2019-63. Deux ouvrages de Marie-Joëlle Guillaume qui ont retenu notre attention.

Vendredi 19 juillet 2019,
Fête de Saint Vincent de Paul, confesseur (cf. > ici, > ici, et > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je profite de cette fête de Saint Vincent de Paul pour vous parler de deux ouvrages dus à la plume du même auteur : Madame Marie-Joëlle Guillaume.

Née en 1949, agrégée de lettres classiques, Madame Guillaume est éditorialiste à l’hebdomadaire « Famille Chrétienne », membre – entre autres – de l’Académie d’Éducation et d’Études sociales, et auteur de très nombreux articles et conférences.
Elle s’intéresse depuis fort longtemps à l’histoire de l’Eglise, en particulier au XVIIe siècle, ainsi qu’aux rapports entre la culture, la politique et la spiritualité.

Elle avait publié deux ouvrages d’entretiens avec Son Eminence Révérendissime le Cardinal Paul Poupard, en 2001 chez Plon puis en 2003 chez Perrin. En 2007, aux éditions de La Table ronde, elle publie « Un printemps de gloire : souvenirs de Catherine, marquise de Rambouillet » ; puis en 2010, toujours chez Perrin, un ouvrage consacré à « Rémy Montagne : un démocrate chrétien dans le siècle »

Mis à part l’essai fort réussi de reconstitution des souvenirs de la Marquise de Rambouillet qui avait retenu mon attention, in illo tempore, il n’y avait pas jusqu’alors dans la bibliographie de Marie-Joëlle Guillaume d’autres éléments qui m’attirassent particulièrement, jusqu’à ce qu’en avril 2015 elle fit paraître une biographie de Saint Vincent de Paul qui m’a beaucoup intéressé.

Marie-Joëlle Guillaume Vincent de Paul un saint au grand siècle

A – « Vincent de Paul, un saint au Grand Siècle » (Perrin – avril 2016) :

- Quatrième de couverture :
« Petit paysan des Landes devenu prêtre, nommé précepteur dans l’illustre famille de Gondi après diverses aventures, Vincent de Paul, né en 1581, découvre à trente-six ans la vocation de sa vie : servir les pauvres. Aumônier général des galères du roi à partir de 1618, il fonde en 1625 la congrégation de la Mission, afin d’évangéliser et soigner le peuple des campagnes, et former des prêtres pour cette tâche. En 1632, il se voit offrir avec sa communauté le prieuré de Saint-Lazare à Paris. Les lazaristes étaient nés. Leur ordre allait devenir un refuge pour des milliers de démunis et un centre de rayonnement spirituel considérable. 
Peu à peu, Vincent de Paul s’affirme comme la conscience de son temps. Avec Louise de Marillac, supérieure des Filles de la Charité, il suscite l’engagement et la générosité des femmes de la haute société, lutte sur le terrain contre les horreurs de la guerre de Trente Ans, institue à Paris l’œuvre des Enfants trouvés. Par sa présence, de 1643 à 1652, au Conseil de conscience de la reine Anne d’Autriche, celui qui fait jeu égal avec les grandes figures de la Contre-Réforme catholique, François de Sales, Bérulle, Olier, influera aussi sur les affaires de l’Etat et s’engagera contre le jansénisme. Les années 1650 le voient jouer un rôle décisif dans le développement des missions étrangères. Il meurt en 1660 et sera canonisé moins d’un siècle plus tard. 
Homme de prière, homme d’action, meneur d’hommes, témoin auprès des grands des exigences de la conscience, l’humble paysan gascon est devenu une grande figure de notre histoire. »

- Mon avis :
J’ai découvert cet ouvrage au début de l’été 2017 et je m’en suis servi de lecture de préparation à la fête de Saint Vincent de Paul cette année-là. C’est une excellente biographie dont on peut dire qu’elle s’impose par ses qualités d’écriture, par son sérieux et par sa profondeur spirituelle. Je n’hésiterai pas à parler d’une véritable « biographie de référence ».
Un bémol toutefois : Madame Guillaume est une catholique marquée par l’esprit de la « démocratie chrétienne » et par le pseudo œcuménisme post-vaticandeux et c’est ainsi que, en quelques petites touches qui pour être discrètes n’en sont pas moins réelles et récurrentes, elle semble avoir du mal à comprendre la gravité de l’hérésie protestante et de ses conséquences ecclésiologiques, spirituelles et politiques. Ainsi, conformément à la tendance dominant de nos jours dans l’ « Eglise officielle », elle s’emploie à mettre des guillemets relativisants aux termes d’hérésie et d’hérétiques chaque fois qu’elle ne peut faire autrement que de les utiliser, en conformité pourtant avec l’authentique théologie catholique et aux affirmations de Saint Vincent de Paul qui, pour être parfaitement claires n’en sont pas moins justement pleinement charitables puisque habitées par la vérité. C’est en effet une fausse charité, ou du moins une charité bien imparfaite, qu’une charité qui néglige de donner le nom d’erreurs aux fourvoiements de ceux que l’on prétend aimer.

Vitrail Lys - oratoire du Mesnil-Marie

Marie-Joëlle Guillaume Pour Dieu et pour le Roi

B – « Pour Dieu et pour le Roi » (Perrin – avril 2019) :

- Quatrième de couverture :
« La nature et l’évolution des relations entre le Trône et l’Autel, l’Église et l’État sous l’Ancien Régime sont difficiles à comprendre pour nos contemporains. De même que les conflits religieux qui l’émaillent – guerres de Religion, jansénisme, quiétisme… – et qui ont de multiples implications au plus haut sommet de l’État. Marie-Joëlle Guillaume en livre les arcanes par le biais des portraits de douze grands prélats français, du règne d’Henri III à celui de Louis XVI. 
Pierre de Gondi, François de La Rochefoucauld, Pierre de Bérulle, Richelieu, Bossuet, Fénelon, Valentin-Esprit Fléchier, Louis-Antoine de Noailles, Jean-Baptiste Massillon, André-Hercule de Fleury, Christophe de Beaumont et François-Joachim de Bernis : hommes d’État, hommes d’action, noms illustres des Lettres françaises ou prédicateurs en vue, tous sont de grandes âmes aux prises avec de grands débats. La présentation fouillée de leurs fortes personnalités, l’explication de leurs œuvres et de leurs actions conduisent à une plongée passionnante dans les XVIIe et XVIIIe siècles. Alliant la rigueur de l’historien à la limpidité du style, Marie-Joëlle Guillaume éclaire un pan encore largement méconnu de l’histoire politique et religieuse de la France moderne. »

- Mon avis :
Comme sa biographie de Saint Vincent de Paul, cet ouvrage de Madame Guillaume est largement positif. Ce qui ne signifie pas qu’il faille tout en recevoir comme si cela était « parole d’Evangile » !!!
Les douze prélats qu’elle a choisis pour illustrer le rôle unique de l’Eglise au service de la royauté très chrétienne dans ces deux magnifiques XVIIe et XVIIIe siècles sont véritablement emblématiques, et Madame Guillaume a su en dresser des portraits intelligents et plutôt sympathiques.
Avec un réel talent, elle fait ressortir les mérites et rend très attachantes d’admirables figures un peu laissées dans l’ombre aujourd’hui, comme le sont les cardinaux de Gondi, de La Rochefoucauld ou de Fleury ; elle fait sortir de la légende noire et lave des calomnies qui les ont injustement salis les cardinaux de Richelieu et de Bernis ; elle démontre (bien que je ne sois pas certain que ce soit son intention initiale) combien de très intelligents prélats, véritables hommes de Dieu, ont su établir un équilibre politique très judicieux, profondément réaliste et rigoureusement fidèle à la doctrine évangélique, en se tenant éloignés des excès des dévots lorsqu’ils prétendaient se constituer en parti ; elle écrit finalement une belle apologie de cette religion royale dont on a trop souvent perdu la compréhension profonde aujourd’hui, ou que l’on a fort injustement décriée et calomniée en la faisant passer pour du « gallicanisme » frisant l’hérésie…
Mais Madame Guillaume persiste dans son entêtement à vouloir relativiser les gravissimes erreurs du protestantisme, et s’obstine donc à entourer de guillemets édulcorants les termes d’hérésie ou d’hérétique qui lui conviennent pourtant en toute vérité. Ses sympathies envers la démocratie-chrétienne la portent aussi, par exemple, à minimiser les errements politiques de Fénelon ou à interpréter certains passages de Massillon dans un sens favorable à une évolution (sans doute nécessaire pour elle) de la monarchie absolue vers des formes prétendûment plus démocratiques…
Il n’en demeure pas moins que, pour un esprit averti et formé qui a compris quels handicaps intellectuels dus à la modernité postconciliaire dans laquelle elle évolue, grèvent un peu la pensée de Madame Guillaume, cet ouvrage présente un réel intérêt et peut servir de base de départ pour des études plus approfondies dont elle inspire finalement le goût.

Vitrail Lys - oratoire du Mesnil-Marie

2019-62. Où, en l’honneur de l’anniversaire du sacre de Sa Majesté le Roi Charles VII, le 17 juillet 1429, vous est présentée une remarquable maquette…

Jeudi 18 juillet 2019,
Fête de Saint Arnould de Metz, évêque et confesseur, aïeul de Saint Charlemagne ;
Mémoire de Saint Camille de Lellis, confesseur ;

A Paris, la fête de Notre-Dame de Bonne Délivrance (cf. > ici) ;
110ème anniversaire du rappel à Dieu de Sa Majesté le Roi Charles XI de France (+ 18 juillet 1909).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Certains d’entre vous savent déjà que j’ai eu le bonheur, au début de ce mois, à l’occasion du dixième anniversaire d’ordination d’un excellent ami prêtre, de me rendre à Reims, ville si importante au cœur des Français puisque c’est dans les fonts baptismaux de sa cathédrale que naquit notre France catholique et royale.

Entre autres pieuses visites et pèlerinages, nous y avons eu la joie de bénéficier d’une visite de la cathédrale des plus intéressantes, puisqu’elle nous a permis d’accéder à certains lieux qui ne font ordinairement pas partie des visites proposées.
C’est ainsi que, dans l’une des sacristies, l’excellent et bienveillant chanoine qui nous servait de guide, nous a permis de découvrir et d’admirer, dans deux longues et étroites vitrines (chacune avoisine les 2 m de longueur), la représentation très réaliste de deux moments importants des cérémonies du Sacre de Sa Majesté le Roi Charles VII : 1) l’arrivée du cortège royal, au-devant duquel carracolait Sainte Jeanne d’Arc ; et 2) la procession de la Sainte Ampoule (voir > ici).

Ce 17 juillet 2019 a marqué l’exact 590ème anniversaire du Sacre de Sa Majesté le Roi Charles VII, célébré le dimanche 17 juillet 1429.

C’est en l’honneur de cet anniversaire que je veux vous présenter ci-dessous les clichés que j’ai réalisés des deux maquettes mentionnées ci-dessus.
Leur longueur et la disposition des lieux ne permettaient pas de réaliser une vue d’ensemble satisfaisante, j’ai donc pris des photographies séquentielles de ces deux reconstitutions, afin de vous en pouvoir proposer une suite permettant d’apprécier les détails de cette admirable réalisation, œuvre d’un seul homme (nota bene : la taille des personnages est d’environ 10 cm de hauteur).

Il n’est nullement besoin de commenter chacune de ces photographies, et les détails de la représentation suffisent à nous établir non seulement dans l’admiration, mais également dans une prière de louange pour ce que Dieu a accompli à travers l’épopée de Sainte Jeanne d’Arc.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

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A – L’arrivée de Charles VII à Reims le samedi 16 juillet 1429 :

arrivée du Roi 1

arrivée du Roi 2

arrivée du Roi 3

arrivée du Roi 4

arrivée du Roi 5

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arrivée du Roi 11

arrivée du Roi 12

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B – La procession de la Sainte Ampoule, le 17 juillet 1429 :

cortège Ste Ampoule 1

cortège Ste Ampoule 2

cortège Ste Ampoule 3

cortège Ste Ampoule 4

cortège Ste Ampoule 5

cortège Ste Ampoule 6

Prions :

O Dieu, qui avez miraculeusement suscité Sainte Jeanne d’Arc pour la défense de la foi et de la patrie, accordez à Votre Eglise, par son intercession, de triompher des attaques de ses ennemis, pour jouir d’une paix perpétuelle.
Nous Vous le demandons par Jésus-Christ, Votre Fils, Notre-Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.

Jeanne au Sacre 17 juillet 1429

Cathédrale Notre-Dame de Reims :
statue de Sainte Jeanne d’Arc au Sacre de Charles VII
œuvre de Prosper d’Epinay (1900) :
Armure en bronze argenté, visage en ivoire,
huque (tunique) en marbre jaune de Sienne, semée de fleurs de lys incrustées en lapis-lazuli.

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2019-61. De la réconciliation de la chapelle de l’ancien monastère de la Visitation du Puy-en-Velay après plus de deux siècles de profanation.

Mercredi 17 juillet 2019,
Fête des Bienheureuses Carmelites de Compiègne martyres (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Alexis, confesseur ;
Anniversaire du Sacre de Charles VII (le 17 juillet 1429 – cf. > ici) ;
Anniversaire du massacre de la famille impériale Russe (le 17 juillet 1918 – cf. > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

J’ai eu, ce mardi 16 juillet 2019, en la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel (cf. > ici), l’immense joie spirituelle d’assister à un véritable événement historique ; je tiens à vous en parler ici.

Oh ! Il n’appartient pas à la catégorie des faits qui font la une des revues « pipoles », ou qui alimentent des heures de parlotte creuse sur des chaînes d’informatin continue ; il n’alimentera pas l’émotion des foules télécommandées, ni ne suscitera l’enthousiasme d’une opinion publique soigneusement « préparée » et « soutenue » par l’AFP ou de grands organes de presse…
Il s’agit cependant d’un authentique événement, dont la portée symbolique, voire prophétique, ne peut échapper aux regards et à l’intelligence de ceux qui sont attentifs aux choses divines, aux réalités spirituelles et aux forces invisibles qui sous-tendent la geste humaine ici-bas.

Ancienne chapelle de la Visitation du Puy - extérieur

Façade de l’ancienne chapelle du monastère de la Visitation du Puy (XVIIe siècle)
ce mardi 16 juillet 2019

« De quoi s’est-il donc agi ? » m’interrogerez-vous sans doute après que j’ai ainsi excité votre curiosité.
Eh bien, j’ai été personnellement et fort aimablement invité, par un prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, à assister à la cérémonie de réconciliation de l’ancienne chapelle du monastère de la Visitation, au Puy-en-Velay, profanée depuis la grande révolution.

Le monastère de la Visitation Sainte-Marie du Puy avait été fondé le 21 novembre 1630, en la fête de la Présentation de Notre-Dame au Temple, par la Révérende Mère Anne-Elisabeth Perrin, venue du premier monastère de la Visitation de Lyon (monastère dit de Bellecour, où Saint-François de Sales était mort huit ans plus tôt, le 28 décembre 1622). Je n’en ai pas encore la certitude absolue, mais il est plus que probable que Sainte Jeanne-Françoise de Chantal soit elle-même passée en ce monastère du Puy.
Les moniales de la Visitation ont sanctifié ces lieux depuis 1630 jusqu’au 17 août 1792 où elles furent expulsées.
Après la révolution, le 24 mars 1808, le monastère du Puy sera rétabli, mais pas dans ces bâtiments : il s’installera dans ceux de l’ancien « Refuge Saint-Maurice », près de l’Hôtel-Dieu, où il subsistera jusqu’à la fin du XXe siècle.

Plaque apposée sur la façade de l'ancienne chapelle de la Visitation au Puy

Plaque apposée sur la façade de l’ancienne chapelle de la Visitation du Puy.

Après l’expulsion des Visitandines, lors de l’instauration de la Terreur, le monastère fut transformé en prison et la chapelle, profanée, devint le siège du tribunal révolutionnaire de la Haute-Loire.

La plaque actuellement apposée sur la façade de cette chapelle rappelle qu’une partie des « Compagnons de Jésus » – déformés en « Compagnons de Jéhu » par le roman éponyme d’Alexandre Dumas père (1857) – y fut jugée en 1799. A la vérité, les dits « Compagnons de Jésus » constituaient un vaste mouvement royaliste contrerévolutionnaire qui, en lien avec d’autres mouvements chouans tel que celui des « Compagnons de la ganse blanche », fut actif principalement dans la région lyonnaise, les Dombes, le Forez et le nord du couloir rhodanien.
Lorsque 228 d’entre eux furent pris, au temps du Directoire, ils furent amenés au Puy pour y être jugés, parce que les révolutionnaires craignaient que, si leur procès fût instruit à Lyon ou dans ses environs, leurs complices et partisans ne fissent un coup de force pour les délivrer.
Mais au grand dam des jacobins, cette mesure ne leur fut d’aucune utilité et le procès tourna court : si les 228 prévenus furent bien emprisonnés dans les locaux de l’ancien monastère transformés en prison (ils sont aujourd’hui en grande partie détruits et se situaient pour l’essentiel sur la gauche de la façade dont je vous ai montré la photographie ci-dessus – la rue qu’on y voit aujourd’hui n’existant pas), ils ne furent point condamnés. En effet, en une seule nuit, et sans qu’aucune explication ait pu m’être donnée par une archiviste départementale que j’avais interrogée en 2005, les « Compagnons de Jésus » disparurent de la prison et ne furent jamais retrouvés !

Les Compagnons de Jéhu - 1857

Gravure de 1857 illustrant le roman d’Alexandre Dumas : « Les Compagnons de Jéhu »

En revanche, plusieurs prêtres, religieux et fidèles furent jugés dans cette chapelle et partirent d’ici pour le martyre. De leur nombre fut l’abbé Claude de Bernard de Talode du Graïl, prêtre du diocèse de Viviers pour lequel j’ai une profonde affection et vénération, dont j’ai résumé la vie dans l’une des chroniques de ce blogue (cf. > ici). Sa sœur, Mère Marie-Séraphie (née Marie-Henriette du Graïl) était justement religieuse dans ce monastère de la Visitation du Puy : elle fut contrainte par les « patriotes » à assister à son exécution et à faire le tour de l’échafaud en marchant dans son sang. Après la révolution, elle participera au rétablissement du monastère de la Visitation.

Sur l’un des gros piliers de la cathédrale du Puy se trouve apposée un grande plaque de marbre blanc sur laquelle se trouvent gravés les noms de plusieurs autres prêtres martyrs (la procédure diocésaine en vue d’une béatification va d’ailleurs être officiellement ouverte pour plusieurs d’entre eux).
C’est également dans sa cellule de la prison attenante à cette chapelle que fut assassiné, le 5 octobre 1797, le comte François-Dominique Cavey de la Motte, l’un des chefs de la chouannerie vellave (voir sa biographie > ici), et c’est encore d’ici que partit, pour être fusillé contre le mur sud de l’église Saint-Laurent, le 18 octobre 1798, le marquis Joseph-Etienne de Surville (cf. > ici), lui aussi admirable chef de la chouannerie vivaro-vellave.

Cathédrale du Puy - Plaque de marbre portant les noms des prêtres martyrisés

Basilique-cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation du Puy
plaque commémorative des prêtres « qui périrent victimes de leur fidélité à Dieu et au Roi ».

Tout ce que je viens d’écrire vous montre à l’évidence pour quelles raisons – et depuis de fort nombreuses années – je nourris un véritablement attachement à cette ancienne chapelle du monastère de la Visitation du Puy, et pour quels motifs j’étais profondément affligé de l’état de profanation et d’abandon dans lequel elle se trouvait jusqu’à ces derniers jours, puisque, après la fermeture du tribunal révolutionnaire, pendant deux siècles, cette chapelle servit essentiellement d’entrepôt.

Depuis déjà plusieurs années, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, par l’intermédiaire de ses prêtres résidant au Prieuré Saint Jean-François Régis établi à Unieux, près de Saint-Etienne, s’intéressait à ce bâtiment.
Il y a eu des péripéties multiples dans l’entreprise de rachat de cette vénérable chapelle parce que – cela n’étonnera personne – les héritiers du sectarisme révolutionnaire et pontifes autoproclamés de la bien-pensance maçonnico-républicaine, sont montés au créneau afin d’empêcher, par tous les moyens à leur disposition (au premier rang desquels se trouvent le mensonge, la calomnie, le « lobbying » et l’agitation de l’opinion publique), que cette chapelle ne revienne à sa destination originelle et ne soit à nouveau un lieu où sera célébrée la Sainte Messe latine traditionnelle et où soit enseignée l’authentique doctrine catholique.
Malgré leurs agissements ténébreux, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X a pu l’emporter et c’est la raison pour laquelle, ce mardi 16 juillet 2019, Monsieur l’abbé Pierre Barrère, pour encore un peu de temps Prieur d’Unieux, a procédé à la cérémonie de réconciliation de cette chapelle emblématique.
Certes, il s’en faut encore de beaucoup pour qu’elle soit véritablement restaurée ; il y aura d’importantes tranches de travaux à y mener à bien. Il importait néanmoins de pouvoir, après 227 années de profanation, de la rendre à Dieu par une cérémonie significative.

Puisse la réconciliation de cette chapelle être une prophétie en acte de la réconciliation du Royaume de France – profané et occupé par un régime et des institutions contraires à sa vocation – avec son histoire sainte !

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Le rite de la réconciliation d’une église profanée commence à l’extérieur de l’édifice par la récitation du psaume L (« miserere ») avec l’antienne « Asperges me » dite en intégralité avant et après le psaume.
Puis le célébrant asperge d’eau bénite tout l’extérieur de l’édifice :

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Après l’aspersion extérieure le prêtre récite une oraison demandant à Dieu Notre-Seigneur de renouveler Sa sainte bénédiction sur cet édifice, d’en chasser les influences diaboliques, et d’y faire entrer Ses saints anges.

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Et c’est alors que le clergé et les fidèles entrent dans l’édifice…

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L’intérieur de cette ancienne chapelle du monastère de la Visitation a été déblayé, nettoyé, mais il reste actuellement avec tous les stigmates de la profanation qu’il a subie pendant plus de deux siècles, ainsi que marqué par les outrages du temps et des intempéries.
Un autel provisoire y a été placé, qui à ce moment-là est encore entièrement dépouillé.

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Le célébrant, ses ministres et les fidèles, agenouillés récitent alors les litanies des saints, au cours desquelles est ajoutée cette invocation particulière :
« Ut hanc ecclesiam purgare et reconciliare digneris, Te rogamus audi nos – Pour que Vous daigniez purifier et réconcilier cette église, nous Vous en prions, écoutez nous ! » 

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Ensuite le célébrant fait le tour intérieur de l’édifice en aspergeant ses murs d’eau bénite.

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Le rite de la réconciliation s’achève par une oraison, l’invocation « Deus, in adjutorium meum intende… etc. », le chant du psaume LXVII au cours duquel on répète après chaque verset : « Exsurgat Deus, et dissipentur inimici ejus, et fugiant qui oderunt eum a facie ejus : Que Dieu se lève, que Ses ennemis soient dispersés et que ceux qui Le haïssent fuient devant Sa face ! », et une dernière oraison conclusive.

Puis pendant que le prêtre va déposer la chape et endosser les ornements pour la célébration de la Sainte Messe, l’autel est revêtu de ses nappes, chandeliers, bouquets ; il reçoit les canons d’autel et le missel.

La souillure de la profanation a été lavée et, même s’il y aura maintenant d’importants travaux de restauration à y accomplir, cette chapelle est à nouveau apte à ce que le Saint Sacrifice y soit célébré.

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Et voici que pour la première fois depuis août 1792 des voix de religieuses s’élèvent pour chanter l’introït « Gaudeamus » :
« Réjouissons-nous tous ensemble dans le Seigneur, célébrons ce jour de fête en l’honneur de la Bienheureuse Vierge Marie ! De cette solennité, les anges se réjouissent et ils en louent tous ensemble le Fils de Dieu ! »

Tandis que, pour la première fois depuis août 1792, au pied d’un autel relevé entre ces murs, le prêtre dialogue avec ses ministres le sublime psaume « Judica me » : « Et introibo ad altare Dei : et j’entrerai vers l’autel de Dieu… »

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Pour la première fois depuis août 1792, le chant du Saint Evangile retentit entre ces murs :

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Pour la première fois depuis que la diabolique révolution l’avait abolie, la Sainte Messe catholique est célébrée en ce lieu qu’avaient sanctifié des générations de saintes religieuses ! 

Pour la première fois depuis que les Visitandines en furent chassées et que des prêtres y furent condamnés en raison de leur fidélité à la foi catholique, à la Sainte Eglise romaine, et aux engagements solennels de leur sacerdoce, un prêtre catholique, renouant en quelque sorte la chaîne des temps sacrés rompue par la Terreur, a fait descendre sur cet autel notre divin Rédempteur et a élevé, aux regards des fidèles en adoration, l’Hostie Sainte et le Calice du Salut, en même temps que, pour la première fois depuis l’apostasie révolutionnaire, la clochette retentissait et que montaient vers la divine Victime les volutes de l’encens !

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Pour la première fois depuis plus de deux siècles de profanation, un prêtre s’est retourné vers les fidèles en tenant la Sainte Hostie entre ses doigts consacrés et leur a présenté, entre ces murs rendus à l’usage pour lequel ils ont été édifiés, le Pain Vivant descendu du Ciel, l’Agneau sans tache, qu’ils ont pu recevoir dans leurs âmes par la sainte communion !

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Nous sommes dans une immense action de grâces pour la réconciliation de cette chapelle, et pour tout ce que cela représente et symbolise, bien au-delà de l’événement factuel.
Et nous sommes fortifiés dans notre espérance surnaturelle, en nous souvenant de la promesse que fit Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même à la sainte Visitandine de Paray-le-Monial :
« Il régnera, ce divin Cœur, malgré Satan et tous ceux qui s’y voudront opposer ! »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

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2019-60. Tout est dit et bien dit !

Voici en quelques mots seulement, mais quelques mots qui peuvent donner lieu à de longs approfondissements, une leçon politique parfaite qu’il est bon de garder toujours en mémoire… surtout aujourd’hui :

« Le Règne de Dieu est le principe du gouvernement des Etats, et c’est une chose si absolument nécessaire que, sans ce fondement, il n’y a point de prince qui puisse bien régner ni d’Etat qui puisse être heureux. »

Armand-Jean du Plessis, cardinal de Richelieu.

Le cardinal de Richelieu écrivant - Philippe de Champaigne

Le Cardinal de Richelieu écrivant (Philippe de Champaigne)

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2019-59. Un 14 juillet de préparation du 220ème anniversaire de la mort de Sa Sainteté le Pape Pie VI.

Parce que cela va bientôt faire 220 ans…

Pie VI - portrait par Pompeo Batoni

Sa Sainteté le Pape Pie Vi : portrait par Pompeo Batoni

Enlevé de Rome le 20 février 1798 et emmené captif, ainsi que nous l’avons déjà expliqué (cf. > ici), Sa Sainteté le Pape Pie VI, dans sa quatre-vingt-deuxième année, arrive à Valence le 14 août 1799 et y meurt quinze jours plus tard : le 29 août. On lui fit des funérailles civiles !
Ce 29 août 2019 marquera donc le 220ème anniversaire de la mort de Pie VI, prisonnier de la révolution qui s’imaginait qu’elle enterrait le « ci-devant et dernier pape » !

Les Cercles Légitimistes du Vivarais (Abbé Claude Allier) et du Dauphiné (Crillon le Brave) ont l’habitude de se retrouver chaque année le 14 juillet pour commémorer, au rebours de l’histoire officielle qui colporte tant de mensonges, les méfaits de la grande révolution.
Il semble tout naturel cette année, en préparation du deux-cent-vingtième anniversaire de la mort à Valence du courageux Pontife qui y mourut captif de la révolution, de lui consacrer cette journée de mémoire et de vérité.
Nous vous invitons donc à nous retrouver tous, ce dimanche 14 juillet 2019, pour la Sainte Messe dominicale à l’église Notre-Dame, à Valence (rue Berthelot – messe célébrée dans le rite latin traditionnel) à 10 h 45.
Nous prendrons notre déjeuner ensemble (repas tiré du sac – prévoir aussi des sièges pliants), et après une causerie historique rappelant l’emprisonnement, la captivité et la mort de Sa Sainteté le Pape Pie VI, nous nous rendrons sur les lieux où se sont déroulés ces faits, avant d’aller à la cathédrale Saint-Apollinaire nous recueillir devant le monument dans lequel se trouvent le cœur et les entrailles du saint Pontife victime de l’impiété révolutionnaire.

armoiries de Pie VI

2019-58. « Dans ma cervelle se promène… »

« Dans ma cervelle se promène
Ainsi qu’en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule on l’entend à peine… »

Bonnes lectures du Maître-Chat

Mercredi 10 juillet 2019 au soir,
Fête de Sainte Félicité et de ses sept fils, et des Saintes Rufine et Seconde, martyrs ;
Anniversaire du rappel à Dieu de l’abbé Henri Huvelin (+ 10 juillet 1910).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce jour est celui du treizième anniversaire de la naissance de Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Maître-Chat Lully, qui, en douze ans et neuf mois de vie commune, m’a donné tant d’affection, tant de joies, tant de belles leçons de vie et de sagesse… et qui – personnalité féline à l’importance indiscutée au Mesnil-Marie - a été également très présent au cœur de tant d’amis, lors même qu’ils ne l’ont parfois jamais rencontré, mais seulement en raison de sa « présence » sur Internet…

Je pourrais en ce jour reprendre mot à mot et sans y rien changer ce que j’écrivais l’an dernier à l’occasion de son douzième anniversaire (cf. > ici) ou redire, avec davantage encore de force et de pertinence qu’il y a cinq ans, ce que je lui avais écrit le jour de son huitième anniversaire (cf. > ici). 

Vous comprendrez sans peine que je n’ai guère le cœur à d’impudiques déballages affectifs en ce 10 juillet 2019. Mais, si vous le voulez bien, voici le rappel de quelques clichés, déjà publiés sur ce blogue et riches pour moi de merveilleux souvenirs.
Ainsi que l’écrivait le Bienheureux Vladimir Ghika : « Le souvenir d’une grâce est encore une grâce »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Chat gif en marche

Lully à l’âge de deux mois (début septembre 2006) :

Lully, à un mois et demi

Lully à l’âge d’un an et demi, le 8 décembre 2007 :

8 décembre au soir: Lully aux lampions

Epiphanie 2009 :

Le Roi Lully

Avent 2010 : préparatifs de la Crêche.

Lully prépare la crèche

Juillet 2011 : découverte du gâteau de semoule aux fraises tagada !!!

Lully se précipite sur le gâteau de semoule aux fraises tagada dès qu'il est démoulé...

Eté 2012, avec sa grande amie Sainte Philomène :

Lully et Sainte Philomène

Lully et son chat de neige (fin février 2013) :

Lully et son chat de neige

Lully étudie la phytothérapie avec le « Livre des Simples » qui lui a été dédicacé par Madame Erika Laïs (janvier 2015) :

Lully lecteur attentif du Livre des Simples

Lully garde d’honneur du catafalque dressé dans notre oratoire pour la Sainte Messe de Requiem célébrée le jour du troisième centenaire de la mort de Sa Majesté le Roi Louis XIV (1er septembre 2015) :

Lully veille à l'exacte préparation de la cérémonie

En pèlerinage auprès des reliques de Saint Antoine le Grand (octobre 2016) :

Lully près des reliques de Saint Antoine 2

« Dis, tu viens me faire un gros câlin ? » (août 2018). 

Lully été 2018

Chat & croissant de lune.gif

2019-57. De quelques précisions concernant le vœu de Sa Majesté le Roi Louis XVI au Sacré-Cœur de Jésus.

Vendredi après l’octave du Saint-Sacrement,
Fête du Sacré-Cœur de Jésus.

A l’occasion de cette fête du Sacré-Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, je souhaite vous reparler du vœu de Sa Majesté le Roi Louis XVI au Sacré-Cœur.

La belle prière rédigée par le malheureux Souverain ainsi que, à la suite, les promesses solennelles qu’il adressait au divin Cœur de Notre-Seigneur, ont déjà été publiées dans les pages de ce blogue, et je vous y renvoie > ici.
En complément de la présentation qui en était alors faite, je souhaite vous recopier ici de larges extraits d’un texte que j’ai lu à ce sujet dans l’ouvrage intitulé « Le Sacré-Cœur de Jésus et la Tradition – documents recueillis ches les Pères, les Docteurs, les hagiographes, etc. par le R.P. Xavier de Franciosi de la Compagnie de Jésus » (2e édition – Casterman, éditeurs pontificaux – 1908).

Vœu de Louis XVI - basilique de Montmartre

Louis XVI prononçant son vœu à l’adresse du Sacré-Cœur de Jésus :
on reconnaît, blottis contre Sa Majesté, Madame Royale et le petit Dauphin,
tout de suite derrière le Roi, son confesseur, le Bienheureux François-Louis Hébert, à côté de Sa Majesté la Reine,
et enfin au dernier rang, Madame Elisabeth, sœur du Roi
(mosaïque de l’abside de la basilique du Vœu national au Sacré-Cœur à Montmartre)

Scapulaire Sacré-Coeur

Louis XVI et le Sacré-Cœur :

« On connaît les malheurs de Louis XVI , sa captivité et sa mort. Dans sa détresse, l’infortuné Prince (…) se tourna vers le Cœur adorable de Jésus. Voici ce qu’on lit à ce propos dans la correspondance de Madame la Marquise de Carcado, et de Mesdames les Comtesses de Lastic et de Saisseval, témoins oculaires.
Le 10 février 1790, Le Roi, déjà prisonnier dans son propre palais des Tuileries, se rendit sous prétexte d’une promenade du côté de Notre-Dame. Il était accompagné de la Reine Marie-Antoinette, de Madame Elisabeth, de Madame Royale, du petit Dauphin, âgé de cinq ans, et de plusieurs dames de la Cour, parmi lesquelles se trouvaient Mesdames de Carcado, de Lastic et de Saisseval.
Arrivé sur le parvis, le Roi témoigna à ses gardes, devenu ses geôliers, le désir d’entrer quelques instants dans l’église métropolitaine. L’ayant obtenu, il s’avança jusqu’au sanctuaire avec les personnes de sa maison, s’agenouilla devant la statue de la Sainte Vierge, et consacra sa personne, sa famille et son royaume au Sacré-Cœur de Jésus. Puis voulant joindre l’aumône à la prière, le pieux monarque, le jeune Dauphin, la Reine, les princesses et leurs dames d’honneur firent vœu de donner chaque année une offrande en l’honneur du Sacré-Cœur de Jésus pour le salut de la France. Deux cœurs furent faits de l’or le plus pur, on y mit les noms des associés. Le premier représentait le Cœur miséricordieux de Jésus, le second le Cœur immaculé de Marie. Plus tard ces deux Cœurs furent envoyés à Notre-Dame de Chartres ; il est probable qu’ils y sont encore aujourd’hui (source : Messager du Cœur de Jésus, tome XXXIX, page 460).
Quoi qu’il en soit, Louis ne s’en tint pas là : dans les premiers mois de 1792, après le funeste retour de Varennes, il fit un nouvel effort auprès du Sacré-Cœur. Sous l’inspiration de Monsieur Hébert, son confesseur et l’un des successeurs du Vénérable Père Eudes, il écrit de sa propre main un projet de vœu qu’on a retrouvé dans ses papiers. »

Ici le Père de Franciosi met le texte intégral du vœu que nous avons déjà publié > ici, puis il poursuit :

« Après avoir écrit cette consécration de sa main, Louis XVI, le 21 juin 1792, la remit au Père Hébert, supérieur général des Eudistes et son confesseur, lequel, craignant qu’un tel acte ne se perdit, en fit tirer incessamment plusieurs copies. Il en portait toujours une sur lui. Les autres se dispersèrent, à travers mille périls, au milieu des familles chrétiennes. Grâce à cette précaution, le pieux confesseur de Louis XVI put mourir héroïquement, enveloppé quelques jours après dans les massasres du 2 septembre, sans que son martyre entraînât la perte d’un monument si précieux. La plus célèbre des copies du vœu de Louis XVI est due à Mademoiselle Adélaïde de Cicé, elle avait caché cette copie dans la fente d’une muraille, et elle se plaisait à la communiquer à des personnes amies » (sources : Bougaud « Vie de la Bse Marguerite-Marie », chap. XVI ; Messager du Sacré-Cœur, tome XXXIX pp. 418 et 460 ; Alet « La France et le Sacré-Cœur » 2e partie, chap. VII ; R.P. Letierce « Mois du Sacré-Cœur », 22e jour).

« A l’appui de ce qui vient d’être dit, voici ce que nous lisons dans « l’Ami de la Religon et du Roi », année 1815, tome IIIe page 77 : « On nous a communiqué une prière et un vœu de Louis XVI, qui ont droit d’intéresser les âmes religieuses et sensibles. Il paraît que l’une et l’autre sont du commencement de 1792. Cet infortuné Prince ne se dissimulait pas toute l’étendue des maux qui le menaçaient. touché des malheurs de sa famille et de ceux de son Etat, il rédigea une prière et fit un vœu pour apaiser la colère divine sur la France. Il n’y a pas de doute que la prière et le vœu furent dressés de concert avec M. Hébert, général des Eudistes, son confesseur. Du moins nous connaissons un estimable ecclésiastique, M. l’abbé D., V. de S.L. en L., qui avait des relations avec M. Hébert, et qui fut chargé par lui de transcrire la prière et le vœu. C’est de lui que nous tenons la copie que nous en avons. Il a été appelé dernièrement chez une pieuse princesse qui recueille avec un soin religieux des débris sur une victime chère à sa sensibilité. Interrogé par elle il n’a pas pu assurer si les deux écrits étaient de la main de Louis XVI dont il  ne connaissait pas l’écriture, mais il a certifié qu’ils lui avaient été remis par son confesseur, avec lequel il vivait dans l’intimité. Il paraît même que ces deux pièces ont déjà vu le jour, et qu’elles ont été insérées dans un recueil de prières, imprimé sans nom d’année. Au surplus, elles sont rares et peu connues. Elles donneront une haute idée de la piété de leur auguste auteur. Elles peuvent presque marcher de pair avec ce testament sublime dans sa simplicité, où ce Prince a si bien peint la beauté de ses vues et la religieuse sévérité avec laquelle il se jugeait lui-même. Mais il est temps d’écouter ce vertueux monarque parlant de lui-même… [ici aussi donc, se place le texte déjà publié > ici].
Nous apprenons qu’un autre ecclésiastique, aujourd’hui curé d’une des paroisses de la capitale, M. l’abbé C. curé de B.N., fut chargé par M. Hébert de faire, au nom du Roi, une neuvaine relativement à son vœu. Il la fit en effet dans une maison retirée. Il se rappelle parfaitement le fait, et l’atteste. Nous avons du plaisir à consigner ici ces témoignages et ces détails, qui seront recueillis avec intérêt par les personnes zélées pour la mémoire de l’auguste victime, et empressées de rassembler tout ce qui peut faire éclater ses vertus et constater sa piété. »

Ex-voto de Madame Elisabeth - cathédrale de Chartres

Les deux Cœurs de Jésus et Marie :
ex-voto de Madame Elisabeth de France offert à la cathédrale de Chartres

Addenda – Quelques commentaires personnels sur la publication du R.P. de Franciosi :

1) – Au premier paragraphe cité ci-dessus, il est question de la visite de Leurs Majestés et de leurs proches à la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 10 février 1790. Cette visite est en effet bien attestée par plusieurs personnes qui furent présentes.
Il faut noter que ce 10 février était l’anniversaire de la publication de l’Edit de Saint-Germain (cf. > ici), par lequel Sa Majesté le Roi Louis XIII avait annoncé la consécration de la France à la Très Sainte Vierge Marie. Quand on y réfléchit bien, il paraît tout-à-fait raisonnable de penser que Sa Majesté le Roi Louis XVI savait pertinemment quel anniversaire ramenait ce 10 février et que la « promenade » qui a conduit la Famille Royale jusqu’à Notre-Dame de Paris n’était en rien fortuite. D’autant qu’on voit le Roi s’avancer résolument vers le sanctuaire pour s’aller agenouiller devant la statue de la Très Sainte Vierge Marie.
Quelle prière fut lue par le Roi et les assistants ce jour là ? Ici, les écrits diffèrent.
Certains auteurs disent que c’est Madame Elisabeth qui fit alors distribuer aux assistants une prière copiée sur plusieurs papiers et en concluent qu’il s’agirait donc d’une prière composée par cette sainte princesse elle-même pour demander la conservation de la foi catholique en France.
D’autres écrivent que le Roi prit le texte d’une prière que proposait aux fidèles de passage dans la cathédrale une pieuse femme qui se trouvait là, et qu’il s’agissait d’une prière de consécration au Cœur de Marie.
D’autres enfin, tels les auteurs que cite ici le R.P. de Franciosi, parlent de consécration au Sacré-Coeur de Jésus.
Nous ne pouvons en fait rien assurer de façon absolue, car ce qui est en revanche tout-à-fait certain c’est que le texte de cette prière ne nous est pas parvenu.

2) – L’ex-voto des deux Cœurs de Jésus et Marie conservé au trésor de la cathédrale de Chartres, dont il est également fait mention dans le premier paragraphe ci-dessus, n’est pas en or, mais en vermeil. Il fut commandé par Madame Elisabeth et envoyé par elle à Notre-Dame de Chartres pour concrétiser sa supplication pour la conservation de la foi catholique dans le Royaume.
Cet ex-voto s’ouvre en effet, comme le montre la photographie ci-dessous, et on y voit écrit non pas tous « les noms des associés » comme le dit le texte cité par le R.P. de Franciosi, mais d’un côté : « le Roi et la famille Royale » et de l’autre « L’Eglise de France ».

intérieur de l'ex-voto de Madame Elisabeth

Intérieur de l’ex-voto de Madame Elisabeth

3) – Enfin la longue citation de « L’Ami de la Religion et du Roi » apporte le témoignage de deux ecclésiastiques, vivants en 1815 et ayant tous deux connu le Bienheureux François-Louis Hébert (on est alors 23 ans après les événements), en faveur de l’authenticité du vœu de Louis XVI au Sacré-Cœur, niée aujourd’hui par quelques historiens.
Il est tout-à-fait vraisemblable que la « pieuse princesse qui recueille avec un soin religieux des débris sur une victime chère à sa sensibilité » est la fille du Roi-martyr, Marie-Thérèse Charlotte de France, alors duchesse d’Angoulème, dont on sait par de nombreux autres témoignages qu’elle s’est en effet attachée à faire chercher tous les objets ayant appartenus à ses parents qui avaient échappé aux destructions des fanatiques et qui avaient été recueillis par des fidèles. De là l’intérêt qu’elle porte spécialement à savoir si les copies du vœu en possession de ce prêtre, qui n’est mentionné que par ses initiales, sont de la main du feu Roi son père.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Voeu de Louis XVI - église du Sacré-Coeur de Douarnenez

Vœu de Sa Majesté le Roi Louis XVI
(détail d’un vitrail de l’église du Sacré-Cœur de Douarnenez)

Scapulaire Sacré-Coeur

2019-56. De la conjuration sans fin.

Jeudi 27 juin 2019,
Fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours (cf. > ici et > ici) ;
Octave de la fête du Très Saint-Sacrement.

Notre excellent et fidèle ami, le Révérend Père jean-François Thomas sj., déjà plusieurs fois cité dans les pages de ce blogue (cf. > ici, > ici, > ici et > ici) est l’auteur de la lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie Royale, publiée à l’occasion de ce 25 juin 2019 [note : en effet, chaque « 25 du mois », est un jour plus particulier que les membres de la Confrérie Royale, dont j’ai l’insigne honneur et la lourde responsabilité d’être présentement le Prieur, sanctifient et offrent plus encore que les jours habituels, pour le Roi et pour la France, et donne l’occasion à une « lettre » destinée à l’édification et à l’instruction spirituelle de nos membres].
Plus encore qu’à l’accoutumée la lettre de ce 25 juin 2019 peut être utile à la réflexion et à la conduite de tous les fidèles, bien au-delà des cadres de la Confrérie Royale. Voilà pourquoi nous la reproduisons également ci-dessous…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Blason de la Confrérie Royale

De la conjuration sans fin.

L’état présent du monde, de l’Eglise, de notre pays ne manque pas d’attrister nos cœurs et d’obscurcir nos esprits. Comment garder la tête froide, conserver l’espérance, faire grandir la foi lorsque tout semble s’écrouler par pans entiers dans le fracas des rumeurs et des mensonges ? La tentation est de se recroqueviller en de petites chapelles, de cultiver son quant-à-soi, d’entretenir son pessimisme, d’annoncer l’apocalypse tout en demeurant les bras ballants. Pour ne pas sombrer, il faut regarder en arrière, se souvenir de l’histoire, celles qu’ont écrite nos aïeux, pour le meilleur et pour le pire. Car, dans le passé, se trouve la racine du mal moderne. En comprendre les ressorts permet d’être moins désarmé, de repérer l’ennemi, d’échapper à ses stratagèmes et d’organiser la contre-attaque. 

Notre Seigneur ne nous a jamais promis un parcours de santé. Il ne nous a pas annoncé le plaisir à chaque tournant du chemin. Bien au contraire, Il n’a cessé de nous avertir sur ce qui attendait le disciple fidèle : renoncement, croix, rejet, persécution, mort. Pas de quoi enthousiasmer les foules, pas même celles qui se disent aujourd’hui « catholiques » et pour lesquelles la foi se résume à un menu relativiste et personnalisé où la tolérance et le vivre-ensemble prennent plus de place que l’amour de la vérité et l’exercice héroïque de la charité. Il n’a jamais proclamé que la récompense serait donnée en ce monde, et si Il a bien déclaré que les puissances de l’enfer ne prévaudraient pas contre l’Eglise, Il n’a jamais sous-entendu que cette dernière serait couronnée de lauriers par le monde qui ne pouvait et qui ne peut que la haïr. Comme nous ne sommes pas des catholiques des âges d’or de l’Église et que nous ne connaissons pas encore de persécution sanglante, nous avons pris l’habitude de nous être installés confortablement dans une foi qui ne dérange guère, qui n’est souvent que la cerise sur le gâteau, ou, pire, la cinquième roue du carrosse. Le moindre effort nous coûte et le mot même de sacrifice nous épouvante et nous dégoûte. Que nous le voulions ou non, nous sommes bien embourbés dans le monde. Un chrétien du XIIIème siècle serait bien surpris de nous découvrir car nous n’avons pas beaucoup de points communs avec lui. Y compris dans les milieux de la « tradition », les fidèles présentent souvent un vernis qu’ils confondent avec l’essence. Les structures sont faibles, la colonne vertébrale inexistante, tout l’édifice est fragilisé. A la moindre épreuve, voilà que tout s’écroule. Nous nous consumons aussi rapidement que l’étrange incendie de Notre-Dame a dévoré la cathédrale. Pourquoi donc sommes-nous si vulnérables alors que nous avons la prétention de confesser une foi identique à celle de nos pères ?                       

Nous sommes en grande partie des héritiers inconscients du contenu de l’héritage que nous avons reçu. Tout est pêle-mêle dans le coffret remis entre nos mains, le pire et le meilleur. Nous savons bien que lorsque ces deux-là sont mélangés, le pire finit toujours par l’emporter, d’autant plus que le monde environnant n’aide pas à résister, à réfléchir, à discerner. Alors nous pataugeons comme nous pouvons, esseulés et abandonnés que nous sommes, alors que le phare romain, qui avait brillé pendant deux millénaires, s’essouffle soudain et ne brille plus que par intermittence. Il nous faut comprendre de qui et de quoi nous sommes les héritiers pour pouvoir réagir comme il se doit. Il ne s’agit pas d’être grand clerc et de décortiquer l’histoire pour que la vérité saute aux yeux. Le poète Lamartine écrivait : « Toute civilisation qui ne vient pas de l’idée de Dieu est fausse. Toute civilisation qui n’aboutit pas à l’idée de Dieu est courte. Toute civilisation qui n’est pas pénétrée de l’idée de Dieu est froide et vide. La dernière expression d’une civilisation parfaite, c’est Dieu mieux vu, mieux adoré, mieux servi par les hommes. » Cette vision est certes un peu romantique et les termes mériteraient des éclaircissements et des précisions, mais l’intuition est juste. Depuis que la civilisation n’a plus Dieu comme assise, comme guide et comme but, elle erre et elle s’étiole. Encore faut-il qu’il s’agisse du vrai Dieu, celui révélé par le Christ, et non point une mauvaise et fausse copie, une singerie diabolique, comme les dieux adorés dans les fausses religions. Nous allons dire que nous adorons vraiment Dieu, celui de la Révélation. Cela est possible, mais nous devrions y regarder à deux fois car ce Dieu a été tellement défiguré depuis plusieurs siècles dans notre pays et sur le continent européen. Robespierre lui-même croyait en Dieu et lutta contre l’athéisme révolutionnaire. Mais quel Dieu ? Un mot ne suffit pas à établir la vérité. Si l’objet de l’intelligence est mauvais, le vocabulaire aura beau être pieux, l’ensemble ne sera pas simplement vide mais également néfaste et faux. Beaucoup de personnes parlent aujourd’hui de Dieu, y compris dans les loges maçonniques. Nous ne sommes pas à une époque de vide religieux, mais plutôt de trop-plein qui est du poison. Or, la confusion semée dans les esprits en ce qui concerne Dieu ne date pas d’hier. Elle est ancienne et, comme elle vient du diable, elle a tissé patiemment sa toile, durant des siècles, passant inaperçue très longtemps, puis s’imposant tout à fait. En fait, il existe une conjuration qui a pris racine dès la fin du Moyen Age et qui n’a cessé de prendre de l’embonpoint. Certaines saines réactions l’ont parfois réduite au silence quelque temps, la poussant à un régime amaigrissant, mais, rapidement elle a repris du poids dès que l’occasion s’en présentait. Cette conjuration est celle dirigée contre la religion catholique (pas d’abord le christianisme mais le catholicisme romain). Deux civilisations sont face à face : la catholique, et l’autre qui n’existe qu’en opposition avec la première et toujours sur les ruines de la première car elle est incapable de créer quoi que ce soit par elle-même. Le Malin ne peut rien inventer, rien produire, rien construire. Il singe et il parasite. La civilisation moderne a surgi et n’a survécu, grassement, que comme corps étranger s’incrustant dans un corps sain, la civilisation chrétienne (catholique uniquement, puisque toute l’Europe n’est ce qu’elle est que grâce au travail de l’Église, de ses moines, de ses théologiens, de ses artistes).                             

La fin dernière de l’homme est la félicité, comme l’a si bien décrit Bossuet dans sesMéditations sur l’Evangile. Ce bonheur ne se trouve qu’en Dieu, tel est le programme des Béatitudes. L’Église n’a jamais enseigné un autre message, jusqu’à ce qu’elle se laisse séduire par les sirènes de la civilisation moderne qui, elle, affirme que le bonheur est dans la jouissance personnelle. D’un côté, le mérite pour le salut éternel, de l’autre, le plaisir éphémère pour une satisfaction terrestre. Il faut choisir entre les deux. Le problème est que, surtout depuis la Renaissance, puis la secousse de l’hérésie protestante, et encore plus la Révolution fille des Lumières et de la franc-maçonnerie, le message est brouillé au sein de l’Église où tant se sont laissé tromper et ont décidé, d’abord avec le modernisme puis avec le concile Vatican II, de rendre hommage au monde et de déposer les armes. Ce furent les épousailles de la carpe et du lapin. Un tel couple est stérile et celui des deux qui est pur perd son innocence en se livrant à l’autre. Le Syllabus de Pie IX a parfaitement souligné ces aberrations et il est plus que jamais d’actualité car il dénonce les erreurs qui ont fructifié à notre époque. Le P. Pierre de Clorivière, jésuite de l’ancienne Compagnie survivant dans le tumulte de la Révolution, écrivait en 1794 dans ses Vues sur l’avenir : « Le grand effort de l’enfer, maintenant surtout, tend à séparer l’homme de Jésus-Christ, à le mettre dans l’inimitié de Jésus-Christ. Tous les biens que Dieu a faits à l’homme, c’est en vue de Jésus-Christ qu’Il les a faits. Jésus-Christ est le flambeau du monde. En s’écartant de Lui, les peuples, comme les individus, se replongent dans les ténèbres. Il en sera toujours ainsi. » Du trouble intellectuel causé par la querelle des universaux à la fin du Moyen-Age, à l’amour immodéré de l’antique et de l’homme à la Renaissance avec Pétrarque, Alberti, Erasme même, à l’hérésie de Luther et de Calvin, aux philosophes des Lumières, Rousseau aussi bien que Voltaire, à l’instauration des loges maçonniques, à la grande Révolution et aux petites qui vont suivre, tout se tient par un fil invisible au début, puis de plus en plus net : la haine du catholicisme et le souhait de le remplacer par une nouvelle religion, au départ encore chrétienne par certains aspects, puis totalement étrangère. Notre religion moderne, héritière de cette conspiration, est le moi, d’ailleurs souvent et de plus en plus indifférencié dans la masse, dans la nasse des moi qui s’additionnent, se confondent mais qui ont la prétention de se suffire à eux-mêmes, d’être maîtres de leur origine et de leur fin. Le bonheur n’est plus réduit qu’à une somme indéfinie, infinie de plaisirs médiocres ou franchement mauvais qui sont déclinés jusqu’à la nausée. L’homme moderne est riche et malheureux. Ce n’est même plus la civilisation moderne, qui comportait en elle des idées chrétiennes devenues débridées, mais une société post-contemporaine composée d’invertébrés déprimés parce que gavés.

Personne ne peut dire qu’il n’est pas, peu ou prou, tributaire de cette nouvelle manière d’être (ou de ne pas être). Nous sommes tous touchés par le poison ; le seul remède est une vigilance de chaque instant et une exigence envers soi-même qui ne laisse la porte ouverte aux influences pourries. Travail titanesque, héroïque ? Plus que cela : travail de la sainteté, c’est-à-dire l’abandon de sa volonté propre à l’oeuvre de la grâce. La seule richesse qui importe est l’homme intérieur. Tout le reste passe et ne laisse aucune trace. Quelle est notre priorité ? Celle de plaire au monde ou celle de vivre déjà de la vie éternelle ? Le choix demande des sacrifices. Le royaume des cieux n’est pas de ce monde, mais nous pouvons vivre ici-bas comme un préambule pour le royaume qui ne passe pas.

P. Jean-François Thomas s.j.
S. François Caracciolo - 4 juin 2019

Le Greco - adoration du Saint Nom de Jésus

Le Greco : l’adoration du Saint Nom de Jésus

2019-55. Le 26 juin, nous fêtons les Bienheureuses Filles de la Charité d’Arras, martyres de la révolution.

26 juin,
Fête de la Bienheureuse Marie-Madeleine Fontaine et de ses compagnes, vierges et martyres ;
Mémoire des Saints Jean et Paul, martyrs ;
Mémoire du 3ème jour dans l’octave de Saint Jean-Baptiste.

Arras - le beffroi et la petite place

Arras : le beffroi et la petite place

A la veille de la révolution, la « maison de Charité » d’Arras est une ruche active : sept sœurs de Saint Vincent de Paul y assurent les soins aux malades, la visite des familles pauvres et éduquent les jeunes enfants. Leurs services sont très appréciés de la population.
Comme dans tout le Royaume, à Arras, la révolution va rapidement révéler son véritable visage et les lois anti-catholiques vont poser des cas de conscience aux religieuses. L
e 9 avril 1792, la supérieure générale des Filles de la Charité, avait adressé aux sœurs un courrier dans lequel on pouvait lire, entre autres : « Je vous prie de ne pas abandonner le service des pauvres, si vous n’y êtes forcées… Pour pouvoir continuer le service des pauvres, prêtez-vous à tout ce que honnêtement on pourra exiger de vous dans les circonstances présentes, pourvu qu’il n’y ait rien contre la religion, l’Eglise et la conscience. »

Après l’emprisonnement de la Famille Royale, lorsque la situation devient de plus en plus difficile, la supérieure de la petite communauté d’Arras laisse à ses sœurs le choix de rentrer dans leurs familles, si elles le souhaitent ; une seule d’entre elles le fait. Mais lorsque la Terreur va s’installer de manière plus violente dans la capitale de l’Artois, la supérieure va alors ordonner aux deux plus jeunes de la communauté de partir pour l’exil.
A la fin de l’année 1793, quatre sœurs se trouvent donc à Arras et continuent leurs activités.
Ce sont :
- Sœur Marie-Madeleine Fontaine, originaire d’Etrépagny (Vexin normand), entrée dans la Compagnie en 1748 à l’âge de 25 ans. Supérieure de la communauté, sa sagesse et sa compétence sont largement appréciées.
- Sœur Marie-Françoise Lanel, née en 1745 à Eu (Normandie), entré dans la Compagnie des Filles de la Charité à l’âge de 19 ans.
Sœur Thérèse Fantou, née à Miniac-Morvan (Bretagne) en 1747, devenue Fille de la Charité à 24 ans.
- Sœur Jeanne Gérard, née à Cumières (Lorraine) en 1752, et entrée dans la Compagnie des Filles de la Charité en 1776.

Joseph Lebon

Joseph Lebon, prêtre oratorien apostat

Le prêtre apostat, Joseph Lebon, envoyé à Arras par le comité de salut public fait régner dans la ville un climat de violence et de peur. La maison de Charité devient « maison de l’Humanité » ; un directeur pointilleux y est installé, surveillant l’activité des sœurs ; les vexations s’intensifient ; les faux témoignages se multiplient. Les héroïques filles de Saint Vincent de Paul sont plusieurs fois sommées de prêter le serment dit de « liberté-égalité », mais elles le repoussent énergiquement comme contraire à leurs consciences.
Le pape Benoît XV a loué leur attitude en ces termes : « Elles refusèrent de prêter un serment pour des lois iniques, parce qu’elles voulurent garder immaculée leur foi, parce qu’elles n’écoutèrent que la voix de la conscience, qui les avertissait de ne pas s’écarter non seulement des commandements, mais des conseils du Chef suprême de l’Eglise. »

Le 14 février 1794, les sœurs sont arrêtées et conduites à l’abbatiale Saint-Vaast, transformée en prison, puis à celle de la Providence. Près des prisonnières, désemparées devant l’incertitude de leur avenir, elles apportent écoute et compassion. Sept semaines après leur incarcération, le 4 avril, les sœurs subissent un premier interrogatoire devant deux membres du comité de surveillance, les citoyens Pater et Boizard, décidés à ne pas traîner. Le principal chef d’accusation sera qu’on a découvert dans leur maison des exemplaires de publications contre-révolutionnaires (sans doute mises là par le directeur qu’on leur avait imposé).
Voici le procès verbal de l’interrogatoire de Sœur Marie-Madeleine Fontaine :
« L’an deuxième de la République une et indivisible, le quinze germinal, en exécution de l’arrêté du Comité de surveillance et révolutionnaire de ce jour, a été amenée, pardevant les membres qui le composent, Madeleine Fontaine, laquelle a répondu de la manière suivante aux questions qui lui ont été proposées :
Interrogée de ses nom, surnom, âge, qualité et demeure – A répondu s’appeler Madeleine Fontaine, âgée de soixante onze ans, cy-devant soeur de la Charité d’Arras, actuellement en la maison d’arrêt dite de la Providence.
A elle demandé si elle sait pourquoi elle est en la maison d’arrêt. – A répondu que non.
A elle demandé si elle en soupçonne le motif. – A répondu qu’elle soupçonne que c’est à cause qu’elle a refusé de prêter le serment, ne le devant pas, n’étant pas religieuse [Note : en effet, selon l’usage de l’époque, les Filles de la Charité, qui ne prononcent pas des vœux solennels et ne sont pas des cloîtrées, ne sont pas considérées comme des religieuses au sens canonique strict, et de ce fait donc elles arguent ne pas être obligés par le serment que la loi impose à tous les religieux et religieuses] .
A elle demandé qu’elles (sic) étoient ses liaisons pendant qu’elle étoit sœur de la Charité. – A répondu qu’elle n’en a eu qu’avec les pauvres au service desquels elle s’étoit dévouée.
A elle demandé si elle lisoit les papiers publics, et si elle en recevoit pour sa maison. – A répondu que non, qu’elle n’étoit pas assez riche pour cela.
A elle demandé si personne ne les lui faisoit passer journellement. – A répondu que non, qu’elle n’avoit pas le tems de s’abonner.
A elle demandé si elle n’a pas lu l’Ami des Campagnes et la Protestation des catoliques d’Alais et le Courrier Boîteux. – A répondu que non.
A elle demandé si elle a connoissance qu’il ait été déposé ches elle, quelques paquets de Gazettes Marchand, un paquet du Courrier Boîteux et les brochures cydessus. – A répondu que non.
A elle représenté lesdits paquets et demandé si elle les a vus ou s’ils ont appartenu à sa maison. – A répondu que non.
Lecture faite à laditte Fontaine de ses réponses aux interrogats (sic) cydessus. – Elle a déclaré qu’elles contiennent vérité et a signé.
Madeleine FONTAINE - PATER - BOIZARD, président. »

Dans la soirée de ce 4 avril, le Comité de surveillance se réunit pour la seconde fois et prit l’arrêté suivant :
« Vu la dénonciation couchée, cejourd’hui, sur le registre reposant en la secrétairerie du Comité de surveillance et révolutionnaire d’Arras, par le citoyen Mury, directeur de la Maison de secours dite de la Charité, la déposition d’Eugénie Mury sa fille, aussi de cejourd’hui, les réponses des nommées Madeleine Fontaine, Marie Lanel, Madeleine Fanto (sic) et Jeanne Gérard, toutes quatre cy-devant soeurs de la Charité, actuellement détenues en la maison d’arrêt dite de la Providence, aux interrogats (sic) qui leur ont été aussi cejourd’hui proposés.
L’Assemblée, considérant qu’il résulte des pièces ci-dessus une violente présomption que lesdites Fontaine, Lanel, Fanto et Gérard ont caché en la maison par elles ci-devant habitée, des papiers de gazettes contre-révolutionnaires et tendant à exciter à la révolte et allumer la guerre civile dans ce département.
Arrête, que lesdites Fontaine, Lanel, Fanto et Gérard seront conduite en la maison d’arrêt du tribunal révolutionnaire du département, et que les pièces ci-dessus reprises, ensemble le présent arrêté, seront envoyés à l’Administration du District d’Arras dans les vingt-quatre heures, conformément aux dispositions de la loi du dix-huit nivôse dernier.
BOIZARD, Président - GUILLEMAN, Secrétaire. »

Ainsi de la négation unanime des quatre accusées, jointe à l’invraisemblance du fait reproché, et à l’impossibilité de trouver une preuve juridique, il résulte pour les juges de Joseph Lebon « une violente présomption » que les soeurs sont coupables.
Elles sont alors conduites à la maison d’arrêt des Baudets. Le registre aux écrous de cette prison fait mention de leur entrée, à la date du 16 germinal (5 avril) :
« L’an 2e de la République une et indivisible ont été amenées en la maison des Baudets, les citoyennes Madeleine Fontaine, Marie Lanel, Madeleine Fanto (sic) et Jeanne Gérard, toutes quatre cy-devant soeurs de la Charité, transférées de la maison de la Providence, et ce, par ordre du Comité de surveillance et révolutionnaire d’Arras, avec défense au gardien de les laisser sortir avant qu’il en soit autrement ordonné. » 

Dans leur nouvelle prison, les soeurs trouvèrent plus de désolation et de tristesse que dans la maison de la Providence. La maison d’arrêt des Baudets d’Arras était de fait, comme la Conciergerie à Paris, le vestibule du tribunal révolutionnaire, sinon le premier degré de l’échafaud.
Elles y furent retenues 
quatre-vingt-deux jours, du 5 avril au 25 juin. Pendant les douze semaines de cette détention en ce lieu de tourments, les soeurs virent de plus près les souffrances, parfois atroces, de leurs malheureux compagnons de captivité.

Quelques rares échos de leurs sentiments intimes sont arrivés jusqu’à nous. La soeur Fantou parvint à donner des nouvelles à sa famille ; une lettre longtemps conservée et malheureusement perdue aujourd’hui, résumait l’état d’âme des Filles de Saint Vincent.
Vivement frappées de la désolation qui régnait autour d’elles, elles souffraient surtout de voir tant d’innocents jetés chaque jour dans les cachots, puis, appelés pour être contraints de monter dans les fatales charrettes qui les emmenaient à Cambrai où était dressée la guillotine. Sans illusions pour elles-mêmes, elles n’attendaient plus que la mort et se préparaient généreusement à consommer leur sacrifice.
La soeur Fantou avait appris la terrible persécution qui sévissait en Bretagne, au lendemain de la défaite de la Grande Armée Catholique et Royale, et, du fond de sa prison, elle recommanda aux siens d’être fidèles à la Religion et à Dieu, et de tout souffrir plutôt que d’abandonner leur Foi.

Le dimanche 25 juin, un convoi régulier était déjà parti. Après les transes mortelles de l’appel des condamnés et la tristesse des adieux, les détenus des Baudets se croyaient pour ce jour, à l’abri de nouvelles alertes, quand tout à coup arriva de Cambrai une lettre de l’accusateur public Caubrière, disant au citoyen Ansart, agent national près le District :
« Frère, fais partir, sitôt la réception de la présente, les quatre ci-devant soeurs de la Charité dont l’administration a fait passer les pièces au représentant. Ne perds pas un instant. Fais-les venir la nuit au grand trot. Je compte sur ton zèle pour la punition des conspirateurs : je les attends donc demain de très grand matin.

J. CAUBRIERE. »
La suscription portait ces mots significatifs : « Très pressé : par ordonnance. »
Un convoi extraordinaire fut aussitôt organisé, qui s’ébranla à 1 h du matin.

transfert des soeurs d'arras à cambrai

Transfert des Filles de la Charité d’Arras vers l’échafaud
(tableau, dans l’église de Miniac-Morvan, village natal de la Sœur Thérèse Fantou)

A son arrivée à Cambrai, vers 8 h 30, la charrette fut dirigée sur la maison d’arrêt du tribunal, située rue de la Force, tout près de l’Hôtel-de-Ville. Le geôlier n’attendait pas les nouvelles venues : mécontent, il prétexta le trop-plein de la prison. La voiture dut se remettre en marche et prendre le chemin de l’ancien séminaire où on les enferme dans la chapelle. La nouvelle se répandit très vite que des soeurs d’Arras venaient d’arriver et qu’elles étaient conduites directement au tribunal et à l’échafaud. Des femmes du peuple très émues de ce douloureux spectacle et ne voulant pas se trouver sur la place en face de la guillotine, quand coulerait le sang des vierges consacrées à Dieu, vendirent au plus tôt, presque pour rien, leurs légumes, beurre ou autres produits, et quittèrent le marché.

Le moment arriva pour les soeurs de comparaître devant ces hommes qui n’avaient rien d’humain. Elles suivirent le couloir intérieur de la salle, gravirent l’escalier rapide de la grande estrade et parurent aux regards d’une foule plutôt sympathique ; mais la condamnation à mort était inévitable, elle ne se fit pas attendre.

La Soeur Marie-Madeleine Fontaine, principale accusée, fut condamnée la première comme « pieuse contre-révolutionnaire, ayant conservé pieusement et même caché sous un tas de paille une foule de brochures et de journaux renfermant le royalisme le plus effréné, ayant refusé le serment, ayant même insulté aux commissaires du district en leur disant que cela n’irait pas, qu’il n’y avait plus de diable (sic) dans l’enfer, qu’ils étaient sur la terre ».
La même peine était portée contre les soeurs Jeanne Gérard, Marie Lanel, Thérèse-Madeleine Fantou, « complices de ladite Madeleine Fontaine. »

Le peuple savait bien que la véritable cause de la prison et de la mort des soeurs, était leur titre de vierges consacrées à Dieu, leur attachement inébranlable à la religion chrétienne et à leur saint état. Aussi n’y eut-il aucun cri d’approbation ni applaudissement à l’énoncé de la sentence. Les sœurs  furent donc amenées aux bourreaux charger de procéder à leur « toilette ».
Les soeurs tenaient à la main leurs chapelets, dont la récitation les consolait et soutenait leur courage. Le bourreau voulut les leur enlever, pour leur lier les mains derrière le dos. Elles, jusque-là douces comme des agneaux et, en apparence, insensibles à tout, à l’exemple du divin Maître, elles s’étaient laissé arrêter, conduire dans différentes prisons, traduire devant les juges sans opposer la moindre résistance, pour la première fois, se montrèrent indignées, se redressèrent vivement, pressèrent le chapelet sur leur poitrine et refusèrent catégoriquement de s’en dessaisir. Un des accusateurs publics, Darthé, ordonna grossièrement d’aller de l’avant et de leur arracher ce qu’il appelait des amulettes ; l’huissier André, plus spirituel, voulut soulever l’hilarité des spectateurs habitués à se moquer des choses les plus saintes, et, dans ce but, il proposa de placer les chapelets en forme de couronne sur la tête des victimes, ce qui fut accepté.
Les soeurs virent dans cette couronne une preuve touchante de la bienveillance spéciale que leur témoignait leur Mère du Ciel, et 
parées de leur virginale couronne, fortes d’une fidélité inébranlable à leur vocation et à leurs vœux, elles allèrent à la mort et au triomphe avec une douce joie. Elles continuèrent de prier sous le regards de la foule pressée autour de la charrette, et en imposèrent aux plus malveillants. Le silence réservé, sympathique, qui avait accueilli leur condamnation, les accompagna dans les rues de Cambrai.

L’attitude de la Sœur Fontaine frappait plus particulièrement les assistants : elle était l’âme du groupe, elle avait davantage l’air inspiré et c’est elle surtout qui parlait et consolait au nom du Bon Dieu.

Filles de la Charité d'Arras

Le martyre des Filles de la Charité d’Arras
à Cambrai le lundi 26 juin 1794

Sur la Place d’Armes, au pied de la guillotine, les soeurs tombèrent à genoux et attendirent, dans la prière, le moment de consommer leur sacrifice ; bientôt elles gravirent lentement, l’une après l’autre, les degrés sanglants de l’échafaud ; on entendit plusieurs fois, coup sur coup, le cliquetis funèbre du lourd couteau et on vit rouler trois têtes.
La Sœur Fontaine mourut la dernière. Avant de se présenter au bourreau, elle voulut, une dernière fois, adresser des paroles de consolation et d’espérance au peuple assemblé qui n’avait cessé de les respecter, elle et ses compagnes. Elle s’avança vers lui, nous dit une lettre du temps, et, pleine de foi et de confiance, elle cria avec force : « Chrétiens, écoutez-moi. Nous sommes les dernières victimes. Demain la persécution aura cessé, l’échafaud sera détruit, et les autels de Jésus se relèveront glorieux. » Sa tête roula sur la place et alla heurter celles des trois compagnes, tandis que sa belle âme, unie aux leurs, montait au ciel.
Leurs corps furent jetés dans la fosse commune du cimetière de la porte Notre-Dame, appelé aujourd’hui cimetière Saint-Géry.

Elles ont été béatifiées le 13 juin 1920 par Sa Sainteté le pape Benoît XV.

nika

Oraison :

Dieu éternel et tout-puissant, Vous avez donné aux Bienheureuses Marie-Madeleine, Marie-Françoise, Thérèse et Jeanne, le courage de mourir pour la liberté de la Foi : que leur prière nous obtienne la grâce de supporter toute adversité par amour du Christ et de tendre de toutes nos forces jusqu’à Lui qui vit et règne avec Vous, dans l’unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.

palmes

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