Seigneur.

Par l’intercession de Saint Georges : de tout mal, délivrez-nous, Seigneur.
Par l’intercession de Saint Georges : de tout péché, délivrez-nous, Seigneur.
Par l’intercession de Saint Georges : de la famine, de la peste et des guerres, délivrez-nous, Seigneur.
Par l’intercession de Saint Georges : de la mort subite et imprévue, délivrez-nous, Seigneur.
Par l’intercession de Saint Georges : de l’éternelle damnation, délivrez-nous, Seigneur.

Par Votre Passion et Votre Croix toutes puissantes, délivrez-nous, Seigneur.

Par les mérites et les prières de saint Georges, secourez-nous, Seigneur.
En considération de son inébranlable foi, secourez-nous, Seigneur.
En considération de sa ferme espérance, secourez-nous, Seigneur.
En considération de sa fervente charité, secourez-nous, Seigneur.
En considération de son zèle ardent pour la conversion des infidèles, secourez-nous, Seigneur.
En considération de son admirable constance dans les peines, secourez-nous, Seigneur.
En considération de sa douceur inaltérable, secourez-nous, Seigneur.
En considération de sa victoire sur le démon, la chair et le monde, secourez-nous, Seigneur.
En considération des tourments et des douleurs qu’il a soufferts, secourez-nous, Seigneur.
En considération de son invincible patience à endurer les supplices, secourez-nous, Seigneur.
En considération du sang qu’il a répandu dans son martyre, secourez-nous, Seigneur.
En considération de sa très sainte mort, secourez-nous, Seigneur.

Pauvres pécheurs, nous Vous prions : écoutez-nous, Seigneur !

Pour qu’il Vous plaise de diriger et de gouverner Votre Eglise : écoutez-nous, Seigneur !
Pour qu’il Vous plaise de soutenir et de conserver les confréries et associations érigées en l’honneur de Saint Georges : écoutez-nous, Seigneur !
Pour qu’il Vous plaise de conserver le Souverain Pontife et tous les prélats de la Sainte Eglise dans les voies de la piété : écoutez-nous, Seigneur !
Pour qu’il Vous plaise de secourir puissamment les souverains et princes chrétiens dans leurs combats pour la défense de l’Eglise : écoutez-nous, Seigneur !
Pour qu’il Vous plaise de défendre contre les ennemis de la foi catholique les soldats chrétiens et leurs chefs : écoutez-nous, Seigneur !
Pour qu’il Vous plaise de ramener à l’unité de la foi catholique et de l’obéissance à la Sainte Eglise romaine tous ceux qui ont l’autorité sur les peuples : écoutez-nous, Seigneur !
Pour qu’il Vous plaise de détruire et d’extirper toutes les hérésies : écoutez-nous, Seigneur !
Pour qu’il Vous plaise de nous accorder, à nous, à nos parents et à nos bienfaiteurs, la récompense éternelle : écoutez-nous, Seigneur !
Pour qu’il Vous plaise de secourir avec puissance ceux qui implorent avec confiance le secours et la protection de Saint Georges : écoutez-nous, Seigneur !
Pour qu’il Vous plaise d’exaucer les gémissements de Vos fidèles : écoutez-nous, Seigneur !

Jésus-Christ, Fils de Dieu, chef sous lequel nous devons combattre: écoutez-nous, Seigneur !

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V./: Priez pour nous, ô Saint Georges, Martyr très excellent :
R./ : Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

Prions :

   O Dieu, qui nous donnez un ferme motif de joie, de confiance et d’espérance dans les mérites et par l’intercession du Bienheureux Georges, Votre Grand Martyr, accordez-nous, avec bonté, qu’en recourant avec une foi vive à cette intercession pour solliciter Vos bienfaits, nous les obtenions au moyen de Votre grâce. Nous Vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Ainsi soit il !

Statue de Saint Georges de style vermeil Fr.Mx.M. - blogue

2024-94. De la Bienheureuse Hélène Valentini, veuve et professe du Tiers-Ordre de Saint Augustin.

23 avril,
Fête de Saint Georges de Lydda, mégalomartyr ;
Mémoire de la Bienheureuse Hélène Valentini, veuve, tertiaire professe de l’Ordre de Saint Augustin.

Cathédrale d'Udine - autel de la châsse de la Bienheureuse Hélène Valentini

Udine, cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation : chapelle des reliques ;
sous l’autel se trouve le corps de la Bienheureuse Hélène Valentini

       Udine, à environ 130 km au nord-est de Venise, est la capitale historique de la province du Frioul. Le visiteur de la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation ne manque pas de remarquer, sous l’autel de la chapelle dite « des reliques », une châsse dans laquelle est exposé le corps d’une femme revêtue de violet, dont le visage est recouvert d’un masque d’argent et sur la tête de laquelle on a placé une sorte de diadème représentant des fleurs : ici reposent, dans l’attente de la résurrection, les restes mortels de la Bienheureuse Hélène Valentini, qui a aussi été représentée dans le retable à droite du Sacré-Cœur (à gauche – du côté de l’Evangile – pour celui qui regarde) en symétrie avec Sainte Thérèse de Jésus, réformatrice du Carmel.

Châsse de la Bienheureuse Hélène Valentini

   La Bienheureuse Hélène (en italien Elena) est née en 1396 ou 1397 dans la famille noble des Valentini, seigneurs de Maniago (cité qui se trouve à une cinquantaine de km à l’ouest d’Udine). Nous ne savons pas grand chose de son enfance et de sa jeunesse, si ce n’est qu’elle avait au moins une sœur, prénommée Parfaite (Perfetta) que nous retrouverons plus tard.
En 1411 (elle est âgée de 17 à 18 ans), elle est accordée en mariage à un chevalier originaire de Florence établi à Udine, Antoine (Antonio) dei Calvacanti. De leur union naîtront six enfants.
Antoine mourut au bout d’une trentaine d’années de mariage. Avant que l’on ne refermât son cercueil, Hélène se coupa les cheveux et les déposa à l’intérieur avec ses bijoux en déclarant : « Je les ai portés par amour pour toi : emporte-les avec toi dans la tombe ! »

   Jusque là, sans avoir jamais été une vie de scandale, la vie d’Hélène avait été celle d’une femme de la haute société qui n’avait pas boudé les mondanités et plaisirs que son rang lui permettait. Mais, peu de temps après son veuvage, entendant dans l’église conventuelle des Ermites de Saint Augustin le sermon d’un prédicateur de renom, elle décida d’un changement de vie assez radical et demanda à entrer dans le Tiers-Ordre de Saint Augustin, où elle fera bientôt profession.

image ancienne de la Bienheureuse Hélène Valentini

   Sœur Hélène fut bientôt remarquée pour ses nombreuses austérités et son dévouement envers les plus nécessiteux.
Passant de longues heures dans la prière et la méditation des Saints Evangiles, elle fuyait le monde : pour ne pas être détournée de la contemplation par l’admiration parfois indiscrète des fidèles édifiés par son changement radical qui l’avait fait passer d’une brillante vie mondaine à une vie d’abnégation et de pénitence, les Augustins acceptèrent qu’on lui construisît une espèce d’oratoire de planches à l’intérieur de l’église Sainte-Lucie, lui permettant ainsi d’assister aux offices et de s’abandonner à l’emprise divine, de plus plus forte, dérobée aux regards de tous.
Bien plus, en 1444, le Révérend Père Provincial l’autorisa à prononcer un vœu de silence absolu, qu’elle devait suspendre une fois l’an, à Noël, pour un échange édifiant avec ses enfants et ses proches !

   Quand elle n’était pas à l’église ou à ses œuvres de charité, elle vivait quasi recluse dans une petite pièce de la demeure familiale, dormant sur un « lit » de pierres recouvert d’un peu de paille, s’adonnant à de sévères macérations et flagellations, ne se nourrissant que de pain et d’eau.
Ses contemporains ont été spécialement frappés par le fait qu’elle avait disposé dans ses chaussures trente-trois petites pierres, afin d’expier les danses auxquelles elle avait jadis pris tant de plaisir et par lesquelles, répétait-elle, elle avait offensé les autres
, « en souvenir des trente-trois années pendant lesquelles mon doux Jésus, pour mon amour, a parcouru le monde ».
Toute cette pénitence héroïque à laquelle elle se soumettait était toujours inspirée par le double motif de l’imitation de Notre-Seigneur et de la réparation de son ancienne existence mondaine.

Bienheureuse Hélène Valentini d'Udine - blogue

   Sa sœur, Parfaite, gagnée par son exemple, entra elle aussi dans le Tiers-Ordre de Saint Augustin, vint vivre auprès d’elle et fut le témoin de ses mortifications, de ses charités, de sa vie d’oraison, mais aussi des persécutions et tentations diaboliques par lesquelles elle fut longtemps et cruellement tourmentée, jusqu’à parfois éprouver la tentation du suicide.
A plusieurs reprises, on la releva, alors qu’elle était étendue à terre, couverte d’ecchymoses, de bosses ou d’hématomes, à demi consciente, du fait d’agression démoniaques physiques. Le diable essayait de troubler ses oraisons en cognant les murs ou par divers autres bruits ou coups désagréables.
Un jour que, pour se rendre à la Sainte Messe, elle traversait un pont, le démon la saisit et la jeta dans la rivière : elle en sortit indemne et s’en fut à l’église comme si de rien n’était, mais totalement trempée…

   En contrepartie, Dieu la favorisa aussi de nombreuses extases, de visions célestes, d’entretiens avec Saint Augustin, Sainte Monique et quelques saints de l’Ordre ; elle fut également gratifiée du don des miracles et de la connaissance des choses cachées.
Ses grandes dévotions étaient – on serait tenté d’écrire « bien évidemment » – la Passion de Notre-Seigneur et la Très Sainte Eucharistie, raison pour laquelle on la représente parfois tenant dans une main une couronne d’épines et dans l’autre un petit ostensoir.

Statue de la Bienheureuse Hélène que l'on porte en procession

Statue de la Bienheureuse Hélène Valentini que l’on porte en procession

   En 1445, à l’occasion d’une chute, Hélène eut les deux fémurs fracturés : pendant plus de deux années, sa vie se passera désormais totalement alitée, quasi recluse, mais ne relâchant rien de sa ferveur ni de ses combats contre l’esprit des ténèbres.
Le samedi 23 avril 1458, elle était à toute extrémité et les Augustins vinrent célébrer une Messe dans sa cellule : elle rendit son âme à Dieu dans la soirée soutenue par la prière des Frères qui se relayèrent à son chevet.

   Ainsi mourut Hélène Valentini dei Calvacanti, dite aussi Hélène d’Udine, épouse, mère de famille, veuve, pénitente, mystique, que l’on invoque particulièrement contre les tentations diaboliques.
Elle fut inhumée dans l’église Sainte-Lucie, où sa tombe fut aussitôt entourée de vénération et sur laquelle des miracles se produisirent.
En 1845, l’archevêque d’Udine décida de la translation de son corps à la cathédrale, et le 27 septembre 1848, le Bienheureux pape Pie IX confirma son culte et la béatifia : c’est à l’occasion de ce transfert et de cette béatification que fut réaménagé l’autel de la « chapelle des reliques » de la cathédrale, puis commandé le tableau du retable en trois parties (cf. photo ci-dessous).

autel et retable de la cathédrale d'Udine avec la châsse de la Bienheureuse Hélène Valentini - blogue

2024-93. Pèlerins de Dieu (méditation pour le troisième dimanche après Pâques).

Troisième dimanche après Pâques.
Lectures de la Sainte Messe : épître 1 Pierre II, 11-19 ; Evangile : Jean XVI, 16-22.

troisième dimanche après Pâques - méditation 1 - blogue

Pèlerins de Dieu :

Présence de Dieu :

« Faites, ô Seigneur, que les vanités terrestres ne retiennent pas mon cœur et ne l’empêchent d’aspirer vers le ciel ! »

Méditation :

   1 – En ce jour, la liturgie commence à orienter notre pensée vers l’Ascension prochaine de Jésus : « Encore un peu de temps et vous ne Me verrez plus, car Je vais au Père ». L’Evangile qui rapporte ce passage est tiré du discours que fit le Seigneur aux Apôtres au soir de la dernière Cène, afin de les disposer à Son départ avant d’aller à Sa Passion ; mais l’Eglise tient à nous présenter aujourd’hui ce discours d’adieu de Jésus, avant Son Ascension.
Puisque Sa mission est accomplie, Il doit retourner au Père qui L’a envoyé ; il en sera de même un jour pour nous : la terre n’est pas notre demeure stable, mais le lieu de notre pèlerinage. Jésus l’a dit : « Encore un peu de temps, et vous ne Me verrez plus… puis encore un peu de temps et vous Me reverrez ».
Ces paroles, énigmatiques pour les Apôtres qui ne les comprenaient pas, sont maintenant beaucoup plus claires pour nous : « Encore un peu de temps », c’est-à-dire celui de notre vie – qui est peu de chose en comparaison de l’éternité – et puis, le moment viendra pour nous aussi de quitter la terre pour suivre Jésus au ciel, où nous Le verrons dans la gloire. Et alors, comme a dit le Seigneur : « Votre cœur exultera et personne ne pourra vous ravir votre joie ».
Mais, avant d’arriver à cet heureux terme, il faut passer par les contrariétés, les luttes, les souffrances de la vie terrestre. Bien que cela soit « peu de chose » relativement au « poids démesuré de gloire qui nous attend » (cf. 2 Cor. IV, 17), le Seigneur sait que pour nous, qui sommes pris par les vicissitudes de la vie terrestre, c’est « beaucoup » et pénible. Il nous prévient donc, afin que nous ne nous en scandalisions pas : « vous pleurerez et gémirez et le monde se réjouira ».
Le monde jouit et veut jouir à tout prix, totalement submergé par les plaisirs de la vie présente, sans aucune pensée pour ce qui l’attend au-delà. S’il ne peut échapper aux inévitables souffrances de la vie, il cherche à étouffer la douleur dans le plaisir, en s’ingéniant à extraire, du plus fugitif instant, toute la jouissance possible.
Le chrétien n’agit pas de même, il s’impose une vie de sacrifice et de renoncement en vue d’une félicité supra-terrestre : « Vous serez dans la tristesse, dit Jésus, mais votre tristesse sera changée en joie ».

troisième dimanche après Pâques - méditation 2 - blogue

   2 – L’épitre également nous exhorte à vivre sur cette terre le regard tourné vers le ciel : « Mes bien-aimés, dit Saint Pierre, je vous exhorte, comme des étrangers et des voyageurs, à vous garder des convoitises de la chair qui font la guerre à l’âme ».
Le pèlerin ne peut s’attarder à jouir des délassements et des joies qu’il rencontre sur son chemin, sans le risque de ne pas atteindre le but. Ainsi, le chrétien, pèlerin de Dieu, ne peut se laisser arrêter par les biens terrestres ; il peut s’en servir et même en jouir si la Providence les met sur sa route, mais d’un cœur détaché qui passe immédiatement outre. Rien ne peut appesantir son pas, car il a hâte d’arriver au terme.
La vie du chrétien est celle du voyageur en terre étrangère, qui ne s’arrête jamais parce qu’il est anxieux d’arriver dans sa patrie. C’est bien à propos que la Secrète de la Messe met sur nos lèvres la prière suivante : « Puissent ces mystères, Seigneur, apaiser en nous l’ardeur des désirs terrestres et nous apprendre à n’aimer que les biens célestes ». La nécessité de cette prière est grande, car les satisfactions et les biens présents, au caractère immédiatement concret, peuvent  toujours impressionner nos sens et notre cœur, au point d’en retenir l’élan vers le ciel et même de nous faire oublier la caducité de tout ce qui est terrestre.
Une autre caractéristique du pèlerin est de n’être satisfait que lorsqu’il est arrivé dans sa patrie, et cette note distinctive jette un voile de tristesse sur la vie. Pèlerin de Dieu, le chrétien non plus ne peut être pleinement satisfait tant qu’il n’est pas arrivé au ciel et ne possède pas Dieu. Il court en soupirant vers Lui ; il presse le pas, soutenu par l’espérance de Le rencontrer un jour « face à face ».
Mais cette espérance comporte réellement un sentiment de tristesse, parce qu’il espère ce qu’il ne possède pas encore. C’est la sainte tristesse de ceux qui cherchent Dieu. Remercions le Seigneur s’Il nous la fait expérimenter ; c’est bon signe, c’est l’indice que notre cœur est pris par Son amour et que, dès lors, les biens terrestres ne peuvent plus le satisfaire. Et, ici encore, la parole de Jésus vient nous encourager : « votre tristesse sera changée en joie ».

troisième dimanche après Pâques - méditation 3 - blogue

Colloque :

   « O mes délices, Seigneur de toutes les créatures et mon Dieu ! Jusqu’à quand me faudra-t-il attendre pour pouvoir contempler Votre présence ? Oh ! vie longue ! vie amère ! vie où l’on ne vit pas ! Oh ! solitude désolée et sans remède !…
Quand donc, Seigneur ? Quand ? Quand ?… Qu ferai-je, ô mon Dieu, que ferai-je ? Faut-il donc que je désire ne plus Vous désirer ? Ah ! mon Dieu et mon Créateur, Vous blessez et ne donnez pas de remède ; Vous blessez, et la blessure est invisible ; Vous tuez pour laisser plus de vie ! En somme, ô mon Seigneur, Vous faites ce que Vous voulez, puisque Vous êtes tout-puissant. Qu’il en soit ainsi, Seigneur, parce que Vous le voulez. Moi, je n’ai d’autre volonté que de Vous aimer.

   « O Seigneur, mon Créateur, la douleur que je souffre m’arrache des plaintes et m’oblige à reconnaître que mon mal sera sans remède jusqu’à ce qu’il Vous plaise d’y mettre fin. Mon âme est dans une étroite prison : elle désire la liberté, mais à condition de ne s’éloigner aucunement de Votre volonté. Faites donc, ô ma Gloire, que son tourment augmente, ou apportez-y un remède radical.

   « O mort, ô mort, en toi est la vie, et je ne sais comment on peut te redouter ! Mais comment ne pas craindre, après avoir passé une partie de son existence sans aimer son Dieu ? Et puisque tel est mon cas, qu’est-ce que je demande et désire ? Serait-ce la punition que mes fautes ont méritée ?  – Ne le permettez pas, ô mon Dieu, car il Vous a tant coûté de me racheter !

   « O mon âme, laisse s’accomplir la volonté de ton Dieu, c’est là ce qui te convient. Sers-Le et espère en Sa bonté ; lorsque par la pénitence, tu auras mérité quelque peu le pardon de tes péchés, Il saura remédier à ta peine. Ne cherche pas à jouir avant d’avoir souffert.

   « Mais de cela même, je me sens incapable, ô mon vrai Roi et Seigneur, si Vous ne me soutenez Vous-même de Votre main puissante et de Votre grandeur. Avec Votre aide, tout me deviendra facile » (Sainte Thérèse de Jésus, Exclamations, VI).

Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine,
in « Intimité divine ».

troisième dimanche après Pâques - méditation 4 - blogue

2024-92. De Saint Léon IX, pape, dont on célèbre la fête le 19 avril.

19 avril,
Fête de Saint Léon IX, pape et confesseur. 

Sarcophage d'Etichon-Adalric au Mont-Sainte-Odile - blogue

Sarcophage du duc Etichon-Adalric (+ 690), père de Sainte Odile de Hohenbourg,
au Mont-Sainte-Odile :
Etichon est l’ancêtre que revendiquent plusieurs Maisons souveraines
et les comtes d’Eguisheim-Dabo

   Les Etichonides sont une importante famille de la noblesse franque qui s’implanta en Alsace et étendit ses possessions aux pourtours de cette province à partir du milieu du VIIème siècle. Cette dynastie tient son nom du duc Etichon (né vers 635 – mort le 20 février 690), appelé aussi Adalric, bien qu’il ne fut pas le premier de sa lignée : mais il est vrai que l’on ne sait pas grand chose de ses deux prédécesseurs.
Etichon-Adalric d’Alsace est le père de Sainte Odile (vers 660 – 720), fondatrice et abbesse du monastère de Hohenbourg (aujourd’hui Mont-Saint-Odile).

   Les Maisons de Habsbourg, de Bade, de Lorraine et de Flandres, revendiquent d’appartenir à la descendance d’Etichon, de même que la famille des comtes de Nordgau de laquelle est issu Hugues IV de Nordgau (né vers 970 ? – mort en 1048) – père du futur Saint Léon IX -, cousin germain de l’empereur Conrad II le Salique (vers 990 – 1039) lequel fut le premier des empereurs de la dynastie franconienne – également appelée dynastie Salienne ou Salique – qui se trouve à la tête du Saint Empire romain germanique de 1027 à 1125 (empereurs Conrad II le Salique, Henri III le Noir, Henri IV et Henri V).

   Hugues IV de Nordgau épousa Heilwige de Dabo (née vers 980 – morte en 1046), dans les veines de laquelle coulait du sang de Saint Charlemagne. Elle apporta à son époux le comté de Dabo (Dasbourg ou Dagsburg). De leur union naquirent au moins huit enfants, et le troisième de leurs fils, né le 21 juin 1002, prénommé Brunon ou Bruno au saint baptême, accèdera au Souverain pontificat en 1049, et prendra alors le nom de Léon IX.

   Avec Saint Léon IX, une fois de plus, nous nous trouvons donc avec un éminent représentant de la sainteté issue des dynasties mérovingienne et carolingienne.

Rocher et chapelle de Dabo - blogue

Rocher et chapelle de Dabo (664 m d’altitude), au sommet du Schlossberg :
le rocher de Dabo est dans l’actuel département de la Moselle à 2 km du département du Bas-Rhin.
Dagobert y eut un pavillon de chasse ; un château y fut érigé au Xème siècle (détruit en 1679).
C’est l’un des lieux possibles de la naissance de Saint Léon IX
auquel est dédiée la chapelle édifiée au XIXème siècle. 

   Trois lieux revendiquent d’être le pays de naissance de Brunon (ou Bruno) d’Eguisheim : Dabo (jadis Dagsburg) et Abreschviller deux petites cités qui se trouvent dans l’actuel département de la Moselle, c’est-à-dire sur les terres provenant de sa famille maternelle ; ou Eguisheim, dans l’actuel département du Haut-Rhin, c’est-à-dire sur les terres paternelles.
La polémique qui existe à ce sujet n’a pas d’autre intérêt que de savoir si Saint Léon IX était lorrain ou alsacien, mais c’est une problématique purement moderne qui n’a pas de consistance aux yeux des mentalités de l’époque : Brunon, était le
 rejeton d’une famille de la haute noblesse franque possessionnée sur ce qui deviendra bien plus tard l’Alsace et la Lorraine dans leurs configurations actuelles ! En ce temps-là on raisonnait en termes de fiefs, et Brunon n’était, par le sang, ni alsacien ni lorrain au sens où nous l’entendons aujourd’hui. 

   Cadet de famille, Brunon était destiné à l’Eglise, et dès l’âge de cinq ans, considéré comme capable d’étudier, il fut confié à l’école cathédrale de Toul, sous l’autorité de l’évêque Bertholde (+ 1018) puis de son successeur Hermann (+ 1026) : deux prélats d’origine germanique, aussi intègres que zélés, défenseurs des droits et privilèges de leur Eglise, jouant aussi un rôle politique de premier ordre dans l’Empire.

   Très jeune, Brunon fut pourvu d’un canonicat à la cathédrale de Toul, et on sait qu’à l’âge de 23 ans (1025) il était diacre.
A la mort de l’évêque Hermann (1er avril 1026), Brunon est choisi par le clergé pour lui succéder alors qu’il n’a pas encore atteint l’âge de 24 ans. Cette élection est soutenue par l’empereur Conrad II le Salique, son cousin.

Carte du diocèse de Toul - blogue

Carte de l’ancien diocèse de Toul

   Avant de parler de l’épiscopat de Brunon, nous mentionnerons une anecdote.

   On rapporte que durant son enfance (sans davantage de précision), pendant son sommeil, il fut mordu ou piqué au visage par quelque bête venimeuse. Il en tomba très malade, pendant deux mois, au point que l’on craignit pour sa vie. Mais, nous dit le chroniqueur : « Un jour, alors qu’il reposait sur le dos tout éveillé, il lui sembla voir une échelle lumineuse s’élever de son lit, traverser la fenêtre qui lui faisait face, et atteindre le ciel. Un vieillard en habit monastique, d’un éclat éblouissant et d’une blancheur de cheveux vénérable, en descendit, portant dans la main droite une croix resplendissante au bout d’une longue hampe. Lorsqu’il vint près du malade, il tint l’échelle de la main gauche et, de la main droite, apposa d’abord la croix sur ses lèvres, puis en marqua ses plaies et ramena derrière l’oreille tout le pus que le venin avait produit ; s’en retournant bientôt comme il était venu, il le laissa sur la voie de la guérison ».
L’abcès creva ; Brunon guérit, et il affirma « qu’au cours de cette extase, il avait immédiatement identifié à son visage et à son habit, le bienheureux Père des moines, Benoît, dont l’éclat dépasse celui de la lumière ».

   C’est probablement l’une des raisons (pas l’unique) pour lesquelles, au cours de son épiscopat et de son pontificat, Brunon fut particulièrement attentif à protéger les moines bénédictins, et soutint les réformes monastiques qui tendaient à rendre les abbayes plus ferventes.

Intérieur de la chapelle Saint Léon IX à Dabo

Intérieur de la chapelle Saint Léon IX à Dabo

   Brunon devient donc évêque de Toul en mai 1026. Il va le rester jusqu’en 1052, car, lorsqu’il sera élu pape, à la fin de l’année 1048, il voudra conserver l’évêché de Toul en sus de celui de Rome, contrairement à l’usage, et ne s’en démettra qu’un peu plus de deux années après son élévation au Souverain Pontificat.

   Ses vingt-six années d’épiscopat sont marquées par une énergique volonté de réforme du clergé, de ses mœurs et de sa discipline. Ce n’est pas pour rien que les historiens de l’Eglise considèrent que la « réforme grégorienne » (du nom de Grégoire VII, qui sera le quatrième successeur de Saint Léon IX) a, en réalité, commencé avec Saint Léon IX.
Son épiscopat à Toul est déjà la mise en œuvre de ce qu’il va promouvoir lorsqu’il sera élu sur le trône de Saint Pierre. 

   Comme nous l’avons écrit plus haut, il soutint la réforme des abbayes, puis s’appuya sur elles pour corriger les abus du clergé, en particulier le nicolaïsme (ainsi désigne-t-on le non respect du célibat et de la continence parmi les clercs) et la simonie (l’achat des biens spirituels, et en particulier des charges et dignités ecclésiastiques).
Il favorisa les fondations monastiques et il imposa au clergé séculier un train de vie humble et pieux, donnant lui-même l’exemple avec son chapitre cathédral qu’il astreignit à une discipline quasi monastique.

Il eut également à jouer un rôle politique, par la défense militaire de son évêché, ainsi que par une mission d’ambassade auprès du Roi de France en vue de maintenir la paix entre l’Empire et le Royaume.
Malade durant toute une année, il dut, cette fois, sa guérison à Saint Blaise.

Statue de Saint Léon IX à Eguisheim - blogue

Statue de Saint Léon IX à Eguisheim

   Henri III, dit le Noir (1017-1056), fils de l’empereur Conrad II le Salique (+ 4 juin 1039), est élu roi des Romains à la mort de son père, mais devra attendre Noël 1046 pour être couronné empereur à Rome. 

   Ce deuxième empereur salique est un monarque particulièrement pieux et conscient des désordres qui désolent l’Eglise de son époque. Il soutient le mouvement réformateur de manière assez autoritaire et n’hésite pas à déposer les évêques simoniaques. Se considérant comme le chef temporel et spirituel de la Chrétienté, il se fait confier le pouvoir de nommer les papes, pour que ce ne soit pas la très puissante famille des comtes de Tusculum qui puisse imposer ses candidats.

   Cette famille d’origine sénatoriale romaine devenue très puissante, en effet, produisit nombre de papes et d’antipapes durant le XIème siècle, mettant en place un véritable système maffieux dans lequel se confondaient la papauté et les intérêts familiaux, jouant sur le fait qu’à cette époque le pape était choisi dans les rangs de la noblesse romaine.
Dans les faits, compte tenu du rôle que vont jouer certaines très puissantes femmes de ce clan et des mœurs fort peu édifiantes de certains pontifes qu’elles manipulaient à leur guise, certains historiens n’ont pas hésité à nommer cette période peu glorieuse de la papauté du nom de « pornocratie pontificale ».
C’est l’époque où, notamment, Benoît IX, élu pape alors qu’il n’était qu’un adolescent, et qui occupera le trône de Saint Pierre à trois reprises, scandalisera la Ville Sainte par ses orgies et vendra même sa charge apostolique à son oncle (Grégoire VI) pour se retirer sur les terres familiales, où il aurait vécu en ménage avec une de ses cousines…

   Pendant ce temps, Henri III tentera d’imposer des pontifes de mœurs intègres (Clément II et Damase II) dont les règnes très éphémères laisseront à penser qu’ils auraient été empoisonnés (sans qu’on puisse le prouver de manière absolue).
C’est alors que son choix se porta sur un clerc dont la moralité ne pouvait être mise en doute et qui fût suffisamment habile pour gagner la confiance des Romains : Brunon d’Eguisheim, évêque de Toul, était l’homme de la situation. En décembre 1048, il fut donc nommé pape.

   Toutefois, Brunon ne voulut pas devoir son élévation sur le trône de Saint Pierre à la seule autorité impériale : il se rendit à Rome et se présenta humblement au peuple romain en lui demandant la confirmation de son élection s’il pensait qu’il était véritablement digne de cette charge. Acclamé par le peuple et le clergé, Brunon fut alors intronisé le 12 février 1049, en prenant le nom de Léon IX, en référence à Saint Léon le Grand (cf. > ici).  

Statue de Saint Léon IX devant l'église de Dabo - blogue

Statue de Saint Léon IX érigée devant l’église de Dabo en 2002
pour célébrer le millénaire de sa naissance

   Dès Pâques 1049, le nouveau pape réunit un premier concile romain, toujours dans le but d’éradiquer la simonie et le nicolaïsme, après avoir accompli un pèlerinage au Mont-Gargan afin d’implorer la protection de l’archange Saint-Michel et au Mont-Cassin pour se recommander à Saint Benoît.
Il s’entoure de personnes de confiance acquises à la réforme de l’Eglise, parmi lesquels Saint Pierre Damien (cf. > ici), et le moine Hildebrand, qu’il s’était attaché quelques mois auparavant et qui lui succèdera un jour sous le nom de Grégoire VII.

   Nous ne détaillerons pas tout de son action et des réformes qu’il mit en place, ni des trois grands voyages qu’il entreprit afin d’imposer la restauration de la discipline et des mœurs, n’hésitant pas à excommunier ou déposer des évêques : de la fin de l’année 1049 jusqu’au carême 1053, il parcourut ainsi les territoires du Saint-Empire et de ce qui constitue aujourd’hui un grand quart nord-est de la France, déployant une énergie incroyable et une rigueur admirable, pour condamner l’hérésiarque Bérenger (écolâtre de Tours qui prétendait que la présence du Christ dans l’Eucharistie était seulement spirituelle), convoquer au total une douzaine de conciles, imposer la « Trève de Dieu » (suspension de l’activité guerrière pendant des périodes déterminées) à la Chrétienté, assainir le corps épiscopal, affranchir l’Eglise de la tutelle des laïcs…

   La fin de son pontificat fut assombrie par deux graves événements :

   1) en juin 1053, la défaite des troupes pontificales contre les mercenaires normands qui s’emparèrent du duché de Bénévent : le pape sera même prisonnier des Normands pendant neuf mois. Libéré en février 1054, il rentrera à Rome à toute extrémité, et rendra le dernier soupir le 19 avril ;

   2) pendant ce même temps, les relations avec le patriarche de Constantinople, Michel Cérulaire, se sont détériorées à l’extrême : si le fond de l’affrontement est bien la question de la primauté romaine, c’est une controverse sur le pain destiné à la Sainte Eucharistie qui va en être le déclenchement (les Latins utilisent du pain azyme, et les Byzantins du pain levé). Des protagonistes autres que le patriarche Michel Cérulaire et le légat pontifical Humbert de Moyenmoutier eussent vraisemblablement pu éviter le schisme, à la condition de le vouloir vraiment… Mais ils n’étaient ni l’un ni l’autre portés à des solutions d’apaisement : le 16 juillet 1054 – alors que le pape Léon IX était mort depuis presque trois mois, et que donc, ipso facto, Humbert de Moyenmoutier n’était plus son légat -, en réponse au patriarche Michel Cérulaire qui le renvoyait à Rome pour y chercher une nouvelle légature, Humbert déposa sur l’autel de la basilique Sainte-Sophie un texte d’excommunication du patriarche et de ses partisans. Michel Cérulaire riposta en excommuniant les légats… Les conséquences de cette rupture – hélas ! – durent encore.

   Revenu de captivité dans un état d’extrême faiblesse, Léon IX avait bénéficié d’une vision lui révélant que sa mort devait avoir lieu à Saint-Pierre du Vatican : il se prépara spirituellement, pris ses dispositions et fit même préparer son cercueil, puis il mourut au milieu de l’après-midi du 19 avril 1054, alors qu’il n’avait pas atteint ses 52 ans.
Il fut canonisé 33 ans plus tard par le pape Victor III.

vitrail de Saint Léon IX

2024-91. Méditation pour la solennité de Saint Joseph (mercredi de la deuxième semaine après l’octave de Pâques).

Mercredi de la deuxième semaine après l’octave de Pâques :
Fête du Patronage de Saint Joseph / Solennité de Saint Joseph (cf. les explications > ici).

Saint Joseph Protecteur de l'Eglise universelle - blogue

Saint Joseph, protecteur de l’Eglise universelle

Fleur de Lys

- Patronage de Saint Joseph -

Présence de Dieu :

« Faites, ô glorieux Saint Joseph, que sous votre patronage ma vie intérieure croisse et se développe ! »

Méditation :

   1 – En cette semaine où prédomine la douce figure de Jésus, le Bon Pasteur, l’Eglise nous présente en Saint Joseph, encore un autre bon pasteur, à la garde duquel Dieu voulut confier la portion choisie de Son troupeau : Marie et Jésus.
Précisément parce que Joseph a été choisi par Dieu comme gardien de la famille de Nazareth, premier noyau de la grande famille chrétienne, l’Eglise a voulu reconnaître en lui le gardien, le patron de toute la Chrétienté. Telle est la signification de la fête de ce jour, qui complète ainsi celle du 19 mars et nous invite à fixer notre attention sur la mission du grand saint dans ses rapports avec Jésus et Son Eglise.
Dès qu’il connut le mystère de l’Incarnation, toute la vie de Joseph fut centrée sur celle du Verbe incarné ; pour Lui, il endura l’angoisse, la souffrance, les fatigues, le travail ; il Lui consacra toute sa sollicitude, ses énergies, ses ressources, son temps. Il ne s’est rien réservé mais, totalement oublieux des exigences, vues ou désirs personnels, il s’est donné entièrement aux intérêts et à l’œuvre de Jésus. Pour Joseph, il n’existe que Jésus et Marie, et il se rend compte que sa vie n’a d’autre raison d’être que de les servir, de les protéger. De cette manière, il a participé pleinement, en collaborateur humble et caché, à l’œuvre de la Rédemption. S’il n’a pas accompagné Jésus dans Sa vie apostolique et à la mort sur la Croix, – comme le fit, au contraire, Marie – il a cependant travaillé aux mêmes fins que le Sauveur.
Ayant été le gardien fidèle de la Sainte famille, il est impossible que, du haut du ciel, il ne continue pas à protéger la grande famille chrétienne de l’Eglise tout entière qui, certaine de son secours, et s’appuyant sur lui, s’écrie dans la Messe d’aujourd’hui : « Soutenus par le patronage de l’Epoux de Votre Sainte Mère, nous demandons, Seigneur, à Votre clémence que [...] par ses mérites et son intercession, Vous nous rendiez participants de la gloire céleste » (secrète et postcommunion).

Saint Joseph Gardien de la Sainte Famille - blogue

Saint Joseph, gardien de la Sainte Famille

   2 – La vocation de Joseph à devenir le gardien de la Famille de Nazareth a été également un appel à l’intimité divine. Il ne faut pas oublier qu’il se trouve sur la ligne de partage de l’ancien et du nouveau Testament : la première partie de sa vie appartient à l’ancien Testament, la seconde, au nouveau.
Avant la venue de Jésus, comme tous les patriarches de l’ancienne alliance, il aura certainement suivi la direction de son temps, et ses rapports avec Dieu auront été surtout informés par le sentiment de la crainte révérentielle. Mais dès que l’Ange lui révèle le mystère de l’Incarnation et qu’il vient à connaître que Marie, son Epouse, est la Mère du Rédempteur, tout change dans sa vie. Dieu, qu’il a toujours honoré comme le Très-Haut, l’Inaccessible, le trois fois Saint, lui devient proche, si proche qu’Il S’incarne dans le sein de son Epouse et le choisit, lui, Joseph, comme Son Père putatif.
A peine né, Le voici entre ses bras et confié à ses soins ; ensuite, Il croîtra sous ses yeux, se nourrira à sa table, dormira sous son toit. Quelle vie d’intimité ! non seulement de rapports familiaux externes, mais aussi de communication profonde, spirituelle, car Joseph sait par la foi que Jésus est son Dieu.
Avec Marie, le grand saint fut donc le premier à entrer dans cette vie d’amour et d’intimité avec Dieu, dont Jésus nous a descellé la porte.
Regardons donc Joseph accomplir sa mission, non seulement avec un dévouement extérieur sans bornes, mais aussi avec un cœur plein de Jésus, un cœur où fleurit une vie d’intimité divine splendide. Tandis qu’il s’adonne aux travaux requis par sa tâche de père putatif, il vit, dans le secret de son âme, dans des rapports d’amour ininterrompus avec son Dieu, le Verbe incarné.
Dans l’Eglise, chacun de nous a sa petite mission à accomplir pour le bien des âmes et la gloire de Dieu. Cette mission exige du travail, souvent même un travail fatigant, des sacrifices et une activité intense. Comme Saint Joseph, il faut que nous nous donnions avec générosité, totalité, sans ménagement ou réserve ; mais, en même temps, nous avons à nous consacrer également aux œuvres divines avec un cœur plein de Dieu, qui vit avec Lui dans une intimité accrue par l’exercice de l’oraison.
Joseph nous enseigne son doux secret de vie active et contemplative à la fois, afin que, à son exemple, nous sachions nous adonner à l’action sans négliger notre vie d’intime union à Dieu.

Saint Joseph Modèle de la vie intérieure - blogue

Saint Joseph, modèle de la vie intérieure

Colloque :

   Contrairement à beaucoup de rois et de prophètes qui désirèrent voir et ne virent point, entendre et n’entendirent point, Dieu accorda à Saint Joseph non seulement de voir et d’entendre Jésus, mais même de Le porter, Le conduire, L’embrasser, Le baiser, Le nourrir, Le garder !… Après la mort, un sort pieux consacre les autres élus. La gloire reçoit alors ceux qui méritent la palme. Mais, ô Saint Joseph, égal aux Anges, vous jouissez, vivant, de Dieu, plus heureux de votre sort admirable !

   « Oh ! Que de doux baisers vous avez reçu de Jésus ! Avec quelle joie vous vous entendiez appeler du nom de père par le petit Enfant qui commençait à balbutier, et quelle ne fut pas la suavité de Ses doux embrassements ! Avec quel amour, au cours des voyages, vous Le faisiez reposer sur vos genoux, lorsque Son petit corps d’Enfant était épuisé de fatigue ! Un amour sans réserve vous portait vers Lui, comme vers un très doux Fils que l’Esprit-Saint vous avait donné par l’entremise de la Vierge Son Epouse ! » (Saint Bernardin de Sienne).

   « O glorieux Saint, c’est chose vraiment merveilleuse que les grâces insignes dont Dieu m’a favorisée, et les dangers – tant du corps que de l’âme – dont Il m’a délivrée par votre intercession. Les autres Saints semblent avoir reçu de Dieu le pouvoir de nous assister dans une nécessité spéciale ; mais vous, au contraire, étendez votre patronage à tous nos besoins… Les âmes d’oraison, en particulier, vous doivent une affection toute spéciale. Que celui qui n’aura personne pour lui enseigner l’oraison, vous prenne pour maître, et il ne s’égarera pas » (Ste Thérèse de Jésus, « Vie », chap. VI).

   Puisse la vie de toute l’Eglise, ainsi que la vie intérieure de chaque chrétien, croître et prospérer sous votre patronage, ô Joseph. Je mets ma vie spirituelle sous votre protection. Vous, qui avez vécu si près de Jésus, introduisez-moi dans Son intimité et faites qu’à votre exemple, je puisse Le servir avec un cœur plein d’amour.

Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine, ocd
in « Intimité divine ».

Trois lys blancs

2024-90. Message de Sa Majesté à l’occasion du cinquième anniversaire de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

2019 – 15 avril – 2024

Message de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon,
duc d’Anjou,

de jure Sa Majesté le Roi Louis XX

cinq ans jour pour jour après l’incendie de
la Cathédrale Notre-Dame de Paris

frise fleurs de lys

Incendie de Notre-Dame de Paris 19 avril 2019

Ce lundi 15 avril, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX a publié sur les réseaux sociaux le message suivant :

     15 avril 2019-15 avril 2024 : 5e anniversaire de l’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris.
L’objectif de la réouverture pour la fin de l’année semble désormais tenu.                       
Chantier de Notre-Dame de Paris - avril 2024
Devant l’ampleur du chantier comment ne pas s’extasier ?
Beau miracle permis par ceux totalement investis dans leur tâche, maîtrisant leur art et leurs pratiques.
Chantier de Notre-Dame de Paris - chevet
Puisse la France renaître elle aussi si vite alors qu’elle est si meurtrie de tant et tant de maux qui l’assaillent à l’intérieur comme à l’extérieur…
Ce chantier du siècle, montre une nouvelle fois que les Français savent quand il le faut, renouer avec le don d’eux-mêmes et le courage quand il s’agit de la France et de sa grandeur.

Louis, duc d’Anjou.

chantier de Notre-Dame de Paris - fin des charpentes du chevet

frise fleurs de lys

Prières et litanies en l’honneur de Saint Benoît-Joseph Labre :

Les derniers jours et la mort de Saint Benoît-Joseph Labre (16 avril 1683) > ici
Extraits du panégyrique de Saint Benoît-Joseph par Mgr Pie, à l’occasion de la béatification > ici

Tableau de Saint Benoît-Joseph dans l'église Sainte-Marie des Monts à Rome - blogue

Tableau représentant la charité de Saint Benoît-Joseph envers les pauvres
(église Sainte-Marie des Monts, à Rome)

frise

Invocations diverses :

   - O Dieu qui avez donné à Saint Benoît-Joseph Labre de mener une vie humble et pauvre, toute à l’image du Christ, faites-nous emprunter les mêmes chemins pour suivre Votre Fils et vivre unis à Vous, pleins de joie et de charité, en pèlerins du Royaume. Ainsi soit-il.

   - Seigneur Dieu, qui avez amené Saint Benoît-Joseph Labre à s’attacher à Vous seul par l’humilité vraie et la pauvreté réelle, donnez-moi, grâce à ses mérites, de mépriser les biens de la terre et de rechercher uniquement ceux du ciel. Ainsi-soit-il.

   - Saint Benoît-Joseph Labre, qui êtes passé en ce monde comme un pauvre pèlerin, brûlez mon cœur d’amour pour Jésus pauvre et crucifié. Ainsi-soit-il.

Relique St Benoît-Joseph Labre

Relique de Saint-Benoît Joseph
(oratoire du Mesnil-Marie)

frise

Litanies de Saint Benoît-Joseph Labre

(approuvées pour la récitation privée)

Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous,

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, patronne de Saint Benoît-Joseph, priez pour nous.

Saint Benoît-Joseph, prédestiné du ciel, priez pour nous.
Saint Benoît-Joseph, enfant de bénédiction, priez pour nous.
Saint Benoît-Joseph, plein d’amour pour Dieu, priez pour nous.
Saint Benoît-Joseph, vrai disciple de Jésus-Christ, priez…
Saint Benoît-Joseph, temple très pur de l’Esprit-Saint, priez…
Saint Benoît-Joseph, fidèle à la grâce,
Saint Benoît-Joseph, fervent dans la prière,
Saint Benoît-Joseph, contempteur du monde,
Saint Benoît-Joseph, exemple d’humilité,
Saint Benoît-Joseph, abject à vos propres yeux,
Saint Benoît-Joseph, heureux dans les opprobres,
Saint Benoît-Joseph, pèlerin sur la terre,
Saint Benoît-Joseph, vivant sans asile,
Saint Benoît-Joseph, pauvre volontaire,
Saint Benoît-Joseph, dépouillé de tout,
Saint Benoît-Joseph, charitable pour les autres,
Saint Benoît-Joseph, zélé pour le salut de vos frères,
Saint Benoît-Joseph, amant de la croix,
Saint Benoît-Joseph, héros de la pénitence,
Saint Benoît-Joseph, passionné pour les souffrances,
Saint Benoît-Joseph, avide de mortification,
Saint Benoît-Joseph, admirable de patience,
Saint Benoît-Joseph, doué d’une pureté angélique,
Saint Benoît-Joseph, dévot des quarante-heures,
Saint Benoît-Joseph, adorateur constant de l’Eucharistie,
Saint Benoît-Joseph, zélé serviteur de Marie,
Saint Benoît-Joseph, imitateur de saint François d’Assise,
Saint Benoît-Joseph, gloire nouvelle de l’Eglise d’Arras,
Saint Benoît-Joseph, puissant dans le ciel, priez pour nous.

Saint Benoît-Joseph, par votre glorification, nous vous invoquons, secourez-nous.
Saint Benoît-Joseph, par votre crédit auprès de Dieu, nous vous invoquons, secourez-nous.
Saint Benoît-Joseph, par les miracles accordés à votre intercession, nous vous invoquons, secourez-nous.
Saint Benoît-Joseph, par votre ardente charité, nous vous invoquons, secourez-nous.
Saint Benoît-Joseph, par tous vos mérites, nous vous invoquons, secourez-nous.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V./ : Priez pour nous, Saint Benoît-Joseph,
R./ : Afin que nous devenions dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Prions :

   O Dieu, qui nous offrez dans la personne de Saint Benoît-Joseph Labre, Votre fidèle serviteur, un nouveau modèle de la perfection évangélique, accordez-nous par son intercession la grâce de suivre ses exemples et de Vous aimer, comme lui, de tout notre cœur, afin que, par le mépris de nous-mêmes et de tout ce qui se passe, nous parvenions au bonheur de l’éternité.
Nous Vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Ainsi soit-il.

Visage de Saint Benoît-Joseph détail du gisant de sa tombe - blogue

Visage de Saint Benoît-Joseph, détail du gisant sur sa tombe
(église Sainte-Marie des Monts – Rome)

2024-89. Méditation pour le dimanche du Bon Pasteur.

Deuxième dimanche après Pâques,
Dimanche du Bon Pasteur.
Epître : 1 Pierre II, 21-25 ; Evangile : Jean X, 11-16.

Bon Pasteur - église ND des Blancs Manteaux - atelier de Philippe de Champaigne - blogue

Bon Pasteur de l’atelier de Philippe de Champaigne
[église Notre-Dame des Blancs-Manteaux - Paris]

Présence de Dieu :

   Je viens à Vous, ô Jésus, mon bon Pasteur, conduisez-moi aux pâturages de la vie éternelle.

Méditation :

   1 – La liturgie de ce dimanche résume, dans la douce figure du Bon Pasteur, tout ce que Jésus a fait pour nos âmes.
Le pasteur est tout pour ses brebis : leur vie, leur nourriture, leur garde est entièrement entre ses mains et, si le pasteur est bon, elles n’auront rien à craindre sous sa protection, et rien ne leur manquera.
Jésus est le Bon Pasteur par excellence : non seulement Il aime, nourrit, garde Ses brebis, mais Il leur donne la vie au prix de la Sienne. Par le mystère de l’Incarnation, le Fils de Dieu vient sur terre pour chercher les hommes qui, semblables à des brebis errantes, se sont éloignés de la bergerie et égarés dans les vallées ténébreuses du péché. Il vient en Pasteur très aimant qui, pour mieux secourir Son troupeau, ne craint pas de partager son sort.
Saint Pierre nous Le montre, dans l’épître, se chargeant de nos péchés, afin de nous guérir pas Sa Passion : « Il a Lui-même porté nos péchés sur le bois (de la Croix), afin que morts au péché nous vivions pour la justice ; c’est par Ses meurtrissures que nous sommes guéris. Car vous étiez comme des brebis errantes, mais maintenant vous êtes venus à Celui qui est le Pasteur et l’Evêque de vos âmes ».
« Je suis le Bon Pasteur, a dit Jésus, et je donne Ma vie pour Mes brebis » ; et dans l’office du temps pascal, l’Eglise chante à diverses reprises : « Il est ressuscité, le Bon Pasteur, qui donna Sa vie pour Ses brebis et daigna mourir pour Son troupeau ».
Comment pourrait-on mieux synthétiser toute l’œuvre de la Rédemption ? Celle-ci apparaît encore plus grandiose lorsque nous entendons dire de la bouche même de Jésus : « Je suis venu pour que les brebis aient la vie et qu’elles soient dans l’abondance » (Jean X, 10).
En vérité, Il pourrait répéter à chacun de nous : « Qu’aurais-Je pu faire pour toi que Je n’aie fait ? » (cf. Is. V, 4).
Oh ! Si nous pouvions nous donner à Lui avec une générosité égale à la Sienne, lorsqu’Il S’est donné à nous !

Vignette Agneau pascal - blogue

   2 – Jésus dit encore : « Je connais Mes brebis et elles Me connaissent, comme le Père Me connaît et que Je connais le Père ». Bien qu’il n’y ait pas question d’égalité, mais de simple similitude, il est pourtant très réconfortant et glorieux pour nous de constater comment Jésus aime à comparer les relations qu’Il a avec nous, à celles qu’Il a avec Son Père. A la dernière Cène aussi, Il avait dit : « Comme Mon Père M’a aimé, Moi aussi Je vous ai aimés », et encore : « Comme Vous, Mon Père, Vous êtes en Moi, et Moi en Vous, qu’eux aussi soient un en Nous » (Jean XVII, 21). Cela nous montre qu’entre nous – les brebis -, et Jésus – notre Pasteur -, il n’existe pas seulement un rapport de connaissance, mais aussi d’amour et, mieux encore, de communauté de vie, semblable à celui qui existe entre le Fils et le Père. C’est par la grâce, la foi et la charité, que le Bon Pasteur nous a acquises en donnant Sa vie pour nous, que nous arrivons à de tels rapports avec notre Dieu – liens si profonds qu’ils nous font participer à Sa propre vie intime.
Une étroite relation de connaissance amoureuse s’établit donc entre le Bon Pasteur et Ses brebis ; elle est si intime que le Pasteur connaît Ses brebis une à une et les appelle par leur nom, et elles reconnaissent Sa voix et le suivent docilement. Chaque âme peut se dire : Jésus me connaît et m’aime, non d’une façon générale et abstraite, mais dans l’aspect concret de mes nécessités, de mes désirs, de ma vie ; et pour Lui, me connaître et m’aimer, cela signifie me faire du bien, m’entourer toujours davantage de Sa grâce, me sanctifier.
C’est parce que Jésus m’aime qu’Il m’appelle par mon nom. Il le fait pendant l’oraison, en m’ouvrant de nouveaux horizons de vie spirituelle, ou en me montrant plus clairement mes défauts, ma misère ; Il m’appelle quand Il me réprimande ou me purifie par l’aridité, et aussi quand Il me console et m’encourage en répandant sur moi une ferveur nouvelle ; Il m’appelle lorsqu’Il me fait sentir l’urgence d’une plus grande générosité, qu’Il me demande des sacrifices ou m’accorde des joies et, plus encore, quand Il éveille en mon âme un plus profond amour.
Je dois répondre à ces appels, comme la brebis aimante qui reconnaît la voix de son Pasteur et Le suit toujours.

Vignette Agneau pascal - blogue

Colloque :

   « O Seigneur, Vous êtes mon Pasteur, je ne manque de rien ; Vous me faites reposer dans de verts pâturages, Vous me conduisez près des eaux rafraîchissantes, Vous renouvelez mon âme et me dirigez dans des sentiers de justice. Même si je marche dans le ravin, par de sombres vallées, je ne craindrai aucun mal, parce que Vous êtes avec moi. Votre bâton et votre houlette, voilà ma consolation. Vous dressez devant moi une table, en dépit de mes adversaires. Vous oignez ma tête de parfum et ma coupe déborde (cf. Ps. XXII).
O Seigneur, mon doux Pasteur, qu’auriez-Vous pu faire de plus pour moi que Vous n’ayez fait ? Qu’auriez-Vous pu me donner que je n’aie reçu ? Vous avez voulu devenir Vous-même ma nourriture et mon breuvage. Et quel pâturage plus délicieux et salutaire, plus nourrissant et fortifiant, auriez-Vous jamais pu trouver que celui de Votre Corps et de Votre Sang ?
O très bon Seigneur jésus-Christ, mon doux Pasteur, que Vous rendrai-je pour tout ce que j’ai reçu de Vous ? Que Vous donnerai-je pour le don que Vous m’avez fait de Vous-même ?
Si je pouvais me donner à Vous mille fois, ce ne serait rien encore, puisque je suis néant par rapport à Vous. Vous, l’immensité même, avez eu un amour si grand et si gratuit pour moi, si chétif, si méchant et ingrat !
Je sais, ô Seigneur, que Votre amour tend à l’immensité, à l’infini, puisque Vous êtes immense, infini. De grâce, ô Seigneur, dites-moi donc de quelle manière je puis Vous aimer.
Mon amour, ô Seigneur, n’est pas gratuit, il Vous est dû… Bien que je ne puisse Vous aimer autant que je le devrais, Vous agréez ce faible amour.
Je pourrai Vous aimer davantage, lorsque Vous daignerez accroître ma vertu ; mais jamais je ne pourrai Vous donner autant que Vous méritez.
Donnez-moi donc Votre très ardent amour par lequel, avec Votre grâce, je Vous aimerai, Vous plairai, Vous servirai, accomplirai Vos préceptes et ne serai séparé de Vous ni dans le temps présent ni pour l’éternité, Vous demeurant uni dans l’amour pendant les siècles éternels » (Vénérable R. Jourdain).

Rd Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine,
in « Intimité divine ».

Bon Pasteur - Blogue

12345...224

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi