En guise de prologue à ce blogue…

Le Maître-Chat Lully

Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Maître-Chat Lully (10 juillet 2006 – 23 mai 2019)

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« Mon blogue – ce blogue – est né le 10 septembre 2007…
Né d’une boutade de mon « papa-moine », ainsi que j’ai eu l’occasion de l’expliquer en détail > ici lorsque j’en ai donné l’historique alors qu’il allait approcher de son septième anniversaire, ce qui n’était au départ qu’un modeste moyen de garder contact avec un petit groupe d’amis proches du Refuge Notre-Dame de Compassion, a, tout au long des années, largement dépassé ce cadre restreint pour atteindre de très nombreuses personnes bien au-delà de nos simples relations habituelles, et bien au-delà des frontières de notre beau Royaume de France.

Bien sûr, il y a eu très souvent des personnes très « raisonnables » et très « sérieuses » qui se sont scandalisées qu’un chat écrivît sur des sujets religieux, rédigeât des chroniques et publiât des réflexions sur la société, ses maux et les remèdes que l’authentique tradition politique de notre monarchie légitime leur pourrait apporter…
Il y a bien encore quelques uns de ces petits esprits étriqués et chagrins pour répandre le venin et le fiel de leurs critiques, mais je n’en ai jamais eu cure : si pour eux il est inconcevable qu’un texte puisse prétendre au moindre sérieux du seul fait qu’il est l’œuvre d’un chat – fut-il chat monastique -, il est  par ailleurs irréfragable que le phénomène, en définitive peu courant, d’un Maître-Chat s’exprimant sur le « ouèbe » sans égard pour la langue de bois ou de buis, mais avec tout la divine liberté donnée par le Créateur aux félins, a valu à ce blogue de fidèles et solides amitiés, qui pèsent bien davantage que toute les aigreurs d’estomac de tous les « coincés », de tous les « cinglés », de tous les « modernichons », et de tous les « tordus » politiques et religieux réunis !

Vous le savez, mon divin Créateur a rappelé à Lui mon âme le 23 mai de cette année 2019 qui s’achève aujourd’hui (cf. > ici).
Je sais que mon départ de cette terre a laissé un grand vide dans le cœur de nombre de mes lecteurs, tout comme dans celui de mon « papa-moine ». Cependant, ainsi qu’il vous l’a écrit (cf. > ici), mon blogue continue et continuera : invisible, mais toujours présent, j’inspire et j’inspirerai encore mon moine de compagnie, car je lui ai laissé quelque chose de mon esprit comme le fit jadis le saint prophète Elie pour son disciple Elisée, lorsqu’il fut enlevé sous ses yeux par un char de feu.

Le prologue d’origine de ce blogue (cf. > ici) n’était toutefois plus exactement adapté désormais, et c’est la raison pour laquelle je suis aujourd’hui « revenu » vers vous pour inspirer ces lignes à mon fidèle secrétaire et vous assurer, mes bien chers et fidèles amis, que je suis toujours là, veillant à ce que ce blogue continue l’œuvre amorcée dès sa première chronique (cf. > Genèse) – semper fidelis – toujours fidèle à l’esprit que Dieu a voulu pour le Refuge Notre-Dame de Compassion : fidélité intégrale au dépôt de la foi reçue des Apôtres, et fidélité intégrale au dessein de Dieu scellé dans les fonts baptismaux de Reims où s’unirent la foi catholique et la royauté franque pour faire naître la France, avec en corollaire la défense sans concession de tout ce que cela représente et contient !

Vive Dieu ! Vive le Roi !

pattes de chatLully.

Mardi 31 décembre 2019,
Fête de Saint Sylvestre 1er, pape et confesseur, baptiste de l’empereur Saint Constantin 1er le Grand ;
Septième jour dans l’octave de la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Lully le chroniqueur

2022-7. « Français, ayons du cœur et de l’énergie. Montjoie Saint-Denis ! »

Editorial de

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX

publié dans « Valeurs Actuelles »
du 6 janvier 2022

Louis XX - Prince Louis de Bourbon

Avoir des ambitions, maîtriser son destin,
choisir l’humain, défendre le vrai, cultiver le beau.
En un mot : être la France.
Tel est le vœu que tous les responsables politiques
devraient former pour notre pays
en ces premiers jours de l’année.

Merveilleuse alchimie de la société française toute en équilibre et harmonie. Entre le ciel et la terre, entre le bien commun et l’égoïsme individuel. À l’image de Noël et du jour de l’An. Noël, la fête chrétienne de la naissance du Christ venu sauver le monde qui en a tant besoin ; les étrennes du Nouvel An, pour revenir sur terre et penser à soi. Les deux faces d’une même humanité. Rendre à Dieu et rendre à César ! Janvier, le temps des vœux, des bonnes résolutions, des compteurs remis à zéro pour repartir et pour s’ouvrir à l’avenir et le préparer. Avenir individuel si préoccupant pour chacun et pour les familles, mais encore plus pour notre cher et vieux pays.

N’est-il pas frappé par les crises sanitaire et économique ? N’est-il pas, plus gravement encore, atteint d’une sorte de doute sur son avenir même, qui entraîne une remise en cause existentielle ? La France dont certains de ses enfants semblent renier un passé plus que glorieux longtemps exalté et qu’ils feignent parfois de récuser ou d’oublier, alors que nombre de nations nous jalousent en l’admirant. Sans ce fondement fort, fruit des siècles de l’œuvre collective menée du roi au plus humble des sujets, l’avenir paraît parfois bien incertain tant il est fait de doutes et d’interrogations. Pourtant il ne s’agit pas d’être dans la nostalgie du temps d’avant.

Ce culte du passé pour lui-même n’est pas dans notre tradition. Pour sortir de la crise, il y a nécessité de retrouver l’énergie conquérante de ceux qui nous ont précédés et de redéfinir un projet de société. De retrouver le sens d’une communauté de destin. Allons ! Français, ayons du cœur et de l’énergie. Montjoie Saint-Denis ! Faire le contraire ne serait ni très capétien ni français !

Notre pays doit aborder la période actuelle comme l’occasion de s’ouvrir à une nouvelle Renaissance — comme l’est par nature la naissance du Christ, qui marque le début de l’histoire moderne du monde. Ce n’est pas rien, d’autant que la France a choisi aussi il y a quinze siècles de faire coïncider sa naissance officielle avec le baptême de Clovis à la Noël 496. Que de symboles pour retrouver espérance et volonté de se renouveler.

En ces premiers jours de l’année, faisons un vœu, un vœu collectif, d’une France qui, fidèle à ses traditions, son histoire et ses racines, profite des épreuves actuelles pour rebondir. Une France qui, de nouveau, se met à s’aimer elle-même à la fois pour ce qu’elle est mais aussi pour ce qu’elle peut apporter aux autres nations. N’est-ce pas, en effet, le monde entier qui est en attente et l’Europe tout particulièrement ? Mais pour espérer, ne faut-il pas un modèle ?

La France, inspirée par sa vision universaliste née de son baptême, a sur ce point un rôle à jouer. Faisons qu’elle retrouve le sens de sa mission, appuyée sur un régime sachant concilier le bien commun, sans lequel il n’y a pas de vie sociale ni la garantie des libertés individuelles, avec le développement pour tous afin de ne laisser personne en dehors. Que la France redevienne fière de son double héritage, gréco-romain d’une part et chrétien d’autre part — César et Dieu, encore une fois —, pour garantir l’harmonie sociale. Qu’elle sache exalter les grandeurs léguées par son histoire riche de quinze siècles, pour inspirer l’avenir.

Il est des moments où savoir regarder dans le miroir du passé, où se mêlent grands hommes et événements exaltants, permet de retrouver les énergies nécessaires pour construire demain, pour redonner du sens à une destinée commune.

Puisqu’il y a des échéances électorales avec des propositions qui, par nature, feront appel à une certaine démagogie, pourquoi ne pas chercher à élever le débat ? À échapper aux approches partisanes et donc réductrices, aux petits calculs, aux programmes qui se résument à des formules chocs, aux promesses qui seront bien vite oubliées. N’est-ce pas le moment de placer la barre plus haut ? Qu’est-ce qui sera le bon et le bien pour la France et les Français de demain ? Sur le long terme. Voir juste et voir loin.

Revenir aux fondamentaux si malmenés ces dernières décennies : faire du bien commun l’objectif de l’action ; défendre la famille naturelle en respectant l’éthique et le droit naturel ; affirmer la primauté de la vie humaine, de la conception à la mort ; exalter le beau ; revenir à la vérité et au réalisme en politique en oubliant le relativisme et les idéalismes dictés par les passions éphémères.

En politique, cela correspond à des réalités bien concrètes : souveraineté retrouvée, ce qui est possible grâce à la valeur de nos armes, à notre immense domaine maritime réparti sur les cinq continents, à notre langue, une des rares à être encore mondiales, à notre technologie de pointe en de nombreux domaines ; sécurité assurée et retrouvée pour tous, une des premières missions régaliennes largement bafouée par les territoires de non-droit et les communautarismes réducteurs ; justice garantissant les droits des faibles et des victimes… En un mot, avoir des ambitions ! Maîtriser son destin ! Être la France.

C’est ainsi que les Français l’aiment. Ils le rappelleront, n’en doutons pas, lors des prochaines échéances, pour écrire une nouvelle page de son avenir.

Prince Louis de Bourbon,
duc d’Anjou.

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2022-6. Communiqué de Sa Majesté consécutif aux actes de vandalisme perpétrés à la basilique nécropole royale de Saint-Denis.

Basilique de Saint-Denys façade (état actuel)

Le 5 janvier dernier, des actes de vandalisme ont été perpétrés dans la basilique nécropole royale de Saint-Denis : un homme, présenté comme un marginal âgé d’une trentaine d’années, y est entré armé d’une barre de fer avec laquelle il a brisé trois statues, puis s’en est pris à plusieurs vitrines dans lesquelles étaient présentées des objets religieux vendus sur place.
Le recteur de la basilique cathédrale, l’abbé Jean-Christophe Helbecque a précisé : « Les trois statues abîmées sont des séries en plâtre relativement récentes, et sans valeur patrimoniale ». C’est heureux du point de vue patrimonial, cela n’ôte rien à la gravité spirituelle de l’acte.
Les motivations de l’homme, qui a été interpellé, ne sont pas très précises à ma connaissance : il aurait voulu pénétrer dans une partie de la basilique non accessible aux visiteurs, derrière le sanctuaire, et, en ayant été empêché, c’est alors qu’il est allé chercher la barre de fer avec laquelle il a commis ces destructions.

Cela nous amène à signaler, avec douleur et inquiétude, qu’en de nombreux autres points de France ces dernières semaines, les attaques contre les lieux de culte se sont multipliées, sans que cela ne suscite beaucoup de réactions ni d’indignations dans les médias ou la classe politique.

A la suite des actes de vandalisme du 5 janvier à la basilique de Saint-Denis, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié la protestation suivante :

Message du Prince Louis suite aux actes de vandalisme à la basilique Saint-Denis

Louis XX

2022-5. La fidélité à Dieu est un don de Sa grâce.

14 janvier,
Fête de Saint Hilaire de Poitiers, évêque, confesseur et docteur de l’Eglise (cf. > ici).

Nous continuons d’approfondir notre connaissance des Docteurs de l’Eglise au moyen des catéchèses que Sa Sainteté le Pape Benoît XVI leur a consacrées. A l’occasion de sa fête liturgique, apprenons donc à mieux connaître et aimer le grand évêque de Poitiers qui fut un des champions de la lutte contre l’arianisme : Saint Hilaire.

St Hilaire  église Saint-Loup de Saint-Hilaire (actuel diocèse de Moulins)

Vitrail de l’église Saint-Loup
du village de Saint-Hilaire (dans l’actuel diocèse de Moulins)

Catéchèse de
Sa Sainteté le Pape Benoît XVI
donnée à l’occasion de l’audience générale
du mercredi 10 octobre 2007

 * * * * *

Saint Hilaire de Poitiers :
La fidélité à Dieu est un don de Sa grâce.

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, je voudrais parler d’un grand Père de l’Eglise d’Occident, saint Hilaire de Poitiers, l’une des grandes figures d’évêques qui ont marqué le IVème siècle.
Au cours de la confrontation avec les ariens, qui considéraient le Fils de Dieu, Jésus, comme une créature, certes éminente, mais toutefois uniquement comme une créature, Hilaire a consacré toute sa vie à la défense de la foi dans la divinité de Jésus-Christ, Fils de Dieu et Dieu comme le Père, qui L’a engendré de toute éternité.

Nous ne disposons pas d’informations certaines sur la plus grande partie de la vie d’Hilaire.
Les sources antiques disent qu’il naquit à Poitiers, probablement vers l’année 310. Issu d’une famille aisée, il reçut une solide formation littéraire, bien évidente dans ses écrits.
Il ne semble pas qu’il ait grandi dans un milieu chrétien. Lui-même nous parle d’un chemin de recherche de la vérité, qui le conduisit peu à peu à la reconnaissance de Dieu créateur et du Dieu incarné, mort pour nous donner la vie éternelle.
Baptisé vers 345, il fut élu évêque de sa ville natale autour de 353-354. Au cours des années suivantes, Hilaire écrivit sa première œuvre, le Commentaire à l’Evangile de Matthieu. Il s’agit du plus ancien commentaire en langue latine qui nous soit parvenu de cet Evangile. En 356, Hilaire assiste comme évêque au synode de Béziers, dans le sud de la France, le « synode des faux Apôtres », comme il l’appelle lui-même, car la réunion fut dominée par des évêques philo-ariens, qui niaient la divinité de Jésus-Christ. Ces « faux apôtres » demandèrent à l’empereur Constance la condamnation à l’exil de l’évêque de Poitiers. Hilaire fut ainsi obligé de quitter la Gaule au cours de l’été 356.

Exilé en Phrygie, dans l’actuelle Turquie, Hilaire se trouva au contact d’un milieu religieux totalement dominé par l’arianisme. Là aussi, sa sollicitude de pasteur le poussa à travailler sans relâche pour le rétablissement de l’unité de l’Eglise, sur la base de la juste foi, formulée par le concile de Nicée. C’est dans ce but qu’il commença la rédaction de son œuvre dogmatique la plus importante et la plus connue : le De Trinitate (Sur la Trinité). Dans celle-ci, Hilaire expose son chemin personnel vers la connaissance de Dieu, et se préoccupe de montrer que l’Ecriture atteste clairement la divinité du Fils et Son égalité avec le Père, non seulement dans le Nouveau Testament, mais également dans un grand nombre de pages de l’Ancien Testament, dans lequel apparaît déjà le mystère du Christ. Face aux ariens, il insiste sur la vérité des noms de Père et de Fils et développe toute sa théologie trinitaire à partir de la formule du baptême qui nous a été donnée par le Seigneur lui-même : « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».

Le Père et le Fils sont une même nature. Et si certains passages du Nouveau Testament pourraient faire penser que le Fils est inférieur au Père, Hilaire offre des règles précises pour éviter des interprétations erronées : certains textes de l’Ecriture parlent de Jésus comme de Dieu, d’autres mettent, en revanche, en évidence Son humanité. Certains se réfèrent à Lui dans Sa préexistence auprès du Père ; d’autres prennent en considération l’état d’abaissement (kenosi), Sa descente jusqu’à la mort ; d’autres, enfin, Le contemplent dans la gloire de la résurrection.

Au cours des années de son exil, il écrivit également le Livre des Synodes, dans lequel il reproduit et commente pour ses confrères évêques de Gaule les confessions de foi et d’autres documents des synodes réunis en Orient autour de la moitié du IVème siècle. Toujours ferme dans son opposition aux ariens radicaux, saint Hilaire montre un esprit conciliant à l’égard de ceux qui acceptaient de confesser que le Fils était ressemblant au Père dans Son essence, naturellement en cherchant à les conduire vers la plénitude de la foi de Nicée, selon laquelle il n’y a pas seulement une ressemblance, mais une véritable égalité du Père et du Fils dans la divinité. Cela aussi me semble caractéristique : l’esprit de conciliation qui cherche à comprendre ceux qui n’y sont pas encore arrivés et qui les aide, avec une grande intelligence théologique, à parvenir à la plénitude de la foi, dans la divinité véritable du Seigneur Jésus-Christ.

En 360 ou en 361, Hilaire put finalement revenir dans sa patrie après son exil, et il reprit immédiatement l’activité pastorale dans son Eglise, mais l’influence de son magistère s’étendit de fait bien au-delà des frontières de celle-ci. Un synode tenu à Paris en 360 ou en 361 reprend le langage du concile de Nicée. Certains auteurs antiques pensent que ce tournant anti-arien de l’épiscopat de la Gaule a été en grande partie dû à la fermeté et à la mansuétude de l’évêque de Poitiers. Tel était précisément son don : conjuguer la fermeté dans la foi et la douceur dans les relations interpersonnelles.

Au cours des dernières années de sa vie, il rédigea encore les Traités sur les Psaumes, un commentaire de cinquante-huit psaumes, interprétés selon le principe souligné dans l’introduction de l’œuvre : « Il ne fait aucun doute que toutes les choses qui se disent dans les Psaumes doivent être comprises selon l’annonce évangélique, de façon à ce que, quelle que soit la voix avec laquelle l’esprit prophétique a parlé, tout soit cependant rattaché à la connaissance de la venue de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Incarnation, Passion et Royaume, et à la gloire et puissance de notre résurrection » (Instructio Psalmorum 5). Il voit dans  tous  les  psaumes  cette compréhension du mystère du Christ et de Son Corps, qui est l’Eglise.

En diverses occasions, Hilaire rencontra saint Martin : précisément près de Poitiers, le futur Evêque de Tours fonda un monastère, qui existe encore aujourd’hui.
Hilaire mourut en 367. Sa mémoire liturgique est célébrée le 13 janvier [note : cette date est celle de sa fête dans le calendrier réformé ; il est fêté le 14 dans le calendrier traditionnel]. En 1851, le bienheureux Pie IX le proclama Docteur de l’Eglise.

Pour résumer l’essentiel de sa doctrine, je voudrais dire qu’Hilaire trouve le point de départ de sa réflexion théologique dans la foi baptismale. Dans le De Trinitate, Hilaire écrit : Jésus « a commandé de baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit (cf. Matth. XXVIII, 19), c’est-à-dire dans la confession de l’Auteur, du Fils unique et du Don. Il n’y a qu’un seul Auteur de toutes les choses, car Dieu le Père est un seul, dont tout procède. Et Notre-Seigneur Jésus-Christ est un seul, à travers Lequel tout fut fait (1 Cor. VIII, 6), et l’Esprit est un seul (Eph. IV, 4), don en tous… En rien on ne pourra trouver qu’il manque quelque chose à une plénitude aussi grande, dans laquelle convergent dans le Père, dans le Fils et dans le Saint-Esprit l’immensité de l’Eternel, la révélation dans l’Image, la joie dans le Don » (De Trinitate 2, 1). Dieu le Père, étant entièrement amour, est capable de communiquer en plénitude Sa divinité au Fils.
Je trouve particulièrement belle la formule suivante de saint Hilaire : « Dieu ne sait rien être d’autre qu’amour, Il ne sait rien être d’autre que le Père. Et celui qui L’aime n’est pas envieux, et Celui qui est le Père L’est dans Sa totalité. Ce nom n’admet pas de compromis, comme si Dieu pouvait être le Père sur certains aspects, mais ne L’était pas sur d’autres » (ibid. 9, 61).

C’est pourquoi, le Fils est pleinement Dieu sans aucun manque ni diminution : « Celui qui vient de la perfection est parfait, car Celui qui a tout, Lui a tout donné » (ibid. 2, 8). Ce n’est que dans le Christ, Fils de Dieu et Fils de l’homme, que l’humanité trouve son salut. En assumant la nature humaine, Il a uni chaque homme à Lui, « Il S’est fait notre chair à tous » (Tractatus in Psalmos 54, 9) ; « Il a assumé en Lui la nature de toute chair, et au moyen de celle-ci Il est devenu la vraie vie, Il possède en Lui les racines de chaque sarment » (ibid. 51, 16). C’est précisément pour cette raison que le chemin vers le Christ est ouvert à tous, – car Il a attiré chacun dans sa nature d’homme – même si la conversion personnelle est toujours demandée : « A travers la relation avec sa chair, l’accès au Christ est ouvert à tous, à condition qu’ils se dépouillent du vieil homme (cf. Eph. IV, 22) et qu’ils le clouent sur Sa croix (cf. Col II, 14) ; à condition qu’ils abandonnent les oeuvres de jadis et qu’ils se convertissent, pour être ensevelis avec lui dans son baptême, en vue de la vie (cf. Col. I, 12 ; Rom. VI, 4) » (ibid. 91, 9).

La fidélité à Dieu est un don de Sa grâce.
C’est pourquoi saint Hilaire demande, à la fin de son Traité sur la Trinité, de pouvoir rester toujours fidèle à la foi du baptême. C’est une caractéristique  de ce livre : la réflexion se transforme en prière et la prière redevient réflexion. Tout le livre est un dialogue avec Dieu.
Je voudrais conclure la catéchèse d’aujourd’hui par l’une de ces prières, qui devient ainsi également notre prière : « Faites, ô Seigneur – récite saint Hilaire de manière inspirée – que je reste toujours fidèle à ce que j’ai professé dans le symbole de ma régénération, lorsque j’ai été baptisé dans le Père, dans le Fils et dans l’Esprit Saint. Faites que je Vous adore, notre Père, et en même temps que Vous, que j’adore Votre Fils ; faites que je mérite Votre Esprit Saint, qui procède de Vous à travers Votre Fils unique… Amen » (De Trinitate 12, 57).

St Hilaire - église de Montilliers (diocèse d'Angers)

Vitrail de Saint Hilaire
dans l’église de Montilliers (diocèse d’Angers)

2022.4. Admirable mystère de la puissance divine !

Octave de l’Epiphanie,
où est lu l’Evangile du baptême de Notre-Seigneur dans le Jourdain.

Le sermon de notre Bienheureux Père Saint Augustin qui porte le n°45 est intitulé « Pour l’octave de l’Epiphanie » et porte sur la péricope évangélique de Saint Matthieu rapportant le baptême de Notre-Seigneur par Jean-Baptiste. Ce sermon atteste donc qu’à la fin du IVème siècle la liturgie était conforme sur ce point à ce que nous continuons de célébrer dans le missel traditionnel et qui a été chamboulé par la réforme liturgique postérieure au second concile du Vatican… 

Baptême de Notre-Seigneur vitrail de l'église Saint-Gommaire à Lierre (Anvers)

Vitrail du baptême de Notre-Seigneur
dans l’église Saint-Gommaire de Lierre (province d’Anvers)

§ 1. Le Christ S’est fait baptiser du baptême de pénitence afin de nous amener à la pénitence :

Que Dieu Se soit fait voir parmi nous ; que Notre-Seigneur Jésus-Christ ait été, en même temps, Dieu et homme, et qu’en Lui aient manifestement paru les prérogatives de l’un et de l’autre, c’est un fait annoncé en bien des manières par les Prophètes, et affirmé par le saint Evangile d’aujourd’hui : de là nous devons conclure que, si Dieu a daigné Se faire homme, c’était afin que l’homme, perdu par son péché, pût devenir Dieu.
Après avoir accompli le mystère de l’Incarnation et pris sur Lui les faiblesses de notre humaine mortalité, l’Homme-Dieu nous a appris la manière d’effacer nos fautes ; car Il est venu demander à Jean-Baptiste le baptême de la pénitence, afin de nous procurer le salut par Son propre baptême. Imitez donc et recevez le sacrement justificateur qu’a établi le Fils de Dieu. Il a fait pénitence, et, pourtant, aucune raison ne L’obligeait à la pénitence ; pleurez, vous, car vous avez tout motif de verser des larmes de douleur. Il a effacé les péchés de la chair ; c’est à vous de les déplorer. Il a purifié dans l’eau matérielle ce qui était sans taches ; pour vous, dont la conscience est souillée, purifiez-la dans le torrent de vos larmes.

§ 2. Humilité du Baptiste :

En voyant Dieu s’approcher du baptême de pénitence pour le recevoir, le vénérable Prophète fut saisi de stupeur ; le trouble et l’épouvante se répandirent dans tout son être en la présence du Rédempteur. « Seigneur », s’écria-t-il, « soyez-moi propice ! Ces eaux où se purifient les corps sont la piscine réservée aux pécheurs. Je baptise les serviteurs, mais je ne dois point baptiser le Maître. Je le sais, Vous venez de la source des eaux célestes ; pourquoi donc entacher les choses divines au contact des choses de la terre ? En Vous se trouvent des sources toutes pures, dont les eaux abondantes rafraîchissent les terres desséchées et communiquent la fécondité à celles qui sont stériles. O saint, si, seulement, Vous m’ordonniez de m’approcher de ces eaux salutaires ! si, seulement, Vous daigniez en verser sur moi de Vos propres mains ! Purifié de mes souillures charnelles, je pourrais marcher dans le sentier du ciel, j’ignorerais les faiblesses coupables de la chair !». Néanmoins le Sauveur persiste dans Son dessein ; puis, voilant pour un instant Sa divinité, il dit à Jean : « Fais maintenant ce que Je dis, car il nous faut accomplir toute justice » (Matth. III, 15). Voyez, quelle céleste réponse ! Le Christ ne nie pas qu’il soit Dieu, mais parce qu’il est devenu homme, il veut accomplir tout ce qu’exigent les prescriptions de la loi. Car c’est justice qu’Il reçoive ce qu’Il doit donner, et qu’Il imprime le sceau de la perfection à ce qu’Il doit léguer à l’Eglise. Alors Jean Le laissa : il ne se sépara point de Lui, mais il L’abandonna à Sa propre volonté, pour Lui laisser faire ce qu’Il désirait. Il voyait dès lors, en effet, que le baptême du Sauveur sanctifierait les eaux, et que ce bain serait, non plus celui de la pénitence, mais celui de la grâce.

§ 3. Il voit les cieux s’ouvrir et le Saint-Esprit en descendre : comment ?

« Aussitôt qu’Il fut baptisé, Jésus sortit de l’eau, et les cieux s’ouvrirent » (Ibid. 16).
Emblème de la promptitude avec laquelle devait s’opérer l’oeuvre de notre régénération, et de la facilité avec laquelle le vieil homme se changerait en homme nouveau. Jésus est baptisé, et tous les secrets mystères de l’homme se dévoilent. Les cieux s’ouvrent en présence de Jean, non pour rendre profanes les mystères célestes ; mais pour rendre accessible à l’homme l’entrée du paradis, fermée par nos fautes. Les cieux s’ouvrent, sans qu’il y ait scission dans les éléments, sans qu’on aperçoive la moindre déchirure, la plus petite anfractuosité dans les airs, ou que Dieu ait besoin d’en soutenir les parois… Cependant l’œil spirituel peut apercevoir ce que l’œil charnel ne saurait découvrir. Rempli de l’Esprit-Saint, Ezéchiel assure que les cieux se sont ouverts devant lui, et qu’il y a lu la mystérieuse signification des quatre animaux. De même en a-t-il été de saint Etienne, au moment où il a rendu un si beau témoignage à Jésus-Christ. Plein de l’Esprit-Saint, et portant ses regards vers le ciel, il a vu la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu, et il a dit : « Je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu » (Act. VII, 38). Il a donc vu les cieux ouverts, celui qui prophétisait en l’Esprit ; il a vu les cieux ouverts, celui qui confessait si ouvertement le Christ : « Et j’ai vu », dit le Précurseur, « l’Esprit de Dieu descendant du ciel comme une colombe et venant sur lui » (Matth. III, 16), c’est-à-dire sur Notre-Seigneur Jésus-Christ. Rien d’étonnant à ce que Jean ait vu venir le Saint-Esprit, puisque, avant de naître, il a tressailli dans le sein d’Elisabeth, en présence de la mère du Sauveur, et que, dans le désert, il a ainsi annoncé le Christ : « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers » (ibid. 3). Mais, dira peut-être quelqu’un, comment a-t-on pu voir l’Esprit de Dieu, puisqu’Il est invisible, incompréhensible et répandu dans tous les éléments, un Esprit qui est évidemment Dieu ? Le Sauveur ne dit-il pas dans l’Evangile que « Dieu est esprit » ? (Jean II, 24). Ce qui voit l’Esprit de Dieu, c’est le cœur pur, c’est toute intelligence dont l’Esprit-Saint daigne S’approcher. Par la toute-puissance de Sa divinité, et selon Son bon plaisir, Il pénètre dans ce cœur, dans cette intelligence ; Il S’y rend visible. « L’Esprit de Dieu souffle où Il veut » (ibid. III) : Il gouverne toutes choses, sans être gouverné par aucune ; le monde entier reçoit la vie de cette âme éternelle, qui donne la connaissance du ciel et la refuse, qui a développé l’étendue des mers, qui couvre toute la terre et qui, pénétrant dans le vaste corps du monde, communique libéralement la vie à toutes les semences. Car telle est la nature de la Divinité, que, partout où tu remarques le mouvement et la vie, tu dois y voir l’action de l’Esprit de Dieu.

§ 4. Le mystère de la Sainte Trinité se dévoile dans son entier :

Dans le baptême du Sauveur se manifestent, d’une part, le dessein secret et difficile à saisir du Saint-Esprit, et, d’autre part, le mystère tout entier de la Trinité. L’Esprit de Dieu connaissait le Verbe, et Il L’avait vu Se revêtir de notre humanité. Pour montrer aux hommes que Sa puissance est égale à celle du Fils de Dieu, Il prend donc la forme d’une colombe, bien qu’Il soit d’une nature subtile et simple, que la sainteté Lui appartienne en propre, et qu’Il Se trouve à l’abri de toute investigation. Et, pour que la Trinité apparaisse dans Son entier, le Père, que personne n’a jamais vu, si ce n’est le Fils unique (Jean I, 18), Se fait entendre et fait connaître, par Son propre témoignage, le Christ que l’Esprit-Saint désigne déjà. Voici Ses paroles : « Celui-ci est Mon Fils bien-aimé, en qui J’ai mis Mes complaisances » (Matth. III, 17).
Admirable mystère de la puissance divine ! Que les voies de l’Esprit de Dieu sont impénétrables ! Il S’est revêtu des dehors d’un oiseau inoffensif ; puis Il est descendu du haut des cieux sur Jésus-Christ, immédiatement après Son baptême ; ainsi nous a-t-Il montré que l’infusion du Saint-Esprit se fait dans l’âme au moment du baptême ; ainsi encore a-t-Il réfuté d’avance l’erreur méchante qui consisterait à dire que les paroles de Dieu le Père s’adressaient à Jean, et non à Dieu le Fils.

§ 5. Exhortation au saint baptême :

Ici, mes frères, il convient de tourner toute notre indignation contre les impies, et d’en finir avec la mauvaise foi des Juifs, qui ne croient point à la venue du Messie, quand le ciel lui-même Lui rend témoignage, qui refusent de reconnaître comme Dieu Celui que le Père déclare être Son Fils.
Aussi, mes très-chers frères, réunissons-nous dans un même sentiment de foi, et soyons tous assez fermes pour confesser Dieu le Père, et Son Fils Jésus, et le Saint-Esprit, et reconnaître, en même temps, qu’Ils ne forment à eux Trois qu’une seule et même Substance.
Quant à vous, frères bien-aimés, à qui nous procurons le bonheur d’entendre les leçons de l’Apôtre, hâtez-vous de recevoir aussi le baptême. Que rien, en lui, ne vous paraisse abject ; que rien, en lui, ne vous semble méprisable. Le Sauveur du monde a daigné entrer dans cette piscine ; hâtez-vous donc, « du temps qu’il fait jour, dans la crainte d’être surpris par les ténèbres » (Matth. XII, 35). Si nombreuses que soient les blessures faites à vos cœurs par le péché, si hideuses que soient les taches imprimées à votre âme par vos fautes, nous les cicatriserons, nous les ferons disparaître avec l’eau vive du baptême : votre conscience y sera purifiée de toutes vos anciennes iniquités, une lumière toute spirituelle y sera répandue en vous ; c’est ainsi que, par mon ministère, s’accomplira parfaitement en votre personne le grand mystère de ce jour ; c’est ainsi que le ciel s’ouvrira pour vous, et que je vous ferai voir le Christ, Notre-Seigneur, à qui l’honneur, la puissance et la gloire appartiennent pendant les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Symbole de la Sainte Trinité

2022-3. Vœux et perspectives pour l’an de grâce 2022, assortis de quelques précisions…

Lundi soir 3 janvier 2022,
Fête de Sainte Geneviève, vierge (cf. ici et ici) ;
Mémoire de l’octave de Saint Jean.

Blogue vœux 2022 3

Le Mesnil-Marie, vu du nord-est, ce 1er janvier 2022

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dans l’inexorable marche des années qui rythment nos vies terrestres, nous voici passés de 2021 à 2022 : l’an de grâce 2022 !
Nonobstant le fait que ce passage d’une année à l’autre n’est jamais qu’un repère pratique né d’une convention – nécessaire cependant pour avoir des références communes dans notre vie en société -, et en sous-entendant tout ce que j’avais écrit dans les sept parties de cet article que j’avais intitulé « Métaphysique des vœux » (à partir d’ > ici), le mois de janvier étant le « mois des vœux », il n’est pas déplaisant de venir vers vous pour vous présenter les miens d’une manière toute particulière, en dehors de la formule « Bonne année, bonne santé ! » si usée et émoussée.
Je vous souhaite – et je prie pour cela -, bien sûr, que l’année 2022 soit pour vous remplie de bonnes et belles choses, et, certes, que vous ayez une bonne santé (et là je pense d’une manière très instante à tous ceux, très nombreux, parmi mes amis et connaissances dont la santé est fragile, ou éprouvée, ou qui lors des ces derniers mois ou semaines, ont été bien malades), mais je vous souhaite par dessus tout la force spirituelle et la sérénité d’âme pour porter pas à pas le poids des jours, chargés de leurs bagages – tellement encombrants parfois – de moments heureux et d’épreuves, de joies et de tristesses, d’inquiétudes et d’espérances, de contrariétés et de consolations…
Je pourrais ici reprendre mot pour mot ce que j’avais écrit le 4 janvier 2017 et que j’avais appelé « Au-delà des vœux conventionnels » (cf. > ici).

Blogue vœux 2022 1

Le Mesnil-Marie, vu du sud, ce 1er janvier 2022

Beaucoup d’entre vous m’ont adressé de jolies cartes ou des courriels à l’occasion de ces fêtes de la Nativité, je les en remercie ici d’une manière globale et générale, espérant avoir le temps de répondre personnellement à chacun avant la fin de ce mois de janvier !
J’ai en effet beaucoup de courrier, papier ou électronique, en retard, vivant finalement toujours dans l’urgence des situations ou sollicitations immédiates, et manquant cruellement de temps pour tout faire.

Je voudrais d’ailleurs profiter de ces quelques lignes pour préciser quelques points…

A – « On n’arrive pas à vous joindre ! »
Combien de fois n’entends-je pas cette réflexion, avec plus ou moins de nuances.
J’en ai parfaitement conscience…
Mais je ne vous cèlerai pas qu’il n’y a aucune amélioration à attendre de ce point de vue-là, pour plusieurs raisons que je vais expliciter ci-dessous.
- 1) Un moine n’est pas un standardiste : il ne faut donc ordinairement pas s’attendre à « tomber sur lui » dès la fin de la troisième sonnerie du téléphone : pour ce qui me concerne cela ne se peut qu’à la condition que je me trouve dans mon bureau, et qu’en outre je sois disponible à ce moment-là.
- 2) Un moine n’est pas toujours disponible : Vous comprendrez aisément que je ne réponde pas au téléphone lorsque je suis en prière à la chapelle, lorsque je m’adonne à des travaux physiques à l’extérieur de la maison, lorsque je suis déjà pris par un visiteur, pendant certains temps d’étude qui exigent de moi une grande concentration, ou lorsque je suis au volant… etc.

C – Si donc vous avez besoin de vous entretenir avec moi, le mieux est de m’adresser un texto sur mon téléphone portable ou par courriel, afin que nous nous fixions un rendez-vous, et en me précisant – si possible – l’objet de l’entretien et le degré d’urgence.
Je ne peux d’ailleurs vous garantir de vous répondre aussitôt, pour les mêmes motifs que j’ai exposés ci-dessus.
Je ne veux – sauf urgence ou motif d’extrême importance – pas donner plus de temps aux entretiens téléphoniques que je n’en donnerais au parloir si je vivais dans une communauté.
Le fait que je sois seul au Mesnil-Marie, que ma vie ne soit pas celle d’un pur contemplatif cloîtré, que je me rende très souvent disponible et que je m’efforce souvent d’avoir une grande souplesse (le Bon Dieu m’ayant fait le don – un peu fatigant parfois – d’avoir un très mauvais sommeil et de ne dormir que très exceptionnellement plus de cinq heures par nuit : j’en profite bien souvent pour réciter mes heures et pour faire oraison), ne signifie en aucune manière que je n’ai rien à faire d’autre que musarder ou me complaire en relations humaines, certes agréables et édifiantes, mais qui ne peuvent absolument pas prendre le pas sur les impératifs essentiels de ma vie religieuse : « Messire Dieu premier servi ».

Blogue vœux 2022 11

A l’intérieur du Mesnil-Marie, ce 1er janvier 2022

D – Et pour les visites ?
Lorsque j’accueille quelque visiteur, je préfère évidemment avoir été prévenu de sa venue.
Il me semble que c’est la plus élémentaire des politesse que d
‘être totalement disponible à mes hôtes lorsqu’ils sont là, de manière à leur consacrer, en toute sérénité d’esprit, le temps qu’il faut pour écouter, répondre… etc. Ce n’est pas nécessairement le cas si, débarquant à l’improviste, ils me trouvent dans une tenue « improbable » – et pas toujours très ragoûtante -, comme ce fut le cas ce jour d’été où des personnes de passage me trouvèrent juché sur un escabeau, dans un vieux « ticheurte » troué avec de vieilles chaussettes dépareillées dans des « basquettes » sans âge, dégoulinant de sueur et de l’huile de lin dont j’étais en train d’enduire les poutres de l’avant-toit, puisqu’elle coulait le long du manche du pinceau, sur mes mains et mes bras !!!

Il peut aussi se trouver que je doive m’absenter pour visiter quelqu’un, faire des courses ou me rendre à un rendez-vous de santé (j’ai des séances de kinésithérapie très régulières en raison de l’état de ma colonne vertébrale), ou tout simplement pour faire un peu d’exercice physique : je trouve vraiment dommage – et cela s’est pourtant produit à plusieurs reprises – que des amis qui comptaient me faire une surprise se heurtassent à une porte close (je me suis retenu d’écrire : « trouvassent une maison close », mais tout le monde n’apprécie pas forcément mon humour un peu décalé !).

Vous le comprenez, ce n’est point-là de la misanthropie ou du repli sur soi, c’est juste une question d’ordre et de cohérence.

Blogue vœux 2022 4

Campanile du Mesnil-Marie ce 1er janvier 2022

E – Cela m’amène presque naturellement à répondre à cette autre question : « Mais que peut-il bien faire de ses journées ? »

- 1) Outre la récitation de l’office divin (qui demande environ deux heures à deux heures et demi quotidiennes) et celle du chapelet des Sept-Douleurs de Notre-Dame (cf. > ici), outre les prières de dévotion, l’oraison et la lectio divina, j’ai une vie d’étude
Mais ma vie ne se passant pas uniquement dans des sphères spirituelles désincarnées ou intellectuelles, je dois aussi faire face aux tâches ordinaires de la vie dans mon ermitage : le Mesnil-Marie est loin d’être fini de restaurer et d’aménager, et il y a encore beaucoup de travaux en perspectives en sus des nécessaires lessives, repassages, ménages, corvées de bois, entretiens récurrents… etc.
- 2) Par ailleurs, vous savez que je suis chanoine d’honneur du Chapitre de Saint Remi (cf. > ici, mais il faut noter qu’il n’est plus installé en Provence depuis quelques mois), avec le titre d’écolâtre, c’est-à-dire responsable de la formation : cela requiert de moi des séjours réguliers dans mon Chapitre et me demande du travail (des corrections de copie par exemple).
- 3) Je garde également mes responsabilités dans l’Union des Cercles Légitimistes de France et dans la Confrérie Royale, même si j’ai demandé l’an passé à ne plus être Prieur de cette dernière.
- 4) Au niveau local, j’entame ma sixième année de correspondant local de presse – ce qui me prend aussi du temps -, et je garde quelques responsabilités dans des associations, même si la « crise covid » a donné un grand coup de frein à leurs activités, et que je me suis mis en retrait de certaines d’entre elles.
- 5) Enfin, beaucoup d’entre vous le savent aussi, le Bon Dieu m’ayant fait le don de soulager certaines souffrances (brûlures ou inflammations connexes), je suis très souvent sollicité par des personnes, qui me joignent depuis toutes les provinces de France, et qui demandent mes prières afin d’alléger ou – parfois – faire entièrement passer leurs tourments. Je ne fais évidemment aucune « réclame », mais c’est le seul bouche à oreille qui fait qu’on me contacte du Languedoc ou d’Artois, de Bretagne ou de Provence, de Bourgogne ou de Guyenne, de Paris ou du Maine, d’Auvergne ou des Flandres…
Je sais que ce don est incompris de beaucoup et suscite souvent des questions – ou des réticences -, mais il ne s’agit pourtant de mon côté que d’une prière en invoquant la Très Sainte Trinité, la puissance de la Sainte Croix de NSJC et l’intercession des saints, pour des personnes endolories : pas de rite bizarre ni d’occultisme !

Blogue vœux 2022 13

L’oratoire du Mesnil-Marie ce 1er janvier 2022

F – Nous aimerions avoir davantage de vos nouvelles !
J’entends ou lis assez fréquemment cette remarque. Je suis touché de la sollicitude amicale dont elle témoigne, mais connaissant plusieurs centaines de personnes, avec lesquelles j’ai des relations d’amitié et de confiance, il m’est impossible d’entretenir avec chacune une correspondance suivie à la manière de ma si chère marquise de Sévigné.
Ce blogue a l’avantage de permettre un certain suivi, bien que moins personnel, avec ceux qui souhaitent garder le contact ; de même, en l’état actuel des choses, que Facebook… Je connais et comprends les craintes et réserves légitimes que l’on peut avoir envers les réseaux sociaux, mais je vois aussi chaque jour le profit spirituel qui résulte de ma présence et de mes publications : des amitiés fidèles se sont nouées, des contacts importants se sont établis… Ce sont aussi des « lieux d’évangélisation » où, modestement, le Refuge Notre-Dame de Compassion rayonne et fait du bien.
Cela présente aussi quelques inconvénients (et je vous en entretiendrai bientôt plus longuement), puisque tous les hommes ne sont pas « bonae voluntatis » et qu’il peut arriver que, exposé de la sorte, l’on puisse aussi être suivi par quelques personnes franchement malveillantes ou déséquilibrées.
Mais n’est-ce finalement pas le cas en toutes occurrences humaines ?
Et le fait de quelques méchants doit-il faire taire et paralyser ceux qui cherchent à faire le bien ?
J’envisage peut-être la publication – par courriel ou courrier papier – d’une lettre confidentielle aux Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, mais c’est un surcroît de travail que je ne suis pas encore en mesure d’assumer.

Pour le reste, je suis, depuis déjà six mois, entré dans ma soixantième année : certains voudraient que j’organise une fête le jour de mes 60 ans, le dimanche 3 juillet prochain, mais j’avoue ne pas avoir le goût ni les moyens de cette organisation : comme ce sera un dimanche, dès à présent retenez que je vous invite à la Sainte Messe de ce jour, où que vous soyez, pour y déposer sous forme de prières les souhaits que votre amitié formule à mon intention !

Ma santé se maintient : mon médecin, que je vois régulièrement pour des contrôles depuis mon AVC d’avril 2013, s’emploie à maintenir mon foie malade dans les frontières du raisonnable, et s’attache patiemment à faire en sorte que ma vieille carcasse, malgré l’arthrose et autres sympathiques détraquements, me permette – selon les termes un peu crus de ce bon disciple d’Hippocrate - « d’em….er encore pendant très longtemps » les ennemis du trône et de l’autel !
Mes dernières analyses (à la fin juillet) montraient de manière indubitable que j’avais été touché par le virus de la covid, en raison du taux très élevé d’anticorps qui a été relevé dans mon sang ; mais je ne m’en suis pas rendu compte : point de fièvre ni de perte de goût ou d’odorat, pas d’embarras pulmonaires ou respiratoires. Peut-être était-ce lorsque, après Pâques, je me suis senti très fatigué ? Je l’avais alors attribué au contrecoup du grand carême et de la Semaine Sainte.
Je précise que je n’ai reçu aucune des injections prétendument vaccinales préconisées par le-gouvernement-qui-nous-veut-du-bien, et que je n’ai nulle intention d’en recevoir.

Blogue vœux 2022 5

La Vierge de l’accueil, à la porte du Mesnil-Marie, ce 1er janvier 2022

G – J’ai intitulé ce long bavardage « vœux et perspectives ».
Mes vœux, je vous les ai présentés au début ; passons maintenant aux perspectives, si vous le voulez bien.

On ne peut presque pas désormais ouvrir la radio pour écouter un bulletin « d’information » (sic) sans que le sujet soit abordé : le printemps prochain sera celui de nouvelles élections républicaines.
Cela ne concerne pas directement les Légitimistes, qui restent solidement campés dans la position préconisée par S.M. le Roi Henri V (cf. > ici) et rappelée par S.M. le Roi Alphonse II (cf. > ici).
Cela ne signifie cependant pas que les Légitimistes se désintéressent de l’actualité politique et de ses enjeux, ni qu’ils sont inactifs (il faudra que l’on m’explique d’ailleurs en quoi aller urner est une action politique efficace). Au-delà de la comédie des élections pestilentielles et de leurs coups de théâtre courtelinesques, nos perspectives sont celles de la Restauration royale, dans ses principes traditionnels, et non accommodée à la sauce parlementariste pimentée des venins maçonniques.
Nous ne voyons pas une Restauration en dehors d’une conversion générale des peuples de France au catholicisme et un retour à l’alliance scellée dans les fonts baptismaux de Reims : on ne restaurera pas la Royauté très chrétienne en dehors des voies que Dieu Lui-même a prises pour l’établir, c’est-à-dire la conversion, conséquente à la prière, à la pénitence et au travail des saints !
Dans la situation actuelle de l’Eglise et de notre France, cela peut sembler pure utopie à ceux qui manquent de foi, mais nous ne devons pas douter de l’action de la Providence qui peut se servir des bouleversements humains et des crises les plus graves pour toucher les cœurs et illuminer les intelligences.

Présentement, la dictature républicaine est en place, sous de patelines apparences libérales.
Elle va se manifester par des attaques de plus en plus cruelles et outrées contre le droit naturel et contre le droit divin : nous sommes déjà entrés dans les années où nous assisterons à l’aboutissement des horreurs initiées par le siècle des prétendues lumières et par la révolution de 1789, avant de les voir s’effondrer dans un paroxysme d’abominations.
Mais ce sont ces abominations même qui susciteront la prise de conscience, le « retour au réel » et le sursaut spirituel de beaucoup.

Pour l’heure, prions, veillons, offrons de généreux sacrifices, formons-nous avec avidité afin d’être « toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en nous » (1 Petr. III, 15). Travaillons avec ténacité à faire connaître et à défendre notre  Souverain légitime et les principes de la monarchie capétienne traditionnelle de droit divin.

Blogue vœux 2022 12

L’avenir immédiat ne sera pas tout rose pour les défenseurs de la Légitimité, comme pour les défenseurs de la Sainte Messe latine traditionnelle. Je l’ai déjà écrit et je le réécris : il faut passer par le temps d’une certaine clandestinité, par le temps de la résistance, du maquis et des catacombes.
A ce propos, permettez-moi de vous citer Georges Bernanos qui, dans les « Dialogues des carmélites », place ces mots sur les lèvres de leur aumônier au moment où les religieuses sont contraintes de quitter leur monastère :
 « Un poisson ne saurait vivre hors de l’eau, mais un chrétien peut très bien vivre hors la loi. Que nous garantissait la loi ? Nos biens et nos vies. Des biens auxquels nous avions renoncé, une vie qui n’appartient plus qu’à Dieu… Autant dire que la loi ne nous servirait pas à grand-chose… »

Bonne, heureuse et sainte année, mes chers Amis !
Bonne année dans l’indéfectible espérance !
Heureuse année à travers les médisances, calomnies, critiques et persécutions !
Sainte année dans la fidélité sans faille aux principes et envers Celui qui nous a aimés le premier et qui a versé Son Sang pour nous !

Que Dieu nous bénisse et nous garde !

 Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Blogue vœux 2022 14

Vitrail de la chapelle du Refuge Notre-Dame de Compassion
dans la lumière de ce 1er janvier 2022.

2022-2. Vœux de SMTC le Roi Louis XX.

1er janvier 2022.

Vœux du Roi

En ce premier jour de l’année, faisons le vœu d’une France qui retrouve l’esprit de la volonté collective. La volonté qui fait gagner, et ouvre des voies nouvelles.
Pour se faire la France doit reprendre en mains ses destinées et retrouver l’amour de son histoire, de ses traditions et de ses grands hommes.
Louis de Bourbon, duc d’Anjou.

Armes de France & Navarre

2022-1. Méditation pour la fête de la Circoncision de Notre-Seigneur.

1er janvier,
Fête de la Circoncision de NSJC (double de 2ème classe).

Circoncision - Pierre-Paul Rubens 1605

Pierre-Paul Rubens : la Circoncision (1605)

Mise en présence de Dieu :

Je m’approche de Vous, divin Enfantelet, désireux de recevoir dans mon âme les premières gouttes de Votre Sang très précieux.

Méditation :

1 – L’antienne du « Magnificat » des premières vêpres, synthétise excellemment l’esprit de la fête du jour : « Dans l’excès de la charité avec laquelle Dieu nous a aimés, Il a envoyé Son Fils dans une chair semblable à celle du péché ».
Cette solennité liturgique joint à la considération de l’immense charité de Dieu, qui illumine et domine toutes les fêtes de la Nativité, la vision du Fils de Dieu incarné : telle en est la note caractéristique.
Pour nous transformer, de pécheurs que nous sommes, en fils de Dieu, le Fils unique du Père a accepté de revêtir la nature humaine, jusqu’à assumer notre chair déchue par le péché et à en subir les conséquences les plus humiliantes. La loi de la circoncision ne pouvait, d’aucune manière, toucher Jésus, le Fils de Dieu, le Saint par excellence ; mais Jésus voulut s’y soumettre comme le dernier des fils d’Abraham car, comme l’enseigne Saint Paul, « Il a dû être fait semblable en tout à Ses frères… pour expier les péchés du peuple » (Hebr. II, 17).
Le rite, accompli peut-être par Joseph, dans l’intimité familiale, fit jaillir des chairs immaculés de Jésus, les premières gouttes de Son Sang précieux. Il commence de cette manière, huit jours après Sa naissance, Sa mission sanglante de Rédempteur ; Il ne parle pas encore, le monde L’ignore, mais Jésus verse déjà Son Sang pour le salut de l’humanité.
Contemplons-Le et apprenons, par Son exemple, que les œuvres prévalent sur les paroles, et que plus elles requièrent de sacrifices, plus elles font preuve d’amour véritable ; d’ailleurs, pour être féconde, toute entreprise doit recevoir son baptême de sang.

2 – La fête de la Circoncision coïncide avec le début de l’année civile ; les premières gouttes du Sang de Jésus devraient sceller et consacrer chaque année nouvelle, de manière qu’elle devienne vraiment l’ « annus Domini », l’année du Seigneur. Le temps appartient à Dieu, notre vie est à Dieu et au Christ qui nous a rachetés et sanctifiés par Son Sang.
Commençons donc l’année en circoncisant nos cœurs car, comme l’enseigne Saint Ambroise, « celui qui a été circoncis de tout vice sera jugé digne des regards du Seigneur… Voyez comme tous les événements qui se succèdent dans l’Ancien Testament préfigurent ce qui doit arriver, car la circoncision représente aussi la remise des péchés » (Bréviaire, 7ème leçon des matines de cette fête).
Année nouvelle, vie nouvelle.
Vie nouvelle ; en effet, si nous circoncisons en nous le « vieil homme » avec ses vices et ses passions, le « chrétien » croîtra en nous : créature nouvelle, purifiée par le Sang du Christ, vivifiée, nourrie par Sa grâce, et qui, morte à elle-même, laissera vivre le Christ en elle. L’année nouvelle acquiert uniquement de la valeur quand elle est vécue sous cette lumière qui, de jour en jour, doit intensifier en nous l’action de la grâce afin de faire croître dans nos âmes, la vie du Christ.
L’humble soumission de Jésus à la volonté de Son Père, manifestée par l’obéissance à la loi, est une autre leçon à dégager de la fête du jour : c’est pour nous une invitation à adhérer docilement à la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit. Tous, nous ignorons ce qui nous attend au cours de l’année nouvelle ; Dieu le sait : Sa volonté a préparé notre route, chaque détail de notre vie est déjà arrêté dans sa pensée. Disposons-nous à accepter, mieux, à embrasser avec courage et célérité tout ce que Dieu veut ou permet, sûrs que dans Sa sainte volonté, nous trouverons paix et sanctification.

Circoncision - Rubens - détail 1

Colloque :

« Vous me donnez déjà Votre Sang, ô Verbe, alors que Votre sainte Humanité ne compte que huit jours. Que m’enseigne Votre Sang ?… L’obéissance. Dans Votre Circoncision Vous me révélez trois vertus : obéissance envers Dieu, mansuétude à l’égard de Marie, justice envers notre prochain » (Sainte Marie-Madeleine de’ Pazzi).
Que les premières gouttes de Votre Sang très pur, ô Jésus, purifient, enivrent mon âme ! Oh ! comme je Vous comprends : dès les premiers jours de Votre existence, Vous Vous empressez de verser Votre Sang pour nous prouver dès lors que Vous êtes notre Sauveur et notre Rédempteur. Si cette effusion de Sang ne Vous était pas nécessaire, à Vous, Fils de Dieu, qui êtes saint de la sainteté de Votre Père, elle m’était nécessaire à moi, pauvre créature née dans le péché. Vous avez voulu Vous humilier, jusqu’à Vous soumettre à la loi faite pour les pécheurs. O mon Seigneur, enseignez-moi à être humble et obéissant. Vous n’avez pas décliné la Circoncision, innocent Agneau, qui ôtez les péchés du monde… et moi, pécheur, je me ferais passer pour « juste », j’éprouverais du ressentiment quand je suis jugé imparfait, je chercherais à cacher mes défauts sous un manteau de fausses excuses ? Faites-moi comprendre, ô très Humble, que je ne pourrai jamais Vous suivre d’aucune façon, encore moins Vous ressembler, si je n’accepte pas de m’humilier avec Vous !
Vous m’enseignez aussi à obéir, à me soumettre à la volonté de notre Père céleste, quelle qu’elle soit et quel que soit le sacrifice imposé. « Je considère cette année nouvelle comme une page blanche que Votre Père me présente et sur laquelle Il écrira, jour par jour, ce que Son divin bon plaisir a disposé. Dès maintenant, j’écris au haut de la page, avec une confiance totale : « Domine, fac de me sicut vis : Seigneur, faites de moi ce qui Vous plaît », et dans le bas j’appose déjà mon « Amen » à toutes les dispositions de Votre divine volonté. Oui, Seigneur, « oui » à toutes les joies, les douleurs, les grâces, les fatigues préparées pour moi et que Vous me révélerez jour par jour. Faites que mon « amen » soit l’ « amen » pascal, toujours suivi de l’ « alléluia », c’est-à-dire prononcé de tout cœur, dans la joie d’une donation complète. Donnez-moi Votre amour et Votre grâce et je serai assez riche » (Sœur Carmela du Saint-Esprit).

Rd. Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine,
in « Intimité divine », vol. 1 pp. 139-142

Circoncision - Rubens - détail 2

2021-80. « Renoncer à l’impiété et aux désirs du siècle, et vivre sobrement, et justement, et pieusement dans ce monde, attendant la bienheureuse espérance… »

Vendredi 31 décembre 2021,
Fête de Saint Sylvestre 1er, pape et confesseur ;
7ème jour dans l’octave de la Nativité de NSJC ;
Anniversaire de la mort de Saint Jean-François Régis (cf. > ici), à La Louvesc.

ange de la gloire - vitrail de l'église Saint-Martin de Palaiseau

l’ « ange de la gloire »
(détail du vitrail de la Nativité, dans l’église Saint-Martin de Palaiseau)

Lanterne de Noël

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous voici au terme de cette année 2021, dont je vous écrivais en ses premiers jours qu’elle allait être pire que la précédente, laquelle, en définitive, en comparaison de celle qui va se clore en ce jour, nous apparait désormais presque auréolée de charmes idylliques.
Si je le puis me permettre d’ailleurs, je vous engage à aller relire ces vœux si particuliers que je vous écrivais en commençant l’année qui s’achève aujourd’hui (cf. > ici), avant de découvrir bientôt ceux que je vous adresserais pour 2022. Mais je ne vais pas anticiper…

Une année s’achève, une autre va commencer…
En beaucoup de lieux, l’abrutissement général va pousser des foules lobotomisées à s’étourdir de manière superficielle, même si – en raison des mesures à prétexte sanitaire -, cela restera contenu en des rassemblements limités en nombre.
Comme aux temps de Noé et de Lot (cf. Luc. XVII 26 et sq.), ils vont manger et boire sans se préoccuper de leurs âmes et sans tenir compte des avertissements que Dieu, dans Sa miséricordieuse patience, leur a donnés pour susciter leur conversion. Ils vont se « souhaiter la bonne année » sans, pour le plus grand nombre, aspirer à autre chose qu’à « profiter de la vie », et sans voir qu’approchent des jours plus terribles que ceux du déluge et plus redoutables que celui qui consuma Sodome par le feu et le soufre du ciel.
Car « Il est venu chez Lui, et les Siens ne L’ont pas reçu » (Johan. I, 11).

Mais, en notre Mesnil-Marie, sachez, bien chers Amis, qu’en union avec beaucoup d’entre vous – qui êtes de « ceux qui L’ont reçu » et auxquels a été « donné le pouvoir d’être faits enfants de Dieu » (cf. Johan. I, 12) et qui participerez à des soirées ou veillées de prière -, nous nous tiendrons à l’écart des divertissements terrestres, et des « sms », appels téléphoniques, courriels et de toute cette avalanche de messages convenus, parce que, dans le recueillement de notre chapelle silencieuse, nous supplierons pour la conversion des pauvres pécheurs, pour le salut de notre Royaume très aimé, pour que les cœurs se détournent des voies de l’erreur et du péché, pour que la Sainte Eglise déchirée et dévastée – parce qu’elle est livrée aux mercenaires et aux loups déguisés en brebis -, soit restaurée dans l’unité de l’intégrité et de l’intégralité de la foi.
Cramponnons-nous, agrippons-nous plus que jamais à la Bienheureuse Espérance – beatam spem – en nous souvenant de l’épître de la Messe de Minuit : « Appáruit grátia Dei Salvatóris nostri ómnibus homínibus, erúdiens nos, ut, abnegántes impietátem et sæculária desidéria, sóbrie et iuste et pie vivámus in hoc sǽculo, exspectántes beátam spem et advéntum glóriæ magni Dei et Salvatóris nostri Iesu Christi : qui dedit semetípsum pro nobis : ut nos redímeret ab omni iniquitáte, et mundáret sibi pópulum acceptábilem, sectatórem bonórum óperum : La grâce de Dieu notre Sauveur est apparue à tous les hommes, nous enseignant à renoncer à l’impiété et aux désirs du siècle, et à vivre sobrement, et justement, et pieusement dans ce monde, attendant la bienheureuse espérance et l’avènement de la gloire du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ, qui S’est livré Lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple pur, agréable, et zélé pour les bonnes œuvres. » (Tit. II, 11-14).

Sursum corda !
Habemus ad Dominum !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

étoiles gif

2021-79. De contritionis actu.

- De l’acte de contrition -

homme en prière - examen de conscience

L’achèvement de toute action humaine, que ce soit la fin d’une journée, la fin d’une période particulière de nos étapes terrestres, la fin d’un travail, ou la fin d’une année, doit toujours porter le catholique qui prend au sérieux sa vie spirituelle et sa progression dans la pratique des vertus, à un examen de conscience – général ou particulier – par lequel, honnêtement, devant Dieu et la cour céleste, il vérifie les dispositions qu’il a apportées à ce qu’il a fait et la manière dont il l’a accompli.

Sans scrupule mais sans superficialité, et surtout sans indulgence envers soi-même (chose à laquelle nous sommes si spontanément enclins !), cet examen – qui n’a rien à voir avec l’introspection ni avec le nombrilisme – nous conduit à affuter notre conscience morale ; à nous comporter de manière plus délicate, plus fidèle et plus aimante envers Dieu ; à être plus exacts dans l’observance de ses saintes lois ; à faire des progrès dans la pratique des vertus… etc.
Ce pourquoi la Sainte Eglise, dans sa sagesse, nous demande de faire tous les soirs un examen de conscience portant sur les actions, pensées, paroles et omissions coupables de notre journée, avant de nous endormir ; ce pourquoi de très grands spirituels tout au long des siècles ont voulu aider leurs disciples, parfois à leur demande, en rédigeant des directoires ou formulaires pour l’examen de conscience quotidien, hebdomadaire et mensuel ; ce pourquoi encore, à l’occasion de retraites spirituelles, on enseigne souvent la pratique de « l’examen particulier ».

L’examen de conscience régulier nous porte à nous purifier plus rapidement des souillures de nos fautes quotidiennes, et à nous corriger de nos défauts et imperfections : il ne doit pas entretenir dans l’âme les tourments du remords (celui-ci est une manifestation de l’orgueil et de la complaisance de soi, dépités à la vue de nos imperfections), mais la libération, la joie et la paix qu’engendre un regret sincère, humble et aimant.
Voilà pourquoi, comme au confessional, la récitation de l’acte de contrition vient parachever l’examen de conscience.
Ajoutons et rappelons que, pour les fautes vénielles, cette récitation fervente (et non pas machinale et routinière) de l’acte de contrition, nous obtient déjà le pardon et la rémission.

En outre, dans le cas d’un danger mortel et en l’absence de la possibilité de recevoir la sainte absolution, la récitation sincère et fervente de l’acte de contrition, dont les termes expriment ce que l’on appelle en théologie une « contrition parfaite » (la contrition est dite parfaite lorsque le motif de notre regret est le mal que le péché fait à Dieu : offense à Sa majesté, à Sa sainteté, révolte contre Son autorité sou­veraine, mépris de Son amour, souffrances que le péché a occasionnées à Notre-Seigneur ; autrement dit, la contrition parfaite consiste à regretter le péché par un motif d’amour), peut être suffisante pour nous valoir le pardon des péchés mortels eux-mêmes.
Voilà pourquoi, en plus du sacrement de pénitence (où, normalement, le confesseur doit demander au pénitent de réciter l’acte de contrition), il est de la plus grande importance de bien connaître son acte de contrition.

A ce sujet, lors d’une conversation entre amis, j’ai incidemment mentionné le fait que je récite mon acte de contrition en langue latine. Mes auditeurs l’ont immédiatement remarqué et m’ont demandé de le leur apprendre.
Je leur ai promis d’en faire l’objet d’une publication, d’autant que la formule française ordinaire (« Mon Dieu, j’ai un très grand regret de Vous avoir offensé, parce que Vous êtes infiniment bon, infiniment aimable, et que le péché Vous déplait : je prends la ferme résolution, avec le secours de Votre sainte grâce, de ne plus Vous offenser et de faire pénitence »), qui est néanmoins « suffisante », m’apparaît cependant moins précise et complète que la formule latine que j’utilise (car il existe plusieurs versions), que j’ai recopiée il y a une trentaine d’années dans un vieux livre de prières latines oublié au fond d’une bibliothèque de religieux qui ne lisaient plus le latin, et dont j’ai su depuis que c’est la formule qui a été reprise dans l’Ordo pænitentiæ publié en 1974.

En voici le texte :
« Deus meus, ex toto corde me pǽnitet ac dóleo de ómnibus quæ male egi et de bono quod omísi, quia peccándo offéndi te, summe bonum ac dignum qui super ómnia diligáris.
Fírmiter propóno, adiuvánte grátia tua, me pæniténtiam ágere, de cétero non peccatúrum peccatíque occasiónes fugitúrum.
Per mérita passiónis Salvatóris nostri Iesu Christi, Dómine, miserére ».

La traduction peut être la suivante :
« Mon Dieu, de tout mon cœur je me repens et j’éprouve de la douleur pour tout le mal que j’ai commis et pour le bien que j’ai omis, parce qu’en péchant je Vous ai offensé, Vous qui êtes souverainement bon et digne d’être aimé par-dessus toutes choses.
Je prends le ferme propos, avec l’aide de Votre grâce, de faire pénitence, de ne plus pécher à l’avenir, et de fuir les occasions du péché.
Par les mérites de la Passion de notre Sauveur Jésus-Christ, Seigneur, ayez pitié (de moi) !
 ».

Pour ce qui me concerne, je préfère cette formule parce qu’elle exprime non seulement le regret du mal commis mais aussi celui du bien qui a été omis, parce que l’expression de la contrition parfaite est plus précise et parce que le ferme propos y est plus explicite : faire pénitence, ne plus recommencer et fuir les occasions de péché, chose des plus importantes dans la lutte contre le péché mais qui est si souvent oubliée par les pénitents…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

homme en prière - contrition

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